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jeudi 7 septembre 2023

Les sphéroïdes préhistoriques étaient conçus à dessein, mais dans quel but ?

On ne sait toujours pas à quoi ils pouvaient servir, mais des archéologues sont convaincus que les premiers humains taillaient à dessein des sphères de pierre, appelées sphéroïdes, il y a au moins 1,4 million d'années, selon une étude.

Ces drôles de cailloux sont-ils le résultat involontaire de la percussion d'une pierre à l'aide d'une autre, pour fabriquer un outil, ou le résultat délibéré d'une taille visant à obtenir une forme sphérique ?

Le premier exemple de la capacité à "imposer intentionnellement une forme symétrique à une pierre"

Pour l'équipe d'Antoine Muller, archéologue au laboratoire d'informatique archéologique de l'Université hébraïque de Jérusalem, l'étude de 150 sphéroïdes de calcaire extraits du site d'Ubeidiya, fait pencher la balance vers la deuxième hypothèse. Situé dans le nord de l'actuel Israël, Ubeidiya est connu comme le site le plus ancien, en dehors de l'Afrique, représentatif de l'Acheuléen, un type de fabrication d'outils de pierre, documenté sur le continent africain il y a environ 1,7 million d'années.

A cette époque, les premiers homininés, ancêtres de la lignée humaine, fabriquent des bifaces, des outils de pierre qui, sur le modèle d'une hache, sont considérés comme le premier exemple de la capacité à "imposer intentionnellement une forme symétrique à une pierre", selon l'étude signée par Antoine Muller dans Royal Society Open Science.

Les sphéroïdes représentent un pas supplémentaire dans cette démarche, visant à ajouter une dimension "géométrique" à ce travail, selon l'équipe de Jérusalem. Qui en fait la démonstration à l'aide de méthodes de pointe d'analyse des formes en trois dimensions.

"L'étude est très intéressante dans l'approche et le résultat, car la méthode est quantitative et réplicable sur d'autres séries de sphéroïdes d'autres sites", commente auprès de l'AFP l'archéologue Julia Cabanès, doctorante au Muséum national d'histoire naturelle et signataire d'une autre étude remarquée sur le sujet.

Cette méthode pourrait par exemple s'appliquer aux plus anciens sphéroïdes répertoriés, datant de 2 millions d'années, dans les gorges d'Olduvaï, en Tanzanie.

"Des capacités exceptionnelles de taille de la pierre et un objectif très clair"

Selon l'étude de l'équipe d'Antoine Muller, les "artisans" du site d'Ubeidiya - dont on ignore à quelle lignée humaine ils appartenaient - ont effectué une séquence de réduction d'une pierre afin d'obtenir une sphère. Un travail requérant des "capacités exceptionnelles de taille de la pierre et un objectif très clair", selon un communiqué de l'Université hébraïque de Jérusalem. Autrement dit, il fallait aux auteurs "une séquence préconçue mentalement avant l'exécution", explique Julia Cabanès à l'AFP. Et donc les capacités cognitives permettant cette réalisation.

Avec ce procédé, "les sphéroïdes ne sont pas devenus plus lisses, mais avant tout plus sphériques", concluent les chercheurs. Une précision importante, car si la nature sait rendre un galet très lisse, comme ceux que l'on trouve sur une plage ou dans un torrent, celui-ci n'approche "quasiment jamais" une forme réellement sphérique de manière naturelle.

Quant à savoir quel pouvait être l'usage de ces pierres rondes, le mystère reste entier. On suppose la fabrication d'un outil servant à briser les os pour mieux en extraire la moelle ou permettant de broyer des végétaux. Des scientifiques avancent que ces sphères ont pu servir de projectiles. Sans exclure une finalité symbolique ou purement esthétique. "Toutes les hypothèses sont possibles", selon Julia Cabanès. Et selon elle, on "ne pourra sans doute jamais vraiment connaître la réponse".

Source : Sciences et Avenir du 05/09/2023

lundi 21 mars 2022

La Vénus autrichienne de Willendorf est-elle née dans le nord de l'Italie ou en Ukraine, près de Kharkiv ?

Découverte dans une vallée du nord de l'Autriche, la statuette datée de 30.000 ans environ aurait été façonnée de l'autre côté des Alpes, selon une nouvelle étude.

La Vénus de Willendorf n'est pas sortie de l'écume d'une mer azurée, mais des entrailles de l'Europe centrale. Exhumée entre les monts de Basse-Autriche et le cours du Danube, sur le terrain du village éponyme, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Vienne. En cet endroit, il y a quelque 30.000 ans, cette belle et replète statuette paléolithique a été enfouie ou perdue. D'où venait-elle ? Il y a peu encore, la question restait sans réponse. De l'autre côté des Alpes, de plus de 400 kilomètres au sud, affirme désormais une équipe de chercheurs autrichiens. Il s'avère que la «déesse» avait l'amour des longs voyages.

Les préhistoriens ont dû s'armer de patience avant de connaître le fin mot de la genèse de cette Vénus autrichienne. La dame de Willendorf était entourée d'un halo de mystère depuis sa découverte en 1908. Quelle était sa fonction, par exemple ? Fallait-il voir en l'abondante cascade de chairs le symbole d'un culte de la fertilité ? Seule certitude : l'objet de onze centimètres de haut appartient à un groupe bien connu d'effigies féminines du Paléolithique supérieur (de 40.000 à 9600 ans avant notre ère environ), taillées en ivoire ou en calcaire, dont les formes généreuses et la nudité leur ont valu d'être rapprochées de l'antique déesse romaine de la beauté et de l'amour - un de ces anachronismes dont les archéologues anciens avaient le secret.

Une odyssée préhistorique

Pour faire toute la lumière sur l'origine de la Vénus de Willendorf, des scientifiques autrichiens ont épluché les tréfonds invisibles de la statuette par un examen tomodensitométrique à haute définition, réalisé à l'aide de scanners des laboratoires de l'université de Vienne. La technique - également employée avec succès pour l'étude de momies égyptiennes - permet de scruter au plus près, et de l'intérieur, la matière calcaire de la figurine conservée au musée d'histoire naturelle de Vienne. L'inspection a porté ses fruits : les ooïdes calcaires - les granules de roche - qui la composent sont typiques d'un seul point connu de la surface du globe : le site de Sega di Ala, près du lac de Garde, dans le nord de l'Italie.

«Si nous ne pouvons pas affirmer avec une certitude absolue que la roche de la Vénus provienne d'un site particulier, la correspondance entre les échantillons de la statue et ceux de Sega di Ala est presque parfaite et suggère une très forte probabilité que la matière première employée provienne du sud des Alpes», estime l'équipe dirigée par l'anthropologue Gerhard Weber (université de Vienne), dans une étude parue en février dans la revue Scientific Reports . Le site italien préalpin de Sega di Ala se trouve par ailleurs à seize kilomètres de la grotte de Fumane, où ont été retrouvées des traces d'occupation associées à la culture gravettienne, connue justement pour sa production de «Vénus» lithiques et d'ivoires.

Lorsque le climat ou la situation des proies changeait, les populations du Gravettien se déplaçaient, de préférence le long des rivières.
Gerhard Weber, anthropologue à l'université de Vienne

D'une manière ou d'une autre, la Vénus serait née au sud des Alpes avant de terminer sa route de l'autre côté de la plus haute chaîne de montagnes en Europe, transportée dans les besaces des populations du Paléolithique. «Un voyage rapide de quelques mois du nord de l'Italie à la Basse-Autriche est techniquement possible, mais aurait sans doute nécessité un motif très résolu, ce qui semble discutable», observent les dix chercheurs signataires de l'étude à propos d'un trajet direct, à travers les Alpes. Pour les scientifiques, l'hypothèse d'un long contournement de l'obstacle montagneux, par la plaine du Pô puis celle de Pannonie jusqu'à la vallée de la Wachau où se trouve Willendorf, paraît plus réaliste. L'odyssée de plus de 700 kilomètres a pu s'étendre sur des années, voire des générations.

Le périple de la Vénus de Willendorf et des anciens humains qui l'ont portée entre plaines et vallées, à l'époque du dernier refroidissement glaciaire, apporte de nouveaux éléments à l'étude des mobilités européennes au Paléolithique. «Les populations du Gravettien - la culture de l'époque - recherchaient et habitaient les lieux les plus avantageux à un moment donné, explique Gerhard Weber, dans un communiqué de l'université de Vienne. Lorsque le climat ou la situation des proies changeait, elles se déplaçaient, de préférence le long des rivières.» Ou des fleuves, comme le Danube. Dans le viseur des chercheurs viennois, ces mobilités transalpines sont aujourd'hui moins connues au Paléolithique qu'au Néolithique (entre le VIIe et le IIIe millénaire avant notre ère), période dont est originaire Ötzi, la vedette des momies européennes.

Heureusement pour les paléolithiciens, le répertoire des Vénus gravettiennes vaut bien celui des momies du Néolithique. Ces énigmatiques statuettes autrefois assimilées à des «déesses mères» se retrouvent jusque dans les plaines de l'Europe orientale, avec un style d'une étonnante continuité. Le second site contenant le calcaire le plus proche de celui de la Vénus de Willendorf, après celui de Sega di Ala, se trouve ainsi autour d'Izioum, dans l'est de l'Ukraine, à 1600 kilomètres environ de la vallée de la Wachau. Les archéologues ont découvert sur place certains des vestiges gravettiens les plus anciens, issus de la même culture matérielle et rituelle que celles des sites connus en Europe centrale. L'étude des migrations préhistoriques a de l'avenir. La fonction des Vénus impudiques du Paléolithique, elle, reste voilée d'une gaze mystérieuse.

Source : Le Figaro du 19/03/2022

lundi 22 février 2021

Ils exhument l'un des plus anciens symboles abstraits tracés par des humains

Il s'agit de six rainures parallèles espacées de 0,5 à 2 cm, imprimées sur un fragment d'os d'auroch, un ancêtre disparu de nos bovins. Et la datation de la couche sédimentaire où il se trouvait, dans le site de Nesher Ramla en Israël, lui attribue un âge d'environ 120 000 ans.

Il existe des inscriptions plus anciennes que celle-ci, reconnues comme symboles par les paléoanthropologues. Et elles ne sont pas l'œuvre d'Homo sapiens (nous) ! Telle celle attribuée à Homo erectus sur le site de Trinil dans l'île de Java en Indonésie, datée d'entre 540 et 430 mille ans, avant même l'avènement de notre espèce (300 000 ans).

Mais là c'est l'une des plus anciennes dans la région du Proche-Orient. Et selon l'équipe de paléontologues qui l'a découverte et analysée sous toutes les coutures il s'agit de symboles gravés intentionnellement par un représentant de la lignée Homo.

Polissage et retouches

Pour arriver à cette conclusion, l'équipe a dû écarter la piste d'un marquage accidentel suite au dépeçage de la bête - à l'aide de "couteaux" très aiguisés en silex par exemple - ou dû aux conditions naturelles auquel l'objet a été exposé durant tout ce temps.

Pour cela, les chercheurs l'ont analysé en profondeur, notamment à l'aide d'un microscope électronique à balayage, afin d'essayer de saisir le geste du graveur. Les six marques font entre 3,8 et 4,2 cm Puis ont eux-mêmes procédé à des essais sur des os afin de reproduire le même type de marque.

L'objet à été trouvé dans un site rempli d'outils en silex et d'os d'animaux, possiblement un camp de chasseurs(-cueilleurs) qui équarrissaient sur place les animaux chassés - principalement les aurochs et des tortues terrestres.

Côté gestes, l'œuvre aurait été produite par un seul individu droitier au cours d'une seule séance. Et l'évidente attention aux détails pour obtenir des marques si régulières en longueur et profondeur - on trouve même les traces d'un polissage et de retouches - excluent pour les chercheurs un acte involontaire et/ou utilitaire ou encore lié aux éléments naturels.

Lien spirituel

Quelqu'un a donc volontairement tracé sur cet os, avec un silex taillé tranchant, un jeu de symboles, au sens d'"une pratique dans laquelle les individus comprennent qu'un artefact peut posséder un sens, et que ce sens est construit sur et dépend de croyances partagées collectivement" comme le définissent les chercheurs dans l'article.

Néanmoins, la distinction entre une intention symbolique et une intention utilitaire est toujours un point de débat en paléontologie, car de tels signes ont pu servir pour marquer la propriété d'un objet.

"Nous postulons, écrivent les auteurs, que le choix de cet os particulier était lié au statut de cet animal dans cette communauté de chasseurs et est révélateur du lien spirituel que les chasseurs entretenaient avec les animaux qu'ils tuaient."

En revanche, la signification symbolique et spirituelle de ces signes demeure une énigme. "Même s'il est impossible de déterminer le sens exact de ces symboles, a déclaré à la presse Yossi Zaidner, cosignataire de l'article, nous espérons que la suite des recherches nous dévoilera des détails clés".

Source : Sciences et Vie du 22/02/2021

vendredi 5 février 2021

Des os sculptés en Israël seraient les premiers symboles utilisés par l’homme

Selon des chercheurs israéliens et français, les 6 gravures sur un os d'aurochs vieux de 120 000 ans seraient voulues et symboliseraient le lien spirituel entre chasseur et proie

Six lignes gravées sur un fragment d’os vieux de 120 000 ans trouvé dans le centre d’Israël pourraient être l’une des plus anciennes utilisations connues de symboles trouvés sur Terre, si ce n’est la première, selon des chercheurs israéliens et français.

Le fragment d’os, récemment découvert lors d’une fouille près de la ville de Ramle, présente six gravures similaires sur un côté de l’os, ce qui amène les chercheurs à conclure qu’il s’agissait de symboles sculptés délibérément, selon une déclaration conjointe de l’Université hébraïque de Jérusalem et de l’Université de Haïfa publiée mercredi.

Un fragment d'os découvert près de Ramle, en Israël, sur lequel des gravures ont été délibérément gravées, pourrait être la première utilisation connue de symboles

« Il est juste de dire que nous avons découvert l’une des plus anciennes gravures symboliques jamais découvertes sur terre, et certainement la plus ancienne du Levant », a déclaré Yossi Zaidner de l’Institut d’archéologie de l’Université hébraïque. « Cette découverte a des implications très importantes pour la compréhension de la façon dont l’expression symbolique s’est développée chez l’homme ».

Parmi les chercheurs figurait également une équipe du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) de France.

Selon les résultats, récemment publiés dans la revue scientifique « Quaternary International », les six gravures mesurent entre 38 et 42 millimètres.

« Sur la base de nos analyses en laboratoire et de la découverte d’éléments microscopiques, nous avons pu supposer que les gens à l’époque préhistorique utilisaient un outil tranchant façonné dans la roche de silex pour faire les gravures », a déclaré Iris Groman-Yaroslavski de l’université de Haïfa.

Ils ont utilisé l’imagerie tridimensionnelle, des méthodes d’analyse microscopique et la reproduction expérimentale de gravures en laboratoire et ont même pu déterminer que le travail avait été réalisé par un artisan droitier en une seule séance de travail.

lundi 15 juin 2020

Vieux de 13.000 ans au moins, un minuscule oiseau éclaire d'un jour nouveau l'histoire de la sculpture

Du haut de ses quelques millimètres, cette figurine d'oiseau retrouvée sur le site chinois de Lingjing fait reculer de plus de huit millénaires l'apparition de la sculpture figurative en Asie de l'Est. Il pourrait également aider à mieux comprendre pourquoi cette dernière est apparue bien plus tôt en Europe, il y a entre 35.000 et 40.000 ans. 

Ce minuscule oiseau retrouvé sur le site de plein air de Lingjing, en Chine, mesure à peine 2 cm. Pourtant, il est l'oeuvre d'art la plus ancienne jamais inventoriée dans le pays.

 

Il s’en est fallu de peu pour que ce minuscule oiseau aux allures d’osselet finisse enfoui dans un sac de gravas bon pour la décharge. Car c’est lors du creusement d’un puits, et non au cours de fouilles archéologiques, que la petite statuette a été trouvée. Zhanyang Li, archéologue et paléontologue à l’Université de Shandong, à l’est de la Chine, a heureusement eu le bon sens de passer au tamis cette terre directement prélevée sur un site préhistorique qui avait déjà livré bien des trésors : celui de Lingjing, dans la province chinoise du Henan. En 2007 et 2008, les fragments de deux crânes humains adultes datés de 105.000 à 125.000 ans y avaient notamment été récupérés dans des sédiments lacustres. 

 

 Un simple bout d'os ? Non, de l'art miniature


La petite statuette figurant sans doute un passereau n’a, elle, "que" 13.000 ans environ. Il s’agit pourtant de la plus ancienne sculpture figurative jamais découverte à ce jour dans toute l’Asie de l’Est, une zone qui s’étend de la Chine à l’Australie. Ce mercredi 10 juin 2020, un article dans la revue PLOS ONE lui est consacré. Pour trouver à cette petite oeuvre sculptée une aïeule sur le continent asiatique, il faut se rendre sur le site paléolithique de Malta, à l’ouest de la Sibérie, où plusieurs sculptures figuratives datées de 16.000 ans ont été mises au jour. "Malta restant à plus de 2000 kilomètres de Liungjing, il reste tout de même difficile de relier ces découvertes", prévient Francesco d’Errico, archéologue au laboratoire "De la préhistoire à l'actuel : culture, environnement et anthropologie" (CNRS/Université de Bordeaux), et auteur principal de l’étude.


Plus que l’âge de la statue, c’est surtout l’important travail fourni pour sa conception qui a tenu en haleine le chercheur dans son laboratoire bordelais. "L’oiseau présente pas moins de 68 micro-facettes indiquant qu’il s’agit bien d’une création anthropique et non d’un accident de la nature : des marques d’abrasion, d’enlèvement de copeaux, de raclage, d’incision…", énumère Francesco d’Errico. "L’os a aussi sans doute été volontairement brûlé pour arriver à cette teinte marron. En réalité, rien que la façon dont est proportionné l’oiseau démontre que l’homme ou la femme qui l’a créé cherchait à atteindre un résultat précis avec des techniques qu’il ou elle maîtrisait." Sa queue, en l’occurence, est volontairement disproportionnée par rapport au reste de son corps afin qu’il ne s’effondre pas vers l’avant une fois posé sur son petit piédestal. "Le sculpteur savait très bien ce qu’il faisait. Et pour un objet de si petite taille, c’est beaucoup d’efforts."


Car notre petit oiseau taillé dans l’os brûlé n’est pas plus grand… qu’un haricot sec. Une particularité fort contraignante pour parvenir à le dater au carbone 14 : cette technique efficace mais invasive nécessite de prélever l'équivalent d'un échantillon de 1x1 centimètre sur l'œuvre. Soit la moitié de l'oiseau ! "C'était impossible. Nous avons dû nous appuyer sur l'analyse au carbone 14 d'autres bouts d'os calcinés retrouvés dans le sédiment", précise Francesco d'Errico, qui a également soumis l'objet à des techniques d'analyses de pointe comme la microscopie confocale ou encore la microtomographie.

Source : Science et Avenir du 10/06/2020

mercredi 15 janvier 2020

La plus vielle figurine aurait 43000 ans

Ce petit bout d'ivoire de mammouth retrouvé dans la grotte de Denisova, en Sibérie, évoque la forme d'un félin prêt à bondir... a-t-il été sculpté par notre cousin, l'homme de Denisova ?

Elle était surement peinte en rouge, comme en témoignent les traces d'ocre retrouvées sur son ventre. Cette petite figurine de 4,2 cm taillée dans de l'ivoire de mammouth est la dernière merveille offerte par la grotte de Denisova, en Sibérie. Car regardez : on distingue un corps animal et des pattes arrière tendues, comme un félin prêt à bondir. Pour les chercheurs de l'institut archéologique de Novosibirsk en Russie, qui l'ont récemment découverte, il s'agirait d'un lion des cavernes, « mais impossible d'être certain car il manque la tête », remarque l'archéologue Francesco d'Errico, de l'université de Bordeaux.

Quel que soit l'animal, c'est son âge qui donne à cette figurine son importance : elle aurait 43000 ans environ, comme la couche de sédiments dans laquelle elle se trouvait. « Ce qui en ferait la plus vieille figurine figurative du monde, même s'il faut attendre son étude complète pour le certifier », pointe le chercheur. Et peut-être même l'une des toutes premières œuvres figuratives tout court, puisque c'est après cette date que les premiers animaux sont apparus sur les parois des grottes. Avant, l'humain ne dessinait encore que des symboles abstraits.

Denisova, le vrai premier artiste ?

Mais alors, qui l'a créé ? A cette époque, notre espèce Homo sapiens était présente depuis peu dans la région, mais la grotte n'en garde pas trace. L'homme de Denisova, par contre, l'habitait jusqu'à au moins - 55000 ans. Aurait-il été le premier à créer un art que même vous et moi pouvons comprendre - une œuvre traversant les milliers d'années mais aussi la frontière de l'espèce ?

Source : Science et Vie du 14/01/2020

mardi 27 février 2018

Les Néandertaliens, artistes bien longtemps avant homo sapiens ?

Voilà une découverte qui devrait chambouler un peu plus la connaissance de la lignée humaine. Selon des travaux publiés jeudi par les revues Science et Sciences Advances, les Néandertaliens (homo neanderthalensis) ont été les premiers à s'exercer à l'art, et ce bien avant nous, homo sapiens. Comment les scientifiques britanno-allemands à l'origine de ces recherches en sont-ils arrivés à ces conclusions ? Et bien en (re)datant les peintures rupestres et coquillages décorés découverts dans les grottes espagnoles de la Pasiega, Ardales, Maltravieso et Aviones. Or, les mesures ont donné à ces peintures un âge estimé de 65 000 ans, soit 20 000 ans de plus que l'arrivée estimée de l'homme moderne en Europe.


«Pour moi, cela clôt le débat sur les Néandertaliens (longtemps jugé inférieur cognitivement à homo sapiens, ndlr), souligne à propos de ces découvertes Joao Zilhao, un scientifique de l'université Barcelone impliqué dans ces recherches. Ils font partie de notre familles, ce sont nos ancêtres, ils n'étaient pas différents de nous cognitivement ou moins dotés en termes d'intelligence. Il s'agit juste d'une variante de l'humanité qui a disparu.» D'autres paléoanthropologues, qui n'ont pas participé à ces études, émettent en revanche quelques doutes. «Il est tout à fait possible que les Néandertaliens aient produit une sorte d'art pariétal, mais je ne crois pas que cela soit correctement démontré dans ce cas», a réagi Adam Brumm, archéologue de l'université de Griffith à Brisbane. De quoi raviver le débat sur les origines et spécificités de notre propre espèce.

Source : Libération du 23/02/2018

lundi 5 novembre 2012

Néandertal savait faire de très belles parures

Qui a façonné les superbes parures et les outils finement taillés de la grotte du Renne, à Arcy-sur-Cure, caractéristique de la culture dite châtelperronienne ? Néandertal, comme semblent le montrer les dents associées ? Nos ancêtres, comme pousse à le croire la sophistication de ces créations ? Deux études ont tranché : c’est Néandertal. L’une est toute fraîche et basée sur des datations. L’autre a 1 an et s’appuie sur une analyse statistique. Mais les conclusions diffèrent…

Oui, c’est l’Homme de Néandertal qui a fabriqué les parures et les outils de la grotte du Renne, à Arcy-sur-Cure dans l’Yonne. C’est bien à Homo neanderthalensis que l’on doit cet art dit châtelperronien, une culture au sens que lui donnent les paléontologues, c’est-à-dire un ensemble de techniques et de styles pour fabriquer des outils, des parures, des pigments ou des peintures pariétales. C’est le résultat de datations effectuées sur 31 objets de cette grotte (dents humaines et outils en os) et sur un fragment de tibia trouvé à Saint-Cézaire (Charente-Maritime). L’équipe internationale réunie autour de Jean-Jacques Hublin, de l’institut Max Planck (Allemagne), où figurent des chercheurs du CNRS et de l’Inrap, a réalisé une filtration poussée du collagène puis une datation au carbone 14 effectuée à Mannheim, par spectrométrie de masse par accélérateur (SMA).

Restes humains et objets façonnés à la façon châtelperronienne datent tous de -35.380 à -40.970 ans : Néandertal était bien l’artisan habile qui a créé ces jolis objets, détaille la publication dans les Pnas. En 2011, une autre équipe, formée par François Caron, Francesco d'Errico, Pierre Del Moral, Frédéric Santos et João Zilhão, travaillant sur cette même grotte, parvenait à la même conclusion grâce à une étude statistique de la répartition de tous ces restes dans les couches de terrain. La messe est dite.

Mais cela n’empêche les paléontologues de se questionner sur les mystérieux rapports qu’entretenaient les deux Homo de l’époque, sapiens et neanderthalensis, qui ont longuement cohabité en Europe jusqu’à la disparition du second, vers -28.000 ans. Aujourd’hui, le résumé de l’article cosigné par Jean-Jacques Hublin parle d’imitation : Néandertal, fasciné par Homo sapiens, fraîchement débarqué en Europe, aurait fait comme lui.

L’explication ne convainc pas du tout Francesco d'Errico, de l'université de Bordeaux-1. Pour lui, comme il l’explique à Futura-Sciences, ces nouvelles datations confirment que Néandertal est bien l’auteur de ces techniques châtelperroniennes mais pas qu’il s’agit d’imitations car cette culture apparaît bien trop tôt. Il n'est pas facile en effet de démêler l'écheveau de la grotte du Renne...

De Néandertal à Cro-Magnon : une stratigraphie difficile à déchiffrer


L’énigme dure depuis que le paléontologue André Leroi-Gourhan a exploré cette grotte, au milieu d’un site riche, dont les falaises calcaires ont été visitées en plusieurs endroits par d’innombrables générations. Entre 1949 et 1963, l’équipe de Leroi-Gourhan a mis en évidence une succession d’occupations entre -45.000 et -28.000 ans. Dents humaines, ossements d’animaux, outils en pierre et en os, parures et peintures pariétales : on trouve une longue série de témoignages de multiples époques.

Les niveaux les plus anciens témoignent du Moustérien, une culture attribuée sans controverse à l’Homme de Néandertal. Les couches les moins anciennes, du temps de l’Aurignacien et du Magdalénien, sont, sans équivoque, celles d’Homo sapiens, c’est-à-dire l’Homme moderne.

Entre les deux, la couche de la controverse : le Châtelperronien. Intermédiaire entre le Paléolithique moyen et le Paléolithique supérieur, la culture châtelperronienne a été décrite pour la première fois par l’abbé Breuil après des fouilles près du village de Châtelperron (Allier).

Néandertal : imitateur ou créateur ?


Dans la grotte du Renne, les parures et les outils finement taillés appartiennent à cette culture mais les dents humaines, elles, sont néandertaliennes. Conclusion des uns : l’Homme de Néandertal a fabriqué ces délicats objets. Conclusion des autres : impossible : durant tout le Moustérien, ces Néandertaliens n’ont pas fait évoluer leurs techniques, restées frustres et n’ont donc pas pu améliorer brutalement son art. Si des dents se trouvent au même niveau, c’est parce que le hasard des mouvements verticaux à l’intérieur du sol a déplacé ces objets jusqu’à les rendre voisins. La réponse réside donc dans les datations précises de tous ces objets. De nombreuses fouilles ont été effectuées depuis une quinzaine d’années mais sans permettre de conclusions définitives car il reste peu de choses.

Les interprétations ont largement divergé. Jean-Jacques Hublin, par exemple, estimait déjà, en 1997, que les objets châtelperroniens découverts avec des restes de Néandertaliens pouvaient avoir été fabriqués par Homo sapiens mais échangés lors de rencontres amicales. Pour Francesco d’Errico, tout cela ne colle pas. « Les dates du début du Protoaurignacien sont trop récentes par rapport au début du Châtelperronien » nous explique-t-il. Autrement dit : Néandertal fabriquait déjà des objets sophistiqués avant d’avoir pu admirer l’art aurignacien de l’Homme moderne. Pour lui, on fait dire à des datations ce qu’elles ne peuvent pas dire. La méthode au carbone 14 n’est pas utilisable avec les outils en pierre et les restes organiques sont bien trop fragiles. « Il suffit d’un peu de matériel contaminant pour vieillir ou rajeunir une pièce de quelques milliers d’années… »

C’est pourquoi l’étude publiée en 2011 et à laquelle il a participé portait sur la répartition de tous les éléments au sein des couches stratigraphiques et analysait les probabilités pour retrouver les associations (outils, ossements, restes d’activités…) constatées sur le terrain. Le résultat étant qu'il est fort peu probable que le hasard ait réuni ces restes de la manière dont on les a trouvés.

Quoi qu'il en soit, les deux méthodes convergent : Néandertal ne s’est pas limité aux frustres silex taillés qu’on lui attribue depuis longtemps. Notre défunt cousin, dont il a longtemps été dit qu’il ne pouvait même pas parler, reste encore mal connu…

Source : Futura Sciences du 02/11/2012

mercredi 4 juillet 2012

La plus vieille poterie du monde aurait 20.000 ans

L’apparition de la poterie n’a décidément aucun rapport avec le développement de l’agriculture. Les plus vieux fragments de poterie au monde, découverts en Chine, seraient en effet âgés de 19.000 à 20.000 ans. Mais à quoi pouvaient bien servir les récipients en terre cuite de l’époque ?

L’Homme a appris à pétrir l’argile pour en faire des figurines voici 30.000 ans, comme en témoigne la découverte en 1925 de la Vénus de Dolní Věstonice en République tchèque. Cette trouvaille ne signifie pas pour autant qu’il pouvait réaliser des poteries, c’est-à-dire modeler des récipients puis les cuire correctement, ce qui implique un bonne maîtrise du feu.

L’apparition de la poterie a pendant de nombreuses années été attribuée au développement de l’agriculture qui a eu lieu durant la révolution du Néolithique, voici un peu plus de 10.000 ans. Cependant, des découvertes récentes (2010 et 2011) faites en Chine, au Japon et en Russie ont mis à mal cette théorie, repoussant de près de 8.000 ans (dans le Pléistocène supérieur) l’émergence des premiers récipients en terre cuite.

Le record de la plus vieille poterie trouvée sur notre planète vient à nouveau d’être battu suite à la découverte, et surtout à la datation précise, de fragments de terre cuite à l'intérieur de la grotte de Xianrendong, dans la province de Jiangxi en Chine. Cette information est publiée dans la revue Science par une équipe d’archéologues menée par Ofer Bar-Yosef de la Harvard University.

Les fragments de poterie de la grotte de Xianrendong ont été extraits de ces sédiments. L'analyse et la datation de ces structures géologiques révèlent que cette cavité a été habitée entre 29.000 et 17.500 ans avant le présent. Elle a ensuite été abandonnée avant d'être à nouveau occupée de 14.500 à 12.000 ans avant le présent.

De vieilles poteries utilisées pour faire de l’alcool ?

La grotte est relativement grande, bien que son entrée soit petite avec une largeur d’environ 2,5 m et une hauteur de 2 m. Des fouilles y ont été menées à 7 reprises entre 1960 et 2009. Lors de cette dernière étude, on a réalisé pour la première fois des datations au radiocarbone (carbone 14) sur les couches géologiques qui abritaient des fragments de poteries. Le résultat est tombé, certains récipients en terre cuite, des pots ou bols d’environ 20 cm de diamètre, ont été fabriqués voici 19.000 à 20.000 ans, durant la dernière glaciation.

Ils étaient probablement utilisés par des chasseurs-cueilleurs, peut-être pour faire cuire des aliments. Les plus anciens fragments ne possèdent pas de trace de suie ou de cuisson typiquement rencontrées sur des récipients utilisés pour la cuisine. Il est donc difficile de définir leurs fonctions. Cependant, des fragments plus jeunes possèdent ces marques, prouvant ainsi qu’ils avaient été mis sur le feu. Cuire les aliments pourrait avoir aidé les Hommes de l’époque à mieux survivre durant la période la plus froide de la dernière glaciation, alors que les ressources alimentaires devaient se faire rares. La nourriture cuite contient en effet plus d’énergie que celle crue.

Mais d’autres utilisations possibles existent. De très nombreux os entouraient les plus vieux fragments. Les récipients auraient ainsi pu servir, selon les auteurs, à récolter de la moelle ou de la graisse. Par ailleurs, il est également possible et même fortement probable qu’ils aient simplement été utilisés comme contenants pour le stockage ou la préparation de plats. Enfin, dernière hypothèse avancée par les archéologues, les poteries auraient pu être employées pour brasser une boisson alcoolisée…

Source : Futura Sciences du 02/07/2012

vendredi 15 juin 2012

L'art à portée de l'homme de Neandertal ?

Des paléontologues ont révisé la datation de certaines peintures rupestres découvertes en Espagne. Certaines auraient plus de 40 000 ans !

C'est une découverte susceptible d'ébranler les fondements de la paléontologie, car elle bouleverse la chronologie de l'humanité. Une équipe de chercheurs britanniques et espagnols remet en cause la datation de certaines peintures rupestres ornant les parois de onze grottes de la péninsule ibérique, parmi lesquelles celles d'Altamira, d'El Castillo et de Tito Bustillo en Espagne. Celles-ci pourraient être bien plus anciennes qu'on ne le pensait jusqu'ici et détrôneraient ainsi la grotte française de Chauvet, dont les ornements remonteraient à 32 000 ans.


Grotte d'El Castillo en Espagne : l'une des empreintes de main figurant sur cette paroi aurait plus de 37 300 ans

Selon les résultats de ces recherches que publie le magazineScience, certains symboles peints dans la grotte d'Altamira auraient au minimum 35 600 ans. Quand une empreinte de main et un large disque rouge figurant dans la grotte d'El Castillo seraient respectivement datés au minimum de 37 300 et... 40 800 ans !

Pas si brute épaisse ?

Pour en arriver là, les paléontologues ont utilisé une autre méthode que la datation par le carbone 14, dont on sait qu'elle devient assez largement imprécise au-delà de 35 000 ans, et même carrément inadaptée après 50 000 ans. Ils ont choisi une autre technique, la datation à l'uranium-thorium, afin d'analyser la pellicule de calcite recouvrant les peintures. À défaut de dater précisément les oeuvres, ce procédé permet de dire qu'elles n'ont pas pu être réalisées après une certaine date, celle à laquelle le dépôt s'est formé.

Mais alors en quoi tout cela constitue-t-il une révolution ? Tout simplement parce que les scientifiques étaient jusqu'ici persuadés que l'art et le sens de l'esthétique étaient l'apanage de l'homme moderne, alias Homo sapiens, et que ce raffinement n'était absolument pas à la portée de ce rustre d'homme de Neandertal. Sauf qu'il n'existe aucune preuve de l'existence des Homo sapiens dans la péninsule ibérique avant 35 000 ans... Les auteurs des dessins dont la datation vient d'être révisée pourraient donc bien être, en fin de compte, des néandertaliens ! Mais alors que resterait-il donc à ce pauvre Homo sapiens ?

lundi 4 juin 2012

L’Homme moderne européen jouait de la flûte voici 42.500 ans

L’histoire de l’arrivée des premiers Hommes modernes en Europe se précise un peu plus. La vallée du Danube aurait servi de couloir de migration et favorisé le développement de la culture aurignacienne dans des grottes du Jura Souabe (sud-ouest de l’Allemagne). Les plus vieux instruments de musique européens, âgés d'environ 42.500 ans, viendraient d’ailleurs d'y être trouvés.

Plusieurs cultures se sont succédé dans l’histoire d’Homo sapiens. L’Aurignacien, entre -40.000 et -25.000 ans, serait la première à avoir laissé des traces durables d’art figuratif sous la forme de statuettes d’ivoire, de divers éléments de parure ou de blocs de pierre sculptés ou peints. Des œuvres d’art et des objets vieux de 40.000 à 38.000 ans, datant donc du Paléolithique supérieur, ont déjà été trouvés en Allemagne, en Bulgarie, en Espagne, en France ou en Italie. Les plus vieilles peintures du monde produites par des Aurignaciens auraient été peintes il y a 29.000 à 32.000 ans dans la grotte Chauvet en Ardèche. Elles représentent très bien ce dont étaient capables les Hommes modernes de l’époque.

En Allemagne, la grotte de Geiβenklösterle dans le Jura Souabe a abrité certains des premiers Homo sapiens lors de leur arrivée en Europe, comme en témoignent de nombreux objets (pierres taillées, bijoux, statuettes, etc.) trouvés à l’intérieur. Pour en être sûrs, des chercheurs de l’université d’Oxford (Royaume-Uni) et de Tübingen (Allemagne) viennent de redater la couche archéologique qui les abritait en appliquant une technique de datation à haute résolution sur des ossements. Les nouvelles données, présentées par Tom Higham dans le Journal of Human Evolution, bouleversent quelque peu les connaissances déjà acquises sur cette culture.

Les os d’animaux analysés, dont certains portent des traces de coupures et de morsures humaines, seraient en effet âgés de 42.000 à 43.000 ans, repoussant ainsi de 2.000 à 3.000 ans l’âge de l’apparition de la culture aurignacienne. Ce résultat a plusieurs implications majeures.


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De très nombreux bijoux, tels que ces pendentifs, de la culture aurignacienne ont été trouvés dans la grotte de Geiβenklösterl, à proximité des instruments de musique et des ossements ayant fait l'objet d'une datation à haute résolution. © University of Tubingen

Une flûte européenne vieille d’environ 42.500 ans

La méthode de datation repose sur l’analyse de radiocarbone mais, contrairement à d’autres, elle aurait été améliorée grâce à une meilleure élimination des fibres de collagène, sources de biais dans les mesures, présentes au sein des échantillons. Les datations sont donc plus précises qu’auparavant. Les os se trouvaient dans la même couche archéologique que des instruments de musique. Ainsi, les flûtes faites d’ivoire de mammouth ou d’os d’oiseau (naturellement creux) de la grotte de Geiβenklösterle correspondraient toujours aux plus vieux instruments trouvés en Europe, mais seraient plus vieilles de 7.500 ans par rapport aux résultats obtenus avec les première datations.

Certains aspects de l’expansion des Hommes en Europe peuvent également être revus puisque l’une des premières traces de la culture aurignacienne se trouve dorénavant en Allemagne. Une hypothèse avancée par des chercheurs de l’université de Tübingen voici plusieurs années se voit confirmée. Le Danube aurait pu servir de couloir de migration lors de l’arrivée des premiers Hommes modernes voici 45.000 ans. Leur migration aurait, contrairement aux anciennes théories, précédé le refroidissement climatique européen H4, ou « événement Heinrich 4 », survenu il y a 40.000 ans. L’ancienne théorie plaçait l’arrivée des premiers Hommes modernes dans la partie supérieure de la vallée du Danube tout de suite après la disparition du H4.

Homo sapiens serait entré en Allemagne pendant une période de redoux du dernier âge glaciaire, dans des conditions climatiques particulièrement défavorables à la présence de l’Homme de Néandertal. Malgré tous les efforts entrepris, aucune trace de cohabitation ou d’hybridation entre ces deux espèces n’a été trouvée dans cette région allemande jusqu’à présent, mais les efforts de recherche se poursuivent.

La vallée du Danube et les grottes du Jura Souabe sont dorénavant vues comme un nouveau berceau possible de la culture aurignacienne. Il est cependant nécessaire de préciser que des traces de dispersion d’Hommes modernes préaurignaciens vieilles de 45.000 ans ont été découvertes dernièrement en Italie.


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Cette flûte à deux trous en ivoire de mammouth aurait entre 42.000 et 43.000 ans. Elle a été découverte dans la grotte de Geißenklösterle dans le Jura Suabe, dans le sud-ouest de l'Allemagne. © University of Tübingen


Source : Futura Sciences du 29/05/2012

mercredi 30 mai 2012

Les plus anciennes formes d’art d’Europe datées à - 43 000 ans

Des chercheurs britanniques et allemands ont daté des vestiges préhistoriques provenant d’une grotte du sud-ouest de l’Allemagne à plus de 40.000 ans, prouvant l’ancienneté de la culture dite aurignacienne, apportée par Homo sapiens lorsqu’il a colonisé l’Europe.

À l’aide des techniques les plus modernes, des chercheurs des universités d'Oxford (Royaume-Uni) et de Tübingen (Allemagne) ont procédé à une radiodatation au carbone d’ossements fossilisés. Appartenant à des animaux, ceux-ci ont été trouvés dans la grotte de Geissenklösterle, dans le Jura Souabe (sud-ouest de l’Allemagne), dans une couche sédimentaire recelant également des objets de la culture paléolithique dite aurignacienne.

D'après les résultats publiés dans le Journal of Human Evolution, les scientifiques ont découvert que les ossements dataient de jusqu’à près de -43.000 ans. Une date qui fait d'eux les plus anciennes traces jamais révélées pour cette culture. Mais ce n'est pas tout puisque celles-ci appuient également l’hypothèse d’une expansion de l’homme anatomiquement moderne en Europe dès cette époque, via le bassin du Danube, à la faveur d’un épisode climatique plus clément lors du dernier âge glaciaire.

Outre ces ossements, la grotte de Geissenklösterle a déjà fourni d’importants éléments de parures, d’art figuratif, d'imagerie mythique et même des instruments de musique fabriqués à partir d'os d'oiseaux et d'ivoire de mammouth. "Ces résultats sont cohérents avec l'hypothèse que nous avions faite il y a plusieurs années évoquant que le fleuve Danube a été un corridor crucial dans le mouvement des humains et des innovations technologiques au sein de l'Europe centrale il y a entre 40.000 et 45.000 ans", explique le professeur Nick Conard de l'Université de Tubingen en Allemagne.


Source : MaxiSciences du 25/05/2012

mercredi 14 mars 2012

L'homme de Néandertal était-il déjà un artiste ?

Des analyses effectuées sur des restes organiques situés à proximité des peintures rupestres de la grotte de Nerja (Malaga), en Espagne, découvertes en 1970 conduisent à dater ces prélèvements à environ 43.000 ans. Si les peintures situées à proximité devaient avoir le même âge (ce qui reste à établir), elles seraient les oeuvres d'art les plus anciennes de l'humanité, détrônant ainsi celles de la grotte de Chauvet en France dont l'ancienneté est estimée à 32.000 ans.

Une telle découverte, si elle était confirmée, ébranlerait en outre les fondements de la paléontologie puisque toutes les "oeuvres" connues de ce type sont attribuées à l'homo sapiens sapiens apparu il y a environ 35.000 ans. Celles de Nerja seraient donc plus anciennes et devraient être attribuées à l'homme de Néandertal (homo sapiens).

Faudra-t-il revoir la chronologie de l'humanité, accepter que l'homme de Néandertal était déjà capable de représentations symboliques, et réinterroger la distinction entre l'homme de Néandertal et son successeur ? La polémique fait rage en Espagne: "révolution scientifique" ou "paroles en l'air" sur ce qui n'est encore qu'une hypothèse de travail, les fragments des peintures elles-mêmes n'ayant pas encore fait l'objet d'un travail de datation.

Source : Techno-science-net du 06/03/12

lundi 12 mars 2012

Néandertal a-t-il décoré la grotte espagnole de Nerja ?

Coup de tonnerre dans le monde de la préhistoire : de récentes datations au carbone 14, encore confidentielles, feraient remonter les peintures de la grotte ornée de Nerja, en Andalousie, à plus de 43 000 ans… Soit 7000 de plus que celles de la grotte Chauvet. Plus étonnant encore : cet art rupestre élaboré serait l’œuvre de l’homme de Néandertal, qui n’avait jusqu’à présent laissé aucune trace artistique.

« Ce que j’ai pensé en découvrant les résultats ? 43 000 ans, mais c’est une bombe ! » Le préhistorien espagnol Antonio Garrido Luque, conservateur de la grotte andalouse de Nerja, n’est pas prêt d’oublier ce jour de mai 2011 où il a reçu, par la poste, les datations au C14 de cinq échantillons de charbon de bois, commandés quelques mois plus tôt au laboratoire spécialisé américain Beta Analytics. Des résultats qui indiquent, ni plus ni moins, que cette vaste cavité ornée, située à proximité de la ville de Malaga, renfermerait les plus anciennes peintures connues à ce jour…

Ocre rouge et charbon de bois

À l’origine, ces datations devaient simplement permettre aux préhistoriens de préciser la chronologie de l’occupation de ce site préhistorique, surtout visité par le public pour ses beautés minéralogiques, et connu depuis les années 1960 pour ses peintures rupestres rouges et noires. Des figures, 589 au total, de facture assez classique pour la période paléolithique, puisqu’essentiellement constituées de signes et de motifs géométriques, ainsi que d’animaux, en moindre proportion : cerfs, capridés, et surtout phoques. Ces derniers, peints à l’ocre rouge, font la spécificité de Nerja, d’autant que des vestiges d’ossements de ce mammifère marin ont aussi été retrouvés dans la cavité. De là à penser que les hommes dessinaient sur les parois les animaux qu’ils venaient de chasser et dépecer, il n’y a qu’un pas, que franchissent les archéologues espagnols…

Par ailleurs, Nerja était déjà considérée comme une grotte ancienne, sur la base de datations et d’études antérieures : « L’homme y est présent depuis 25 000 ans jusqu’aux périodes protohistoriques récentes, autour de 1 500 av. J.-C.. Les principales périodes culturelles du paléolithique y sont représentées, comme le Solutréen et le Magdalénien. En conséquence, l’art de Nerja était attribué à des chasseurs-cueilleurs anatomiquement modernes, des sapiens, comme ceux d’Altamira en Espagne, ou de Lascaux et Chauvet en France », explique le chercheur.

Art néandertalien ?

Les derniers résultats ont tout bouleversé. Les six échantillons analysés, tous issus de petits amas de charbon calciné retrouvés au sol, ont en effet livré des âges très variés, qui s’échelonnent sur plus de 30 000 ans : depuis 12 800 ans BP (avant le présent) pour le plus récent, à 18 000 et 24 000 ans BP, les deux plus anciens culminant à 42 570 ans BP et 43 500 BP! Or, à des périodes aussi reculées, la présence de l’homme anatomiquement moderne, Homo sapiens, n’est pas connue dans cette région du sud de la péninsule ibérique… Conclusion avancée par les scientifiques espagnols : les charbons de bois ont du être manipulés par les seuls hommes présents à l’époque dans la région : les Néandertaliens.

Si la découverte se confirmait, elle bouleverserait bien des certitudes sur les origines de l’art et les capacités symboliques de l’homme de Neandertal, présent en Europe depuis 200 000 ans avant de disparaître il y a 25 000 ans environ. Jamais, en effet, un site néandertalien n’avait livré de dessins ou de peintures, même si on le savait déjà capable de pratiques symboliques et religieuses élaborées : usage de parures, emploi de l’ocre peut-être à des fins de décoration corporelle, inhumation des défunts… Mais la pratique de l’art est considérée comme l’apanage exclusif de l’homme anatomiquement moderne, arrivé en Europe il y a 40 000 ans.

Ce sont ainsi des Homo sapiens, les Aurignaciens, qui ont orné il y a 36 000 ans les parois de la grotte Chauvet en Ardèche, récemment proposée par la France pour rejoindre la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. D’où l’émoi provoqué dans la communauté des préhistoriens par ces résultats, qui n’ont même pas encore été publiés dans une revue scientifique… Pourquoi ? : « Le programme de recherche de Nerja étant financé par la province d’Andalousie, nous réservons nos premières conclusions à l’administration, avant qu’elles ne soient communiquées dans un journal spécialisé. Mais l’importance de la découverte fait qu’elle s’est répandue chez nos collègues, et au-delà », répond Antonio Garrido Luque.

La datation en question

Alors, que penser de cette annonce, encore incomplète, et de ses implications sur les origines de l’art ? De l’avis même des auteurs, la prudence est encore de mise. Ainsi, ce ne sont pas les pigments des peintures qui ont été datés directement, mais des échantillons de charbon prélevés à leurs pieds. Pourquoi ce choix ?
Relevés de température et d’hygrométrie

« La plupart des peintures sont peintes à l’ocre, qui ne peut être daté car il ne contient pas de matière organique. Quant aux dessins noirs, réalisés au charbon, ils sont recouverts d’une fine couche de calcite blanche qui rend impossible tout prélèvement sans risquer d’altérer les dessins, détaille le conservateur, avant d’argumenter. Pour autant, certains charbons que nous avons datés étaient déposés à dix centimètres à peine des peintures, ce qui rend très probable une association entre le foyer au sol, servant à éclairer la salle, avec les oeuvres pariétales ».

Autre point qui devra être approfondi : la fiabilité des datations. Certes, le laboratoire américain qui les a réalisées, Beta Analytics, situé à Miami, bénéficie d’une bonne réputation. Il a ainsi réalisé près de 300 000 analyses depuis les années 1980, pour plus de 9 000 équipes de recherches et universités à travers le monde. Mais au regard de l’enjeu scientifique, de nouvelles datations devront être réalisées pour constituer une certitude, comme en convient l’équipe espagnole elle-même : « Nous réfléchissons actuellement aux laboratoires spécialisés auxquels nous allons confier cette vérification », précise Antonio Garrido Luque.

Scepticisme

En attendant, certains préhistoriens se montrent encore sceptiques, d’abord sur l’ancienneté de l’art. « Autour de 40 000 ans, on se situe aux limites de la datation par le carbone, ce qui doit nous rendre très prudents sur ces résultats, tempère ainsi Jean Clottes, spécialiste français de l’art pariétal paléolithique. De plus, il subsistera toujours un doute sur le fait que ceux qui ont allumé les foyers au pied des parois étaient aussi les auteurs des peintures. Est-on sûr de dater l’art, et non le passage d’autres hommes dans la cavité ? »

Quant à l’attribution à Neandertal de l’art de Nerja, elle fait également débat : « Même si la grande ancienneté de cet art se confirmait, on pourrait aussi penser que les hommes anatomiquement modernes sont arrivés dans le sud de l’Espagne plus tôt que prévu, et sont les auteurs de ces peintures ». Tout en admettant que des analyses plus poussées doivent encore être réalisées, le préhistorien José Luis Sanchidrian, de l’Université de Cordoba, qui a dirigé les travaux scientifiques à Nerja, pense, malgré tout, « qu’à la lumière des résultats, l’hypothèse la plus probable est bien que Neandertal soit l’auteur de ces peintures ».

Seule certitude : les recherches à venir dans la cavité andalouse, qui recèle des sols potentiellement riches en vestiges et dont la richesse archéologique « n’a été exploitée qu’à 20% », seront surveillées de très près par la communauté internationale des préhistoriens. Avec, comme enjeu, l’attribution à l’homme de Neandertal les mêmes capacités artistiques que son homologue Sapiens…

Source : Sciences Actualités du 23/02/2012

jeudi 1 juillet 2010

L'homme préhistorique allait au cinéma

L'homme préhistorique allait déjà au cinéma - dans une version certes primitive -, ont découvert des chercheurs autrichiens et britanniques qui cherchent actuellement à recréer ces "films".

Des gravures rupestres datant de l'âge de cuivre, retrouvées sur des sites éloignés et difficiles d'accès dans toute l'Europe, montrent que ces images rupestres sont plus que de simples illustrations, selon des chercheurs des universités de Cambridge et de Sankt Pölten.

"Les gravures rupestres... ne sont à notre avis pas de simples images, mais une élément d'une performance audiovisuelle... Il ne s'agit pas encore d'images animées, mais les images se succèdent comme une animation ", a expliqué Frederick Baker, du Musée d'archéologie et d'anthropologie de l'université de Cambridge, mardi dans un communiqué.

"En plus des yeux, les oreilles étaient aussi sollicitées, car ces gravures sont souvent retrouvées sur des sites avec un écho particulier", a-t-il ajouté. "Dans ce sens, les gravures ne sont pas des illustrations fixes mais des images qui créent une histoire dans l'esprit du spectateur - comme au cinéma", a encore précisé Frederik Baker.

Les universités de Cambridge et Sankt Pölten ont depuis monté un projet avec l'université Bauhaus de Weimar afin de recréer ces films en utilisant des ordinateurs pour recomposer une séquence d'images et les animer. Ces "films" qui datent d'entre 4000 et 1000 avant J.C., représentent souvent des scènes de danse ou de chasse mais ne montrent jamais la mort et rarement des femmes, ont noté les coordinateurs du projet.

Ces recherches sont menées dans la région italienne de Valcamonica, en Lombardie, où une grande concentration de ces gravures rupestres - environ 100.000 - a été découverte.

Sopurce : Le Figaro du 29/06/2010

samedi 16 mai 2009

Une statuette de 35.000 ans bouscule l’histoire de l’art

Une petite figurine en ivoire de 6 centimètres de haut, représentant un corps de femme dont les organes sexuels ont été significativement exagérés, vient d’être découverte dans une grotte à Hohle Fels, dans le Jura souabe, en Allemagne. Son âge, estimé à 35.000 ans minimum, prend de court les préhistoriens en reculant d’au moins dix millénaires la date d’apparition de ce type d’art.

La statuette, taillée dans un seul bloc d’ivoire, a été exhumée en six morceaux à 20 mètres environ de l'entrée de la grotte, et à 6 mètres sous son niveau actuel, entre le 8 et le 15 septembre 2008 par une équipe d’archéologues dirigée par Nicholas Conard, de l’Université de Tübingen. Mesurant 6 cm de haut pour 3,4 cm de large, elle représente un corps de femme dotée d’une opulente poitrine et de larges hanches. Les fesses ainsi que les parties génitales ont été disproportionnellement agrandies et détaillées presque à l'excès, une pratique qui se retrouve sur de nombreux autres modèles du genre.

On ne connaît toutefois ni la signification ni l’utilisation exactes de ce type d’objet, pourtant très répandu dans la période du Gravettien (29 à 22.000 ans), qui a livré de nombreuses « Vénus », telle la Vénus de Lespugues, découverte en 1922 en Haute-Garonne et datée de 25.000 ans. Avec un âge estimé entre 35 et 40.000, la nouvelle découverte vient bouleverser tout ce que l’on connaissait de la chronologie de cette époque reculée.

La statuette, vue sous quatre angles différents.

La caverne ayant livré les fragments de la statuette – à présent complète – a également fourni de petites figurines d’animaux, ainsi qu’une représentation assez énigmatique moitié homme-moitié lion. L’utilisation en est inconnue, toutefois on remarque une excroissance sur la « Vénus », trop réduite pour représenter une tête, et qui pourrait avoir servi à la porter sur un collier ou en sautoir.

Des répercussions sur l'Histoire des arts... et de l'Homme

L’équipe d’archéologues a appliqué la méthode de datation au radiocarbone sur des os et d’autres objets découverts sur le site à proximité de la figurine. « Sa réalisation remonte à au moins 35.000 ans mais je pense qu’elle est bien plus ancienne », avance Nicholas Conard. En effet, selon l’article paru dans la dernière livraison de la revue Nature, les fragments ont été découverts à quelques centimètres de part et d’autre d’une couche géologique correspondant à l’âge de l’arrivée des premiers humains modernes en Europe, une période connue sous le nom d’Aurignacien et remontant à 40.000 ans.

L’archéologue João Zilhão, de l’Université de Bristol (Royaume-Uni) souligne l’importance de cette découverte, qui permet d’établir avec quasi-certitude que les humains modernes ont commencé à créer l’art dès leur arrivée en Europe, ou très peu de temps après. La synchronisation de la naissance de l’art fait actuellement l’objet de débats au sujet de la nature et des origines des divers comportements humains. Certains scientifiques pensent en effet que le développement de l’art serait l’indication d’un développement plus avancé des capacités cognitives de l’Homme moderne, une des raisons pour lesquelles il aurait progressivement supplanté le Néandertalien.

La Vénus de Hohle Fels est aujourd’hui la plus ancienne représentation humaine connue. Une statuette de mammouth en ivoire avait aussi été mise au jour par l’Université de Tübingen dans le même site, datée de 30 à 36.000 ans.

Source : Futura-Sciences du 16/05/2009