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mercredi 23 décembre 2020

Les premiers Néandertaliens pourraient avoir hiberné pendant l’hiver, selon une étude

Les analyses d’ossements retrouvés sur l’un des sites fossiles les plus importants du monde suggèrent que nos anciens cousins hominidés essuyaient peut-être les hivers en entrant dans un état de torpeur pendant plusieurs mois.

La Sima de los Huesos – appelée la fosse aux os – retrouvée près de Burgos dans le nord de l’Espagne, est un aven contenant un gisement paléolithique âgé de 430 000 ans. Ce site exceptionnel, fouillé depuis 1984, a permis de récupérer plusieurs milliers de fossiles correspondant à toutes les régions du squelette d’au moins 28 hominidés.

Il y a encore quelques années, nous pensions que ces derniers appartenaient à l’espèce Homo heidelbergensis. Des analyses faites en 2014 ont finalement permis d’attribuer ces ossements à l’Homme de Neandertal. Ces individus seraient plus précisément de proches descendants de l’ancêtre commun des Dénisoviens et des Néandertaliens, qui ont perduré respectivement en Asie et en Europe pendant quelque 400 000 ans, avant l’arrivée de l’Homme moderne il y a environ 50 000 ans.

Une étude fascinante et troublante à la fois

Ceci étant dit, l’analyse de nouveaux ossements nous révèle une histoire troublante. Les anthropologues Juan-Luis Arsuaga et Antonis Bartsiokas, de l’Université Démocrite de Thrace en Grèce, affirment en effet qu’à leur époque, ces hominidés étaient peut-être capables d’entrer en état de torpeur, comme les ours, le temps de passer l’hiver.

Lorsqu’un ours se réveille de sa torpeur prolongée (un type d’état de sommeil économiseur d’énergie souvent utilisé comme synonyme d’hibernation), ses os et ses muscles sont relativement les mêmes qu’avant. Ces mammifères développent en effet des processus métaboliques spécialisés pour les protéger de ce sommeil prolongé. Toutefois, il arrive parfois que la machine s’enraye si les animaux n’emmagasinent pas suffisamment de graisses avant l’hiver. Les hibernateurs peuvent alors souffrir de rachitisme, d’hyperparathyroïdie ou d’ostéite fibreuse, par exemple. Et ces conditions laissent des marques sur les os.

Ce que nous disent les chercheurs de cette nouvelle étude, c’est que ces mêmes lésions ont été isolés sur certains ossements de la Sima. Ils soulignent également que certains fossiles présentent des caractéristiques suggérant que leur croissance était interrompue pendant plusieurs mois de chaque année. Ces hominidés étaient-ils capables de réellement hiberner, comme peuvent le faire les ours ?

Pas d’autre choix que d’hiberner

Juan-Luis Arsuaga et Antonis Bartsiokas l’admettent : cette notion “peut ressembler à de la science-fiction“. Néanmoins, il soulignent que de nombreux autres mammifères, y compris les primates tels que les lémuriens de Madagascar ont évolué pour hiberner. “Cela suggère que la base génétique et la physiologie d’un tel hypométabolisme pourraient être préservées chez de nombreuses espèces de mammifères, y compris les humains“, écrivent-ils.

Les auteurs examinent également un contre-argument : celui des Inuits et les Samis, qui vivent dans des conditions tout aussi dures et froides, mais qui pourtant n’hibernent pas. À cette analyse, les chercheurs rappellent que les poissons gras et la graisse de renne fournissent aujourd’hui suffisamment de nourriture à ces peuples pour qu’ils puissent passer l’hiver. En revanche, le site de Sima, il y a un demi-million d’années, ne proposait pas suffisamment de nourriture riche en graisses pour les locaux.

Aussi, d’après eux, une stratégie d’hibernation aurait été la seule option possible pour dans cet environnement durant l’hiver.

Avant de pouvoir affirmer que nos anciens cousins ont effectivement hiberné, nous devons nous rappeler que cette recherche est très préliminaire. “C’est un argument très intéressant et il stimulera certainement le débat“, admet au Guardian l’anthropologue légiste Patrick Randolph-Quinney, de l’Université Northumbria à Newcastle. “Cependant, il y a d’autres explications pour les variations observées dans les os de Sima. Et celles-ci doivent être traitées complètement avant que nous puissions arriver à des conclusions réalistes“.

Source : SciencePost du 23/12/2020

Les premiers humains auraient survécu aux hivers rigoureux en hibernant

Et si les humains pouvaient hiberner comme les ours et les marmottes ? Ce scénario, qui paraît saugrenu, pourrait cependant bien expliquer comment les premiers hominidés ont pu résister durant des mois dans de sombres cavernes et dans le froid, avec très peu de nourriture.

« Cela peut ressembler à de la science-fiction », reconnaissent eux-mêmes les auteurs d'une nouvelle étude affirmant que les premiers humains auraient hiberné en hiver. Cette stratégie, qui consiste à emmagasiner de la graisse durant l'automne pour passer l'hiver à dormir, permet de survivre lorsque les températures chutent et que la nourriture se fait rare. Une faculté dont ne dispose pas l’Homme, qui reste éveillé toute l'année. C'est du moins ce que l'on pensait jusqu'à présent.

Des lésions osseuses liées à une hibernation dans des grottes sombres

Deux chercheurs jettent aujourd'hui un pavé dans la mare. Antonis Bartsiokas, de l'université de Thrace en Grèce, et Juan-Luis Arsuaga, paléontologue à l'université de Madrid, ont examiné les squelettes d'hominidés de Sima de los Huesos, un site situé au nord de l'Espagne. Celui-ci abrite une collection d'ossements datant de plus de 400.000 ans et appartenant aux premiers Hommes de Néandertal et à leurs prédécesseurs.

Ils ont constaté, en particulier chez les adolescents, que les os présentaient « des lésions caractéristiques d'ostéomalacie, d'hyperparathyroïdie secondaire et d'ostéodystrophie rénale », dont ils estiment qu'elles sont liées « à une hibernation dans des grottes sombres ». Les deux chercheurs suggèrent donc que ces premiers humains se sont retrouvés « dans un état métabolique qui les a aidés à survivre pendant de longues périodes dans des conditions glaciales avec des approvisionnements limités en nourriture », à l'instar des ours des cavernes, dont on a également retrouvé la trace dans la fosse.

Pourquoi les Inuits n’hibernent pas ?

Mais alors, pourquoi l'Homme a-t-il aujourd'hui cessé d'hiberner ? Pourquoi les Inuits et les Samis modernes, qui connaissent des conditions climatiques tout aussi rudes et de longs hivers, restent-ils éveillés toute l'année ? La réponse, selon Antonis Bartsiokas et Juan-Luis Arsuaga, est que les Inuits disposent de suffisamment de nourriture l'hiver grâce, en particulier, aux poissons gras et aux rennes. En revanche, la zone autour du site de Sima il y a un demi-million d'années n'aurait rien fourni de tel. « L'aridification de l'Ibérie ne pouvait pas fournir suffisamment de nourriture riche en graisse aux habitants de Sima pendant l'hiver rigoureux », expliquent les auteurs. Les lésions observées sur les os révèlent d'ailleurs des réserves de graisse insuffisantes et un manque de vitamine D montrant que ces humains ont passé un bon bout de temps dans des cavernes sans recevoir la lumière du jour.

Les bases de l’hibernation toujours présentes dans nos gènes ?

« Notre hypothèse rattachant ces lésions osseuses aux conséquences de l'hibernation est cohérente avec les arguments génétiques et le fait que les hominidés de Sima ont vécu pendant une glaciation extrême », insistent les chercheurs. Leur conclusion laisse toutefois sceptiques d'autres scientifiques. Diverses explications aux maladies osseuses observées peuvent être trouvées, et une torpeur hivernale comme celle de l'ours, qui nécessite tout de même des besoins énergétiques importants pour le cerveau, rendrait cette stratégie d'hibernation difficilement tenable, fait valoir Chris Stringer, du Museum d'Histoire naturelle de Londres, dans le Guardian. L'hypothèse demeure cependant intéressante à examiner et suggère que les bases génétiques de l'hibernation sommeillent toujours en nous.

Source : Futura Sciences du 23/12/2020

Les premiers humains ont peut-être survécu à des hivers rigoureux il y a plus de 400000 ans en hibernant

Les premiers humains ont peut-être survécu à des hivers rigoureux il y a plus de 400000 ans en ralentissant leur métabolisme et en hibernant pendant des mois, révèlent les experts en fossiles.

De nouvelles preuves provenant d’ossements prélevés dans une ancienne fosse commune dans le nord de l’Espagne suggèrent que nous avons pu faire face à un froid extrême il y a des centaines de milliers d’années de manière stratégique, en dormant pendant l’hiver.

Les fossiles datant de 400 000 ans aux premiers Néandertaliens ou à leurs prédécesseurs, montrent des mois de croissance osseuse interrompue.

Les premiers humains ont peut-être survécu à des hivers rigoureux il y a plus de 400000 ans en adoptant une stratégie d’hibernation dans les grottes – ralentissant leur métabolisme et dormant pendant des mois.

De nouvelles preuves provenant de fossiles datant de plus de 400000 ans qui ont été déterrés dans la grotte Sima de los Huesos, une ancienne fosse commune du nord de l’Espagne, montrent des mois de croissance osseuse interrompue.

Les chercheurs ont fait valoir que les signes de dommages aux os sont les mêmes que ceux des autres animaux qui hibernent, concluant que nos prédécesseurs peuvent également avoir hiberné.

Les experts ont basé leurs conclusions sur des fossiles récupérés dans la grotte espagnole Sima de los Huesos, qui se traduit par « le noyau des os ».

L’ancienne fosse commune d’Atapuerca, près de Burgos, dans le nord de l’Espagne, recèle certains des trésors paléontologiques les plus importants du monde.

Il contient des dents et des os datant de plus de 400 000 ans au fond d’un puits de 50 pieds de profondeur.

Les scientifiques qui ont étudié les os ont trouvé le modèle de lésions cohérent avec les lésions trouvées dans les os de mammifères hibernants, y compris les ours des cavernes.

Ils ont également suggéré que la zone autour du site où les os ont été trouvés n’aurait pas fourni à nos prédécesseurs suffisamment de nourriture «riche en graisses» en hiver, il y a un demi-million d’années.

Les scientifiques ont fait valoir que les signes de dommages aux os sont les mêmes que ceux des autres animaux qui hibernent, concluant que nos prédécesseurs peuvent également avoir hiberné.

Ils ont conclu qu’une «stratégie d’hibernation» a peut-être été adoptée comme la seule solution pour eux de survivre aux conditions de gel dans une grotte.

Les résultats obtenus par Juan-Luis Arsuaga, un paléoanthropologue espagnol et Antonis Bartsiokas, de l’Université Démocrite de Thrace en Grèce, ont été publiés dans la revue L’Anthropologie.

S’adressant au Guardian, l’anthropologue légiste Patrick Randolph-Quinney de l’Université de Northumbria à Newcastle a déclaré: «C’est un argument très intéressant et cela stimulera certainement le débat.

«Cependant, il existe d’autres explications aux variations observées dans les os trouvés dans Sima et celles-ci doivent être pleinement traitées avant de pouvoir tirer des conclusions réalistes. Cela n’a pas encore été fait, je crois.»

Source : News 24 du 20/12/2020

dimanche 20 décembre 2020

Biface Excalibur

Un seul artéfact a été découvert : il s'agit d'un biface, retrouvé en 1998. Outil emblématique de la culture de mode II, l'Acheuléen, le biface est apparu en Europe il y a 500 000 ans. Taillé dans un bloc de quartzite rouge et jaune, il correspond à la technologie identifiée dans la couche GIIb du site voisin de Galería. Il a subi une première phase de configuration au percuteur dur pour la forme générale, et une seconde au percuteur tendre pour travailler la finition des bords convexes distaux. D'une taille de 15 cm, supérieure à la moyenne, il est d'une symétrie assez soignée. Il semble n'avoir jamais servi puisque certains éclats de fabrication sur les bords qui viennent d'être frappés ne sont pas encore détachés. Des traces d'abrasion formées par des sédiments sableux sur la totalité de la surface et particulièrement sur les arêtes et les bords pourraient cependant avoir effacé des marques d'utilisation éventuelles.

L'absence d'autres outils ainsi que le matériau et l'aspect généralement remarquable de ce biface interrogent sur son éventuel rôle dans la Sima. L'hypothèse qu'il ait été déposé à titre symbolique est à considérer. Il s'agirait alors du premier acte symbolique humain documenté dans l'histoire. Toutefois cette hypothèse reste invérifiable, et on peut toujours imaginer que le biface soit arrivé là par accident. Il a été surnommé Excalibur par les anthropologues qui l'ont dégagé de la roche qui le contenait depuis 400 000 ans.

Source : Wikipedia

Sima de los Huesos 5

Devenu un symbole d'Atapuerca, le fossile AT-700 est le cinquième crâne découvert dans la Sima. Il a été exhumé pendant la campagne de fouille de l'été 1992, durant laquelle le cycliste espagnol Miguel Indurain a remporté le Tour d'Italie et le Tour de France ; il a donc été surnommé Miguelón en son honneur et bien que son sexe ne soit pas identifiable. C'est désormais une des pièces principales du musée de l'Évolution humaine de Burgos depuis son ouverture en 2010. On y note un impact important sur l'os pariétal gauche, reçu alors que l'os n'était pas sec : peut-être à cause de la chute dans l'aven après sa mort, ou bien du vivant de son propriétaire et alors probablement causé par un autre individu d'après ses caractéristiques. Le maxillaire gauche présente des signes d'une infection chronique qu'un impact violent aurait pu occasionner. Ce traumatisme, couplé avec l'infection de plusieurs dents fracturées aurait pu provoquer la mort par septicémie. L'analyse de son endocrâne par tomodensitométrie montre qu'il était droitier. Aujourd'hui le musée de l'Évolution humaine communique sur Twitter avec un compte de 14 000 abonnés au nom de Miguelón, on peut aussi voir des fresques murales dans la ville de Burgos représentant l'individu, immense fierté locale.

Source : Wikipedia

samedi 1 mai 1999

Sima de los Huesos

La Sima de los Huesos signifie en espagnol « gouffre aux ossements » et désigne un aven qui contient un gisement paléolithique âgé de 430 000 ans. Sa richesse en fossiles en fait la source d'information principale de la paléoanthropologie de cette période en Europe. La cavité est constituée d'une chambre au fond d'un puits de 14 mètres et a été creusée par une ancienne rivière souterraine dans la Cueva Mayor de la sierra d'Atapuerca en Espagne, massif classé au patrimoine mondial.

La Sima de los Huesos a éveillé l'intérêt pour la sierra d'Atapuerca après la découverte d'une mandibule humaine archaïque complète en 1976. Elle a depuis livré une grande quantité de fossiles appartenant à au moins 28 individus, ce qui constitue l'un des deux plus grands gisements humains du registre fossile, avec les grottes de Rising Star qui ont livré Homo naledi en Afrique du Sud. Le caractère non accidentel de ce rassemblement d'os pourrait peut-être en faire la plus ancienne manifestation documentée d'un acte rituel, plus de 300 000 ans avant les sites attestés de Es Skhul et Qafzeh en Israël. De multiples impacts, certains létaux, sur plusieurs crânes, témoignent de la violence de certaines morts, un individu au moins ayant été la victime d'un meurtre. Ces personnes étaient droitières. À ce jour aucun contre-indice au langage parlé n'a pu être décelé chez ces individus, portant peut-être l'apparition du langage assez tôt dans l'évolution humaine. D'une stature semblable aux hommes de Néandertal, leur large ossature suggère un corps plus lourd que les hommes modernes pour une taille plus petite.

Les fossiles présentent un état de conservation si exceptionnel qu'il a permis d'en extraire les plus anciens ADN humains jamais analysés en 2013 (mitochondrial) puis en 2016 (nucléaire), malgré leur âge. Ces informations ont permis de reconstituer l'arbre phylogénétique probable entre les espèces humaines récentes dont l'ADN est déjà connu : Homme de Néandertal, Homme de Denisova et Homme moderne. L'attribution initiale des fossiles à Homo heidelbergensis a été infirmée par l'équipe d'Atapuerca en 2014. Ces spécimens sont désormais attribués à l'Homme de Néandertal. Les individus de la Sima de los Huesos seraient de proches descendants de l'ancêtre commun des Dénisoviens et des Néandertaliens, qui ont perduré respectivement en Asie et en Europe pendant quelque 400 000 ans, jusqu'à l'arrivée de l'Homme moderne il y a environ 50 000 ans. Les fouilles se poursuivent chaque été depuis 1984. Au rythme de quelques centimètres par an, elles promettent encore de nombreuses découvertes.

Source : Wikipedia