lundi 10 octobre 2011
Inquiétudes pour l'avenir de la grotte d'Altamira
La grotte d'Altamira qui abrite l'un des plus importants ensembles de peintures rupestres de la préhistoire, pourrait être prochainement rouverte au public. C'est en tout cas ce que réclame depuis 2010 le gouvernement régional de Cantabrie, afin de dynamiser l'économie touristique locale. Le ministère espagnol de la Culture, seul habilité à autoriser cette réouverture, n'a toujours pas fait connaître sa décision. Mais une équipe de chercheurs du Conseil espagnol pour la recherche scientifique (CSIC) dénonce les risques que cette réouverture pourrait faire courir à la préservation de ce joyau inscrit en 1985 sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.
«Les archéologues, les environnementalistes et les microbiologistes s'accordent tous sur la nécessité de fermer les sites souterrains pour leur conservation et d'orienter le flot de touristes vers des sites répliques» , soulignent les chercheurs dans leur article publié aujourd'hui dans la revue Science. «Il dépend du ministère de la Culture espagnol de savoir si Altamira va emprunter ou pas le même chemin que celui de la grotte de Lascaux, victime de proliférations continues de champignons.»
Les deux grottes ornées les plus célèbres d'Europe ont connu à peu près le même parcours. Dans les années 1960, l'afflux de visiteurs a commencé à entraîner des dégradations sur les deux sites. Des taches et des moisissures provoquées par des bactéries et des champignons ont envahi les parois et attaqué les peintures. Pour enrayer le mal, Lascaux a été fermée au public en 1963 et une réplique construite en 1983. Altamira a fermé une première fois en 1972 puis a rouvert en 1982 avec un accueil limité à 8500 visiteurs par an mais elle a dû être réinterdite au public en 2002, une réplique ayant ouvert ses portes un an plus tôt.
La grotte du Périgord est toutefois en beaucoup plus mauvais état qu'Altamira: maladie verte, voiles blancs, taches noires. Pas seulement parce qu'elle a accueilli plus de visiteurs (100.000 au cours de l'année 1960!), ce qui a perturbé le milieu naturel souterrain. Mais aussi et surtout parce que de graves erreurs ont été commises au début des années 2000 dans la lutte contre les champignons et les micro-organismes. Les experts français ont cru à cette époque qu'il était possible de les éradiquer totalement. Mal leur en a pris, l'utilisation massive de fongicides et d'antibiotiques s'est révélée catastrophique: d'autres espèces de champignons sont apparues et les produits chimiques ont servi de nourriture aux bactéries qui se sont mises à proliférer.
Prévenir plutôt que guérir
À cette époque, les scientifiques espagnols ont été beaucoup moins interventionnistes que leurs homologues français. Au lieu de vouloir combattre directement les moisissures, ils se sont attachés à contrôler l'écosystème de la grotte, préférant prévenir que guérir. «L'objectif des mesures correctives mises en place récemment a consisté à priver l'écosystème de carbone afin d'empêcher la prolifération des bactéries et réduire les échanges entre l'air intérieur de la cave et l'extérieur», souligne par exemple l'équipe pilotée par Cesareo Saiz-Jimenez, du CSIC. Les analyses de l'ADN des parois et du sol des grottes pratiquées depuis quelques années ont d'ailleurs montré que cette voie était la bonne car on a découvert qu'ils renferment un nombre considérable d'espèces et que ce sont les changements (éclairage, température, etc.) qui favorisent les unes ou les autres.
La conservation des grottes ornées reste un vrai défi pour les conservateurs et Altamira n'est pas elle non plus en bon état. «La conservation des peintures rupestres pendant 14.000 ans a été favorisée par plusieurs facteurs: absence de lumière, peu d'infiltration d'eau, de dépôts minéraux et d'échanges avec l'extérieur», notent les chercheurs. Dans un milieu souterrain perturbé, tout change très vite et la gestion écosystémique n'est pas une mince affaire.
Source : Le Figaro du 06/10/2011
mercredi 22 décembre 2010
La réouverture d'Altamira n'aura pas lieu
La fondation qui gère le site en a décidé ainsi.
En juin, le ministère espagnol de la Culture avait annoncé la réouverture d'ici la fin de l'année de cette grotte classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO et considérée, avec son homologue de Lascaux (France), comme l'une des plus belles "chapelles sixtines" de l'art rupestre paléolithique.
La fondation gestionnaire a créé un "groupe international pluridisciplinaire" qui sera chargé de "déterminer l'impact que la présence humaine a sur l'art rupestre". Cela permettra, dans un "délai de deux ans", de faire une "nouvelle évaluation de la grotte et de sa compatibilité avec un régime de visites", ont expliqué ses responsables. Ceux-ci en outre souligné que l'interdiction faite au public d'accéder à la grotte avait permis de retrouver "des conditions environnementales plus stables qu'avant la fermeture".
En avril dernier, le Conseil supérieur des recherches scientifiques avait averti que l'entrée continuelle de visiteurs provoquerait un nouveau changement de l'environnement de la grotte susceptible de dégrader les peintures.
Le site avait été fermé au public en septembre 2002, après la découverte de micro-organismes qui détérioraient ses peintures rupestres. Depuis, quelque 2,5 millions de visiteurs ont dû se contenter d'admirer une réplique exacte de la grotte, installée à proximité.
Altamira avait été une première fois interdit d'accès en 1977, avant de rouvrir en 1982 avec un régime de visites limitées.
La grotte d'Altamira a été découverte en 1879 (elle était en fait connue depuis 1868), rapporte la légende, par Marcelino Sanz de Santuola... et sa fille de huit ans, Maria. S'y promenant régulièrement, le papa avait déjà remarqué la présence de dessins géométriques, mais il n'y avait pas cherché à savoir de quoi il s'agissait. Alors qu'il s'y trouvait avec Maria, celle-ci lui demanda pourquoi il y avait des "toros" au plafond...
Le site contient l'un des ensembles picturaux majeurs de la Préhistoire. Des ensembles, vieux de 15.000 à 17.000 ans, qui représentent des bisons, des biches, des sangliers dont la taille varie entre 1,40 m et 2 m, avec sa célèbre grande salle aux bisons.
Altamira est donc le premier ensemble préhistorique pictural découvert. Et surtout à avoir fait l'objet de publications scientifiques. Au tournant du XIXe et du XXe, l'importance de la découverte a d'ailleurs entraîné de vives polémiques sur l'authenticité de la grotte au sein de la communauté préhistorienne naissante. Notamment parce que l'existence des peintures rupestres venait bouleverser les idées scientifiques du temps.
Les Français ne furent pas les derniers à s'engager dans ces polémiques. Ce fut notamment le cas d'un certain Emile Cartailhac, qui fut l'un des plus sceptiques vis-à-vis de l'authenticité d'Altamira. Mais les découvertes en France, notamment dans les grottes des Combarelles, de Font-de-Gaume et de la Mouthe, et les visites qu'il y vit, le firent revoir sa position. En 1902, il publia un article, "La grotte d'Altamira. Mea culpa d'un sceptique", dans lequel il reconnaissait très honnêtement son erreur de départ. Un article qui fit taire les sceptiques. Les travaux d'un autre Français, l'abbé Henri Breuil, mondialement connu, ont également beaucoup contribué à la célébrité d'Altamira.
Source : France2.fr du 21/12/2010
samedi 19 juin 2010
Grotte préhistorique d'Altamira : la réouverture
Située à Santillana del Mar, près de Santander (nord-ouest de l'Espagne), classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO, elle est restée huit ans fermée au public.
Découverte en 1868, la grotte contient l'un des plus beaux ensembles picturaux de la Préhistoire, avec, notamment, la célèbre "grande salle aux bisons" peinte il y a environ 15.000 ans.
Le bison des steppes est l'animal le plus représenté d'Altamira: en tout, les spécialistes en ont repéré 16. Ces bestioles sont accompagnées de chevaux, de cerfs et d'humains à tête d'animal. Les artistes de la Préhistoire ont su créer une sensation de réalisme "en tirant profit des reliefs naturels du plafond de la grotte, qui créent une illusion de volume", mais aussi en employant des "couleurs vives (rouge, noir, jaune, bruns)", constate Wikipédia.
Le site a dû être fermé une première fois au public en 1977 en raison de la présence de micro-organismes détériorant les peintures. Il avait rouvert en 1982 avec un régime de visites limitées. Avant une nouvelle fermeture en septembre 2002 sur recommandation du le Conseil supérieur espagnol des recherches scientifiques (CISC).
Comme à Lascaux (Dordogne), les responsables archéologiques ont alors construit une réplique (très fidèle selon les spécialistes), proche de la grotte. Réplique visitée par 2,5 millions de personnes en huit ans ! Il faut savoir qu'une autre reproduction des peintures peut être vue au Museo Arqueologico Nacional de Espana à Madrid.
La décision de rouvrir la grotte au public en 2010 est contraire aux recommandations d'un rapport du CISC remis en avril dernier. "L'entrée continuelle de visiteurs provoquerait un nouveau changement de l'environnement" de la grotte avec une "prolifération" des micro-organismes susceptibles de dégrader les peintures, a averti le Conseil. Comme Lascaux, fermé au public depuis les années 60, Altamira n'est donc pas forcément tiré d'affaire...
Authentique ou pas ?
La grotte est connue depuis 1868. Les peintures ont en fait été idendifiées un peu plus tard par l'archéologue Marcelino Sanz de Santuola. Selon la légende, il avait déjà constaté l'existence de dessins géométriques sur les parois sans y attacher d'importance. Il décida de s'y intéresser quand sa fille Maria, âgée de huit ans, lui fit observer l'existence de "toros" au plafond...
Altamira est le premier ensemble pictural préhistorique d'importance découvert et décrit par les archéologues, au premier rang desquels Marcelino Sanz de Santuola. Au départ, certains ont douté de son authenticité, à commencer par le Français Emile de Cartailhac, l'un des spécialistes de l'époque. La multiplication des découvertes de grottes peintes, notamment en France (Combarelles, Font-de-Gaume...), a permis de faire évoluer les esprits scientifiques. En 1902, Carthailhac reconsidère sa position dans un article intitulé "La grotte d'Altamira. Mea culpa d'un sceptique". "Il faut s'incliner devant la réalité d'un fait", écrit-il alors.
L'article de l'ex-sceptique lève les derniers doutes. Par la suite, les travaux de l'abbé français Hervé Breuil (mort en 1961) bouleverseront la façon de penser des préhistoriens.
Source : France2.fr du 15/06/2010
vendredi 11 juin 2010
La grotte d'Altamira va rouvrir au public
Ce chef-d'œuvre découvert en 1868 contient l'un des ensembles picturaux majeurs de la préhistoire, avec sa célèbre grande salle aux bisons peinte il y a au moins 14 000 ans. On peut y observer au plafond des bisons rouges et jaunes, mais aussi des chevaux, des cerfs et des humains à tête d'animal. Elle avait été fermée au public en septembre 2002, après la découverte de micro-organismes qui détérioraient ses peintures. Depuis, 2,5 millions de visiteurs ont dû se contenter d'admirer une réplique exacte de la grotte, à proximité.
En avril, les experts du Conseil supérieur des recherches scientifiques (CISC) avaient averti que "l'entrée continuelle de visiteurs provoquerait un nouveau changement de l'environnement" de la grotte avec une "prolifération" des micro-organismes susceptibles de dégrader les peintures.
La fondation qui gère le site d'Altamira, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, a pris la décision de rouvrir la grotte originale à condition que soient mises an place "toutes les garanties pour conserver ce bien exceptionnel". Un groupe de travail chargé de fixer d'ici à la fin de l'année les conditions et limites de l'ouverture au public se réunira pour la première fois vendredi.
Source : Le Monde du 10/06/2010
mercredi 9 juin 2010
La grotte d'Altamira va rouvrir au public
La fondation qui gère le site d'Altamira, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, a pris cette décision à l'unanimité en la conditionnant au respect de "toutes les garanties pour conserver ce bien exceptionnel" situé sur la commune de Santillana del Mar, près de Santander.
Un groupe de travail chargé de fixer d'ici à la fin de l'année les conditions et limites de l'ouverture au public se réunira pour la première fois vendredi.
La grotte d'Altamira, découverte en 1868, contient l'un des ensembles picturaux majeurs de la préhistoire, avec sa célèbre grande salle aux bisons peinte il y a au moins 14.000 ans. On peut y observer au plafond des bisons rouges et jaunes, mais aussi des chevaux, des cerfs et des humains à tête d'animal.
Elle avait été fermée au public en septembre 2002, après la découverte de micro-organismes qui détérioraient ses peintures rupestres.
Depuis, 2,5 millions de visiteurs ont dû se contenter d'admirer une réplique exacte de la grotte, à proximité.
Le président de la région de Cantabrie, Miguel Angel Revilla, a exprimé le voeu que le prochain premier visiteur de la grotte soit le président américain Barack Obama en personne. "J'ai déjà écrit la lettre d'invitation, et en anglais", a-t-il déclaré.
La décision de rouvrir la grotte au public est contraire aux recommandations d'un rapport remis en avril par le Conseil supérieur des recherches scientifiques (CISC).
"L'entrée continuelle de visiteurs provoquerait un nouveau changement de l'environnement" de la grotte avec une "prolifération" des micro-organismes susceptibles de dégrader les peintures, avait-il averti.
Avant sa fermeture en 2002 sur recommandation du CICS, la grotte d'Altamira avait été une première fois interdite au public en 1997, avant de rouvrir en 1982 avec un régime de visites limitées.
Source : Dépêche AFP du 08/06/2010
mardi 16 février 2010
Altamira
Source : Wikipedia
Le site du musée :
http://museodealtamira.mcu.es/index.html
mardi 1 mars 1983
Grotte d'Altamira
La grotte d’Altamira est une grotte ornée située en Espagne à Santillana del Mar, près de Santander (Cantabrie). Elle renferme l'un des ensembles picturaux les plus importants de la Préhistoire. Il date de la fin du Paléolithique supérieur, du Magdalénien. Son style artistique relève de ce que l’on appelle l'art préhistorique franco-cantabrique, caractérisé notamment par le réalisme des représentations et par ses thèmes animaliers.
Historique de la découverte et de la reconnaissance d'Altamira
Les peintures d'Altamira ont été découvertes en 1879, lors de fouilles conduites par Marcelino Sanz de Sautuola. La grotte était connue depuis 1868 et Sanz de Sautuola y effectuait des visites depuis 1876. Il avait observé la présence de dessins géométriques sur les parois sans y accorder d'importance mais c'est sa fillette Maria, alors âgée de huit ans, qui remarqua la première la présence de «toros» dessinés au plafond. Sanz de Sautuola publia dès 1880 « Brèves notes sur quelques objets préhistoriques de la province de Santander ».
Historiquement, Altamira est donc le premier ensemble pictural préhistorique important qui ait été découvert et publié. Une découverte de cet ordre explique la polémique qu’elle a fait naître puisqu’elle remettait en question certaines idées scientifiques de l’époque. En effet, dès le début, le réalisme des scènes représentées a fait douter de son authenticité : le préhistorien français Édouard Harlé, chargé de mener une inspection pour la communauté internationale, publie son rapport en 1881 et se conforme à l'idée dominante en remettant en cause l'authenticité. Sa reconnaissance comme une œuvre artistique effectuée par des hommes du Paléolithique s'est faite à l’issue d’un long processus qui a permis de mieux définir la vision de la Préhistoire.
Le premier à défendre ces peintures a été celui qui les avait découvertes et publiées, M. Sanz de Sautuola. Leur authenticité ne devait être admise qu'après sa mort, une fois confirmée par l’abondance d’autres œuvres artistiques semblables trouvées dans de nombreuses grottes européennes. À la fin du XIXe siècle, surtout en France, on a découvert des peintures pariétales associées de façon indéniable à des statuettes, des sculptures murales et des os sculptés qui appartenaient à des niveaux archéologiques paléolithiques, le tout accompagnant des restes d'animaux disparus, au moins de la région (mammouth, renne, bison des steppes, etc.).
Émile Cartailhac avait été un des plus grands adversaires de l'authenticité d'Altamira. À partir de 1895, la découverte de gravures et de peintures dans les grottes françaises de la Mouthe, des Combarelles et de Font-de-Gaume, lui firent reconsidérer sa position. Après avoir visité les grottes, il écrivit dans la revue L'Anthropologie (1902) un article intitulé « La grotte d'Altamira. Mea culpa d'un sceptique ». Après cet article le caractère paléolithique des peintures d'Altamira fut universellement reconnu.
Dans cette reconnaissance, il faut souligner également les rôles de Joseph Déchelette, qui qualifie Altamira de « chapelle Sixtine de l'art quaternaire » dans son Manuel d'archéologie préhistorique. et de l’abbé Breuil. Ses travaux sur l'art pariétal, présentés une première fois en 1902 au Congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences, ont bouleversé la façon de voir des chercheurs de l'époque.
Une fois établie l'authenticité des peintures le débat se déplaça sur leur signification et leurs implications. Les divergences entre chercheurs tournaient autour de la datation chronologique exacte, du but mystérieux qui était le leur et de leur valeur artistique et archéologique. Ces questions ont concerné non seulement la grotte d'Altamira, mais l'art préhistorique tout entier.
Fouilles archéologiques
Les premières fouilles entreprises par Sanz de Sautuola furent suivies de celles de H. Alcalde del Rio en 1906 et de celles de H. Obermaier en 1924-25. Même s'il s'agit de travaux anciens, il semble établi que la séquence stratigraphique d'Altamira comporte du Moustérien à sa base, suivi de Solutréen supérieur à pointes à cran et enfin de Magdalénien inférieur cantabrique, à bâtons percés. Ce dernier date de 15 000 BP.
Âge des peintures
Une série de datations directes des œuvres d'Altamira exécutées au charbon de bois a été réalisée grâce à la méthode du carbone 14. Ces dates sont comprises entre -15 500 et -13 500 ans et correspondent au Magdalénien inférieur.
Source : Wikipedia
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nom :âge : 15 ka
découverte : Marcelino Sanz de Sautuola
date : 1879




