lundi 30 mai 2011

Une rarissime dent d’hominidé fossile retrouvée au bout d’un siècle dans un musée

Des paléontologues suédois et chinois ont retrouvé, dans les coulisses d’un musée de Suède, de précieux fossiles venus de Chine, et oubliés depuis près d’un siècle. Parmi eux, une canine de l’Homme de Pékin, variété rarissime de notre 'ancêtre' Homo erectus.

"C’est une incroyable trouvaille ! Nos collègues chinois et nous sommes débordés. Avec la technologie d'aujourd'hui, une canine qui n'a pas été traitée peut nous dire beaucoup plus que par le passé, par exemple ce qu'ils mangeaient…", dit Per Ahlberg, professeur de biologie évolutive à l'Université d'Uppsala, en Suède.

La dent d'hominidé fossile

C’est en déballant une quarantaine de cartons issus d’expéditions paléontologiques en Chine, oubliés depuis les années 1920 dans une remise du Musée de l'évolution de cette université, que lui et ses collègues ont (re)découvert des trésors. Notamment, la seule canine connue de l’Homme de Pékin, un Homo erectus chinois, dont les rares fossiles exhumés avaient mystérieusement disparu d’Europe lors de la seconde guerre mondiale, et dont il ne subsiste, en Chine, que quelques dents et fragments de crâne.

"C'est une très importante découverte. C’est la seule canine [de ce type] existant. Elle peut fournir des informations importantes sur la façon dont Homo erectus vivait en Chine", conclut le Pr Liu Wu, de l'Académie chinoise des sciences, convié à partager cette trouvaille.

Source : MaxiSciences du 28/05/2011

vendredi 27 mai 2011

Des doutes sur des traces de vie datant de 3,8 milliards d'années

De quand date l’apparition de la vie sur Terre ? Certains indices retrouvés dans des roches du Groenland laissaient penser qu’elle était déjà là il y a 3,8 milliards d’années au moins. En analysant des roches canadiennes, un groupe de chercheurs vient de jeter un pavé dans la mare. Les biosignatures éventuelles trouvées pourraient être postérieures à la formation de ces roches.

Plus on s’enfonce dans le temps, plus le livre des archives géologiques de Terre devient difficile à déchiffrer et il semble même probable que pas un seul fragment des premières pages racontant le début de la vie de notre planète ne nous sera jamais donné. La situation semble identique pour ce qui est de la biosphère elle-même. On sait que des stromatolites étaient bien d’origine biologique il y a 2,7 milliards d’années environ mais jusqu’à présent, les biosignatures les plus convaincantes de la présence de formes de vie sur Terre à des âges plus reculés provenaient de roches volcaniques et sédimentaires au Groenland, datées d’environ 3,8 milliards d’années.

Ainsi, les sédiments d'Isua datant de 3,8 milliards d'années et ceux d'Akilia, de 3,85 milliards d'années, non seulement gardent la mémoire de la présence d'eau liquide et de dioxyde de carbone dans l'atmosphère sur Terre à ce moment là, mais ils renferment aussi des kérogènes, des molécules organiques complexes. Or, l’analyse des abondances isotopiques de ces molécules organiques montre un excès de 12C par rapport au 13C qui serait aujourd’hui une trace de l’activité métabolique de bactéries. Cela ne prouve pas la présence d’une activité photosynthétique liée à des bactéries primitives il y a 3,8 milliards d’années, mais cela permet de le croire.

Malheureusement, les travaux aujourd’hui publiés par une équipe de chercheurs dans Nature Geoscience laissent maintenant planer un doute sérieux. En effet, les techniques d’analyse ayant évolué, il est possible de jeter un regard nouveau sur les roches datant de l’Archéen retrouvé non seulement au Groenland mais aussi au Canada.

Du graphite anormalement peu métamorphisé

On savait déjà que les roches de la ceinture verte du Nuvvuagittuq étaient parmi les plus anciennes connues au monde. Qu’allaient-elles révéler au sujet d’éventuelles biosignatures avec des molécules carbonées ?

Les analyses ont montré que le graphite faiblement cristallisé contenu dans des échantillons de roches métamorphisées était plus jeune que ces roches elles-mêmes ! En effet, alors que la structure de ces roches montre un haut degré de métamorphisme, ce n’est pas le cas de la structure cristalline du graphite. Le carbone présent doit donc s’être déposé plus tard dans ces roches, remettant potentiellement en cause les datations estimées pour les autres molécules carbonées présentes dans d’autres roches de l’archéen.

Pour le moment, il n’est pas possible de donner la valeur exacte de la différence d’âge mais il s’agit probablement de plusieurs millions d’années au moins. Des études supplémentaires doivent donc être faites, en particulier sur les molécules organiques présentes dans les sédiments d’Isua.

Source : Futura Sciences du 26/05/2011

mercredi 25 mai 2011

Ardèche : la grotte Chauvet aura bien son fac-similé


La copie conforme de la grotte aux peintures rupestres uniques ouvrira en 2014 à Vallon-Pont d’Arc.

L’architecture de la réplique de la grotte Chauvet, à Vallon-Pont d’Arc en Ardèche, a été définitivement arrêtée par le syndicat mixte qui gère le site. Le bâtiment permettra au public de découvrir, sur 3 500 m2, les peintures datant de 36 000 ans et qui incarnent la naissance de l’art avec la création de l’estompe et de la perspective. Des fresques où gambadent chevaux, lions et ours, surgis de la nuit des temps.

La grotte Chauvet a été découverte en 1994 à une dizaine de kilomètres de Barjac dans le Gard. « Le site a été fermé au public pour ne pas commettre la même erreur qu’à Lascaux où les peintures avaient été abîmées », explique Sébastien Gayet, chargé de communication du syndicat mixte.

Une reproduction à l’identique de la grotte, sollicitant les cinq sens

S’inspirant des falaises des gorges de l’Ardèche, le nouveau bâtiment de 12 m de haut s’intègre dans le paysage, à deux pas de l’entrée de la véritable grotte. Le souci de vérité a été poussé à l’extrême. Le relief des parois sera restitué au millimètre. Peintures comme éléments paléontologiques et géologiques essentiels seront reproduits à l’identique à partir d’originaux numérisés.

Les cinq sens des visiteurs seront aussi sollicités puisque la fraîcheur, l’humidité, le silence, l’obscurité et les sensations olfactives seront restitués dès l’entrée du site. Parmi les cinq pôles répartis sur une dizaine d’hectares, le centre de découverte permettra, de façon très interactive, de comprendre comment vivaient ces hommes et qui ils étaient.

Pour mener à bien ce projet, près de 45 millions d’euros doivent être investis par la région Rhône-Alpes et le conseil général de l’Ardèche ainsi que l’État et l’Europe. Les élus locaux en espèrent de belles retombées pour leur région, avec plus de 300 000 visiteurs attendus sur 10 mois de l’année, venant ainsi compenser la saisonnalité des gorges de l’Ardèche qui accueillent quand même près de 1,2 million de touristes de mi-juin à mi-septembre.

Une manne touristique que le syndicat mixte espère irriguer sur tout le territoire en faisant travailler l’hôtellerie et la restauration locale mais aussi la filière alimentaire de proximité et les métiers d’art. Jusqu’alors tournée vers la baignade et le sport de pleine nature, la région s’ouvrira à de nouveaux touristes. C’est en tout cas son objectif. Sur la grotte Chauvet elle-même, ce sont une trentaine d’emplois qui sont attendus mais beaucoup plus de façon induite sur ce territoire.

Et pour amorcer cette renommée, le syndicat ambitionne désormais l’inscription de la grotte au patrimoine mondial de l’Unesco. Début juin, un clip doit être dévoilé. Il lancera officiellement la candidature. La réplique de la grotte ouvrira, elle, en 2014. Et donnera enfin au public la possibilité de voir ces merveilles uniques de l’art rupestre, endormies depuis des millénaires dans les entrailles de la terre.


CINÉMA
Chauvet en 3D

La date n’est pas encore totalement arrêtée. Mais normalement le documentaire en 3D de Werner Herzog sur la grotte Chauvet doit sortir dansles cinémas français à partir du 31 août.

Le cinéaste allemand a tourné l’année dernière. Grâce à un jeu d’éclairage, Werner Herzog donne littéralement vie au bestiaire de la grotte Chauvet. Une immersion dans le site ardéchois qui rend hommage aux peintres et à leur travail artistique, auxquels s’ajoute la démarche des scientifiques qui opèrent sur la grotte. Fin août, ce sera donc
un premier contact avec ce monde merveilleux, en attendant 2014 et l’ouverture du site au public.

Source : Midi Libre du 22/05/2011

mercredi 18 mai 2011

L’homme de Néandertal aurait subsisté 6 000 ans de plus qu’on ne le supposait

Des vestiges néandertaliens mis au jour en Russie près du cercle polaire, dateraient de 31 000 ans environ, soit plus de 6 000 ans après leur disparition supposée jusque-là.

Les enjeux de cette découverte sont loin d’être anodins, comme l’écrivent les auteurs de la recherche parue dans la revue américaine «Science » datée d’aujourd’hui : "Cette découverte remet en question l'hypothèse la plus souvent avancée selon laquelle l'Homo-Sapiens aurait complètement remplacé les néandertaliens dans toute l'Europe il y a environ 37 000 ans".

En plus de la datation au radiocarbone, les archéologues ont eu recours à la technique de la « luminescence optique stimulée » qui permet de savoir quand des sédiments ont été exposés à la lumière pour la dernière fois. Ces outils de recherche leur ont permis de supposer que Byzovaïa (dans les contreforts de l'Oural) pourrait avoir été le lieu de leur dernier refuge nordique, avant leur extinction. Jusqu'à lors, tous les vestiges néandertaliens identifiés se situaient à 1 000 km plus au sud.

Sur le site, les chercheurs (des Français, des Russes et des Norvégiens) ont exhumé quelque 300 outils de pierre ainsi que des restes d'animaux, dont des mammouths, des ours noirs et des rhinocéros laineux portant des traces de dépeçage.

Source : Le Vif BE du 13/05/2011

mardi 17 mai 2011

Néandertal a-t-il disparu d’Europe avant l’arrivée de sapiens ?

Publiée tout récemment dans Proceedings of the National Academy of Sciences, une nouvelle radio-datation, par une équipe irlando-britannique, d’os néandertaliens trouvés dans le Caucase, vieillit ceux-ci de presque 10.000 ans, relançant le débat sur la coexistence de cette espèce et de la nôtre dans l’Europe paléolithique.

L’équipe de Ron Pinhasi, archéologue à l'Université de Cork (Irlande) et de Thomas Higham, paléoanthropologue à l’Université d'Oxford (Royaume-Uni), a procédé, à l’aide des techniques les plus modernes utilisant le radiocarbone, à une re-datation d’os fossilisés trouvés sur le site néandertalien de Mezmaiskaya, dans le Caucase (Russie). Résultats : les plus récents de ces fossiles remontent à environ 40.000 ans - donc probablement avant la conquête de l'Europe par Homo sapiens - et non à 33.000, comme on l’avait estimé.

Selon l’équipe, les datations de vestiges néandertaliens d’Europe effectuées jusqu’à présent souffraient des limites techniques du radiocarbone, voire de la contamination des échantillons par des éléments chimiques actuels. La part de gènes néandertaliens dans nos chromosomes, établie l’année dernière, quant à elle, pourrait être due, selon les auteurs, à des rencontres ponctuelles survenues bien avant l’arrivée d’Homo sapiens en Europe.

"Je ne crois pas qu'il y avait des régions où les Néandertaliens vivaient à côté de l'homme moderne. Je ne trouve pas ça très faisable", dit Pinhasi. "Mon intuition serait que, probablement, le dernier homme de Néandertal et les premiers humains modernes peuvent avoir cohabité un peu… mais pas longtemps", conclut pour sa part Higham, concédant un peu de terrain à ceux de ses collègues qui ne partagent pas leur vision des choses.

Source : MaxiSciences du 14/05/2011

Les derniers néandertaliens près du cercle polaire ?

Des restes caractéristiques des techniques utilisées par l’Homme de Néandertal ont été retrouvés à proximité du cercle polaire. Leur datation, estimée à 8000 ans après la disparition théorique de l'Homme de Néandertal, soulève de nombreuses questions.

Une culture jamais découverte autour du cercle polaire

La culture moustérienne, qui s'est développée au cours du Paléolithique moyen (-300 000 à -33 000 ans), se distingue par l'utilisation d'une gamme très diversifiée d'outils sur éclats. En Europe l’usage de ces outils a été exclusivement associé à l'Homme de Néandertal mais des fouilles indiquent qu’au Proche-Orient des Homo Sapiens les aussi ont employés.

Dans la revue Science, une équipe internationale, à laquelle participent des chercheurs du CNRS, décrit cette fois la présence de cette culture « localisée à 1000 kilomètres plus au Nord que la limite connue jusqu’à présent » selon Ludovic Slimak, un des signataires de l’article.

Les vestiges ont été découverts sur le site de Byzovaya situé dans le Nord de la Russie à proximité directe du cercle polaire sur l’actuel emplacement de la république des Komis. Ils se composent d’ossements de mammouths et de rennes ainsi que de silex. Les ossements portent les marques des modifications dues aux activités de boucherie de chasseurs du Moustérien. Grâce à l'utilisation du carbone 14 et d'une technologie de stimulation optique, les chercheurs ont pu les dater avec précision.

Une datation récente et surprenante

Les résultats indiquent qu’ils remontent à 28 500 ans, soit 8 000 ans après la supposée disparition de l'Homme de Néandertal. « A cette période on ne trouve, dans tout l’Eurasie, que des cultures du paléolithique supérieur propres à l’Homo Sapiens » explique Ludovic Slimak.

Cette découverte soulève donc de nombreuses questions sur les utilisateurs de cette culture moustérienne à proximité du pôle. D’autant que les différentes datations réalisées indiquent que ces vestiges sont les témoins d’un passage unique.

Sont-ce là les traces des derniers survivants de la lignée de Néandertal ou les porteurs de cette ultime culture moustérienne auraient-ils été des Homo sapiens dépositaires de leur héritage culturel ?

Les Néandertaliens n’ont sans doute pas connu une fin unique

« L’absence de fossiles humains ne permet pas de trancher cette question » regrette le chercheur. Dans tous les cas, la réponse serait révélatrice soit de la persistance d’une culture des milliers d’années après l’extinction du groupe biologique qui lui est associée. Soit de la persistance d’un foyer d’Hommes de Néandertal dans une zone septentrionale.

Une hypothèse explique la disparition de ces derniers par leur incapacité à s’adapter et à coloniser les environnements nordiques les plus extrêmes de la planète (qui connaissait il y a 30 à 35 000 ans une période de variations climatiques importante). Il aurait alors laissé la place à l'Homme moderne qui avec sa supériorité technique aurait pu occuper l'ensemble des espaces eurasiatiques.

« La présence de traces de culture moustérienne toute proche du pôle remet en cause cette hypothèse climatique de même que sa supposée infériorité technique ». Pour Ludovic Slimak, il ne faut pas chercher une raison unique à la disparition d’Homo neanderthalensis. « Il est plus que probable qu’il y ait eu des causes d’extinctions variée en fonction de la localisation des divers groupes de néandertaliens. »


Les explications de Ludovic Slimak enregistré pour Science.

Source : Sciences et Avenir du 13/05/2011

lundi 16 mai 2011

Des néandertaliens dans le Grand Nord il y a 28.000 ans

Des outils en pierre de culture moustérienne ont été découverts près des côtes sibériennes.

L'homme de Néandertal aurait vécu dans des conditions climatiques extrêmes, dans le nord de la Sibérie, il y a 26 000 ans. À une époque, donc, beaucoup plus récente que les chercheurs ne le pensaient jusqu'à présent. Nombre d'entre eux estiment en effet que les derniers néandertaliens auraient disparu il y a 35 000 ans, selon de nouvelles datations, en raison de l'infériorité technologique de leurs sociétés et de leur incapacité à s'adapter à des climats extrêmes. Cette théorie se trouve donc sérieusement remise en cause par l'étude pilotée par Ludovic Slimak, de l'université de Toulouse-CNRS, et publiée aujourd'hui dans la revue Science. Des silex taillés caractéristiques de la culture moustérienne du paléolithique moyen, des os de mammouth, de renne, de loup et d'ours portant des traces de débitage ont été trouvés en grand nombre sur le site de Byzovaya, dans le nord de la Russie. «On est pratiquement au niveau du cercle polaire, alors que la répartition connue jusqu'alors des industries du moustérien était située 1000 km plus au sud», précise Slimak. «À cette époque, les températures hivernales devaient avoisiner les - 40 °C.»

Plus de quatre-vingts pièces

Plusieurs laboratoires ont daté plus de 80 pièces selon deux techniques différentes. Leur verdict est identique: ­elles remontent toutes à - 28 000 ans. «Nous sommes sûrs de notre chronologie», assure Ludovic Slimak, indiquant au passage que ce n'est pas souvent le cas pour ce qui concerne les sites moustériens. Il n'exclut pas que ces outils moustériens aient appartenu à Homo sapiens plutôt qu'à des néandertaliens. En Afrique et au Proche-Orient, dans des périodes beaucoup plus reculées, des Sapiens ont pratiqué les mêmes techniques. «Dans les deux cas, de toute façon, cela met un coup d'arrêt aux théories liant l'extinction de Néandertal à son infériorité technologique.»

Source : Le Figaro du 13/05/2011

L'homme de Néandertal aurait subsisté 6.000 ans de plus qu'on ne le pensait

WASHINGTON - Des vestiges néandertaliens mis au jour en Russie, près du cercle polaire, dateraient de 31.000 ans environ, soit plus de 6.000 ans après la la date estimée de disparition de ce cousin de l'homme moderne, selon des travaux d'une équipe internationale publiés jeudi.

"Cette découverte remet en question l'hypothèse la plus souvent avancée selon laquelle l'homo sapiens aurait complètement remplacé les néandertaliens dans toute l'Europe il y a environ 37.000 ans", écrivent les auteurs de cette recherche parue dans la revue américaine Science datée du 13 mai.

Ces chercheurs, des Français, des Russes et des Norvégiens, ont découvert plus de 300 outils de pierre et des restes d'animaux dont des mammouths, des ours noirs et des rhinocéros laineux portant des traces de dépeçage, lors de différentes excavations sur le site de Byzovaïa, dans les contreforts de l'Oural sur la rive droite de la rivière Petchora.

Outre la datation au radiocarbone, ils ont recouru à la technique dite de luminescence optique stimulée qui permet de savoir quand des sédiments ont été exposés à la lumière pour la dernière fois.

Byzovaïa pourrait avoir été leur dernier refuge nordique avant leur extinction, supputent les auteurs de ces travaux.

Jusqu'alors, tous les vestiges néandertaliens identifiés se situaient au moins 1.000 km plus au sud.

Mais les objet découverts à Byzovaïa, occupé apparemment en continu pendant 3.000 ans, appartiennent bien à la culture moustérienne qui caractérise les néandertaliens, observent-ils.

Cette culture s'est développée au Paléolithique moyen (-300.000 à -37.000 ans) en Eurasie et se distingue par l'utilisation d'une gamme très diversifiée d'outils de pierre.

Les résultats de ces derniers travaux intriguent les chercheurs à plusieurs titres.

Ils montrent que la culture moustérienne aurait perduré plus longtemps qu'estimé ou bien que ses porteurs auraient pu aussi être des Homo sapiens.

Si tel est le cas, les théories selon lesquelles l'extinction de l'Homme de Néandertal a résulté de l'archaïsme de sa culture seraient remises en question, notent les auteurs de ces travaux.

Cette découverte ouvre ainsi de nouvelles perspectives sur cette période charnière de l'histoire de l'humanité, selon eux.

Source : 20 mn du 12/05/2011

vendredi 13 mai 2011

La grotte Chauvet datée par l'ours

La datation des plus anciennes peintures de l'humanité restait controversée. L'étude génétique et la datation de restes d'ours confirment les résultats fournis par l'analyse des pigments : les peintures de la grotte Chauvet ont plus de 29 000 ans.

La grotte Chauvet fut découverte fortuitement par trois spéléologues, Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunel et Christian Hillaire, en 1994. Lorsqu'il la visita à leurs côtés, le spécialiste de l'art pariétal Jean Clottes déduisit de la finesse esthétique des peintures murales que celles-ci remontaient à la culture qui a produit Lascaux, nommée Solutréen et apparue il ya quelque 22 000 ans. Toutefois, le carbone 14 contenu dans les pigments charbonneux des peintures placent l'art pictural de la grotte Chauvet à quelque 31 000 ans. Jean-Marc Elalouf, de l'Institut de biologie et technologies du CEA, et des collègues français et hollandais viennent de confirmer cette datation directe par une datation indirecte : la « datation par l'ours ».

Cavité de quelque 500 mètres de long et jusqu'à 50 mètres de large, la grotte Chauvet contient plus de 500 peintures et gravures. De nombreuses œuvres représentent des animaux dangereux, tels le mammouth, le rhinocéros, le lion, la panthère, le bison, l'aurochs et l'ours. D'autres espèces moins dangereuses tels le cheval, le renne, le bouquetin sont aussi représentées, ainsi qu'un hibou, le seul connu de tout l'art pariétal. Comme dans d'autres grottes, les peintures sont complétées par des signes et symboles, notamment sexuels (triangles pubiens féminins). Tandis que les peintures du fond de la grotte sont réalisées à l'aide de pigments charbonneux, qui peuvent être datés directement par le radiocarbone, les peintures de l'entrée de la cavité sont dessinées avec des pigments rouges minéraux, qui ne peuvent être datés de la même façon.

Les premières datations directes par le carbone 14 des œuvres du fond de la grotte ont indiqué que l'essentiel de l'art de Chauvet relève de la culture aurignacienne – il y a entre 37 000 et 29 000 ans–, qui aurait été celle des premiers hommes anatomiquement modernes arrivés en Europe. Mais nombre de préhistoriens sont restés sceptiques : cela impliquait qu'il existait déjà, au début du Paléolithique supérieur, des artistes maîtrisant des techniques aussi complexes que l'estompe, la perspective, le rendu des volumes ou la représentation du mouvement. Certains préhistoriens contestèrent les datations en arguant que la détermination de l'âge des charbons de bois n'indique pas forcément la date de leur utilisation.

La polémique conduisit à multiplier les datations, de sorte que Chauvet est aujourd'hui la grotte la plus datée au monde. La détermination par plusieurs laboratoires de l'âge de plus de 50 charbons de bois provenant des pigments ou du sol a mis en évidence deux périodes d'occupation humaine de la grotte, l'une à l'Aurignacien, il y a entre 32 000 et 29 000 ans, et l'autre au Gravettien, il y a entre 27 000 et 24 500 ans. Aujourd'hui, l'idée que l'essentiel des œuvres de Chauvet remonte à l'Aurignacien ne fait plus aucun doute pour la plupart des préhistoriens, qui ont du reste relevé des parallèles stylistiques entre les peintures de Chauvet et celles de l'Aurignacien du Jura souabe (en Allemagne).

Pour conforter ce consensus, J.-M. Elalouf et son équipe ont daté la dernière visite de l'ours des cavernes (Ursus spelaeus) dans la grotte. Cette espèce de grande taille (3,5 mètres de haut) était végétarienne et inféodée aux forêts ; sa disparition, il y a quelque 28 000 ans, a peut-être été précipitée par l'homme, qui lui disputait les grottes où elle hibernait. Deux cents crânes de cet ursidé ont été retrouvés dans la grotte, contre un seul d'ours brun (Ursus arctos). J.-M. Elalouf a étudié l'ADN d'un échantillon de restes d'ursidés de la grotte et de pièces comparables des grottes voisines, puis les a datés. Il s'avère qu'il s'agit bien d'ours des cavernes appartenant à une population de faible diversité génétique, donc en voie de disparition. De fait, aucun ours de l'échantillon étudié n'a vécu après il y a 29 000 ans, ce qui suggère que les dessins d'ours rouges de Chauvet sont antérieurs, et remontent donc aussi à l'Aurignacien. En outre, certaines œuvres du fond de la grotte ont été abimées par des ours se faisant les griffes, qui hibernaient donc dans la grotte après la réalisation des peintures…

Paul Petitt, de l'Université de Sheffield, en Angleterre, continue néanmoins à nier l'ancienneté de l'art de Chauvet. Selon lui, il n'est pas certain que les ours représentés dans la grotte sont bien des ours des cavernes, car l'ours brun vivait aussi dans la région. Pour Valérie Feruglio et Dominique Baffier, qui ont analysé les dessins d'ours de la grotte, il est évident au contraire que les ursidés représentés présentent le crâne massif et le « stop frontal marqué » caractéristique des ours des cavernes et non pas le profil frontal plus fuyant de l'ours brun.

Source : Pour la Science du 11/05/2011

mardi 3 mai 2011

L'australopithèque "casse-noisette" était herbivore

Bien qu'il ait été surnommé "casse-noisette" à cause de ses molaires trois fois plus imposantes que celles de l'Homme moderne, le Paranthropus boisei, un australopithèque ancêtre de l'homme, se nourrissait essentiellement d'herbe, ont affirmé des chercheurs dans une étude publiée lundi.

"Il mangeait probablement de l'herbe et sûrement pas des noisettes", a indiqué Thure Cerling, chercheur à l'Université de l'Utah, auteur principal de l'étude publiée dans les minutes de la National Academy of Sciences.

Avec des molaires trois fois plus importantes que celles de l'homme, le Paranthropus boisei a vécu il y a entre 1,2 million et 2,3 millions d'années.

Un crâne trouvé en 1959 en Tanzanie a valu à cette espèce le surnom de "casse-noisette" du fait de ses dents géantes mais des chercheurs américains et kenyans pensent désormais qu'il se nourrissait comme les ancêtres des zèbres ou des hippopotames.

"Ils étaient en compétition avec ces animaux. Ils mangeaient à la même table", a assuré Thure Cerling.

Les chercheurs ont examiné l'émail des dents cassées de 22 spécimens ayant vécu à cette époque en faisant une analyse carbone de la poussière d'émail pour déterminer leur régime alimentaire.

Ils ont pu établir que l'australopithèque se nourrissait d'herbes tropicales qui utilisaient le mécanisme de photosynthèse de type C4 et non pas de feuilles, de noix ou de plantes qui utilisent le mécanisme de photosynthèse de type C3.

Seule une espèce éteinte de babouins avait le même type de régime alimentaire, ont indiqué les chercheurs.

"Ce régime alimentaire à forte proportion de végétation utilisant une photosynthèse de type C4 fait du Paranthropus boisei un hominidé tout à fait différent des autres", a conclu Kevin Uno de l'université de l'Utah, co-auteur de l'étude.

Source : Sciences et Avenir du 02/05/2011