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jeudi 15 septembre 2022

À quoi ressemblait la vie des australopithèques ?

Les australopithèques, de la grande famille humaine des homininés, ont vécu en Afrique il y a entre 4,4 et 1 million d’années. Vous connaissez forcément l’une de leurs représentantes, longtemps présentée comme notre grand-mère à tous : Lucy.

Une grande famille humaine

"Le groupe qui réunit tous les humains, les homininés, s’est séparé de la branche qui a donné naissance aujourd’hui aux chimpanzés et aux bonobos. Avec aussi les gorilles et les Orang-Outan, nous faisons tous partie de la famille des hominidés. L’Homme ne descend pas du singe, nous sommes tous des primates et nous avons un ancêtre commun avec les chimpanzés et les bonobos qui sont les êtres vivants les plus proches de nous", explique le paléoanthropologue Antoine Balzeau, auteur d’une Brève histoire des origines de l’humanité (éditions Tallandier, 2022).

Les plus anciens membres connus du buisson de l’humanité datent d’il y a 7 millions d’années sur le continent africain surnommé pour cette raison "le berceau de l’humanité". C’est ce que nous a appris la découverte de Toumaï au Tchad en 2001. Au fil des siècles, plusieurs espèces d’hominines se sont côtoyées à travers le monde. Parmi elles, de nombreuses espèces d’australopithèques, qui vivaient il y a entre 4,4 et 1 million d’années.

Le crâne de Taung avant Lucy

Le premier à avoir découvert des restes d’australopithecus afarensis, c’est l’anthropologue et paléontologue australien Raymond Dart. Selon certains chercheurs, c’est cette espèce qui serait à l’origine des autres espèces d’australopithèques, et en particulier de ses représentants robustes, les paranthropes.

En 1924, près de Kimberley, en Afrique du Sud, Dart met au jour un crâne appartenant à un enfant, surnommé Taung. Dans le journal Nature l’année suivante, il décrit un nouveau type d’hominine, l’australopithèque. Grâce à la position du trou découvert à la base du crâne qui indique la station bipède, Dart conclut que ce spécimen ne pouvait se déplacer à 4 pattes et était bien adapté à la bipédie.

La star de ce nouveau groupe, vous connaissez bien son nom. Ce n’est pas Taung, c’est Lucy ! Elle est mise au jour le 24 novembre 1974 à Hadar, en Éthiopie, par une équipe internationale dirigée par l’Américain Donald Johanson et les Français Maurice Taïeb et Yves Coppens.

Son nom, elle le doit aux Beatles. En effet, le soir de la découverte, alors qu’ils nettoient méticuleusement les précieux ossements, les paléoanthropologues écoutent la chanson Lucy in the Sky with Diamonds des quatre garçons dans le vent. Au son du rock’n’roll, Lucy est ainsi baptisée par les Occidentaux. Les Ethiopiens, eux, l’appellent Dinqnesh, qui signifie "Tu es merveilleuse".

Caractéristiques et mode de vie des Australopithèques

Ce qui la rend merveilleuse, c’est que son squelette est complet à 40 %. Du jamais vu à l’époque ! On a retrouvé les fragments de 52 ossements datant de 3,2 millions d’années. Lucy mesure 1 mètre 10 pour 25 kilos. En moyenne, les australopithèques mesurent entre 1,3 et 1,5 mètre, mais ils peuvent dépasser 1m60. La capacité crânienne des Australopithèques mesure 450cm3 en moyenne, soit celle du chimpanzé actuel.

Les longs bras de Lucy laissent supposer qu’elle devait passer beaucoup de temps accrochée aux branches des arbres. Mais d’autres particularités anatomiques, comme son bassin court et évasé indiquent qu’elle était totalement adaptée à un mode de locomotion bipède, comme tous les représentants de la grande famille humaine.

Les Australopithèques vivaient dans des environnements assez variés et pouvaient évoluer dans la forêt humide aussi bien que dans la savane. Leur alimentation se composait de graminées, de plantes grasses, de tubercules, comme en témoigne l’émail épais de leurs dents. Mais ils n'étaient pas totalement végétariens et au fil du temps ils se sont davantage nourris d’insectes, de rongeurs, d’oiseaux et d’œufs. Les Australopithèques étaient omnivores et certains fabriquaient des outils en pierre.

Sur la question de leur pilosité, Antoine Balzeau nous apprend qu’il s’agit là d’une "question sans intérêt scientifique puisque les hypothèses sont impossibles à tester. Nous, Hommes d’aujourd’hui, n’avons pas moins de poils qu’un chimpanzé et donc certainement qu’un Australopithèque, que ses poils fussent petits ou longs".

Des Australopithèques, en veux-tu en voilà !

Taung et Lucy ne sont pas les seuls représentants des australopithèques. Des centaines ont été mis au jour, comme la petite Selam, âgée de 3 ans. Elle fut découverte en 2000 en Éthiopie, à quatre kilomètres seulement du lieu où Lucy avait été découverte 26 ans plus tôt. Résultat : la presse l’a tout de suite présentée comme "le bébé de Lucy", un surnom qui prête à confusion car Selam est bien plus vieille.

Aujourd’hui, les spécialistes s’accordent à dire que Lucy n’est pas notre grand-mère à tous, mais une lointaine tante parmi d’autres. Les australopithèques étaient très variés, une douzaine d’espèces différentes ont vécu et ont côtoyé de nombreuses autres espèces attribuées au genre Homo à partir d’il y a 2 millions d’années.

"Ainsi, les Australopithèques font bien partie de la grande famille humaine, puisque leur corps était adapté à la bipédie. Ils étaient un peu plus petits que les humains ultérieurs, et surtout, ils avaient de plus petites jambes et de plus grands bras. Les espèces se sont réparties les différentes régions d’Afrique au cours du temps, probablement car ces humains étaient assez inféodés à leur environnement. La dernière découverte notable est que les premiers outils en pierre connus datent de leur époque, démontrant des compétences inattendues à ces humains anciens", conclut Antoine Balzeau.

Source : Géo du 14/09/2022

dimanche 14 mars 2021

Lucy et l’enfant de Taung ont un nouveau visage

De nouvelles reconstructions faciales de Lucy et l’enfant de Taung, deux Australopithèques, montrent à quoi ces deux individus pouvaient ressembler à leur époque.

Qui était Lucy ?

C’est en 1974 que les chercheurs Yves Coppens, Donald Johanson et Maurice Taieb, en fouillant le site d’Hadar (Éthiopie) sont tombés sur les ossements de ce pré-humain. Avec 40 % des os retrouvés, ce squelette vieux de 3,2 millions d’années est l’un des plus complets jamais découvert. Il a depuis été rattaché à l’espèce des Australopithecus afarensis.

Grâce à l’analyse de ces ossements, et de l’environnement dans lequel ils ont été retrouvés, nous savons que Lucy mesurait entre 1,10 m et 1,20 m pour un poids d’environ 25 kg. Les découvertes d’autres crânes de ces mêmes pré-humains ont par la suite souligné un fort dimorphisme sexuel dans cette espèce. De par son petit gabarit, nous savons ainsi que Lucy était une femelle. Elle affichait également un visage prognathe abritant un petit cerveau d’environ 400 cm3.

Lucy était aussi bipède, se déplaçant au sol de manière un peu chaloupée, mais préférait grimper dans les arbres, en témoignent l’analyse de ses membres supérieurs un peu plus longs que ses membres inférieurs. D’abord considérée végétarienne, Lucy était vraisemblablement charognarde, découpant parfois la chair disponible avec des outils.

Enfin, il est désormais admis que Lucy n’est pas notre “grand-mère” à tous, comme nous le supposions au départ. En réalité, l’espèce Australopithecus afarensis se place sur une branche séparée de celle du genre Homo. Au mieux, elle est donc une très ancienne cousine éloignée.

Ceci étant dit, à quoi ressemblait-elle, précisément ? Des chercheurs de l’Université d’Adélaïde, en Australie, se sont penchés sur la question. Ils se sont également concentrés sur l’enfant de Taung, qui désigne le crâne d’un individu juvénile de l’espèce Australopithecus africanus découvert en 1924 près de Kimberley, en Afrique du Sud. Celui-ci serait décédé vers l’âge de trois ans il y a environ 2,8 millions d’années.

Des reconstructions pas toujours cohérentes

Il existe naturellement déjà des reconstructions de Lucy et de l’enfant de Taung. Le problème est qu’elles ne sont pas toujours très cohérentes. Une analyse précédente des reconstructions de 860 hominidés (un groupe comprenant des humains, des singes et leurs proches disparus) à partir de 55 expositions de musée a en effet déjà montré des incohérences remarquables, même celles représentant les mêmes individus. Et Lucy n’échappe pas à la règle.

«Je m’attendais à trouver une cohérence dans ces reconstructions exposées dans les musées d’histoire naturelle, mais les différences, même là, étaient très importantes», explique l’auteur principale de cette étude Ryan Campbell, dans un article de blog.

Un autre problème est que certaines reconstructions ont été fortement influencées par des contes imaginaires sur ce qui est “primitif” et “sauvage”, par rapport à ce qui est “civilisé” et “moderne”, poursuit Rui Diogo, de l’Université de Washington.

Ce dernier cite en exemple l’image emblématique de l’évolution humaine, “The March of Progress” de Rudolph Zallinger. Imprimée dans une série de livres scientifiques en 1965, celle-ci perpétue l’idée erronée que les humains ont évolué de l’animal à l’Homme à la peau blanche en passant par le singe selon une progression linéaire.

D’autres inexactitudes trouvées dans d’autres dessins ou expositions dépeignent également Lucy avec un compagnon et des enfants. Or, la structure de la famille nucléaire est une construction plus récente dans l’histoire de l’humanité.

Deux nouveaux visages

Dans le cadre de ces nouveaux travaux, les chercheurs expliquent avoir fait de leur mieux pour tenter de reconstruire les visages de Lucy et de l’enfant Taung en mettant de côté tous les a priori, tout en étant le plus scientifiquement précis. Ces visages, les voici.

Pour l’enfant Taung, les chercheurs ont utilisé des techniques traditionnelles de moulage pour faire un double du crâne à partir d’un autre moulage du spécimen original. Le crâne de l’enfant Taung avait été bien conservé, en revanche, ils devaient encore faire des hypothèses sur la façon de concevoir ses tissus faciaux.

La reconstruction de Lucy, quant à elle, était un vrai défi, dans la mesure où la plupart de ses os crâniens sont manquants. En revanche, sa mâchoire inférieure est assez complète, ce qui a aidé les chercheurs. Pour cette chère Lucy, ces derniers ont privilégié une teinte de peau similaire à celle des bonobos (Pan paniscus), tandis que les traits de l’enfant de Taung sont plus similaires à ceux des humains modernes originaires d’Afrique du Sud.

Source : SciencePost du 11/03/2021

lundi 1 juin 2015

Origine de l'Homme : découverte d'une nouvelle espèce d'australopithèque

La découverte d’une nouvelle espèce d’hominine, Australopithecus deyiremeda illustre à nouveau un phénomène que l’on a mis en évidence depuis quelques décennies avec l’arbre généalogique de l’humanité. Plusieurs espèces parmi les hominines ont coexisté et il est parfois difficile de préciser laquelle était l’ancêtre d’une autre. Cette dernière pourrait bien détrôner Lucy au titre de représentant de l’espèce ayant conduit directement au genre Homo.

Depuis quelques mois, les passionnés par les origines de l’Homme sont à la fête avec des annonces spectaculaires d’équipes d’archéologues et de paléoanthropologues. En mars 2015, on apprenait qu’il fallait repousser les origines du genre Homo d’au moins 400.000 ans suite à l’annonce d’une découverte remontant à janvier 2013. Le paléoanthropologue Éthiopien Chalachew Seyoum était tombé à l’époque sur un fragment de mâchoire inférieure fossilisée portant des dents alors qu’il participait à la campagne de fouilles de l’Arizona State University (ASU) explorent la région de Ledi-Geraru, proche d’Hadar en Éthiopie. Son étude et sa datation ont montré qu’elle appartenait à un hominine du genre Homo et qui vivait il y a entre 2,75 à 2,80 millions d’années. Il semble qu’il ne s’agissait pas d’un Homo habilis.

Plus récemment, l’archéologue française du CNRS, Sonia Harmand, qui codirige le West Turkana Archaeological Project (WTAP) a annoncé avec ses collègues qu’avaient été découverts en 2011 les plus vieux outils connus à ce jour, au Kenya cette fois-ci, non loin du lac Turkana. Âgés d’environ 3,3 millions d’années, il ne semble pas possible de les attribuer à des membres du genre Homo mais il était tentant d’y voir la trace d’une industrie lithique propre à Australopithecus afarensis, un hominine rendu célèbre par la découverte de Lucy dont l’espèce vivait précisément dans la région, il y a entre 3,8 et 2,9 millions d’années.



Trois ancêtres potentiels directs pour Homo

Mais un autre préhumain potentiel pouvait aussi faire l’affaire, Kenyanthropus platyops. Ses restes fossilisés, plus précisément un crâne, ont en effet été déterrés en 1999 non loin du site de Lomekwi 3 où les membres du WTAP ont fait leur extraordinaire découverte. Il existe cependant des polémiques quant à l’interprétation de ces restes âgés d’environ 3,5 à 3,2 millions d’années. Pour certains chercheurs, il pourrait s’agir simplement d’un spécimen d’Australopithecus afarensis dont le crâne est déformé. Mais pour d’autres ce crâne évoque plutôt celui d’Homo rudolfensis qui avec Homo habilis fait partie des tout premiers représentants du genre Homo, Kenyanthropus platyops est peut-être même un ancêtre direct de celui-ci. Si tel est le cas, il se pourrait bien qu’Australopithecus afarensis ne soit pas vraiment à l’origine de l’espèce humaine.

Or voilà que d’autres paléoanthropologues viennent encore de compliquer l’arbre généalogique en ce qui concerne les ancêtres directes d’Homo dans une publication du journal Nature.

Une équipe internationale dirigée par Yohannes Haile-Selassie du Muséum d’histoire naturelle de Cleveland annonce en effet qu’a été découvert une autre espèce d’australopithèque qui côtoyait celle de Lucy en Éthiopie, il y a entre 3,5 et 3,3 millions d’années. Elle a été baptisée Australopithecus deyiremeda, deyiremeda signifiant « proche parent » en langue afar, une peuplade vivant en Éthiopie et à Djibouti.

Les fragments de mâchoires et quelques dents, appartenant à au moins deux individus de cette nouvelle espèce, ont été découverts en 2011, à 35 km de distance seulement du lieu où vers la fin de l’année 1974, une équipe d’une trentaine de chercheurs éthiopiens, américains et français codirigée par Donald Johanson (paléoanthropologie), Maurice Taieb (géologie) et Yves Coppens (paléontologie) a effectué les fouilles ayant conduit à la découverte de Lucy.

Un arbre généalogique complexe pour les hominines

Haile-Selassie n’hésite pas à affirmer avec ses collègues que : « Cette nouvelle espèce est une autre confirmation que celle de Lucy, Australopithecus afarensis, n’était pas la seule ancêtre potentielle de l’Homme habitant ce qui est maintenant la région de l’Afar en Éthiopie pendant le Pliocène moyen. L’étude des fossiles trouvés sur le site de Woranso-Mille montre clairement qu’il y avait au moins deux, et peut-être trois espèces de préhumains vivant à la même époque et géographiquement proche les unes des autres. Cette nouvelle espèce trouvée en Éthiopie place le débat en cours sur la diversité des préhumains à un autre niveau » et le chercheur ajoute que « certains de nos collègues vont être sceptiques en ce qui concerne cette nouvelle espèce, ce qui n’est pas inhabituel. Toutefois, je pense qu’il est temps que nous regardions les premières phases de notre évolution avec un esprit ouvert et que nous examinions soigneusement les preuves fossiles à notre disposition plutôt qu’en les rejetant immédiatement quand elles ne se conforment pas à nos préjugés ».

Source : Futura Sciences du 31/05/2015

vendredi 7 mars 2014

Non, la femme de Cro-Magnon n'était pas qu'un objet sexuel...

Lucy était-elle vraiment une femme ? Que sait-on de la vie sexuelle, familiale et sociale de la femme préhistorique ? Le point avec la paléontologue Claudine Cohen.

Paléontologue et historienne des sciences, Claudine Cohen est l'auteur de "La femme des origines. Images de la femme dans la préhistoire occidentale", Editions Belin-Herscher, 2006. Interview.


Reconstitution de Lucy, la femme préhistorique remontant à 3,5 millions d'années, et de son supposé compagnon. Lucy a été découverte en 1974 dans la vallée du Rift en Ethiopie par l'Américain Donald Johanson et le Français Yves Coppens

Comment vivait Lucy il y a plus de 3 millions d’années ?

- Personne ne sait vraiment comment vivaient les Australopithèques, quelque soit leur sexe ! Ce sont des hominidés très anciens, largement bipèdes. D’après leurs dents, ils étaient végétariens, se nourrissant de graines, de fruits, peut-être aussi d’insectes ou de petits animaux. Ils se servaient probablement de projectiles et cassaient des cailloux pour se servir du tranchant. Du fait de sa bipédie, Lucy avait certainement perdu les signes de l'œstrus (l’ovulation visible). On peut donc supposer qu'elle avait une sexualité permanente, à la différence des grands primates qui ont des périodes de rut (traces olfactives, vulve saillante...) induisant des combats entre mâles pour accéder à la femelle le jour même de l’ovulation. On sait aujourd'hui que la perte de l'œstrus conduit à une transformation profonde des rapports entre les sexes. Est-ce une raison pour en déduire que Lucy vivait en famille, qu’il y avait des couples ? C'est une autre histoire... Mais si on croit Darwin, il se peut qu'en des périodes très anciennes, ce soit la femme qui choisissait ses partenaires, et, non l'inverse !

Vous écrivez dans "La femme des origines" que Lucy devra peut-être un jour être rebaptisée Lucien. Simple boutade ?

- Ce n'est pas improbable. Lucy a été mise en avant comme une sorte d’icône féminine, à un moment où les féministes se battaient pour redorer l'image de la femme et ancraient leur combat jusque dans le paléolithique. Jusque-là, c’était l’homme qui faisait la gloire de la recherche préhistorique. Et voilà qu'en 1974, une équipe franco-américaine (codirigée par Donald Johanson et Yves Coppens) tombe sur ce squelette exceptionnel d'un hominidé très ancien, mais en petits morceaux. Le soir même de sa découverte, il est baptisé Lucy (essentiellement en référence à la chanson des Beatles).

Faire d'une femme la nouvelle héroïne de la préhistoire, c'était une révolution ?

- Oui, et quel coup médiatique ! Or, son squelette éparpillé en centaines de fragments d'os, devait difficilement être déchiffrable au premier regard ! Deux critères sont essentiels pour reconnaître le sexe. Le premier est la gracilité. Et Lucy, squelette adulte, mesure 105 cm. Est-elle une femme pour autant ? Nous n'avons pas beaucoup d'éléments de comparaison, et jusqu'à aujourd'hui, le dimorphisme sexuel de cette espèce reste discuté. Le second critère tient à la structure du bassin : celui d’une femme qui a déjà enfanté doit s’écarter suffisamment pour laisser passer la tête de l'enfant. Mais chez Lucy, on a un crâne de moins de 500 cm3… Ce critère n’est donc pas très pertinent. Et l'on peut conserver un doute sur son sexe.

Lorsque la chasse se développe, le fait d’être homme ou femme change tout de même la donne ?

- La grande chasse (au mammouth, au bison...) se développe tardivement, à partir du paléolithique supérieur (- 35 000). Mais à l’époque où les hommes ont commencé à manger de la viande, il y a environ 1,5 millions d’années, il n’est pas dit que la chasse ait joué le rôle essentiel qu’on lui accorde. C’est ce qu’a démontré l’archéologue américain Lewis Binford dans les années 60, avant même que les féministes ne s’emparent du sujet. En étudiant certains sites de dépeçage ou de boucherie très anciens, il en a déduit que l’homo habilis ou ergaster était un charognard (il mange les carcasses d’animaux déjà tués) avant d’être un chasseur ! Cette thèse est loin d’être farfelue et permet de ramener les femmes sur le devant de la scène. Exit l’héroïque et valeureux chasseur ! Tous les individus d'un groupe, hommes, femmes, adolescents, peuvent participer au dépeçage et à la cueillette !

Le modèle de l’homme chasseur ne serait qu’une idéologie parmi d'autres ?

- C’est un modèle qui s’est développé dans les années 50, au lendemain de la guerre, et voulait au contraire tordre le cou aux idéologies, notamment racistes, du passé. Certains anthropologues américains, comme Sherwood Washburn, se sont penchés sur la chasse comme modèle de l’hominisation. La chasse répond très bien à cela : elle permet la fabrication des outils, elle induit une répartition des tâches entre les chasseurs, développe la ruse, l’altruisme, l’endurance à la course, révèle des qualités sociales, physiques, intellectuelles. Mieux, l’homme qui ramène le gibier peut s’octroyer ainsi les faveurs sexuelles de la femme restée dans la caverne. C'est un modèle qui fonctionne bien.

Le hic c'est que celui qui agit, qui devient intelligent, qui part vers le lointain... c'est l'homme seul ! Il a le beau rôle. La femme, elle, est complètement larguée, totalement passive, avec une multitude de marmots attachés à ses mamelles. On n’est pas loin des clichés véhiculés par les préhistoriens du 19e siècle. D'ailleurs, cette vision manichéenne provoquera des réactions virulentes chez les féministes américaines qui s'attacheront alors à bâtir un modèle totalement inverse : le chasseur est mis de côté, les femmes dominent le groupe, élèvent les enfants, pourvoient à la nourriture, s'intéressent aux plantes … Un modèle en vaut un autre, surtout lorsque les preuves sont rares. Mais celui des féministes des années 70 fut rapidement écarté au profit d'autres constructions jugées plus "raisonnables".

L'homme de Cro-Magnon est l'archétype de l'homme préhistorique, viril, chasseur, artiste... Un mythe ?

- Cro-Magnon, c’est l’homme du paléolithique supérieur. Son squelette est découvert en 1868, à un moment où la science préhistorique tente de s'écarter, non sans difficulté, du récit biblique. Mais il véhicule aussi les préjugés propres à la société bourgeoise et patriarcale du 19e siècle. Cro-Manon, c'est l'homme avec un grand H, qui arrive de l'Est il y a quelque 40.000 ans, reste nomade mais s'installe dans certains lieux de sédentarité et a une activité florissante: peinture, sculpture, cueillette. Il vit dans une société structurée, avec des règles. C'est lui qui triomphe sur Neandertal. C'est l'homme moderne, très grand, robuste. La femme de Cro-Magnon, elle, est totalement occultée. Or l'abri de Cro-Magnon servait de sépulture non seulement au fameux "vieillard", mais aussi à quatre autres individus, dont une femme. L'homme est devenu célèbre, sa compagne est restée dans l'ombre. Et les fantasmes vont bon train...

Justement, à côté de cet archétype de virilité, la femme sapiens n'était-elle qu'un objet sexuel ?

- L'image de Cro-Magnon traînant sa femme par les cheveux pour la culbuter au fond de la caverne ne tient pas la route. Ceux qui ont forgé cette image au 19e siècle ont sans doute repris quelques exemples ethnographiques australiens éternellement ressassés... Ils évoquaient aussi les pratiques de l'exogamie, qui consiste pour les hommes d'un clan à aller enlever, parfois violemment, des femmes à l'extérieur du groupe. Mais les hommes qui ont peint les grottes Chauvet et Lascaux appartenaient à des groupes sociaux structurés, avec des règles, des rituels, des productions techniques et artistiques raffinées. Il est peu probable qu'ils passaient leur temps à violer sauvagement leurs femmes... L'art préhistorique, dans sa dimension érotique, avec les vulves peintes ou taillées dans la roche ou les statuettes aux formes opulentes a probablement contribué à alimenter ces fantasmes. Notamment dans une société victorienne où la sexualité était taboue.

Sa place était donc près du feu, à s'occuper des enfants ?

- Rien n'est moins sûr ! Le culte de la fécondité tient mal la route dans une société de chasseurs-cueilleurs nomades. C'est ce qu'on a pu constater dans les groupes similaires actuels : avoir beaucoup d'enfants est incompatible avec le nomadisme et il est vital de contrôler autant que possible les naissances. C'est plus tard, avec la sédentarisation et l'agriculture, que la nécessité d'avoir beaucoup d'enfants se fait sentir. Mais admettons que la femme reste cloitrée dans son abri, près du feu. Était-elle passive pour autant ? Sur les sols des habitats, on a découvert des restes de petits outillages de pierre. Pourquoi les femmes ne s'en seraient-elles pas servis ? Pourquoi n'auraient-elles pas pu les fabriquer (la force n'est pas essentielle pour tailler la pierre) ? Rien ne les empêche non plus d'avoir eu une activité artistique. En ce moment, toute une polémique se développe autour d'éventuelles traces de mains - féminines ! - près des grottes ornées.

Partage des tâches, fabrication d'outils, et peut-être même activités artistiques … la femme de Cro-Magnon n'est pas celle qu'on croit ?

- La science préhistorique a beaucoup évolué. Les féministes américaines, qui s'étaient emparées de la préhistoire dans un but idéologique, ont mis beaucoup d'eau dans leur vin. Mais en dénonçant l'androcentrisme, elles ont ouvert la voie à de nouvelles recherches. Aujourd'hui un certain nombre d'archéologues cherchent à pister la femme sur les sites archéologiques. Pour trouver la femme, et comprendre son rôle, il faut d'abord la chercher !

Source : Le Nouvel Obs du 06/03/2014

mercredi 16 février 2011

Lucy était probablement une bonne marcheuse

Les Australopithecus afarensis, bien connus de tous de nos jours grâce au squelette de Lucy, marchaient-ils presque comme des Hommes ? La question est toujours débattue mais un os de pied récemment découvert fait pencher la balance en faveur d’une bipédie déjà bien présente il y a 3,2 millions d’années chez Lucy et ses congénères.

De 1976 à 1977, la paléontologue Mary Leakey a fait une découverte qui l’a rendue très célèbre. Il s’agissait de traces de pas laissées par des Hominidés dans de la cendre volcanique, qui devait être humide, il y a 3,5 millions d’années. Trouvées sur le site de Laetoli en Tanzanie, à 45 kilomètres au sud des gorges d'Olduvai, elles montrent des individus se déplaçant comme des bipèdes. On les attribue généralement à un Hominine bien connu, Australopithecus afarensis.

En effet, on sait que cette espèce d’australopithèque vivait dans la région à cette époque. L’un des plus célèbres fossiles d’Australopithecus afarensis est celui de Lucy, qui utilisait peut-être des outils. Un peu plus jeune que la piste de Laetoli, le squelette de Lucy a été trouvé à Hadar, une localité située dans la vallée de l'Aouach, dans le triangle de l'Afar exploré par Haroun Tazieff.

lundi 14 février 2011

Lucy n'avait pas les pieds plats

Un os, et voici que les membres de la famille de Lucy - les Australopithecus Afarensis - montrent qu'ils avaient des pieds de bons marcheurs. Et non des pieds plats de chimpanzés et de gorilles.

C'est publié ce matin dans la revue Science, sous la signature de trois paléo-anthropologues... dont Donald Johanson, l'un des co-découvreur de Lucy, la célèbre australopithèque qui vivait il y a plus de 3 millions d'années dans la région de l'Hadar en Ethiopie. Aujourd'hui, elle est considérée comme une cousine plutôt qu'une ascendante directe de la lignée humaine.

Cet os, c'est un métatarse (le quatrième) du pied gauche d'un individu de la même espèce que Lucy. Découvert lui aussi dans la région de l'Hadar, il a été minutieusement étudié et comparé à des os d'humains actuels, de chimpanzés et de gorilles.
Or, sa morphologie montre, quel que soit l'angle d'observation, une parenté étroite avec la forme du  Comparaison os fossile, sapiens, chimpanzé et gorille métatarse de votre pied, et s'éloigne de celle des gorilles et chimpanzés (voir image à droite - où AL 333-160 désigne l'os fossile, tirée de l' article de Science).

Pour les paléoanthropologues cette similitude de forme indique une adaptation à la marche à pied intensive et donc à un mode de vie essentiellement bipède, où l'usage des arbres et de la locomotion par les bras entre branches n'est plus qu'occasionnelle.

Cette découverte vient nourrir le dossier déjà très rempli de la marche bipède des A. Afarensis. Des équipes de plusieurs pays, dont Brigitte Senut au Muséum national d'histoire naturelle ont abondamment étudié cet aspect de la question. Avec la découverte, en 2000 d'Orrorin, au Kenya, Brigitte Senut avait même montré que la bipédie permanente remonte jusqu'à environ 6 millions d'années chez les hominidés. La bipédie de Toumaï, plus âgé d'un bon million d'années, est supposée à partir de l'analyse de la base de son crâne mais pas démontrée par manque d'os fossiles le permettant.

L'étude publiée dans Science confirme donc que la bipédie n'est pas une spécialité humaine, ni un caractère tardivement survenu dans l'évolution qui a conduit à l'espèce humaine et qu'elle a pu se perpétuer durant plusieurs millions d'années sans pour autant diriger l'évolution vers ce qui sera l'homme, en particulier l'augmentation de la taille et de la complexité du cerveau. Autrement dit, l'histoire du singe qui se met debout pour courir plus vite dans la savanne et qui - du coup et automatiquement - développe son cerveau et devient un homme est une belle histoire... à ne pas raconter aux enfants.

Source : Sciences2 du 11/02/2011

samedi 12 février 2011

Le pas souple de Lucy

Comment marchaient les australopithèques, dont la célèbre Lucy ? A peu près comme nous, affirment des paléontologues, grâce à la découverte d’un élément crucial, un petit os du pied.

L'os découvert en Ethiopie, vieux de plus de 3 millions d'années, est le premier métatarse d'australopithèque connu aussi complet.

C’est un petit os qui n’a l’air de rien mais qui donne à Lucy et ses semblables, les australopithèques, un pas similaire au nôtre -à peu de choses près. Un métatarse, un os du pied vieux de 3,2 millions d’années, découvert dans l’Afar éthiopien, démontre en effet que ces homininés qui vivaient en Afrique il y a environ 3 millions d’années avaient un pied cambré.

Une voûte essentielle pour les bipèdes

Ceux qui souffrent de pieds plats comprendront tout de suite l’enjeu de cette conclusion. Les arches sur lesquels repose notre pied, qui lui donnent sa cambrure, sont des caractéristiques essentielles des hommes modernes qui passent tout leur temps sur deux jambes. Cette voûte plantaire absorbe les chocs, fait levier, permet au pied de s’adapter à des terrains variés et irréguliers. Sans elle, pas de courses rapides ou de longues distances parcourues.

C'est le 4ème métatarse d'un australopithèque qui a été découvert.

Revers de la médaille : nous sommes devenus de piètres grimpeurs. Le pied est moins souple et n’a plus le pouce mobile qui permet aux grands singes de s’agripper aux branches avec leurs pieds aussi bien qu’avec leurs mains.

De bons grimpeurs

Les australopithèques (Australopithecus afarensis), qui vivaient il y a -2,9 à -3,7 millions d’années, étaient bipèdes. Plusieurs traits du squelette de Lucy l’attestent, notamment la forme de son bassin. Cependant Lucy a aussi des phalanges plus courbées, une articulation du coude ou du genou plus proche de celle des grands singes, le tout bien adapté à la grimpette. Les os des pieds étant absents du fossile découvert en 1974, il n’était pas possible de conclure sur la démarche réelle de Lucy. Avec un pied plat, l’australopithèque ne serait pas allé bien loin et aurait passé beaucoup de temps dans les arbres.

Après avoir étudié le métatarse mis au jour près d’Hadar, Carol Ward, William Kimbel et Donald Johanson (co-découvreur de Lucy) affirment aujourd’hui dans la revue Science que les australopithèques étaient de bons marcheurs. La forme de l’os -la torsion d’une extrémité par rapport à l’autre- indique que le pied était arqué, donnant au marcheur le ressort typique du bipède accompli, expliquent les chercheurs américains.

Mystérieuses empreintes

Cette découverte pourrait-elle enfin résoudre le mystère des empreintes de Laetoli ? Ces traces de pas découvertes en Tanzanie en 1976, conservées par un dépôt de cendres volcaniques, ont été laissées par un bipède il y a 3,7 millions d’années. L’étude des zones de pression révèlent même qu’il s’agirait d’un pied arqué. Un australopithèque serait-il passé par là ?

Source : Sciences et Avenir du 11/02/2011

lundi 8 novembre 2010

Institute of human origins

L'Institute of Human Origins au sein de l'Arizona State University est un organisme de recherche consacré à la science des origines de l'homme.
Il a été fondé en 1981.
Il est basé à Berkeley.
Et est dirigé par Donald Johanson.
http://iho.asu.edu/

mercredi 24 février 2010

Donald Johanson

Donald Carl Johanson est un archéologue, paléontologue et paléoanthropologue américain né le 28 juin 1943 à Chicago. 

Source : Wikipedia

vendredi 23 octobre 2009

Le plus vieil hominidé livre une partie de ses secrets

Des ossements fossiles datant de 4,4 millions d'années éclairent d'un jour nouveau l'histoire de nos ancêtres.
Ils ont mis le paquet et ont pris leur temps : 47 chercheurs, américains, éthiopiens, japonais, français, anglais et canadiens, publient aujourd'hui, dans la prestigieuse revue Science, les résultats de quinze années de recherche. Avec pas moins de onze articles consacrés à Ardipithecus ramidus, un hominidé qui vivait il y a 4,4 millions d'années dans ce qui est aujourd'hui le rift de l'Afar, en Éthiopie. Même s'il existe quelques rares fossiles d'hominidés plus anciens, le squelette presque complet que l'équipe a reconstitué est le plus vieux jamais découvert et étudié à ce jour. Et il bouscule quelque peu ce que l'on croyait connaître des ancêtres des primates et de la lignée humaine.

Le squelette de la main de «Ardi».

L'histoire commence le 17 décembre 1992. Gen Suwa, étudiant dans l'équipe du paléoanthropologue Tim White, de l'université de Californie, découvre dans le désert, près du village d'Aramis, en Éthiopie, une dent fossilisée. Qui est très rapidement identifiée comme une molaire d'hominidé. L'équipe passe le site au peigne fin, le nez dans la poussière. Et trouve d'autres restes d'hominidés.

1,20 m pour un poids de 50 kg

Mais il faudra attendre 1995 pour qu'un étudiant éthiopien de l'équipe de Tim White, Yohannes Hailé Selassié, découvre deux os appartenant à une main. Qui seront suivis d'os du pelvis, de la jambe, de la cheville, du pied… Finalement, un squelette presque complet est déterré. Qui sera surnommé Ardi, son nom provenant des mots afars signifiant «racine» et «terre».

En tout, moins d'une demi-douzaine de squelettes de plus d'un million d'années ont été retrouvés à ce jour. Le plus ancien (40 % du squelette complet) était jusqu'à présent celui de Lucy (3,2 millions d'années), l'australopithèque découverte en 1974 par Donald Johanson, Maurice Taïeb et Yves Coppens, à 75 kilomètres du lieu où Ardi l'a été vingt ans plus tard. L'histoire se répète puisque Ardi est également de sexe féminin. La belle mesurait 1,20 m pour un poids de 50 kg. Les reconstitutions effectuées, avec beaucoup de difficultés car les os fossiles étaient très fragiles et friables, montrent qu'elle avait un cerveau assez petit, plus encore qu'une australopithèque, de l'ordre de celui d'un singe bonobo. Qu'elle avait un museau prononcé, faisant effectivement penser aux singes, mais qu'elle avait des traits différents d'eux. Ardi était, selon les chercheurs, capable de se balancer de branche en branche avec ses quatre membres, mais également de marcher debout sur ses «jambes».

«Pour la première fois, on voit qu'il y a un nouveau type d'hominidé, qui n'est ni Australopithecus, ni Homo», assure Michel Brunet, du Collège de France. Ardi présente un mélange des traits «primitifs» de ses ancêtres et de traits «dérivés» que l'on retrouve chez les hominidés ultérieurs. On pensait, jusqu'à Ardi, que le chimpanzé et les autres grands singes modernes étaient plus proches que nous de nos ancêtres communs. Il semble qu'il n'en soit rien. Les hominidés et les singes africains ont suivi des chemins évolutifs distincts. Et il faudra remonter encore d'au moins deux millions d'années en arrière pour trouver l'ancêtre commun aux hommes et aux autres primates.

Ardi n'est pas le seul «succès» de ces fouilles. En plus de ce squelette et de 110 os fossiles provenant d'au moins 36 autres individus Ardipithecus, 150 000 spécimens provenant d'animaux et de plantes datant de cette époque ont été exhumés. Dont 29 espèces d'oiseaux, étudiées par des chercheurs français, qui ont trouvé des espèces encore inconnues. Tout comme de petits mammifères, avec une vingtaine de nouvelles espèces de chauves-souris, de rongeurs et d'autres petits carnivores.

Source : Le Figaro du 23/10/2009

samedi 1 mai 1999

AL 129-1

AL 129-1 est une articulation du genou fossile attribuée à A. afarensis. Elle fut découverte à Hadar (Éthiopie) par Donald Johanson en 1976. Son âge est évalué entre 3 et 3,2 millions d'années.

Ses caractéristiques incluent un condyle latéral elliptique et un fémur oblique comme chez les humains actuels, ce qui implique une station bipède.

Source : Wikipedia

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nom : AL 129-1
âge : 3,4 Ma
découverte : Donald Johanson
date : 1973
lieu : Hadar (Ethiopie)
espèce : Australopithecus afarensis

lundi 1 mars 1999

AL 333

AL 333 , communément appelée la « première famille », est une collection de dents et d'os d'hominidés préhistoriques. Découverte en 1975 par l'équipe de Donald Johanson à Hadar, en Éthiopie , la «Première famille» est estimée à environ 3,2 millions d'années et se compose des restes d'au moins treize individus d'âges différents. On pense généralement qu'ils sont des membres de l'espèce Australopithecus afarensis . Il existe de multiples théories sur la cause de la mort des hominidés et des débats sur leur espèce et le dimorphisme sexuel .

De 1973 à 1977, les campagnes IARE ont abouti à la découverte d'environ 250 fossiles d'hominidés. : 466–468 La plus célèbre des découvertes d'Hadar est Lucy , le squelette d' A . Afarensis le plus complet qui ait été découvert. Cependant, en 1975, cette même formation a également été témoin de la découverte de nombreux vestiges d'un autre site, AL 333. Ces vestiges sont devenus connus sous le nom de «Première Famille» et représentent au moins treize individus différents, adultes et enfants. La récupération de ces 216 spécimens d'hominidés est unique en paléoanthropologie africaine, car la proximité étroite des différents fossiles suggère qu'il s'agissait d'individus qui auraient pu vivre en groupe ou faire partie de la même famille.

Source : Wikipedia (en)

vendredi 1 janvier 1999

Lucy

Lucy, ou Dinqnesh, parfois écrit Dinknesh, est le surnom donné au fossile de l'espèce éteinte Australopithecus afarensis découvert en 1974 sur le site de Hadar, en Éthiopie, par une équipe de recherche internationale. Ce fossile est daté de 3,18 millions d'années.

Lucy constitue le premier fossile relativement complet (conservé à 40 %, avec 52 fragments osseux) qui ait été découvert pour une période aussi ancienne, et a révolutionné notre perception des origines humaines, en démontrant que l’acquisition de la bipédie datait d'au moins 3,2 millions d’années, et avait largement précédé le processus d'accroissement du volume endocrânien.

Découverte

Lucy a été découverte le 24 novembre 1974 à Hadar, sur les bords de la rivière Awash, dans le cadre de l'International Afar Research Expedition fondée par Maurice Taieb, un projet regroupant une trentaine de chercheurs éthiopiens, américains et français, codirigé par Donald Johanson (paléoanthropologue), Maurice Taieb (géologue) et Yves Coppens (paléontologue). Le premier fragment du fossile a été repéré par Donald Johanson et Tom Gray, l'un de ses étudiants, sur le versant d'un ravin. Un monument commémoratif a été construit en ce lieu, en forme de table d'orientation portant un texte en trois langues, amharique, afar et anglais.

Lucy a été décrite une première fois en 1976 mais son rattachement à l'espèce Australopithecus afarensis n'a été proposé qu'en 1978.

Répertoriée sous le code AL 288-1, Lucy a été surnommée ainsi parce que les chercheurs écoutaient la chanson des Beatles Lucy in the Sky with Diamonds le soir sous la tente, en répertoriant les ossements qu'ils avaient découverts. Elle est appelée Dinqnesh en amharique (Éthiopie), ce qui signifie « tu es merveilleuse ».

Position phylogénétique

Découverte dans des terrains datés de 3,18 millions d'années, Lucy a longtemps été considérée comme la représentante d’une espèce à l’origine de la lignée humaine. Aujourd'hui, la majorité des chercheurs ne retiennent pas cette hypothèse, et estiment que Lucy n'est pas une ancêtre du genre Homo, mais seulement la représentante d'une branche collatérale.

Source : Wikipedia

LH 4

LH 4 (Laetoli Hominid 4) est une mandibule fossile découverte à Laetoli par l'équipe de Mary Leakey en 1974. En sus de LH 4, Mary Leakey, Donald Johanson et Timothy White trouvèrent à Laetoli de 1974 à 1977 42 dents isolées d'Hominina. La mandibule est datée d'environ 3,5 millions d'années. Elle appartenait à un adulte de sexe indéterminé. Elle a perdu ses deux branches mais a conservé 9 dents, à savoir ses 6 molaires plus deux prémolaires et une canine. L'arcade dentaire est assez bien préservée, sans distorsion visible6.

Donald Johanson, Timothy White et Yves Coppens choisirent LH 4 comme holotype de la nouvelle espèce Australopithecus afarensis, qu'ils décrirent en 1978, avec pour paratype le squelette partiel Lucy, découvert en 1974 à Hadar, en Éthiopie.

Source : Wikipedia