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mercredi 13 janvier 2021

Des outils de 2 millions d’années montrent que l’Homme s’adapte à son environnement

Pour les non-initiés, ce ne sont que des cailloux ébréchés. Pour Julio Mercader, de l’Université de Calgary, ce sont plutôt des messages vieux de deux millions d’années illustrant les balbutiements de la technologie humaine.

«Ce sont vraiment les débuts de la dépendance technologique», a déclaré M. Mercader, auteur principal d’un article publié jeudi dans la revue «Nature». «Les outils proviennent d’une phase précoce de cette période qui marque une nouvelle relation entre l’Homme et l’environnement.»

L’article présente le travail combiné de 29 scientifiques de trois continents, qui ont analysé quelques dizaines d’outils en pierre trouvés à Oldupai Gorge, un site africain considéré par beaucoup comme l’endroit où les humains sont apparus pour la première fois. Datant de deux millions d’années, les haches à main, les flocons de quartz et les noyaux de roche sont parmi les plus anciens outils jamais trouvés.

Ils sont si vieux qu’ils précèdent l’Homo sapiens : ils peuvent avoir été l’oeuvre d’Homo habilis, une espèce dont des restes ont été retrouvés à proximité.

Tous les artefacts de cette antiquité sont précieux. Julio Mercader explique que ce qui les rend particulièrement précieux, c’est que des chercheurs de plusieurs disciplines ont été en mesure de les placer dans un contexte environnemental qui montre à quel point les humains ont su s’adapter depuis le début.

Les outils couvrent une période d’environ 235 000 ans. «Cela semble peut-être beaucoup, mais dans l’évolution humaine, c’est peu», rappelle le chercheur. Au cours de cette ère, l’environnement du site a changé rapidement et souvent: forêt, bord de lac, prairie, pré. Or, ces vieux humains ont su s’adapter. «Peu importe le changement de l’environnement, au moment où il y a une perturbation, un changement radical dans l’écologie locale, les humains se déplacent tout de suite», a déclaré M. Mercader.

«Il y a eu une énorme éruption volcanique qui a vraiment recouvert le paysage d’une masse solide de roche en fusion. Quand cela se refroidit et que de nouvelles plantes et animaux apparaissent, les humains font de même.

«Ce que cela montre, c’est l’énorme polyvalence et la flexibilité du comportement, qui permettent aux premiers humains d’exploiter tout environnement qui se trouve à leur proximité. Cela a des racines profondes.»

«Comme un couteau suisse»

Les outils eux-mêmes sont fabriqués à partir de roches trouvées sur place ou tout près. Les «fabricants» semblent avoir transporté des noyaux de pierre particulièrement attrayants, qu’ils pourraient utiliser par la suite pour les tailler en cas de besoin.

Les outils n’ont pas beaucoup changé au fil du temps, rappelle M. Mercader. «La technologie reste suffisamment flexible et suffisamment générale pour que, quoi qu’il arrive, vous puissiez toujours exploiter l’environnement. C’est comme un couteau suisse.»

Ces découvertes sont le résultat d’années de travail dans la région. Les chercheurs, formés pour connaître la différence entre un outil et une roche naturellement ébréchée, parcourent d’abord le terrain à la recherche de fragments d’os fossiles exposés. De nombreux fossiles osseux suggèrent que d’autres artefacts peuvent être à proximité et une fouille est alors amorcée. «Si la fouille est intéressante, nous élargissons le champ.»

Selon M. Mercader, cette illustre à merveille comment des scientifiques de différentes disciplines peuvent collaborer pour faire la lumière sur un passé lointain. «En travaillant avec des géoscientifiques et des chimistes, des paléoécologistes et des paléogéographes, nous pouvons déduire beaucoup de choses à partir des outils en pierre et du contexte dans lequel ils se trouvent.»

Et il n’y a rien de tel que de tenir dans sa main une pierre que tenait jadis un ancien artisan, avoue le chercheur. «C’est l’excitation qui vous donne envie de devenir archéologue.»

Source : L'Actualité du 07/01/2021

dimanche 20 décembre 2020

Homo habilis

Reconstruction de Alice Roberts :
Reconstruction :
Reconstruction de Elisabeth Daynès :

samedi 30 mai 2020

Un seul berceau... et tant d'origines

Leur destin fut différent : Homo floresiensis (à g.) s'est éteint, Neandertal (à dr. ) s'est fondu en nous. Et Homo naledi ? On n'en sait rien. Peut-être en subsiste-t-il des traces dans notre génome.

La quête des origines ne se résume pas à un berceau. Car dès que les humains modernes en sont sortis, ils se sont hybridés avec des populations aujourd'hui disparues, dont notre ADN conserve la trace. Nous descendons aussi de ces fantômes…

La croisée des chemins, le point de convergence inéluctable de tous les cours d'eau, le tronc qui unifie chaque racine, chaque rameau… Voilà ce que représente le Makgadikgadi pour l'humanité. Mais la richesse de notre histoire ne se résume pas à la découverte de ce berceau. Notre identité ne saurait s'éclairer à la lumière d'un unique zoom, aussi lumineux soit-il. Nous ne sommes pas seulement les héritiers de cette première population d'humains modernes, qui émergea il y a quelque 200 000 ans, puis qui envahit le monde. Même si vous, moi, et tous ceux qui peuplent aujourd'hui la Terre lui devons l'immense majorité de notre génome, l'histoire de notre origine est beaucoup plus complexe.

Car dans la longue marche imposée par l'évolution, les routes sont nombreuses, sinueuses et entrecroisées. Prenez Neandertal. Ce lointain cousin, qui a pris exil de notre lignée bien avant la naissance de l'humain moderne, n'est pas passé par notre berceau. Mais nous savons depuis une dizaine d'années - et la découverte en fut retentissante - qu'Européens et Asiatiques en sont les héritiers directs pour quelques pourcents de leur génome : il y a près de 40 000 ans, quelque part en Eurasie, sa lignée s'est fondue avec la nôtre, comme si elle ne nous avait jamais quittés.

"Les croisements entre les espèces humaines ont été bien plus nombreux que tout ce que nous pensions, témoigne Alan Rogers, généticien à l'université d'Utah, aux États-Unis.

Et les humains actuels en sont l'ultime résultat." Certes, nous avons un berceau, mais nous sommes aussi une chimère, une somme, la fusion de toutes les humanités qui nous ont précédés. Et les recherches actuelles ne font qu'accentuer ce fait poignant.

Sur notre alliance génétique avec Neandertal, pour commencer. Alors que nous pensions que celle-ci s'était nouée seulement en Eurasie, excluant de fait la présence d'ADN néandertalien au sein des populations africaines, voilà qu'une étude publiée à la fin du mois de février dernier prouve le contraire : tous les peuples africains étudiés porteraient jusqu'à 30 % des séquences génétiques néandertaliennes retrouvées dans les populations européennes actuelles !

UNE LIGNÉE HANTÉE

Cela implique plusieurs choses, commente Joshua Akey, généticien à l'université de Princeton, aux États-Unis, et auteur de l'étude : "Il semble qu'après la sortie d'Afrique des humains modernes, il y a 60 000 ans environ, et l'épisode d'hybridation avec Neandertal qui s'en est suivi, il y ait eu une migration retour vers l'Afrique de ces humains modernes portant en eux l'ADN néandertalien, qui s'est ensuite propagé. Tous les 2 054 individus que nous avons testés à travers le monde présentent des séquences néandertaliennes. Il faut encore des études pour le confirmer, mais on peut dire que Neandertal survit sûrement dans chaque humain vivant aujourd'hui." Nous sommes donc encore plus néandertaliens que nous ne le pensions…

Remontons encore dans le temps : cette même histoire, Neandertal l'aurait lui aussi vécue ! C'est ce qu'affirme Alan Rogers en pointant une portion d'ADN suspecte. Au temps où Neandertal et Denisova n'étaient encore qu'une seule et même lignée, il y a près de 600 000 ans, lors de leur propre sortie d'Afrique, eux aussi auraient bibliquement rencontré un prédécesseur. Qui ? Probablement le tout premier des explorateurs, celui qui, pour la première fois, aurait posé un pied conquérant, et non une patte, sur l'immense Eurasie, il y a de cela 2 millions d'années : Homo erectus lui-même. "Les dates concordent, confirme Alan Rogers, même s'il faudrait plutôt parler de rencontre avec les descendants d' Erectus. Toujours est-il que, puisque nous avons hérité de gènes néandertaliens et denisoviens, il est très possible que nous ayons aussi hérité de cet ADN lointain." Et voilà que nous devenons tous, peut-être, un peu Homoerectus .

Il est pourtant impossible de le savoir avec certitude : l'ADN d' Erectus n'a jamais pu être analysé, car celui contenu dans ses fossiles est trop vieux, trop détérioré. La portion d'ADN suspecte pourrait donc tout aussi bien être l'héritage d'une autre espèce humaine d'un même âge, et dont les fossiles n'ont jamais été retrouvés. Mais la dynamique actuelle de la recherche en paléoanthropologie est là : créer des méthodes statistiques permettant de comparer nos génomes avec ceux des néandertaliens et des denisoviens afin d'identifier justement les séquences qui échappent à leur parenté. Des séquences qui ne peuvent avoir été héritées de leur même ancêtre commun. Des séquences forcément venues d'ailleurs…

Les "fantômes". C'est ainsi qu'ont été baptisées ces populations inconnues, détentrices originelles de ces traces d'ADN découvertes au cœur de nos génomes. Des populations qui ont disparu de la surface de la Terre, mais qui continuent d'exister à travers nous. Les paléoanthropologues parlent même de "fantômes modernes", de "fantômes archaïques", voire de "fantômes super-archaïques", selon qu'ils apparaissent dans notre lignée comme des cousins plus ou moins éloignés. Et notre ADN s'avère plus hanté qu'un château écossais !

UNE HYBRIDATION OPPORTUNISTE

Plusieurs peuples d'Afrique de l'Ouest porteraient ainsi entre 2 et 19 % d'ADN d'un de ces fantômes… Celui-ci aurait quitté notre lignée avant même que Neandertal et Denisova ne le fassent, puis serait revenu s'hybrider il y a près de 50 000 ans avec certaines des premières populations d'humains modernes. Un autre signal similaire, mais qui n'a pu être daté cette fois, a aussi été découvert fin 2019 dans les populations d'Afrique sub-saharienne. "Et il y en aura sûrement beaucoup d'autres" , prévient Alan Rogers.

Qui étaient ces populations que l'humain moderne a totalement englouties dès l'aube de son histoire ? Les candidats ne manquent pas : l'Afrique, au même titre que l'Europe et l'Asie, fourmillait alors de lignées. Homo naledi, par exemple, cet humain fossile présentant une mosaïque de caractères modernes et ancestraux, dont un tout petit cerveau de la taille d'un pamplemousse, vivait encore il y a un peu plus de 200 000 ans en Afrique du Sud. Et un fossile attribué à Homo heidelbergensis, découvert en Zambie il y a un siècle, vient d'être redaté : âgé de 300 000 ans, il aurait pu sans conteste être absorbé par nous.

Bien sûr, certaines lignées humaines ont bel et bien disparu, sans rejoindre notre route. Comme Homo floresiensis , cette espèce naine qui habitait l'île de Florès, en Indonésie, qui s'est éteinte il y a près de 50 000 ans : nulle trace de fantôme n'a été retrouvée chez les populations actuelles de l'île, par rapport aux autres populations d'Asie. Mais contrairement à ce que l'on pensait, c'est l'exception qui confirme la règle. Car la norme, elle, était plutôt l'hybridation. "D'autant qu'on sait aujourd'hui que des espèces humaines séparées depuis plus d'un million d'années pouvaient encore s'hybrider, comme ce fut le cas entre les denisoviens et les possibles descendants d' Erectus " , renchérit Alan Rogers.

Ce qui n'étonne pas Nicolas Bierne, biologiste spécialiste du phénomène de spéciation à l'université de Montpellier : "Un million d'années, c'est extrêmement court dans l'évolution des espèces. Les populations séparées par ce laps de temps n'en sont finalement qu'au début de leur différentiation, dans ce qu'on appelle la 'zone grise de la spéciation'. Neandertal et les humains modernes étaient ainsi, d'un point de vue génétique, plus proches entre eux que certains animaux que l'on classerait pourtant comme étant de la même espèce. Longtemps on a cru que l'hybridation entre les humains modernes et les néandertaliens ne fonctionnait pas bien, car des portions entières du génome n'étaient jamais néandertaliennes, ou encore parce que nous n'en avons gardé que quelques pour-cents. Mais cela peut s'expliquer facilement : les humains modernes étaient simplement bien plus nombreux, et seuls les gènes particulièrement utiles ont été conservés. Avec la dérive génétique, au fil des générations, des portions entières du génome, moins efficaces, ont donc été effacées."

Et voilà une belle leçon de cette histoire : les portions d'ADN héritées de ces nombreux humains ancestraux ne sont certainement pas silencieuses. Nous n'avons pas seulement assimilé Neandertal et les autres, nous en avons surtout tiré le meilleur. "Les études montrent en effet que les séquences génétiques néandertaliennes jouent un rôle sur le système immunitaire ou la pigmentation de la peau, et ont donc une utilité, souligne Alan Rogers.

De la même manière, les Tibétains ont hérité un gène denisovien facilitant la vie en haute altitude, qui semble provenir originellement d'une population encore plus archaïque." Pour s'adapter à un nouveau milieu, un nouvel en vironnement, l'hybridation est plus efficace que la longue évolution. "Et c'est logique , renchérit Nicolas Bierne.

Les populations ancestrales étaient déjà sur place depuis des centaines de milliers d'années, ou plus : elles ont eu le temps de s'adapter. En un sens, elles nous ont préparé le terrain."

NOTRE MÉTISSAGE CONTINUE…

À côté de tout ce que nous devons à la population souche issue du berceau, les autres populations humaines, chacune à sa manière, nous ont aussi enrichis. Et quand bien même, en tant qu'individus, nous ne posséderions pas toutes ces ancestralités - en Europe, il nous manque celle de Denisova -, ce n'est sûrement que pour un temps. "Projetons-nous dans le futur lointain, imagine Nicolas Bierne. Les métissages vont continuer, au point qu'il n'y aura sûrement plus de populations dites 'pures', tels les Indiens d'Amériques, mais tout le monde, au contraire, en portera l'ADN. Est-ce que, parce que ce pourcentage sera faible, je ne voudrai pas me rattacher à leur histoire ? Bien sûr que si ! De la même manière, je veux me rappeler Denisova."

Alors, rendons hommage à Neandertal et Denisova, à Naledi et Heidelber-gensis , à Erectus et Habilis , à Floresiensis et Luzonensis, et à tous les fantômes qui continuent d'exister à travers nous. Car nous n'avons qu'un berceau, mais de multiples origines.

Source : Science et Vie du 28/05/2020

mardi 10 mars 2020

Qui sont nos aïeux ?

Toumaï, Lucy, Florès... vous connaissez leur nom, mais savez-vous exactement qui est qui ?
Découvrez-le dans cette galerie de portraits.

Toumaï

7 millions d'années (Ma). Découvert au Tchad en 2001, Sahelanthropus tchadensis, alias Toumaï, est notre plus vieil ancêtre connu à ce jour. Sa capacité crânienne (350 cm3) est encore proche du chimpanzé, mais il était déjà probablement en partie bipède.

Lucy

3,2 Ma. Retrouvée en Ethiopie en 1974, Lucy (A. afarensis) est une australopithèque, bipède, mais n'ayant pas tous les caractères du genre Homo. Les médias ont fait d'elle la grand-mère de l'humanité, mais notre généalogie montre que ce n'est pas le cas.

Habilis

2,5 à 1,8 Ma. Avec sa boîte crânienne qui atteint les 600 cm3 (contre 450 pour Lucy), Homo habilis est traditionnellement considéré comme le premier hominidé du genre Homo et le premier à avoir fabriqué des outils.

Ergaster

2,2 à 1 Ma. Avec leur grande taille (1,85 m) et leurs arcades sourcilières peu proéminentes, les fossiles d'Homo ergaster retrouvés en Afrique ressemblent plus à des hommes modernes qu'aucun de leurs contemporains. Sont-ils des H. erectus africains, des ancêtres d'H. erectus ou bien des cousins ? Cela reste à ce jour un mystère.

Erectus

De 1,9 Ma à 120 000 ans. Homo erectus serait le premier Homo à sortir d'Afrique. Avec un cerveau de 1 000 cm3, il colonise l'Europe, le Proche-Orient et enfin l'Asie. Il utilise le feu, c'est certain, mais savait-il l'allumer ?

Flores

De 95 000 à 50 000 ans. Avec leur petit mètre de hauteur, un cerveau de 380 cm3 (un tiers du nôtre) et leurs grands pieds, les fossiles retrouvés sur l'île de Flores (Indonésie) sont des contemporains d'Homo sapiens. Comme lui, ils fabriquent des outils, chassent... Leur taille serait due à une adaptation à la vie insulaire.

Neandertal

De 300 000 à 28 000 ans. Avec son front fuyant, ses pommettes proéminentes et son corps trapu, le néandertalien paraît un peu fruste. Pourtant, il fabrique des outils, crée des bijoux, inhume ses morts... Sa branche aurait divergé de celle d'Homo sapiens il y a 500 000 à 700 000 ans, mais les analyses ADN montrent que les deux espèces ont eu des contacts plus que rapprochés...

Sapiens

Depuis plus de 200 000 ans. Les fossiles, vieux de 35 000 ans, retrouvés dans la grotte de Cro-Magnon, en Dordogne, constituent le plus célèbre représentant européen d'Homo sapiens, autrement dit l'homme moderne. Né il y a 200 000 ans en Afrique, Homo sapiens la quitte il y a 100 000 ans pour coloniser la planète entière. Il est le seul du genre Homo à avoir survécu.

mercredi 12 février 2020

En matière d’outils, nos ancêtres savaient ce qu’ils faisaient

Des chercheurs ont récemment testé les outils en pierre fabriqués par nos lointains ancêtres avec des techniques d’ingénierie modernes. Et, semble-t-il, ils savaient ce qu’ils faisaient.

Grâce aux registres fossiles, nous savons que les homonidés fabriquent et utilisent des outils en pierre depuis environ 2,6 millions d’années. Parmi ces premiers “ingénieurs” figurait Homo habilis, une espèce qui aurait vécu en Afrique de l’Est il y a entre 2,3 et 1,5 millions d’années environ.

Homo Habilis ne pourrait pas se confondre avec un humain de nos jours. Il se déplaçait debout, certes, mais il était très petit (les mâles ne dépassaient pas les 1,4 mètre de haut, et les femelles étaient beaucoup plus petites encore) avec de longs bras lui permettant de grimper aux arbres. Et côté visage, on se rapprochait quand même davantage du singe que de l’Homme.

Il n’empêche, il y a plusieurs décennies, des outils en pierre vieux de 1,8 millions d’années fabriqués de ses propres mains ont été retrouvés dans les gorges d’Olduvai, dans le nord de la Tanzanie. Ce qui suggère que, sous ses airs de primate, Homo Habilis avait quand même quelques compétences.

Les anthropologues travaillant sur le site d’Olduvai ont remarqué que ces hominidés avaient préféré certains types de pierres pour la confection de leurs outils. Le quartzite et le chert, par exemple, étaient le plus souvent utilisés pour les petits outils très tranchants. Et à l’inverse, le basalte semblait avoir été façonné pour fabriquer des pièces plus lourdes.

Mais la fabrication de ces outils a-t-elle pour autant été réfléchie ? Pourquoi avoir choisi telle ou telle roche ? Et pourquoi tel ou tel morceau en particulier ?

Homo Habilis savait ce qu’il faisait

Pour tenter de le comprendre, l’anthropologue Alastair Key et son équipe de l’Université du Kent (Royaume-Uni) ont fait passer à ces outils une batterie de tests pour évaluer leur pouvoir de coupe et leur résistance dans le temps. Au cours de l’une de ces expériences, une machine devait par exemple tester chaque outil tranchant sur un tuyau en PVC de 2 mm d’épaisseur, et enregistrer la force nécessaire à appliquer pour couper le tuyau.

Au terme de ces tests, il est ressorti que le quartzite était la pierre la plus tranchante, juste devant le chert. En revanche, les bords de ces deux pierres se désagrégeaient très rapidement. Autrement dit, leur pouvoir de coupe était très bon, mais pour quelques utilisations seulement. Ensuite, elles étaient bonnes à jeter.

À l’inverse, le pouvoir de coupe du basalte n’était pas très bon. Grossièrement, pour couper la même chose, nos ancêtres devaient dépenser deux fois plus d’énergie que s’ils utilisaient du chert ou du quartzite. En revanche, cette pierre était plus robuste, ce qui veut dire qu’elle durait davantage dans le temps.

Pour les chercheurs, le fait qu’Homo Habilis se soit appuyé sur le basalte pour la fabrication d’outils plus lourds n’est donc pas une coïncidence. Tout comme ce n’est pas une coïncidence si ces hominidés privilégiaient le chert ou le quartzite pour la fabrication d’outils efficaces mais jetables.

« Bien sûr, H. habilis n’a pas soigneusement mesuré la force nécessaire pour couper un membre d’une antilope fraîchement tuée, pour ensuite élaborer des plans pour tailler une lame plus efficace, explique Alastair Key. Mais il semble qu’ils aient tout de même remarqué quels matériaux fabriquaient des lames plus tranchantes et lesquels offraient un compromis entre la netteté et la durabilité, avant d’appliquer ces connaissances à la fabrication d’outils ».

Et pour une espèce aussi ancienne, ce n’est pas un mince exploit cognitif.

Source : Sciencepost du 10/02/2020

lundi 10 février 2020

Homo georgicus (Homme de Dmanissi)

Homo georgicus (« Homme de Géorgie » en latin), ou Homme de Dmanissi, est une espèce éteinte du genre Homo, décrite en 2002 à partir de fossiles découverts à Dmanissi, en Géorgie (Caucase). Ces fossiles sont datés de 1,8 million d'années et appartiennent donc aux premiers représentants du genre Homo attestés à ce jour hors d'Afrique. La position phylogénétique de ces fossiles fait encore l'objet de débats, leur grande diversité morphologique ayant suscité parmi les chercheurs une certaine perplexité sur la variabilité interne de cette nouvelle espèce et sur la validité des différents taxons humains actuellement admis.

Analyses

Les deux crânes découverts en 1999 furent initialement considérés comme proches d'Homo ergaster. Le crâne de 2001 était moins volumineux et présentait certains points communs avec Homo habilis. Toutefois les différents fossiles étaient trop proches pour relever d'espèces distinctes et ils furent tous rapportés à Homo georgicus, dont D2600 est le spécimen type.

Des chercheurs soutiennent l'appartenance des fossiles à Homo habilis. En effet, ils ont effectué la comparaison entre le crâne d'un juvénile presque adulte, D2700, découvert en 2001, et celui de KNM-ER 1813, un Homo habilis adulte découvert au Kenya. Les conclusions ont montré des ressemblances au niveau de la face. Cependant, la face étant probablement la dernière partie qui se met en place chez un individu, cette hypothèse est contestée. Ainsi, pour Fred Spoor, ces fossiles sont simplement des Homo erectus car le neurocrâne de D2700 ressemble fortement à celui d'Homo erectus malgré une taille plus petite.

L'un des découvreurs, David Lordkipanidze, ne tranchait pas, en 2008, entre les différentes attributions possibles, considérant d'une part qu'il y a des ressemblances marquées avec les Homo ergaster / erectus et les Homo habilis, mais d'autre part que les fossiles montrent aussi des mélanges de traits qui leur sont propres.

Pour l'équipe de chercheurs de 2013, l'échantillon de Dmanissi fournit une preuve directe de la grande variabilité morphologique existant à l'intérieur des premières populations d’Homo, aussi bien qu'entre elles. De la comparaison des crânes de Dmanissi et des fossiles de la même période découverts en Afrique et en Asie, ils tirent la conclusion que plusieurs appellations taxonomiques existantes au sein du genre Homo seraient à regrouper.

Bernard Wood, s'il pense probable l'appartenance des différents crânes de Dmanissi à une même espèce, se déclare sceptique devant l'extrapolation de ce résultat à l'ensemble des populations d’Homo de la période : il souligne que les classifications établies ne reposent pas seulement sur la morphologie crânienne et que d'autres critères (par exemple, la longueur des bras) justifient les distinctions taxonomiques actuelles. De même, Fred Spoor considère que l'usage fait de l'analyse morphologique est inadéquat pour la distinction des différentes espèces.

Sa fiche sur Wikipedia

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Qui ?
Espèce créée spécifiquement pour des fossiles découverts dans la grotte de Dmanissi (Caucase), faute de pouvoir les rattacher avec certitude aux Homo ergaster ou habilis.

Quand ?
Il y a 1,8 million d'années.

Taille ?
1,50 mètre avec un cerveau de 750 cm3.

vendredi 7 février 2020

Homo habilis

Homo habilis (littéralement « homme habile ») est une espèce éteinte du genre Homo qui, d'après les fossiles trouvés à ce jour, aurait vécu en Afrique de l'Est il y a entre 2,3 et 1,5 millions d’années environ.

Cette espèce a été décrite en 1964 par Louis Leakey, Phillip Tobias et John Napier, à la suite de la découverte en 1960 des premiers fossiles de l'espèce sur le site d'Olduvai en Tanzanie.

Compte tenu de sa longévité, Homo habilis a apparemment cohabité en Afrique aussi bien avec des espèces d'Australopithèques et de Paranthropes, plus primitives, qu'avec son probable descendant Homo ergaster, plus avancé.

Sites de découvertes

Des spécimens d'Homo habilis ont été découverts en Afrique orientale, notamment sur les sites d'Olduvai en Tanzanie à partir de 1960, de Koobi Fora à l'est du Lac Turkana au Kenya, à partir de 1972, de l'Omo et de la région d'Hadar en Éthiopie. Des restes d'Homo habilis auraient aussi été trouvés en Afrique du Sud, à Swartkrans, Sterkfontein et Drimolen, sites du « berceau de l'humanité ». Cependant, l'attribution de certains fossiles trouvés en Afrique du Sud est aujourd'hui sujette à débat entre Homo habilis et Homo gautengensis. Il est possible qu'Homo habilis soit en fait cantonné à l'Afrique orientale.

Sa fiche sur Wikipedia

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Quand ?
Il arpente les savanes arborées et humides d'Afrique orientale et australe ente - 2,4 et - 1,6 million d'années.

Taille ?
Petite taille de 1,30 mètre pour un cerveau de 600 cm3.

Spécificité ?
Son maniement de choppers (gros galets coupés en deux) pour racler la viande et casser des os lui vaut d'être le premier du genre Homo et être qualifié d'habile.

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Age : de 2.4 à 1.6 millions d'années
Taille : 1,15 à 1,30 m
Poids : 30 à 40 kg
Localisation : Afrique orientale et australe
Habitat : Savanes arborées et humides
Feux : ?
Outils : fabriqués

Sa fiche sur Hominidés.com

mercredi 26 avril 2017

La saga du « Hobbit » continue : quelles sont les origines de l’Homme de Florès ?

De nouvelles recherches suggèrent que l’Homme de Florès (Homo floresiensis), aussi appelé le « Hobbit » en raison de sa petite taille, serait finalement étroitement lié à un ancêtre humain vivant en Afrique il y a quelques millions d’années, Homo habilis (et non Homo erectus comme on il était largement supposé).

En 2003, sur l’île de Florès, en Indonésie, de petits Hominidés furent trouvés et appelés « Hommes de Florès » ou « Hobbits » en raison de leur petite taille. Onze ans plus tard, d’autres restes humains plus anciens ont été découverts sur cette même île. Ils étaient alors considérés comme les ancêtres de ces « Hobbits ». Ces nouveaux fossiles évoquant Homo erectus, notre ancêtre, ces petits hominidés ont alors été considérés comme nos cousins et auraient subi le phénomène évolutif du nanisme insulaire. Une étude récente menée par des chercheurs de l’Université nationale australienne (ANU) a en revanche révélé que l’Homme de Florès était probablement une espèce sœur d’Homo habilis, l’une des premières espèces d’êtres humains qui vivaient en Afrique il y a 1,75 million d’années.

Ainsi l’Homme de Florès n’aurait aucun lien avec Homo erectus ? Les chercheurs ont en effet examiné plus de cent caractéristiques osseuses de onze espèces d’hominidés, dont Australopithecus afarensis, Homo erectus, Homo habilis et Homo sapiens. En appliquant des outils statistiques, il ont alors conclu qu’il n’y avait aucune preuve étayant l’hypothèse dominante actuelle sur les origines de H. floriensis : « Les résultats permettront de clore un débat depuis la découverte de l’Homo floresiensis », a notamment admis Debbie Argue, de l’École d’archéologie et d’anthropologie de l’ANU. « Les analyses montrent que sur l’arbre généalogique, l’Homme de Florès était probablement une espèce sœur de l’Homo habilis. Cela signifie que les deux ont partagé un ancêtre commun ».

En analysant les restes de H. floriensis (133 points de données sur le crâne, les mâchoires, les dents, les bras, les jambes et les épaules), les chercheurs ont tablé que des structures telles que la forme de la mâchoire étaient trop primitives pour être liées à H. erectus. « Logiquement, il serait difficile de comprendre comment vous pourriez avoir cette régression — pourquoi la mâchoire d’Homo erectus évoluerait-elle vers la condition primitive observée chez Homo floresiensis ? », interroge Debbie Argue. En revanche, les caractéristiques primitives suggèrent une séparation assez précoce d’une espèce d’hominidés plus ancienne, il y a plus de 1,75 million d’années : Homo Habilis. Il est alors possible qu’une population diminuée d’hominidés plus proches de H. habilis que toute autre espèce humaine en provenance d’Afrique ait traversé l’Asie, avant de se retrouver dans les coins les plus éloignés du monde comme l’île de Flores.

Malheureusement, comme beaucoup d’autres espèces, le « hobbit » n’aura laissé derrière lui que quelques os dispersés sur une île et quelques pierres ébréchées, de quoi nous fournir quelques indices de son histoire. Les découvertes futures et les analyses des fossiles pourraient fournir plus de détails sur la nature exacte de cette ramification. Il s’agit là d’une simple branche dans un magnifique buisson d’hominidés, mais quelle branche exactement ? L’Homme de Florès est-il vraiment une espèce sœur d’H. habilis ? Appartient-il à un autre groupe ? La saga du Hobbit a encore de beaux jours devant elle.

Source : Sciencepost du 25/04/2017

mercredi 15 août 2012

Homo erectus a cohabité avec d'autres espèces humaines en Afrique

De nouveaux fossiles découverts au Kenya prouvent que les premiers représentants du genre Homo, auquel appartient l'Homme moderne, ont coexisté à la même période sur le continent africain.

Des chercheurs ont découvert entre 2007 et 2009, au Kenya, une face, une mâchoire inférieure complète et une partie d'une seconde mâchoire inférieure d’Homo erectus. Or, selon les auteurs de l’étude parue dans la revue Nature, ces nouveaux fossiles confirment que, il y a près de deux millions d'années, sur le continent africain, des Homo habilis et des Homo rudolfensis (deux espèces distinctes d'Homo erectus) ont cohabité.

"Il est maintenant clair que deux espèces d'Homo ont vécu en même temps qu'H. erectus", indique ainsi Fred Spoor (de l’Institut Max Planck d'anthropologie évolutionniste) qui a dirigé les analyses scientifiques. "L'évolution humaine n'est manifestement pas la ligne droite" qui a pu être tracée par le passé, a-t-il encore déclaré au cours d'une téléconférence relayée par l'AFP. En effet, en 1972, le projet de recherche Koobi Fora (KFRP), dirigé par Meave Leakey et sa fille Louise Leakey découvrait un crâne connu sous l'appellation "KNM-ER 1470", sur le site de Koobi Fora au Kenya. C’est ainsi qu’un débat sur le nombre des espèces d'Homo présentes au début du Pléistocène a été ouvert.

Reconstitution du visage d'Homo Rudolfensis ER 1470

Initialement classé parmi les Homo habilis, il fut ensuite attribué au genre Australopithecus avant d’être à l'origine de la création d'une nouvelle espèce, l’Homo rudolfensis (du lac Rodolphe, ancien nom du lac Turkana). Si la morphologie de KNM-ER 1470 est apparue inhabituelle, les comparaisons étaient rendues difficiles du fait qu'il lui manquait la mâchoire inférieure et les dents. Mais grâce aux trois nouveaux fossiles découverts dans un rayon d'une dizaine de kilomètres autour de la localisation de KNM-ER 1470, il est devenu possible d'en compléter le portrait.

Eclairer l'origine de notre branche de l'évolution humaine

"Ces 40 dernières années, nous avons activement recherché dans la vaste étendue de sédiments autour du lac Turkana des fossiles qui confirment les caractéristiques uniques du visage de KNM-ER 1470 et nous montrent à quoi ses dents et sa mâchoire inférieure auraient ressemblé", a expliqué Meave Leakey. "Nous avons enfin des réponses", se félicite-t-elle ainsi. "Les nouveaux fossiles vont grandement contribuer à éclairer la manière dont notre branche de l'évolution humaine est apparue et a prospéré il y a près de deux millions d'années", a souligné pour sa part Fred Spoor.

Néanmoins, ces résultats montrent combien la complexité de l'évolution humaine et les scientifiques restent prudents sur la manière dont ils doivent être interprétés. Aussi, le paléoanthropologue Bernard Wood estime que les analyses doivent être poursuivies et conclut : "Ma prédiction est que d'ici à 2064, un siècle après la description par Leakey d'H. habilis, les chercheurs considéreront nos hypothèses actuelles sur cette période de l'évolution humaine comme remarquablement simplistes".

Source : MaxiSciences du 10/08/2012

jeudi 14 janvier 2010

Homo habilis

Homo habilis (littéralement « homme habile ») est une espèce éteinte du genre Homo qui, d'après les fossiles trouvés à ce jour, aurait vécu en Afrique de l'Est il y a entre 2,3 et 1,5 millions d’années environ.

Cette espèce a été décrite en 1964 par Louis Leakey, Phillip Tobias et John Napier, à la suite de la découverte en 1960 des premiers fossiles de l'espèce sur le site d'Olduvai en Tanzanie.

Compte tenu de sa longévité, Homo habilis a apparemment cohabité en Afrique aussi bien avec des espèces d'Australopithèques et de Paranthropes, plus primitives, qu'avec son probable descendant Homo ergaster, plus avancé.

Source : Wikipedia

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Homme de petite taille entre 1,15 et 1,30 m, doté d'un cerveau d'environ 600 à 700 cm3. Il est omnivore, bipède, il vécu en Afrique de l'Est et du Sud entre 2.35 Ma et 1.6 Ma avant notre ère.

Source : Lexique du CNRS

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Age : de 2.4 à 1.6 millions d'années
Taille : 1,15 à 1,30 m
Poids : 30 à 40 kg
Localisation : Afrique orientale et australe
Habitat : Savanes arborées et humides
Feux : ?
Outils : fabriqués


Sa fiche sur Hominidés.com

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2,4-1,4 MA.
Fragments crâniens (OH 7) ; mandibule (OH 4).
Tanzanie, Éthiopie et Kenya, Afrique de l’Est, peut-être aussi Afrique du Sud.
habilis a longtemps été supposé être le premier fabricant d’outils, mais les australopithèques l’ont précédé dans cette activité.

mercredi 17 juin 2009

Les ossements n'étaient pas ceux d'un Homo habilis

Le premier homme apparu en Asie il y a 1,6 million d'années était un Homo erectus.

Des restes plus anciens décrits comme humains il y a 14 ans par Russel Ciochon appartiennent finalement à une espèce de singe inconnue, a affirmé ce paléoanthropologue mercredi.

M. Ciochon et d'autres paléanthropologues avaient examiné en 1992 une mandibule vieille de 1,9 million d'années découverte sur le site de Longgupo, en Chine centrale. Ils avaient conclu trois ans plus tard qu'elle appartenait à une forme asiatique d'Homo habilis, un hominidé plus primitif qu'Homo erectus.

Leur théorie s'appuyait sur le fait que la mandibule était trop petite pour appartenir à un orang-outan. Elle s'apparentait plutôt à une espèce de singe aujourd'hui éteinte, Lufengpithecus, mais dont les restes retrouvés dans le sud-ouest de la Chine (province du Yunnan) ne sont âgés que de sept à neuf millions d'années.

«Quelques outils possibles en pierre sur le site (de Longgupo) paraissaient également aller dans le sens d'une classification humaine», explique mercredi le scientifique américain dans la revue «Nature».

Erreur reconnue

Aujourd'hui, M. Ciochon, qui dirige le département d'anthropologie à l'université de l'Iowa, pense qu'il s'est trompé. Notamment parce que les deux grands sites connus d'Homo erectus se situent respectivement au sud et au nord de la forêt tropicale, à Sangiran sur l'île de Java (Indonésie) et à Zhoukoudian près de Pékin.

L'homme de Sangiran est vieux de 1,6 million d'années tandis que celui de Pékin est âgé de 780 000 ans.

Homo erectus «chassait des animaux dans des savanes ouvertes, et ne pénétrait pas dans la forêt tropicale dense», affirme aujourd'hui l'anthropologue. Quant à l'appartenance de la mandibule de Longgupo, elle reste un mystère, mais des restes de la même espèce pourraient avoir été découverts sur deux autres sites, en Chine et au Vietnam.

Parmi les espèces de primates vivant il y a près de deux millions d'années dans la forêt tropicale du sud-est asiatique se trouvaient un singe très grand, Gigantopithecus et donc au moins une autre espèce non encore décrite. Aujourd'hui, il ne reste plus que le gibbon et l'orang-outan, menacé.

Source : 20mn.ch du 17/06/2009

jeudi 16 août 2007

Bousculade chez les Homo

La découverte de deux crânes remet en cause l’évolution du genre Homo : les deux espèces habilis et erectus ne se seraient pas succédé mais auraient cohabité durant 500 000 ans.

Jusqu’ici, les anthropologues avaient fait d’Homo erectus, découvreur du feu et grand conquérant de territoires nouveaux, le descendant d’Homo habilis, inventeur de jolis outils en pierre. Dans la série des fossiles, H. habilis apparaît entre - 2,5 millions d’années et - 1,5 million d’années. Ensuite, place à H. erectus, dont on retrouve des fossiles jusque vers - 250 000 ans.

Mais cette histoire trop simple est remise en cause par la double découverte d’une équipe américaine au Kenya. Près du lac Turkana, les scientifiques ont exhumé un reste de boîte crânienne très ancien de H. erectus, datant de 1,55 million d’années. La principale surprise est venue, sur le même secteur, de la découverte de fragments de mâchoire supérieure attribués à H. habilis mais datés de 1,44 million d'années seulement. Cette espèce aurait donc vécu plus longtemps qu’on ne le pensait. La trouvaille a de quoi devenir une affaire de famille puisque, parmi les chercheurs américains, figurent Louise Leakey et sa mère Meave Leakey, respectivement petite-fille et belle-fille de Louis Leakey, le découvreur de H. habilis en 1961.

Un demi million d’années de cohabitation

C’est plus que la chronologie du genre Homo qui est bousculée. Il y a 1,55 million d’années, H. erectus devait cohabiter avec H. habilis, ce dernier n’est donc pas le descendant du premier. Cette complication de l’arbre généalogique de l’homme moderne n’est pas une première, les anthropologues ayant dû à plusieurs reprises, par le passé, remplacer de simples filiations par un buissonnement plus complexe.

Les deux espèces pourraient donc dériver d'un ancêtre commun et ont probablement vécu dans les mêmes régions durant près d’un demi million d’années. Ce que l’on connaît de leurs régimes alimentaires démontre qu’il ne devait pas y avoir compétition entre les deux. H. habilis était en effet plus végétarien que le carnivore erectus, bon chasseur même s’il ne dédaignait pas la cueillette.

Source : Futura-Sciences du 16/08/2007

jeudi 1 mai 2003

KNM-ER 42703

un os de la mâchoire supérieure droite datant d'environ 1,44 million d'années, découvert à Ileret au Kenya en 2000. C'est le plus jeune fossile d'Homo habilis jamais trouvé.

Source :

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nom : KNM-ER 42703
âge : 1,44 Ma
découverte :
date : 2000
espèce : Homo habilis



dimanche 1 juillet 2001

KNM-ER 3735

KNM-ER 3735 possédait un avant-bras nettement plus long et une ceinture scapulaire plus puissante.Cette interprétation correspond aux conclusions antérieures qui suggéraient des proportions huméro-fémorales semblables à celles de l'homme, mais des proportions brachiales semblables à celles des chimpanzés pour Homo habilis.

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squelette fragmentaire

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nom : KNM-ER 3735
âge : 1,89 Ma
découverte : Leakey
date : 1989
espèce : Homo habilis

lundi 1 janvier 2001

OH 62

Une découverte plus précieuse a été signalée à Olduvai Gorge en 1986. Une mâchoire avec des dents et des fragments de crâne ainsi que des morceaux d'un bras droit et des deux jambes ont été trouvés. Les os semblent représenter un individu, daté de 1,8 mya et appelé OH 62. Bien que le crâne soit brisé, suffisamment de visage est conservé pour suggérer des similitudes avec les premiers Homo. La découverte est particulièrement importante en raison des membres, qui montrent que OH 62 était un très petit hominidé. Le bras est long par rapport à la jambe, ce qui donne des proportions corporelles qui diffèrent considérablement de celles des hominidés plus modernes.

Source : Britannia.com

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nom : OH 62
âge : 1,8 Ma
découverte : Tim White
date : 1986
espèce : Homo habilis

dimanche 1 novembre 1998

KNM-ER 1813

KNM-ER 1813 est le crâne relativement complet d'un individu adulte daté de 1,9 million d'années. Il a été découvert à Koobi Fora, au Kenya par Kamoya Kimeu en 1973. La capacité crânienne est de 510 cm3, plus faible que celle des autres Homo habilis, en dessous de la limite de 600 cm3 communément admise pour le genre Homo, ce qui a conduit certains auteurs à classer ces restes fossiles comme ceux d'Australopithecus africanus, bien que la morphologie du crâne soit différente de celle de cette dernière espèce.

Source : Wikipedia

KNM-ER 1805

KNM-ER 1805 a été mis au jour par Paul Abell en 1973 à Koobi Fora, au Kenya. Les restes fossiles de cet individu adulte sont constitués d'un crâne, d'un maxillaire et d'une mandibule et sont âgés de 1,7 million d'années environ. La capacité crânienne est de 582 cm3.

Source : Wikipedia

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nom : KNM-ER 1805
âge : 1,7 Ma
découverte : Paul Abell
date : 1973
lieu : Koobi Fora (Kenya)
espèce : Homo habilis

dimanche 1 mars 1998

SK 847

SK 847 est la désignation abrégée des fragments fossilisés d'un crâne Homo habilis, découvert en Afrique du Sud, daté d'un âge compris entre 1,8 et 1,5 million d'années. Ce fossile partage des traits morphologiques avec le premier Homo erectus africain, parfois connu sous le nom d'Homo ergaster.

Il y a eu beaucoup de controverse sur le SK 847 - étant en fait un crâne composite réassemblé à partir de 3 pièces séparées. Les universitaires ont attribué ce crâne composite à au moins 5 taxons d'hominidés différents à un moment ou à un autre.

Découverte

SK 847 a été découvert le 23 juillet 1969 à Swartkrans, République d'Afrique du Sud par Ronald Clarke, qui est également crédité de la découverte de "Little Foot". Il est composé de trois pièces distinctes comprenant des fragments faciaux, un os temporal et un maxillaire. Le maxillaire, cependant, a été découvert précédemment par Robert Broom en 1948. Ce n'est que lorsque Clarke a découvert les deux autres fragments qu'ils ont su que les trois morceaux appartenaient au même individu et faisaient partie du même crâne. Le sexe de cet individu est encore inconnu. Cette découverte est importante car elle est la preuve que les premiers Homo en Afrique australe vivent en même temps ou même peut-être plus tard que Homo habilis et les premiers Homo erectus en Afrique de l'Est. En outre, ce fossile pourrait témoigner des premières utilisations du feu contrôlé.

Taxonomie

Anciennement SK 847 a été attribué au groupe Australopithecus robustus de fossiles d'hominidés, mais il a été récemment attribué au genre Homo. Il y a eu beaucoup de controverse concernant ce spécimen fossile parce que ce fossile a des similitudes avec les premiers Homo erectus africains, parfois appelés Homo ergaster. Pourtant, il montre d'autres similitudes avec Homo habilis, également connu pour se produire de l'Afrique orientale à australe. SK 847, comme un autre spécimen StW 53, a des caractéristiques qui ne sont compatibles avec aucune espèce d'hominidés.

  • Preuve qui suggère que SK 847 appartient au genre Homo

Les traits du visage de ce spécimen apportent des preuves anatomiques qui font croire aux anthropologues que le SK 847 ne fait pas partie du groupe des australopithécines. Le SK 847 a un visage relativement court et étroit, une crête sourcilière prononcée, un tore supraorbitaire épais, un os frontal en pente prononcée, des pommettes courbes délicates, des os nasaux arrondis en saillie vers l'avant, un sillon supratoral évident et une constriction modérée du crâne derrière l'œil prise. Ces caractéristiques contrastent avec celles de l'australopithécine robuste moyenne. SK 847 a également un palais court et une petite articulation temporo-mandibulaire qui ne pouvait s'adapter qu'à une petite mâchoire inférieure courte et non à la mandibule typiquement massive d'un australopithécin robuste.

  • Homo gautengensis ?

En 2010, un autre argument a été avancé par Darren Curnoe suggérant que le SK 847 ainsi que de nombreux autres spécimens fossiles, y compris certains des espèces Homo habilis, Homo ergaster et Australopithecus, obtenus d'Afrique du Sud témoignent d'une toute nouvelle espèce d'hominidés appelée Homo gautengensis, qui, selon lui, est la plus ancienne espèce du genre Homo. [5]

  • Preuve suggérant que SK 847 est une australopithécine

Les paléoanthropologues qui ont rejeté la classification de SK 847 comme Homo ont fait référence à l'hypothèse d'une seule espèce, qui stipule qu'en raison de l'exclusion compétitive, deux espèces d'hominidés ne pouvaient pas occuper la même niche. Par conséquent, tous les hominidés de Swartkrans étaient de la même espèce et SK 847 est simplement un petit australopithécine robuste. Cependant, l'hypothèse d'une seule espèce n'est plus valide ou acceptée comme vraie par les anthropologues. En outre, au moment de la découverte, Swartkrans était connu comme un endroit avec une masse de fossiles australopithécins et cet individu serait la seule preuve d'Homo trouvée à Swartkrans.

Source : Wikipedia (en)

jeudi 1 janvier 1998

Twiggy

OH 24, surnommé « Twiggy », est un crâne déformé daté d'environ 1,8 million d'années découvert en octobre 1968 par Peter Nzube dans les gorges d'Olduvai. Le volume du cerveau est d'un peu moins de 600 cm3. Une réduction de l'avancement de la face (prognathisme) se constate par rapport à celle d'australopithèques plus primitifs.

Source : Wikipedia

mardi 1 juillet 1997

KNM-BC 1

KNM-BC 1 est le fossile d'un os temporal droit d'hominidés, trouvé par John Kimengich en 1965, l'assistant de John Martyn, sur le site de Tabarian, dans le bassin du lac Baringo, Kenya. L'os est datée de 2,4 millions d'années BP

L'os fossilisé se trouvait dans une bande à grains très fins, dans un affleurement superficiel du lit appelé "Upper Fish Bed", de la formation géologique de Chemeron.

Le fossile temporal comprend la fosse mandibulaire, le méat acoustique externe, une partie du processus mastoïde et la majeure partie de la pyramide pétreuse.

Certains experts ont attribué le fossile à un Paranthropus ou Australopithecus, la profondeur de la fosse mandibulaire et son emplacement relativement médial, ainsi que d'autres caractéristiques, ont été identifiés comme des apomorphies d'Homo. Après une comparaison détaillée avec d'autres fossiles, Richard Sherwood, Steven Ward et Andrew Hill ont conclu qu'un ensemble de caractères étroitement liés le spécimen KNM-BC 1 avec le genre Homo, excluant l'identification avec H.ergaster ou H.erectus, ainsi qu'avec Paranthropus et Australopithecus (sauf A. garhi, Ce qui n'est pas inclus dans la comparaison), mais plutôt considéré comme le fossile compatible avec les caractéristiques de H.habilis et H.rudolfensis, tout en laissant ouverte la possibilité de l'attribuer à un individu d'une espèce transitoire ou précoce d'Homo, pas encore décrit.

Source : Wikipedia (es)