L'idée reçue selon laquelle l'Homme de Cro-Magnon vivait dans des cavernes est fausse.
Non, non et non ! Les Hommes du paléolithique s'installaient parfois dans la zone éclairée par le Soleil à l'entrée de grottes ou sous des surplombs rocheux, mais le plus souvent, ils construisaient des campements.
Des campements longtemps ignorés
Des installations en plein air difficiles à repérer par les archéologues, et par conséquent longtemps ignorées. À Villerest (Loire), sur le site de la Vigne Brun, aujourd'hui ennoyé, on a mis au jour un ensemble de huttes circulaires vieux de 23.000 ans. Le sol de ces cabanes, creusé en cuvette, était entouré d'un bourrelet de pierres, la toiture faite de peaux et soutenue par des piquets ou un poteau central. Quant aux grottes ornées comme Chauvet, Pech Merle ou Lascaux, elles étaient humides, sombres, mal aérées, peu accessibles... et donc inhabitables.
Source : Sciences et Avenir du 03/11/2019
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lundi 4 novembre 2019
lundi 14 mai 2018
lundi 27 mai 2013
Le site de Cro-Magnon, aux Eyzies (24), ouvrira l'année prochaine
Acheté par l'entrepreneur Jean-Max Touron, il devrait proposer un certain nombre de surprises aux visiteurs
Depuis plus de trois ans que Jean-Max Touron a acheté le site de Cro-Magnon à l’entrée des Eyzies, avec tous les terrains et constructions qui le bordent (à six propriétaires différents), il espérait pouvoir l’ouvrir à la visite cette année. « C’est un lieu important, je veux faire quelque chose de bien et surprendre ceux qui m’appellent “le Leclerc de la préhistoire” », explique l’entrepreneur, qui exploite déjà cinq sites touristiques en Dordogne (1).
Il s’est attaqué à un gros morceau. Il n’y avait pas assez de places de parking : Jean-Max Touron a réussi à acheter une bande de terrain à la SNCF, le long de la voie ferrée, pour y créer 50 places. Il a pu faire changer le tracé du chemin communal qui passe devant Cro-Magnon en s’engageant à tracer un nouvel accès un peu plus loin.
Il a longuement négocié avec les services des affaires culturelles sur les travaux possibles sur le site : on ne touche pas à l’abri historique où furent découverts cinq squelettes en 1868, mais les abris à cochons voisins ont pu être démolis, ainsi que plusieurs constructions parasites. Le chemin de découverte qui monte sur la falaise a pu être tracé, et le propriétaire étudie l’aménagement des belvédères qui surplombent la vallée.
Pour Pâques 2014
Autant le dire, il reste encore de gros travaux à faire avant une ouverture que Jean-Max Touron espère maintenant pour Pâques 2014. Le résultat réservera de nombreuses surprises qui devraient séduire le public : « J’aime que mes visiteurs en aient pour leur argent », insiste-t-il. Il faut dire que le site de Cro-Magnon, très important dans l’histoire de la préhistoire (puisqu’il a servi de nom de baptême à Sapiens sapiens, l’homme moderne), n’est pas très folichon. C’est un abri-sous-roche comme il en existe des centaines dans la vallée de la Vézère. D’ailleurs, il était à peine fléché.
Comme le dit très bien le préhistorien Gilles Delluc, conseiller scientifique du projet, « il n’y a pas grand-chose à voir, mais beaucoup à raconter ». Les maisons voisines abriteront ainsi un petit musée sur Cro-Magnon et il y aura des hologrammes et des images 3D pour faire revivre notre ancêtre le plus direct en réalité augmentée.
Un cabinet d’architectes de Cénac et un scénographe de Sarlat planchent dessus avec Estelle Bougard, la préhistorienne qui dirigera le site.
Il y a 27 000 ans
Les sépultures trouvées là remontent, selon les datations et les objets trouvés, au Gravettien ancien, c’est-à-dire il y a 27.000 ans (les peintures de Lascaux ont 17.000 ans). Lors de la visite, on saura tout sur Cro-Magnon, notamment qu’il était de grande taille.
Une histoire très précise du site a aussi été dressée par Gilles Delluc. « Contrairement à ce que l’on a toujours dit, ce n’est pas lors de la construction de la voie ferrée que les squelettes ont été découverts, mais cinq ans après, lors de travaux pour faire la nouvelle route. »
De même, on ne pouvait avoir baptisé ce lieu Cro-Magnon (« cro » signifie trou ou creux en patois), alors qu’il était enterré depuis des siècles, jusqu’à sa découverte au XIXe. En revanche, un autre abri-sous-roche est situé au-dessus dans la falaise : « C’est lui qui avait dû être baptisé ainsi. »
Le sentier qui sera ouvert pour la visite permettra de découvrir ce lieu inédit et spectaculaire. Cro-Magnon n’a pas fini de nous étonner.
(1) La falaise de la Roque Saint-Christophe, quatrième site le plus visité en Dordogne, la maison forte de Reignac, le Roc de Cazelle, le manoir de Gisson à Sarlat et la grotte du Sorcier.
Source : Sud-Ouest du 24/05/2013
Depuis plus de trois ans que Jean-Max Touron a acheté le site de Cro-Magnon à l’entrée des Eyzies, avec tous les terrains et constructions qui le bordent (à six propriétaires différents), il espérait pouvoir l’ouvrir à la visite cette année. « C’est un lieu important, je veux faire quelque chose de bien et surprendre ceux qui m’appellent “le Leclerc de la préhistoire” », explique l’entrepreneur, qui exploite déjà cinq sites touristiques en Dordogne (1).
Il s’est attaqué à un gros morceau. Il n’y avait pas assez de places de parking : Jean-Max Touron a réussi à acheter une bande de terrain à la SNCF, le long de la voie ferrée, pour y créer 50 places. Il a pu faire changer le tracé du chemin communal qui passe devant Cro-Magnon en s’engageant à tracer un nouvel accès un peu plus loin.
Il a longuement négocié avec les services des affaires culturelles sur les travaux possibles sur le site : on ne touche pas à l’abri historique où furent découverts cinq squelettes en 1868, mais les abris à cochons voisins ont pu être démolis, ainsi que plusieurs constructions parasites. Le chemin de découverte qui monte sur la falaise a pu être tracé, et le propriétaire étudie l’aménagement des belvédères qui surplombent la vallée.
Pour Pâques 2014
Autant le dire, il reste encore de gros travaux à faire avant une ouverture que Jean-Max Touron espère maintenant pour Pâques 2014. Le résultat réservera de nombreuses surprises qui devraient séduire le public : « J’aime que mes visiteurs en aient pour leur argent », insiste-t-il. Il faut dire que le site de Cro-Magnon, très important dans l’histoire de la préhistoire (puisqu’il a servi de nom de baptême à Sapiens sapiens, l’homme moderne), n’est pas très folichon. C’est un abri-sous-roche comme il en existe des centaines dans la vallée de la Vézère. D’ailleurs, il était à peine fléché.
Comme le dit très bien le préhistorien Gilles Delluc, conseiller scientifique du projet, « il n’y a pas grand-chose à voir, mais beaucoup à raconter ». Les maisons voisines abriteront ainsi un petit musée sur Cro-Magnon et il y aura des hologrammes et des images 3D pour faire revivre notre ancêtre le plus direct en réalité augmentée.
Un cabinet d’architectes de Cénac et un scénographe de Sarlat planchent dessus avec Estelle Bougard, la préhistorienne qui dirigera le site.
Il y a 27 000 ans
Les sépultures trouvées là remontent, selon les datations et les objets trouvés, au Gravettien ancien, c’est-à-dire il y a 27.000 ans (les peintures de Lascaux ont 17.000 ans). Lors de la visite, on saura tout sur Cro-Magnon, notamment qu’il était de grande taille.
Une histoire très précise du site a aussi été dressée par Gilles Delluc. « Contrairement à ce que l’on a toujours dit, ce n’est pas lors de la construction de la voie ferrée que les squelettes ont été découverts, mais cinq ans après, lors de travaux pour faire la nouvelle route. »
De même, on ne pouvait avoir baptisé ce lieu Cro-Magnon (« cro » signifie trou ou creux en patois), alors qu’il était enterré depuis des siècles, jusqu’à sa découverte au XIXe. En revanche, un autre abri-sous-roche est situé au-dessus dans la falaise : « C’est lui qui avait dû être baptisé ainsi. »
Le sentier qui sera ouvert pour la visite permettra de découvrir ce lieu inédit et spectaculaire. Cro-Magnon n’a pas fini de nous étonner.
(1) La falaise de la Roque Saint-Christophe, quatrième site le plus visité en Dordogne, la maison forte de Reignac, le Roc de Cazelle, le manoir de Gisson à Sarlat et la grotte du Sorcier.
Source : Sud-Ouest du 24/05/2013
jeudi 27 janvier 2011
L'homme préhistorique avait un plus gros cerveau que nous
En 30.000 ans, le cerveau humain s’est... rétréci. «Le volume du cerveau a diminué de 15 à 30%. Il est plus court, plus bas, comprimé au niveau des lobes frontaux et occipitaux, alors que les lobes temporaux et le cervelet se sont élargis» affirme Antoine Balzeau, paléoanthropologue au Muséum national d’histoire naturelle et au CNRS. Il vient d’achever avec une équipe de chercheurs la première étude sur les modifications du cerveau au cours de l’évolution de notre espèce depuis 30.000 ans. Les scientifiques ont pour cela comparé les endocrânes (empreintes laissées par le cerveau sur la surface interne du crâne) de quinze fossiles Homo sapiens et cent cinquante endocrânes d’hommes actuels. Il présentera cette étude jeudi 27 janvier lors des Journées de la société d’anthropologie de Paris.
«L’homme préhistorique n’était «pas moins intelligent» que nous
Les raisons qui ont conduit à cette modification sont «multiples». D’abord la taille du crâne a elle-même diminué. Le «changement de régime alimentaire» serait aussi à l’origine de cette diminution du cerveau.
Cette étude montre «la plasticité de notre cerveau.» Elle écarte également tout lien entre la taille du cerveau et l’intelligence. «A l’inverse rien ne permet de dire qu’Homo sapiens était moins intelligent. Il vivait de la même manière que nous, possédait des techniques de chasse compliquées, avec de l’outillage incroyable. Il enterrait ses morts. Et les productions artistiques il y a 30.000 ans n’ont pas rien à envier à l’ensemble de l’art d’aujourd’hui...»
Antoine Balzeau s’est d’abord appuyé sur la reproduction en 3D, puis sous forme de moulage, du cerveau de Cro-Magnon I, prouesse qu’il avait lui-même réalisée l’année dernière. Pour cela il avait ressorti des collections du Musée de l’Homme le plus complet des trois crânes fossiles de Cro-Magnon que l’établissement possède. Ces fossiles avaient été découverts en 1868 dans la grotte de Cro-Magnon, en Dordogne.
Les travaux sur l’endocrâne de Cro-Magnon ont mis en lumière «l’absence d’asymétries du cerveau existantes aujourd’hui et, à l’inverse, la présence d’asymétries n’existant plus chez l’homme actuel».
Il a ensuite été comparé à tous les endocrânes d’Homo sapiens fossiles bien conservés, datés d’il y a environ 30.000 ans. Eux-mêmes ont été confrontés à un échantillon d’hommes actuels. «Nous avons la chance de posséder tout ce matériau préhistorique au Muséum, ce qui nous a permis de mener cette étude.»
Source : 20 mn du 26/01/2011
«L’homme préhistorique n’était «pas moins intelligent» que nous
Les raisons qui ont conduit à cette modification sont «multiples». D’abord la taille du crâne a elle-même diminué. Le «changement de régime alimentaire» serait aussi à l’origine de cette diminution du cerveau.
Cette étude montre «la plasticité de notre cerveau.» Elle écarte également tout lien entre la taille du cerveau et l’intelligence. «A l’inverse rien ne permet de dire qu’Homo sapiens était moins intelligent. Il vivait de la même manière que nous, possédait des techniques de chasse compliquées, avec de l’outillage incroyable. Il enterrait ses morts. Et les productions artistiques il y a 30.000 ans n’ont pas rien à envier à l’ensemble de l’art d’aujourd’hui...»
Antoine Balzeau s’est d’abord appuyé sur la reproduction en 3D, puis sous forme de moulage, du cerveau de Cro-Magnon I, prouesse qu’il avait lui-même réalisée l’année dernière. Pour cela il avait ressorti des collections du Musée de l’Homme le plus complet des trois crânes fossiles de Cro-Magnon que l’établissement possède. Ces fossiles avaient été découverts en 1868 dans la grotte de Cro-Magnon, en Dordogne.
Les travaux sur l’endocrâne de Cro-Magnon ont mis en lumière «l’absence d’asymétries du cerveau existantes aujourd’hui et, à l’inverse, la présence d’asymétries n’existant plus chez l’homme actuel».
Il a ensuite été comparé à tous les endocrânes d’Homo sapiens fossiles bien conservés, datés d’il y a environ 30.000 ans. Eux-mêmes ont été confrontés à un échantillon d’hommes actuels. «Nous avons la chance de posséder tout ce matériau préhistorique au Muséum, ce qui nous a permis de mener cette étude.»
Source : 20 mn du 26/01/2011
vendredi 17 décembre 2010
Cro Magnon n'a jamais fait la révolution
Le débat sur l'évolution de l'homme rebondit avec des découvertes troublantes... et des scientifiques à l'esprit critique. Parmi les découvertes, un crâne d'allure très ancienne découvert en Mongolie. Sa datation récente, au plus 30 000 ans, montre qu'il traverse les frontières mises depuis longtemps entre l'homme moderne - Cro Magnon ou vous même - et nos ancêtres.
Autres découvertes : ces traces d'activités culturelles, ou de technologies très anciennes - des dizaines de milliers d'années, et pourtant d'allure "moderne" qui relativisent la réputation de "révolutionnaire" de Cro-Magnon.
Autres découvertes : ces traces d'activités culturelles, ou de technologies très anciennes - des dizaines de milliers d'années, et pourtant d'allure "moderne" qui relativisent la réputation de "révolutionnaire" de Cro-Magnon.
lundi 15 mars 2010
Le cerveau de Cro Magnon en 3D
Les paléoanthropologues disposent maintenant d'un modèle en trois dimensions du cerveau de Cro-Magnon. Pas d'un Cro-Magnon, mais du Cro-Magnon, le crâne découvert en 1868 dans l'abri du même nom, aux Eyzies de Tayzac (Dordogne).
Ce modèle est en dur, plus exactement en plastique. Fabriqué par laser à partir d'un modèle numérique en 3D du cerveau, lui même issu d'un scanner du crâne, conservé par le Musée de l'Homme.
C'est Antoine Balzeau (Museum national d'histoire naturelle) et Dominique Grimaud-Hervé (MNHN) au sein d'un laboratoire commun avec le Cnrs) qui ont conduit ce travail. Antoine Balzeau, joint au téléphone, en souligne l'intérêt. «Nous avons très peu d'endocrânes d'hommes de Cro-Magnon, c'est à dire les homo sapiens fossiles vivant il y a environ 30 000 ans et, paradoxalement, celui de Cro-magnon est l'un des mieux préservés. Nous avons donc pu retrouver de manière précise l'empreinte que le cerveau a laissé sur la boite cranienne. On distingue bien sa surface, les veines, les lobes, les zones cérébrales, l'organisation générale.»
Ce modèle est en dur, plus exactement en plastique. Fabriqué par laser à partir d'un modèle numérique en 3D du cerveau, lui même issu d'un scanner du crâne, conservé par le Musée de l'Homme.
C'est Antoine Balzeau (Museum national d'histoire naturelle) et Dominique Grimaud-Hervé (MNHN) au sein d'un laboratoire commun avec le Cnrs) qui ont conduit ce travail. Antoine Balzeau, joint au téléphone, en souligne l'intérêt. «Nous avons très peu d'endocrânes d'hommes de Cro-Magnon, c'est à dire les homo sapiens fossiles vivant il y a environ 30 000 ans et, paradoxalement, celui de Cro-magnon est l'un des mieux préservés. Nous avons donc pu retrouver de manière précise l'empreinte que le cerveau a laissé sur la boite cranienne. On distingue bien sa surface, les veines, les lobes, les zones cérébrales, l'organisation générale.»
vendredi 12 mars 2010
Le cerveau de Cro-Magnon entre nos mains
L’empreinte du cerveau d’un Homo sapiens Cro-Magnon a été reconstituée en trois dimensions par des chercheurs français.
A partir du crâne presque complet d’un homme de Cro-Magnon conservé au Musée de l’Homme à Paris, des chercheurs ont reconstitué l’empreinte du cerveau de cet ancien Homo sapiens, vieux de 28.000 ans. Ce célèbre spécimen a été découvert en Dordogne, en 1868, dans l’abri de Cro-Magnon qui a donné son nom à ces hommes préhistoriques. Il s’agissait d’un homme de grande taille, mesurant environ 1,80 m.
Ce crâne, connu sous l’appellation de Cro-Magnon 1, a été scanné afin de faire apparaître toute l’anatomie interne du crâne, y compris des détails invisibles sur le fossile comme la présence de bulles d’air dans les os ou leur épaisseur. Ensuite, les techniques de moulages utilisées dans l’industrie pour fabriquer des prototypes à partir d’images en 3D, ont permis de mouler l’endocrâne. Il s’agit des empreintes laissées par les différentes parties du cerveau sur la partie interne du crâne: leur reconstitution fait donc apparaître la forme de cet organe central.
Les paléoanthropologues Antoine Balzeau et Dominique Grimaud-Hervé (Muséum national d’Histoire naturelle/CNRS) disposent désormais d’un spécimen plus facile à manipuler que le fossile d’origine.
Les collections de fossiles des musées vont de plus en plus se transformer en objets virtuels, notamment grâce à la tomographie assistée par ordinateur qui permet d’obtenir une image 3D des crânes, os ou dents. Le moulage est une étape supplémentaire qui ouvre en l’occurrence de nouvelles perspectives de recherches sur l’évolution du cerveau d’Homo sapiens. Ainsi que de nouveaux moyens d’exposer les collections au grand public dans les musées.
Source : NouvelObs.com du 09.03.2010
A partir du crâne presque complet d’un homme de Cro-Magnon conservé au Musée de l’Homme à Paris, des chercheurs ont reconstitué l’empreinte du cerveau de cet ancien Homo sapiens, vieux de 28.000 ans. Ce célèbre spécimen a été découvert en Dordogne, en 1868, dans l’abri de Cro-Magnon qui a donné son nom à ces hommes préhistoriques. Il s’agissait d’un homme de grande taille, mesurant environ 1,80 m.
Ce crâne, connu sous l’appellation de Cro-Magnon 1, a été scanné afin de faire apparaître toute l’anatomie interne du crâne, y compris des détails invisibles sur le fossile comme la présence de bulles d’air dans les os ou leur épaisseur. Ensuite, les techniques de moulages utilisées dans l’industrie pour fabriquer des prototypes à partir d’images en 3D, ont permis de mouler l’endocrâne. Il s’agit des empreintes laissées par les différentes parties du cerveau sur la partie interne du crâne: leur reconstitution fait donc apparaître la forme de cet organe central.
Les paléoanthropologues Antoine Balzeau et Dominique Grimaud-Hervé (Muséum national d’Histoire naturelle/CNRS) disposent désormais d’un spécimen plus facile à manipuler que le fossile d’origine.
Les collections de fossiles des musées vont de plus en plus se transformer en objets virtuels, notamment grâce à la tomographie assistée par ordinateur qui permet d’obtenir une image 3D des crânes, os ou dents. Le moulage est une étape supplémentaire qui ouvre en l’occurrence de nouvelles perspectives de recherches sur l’évolution du cerveau d’Homo sapiens. Ainsi que de nouveaux moyens d’exposer les collections au grand public dans les musées.
Source : NouvelObs.com du 09.03.2010
vendredi 22 mai 2009
Les hommes de Cro-Magnon mangeaient-ils les Néandertaliens ?
En réexaminant des restes humains dans une grotte connue en Charente, une équipe française pense avoir découvert un fragment de mandibule d'un jeune Néandertalien portant des traces d'instruments coupants. Hypothèse envisageable : les habitants de la grotte – nos ancêtres – auraient dévoré cet enfant. Les auteurs ne concluent pas et avancent deux autres explications. La découverte relance le débat sur la disparition de l'Homme de Néandertal mais ne la résout pas...
C'est une scène de crime qu'ont analysée une équipe française dans la grotte dite des Rois, près de Mouthiers-sur-Boëme, en Charente. Connu depuis longtemps, ce site a fourni des restes humains datant de 30.000 à 28.000 ans et des outils en os et en pierre attribués à la culture de l'aurignacien.
Fernando V. Ramirez Rozzi, du laboratoire de Dynamique de l’Evolution Humaine (CNRS, Paris), et ses collègues ont analysé des dents et des mandibules trouvées sur le site et dont on pensait qu'elles provenaient tous d'hommes anatomiquement modernes (AMH, Anatomically Modern Humans), autrement dit nos ancêtres directs.
Mais en regardant de plus près les restes d'une mandibule d'un individu jeune, les auteurs l'attribuent à un Homme de Néandertal. Et en l'observant plus attentivement encore, les paléontologues y découvrent des traces de coupures similaires à celles laissées par un instrument tranchant servant à découper la viande avant sa consommation.
Paradoxalement, la seconde observation est mieux confirmée que la première. En effet, les spécialistes de la préhistoire savent très bien lire les marques laissées par les outils de toutes sortes sur les objets, os ou pierre, et sont capables de conclusions d'une étonnante précision sur la manière dont le travail a été réalisé. En revanche, l'attribution à l'Homme de Néandertal de morceaux de mandibule (où manque le menton, différence caractéristique avec l'homme moderne) n'est pas certaine à 100%. Les auteurs sont d'ailleurs prudents mais manifestent tout de même leur préférence pour cette interprétation.
Non loin de là, une incisive portait une perforation et devait se porter en collier. Voilà donc le crime reconstitué. Des hommes de Cro-Magnon, c'est-à-dire nos ancêtres, ont attrapé un jeune Néandertalien et l'ont préparé pour leur dîner, avant de confectionner un joli collier avec ses dents.
Crime inter-espèces ou cannibalisme ?
L'époque, le début du Paléolithique supérieur, a vu en effet la cohabitation en Europe de deux espèces d'hominidés, Homo sapiens (nous) et Homo neanderthalensis durant des milliers d'années. Apparu il y a 250.000 ans, l'Homme de Néandertal a disparu il y a 28.000 ans pour une raison inconnue, dont on discute toujours. L'homme moderne fait figure d'accusé mais on ignore quelles relations entretenaient ces deux espèces humaines. Le scénario décrit par Fernando V. Ramirez Rozzi semble plaider pour des affrontements violents, qui pourraient avoir eu raison des Néandertaliens, aux armes peut-être moins efficaces.
Mais les auteurs évoquent deux autres hypothèses. La victime et ses bourreaux pourraient bien être des Homo sapiens dont les caractéristiques ne seraient pas tout à fait celles des AMH. Une population génétiquement isolée, mais sapiens et pas neanderthalensis, n'est en effet pas à exclure. Une autre possibilité est que les humains de la grotte appartenaient tous à une population d'individus aux caractéristiques intermédiaires entre hommes modernes et néandertaliens. Le métissage entre les deux espèces, en effet, a été maintes évoqué mais les preuves formelles manquent encore et beaucoup de paléontologues n'y croient pas.
Encore une fois, donc, une découverte sur l'Homme de Néandertal apporte davantage de questions que de réponses...
Source : Futura-Sciences du 22/05/2009
C'est une scène de crime qu'ont analysée une équipe française dans la grotte dite des Rois, près de Mouthiers-sur-Boëme, en Charente. Connu depuis longtemps, ce site a fourni des restes humains datant de 30.000 à 28.000 ans et des outils en os et en pierre attribués à la culture de l'aurignacien.
Fernando V. Ramirez Rozzi, du laboratoire de Dynamique de l’Evolution Humaine (CNRS, Paris), et ses collègues ont analysé des dents et des mandibules trouvées sur le site et dont on pensait qu'elles provenaient tous d'hommes anatomiquement modernes (AMH, Anatomically Modern Humans), autrement dit nos ancêtres directs.
Mais en regardant de plus près les restes d'une mandibule d'un individu jeune, les auteurs l'attribuent à un Homme de Néandertal. Et en l'observant plus attentivement encore, les paléontologues y découvrent des traces de coupures similaires à celles laissées par un instrument tranchant servant à découper la viande avant sa consommation.
Paradoxalement, la seconde observation est mieux confirmée que la première. En effet, les spécialistes de la préhistoire savent très bien lire les marques laissées par les outils de toutes sortes sur les objets, os ou pierre, et sont capables de conclusions d'une étonnante précision sur la manière dont le travail a été réalisé. En revanche, l'attribution à l'Homme de Néandertal de morceaux de mandibule (où manque le menton, différence caractéristique avec l'homme moderne) n'est pas certaine à 100%. Les auteurs sont d'ailleurs prudents mais manifestent tout de même leur préférence pour cette interprétation.
Non loin de là, une incisive portait une perforation et devait se porter en collier. Voilà donc le crime reconstitué. Des hommes de Cro-Magnon, c'est-à-dire nos ancêtres, ont attrapé un jeune Néandertalien et l'ont préparé pour leur dîner, avant de confectionner un joli collier avec ses dents.
Les morceaux de mandibules attribués à un enfant néandertalien. Le doute subsiste. Dans le cas contraire, l'affaire serait celle d'un acte de cannibalisme...
Crime inter-espèces ou cannibalisme ?
L'époque, le début du Paléolithique supérieur, a vu en effet la cohabitation en Europe de deux espèces d'hominidés, Homo sapiens (nous) et Homo neanderthalensis durant des milliers d'années. Apparu il y a 250.000 ans, l'Homme de Néandertal a disparu il y a 28.000 ans pour une raison inconnue, dont on discute toujours. L'homme moderne fait figure d'accusé mais on ignore quelles relations entretenaient ces deux espèces humaines. Le scénario décrit par Fernando V. Ramirez Rozzi semble plaider pour des affrontements violents, qui pourraient avoir eu raison des Néandertaliens, aux armes peut-être moins efficaces.
Mais les auteurs évoquent deux autres hypothèses. La victime et ses bourreaux pourraient bien être des Homo sapiens dont les caractéristiques ne seraient pas tout à fait celles des AMH. Une population génétiquement isolée, mais sapiens et pas neanderthalensis, n'est en effet pas à exclure. Une autre possibilité est que les humains de la grotte appartenaient tous à une population d'individus aux caractéristiques intermédiaires entre hommes modernes et néandertaliens. Le métissage entre les deux espèces, en effet, a été maintes évoqué mais les preuves formelles manquent encore et beaucoup de paléontologues n'y croient pas.
Encore une fois, donc, une découverte sur l'Homme de Néandertal apporte davantage de questions que de réponses...
Source : Futura-Sciences du 22/05/2009
Un enfant néandertalien, une des superbes « reconstructions » réalisées par Elizabeth Daynes, qui travaille avec des paléontologues
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