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jeudi 27 avril 2023

Paranthropus boisei, si proche et si différent

Pendant un million d’années, nos ancêtres africains ont côtoyé un être à la forme s’approchant de celle de l’humain, mais si particulière que les paléoanthropologues peinent encore à l’appréhender.

Aucune famille n’est à l’abri de se découvrir un parent inconnu. Peut-être était-il pirate ou chercheur d’or ? Si en tant qu’Homo sapiens, nous nous interrogeons à ce propos, force est de constater que nous possédons bien un parent inconnu, et un vrai original : Paranthropus boisei ! Ce « para-humain » fait partie de notre lignée, la « lignée humaine », dont les membres – les ardipithèques, australopithèques et humains divers désignés ensemble par le terme « hominines » – comprennent toutes les formes qui ont coexisté et se sont succédé jusqu’à nous depuis la séparation d’avec le chimpanzé, il y a quelque 8 millions d’années. Assez petit, P. boisei se tenait droit, avait un petit cerveau, d’énormes prémolaires et molaires. Les traces qu’il nous a laissées dans les archives fossiles remontent jusque vers 2,3 millions d’années et disparaissent vers 1,3 million d’années, peu avant qu’apparaissent de premiers indices de l’utilisation contrôlée du feu.

En Afrique, nombre de sites à vestiges de P. boisei ont aussi livré des signes de la présence d’autres hominines, notamment de premiers membres du genre Homo, ce qui implique que nos ancêtres ont probablement partagé leurs milieux de vie avec des paranthropes pendant plus de 1 million d’années. Cette longue coexistence constitue une chance scientifique de taille, puisque tout ce que l’on apprend sur le mode de vie paranthrope nous renseigne aussi sur les conditions de vie et les pressions sélectives qu’affrontaient nos ancêtres.

Les gorges d’Olduvaï, vrai casse-tête

Dans la plaine du Serengeti – 60 000 kilomètres carrés de savanes partagées entre Tanzanie et Kenya –, des rivières et des ruisseaux ont creusé un ravin abrupt long de 48 kilomètres : les gorges d’OlduvaÏ. C’est ce segment de la branche orientale de la vallée du Grand Rift africain qui nous a livré les premiers fossiles de P. boisei. Là, des strates géologiques mises au jour par le ravinement contiennent un riche trésor de fossiles et d’outils en pierre datant des deux derniers millions d’années. Dans les années 1930, Louis et Mary Leakey commencèrent à ramasser des centaines de ces outils lithiques dans les niveaux inférieurs des gorges. Mais au bout de vingt ans de récolte, le fameux couple de paléoanthropologues n’était toujours pas parvenu à identifier l’auteur des outils. En 1955, enfin, ils finirent par tomber sur une molaire et sur une canine supérieure hominines. Cependant, elles ne pouvaient guère avoir appartenu à un humain, car la couronne de la molaire était énorme par rapport à celle de la canine.

Parmi les caractéristiques les plus inhabituelles de P. Boisei figurent ses molaires et ses prémolaires : couvertes d’une couche d’émail exceptionnellement épaisse, elles sont aussi extraordinairement grandes. Ainsi les prémolaires et molaires de P. Boisei apparaissent quatre fois plus grandes (à droite ) que les mêmes dents chez un humain moderne (à gauche ).Les dents de devant des deux espèces sont, elles, comparables.

Le propriétaire de ces étranges dents est resté indéterminé jusqu’en 1959, lorsque, à flanc de colline, Mary Leakey mit la main sur les restes d’un crâne hominine. Une fois les morceaux minutieusement réassemblés, il apparut qu’il s’agissait du crâne d’un jeune adulte. De curieuses crêtes – dites « crêtes sagittales » – couraient au sommet du crâne, qui suggéraient presque certainement qu’il avait appartenu à un mâle. Les Leakey surnommèrent affectueusement ce fossile Dear Boy, mais il est connu aujourd’hui par son appellation de registre : Olduvaï Hominid n° 5, ou plus brièvement OH5. Dans la lettre qu’il envoya au journal Nature, Louis Leakey suggéra qu’OH5 était assez différent des hominines fossiles alors déjà découverts en Afrique du Sud pour mériter son propre genre et sa propre espèce. D’une part parce que Zinj est le nom swahili de l’Afrique de l’Est et d’autre part parce qu’il voulait remercier pour le financement de leur expédition Charles Boise, un riche homme d’affaires britannique, il proposa Zinjanthropus boisei.

OH5 possède une face plate et large comportant de grandes zones d’attache des muscles masticateurs : ses fameuses crêtes sagittales. Le volume de son cerveau – de quelque 500 centimètres cubes – est à peine plus grand que celui d’un gorille et correspond au tiers environ de celui d’un humain moderne. Le contraste existant entre les petites incisives, les canines situées à l’avant de la bouche et les prémolaires et molaires exceptionnellement grandes de l’arrière est frappant. Lorsque le paléoanthropologue sud-africain Phillip Tobias étudia le crâne, il compara les rangées de dents post-canines aux mâchoires d’un casse-noisette, ce qui amena des journalistes à surnommer OH5 Nutcracker Man, c’est-à-dire l’« humain casse-noisette ».

Toutefois, les recherches ultérieures suggérèrent que Z. boisei n’était probablement pas l’auteur des outils lithiques découverts en nombre dans les gorges d’Olduvaï, puisqu’en 1960 Homo habilis y fut aussi découvert. Cette forme à plus grand cerveau – le volume du cerveau habilis va de 500 à 900 centimètres cubes – faisait à l’époque un fabricant d’outil plus crédible (même si cet a priori a été récemment relativisé, au bénéfice du paranthrope… Ceci n’empêche pas qu’OH5 a joué un grand rôle pour deux raisons. La première est que ce fossile, en attirant l’attention du monde entier, a amené la National Geographic Society à financer les recherches des Leakey. La télévision n’était pas encore omniprésente dans les années 1950-1960, de sorte que pour de nombreux foyers anglophones, cette association constituait la principale source d’information sur le monde naturel. Ce fut bien ainsi que sa principale publication – le célèbre National Geographic – fit du nom Leakey un synonyme d’« étude des origines de l’humanité ».

La deuxième raison de la célébrité des hominines d’Olduvaï tient au fait qu’ils furent les premiers à être datés de façon fiable par les techniques paléomagnétique et radiochronométrique par le potassium-argon, deux méthodes que l’on commençait alors à utiliser. La première exploite le fait que les cendres volcaniques contiennent du potassium 40, un isotope radioactif se désintégrant en argon 40 à un rythme connu. Dès lors, les dosages du potassium et de l’argon dans un échantillon de cendres permettent de proposer un « âge radiologique ». Pour sa part, la datation paléomagnétique repose sur le fait que les inversions du champ magnétique terrestre – bien datées – sont enregistrées dans certaines strates sédimentaires, ce qui permet en interpolant les âges des couches intermédiaires de proposer un « âge paléomagnétique ». Ces nouvelles méthodes ouvraient la possibilité de situer les fossiles trouvés dans les gorges sur la longue séquence paléomagnétique établie à partir de carottes prélevées en profondeur dans la mer, et ainsi de leur attribuer un âge fiable. Dans le cas d’OH5, la mise en œuvre de ces techniques produisit un âge d’un peu moins de 2 millions d’années, proprement stupéfiant à l’époque.

Des indices en provenance d’Afrique de l’Est

En 1964, la découverte d’une grande mandibule à Peninj, sur la rive ouest du lac Natron, située au nord-est des gorges d’Olduvaï, apporta une nouvelle preuve de l’existence de P. boisei. Sur ce fossile remarquablement préservé se notait la même différence que sur OH5 entre de minuscules incisives et canines et d’énormes prémolaires et molaires. Depuis lors, des restes crâniens et mandibulaires, principalement des dents, ont été mis au jour sur des sites en Éthiopie et au Kenya. En 1964, lorsque Louis Leakey et plusieurs de ses collègues annoncèrent la découverte d’H. habilis, ils suggérèrent que même si Z. boisei était particulier, point n’était besoin de créer à partir de cette espèce un nouveau genre. C’est pourquoi on le désigne généralement désormais par le nom de Paranthropus boisei : une espèce faisant partie du genre Paranthropus, proche mais pas ancestral pour Homo, qui est un autre genre.

Le site à l’origine de la plus grande part des données fossiles sur P. boisei est Koobi Fora, situé sur la rive orientale du lac Turkana. En plus des fossiles des sites de la rive occidentale du lac, Koobi Fora a livré plusieurs crânes partiels ou complets et de nombreuses dents isolées et mandibules, entre lesquelles peu de variété est perceptible. Outre des crânes d’adultes similaires à OH5, plusieurs sont dénués de crête sagittale et dotés d’une face plus petite. On a d’abord cru à la présence d’une autre espèce, mais aujourd’hui la plupart des chercheurs s’accordent à penser qu’il s’agit simplement de crânes de paranthropes femelles.

Tous les fossiles de P. Boisei découverts jusqu’à présent proviennent d’une zone d’environ 1000 kilomètres carrés dans la partie orientale de l’Afrique. Le crâne OH5 fut le premier à être découvert dans les gorges d’Olduvaï, en Tanzanie, suivi par la mandibule de Peninj, située à une courte distance vers le nord-est. Des découvertes plus récentes, comprenant des fragments de crâne, de mandibules et de nombreuses dents, proviennent de Koobi Fora, au Kenya, ainsi que d’Olduvaï. Parmi elles, Nyayanga au Kenya, a fourni des dents de paranthropes sur un site de charognage, ce qui suggère qu’il y a 2,8 millions d’années, une forme de paranthrope ancestrale de P. Boisei a taillé des outils oldowayens pour mieux exploiter des carcasses animales.

Cette constatation suggère qu’au sein de P. boisei, de grandes différences de taille existaient entre les sexes. Un dimorphisme sexuel qu’on observe aussi chez les grands singes – par exemple chez les gorilles et les orangs-outans – notamment pour ce qui est de la taille et de la forme du crâne. Ces différences d’un sexe à l’autre sont à relier à la sélection sexuelle et à l’existence de systèmes de dominance sociale. On observe que chez les primates, une différence de tailles entre les canines des deux sexes correspond à la différence de corpulence. Plus massifs, les mâles montrent leurs grandes canines lorsqu’ils affrontent une menace ou sont en compétition pour l’accès aux femelles. Or, à cet égard, P. boisei se distingue radicalement : si, s’agissant du corps, le dimorphisme sexuel est extrême dans cette espèce, il est en revanche nul en ce qui concerne les canines. Dès lors, la façon dont la compétition entre mâles se traduisait chez ces primates est une énigme. On peut imaginer que le dimorphisme sexuel de P. boisei était prononcé pour les tissus mous : par exemple les mâles pourraient avoir eu un pelage comportant des taches de couleurs vives, comme c’est le cas chez les mandrills et les babouins actuels, ou se seraient distingués par des différences comportementales. Quoi qu’il en soit, rien de cela n’a été fossilisé.

L’espèce Paranthropus Boisei frappe de par son dimorphisme sexuel : tandis que les mâles ont une énorme articulation temporo-mandibulaire et une crête sur le sommet du crâne (dite « crête saggitale »), les femelles apparaissent beaucoup plus graciles et sont démunies de cette crête.

Des traits originaux

Ainsi, P. boisei se distingue des autres hominines fossiles non seulement par sa morphologie unique, mais aussi par l’assemblage de ses traits, dont chacun, pris individuellement, se retrouve au sein d’autres espèces. Il en a cependant aussi d’uniques, qui vont de la forme du crâne, en passant par ses minuscules incisives et canines, ses prémolaires et molaires massives, à une grande et large mandibule se logeant dans une cavité articulaire de grande taille, profonde et étroite. D’autres sont plus subtils, comme un émail dentaire exceptionnellement épais et des prémolaires inférieures ressemblant à des molaires. En outre, sur le côté de sa tête, les os sont articulés d’une curieuse façon : ils se chevauchent beaucoup plus que chez les humains modernes, les chimpanzés et les bonobos, ce qui confère à l’articulation de la mâchoire une bien plus grande solidité. Pour un hominine, la partie inférieure du crâne est aussi inhabituelle à cause d’un cerveau de taille modeste : le trou occipital par lequel passe la moelle épinière se trouve presque autant en avant que chez H. sapiens, ce qui suggère que P. boisei marchait debout sur ses membres postérieurs. Ces caractéristiques rendent son identification relativement facile, même lorsqu’on ne dispose que de fragments crâniens ou de morceaux d’émail dentaire. Au-delà de cette utilité taxonomique – à savoir l’identification de ces fossiles –, l’intérêt fonctionnel de bon nombre de ces traits dans le mode de vie de P. boisei n’est pas encore clair.

Les faces du chimpanzé et des paranthropes sont projetées vers l’avant, ce qui est le cas aussi chez les humains, sauf H. sapiens, dont la face est à la verticale de l’os frontal.

Ces traits distinctifs forment un ensemble qui a peu changé dans le cours de tout un million d’années. Quelle qu’ait été la niche écologique de P. boisei, sa réponse adaptative aux conditions de vie qui y régnaient fut durable ! Certains fossiles de paranthropes datant de plus de 2,3 millions d’années découverts en Éthiopie et à l’ouest du lac Turkana (s’étendant entre Kenya et Éthiopie) constituent une exception, raison pour laquelle certains chercheurs incluent ces spécimens anciens dans P. boisei, tandis que d’autres les attribuent à une espèce distincte, probablement son ancêtre.

Le nom de P. aethiopicus, espèce ancienne de paranthrope, fut attribué pour la première fois à une mandibule vieille de 2,6 millions d’années trouvée en Éthiopie. Lorsqu’un crâne vieux de 2,5 millions d’années, présentant des crêtes sagittales semblables à celles de P. boisei mais une face saillante, fut retrouvé sur la rive ouest du lac Turkana, il sembla naturel de se demander si ce spécimen devait aussi être attribué à P. aethiopicus. Aucune couronne dentaire n’était malheureusement conservée sur ces deux fossiles, mais l’espace occupé par les racines des dents post-canines suggère que les couronnes des prémolaires et des molaires de l’espèce devaient être de taille similaire à celles de P. boisei. Ainsi, l’ancêtre probable de ce dernier aurait eu une mâchoire plus saillante, de plus grandes incisives, une base crânienne plus simiesque et des couronnes et racines de prémolaires plus simples.

Mais l’énumération des traits distinctifs de P. boisei ne rend pas justice à l’originalité de sa morphologie. Il n’est pas seulement inhabituel par rapport aux humains modernes, mais ne ressemble à aucun des primates actuels. Un genre de lémurien récemment éteint, Hadropithecus et un genre de singe fossile de Chine Gigantopithecus partagent certaines de ses caractéristiques faciales et dentaires, mais pas toutes. Quant au rôle écologique de P. boisei dans les paysages pléistocènes d’Afrique de l’Est, une étude réalisée en 2020 par l’équipe de Larisa DeSantis, de l’université privée Vanderbildt, dans le Tennessee, suggère que le tapir – un ongulé lointainement apparenté au cheval, au zèbre et au rhinocéros – pourrait être son homologue vivant le plus proche, du moins pour ce qui est de l’alimentation.

Des têtes, des épaules, pas de genoux ni d’orteils

Un lecteur attentif pourra se demander pourquoi les discussions sur les données fossiles se concentrent tant sur le crâne, la mâchoire inférieure et les dents. Plusieurs raisons à cela : certaines parties du corps sont plus susceptibles d’être fossilisées que d’autres, car la décomposition en quelques mois des tissus mous tend à disperser les os non crâniens, plus fragiles que ceux du crâne fermement soudés très tôt dans la vie ; les dents, très solides, sont aussi si bien insérées dans les mâchoires, en particulier dans la mandibule, qu’elles tendent à rester en place longtemps après la mort. De fait, la mandibule et certaines parties du crâne contiennent beaucoup d’os cortical dense, qui résiste mieux que les os à structure plus fragile et spongieuse tels que les vertèbres, les os de la main ou ceux du pied. Les dents, pour leur part, sont constituées des deux sous-structures les plus dures du corps, l’émail et la dentine, toutes les deux facilement fossilisées puisqu’elles sont minéralisées à la base. Ainsi, à moins qu’un cadavre n’ait été enterré délibérément, les chercheurs ont bien plus de chances de retrouver des parties de la tête que du reste du squelette, phénomène qui concerne P. boisei aussi.

Il arrive cependant que des os longs fossilisés et d’autres parties du squelette non crânien soient parfois découverts, mais, même dans ces cas, il est rare qu’ils soient solidement associés à d’autres os des membres ou au reste de la tête. Coup de chance, deux squelettes de P. boisei ont été découverts récemment, l’un à Olduvaï et l’autre à Koobi Fora. OH80, celui d’Olduvaï, est le squelette partiel d’un adulte, comprenant des prémolaires typiques de P. boisei et des os longs des membres supérieurs et inférieurs relativement bien conservés. Le squelette trouvé à Koobi Fora comprend des fragments substantiels d’os de l’épaule, du bras et de la main, tous provenant du bras droit d’un adulte. Accompagnés de plusieurs autres os des membres de la même espèce, ces fossiles suggèrent que P. boisei avait des bras puissants. Si, comme le suggère la position de son trou occipital, ce paranthrope était presque certainement bipède, il devait aussi être resté capable de grimper. Toutefois, l’indicateur fiable de la capacité à grimper qu’est la longueur relative de ses bras par rapport à celle de ses jambes reste hors de notre portée.

Pas d’aboiement, mais des morsures

L’aspect le plus déconcertant de P. boisei est peut-être la taille exagérée de ses dents post-canines et leur émail d’une épaisseur considérable. D’autres hominines anciens, tels que P. robustus, à la morphologie crânienne similaire, sont aussi des mégadontes – ont de grosses dents –, mais on peut qualifier P. boisei d’hypermégadonte ; ses molaires sont en effet environ quatre fois plus grandes que celles d’un humain moderne de taille équivalente. Chez un humain moderne, la couronne de la première molaire est à peu près de la taille de l’ongle de son petit doigt, alors que chez P. boisei, elle a celle de l’ongle de notre pouce.

L’origine génétique de ce trait singulier n’est pas connue. Cependant, elle est probablement due à des changements développementaux impliquant, d’une part, des gènes homéotiques (homeobox, en anglais), impliqués dans la morphogenèse, c’est-à-dire dans la régulation des modèles de développement anatomique au cours du développement embryonnaire précoce, et, d’autre part, des gènes contrôlant l’activité des cellules améloblastes, celles qui produisent l’émail des dents. Même un changement mineur dans le contrôle de la production d’émail pourrait avoir un effet majeur. Une activité des améloblastes un peu plus importante chaque jour et prolongée se traduit par des couronnes dentaires plus larges et par un émail plus épais. Les anthropologues Ian Towle et Joel Irish, de l’université John-Moores, à Liverpool, ont suggéré que le ou les gènes impliqués pourraient aussi être à l’origine des petits trous à la surface de l’émail, nommés « trous d’hypoplasie », que l’on observe sur de nombreuses dents de P. boisei. Young-Jae Kim et ses collègues de l’université de Séoul ont établi un lien entre le trait phénotypique (c’est-à-dire apparent) que sont ces petits trous dans l’émail et la façon dont les améloblastes se collent les uns aux autres pendant sa formation ; le phénomène a en effet son équivalent actuel chez certains de nos contemporains présentant une mutation particulière dans le gène LAMB3.

Nous ignorons si ce sont là vraiment les mécanismes à l’origine des énormes dents masticatrices de P. boisei, mais quoi qu’il en soit, il est clair que ce trait devait conférer un avantage adaptatif à l’espèce ; le caractère, sinon, n’aurait pas persisté des milliers de générations durant. L’explication la plus plausible semble être qu’un mode de vie d’herbivore aurait produit les énormes molaires, la grande mandibule, les os de la joue évasés et les crêtes sagittales où s’attachaient les muscles masticateurs de P. boisei. Une surface et des volumes importants des dents permettent en effet à un herbivore de mâcher efficacement des aliments coriaces tout au long de sa vie.

En outre, les isotopes stables extraits de l’émail de P. boisei suggèrent qu’il avait un régime alimentaire dominé par des plantes en C4, telles les graminées ; sous les tropiques, la plus grande partie de cette nourriture n’a qu’une valeur nutritionnelle limitée. Même si les graminées ont vraisemblablement constitué la base de son régime alimentaire, sa morphologie dentaire devait lui rendre possible de consommer aussi des fruits à coques ainsi que des graines à coquille dure, soit en complément de son régime habituel, soit pour s’alimenter en attendant de retrouver sa nourriture végétale préférée.

L’épaisseur de l’émail aurait protégé les dents post-canines de l’effet abrasif des concrétions de silice contenues dans les tissus végétaux – ce que l’on nomme les « phytolithes » – et de celui d’éventuelles fines particules de pierre tout en aidant à répartir les grandes forces engendrées par le fait de mordre des objets durs. Ainsi, étonnamment, la morphologie spécialisée de P. boisei lui permettait sans doute d’être un généraliste alimentaire ! Pour autant, il semble à peu près certain que son régime ne comprenait guère de viande. En effet, pour pouvoir découper et mâcher la viande, il faut des canines et des prémolaires en forme de lames, et des molaires comportant des reliefs dentaires – des cuspides – acérés. Les dents de P. boisei n’ont ni l’une ni l’autre de ces caractéristiques. Autre possibilité : pratiquer la « mastication outillée », comme le suggèrent de récentes découvertes.

Pendant plus de 1 million d’années, les signaux alimentaires de P. boisei sont restés les mêmes. En outre, l’étude des isotopes stables réalisée récemment par une équipe emmenée par le géologue Jonathan Wynn, de l’université de Floride du Sud, suggère que le régime alimentaire de P. boisei a changé avant que sa morphologie ne se transforme. Ce serait donc une modification de son comportement qui aurait induit les mutations morphologiques qui le rendent si particulier, notamment ses dents. Ce déroulement – d’abord un changement comportemental, ensuite un changement biologique induit – n’a rien d’étonnant.

En revanche, les signaux alimentaires des espèces du genre Homo, qui faisaient à l’origine penser au régime chimpanzé, se mettent à évoluer à partir d’il y a 1,7 million d’années et reflètent un régime dominé par les aliments en C4. Les chercheurs pensent que ce changement marque le moment où ces espèces commencent à façonner et à employer des outils en pierre, un comportement nouveau qui leur rend possible d’exploiter des carcasses, de transformer et de consommer non seulement des végétaux, mais aussi de la viande. À partir de ce moment-là, au lieu de consommer directement des plantes en C4, Homo se nourrit de plus en plus d’animaux.

Si proche, si loin

Dans une version minimaliste de l’arbre de vie, le rameau représentant les hominines contiendrait toutes les espèces qui relient le plus ancien d’entre eux à l’homme moderne. À une période donnée de l’histoire évolutive humaine, il n’y aurait qu’un seul taxon (ou espèce) hominine. Toutefois, la découverte à partir de 1959 de P. boisei, puis de celle d’H. habilis dans les mêmes strates des gorges d’Olduvaï montrent que cette vision est fausse. P. boisei met non seulement en évidence la diversité taxonomique hominine, mais ce proche parent, qui n’est pas notre ancêtre, illustre aussi le fait qu’au sein de la lignée humaine, un certain buissonnement a produit de nombreuses variations à partir d’une forme de base ; le rameau hominine n’était pas spécialement prédestiné à produire les humains modernes !

Les hominines correspondent à l’ensemble des formes d’hominidés issues de notre ancêtre commun avec le chimpanzé. Depuis la divergence entre la lignée chimpanzée et la lignée humaine, il y a de 6 à 10 millions d’années, le rameau humain s’est développé en trois stades successifs : d’abord des ardipithèques (Ar.), suivis des australopithèques (Au.) graciles et robustes (paranthropes, P.), puis par les humains (H.).

Les divers environnements rencontrés par les hominines en Afrique ont produit une large gamme de réponses adaptatives ; à ce stade, celle de P. boisei est la plus exotique de celles qui sont connues. La paléoanthropologie n’est pas une science expérimentale, où l’on pourrait monter des expériences à l’aide d’organismes modèles. Nous sommes limités à observer les effets de la sélection naturelle sur les formes apparaissant au cours de l’histoire évolutive, lesquels ont conduit aux divers hominines, dont il ne reste que nous. La tâche des paléoanthropologues consiste à reconstruire au mieux à partir des données recueillies dans quelles conditions ces sortes d’expériences naturelles se sont déroulées.

Il est probable que P. boisei partage avec le genre Homo un ancêtre commun relativement récent (entre 3 millions et 2,5 millions d’années). Cependant, sa morphologie dentaire inhabituelle et son singulier dimorphisme sexuel font qu’il est difficile de reconstruire les conditions qui ont entraîné son émergence, puis son extinction. Quelles que soient ces conditions, elles ont donné naissance à un hominine, qui est resté relativement stable pendant plus de 1 million d’années. Pour bien comprendre l’évolution de notre lignée, résoudre l’énigme de P. boisei compte autant que de déterminer l’origine d’Homo : ce cousin proche peut en effet nous en apprendre beaucoup sur les conditions dans lesquelles nos ancêtres humains ont évolué et sur les contraintes qu’ils ont subies. En réduisant notre méconnaissance de P. boisei, nous diminueront celle que nous avons de notre propre origine.

Source : Pour la Science du 25/04/2023

mercredi 13 janvier 2021

Des outils de 2 millions d’années montrent que l’Homme s’adapte à son environnement

Pour les non-initiés, ce ne sont que des cailloux ébréchés. Pour Julio Mercader, de l’Université de Calgary, ce sont plutôt des messages vieux de deux millions d’années illustrant les balbutiements de la technologie humaine.

«Ce sont vraiment les débuts de la dépendance technologique», a déclaré M. Mercader, auteur principal d’un article publié jeudi dans la revue «Nature». «Les outils proviennent d’une phase précoce de cette période qui marque une nouvelle relation entre l’Homme et l’environnement.»

L’article présente le travail combiné de 29 scientifiques de trois continents, qui ont analysé quelques dizaines d’outils en pierre trouvés à Oldupai Gorge, un site africain considéré par beaucoup comme l’endroit où les humains sont apparus pour la première fois. Datant de deux millions d’années, les haches à main, les flocons de quartz et les noyaux de roche sont parmi les plus anciens outils jamais trouvés.

Ils sont si vieux qu’ils précèdent l’Homo sapiens : ils peuvent avoir été l’oeuvre d’Homo habilis, une espèce dont des restes ont été retrouvés à proximité.

Tous les artefacts de cette antiquité sont précieux. Julio Mercader explique que ce qui les rend particulièrement précieux, c’est que des chercheurs de plusieurs disciplines ont été en mesure de les placer dans un contexte environnemental qui montre à quel point les humains ont su s’adapter depuis le début.

Les outils couvrent une période d’environ 235 000 ans. «Cela semble peut-être beaucoup, mais dans l’évolution humaine, c’est peu», rappelle le chercheur. Au cours de cette ère, l’environnement du site a changé rapidement et souvent: forêt, bord de lac, prairie, pré. Or, ces vieux humains ont su s’adapter. «Peu importe le changement de l’environnement, au moment où il y a une perturbation, un changement radical dans l’écologie locale, les humains se déplacent tout de suite», a déclaré M. Mercader.

«Il y a eu une énorme éruption volcanique qui a vraiment recouvert le paysage d’une masse solide de roche en fusion. Quand cela se refroidit et que de nouvelles plantes et animaux apparaissent, les humains font de même.

«Ce que cela montre, c’est l’énorme polyvalence et la flexibilité du comportement, qui permettent aux premiers humains d’exploiter tout environnement qui se trouve à leur proximité. Cela a des racines profondes.»

«Comme un couteau suisse»

Les outils eux-mêmes sont fabriqués à partir de roches trouvées sur place ou tout près. Les «fabricants» semblent avoir transporté des noyaux de pierre particulièrement attrayants, qu’ils pourraient utiliser par la suite pour les tailler en cas de besoin.

Les outils n’ont pas beaucoup changé au fil du temps, rappelle M. Mercader. «La technologie reste suffisamment flexible et suffisamment générale pour que, quoi qu’il arrive, vous puissiez toujours exploiter l’environnement. C’est comme un couteau suisse.»

Ces découvertes sont le résultat d’années de travail dans la région. Les chercheurs, formés pour connaître la différence entre un outil et une roche naturellement ébréchée, parcourent d’abord le terrain à la recherche de fragments d’os fossiles exposés. De nombreux fossiles osseux suggèrent que d’autres artefacts peuvent être à proximité et une fouille est alors amorcée. «Si la fouille est intéressante, nous élargissons le champ.»

Selon M. Mercader, cette illustre à merveille comment des scientifiques de différentes disciplines peuvent collaborer pour faire la lumière sur un passé lointain. «En travaillant avec des géoscientifiques et des chimistes, des paléoécologistes et des paléogéographes, nous pouvons déduire beaucoup de choses à partir des outils en pierre et du contexte dans lequel ils se trouvent.»

Et il n’y a rien de tel que de tenir dans sa main une pierre que tenait jadis un ancien artisan, avoue le chercheur. «C’est l’excitation qui vous donne envie de devenir archéologue.»

Source : L'Actualité du 07/01/2021

dimanche 5 avril 2020

Il y a 2 millions d’années, en Afrique australe, Australopithecus, Paranthropus et… Homo erectus ?

Il y a près de 2 millions d'années, australopithèques, paranthropes et Homo erectus cohabitaient sur le site riche en fossiles de Drimolen, dans l’actuelle Afrique du Sud. C’est ce qui ressort de la nouvelle évaluation chronologique réalisée par une équipe internationale, qui a fait l’objet d’une publication hier dans la revue Science.

En soi, la cohabitation d’espèces différentes d’hominines ne constitue pas une nouveauté : elle est connue – et débattue – depuis plusieurs décennies. Ce qui est plus neuf, c’est l’important effort de datation déployé par l’équipe : les fossiles crâniaux d’Homo erectus et Paranthropus robustus dateraient de 2,04 à 1,95 millions d’années, un âge qui en fait les plus anciens spécimens de leurs espèces respectives. Et qui recule de 100 000 ans les premières apparitions dans le temps de ces deux espèces. Or si la présence d’erectus est admise en Afrique de l’Est à des dates aussi anciennes – mais sous l’appellation plus courante d’Homo ergaster – elle n’avait pas encore été documentée dans le sud du continent.

Une méthode de datation novatrice

C’est tout d’abord l’effort de datation que salue en premier lieu Florent Détroit, paléoanthropologue au Muséum National d’Histoire Naturelle. « Les sites karstiques [qui se développent dans les régions où prédominent les roches sédimentaires sensibles à la dissolution, comme les calcaires, ndlr]d’Afrique du Sud sont compliqués à dater : ce sont des cavités qui se remplissent de sédiments et d’ossements, lesquels peu à peu se dissolvent partiellement et disparaissent, avant d’être recouverts par de nouveaux sédiments, explique-t-il. On a donc des mélanges de plusieurs phases temporelles à l’intérieur d’une même couche géologique. Dans cette publication, pourtant, la provenance des restes fossiles est très bien documentée ».

Pour reconstituer une chronologie précise du site de Drimolen, l’équipe a combiné plusieurs méthodes de datation : résonance de spin électronique — qui mesure la dose de radiation reçue par un échantillon depuis sa formation ou son enfouissement —, paléomagnétisme et datation uranium-plomb — qui étudie les isotopes radioactifs enfermés dans l’échantillon étudié. Cette dernière méthode a permis de dater les « spéléothèmes » ou planchers stalagmitiques du site, c’est-à-dire les couches continues de calcite, et ainsi de distinguer des lignes successives de dates : un fossile donné peut ainsi être daté par les « tranches » supérieure et inférieure du « sandwich » dans lequel il se trouve inséré. « Cette méthode pourrait être appliquée dans d’autres sites d’Afrique australe », souligne Florent Détroit.

Quel Homo erectus ?

Ce qui semble plus sujet à discussion, c’est le rattachement d’un des deux crânes étudiés par l’équipe à Homo erectus, attribué à un enfant. « On connaît peu de caractères taxonomiques pertinents de crâne enfantin d’Homo ancien, puisqu’on ne dispose que d’un fossile de ce type, en Indonésie », signale le chercheur. Découvert sur l’île de Java, ce fossile, dit « de Mojokerto », est à ce jour le seul attribué à un erectus immature. La publication, de fait, justifie le rattachement du crâne à erectus plutôt par défaut. Dans un commentaire joint à l’étude, l’anthropologue Susan C. Antón, de l’université de New York, explique en effet que « la taille et la forme de la boîte crânienne excluent son affiliation aux deux espèces d’Homo vivant sur le continent à l’époque, rudolfensis et habilis ».

Cela justifie-t-il pour autant le classement de ce fossile parmi l’espèce erectus ? La difficulté d’une telle question n’est pas propre au site sud-africain de Drimolen, souligne Florent Détroit : « Nous disposons de peu de fossiles d’Homo anciens en Afrique australe et leur attribution est en général très discutée : erectus ? habilis ? ergaster ? rudolfensis ? naledi ? ou même une espèce encore inconnue ? »

Resterait donc à confirmer l’hypothèse de la présence, en Afrique australe, il y a deux millions d’années, d’Homo erectus. À cet égard, le titre de l’article sur le caractère « contemporain » des trois espèces pourrait donc être un peu trompeur. Il est d’ailleurs plus affirmatif que le contenu de la publication.

Sauf à donner d’erectus une définition très large. « Sur erectus, il y a deux écoles, explique Florent Détroit. Pour la première, erectus est l’ancêtre de l’Homme sur toute la planète et les variantes anciennes d’Homo — ergaster, georgicus, rudolfensis, antecessor — n’en sont que des variantes géographiques. L’auteur du commentaire, Susan C. Antón, s’y rattache clairement. La seconde école — à laquelle j’appartiens —, distingue plusieurs espèces selon leur provenance spatiale et privilégie une acception moins large d’Homo erectus ».

Une telle question, aujourd’hui ouverte, en évoque d’autres, du même ordre : également découvert en Afrique du Sud, sediba relève-t-il du genre Homo ou australopithecus ? Comment trancher ? Plus largement, comment définir le genre Homo, reconnaître ses premiers représentants et le distinguer des genres proches ? Cette nouvelle étude enrichit un débat passionné et loin d’être clos.

Source : Le Blob du 03/04/2020

samedi 15 février 2020

Homo erectus

Homo erectus est une espèce éteinte du genre Homo, qui aurait vécu en Asie entre environ 1 million d'années et 140 000 ans, et probablement 110 000 ans avant le présent. Avant les années 2000, le taxon incluait également des fossiles africains, aujourd’hui attribués par la majorité des chercheurs à Homo ergaster, bien que d'autres préfèrent rester fidèles à l'ancienne appellation.

Homo erectus signifie littéralement « homme dressé, droit » en latin : ce nom binominal d'espèce est un héritage historique lié à la description du fossile de Pithecanthropus erectus par Eugène Dubois en 1894. Il s'agissait alors de la plus ancienne forme bipède connue d'hominine, mais elle a été supplantée dès 1924 par la découverte du premier Australopithèque en Afrique du Sud.

Historique

Homo erectus est né du regroupement d'un certain nombre de variantes régionales qui avaient été considérées comme des espèces distinctes à l'origine, dont le Pithécanthrope (Java) et le Sinanthrope (Chine). Ces différentes formes ont été réattribuées au genre Homo et regroupées sous la dénomination d'Homo erectus dans les années 1960.

Principaux fossiles attribués à l'espèce

Depuis les années 2000, la majorité des paléoanthropologues considèrent qu'il faut limiter l'aire de répartition géographique de l'espèce Homo erectus à l'Asie, là où ont été mis au jour les spécimens-types. En effet, le tout premier fossile de cette espèce a été découvert sur le site de Trinil (ile de Java, Indonésie) en 1891 par Eugène Dubois.

À ce jour, seules l'Indonésie et la Chine ont livré des fossiles attribués consensuellement à Homo erectus.

Caractéristiques physiques

Homo erectus est une espèce plus robuste qu'Homo sapiens. Son squelette post-crânien est constitué d'os plus volumineux et les os de son crâne sont plus épais.

Les principales caractéristiques physiques d'Homo erectus sont une mâchoire puissante, un prognathisme marqué, un front assez bas, un menton absent, un chignon occipital, un bourrelet supra-orbitaire sous forme de torus continu, une constriction post-orbitaire fréquente en vue supérieure, une carène sagittale plus ou moins marquée et un crâne en forme de tente en vue postérieure (non-développement des bosses pariétales).

Il mesurait entre 1,50 et 1,65 m, pesait entre 45 et 55 kg et avait une capacité crânienne de 900 à 1 200 cm3.

Sa fiche sur Wikipedia

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Zone géographique : Afrique, puis Asie

Période : De 1,85 million d'années à 108.000 ans.

Caractéristiques : L'espèce, d'une longévité exceptionnelle, est la première qui connaît une expansion transcontinentale. Le plus vieux fossile d'Homo erectus est daté de 1,7 million d'années, et des traces de sa présence en Afrique sont vieilles de 1,85 million d'années. Depuis les années 2000, les fossiles africains sont regroupés sous l'appellation d'Homo ergaster. Le débat scientifique est d'ailleurs assez vif pour savoir comment lier ces deux groupes. Il était sans doute présent en Europe sous une forme légèrement différente, appelée Homo antecessor.

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Quand ?
C'est sous ce nom d'emprunt qu'Homo ergaster colonise le continent eurasiatique entre - 2 et - 0,14 million d'années.

Spécificité ?
Ce petit costaud aux os épais invente le biface (pierre subtilement taillée) et vit en campement.

Régime ?
Surtout végétarien, il se régale aussi de charognes et du produit de sa chasse.

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Age : de 1,9 à 0.1 millions d'années
Taille : 1,50 à 1,65 m
Poids : 45 à 55 kg
Localisation : Asie, Afrique, Europe
Habitat : Savanes, forêts
Feux : maîtrisés
Outils : fabriqués

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mercredi 12 février 2020

En matière d’outils, nos ancêtres savaient ce qu’ils faisaient

Des chercheurs ont récemment testé les outils en pierre fabriqués par nos lointains ancêtres avec des techniques d’ingénierie modernes. Et, semble-t-il, ils savaient ce qu’ils faisaient.

Grâce aux registres fossiles, nous savons que les homonidés fabriquent et utilisent des outils en pierre depuis environ 2,6 millions d’années. Parmi ces premiers “ingénieurs” figurait Homo habilis, une espèce qui aurait vécu en Afrique de l’Est il y a entre 2,3 et 1,5 millions d’années environ.

Homo Habilis ne pourrait pas se confondre avec un humain de nos jours. Il se déplaçait debout, certes, mais il était très petit (les mâles ne dépassaient pas les 1,4 mètre de haut, et les femelles étaient beaucoup plus petites encore) avec de longs bras lui permettant de grimper aux arbres. Et côté visage, on se rapprochait quand même davantage du singe que de l’Homme.

Il n’empêche, il y a plusieurs décennies, des outils en pierre vieux de 1,8 millions d’années fabriqués de ses propres mains ont été retrouvés dans les gorges d’Olduvai, dans le nord de la Tanzanie. Ce qui suggère que, sous ses airs de primate, Homo Habilis avait quand même quelques compétences.

Les anthropologues travaillant sur le site d’Olduvai ont remarqué que ces hominidés avaient préféré certains types de pierres pour la confection de leurs outils. Le quartzite et le chert, par exemple, étaient le plus souvent utilisés pour les petits outils très tranchants. Et à l’inverse, le basalte semblait avoir été façonné pour fabriquer des pièces plus lourdes.

Mais la fabrication de ces outils a-t-elle pour autant été réfléchie ? Pourquoi avoir choisi telle ou telle roche ? Et pourquoi tel ou tel morceau en particulier ?

Homo Habilis savait ce qu’il faisait

Pour tenter de le comprendre, l’anthropologue Alastair Key et son équipe de l’Université du Kent (Royaume-Uni) ont fait passer à ces outils une batterie de tests pour évaluer leur pouvoir de coupe et leur résistance dans le temps. Au cours de l’une de ces expériences, une machine devait par exemple tester chaque outil tranchant sur un tuyau en PVC de 2 mm d’épaisseur, et enregistrer la force nécessaire à appliquer pour couper le tuyau.

Au terme de ces tests, il est ressorti que le quartzite était la pierre la plus tranchante, juste devant le chert. En revanche, les bords de ces deux pierres se désagrégeaient très rapidement. Autrement dit, leur pouvoir de coupe était très bon, mais pour quelques utilisations seulement. Ensuite, elles étaient bonnes à jeter.

À l’inverse, le pouvoir de coupe du basalte n’était pas très bon. Grossièrement, pour couper la même chose, nos ancêtres devaient dépenser deux fois plus d’énergie que s’ils utilisaient du chert ou du quartzite. En revanche, cette pierre était plus robuste, ce qui veut dire qu’elle durait davantage dans le temps.

Pour les chercheurs, le fait qu’Homo Habilis se soit appuyé sur le basalte pour la fabrication d’outils plus lourds n’est donc pas une coïncidence. Tout comme ce n’est pas une coïncidence si ces hominidés privilégiaient le chert ou le quartzite pour la fabrication d’outils efficaces mais jetables.

« Bien sûr, H. habilis n’a pas soigneusement mesuré la force nécessaire pour couper un membre d’une antilope fraîchement tuée, pour ensuite élaborer des plans pour tailler une lame plus efficace, explique Alastair Key. Mais il semble qu’ils aient tout de même remarqué quels matériaux fabriquaient des lames plus tranchantes et lesquels offraient un compromis entre la netteté et la durabilité, avant d’appliquer ces connaissances à la fabrication d’outils ».

Et pour une espèce aussi ancienne, ce n’est pas un mince exploit cognitif.

Source : Sciencepost du 10/02/2020

lundi 10 février 2020

Homo georgicus (Homme de Dmanissi)

Homo georgicus (« Homme de Géorgie » en latin), ou Homme de Dmanissi, est une espèce éteinte du genre Homo, décrite en 2002 à partir de fossiles découverts à Dmanissi, en Géorgie (Caucase). Ces fossiles sont datés de 1,8 million d'années et appartiennent donc aux premiers représentants du genre Homo attestés à ce jour hors d'Afrique. La position phylogénétique de ces fossiles fait encore l'objet de débats, leur grande diversité morphologique ayant suscité parmi les chercheurs une certaine perplexité sur la variabilité interne de cette nouvelle espèce et sur la validité des différents taxons humains actuellement admis.

Analyses

Les deux crânes découverts en 1999 furent initialement considérés comme proches d'Homo ergaster. Le crâne de 2001 était moins volumineux et présentait certains points communs avec Homo habilis. Toutefois les différents fossiles étaient trop proches pour relever d'espèces distinctes et ils furent tous rapportés à Homo georgicus, dont D2600 est le spécimen type.

Des chercheurs soutiennent l'appartenance des fossiles à Homo habilis. En effet, ils ont effectué la comparaison entre le crâne d'un juvénile presque adulte, D2700, découvert en 2001, et celui de KNM-ER 1813, un Homo habilis adulte découvert au Kenya. Les conclusions ont montré des ressemblances au niveau de la face. Cependant, la face étant probablement la dernière partie qui se met en place chez un individu, cette hypothèse est contestée. Ainsi, pour Fred Spoor, ces fossiles sont simplement des Homo erectus car le neurocrâne de D2700 ressemble fortement à celui d'Homo erectus malgré une taille plus petite.

L'un des découvreurs, David Lordkipanidze, ne tranchait pas, en 2008, entre les différentes attributions possibles, considérant d'une part qu'il y a des ressemblances marquées avec les Homo ergaster / erectus et les Homo habilis, mais d'autre part que les fossiles montrent aussi des mélanges de traits qui leur sont propres.

Pour l'équipe de chercheurs de 2013, l'échantillon de Dmanissi fournit une preuve directe de la grande variabilité morphologique existant à l'intérieur des premières populations d’Homo, aussi bien qu'entre elles. De la comparaison des crânes de Dmanissi et des fossiles de la même période découverts en Afrique et en Asie, ils tirent la conclusion que plusieurs appellations taxonomiques existantes au sein du genre Homo seraient à regrouper.

Bernard Wood, s'il pense probable l'appartenance des différents crânes de Dmanissi à une même espèce, se déclare sceptique devant l'extrapolation de ce résultat à l'ensemble des populations d’Homo de la période : il souligne que les classifications établies ne reposent pas seulement sur la morphologie crânienne et que d'autres critères (par exemple, la longueur des bras) justifient les distinctions taxonomiques actuelles. De même, Fred Spoor considère que l'usage fait de l'analyse morphologique est inadéquat pour la distinction des différentes espèces.

Sa fiche sur Wikipedia

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Qui ?
Espèce créée spécifiquement pour des fossiles découverts dans la grotte de Dmanissi (Caucase), faute de pouvoir les rattacher avec certitude aux Homo ergaster ou habilis.

Quand ?
Il y a 1,8 million d'années.

Taille ?
1,50 mètre avec un cerveau de 750 cm3.

vendredi 7 février 2020

Homo habilis

Homo habilis (littéralement « homme habile ») est une espèce éteinte du genre Homo qui, d'après les fossiles trouvés à ce jour, aurait vécu en Afrique de l'Est il y a entre 2,3 et 1,5 millions d’années environ.

Cette espèce a été décrite en 1964 par Louis Leakey, Phillip Tobias et John Napier, à la suite de la découverte en 1960 des premiers fossiles de l'espèce sur le site d'Olduvai en Tanzanie.

Compte tenu de sa longévité, Homo habilis a apparemment cohabité en Afrique aussi bien avec des espèces d'Australopithèques et de Paranthropes, plus primitives, qu'avec son probable descendant Homo ergaster, plus avancé.

Sites de découvertes

Des spécimens d'Homo habilis ont été découverts en Afrique orientale, notamment sur les sites d'Olduvai en Tanzanie à partir de 1960, de Koobi Fora à l'est du Lac Turkana au Kenya, à partir de 1972, de l'Omo et de la région d'Hadar en Éthiopie. Des restes d'Homo habilis auraient aussi été trouvés en Afrique du Sud, à Swartkrans, Sterkfontein et Drimolen, sites du « berceau de l'humanité ». Cependant, l'attribution de certains fossiles trouvés en Afrique du Sud est aujourd'hui sujette à débat entre Homo habilis et Homo gautengensis. Il est possible qu'Homo habilis soit en fait cantonné à l'Afrique orientale.

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Quand ?
Il arpente les savanes arborées et humides d'Afrique orientale et australe ente - 2,4 et - 1,6 million d'années.

Taille ?
Petite taille de 1,30 mètre pour un cerveau de 600 cm3.

Spécificité ?
Son maniement de choppers (gros galets coupés en deux) pour racler la viande et casser des os lui vaut d'être le premier du genre Homo et être qualifié d'habile.

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Age : de 2.4 à 1.6 millions d'années
Taille : 1,15 à 1,30 m
Poids : 30 à 40 kg
Localisation : Afrique orientale et australe
Habitat : Savanes arborées et humides
Feux : ?
Outils : fabriqués

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lundi 19 juin 2017

Homo gautengensis

Homo gautengensis est une espèce éteinte du genre Homo, qui aurait vécu en Afrique australe entre 2 et 0,8 millions d'années avant le présent. Elle a été décrite par le paléoanthropologue Darren Curnoe en 2010, à partir de restes fossiles trouvés en Afrique du Sud, préalablement attribués aux espèces Homo habilis, Homo ergaster, et dans certaines études à Australopithecus africanus. La validité de l'espèce ne fait pas l'unanimité parmi les chercheurs.

Analyse

Le paléoanthropologue Ronald J. Clarke, découvreur du squelette fossile Little Foot dans la grotte de Sterkfontein, estime que certains fossiles attribués à Homo gautengensis pourraient en fait être des fossiles d'Australopithèques, peut-être d'Australopithecus africanus.

La découverte d'Homo naledi en 2013 (publiée en 2015 et datée en 2017) a confirmé qu'il pouvait exister des espèces humaines plus archaïques qu'Homo habilis à une époque plus tardive. Il reste encore un travail considérable de réinterprétation à faire sur des fossiles découverts depuis plusieurs décennies en Afrique du Sud et en Afrique de l'Est, à l'aide des méthodes d'analyse modernes aujourd'hui disponibles.

Source : Wikipedia

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Homo gautengensis (vécu il y a environ 2 millions à 820 000 ans) : Plus tôt cette année, Darren Curnoe de l'Université de New South Wales en Australie a annoncé la découverte possible d'une nouvelle espèce d'Homo trouvée en Chine. Ce n’était pas la première fois qu’il identifiait un nouveau type d’hominidé. En 2010, il a réanalysé des fossiles des grottes sud-africaines de Sterkfontein, Swartkrans et Drimolen et a décidé que certains des spécimens avaient des molaires de forme étrange par rapport aux hominidés sud-africains connus, tels que Australopithecus africanus. Il a regroupé les formes étranges dans leur propre espèce, Homo gautengensis, affirmant que c'était probablement le premier membre du genre Homo.

Source : Source

mardi 20 avril 2010

Australopithecus sediba

Australopithecus sediba est une espèce du genre Australopithecus proposée en 2010 par une équipe dirigée par Lee R. Berger à la suite de la découverte de deux nouveaux fossiles en Afrique du Sud. Lors du congrès international d'anthropologie qui s'est tenu en avril 2011 à Minneapolis, Lee R. Berger et ses collègues ont développé leur théorie : Australopithecus sediba, l'espèce définie à partir d'un fossile découvert dans une grotte de Malapa, pourrait représenter une forme intermédiaire entre les premiers australopithèques et le genre Homo.

Sa fiche sur Wikipedia

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Age : entre 1,95 et 1,78 millions d'années
Taille : 1.27 (femelle)
Poids : 33 kg (femelle)
Localisation : Afrique du sud
Habitat : Arboré
Feux : ?
Outils : ?

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autour de 1.8 MA.
Squelette partiel d'un individu immature (Malapa Hominin 1 ou MH1) ; au moins 4 individus ont été trouvés.
Afrique du Sud, grotte de Malapa.
sediba est contemporain des premiers Homo et même d'Homo ergaster/erectus. Comprend plusieurs spécimens exceptionnellement conservés.

jeudi 14 janvier 2010

Homo rudolfensis

Homo rudolfensis est le nom d'une espèce fossile d'hominidé bipède apparue il y a environ 2,4 millions d'années. Il doit son nom spécifique au lac Rudolf, ancien nom du lac Turkana. Il appartient à la lignée humaine et plus précisément au genre Homo auquel appartient également l'Homo sapiens. L’Homo rudolfensis est avec l’Homo habilis le premier représentant du genre Homo.

Source : Wikipedia

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Homme de plus grande taille (1.6 m)... Il vécu en Afrique de l'Est (aucun reste n'a pour l'instant été découvert en Afrique du sud) entre 2.4 et 1.8 Ma).

Source : Lexique du CNRS

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Age : 2,4 à 1,7 millions d'années
Taille : 1,40 m
Poids : 50 kg
Localisation : Afrique orientale dont Kenya
Habitat : Savane arborée et ouverte
Feux :
Outils : ?

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2,4-1,6 MA.
Un crâne (KNM-ER 1470).
Kenya et Malawi, Afrique de l’Est.
rudolfensis et habilis, premiers hommes ou australopithèques ? Étaient-ils les ancêtres des premiers homininés qui ont migré hors d’Afrique ?

Homo habilis

Homo habilis (littéralement « homme habile ») est une espèce éteinte du genre Homo qui, d'après les fossiles trouvés à ce jour, aurait vécu en Afrique de l'Est il y a entre 2,3 et 1,5 millions d’années environ.

Cette espèce a été décrite en 1964 par Louis Leakey, Phillip Tobias et John Napier, à la suite de la découverte en 1960 des premiers fossiles de l'espèce sur le site d'Olduvai en Tanzanie.

Compte tenu de sa longévité, Homo habilis a apparemment cohabité en Afrique aussi bien avec des espèces d'Australopithèques et de Paranthropes, plus primitives, qu'avec son probable descendant Homo ergaster, plus avancé.

Source : Wikipedia

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Homme de petite taille entre 1,15 et 1,30 m, doté d'un cerveau d'environ 600 à 700 cm3. Il est omnivore, bipède, il vécu en Afrique de l'Est et du Sud entre 2.35 Ma et 1.6 Ma avant notre ère.

Source : Lexique du CNRS

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Age : de 2.4 à 1.6 millions d'années
Taille : 1,15 à 1,30 m
Poids : 30 à 40 kg
Localisation : Afrique orientale et australe
Habitat : Savanes arborées et humides
Feux : ?
Outils : fabriqués


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2,4-1,4 MA.
Fragments crâniens (OH 7) ; mandibule (OH 4).
Tanzanie, Éthiopie et Kenya, Afrique de l’Est, peut-être aussi Afrique du Sud.
habilis a longtemps été supposé être le premier fabricant d’outils, mais les australopithèques l’ont précédé dans cette activité.

Homo ergaster

Homo ergaster (« l'homme artisan ») est un représentant disparu du genre Homo. La plupart des fossiles aujourd'hui attribués à ce taxon étaient anciennement attribués à Homo erectus.

Phylogénie

Homo ergaster serait l’ancêtre d'Homo erectus en Asie. Il est probable qu’il soit aussi l’ancêtre d'Homo antecessor en Europe.

Le taxon étant considéré par certains chercheurs comme pertinent jusqu'à l'orée du Pléistocène moyen, Homo ergaster pourrait être l'ancêtre commun d'Homo rhodesiensis et d'Homo heidelbergensis.

Source : Wikipedia

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Peu de différences avec H. erectus, ancêtre direct de l'Homo sapiens ? Daté de 2 million d'années en Afrique, 1,8 en Asie. Décrit en 1975 (Koobi Fora, est du lac Turkana). Un H. erectus africain ? Découvert récemment (mai 2000) à Dmanisi en Géorgie (Caucase) dans un site daté de 1,7 million d'années.

Source : Lexique du CNRS

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Age : de 2 à 1 million d'années
Taille : 1,55 à 1,70 m
Poids : 50 à 65 kg
Localisation : Afrique (Kenya), Europe du sud
Habitat : Savane, plaines
Feux : maîtrisés
Outils : fabriqués

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1,9-1,5 MA.
Une mandibule (KNM-ER 992) ; un squelette d’enfant (KNMWT15000).
Kenya, Afrique de l’Est, peut être Géorgie.
ergaster est le premier homme à avoir un squelette postcrânien très similaire en forme et en taille à celui des hommes modernes. Peut-être le premier homininé sorti d’Afrique pour découvrir l’Eurasie.

Homo erectus

Homo erectus est une espèce éteinte du genre Homo, qui aurait vécu en Asie entre environ 1 million d'années et 140 000 ans, et probablement 110 000 ans avant le présent. Avant les années 2000, le taxon incluait également des fossiles africains, aujourd’hui attribués par la majorité des chercheurs à Homo ergaster, bien que d'autres préfèrent rester fidèles à l'ancienne appellation.

Homo erectus signifie littéralement « homme dressé, droit » en latin : ce nom binominal d'espèce est un héritage historique lié à la description du fossile de Pithecanthropus erectus par Eugène Dubois en 1894. Il s'agissait alors de la plus ancienne forme bipède connue d'hominine, mais elle a été supplantée dès 1924 par la découverte du premier Australopithèque en Afrique du Sud.

Principaux fossiles attribués à l'espèce

Depuis les années 2000, la majorité des paléoanthropologues considèrent qu'il faut limiter l'aire de répartition géographique de l'espèce Homo erectus à l'Asie, là où ont été mis au jour les spécimens-types. En effet, le tout premier fossile de cette espèce a été découvert sur le site de Trinil (ile de Java, Indonésie) en 1891 par Eugène Dubois.

À ce jour, seules l'Indonésie et la Chine ont livré des fossiles attribués consensuellement à Homo erectus.

Source : Wikipedia

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De taille proche de l'homme actuel, il a une capacité crânienne entre 775 et 1250 cm3 et une dentition puissante de morphologie humaine. Il vécu en Afrique orientale il y a 1,57 millions d'années avant notre ère.

Source : Lexique du CNRS

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Age : de 1,7 à 0.5 millions d'années
Taille : 1,50 à 1,65 m
Poids : 45 à 55 kg
Localisation : Asie, Afrique, Europe
Habitat : Savanes, forêts
Feux : maîtrisés
Outils : fabriqués


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1,8-0,03 MA.
Une calotte crânienne (Trinil 2) ; Sangiran 4 et 17, Mojokerto, Zhoukoudian, OH 9, Bouri, Tighennif.
Asie et Afrique, peut-être Géorgie.
Conquérant et maître de l’Asie, erectus aurait vécu à Java jusqu’à il y a moins de 50 000 ans.

Paranthropus robustus

Paranthropus robustus ou Australopithecus robustus est le nom d'un hominidé âgé de 2,2 à 1 million d'années.

Il a été découvert à Kromdraai en Afrique du Sud. D'autres sites paléontologiques d'Afrique du Sud, tels Swartkrans et Drimolen, ont livré des restes fossiles de cette espèce.

Genre

Bien que généralement classé dans le genre Australopithecus, certains spécialistes considèrent qu'il s'agit d'un genre à part, qu'ils nomment Paranthropus. Le débat dans la communauté scientifique n'est pas encore tranché. Ils sont les derniers descendants de leur lignée et s'éteignent vers -1 million d'années.

Source : Wikipedia

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Découvert en Afrique du Sud (Kromdraai) en 1938 ; 2 à 1 million d'années. Crane plus moderne que A. africanus. Très proche de A. boisei.

Source : Lexique du CNRS

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Age : de 2,2 à 1 millions d'années
Taille : 1,12 à 1,45 m
Poids : 25 à 45 kg
Localisation : Afrique du Sud
Habitat : Arboré
Feux : Non utilisé
Outils : Utilisés

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2,2-1,5 MA.
Un crâne et une partie de son squelette (TM 1517).
Plusieurs grottes d’Afrique du Sud.
Le plus robuste des homininés en raison de ses grosses mâchoires ; les mâles paranthropes avaient même une crête osseuse au-dessus du crâne.

mercredi 13 janvier 2010

Homo georgicus

Homo georgicus (« Homme de Géorgie » en latin), ou Homme de Dmanissi, est une espèce éteinte du genre Homo, décrite en 2002 à partir de fossiles découverts à Dmanissi, en Géorgie (Caucase). Ces fossiles sont datés de 1,8 million d'années et appartiennent donc aux premiers représentants du genre Homo attestés à ce jour hors d'Afrique. La position phylogénétique de ces fossiles fait encore l'objet de débats, leur grande diversité morphologique ayant suscité parmi les chercheurs une certaine perplexité sur la variabilité interne de cette nouvelle espèce et sur la validité des différents taxons humains actuellement admis.

Source : Wikipedia

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Age : 1,8 millions d'années
Taille : 1,45 à 1,55 m
Poids : 50 kg
Localisation : Eurasie
Habitat :
Feux :
Outils : fabriqués

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Homo georgicus (il y a 1,8 million d'années) : En 1991, des anthropologues ont trouvé la mâchoire d'un hominidé dans les montagnes du Caucase de Dmanisi, en Géorgie. Les chercheurs ont déterré d'autres fossiles d'hominidés ainsi que des outils en pierre tout au long des années 1990. Les fossiles ressemblaient à ceux de l'Homo erectus. Mais en 2000, ils ont trouvé une mâchoire inhabituelle ; sa taille et sa forme ne correspondaient pas tout à fait à H. erectus ou à tout autre hominidé connu qui vivait il y a environ 1,8 million d'années. L'équipe a donc donné à la mâchoire un nouveau nom, Homo georgicus. Depuis, d'autres os qui pourraient appartenir à H. georgicus ont été découverts. Les chercheurs pensent que deux types d'hominidés auraient pu vivre en Géorgie à cette époque : H. georgicus et H. erectus (ou quelque chose de étroitement lié à lui).

Source : Source

Paranthropus boisei

Paranthropus boisei est un hominidé fossile qui a vécu en Afrique orientale entre environ 2,4 et 1,2 million d'années avant notre ère, pendant le Pliocène et le Pléistocène inférieur. Il a d’abord été appelé Zinjanthropus boisei puis Australopithecus boisei. Aujourd'hui, il est souvent inclus dans le genre Paranthropus, dont il est le plus grand représentant. Toutefois, le débat concernant sa position phylogénétique n’est pas encore clos.

Découvertes
  • OH 5
Découvert par l'anthropologue Mary Leakey en juillet 1959 dans les Gorges d'Olduvai (Tanzanie), le crâne OH 5, surnommé « casse-noisette » (Nutcracker Man) est bien conservé et date de 1,75 million d'années ; il présente des traits différents de ceux des Australopithèques graciles. Mary et son époux Louis Leakey ont appelé le spécimen Zinjanthropus boisei ; boisei en hommage à Charles Boise, le mécène de cette équipe d'anthropologues ; zinj est un mot ancien pour désigner l'Afrique orientale et anthropos signifie homme en grec. Paranthropus boisei a acquis une grande importance quand Richard Leakey, le fils des deux anthropologues, a estimé que c’était la première espèce d’hominidés à avoir employé des outils en pierre.
  • KNM-ER 406
Un autre crâne, inventorié sous le numéro KNM-ER 406, a été mis au jour en 1969 par Richard Leakey et Mwongela Mutua à Koobi Fora, près du lac Turkana au Kenya. Ce crâne, attribué à un individu adulte, a une capacité endocranienne de 510 cm3 environ. Il est daté de 1,7 à 1,85 million d'années.

Source : Wikipedia

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Ethiopie, Tanzanie, Kénya De 2,3 à 1,2 million d'années Echantillon initial découvert en 1959 à Olduvai (OH5) caractérisé par de très grosses dents, hyper robuste peut-être intermédiaire entre A. africanus et A. robustus.

Source : Lexique du CNRS

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Age : de 2,4 à 1,2 millions d'années
Taille : 1,20 à 1,50 m
Poids : 30 à 55 kg
Localisation : Afrique Orientale
Habitat : Arboré
Feux : Maîtrisé
Outils : Fabriqués

Sa fiche sur Hominidés.com

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2,2-1,2 MA.
Un crâne (OH 5).
Tanzanie, Éthiopie et Kenya.
Le zinjanthrope (son premier nom) a été contemporain de plusieurs espèces du genre Homo en Afrique.

lundi 1 mai 2006

DNH 152

DNH 152 est le nom de catalogue, également connu sous le nom de Khethi, d'un crâne partiel fossile de Paranthropus robustus entre 1,95 et 2,04 millions d'années (dans le Gelasian, Pléistocène), trouvé en 2018 dans la carrière principale de Drimolen, Afrique du Sud, par l'équipe d'Andy Herries et décrit par lui-même et d'autres contributeurs en 2020.

Parallèlement à ce fossile, un autre crâne a été trouvé, DNH 134, de datation identique, mais dans ce cas un Homo erectus, qui a retardé l'existence de cette espèce d'environ 200 000 ans et démontré la coexistence spatiale et temporelle des deux espèces, en plus de l'australopithèque. Les Drimolen Paranthropus sont les robustus les plus modernes, et donc le dernier de leur lignée, trouvés à ce jour.

Source : Wikipedia (es)

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Khethi
2.04-1.95
Paranthropus robustus
2018
Drimolen Main Quarry, South Africa
Andy Herries' and Stephanie Baker's team (first part found by Khethi Nkosi. later parts by Amber Jaeger, Eunice Lalunio; reconstructed by Jesse Martin & Angeline Leece)

vendredi 1 juillet 2005

Dmanissi 5

Le crâne de Dmanissi 5, aussi appelé crâne 5 ou encore D4500, est un crâne d'Homo erectus ou d'Homo georgicus. Il est l'un des 5 crânes découverts à Dmanissi, Géorgie. Décrit dans une publication de 2013, il date de 1,8 million d'années. Il est donc le crâne le plus complet du genre Homo pour le Pléistocène et le plus vieux représentant du genre homo à avoir été découvert hors d'Afrique. À sa découverte, il s'est trouvé au cœur de plusieurs grands débats et controverses paléontologiques.

Source : sa fiche Wikipedia

lundi 1 novembre 2004

KNM-ER 60000

Il s'agit d'une mâchoire inférieure presque complète d'Homo rudolfensis avec un ensemble complet de dents. Ses petites dents de devant caractéristiques (incisives) et son profil plat à travers les incisives sont cohérents avec la forme du spécimen nouvellement publié KNM-ER 62000 et du crâne KNM-ER 1470.

Cette mandibule a été repérée en 2009 par Cyprian Nyete, qui escaladait une colline très escarpée, à la recherche de fossiles. Levant les yeux, il repéra un fragment de fossile près du sommet de la pente. Le reste de ce spécimen avait emporté un petit ravin et avait été recouvert de limon et de roches. Toutes les pièces manquantes ont été lentement récupérées en criblant toutes les roches et les sables de surface et en creusant des zones où il semblait possible qu'une plus grande partie du fossile puisse être enfouie sous la surface. Il y avait juste une mince chance, avec une mâchoire inférieure si complète préservée, le crâne de cet individu aurait pu être à proximité. Mais cela ne s'est pas produit.

Source : African fossils

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KNM-ER 60000, trouvé en 2009, est la mâchoire inférieure la plus complète de la première espèce du genre Homo découverte à ce jour.

Meave Leakey, dans sa publication de 2012, a montré une comparaison de KNM-ER 60000 en position occlusale avec KNM-ER 62000 et avec KNM-ER 1802, une autre mandibule de H.rudolfensis, et a pu montrer qu'elle s'adaptait mieux avec KNM-ER 60000 qu'avec le second.

Découverte et datation

Dans un rayon d'un peu plus de 10 km du site où KNM-ER 1470, l'holotype de H.Rudolfensis, a été trouvé, trois fossiles ont été trouvés: en 2007 une partie d'une mâchoire inférieure, KNM-ER 62003, avec un âge géologique estimé 1,90-1,95 millions d'années; en 2008, un crâne partiel, KNM-ER 62000, avec un âge géologique estimé de 1,91 à 1,95 million d'années, et; en 2009, une mâchoire connue sous le nom de KNM-ER 60000, avec un âge géologique estimé de 1,78 à 1,87 million d'années.

Source : Wikipedia (es)

mercredi 1 septembre 2004

MH2

Le paratype MH2 est un squelette partiel d'un individu adulte, découvert à moins de 50 cm de MH1. Le premier élément fossile de MH2 mis au jour est un humérus (UW 88-57), trouvé par Lee Berger le 4 septembre 2008. On a pu attribuer entre autres à MH2 une dent unique de la mâchoire supérieure, des fragments de la mâchoire inférieure et un bras droit en grande partie intact, y compris les os de l'épaule et les doigts presque entièrement conservés. Les os du bras de MH2 ont été découverts dans une disposition anatomiquement correcte, tandis que les os de MH1 étaient dispersés sur une surface d'environ deux mètres carrés. Comme semblent l'indiquer le pubis et d'autres fragments de l'os iliaque qui ont été conservés, MH2 était probablement de sexe féminin. La comparaison de la longueur des os qui ont été conservés pour les bras et pour les jambes, où les insertions musculaires sont encore nettement reconnaissables, montre clairement une proximité simiesque avec d'autres espèces d'australopithèques et les éloigne de l'espèce Homo. Le poids du corps correspondant aux durées de vie est estimé à environ 30 kg.

Source : Wikipedia

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Site : Malapa
Découverte : 2008-01-01
Par : Lee Berger
Age : Entre 1.95 et 1.78 million d'années
Espèce : Australopithecus sediba