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lundi 14 septembre 2020

Lascaux : « Décorer une grotte n’était pas anodin pour les hommes du paléolithique »

Ce samedi 12 septembre marque les 80 ans de la découverte de la grotte de Lascaux, en Dordogne. La France est riche de plus de 170 grottes ornées du Paléolithique. Décryptage de Patrick Paillet, spécialiste de l’art pariétal au Muséum national d’histoire naturelle.

La Croix : Avec plus de 170 grottes ornées, la France concourt avec l’Espagne en matière d’art pariétal. Pourquoi a-t-on autant de grottes ornées dans l’Hexagone ?

Patrick Paillet : Déjà pour des raisons géologiques. Cela semble évident, mais pour avoir des grottes ornées, il faut qu’il y ait eu des cavités durant la préhistoire ! Le sud-ouest de la France, les Pyrénées et le piémont cantabrique notamment, au nord de l’Espagne, sont riches en grottes qui devaient être plus visibles dans les paysages ouverts de l’époque.

L’autre raison tient à la recherche archéologique. C’est en France et en Espagne que se développe au XIXe siècle l’intérêt scientifique pour le monde souterrain, dont on pensait à l’époque qu’il servait de lieu d’habitation aux hommes préhistoriques. On sait aujourd’hui qu’en réalité Cro-Magnon n’a jamais vécu dans des grottes de façon pérenne, mais cela a favorisé les recherches et donc la découverte des grottes ornées.

Depuis une dizaine d’années, on effectue de nouveaux travaux en Europe centrale et orientale où l’on en découvre également. Au fur et à mesure des recherches, la carte de l’art pariétal s’élargit et se complète. Hors de l’Europe, il en existe également à Bornéo et en Australie, par exemple.

Dans d’autres régions, en Amérique et en Asie, les grottes ornées, quand elles existent, sont plus récentes : elles datent en général de la période Holocène, c’est-à-dire d’environ 10 000 ans à nos jours. Les grottes ornées françaises et espagnoles remontent pour la plupart au Pléistocène, la fin des temps paléolithiques.

Existe-il des différences notables entre les différentes grottes, ou bien sont-elles le fruit d’un même peuple à la même culture ?

P. P. : Toutes ces grottes, en France, en Espagne ou en Europe centrale, ont été ornées (peintes ou gravées) par des Homo sapiens, c’est-à-dire des hommes anatomiquement modernes et identiques du point de vue biologique. Mais les paysages, la faune et la flore n’étaient pas semblables en Cantabrie, en Dordogne ou dans l’Oural par exemple. L’art pariétal reflète ces particularités et les figures représentées ne sont pas les mêmes partout.

L’environnement a pu également influencer les techniques et les styles : tous n’avaient pas les mêmes outils ni les mêmes pigments à disposition. Enfin, on note des évolutions en fonction des époques et des lieux, avec une période de plus ou moins 20 000 ans et des territoires aussi immenses que l’Eurasie.

Aller décorer une grotte n’était pas un geste anodin pour les hommes du paléolithique. D’ailleurs, pour donner un exemple, sur les milliers de cavités recensées en Dordogne, seule une soixantaine est ornée ; elles ont été choisies sciemment. La dimension culturelle et symbolique de ces peintures et de ces gravures pariétales est prégnante.

La France est-elle en pointe sur la conservation de ces grottes ?

P. P. : Nous pourrions faire mieux ! Depuis les problèmes qu’a connus Lascaux à partir des années 1960, une prise de conscience a permis de revoir la conservation de ces lieux exceptionnels. Pour faire des relevés des dessins par exemple, il n’est plus question de coller directement les calques aux parois.

Dans l’ensemble, nous ne sommes ni meilleurs ni plus mauvais que les Espagnols. Mais chez eux, la très grande majorité des grottes sont gérées par les communautés autonomes ou par l’État. En France, de nombreuses grottes appartiennent à des privés et il peut parfois arriver que la conservation échappe à tout contrôle scientifique.

Source : La Croix du 12/09/2020

jeudi 24 avril 2014

Avec Lascaux 4, Montignac se pose en capitale de la préhistoire

La ministre de la Culture Aurélie Filipetti inaugure jeudi en Dordogne le chantier de "Lascaux 4", vaste complexe combinant une réplique de la célèbre grotte et un centre voué à l'art préhistorique, un projet "prioritaire" pour l'Etat un temps menacé par des coupes budgétaires.

Lascaux 4, qui doit ouvrir au printemps 2016, combinera un fac-similé intégral de la grotte découverte en 1940, visitable en condition via un système de torche interactive, des cinémas 3D, un centre d'expositions, de conférences sur la préhistoire, soit un complexe de 11.000 m2 visant à asseoir Montignac (la commune abritant Lascaux) comme une "capitale" de la préhistoire.

Le financement de Lascaux 4 n'a pas été sans remous : l'Etat avait d'abord annoncé son désengagement, au nom de coupes bugétaires décidées en 2012 dans les projets de culture. Devant une levée de boucliers (Région Aquitaine et département de Dordogne contribuent chacune à hauteur de 16,6 millions d'euros, sur 57 M de budget), l'Etat avait finalement confirmé sa participation (4 M) à Lascaux 4, un projet culturel qualifié alors de "prioritaire".



L'Europe (12 M), le futur exploitant (2 M), et le mécénat via une souscription nationale (5,8 M) doivent boucler le financement. Le choix de l'architecte - le cabinet norvégien Snohetta, auteur du Pavillon du Musée 9/11 a New York - en 2012 donna lieu lui aussi à une brève polémique: Jean Nouvel, non retenu, s'en était pris au concept de "Lascaux-land" choisi, estimant qu'il ne fallait pas banaliser Lascaux par un programme "d'attractions didactiques pour grands et petits enfants".

La grotte originelle de Lascaux, joyau pariétal considéré comme la "Chapelle sixtine de la préhistoire", est depuis 1963 fermée au public, pour la préserver. C'est une réplique (d'environ 80% des fresques) à flanc de colline à quelques centaines de mètres, que 250.000 personnes par an visitent depuis 1983: Lascaux 2. Mais le flux de visiteurs et véhicules endommage la colline de Lascaux, d'où la nécessité de la "sanctuariser", en créant une nouvelle réplique, plus grande mais plus loin, à 1 km environ. Lascaux 4 escompte 400.000 visiteurs par an.

Par ailleurs Lascaux 3, exposition-réplique itinérante de la grotte, suit son tour du monde lancé fin 2012. Inaugurée à Bordeaux, elle a passé plusieurs mois à Chicago puis Houston, et vient de s'installer à Montréal jusqu'en septembre; Bruxelles, Philadelphie, Shanghai, Tokyo figurent parmi les options des années à venir.

Source : FranceTVInfo du 23/04/2014

lundi 6 janvier 2014

La commune de Montignac cherche une "autre" grotte ornée comme Lascaux

En Dordogne, des révélations sur une cavité qui aurait été obstruée dans les années 1960 par ses découvreurs ont lancé la quête d'une autre grotte abritant de l'art rupestre.



REVELATIONS. La commune de Montignac (Dordogne), abritant le joyau d'art rupestre de Lascaux, explore l'hypothèse, encore ténue, d'une autre grotte ornée, après des révélations sur une cavité qui aurait été obstruée dans les années 1960 par ses découvreurs, a indiqué le maire lundi.

"Nous n'avons aucune certitude, on est encore loin d'avoir les éléments nécessaires pour confirmer l'existence d'une autre grotte ornée", a déclaré à l'AFP le maire Laurent Mathieu, qui a toutefois précisé que des investigations ont été réalisées depuis les révélations, en août, d'une habitante.

Cette septuagénaire, sur l'insistance de ses enfants, est venue raconter au maire comment son époux et son beau-frère, aujourd'hui décédés, avaient découvert au début des années 1960 à Montignac un orifice donnant sur une cavité ou ils ont vu des fresques, et l'avaient rebouchée, "pour ne pas être embêtés", où se faire saisir le terrain, a expliqué le maire.

Un site qui pourrait-être à 4km de Lascaux

Initialement, M. Mathieu a indiqué n'avoir "pas du tout pris l'histoire au sérieux", mais des recoupements ont permis de disposer de suffisamment d'informations pour justifier des investigations plus poussées, et délimiter une zone "relativement précise", sur une propriété privée qui a depuis changé de mains.

Cette zone, précise-t-il, se situe de l'autre côté de la rivière Vézère, à environ 4 km à vol d'oiseau de la grotte originale, et de Lascaux II, sa réplique, qui accueille quelque 250.000 visiteurs par an.

Une "nouvelle" grotte serait "évidemment une bonne chose pour Montignac, si du moins l'existence d'une grotte ornée est confirmée", tempère le maire, qui évalue les chances de découvrir une nouvelle Lascaux, "de l'ordre de 3 sur 10".

Les espoirs, ou mythes, sur l'existence d'un "autre Lascaux" tue par ses découvreurs, sont un serpent de mer à Montignac, où il est généralement admis que des hommes ont pu peindre dans d'autres cavités que celle découverte en 1940 et considérée comme la "Chapelle sixtine" de la Préhistoire.

La mairie et la Direction régionale des Affaires culturelles doivent établir en 2014 "un protocole pour avancer dans les recherches", a ajouté le maire, qui ne souhaite ni "étouffer l'affaire", ni "un emballement médiatique".

D'ici là, un secteur de quelque 10 hectares va faire l'objet d'une discrète protection, avec l'aide de la gendarmerie, pour éviter que ne s'y aventurent des enthousiastes armés de pelles et pioches, avides de découvrir un "nouveau Lascaux".

Source : Sciences et Avenir du 31/12/2013

mercredi 1 janvier 2014

Montignac émet l'hypothèse d'une «autre» grotte ornée près de Lascaux

La commune de Dordogne envisage l'existence d'une autre cavité préhistorique qui aurait été obstruée par ses découvreurs dans les années 1960.

Ce n'est pour l'instant qu'une hypothèse. Il existerait une seconde grotte ornée (c'est-à-dire comportant des témoignages de l'art préhistorique) près de Lascaux. Selon le maire de la commune de Montignac en Dordogne, où se trouve «la chapelle Sixtine de la préhistoire», cette seconde cavité aurait été rebouchée par ceux qui l'ont découverte en 1962.

En août dernier, une septuagénaire, sur l'insistance de ses enfants, est venue raconter au maire comment son époux et son beau-frère, aujourd'hui décédés, avaient découvert un orifice donnant sur une cavité. Ils ont éclairé le trou de leur lampe torche et y ont vu des fresques. «Pour ne pas être embêtés», où se faire saisir le terrain, ils ont préféré reboucher la cavité a expliqué le maire. Cette découverte n'est jamais sorti de la famille en 51 ans.

«Nous n'avons aucune certitude, on est encore loin d'avoir les éléments nécessaires pour confirmer l'existence d'une autre grotte ornée», a déclaré prudemment le maire Laurent Mathieu, précisant que des investigations ont été réalisées depuis les révélations de l'habitante.

Située à 4 kilomètres de Lascaux

Au départ, l'élu n'avait «pas du tout pris l'histoire au sérieux», mais des recoupements ont permis de disposer de suffisamment d'informations pour justifier des investigations plus poussées. Une zone «relativement précise» a pu être délimitée sur la propriété privée qui a, depuis, changé de mains. Cette zone, précise-t-il, se situe de l'autre côté de la rivière Vézère, à environ 4 kilomètres à vol d'oiseau de la grotte originale et de Lascaux II, sa réplique.

Une «nouvelle» grotte serait «évidemment une bonne chose pour Montignac, si du moins son existence est confirmée», tempère le maire, qui évalue les chances de découvrir une nouvelle Lascaux, «de l'ordre de 3 sur 10». Lascaux II (reconstitution partielle de la cavité d'origine) attire 250.000 visiteurs par an et 400.000 touristes sont attendus pour Lascaux IV, la réplique intégrale de la grotte dont les travaux devraient bientôt commencer.

La mairie et la Direction régionale des Affaires culturelles doivent établir en 2014 «un protocole pour avancer dans les recherches», a ajouté le maire, qui ne souhaite ni «étouffer l'affaire» ni «un emballement médiatique». D'ici là, un secteur de 10 hectares environ va faire l'objet d'une discrète protection, avec l'aide de la gendarmerie, pour éviter que ne s'y aventurent des enthousiastes armés de pelles et pioches, avides de découvrir un «nouveau Lascaux».

Source : Le Figaro du 31/12/2013

vendredi 19 octobre 2012

Préhistoire : Chauvet concurrence Lascaux

Il y avait de la concurrence vendredi dans le petit monde de la préhistoire et dans celui, plus vaste, de l'équipement culturel et touristique. Le même jour, était inauguré à Bordeaux l'exposition itinérante Lascaux 3 (nos précédentes éditions) et en Ardèche, étaient symboliquement lancés les travaux de l'espace de restitution de la grotte Chauvet.

Chacun avait choisi son camp. À Bordeaux, aux côtés d'une très grosse délégation périgordine conduite par le président du Conseil général Bernard Cazeau et trois parlementaires, Alain Rousset, le président de Région et Michel Delpuech, le préfet, coupaient le ruban. Le préhistorien Yves Coppens apportait sa caution à cette opération.


À Vallon Pont d'Arc en Ardèche, la ministre de la Culture Aurélie Filippetti avait fait le déplacement. Aux côtés des élus de la région, avec les préhistoriens Jean Clottes et Jean-Michel Geneste, elle a appliqué sa main imprégnée d'ocre sur une reproduction de paroi.

La ministre à Chauvet

Difficile de croire à la pure coïncidence de l'organisation de ces deux événements le même jour. L'exposition Cap Sciences à Bordeaux était programmée de longue date, mais l'événement ardéchois tombait aussi pour le lancement de la fête de la science ce week-end. C'était en tout cas une bonne raison pour la ministre de la Culture de ne pas venir se confronter aux élus du sud-ouest, encore furieux de s'être faits supprimer la participation de plus de 16 millions d'euros promise par l'État pour la réalisation de Lascaux 4 à Montignac. Ils n'ont plus désormais qu'une vague promesse d'obtenir 4 millions à partir de 2014.

Dans les deux régions, le challenge est d'attirer de nouveaux visiteurs à partir de ces réalisations (voir détails ci-contre). On saura cette semaine quelle équipe est retenue pour Lascaux 4. Quant au projet ardéchois, il aura des retombées en Périgord : la société gestionnaire choisie est celle de Kléber Roussillon (Castelnaud, Marqueyssac). Le groupe Vinci, qui assure la construction, va y associer sa filiale patrimoine Socra, basée à Marsac. Et il y a de fortes chances que les ateliers de fac-similé de Montignac, dont le savoir-faire est unique, fabriquent en sous-traitance une partie des œuvres de Chauvet. Le monde de la préhistoire est petit.

Source : Sud-Ouest du 14/10/2012

mercredi 17 octobre 2012

Lascaux : exposition itinérante de la "Chapelle sixtine" de la Préhistoire

Autour des fresques peintes sur des coques de résine recouvertes d'une "voile de pierre", l'exposition qui attend 200 à 400 visiteurs/heure offre aussi une large part interactive, des expériences sensorielles, une vue des fresques en évolution, de leurs détails, et toute l'iconographie de Lascaux, des photos noir et blanc de 1940 aux maquettes et images 3D d'aujourd'hui.

Les auteurs anonymes des fresques de Lascaux auront, plus de 17.000 ans après, un public planétaire, avec "Lascaux 3", une exposition itinérante qui s'ouvre à Bordeaux (sud-ouest) samedi, avant un long périple aux Etats-Unis, au Canada, en Asie notamment.

Près de 800 m2 d'exposition, dont une immersion silencieuse, obscure, dans une "Nef" jamais reproduite, aux fresques inconnues du public depuis 50 ans: Lascaux 3, qui restera trois mois à Bordeaux avant de partir pour Chicago, est annoncée comme un "blockbuster" aux émotions garanties.

Pourquoi Lascaux 3 ? Car Lascaux 1, la grotte originelle découverte en 1940 par quatre adolescents et un chien près de Montignac (département de la Dordogne) a été fermée en 1963, pour la sauver, par le ministre de la Culture André Malraux. La respiration du million de visiteurs déjà passés par là altérait ses peintures.

Au compte-gouttes, à raison de quelque 800 heures humaines par an, seuls des chercheurs, conservateurs, techniciens, sont autorisés à y accéder.

Lascaux 2, réplique de près de 80% des fresques, était la seule alternative, recevant depuis 1983 environ 250.000 personnes par an, à quelques centaines de mètres du site originel.

Avec Lascaux 3, "la logique est d'aller beaucoup plus loin, au devant de ceux qui ne pourront pas venir en Dordogne, de ceux qui dans le monde souhaitent voir la richesse de cette grotte", explique à l'AFP Bernard Cazeau, président du département, moteur du projet.

Le clou de Lascaux 3 sont ses cinq fac-similés de fresques dans sa "Nef" aux parois reproduites grandeur nature, au millimètre près.

"C'est monumental. Avec des éclairages vibrants reproduisant les conditions des artistes de l'époque (lampe à huile, torche), on est face aux oeuvres, immergé...", explique son directeur Olivier Retout.

Plus piquant, l'expo présente aussi le seul "homme" de Lascaux: la silhouette rudimentaire d'un "Homme face à un bison fonçant", une scène narrative de chasse très distincte des taureaux et chevaux plus connus. Et qui, difficile d'accès au fond du "Puits" de la grotte, a été vue par peu d'humains.

Autour des fresques peintes sur des coques de résine recouvertes d'une "voile de pierre", l'exposition qui attend 200 à 400 visiteurs/heure offre aussi une large part interactive, des expériences sensorielles, une vue des fresques en évolution, de leurs détails, et toute l'iconographie de Lascaux, des photos noir et blanc de 1940 aux maquettes et images 3D d'aujourd'hui.

La sortie très médiatisée, et son prévisible succès populaire, interviennent à point nommé pour les défenseurs de la grotte et du projet "Lascaux 4": un "Centre international d'art pariétal" avec la grotte reproduite dans son intégralité, implantée à l'écart du site originel, que l'on veut préserver du flux des visiteurs de Lascaux 2, leurs voitures, leur pollution.

Il y a un mois, la ministre de la Culture Aurélie Filipetti annonçait le désengagement de l'Etat dans ce projet nécessitant 50 millions d'euros d'investissements. Une position sur laquelle la Dordogne et la Région Aquitaine, autres porteurs du projet, espèrent la faire "réfléchir".

Après Bordeaux jusqu'au 6 janvier, Lascaux 3, mastodonte remplissant dix containers, partira pour le Field Museum de Chicago, de mars à septembre 2013, puis Montréal d'avril à septembre 2014. Des discussions sont en cours avec San Francisco, Shangaï pour 2015, Singapour, Sydney.

"C'est le but du jeu: lui faire faire le tour du monde", explique Olivier Retout. "On va montrer une grotte hors de son site, dans des musées à l'autre bout du monde. Cela ne s'est jamais fait", assure-t-il.

Source : Le Point du 13/10/2012

vendredi 21 septembre 2012

Lascaux 4 : "C'est une question de préservation du patrimoine"

L'Etat se désengage du projet Lascaux 4, la nouvelle réplique complète de la grotte de Lascaux. La décision a choqué les acteurs du projet, à commencer par Bernard Cazeau, président du Conseil général de Dordogne, qui répond aux questions de Sciences et Avenir.

L’État renonce à participer au financement de Lascaux 4, autrement dit à la construction d’un fac-similé complet de la grotte de Lascaux, au sein du Centre international d’art pariétal de Montignac, en Dordogne, dont l’ouverture est prévue pour 2015.

"Un projet voulu par l'Etat"

Cette décision est motivée par les nécessaires restrictions budgétaires, a expliqué Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, dans une interview publiée par Le Monde (11 septembre 2012). Ces restrictions touchent en premier lieu les projets «annoncés avec légèreté et, pour l’essentiel, non budgétés par l’équipe Sarkozy» ajoute la ministre. Le projet de Lascaux 4 est considéré comme non-prioritaire. La part de l’État est d’environ 15 millions d’euros sur un budget total de 50 millions d’euros.

«C’est un dossier rayé d’un coup de crayon par l’Etat, sans véritable explication» s’insurge Bernard Cazeau, sénateur et président socialiste du Conseil général de la Dordogne - le maître d’œuvre du projet. «S’il y a un projet qui a été voulu, et même initié par l’Etat, c’est bien celui-là, poursuit l’élu. On nous a demandé de sanctuariser la colline de Lascaux, afin de protéger la grotte : c’est une question de préservation du patrimoine».

En effet l’entrée de Lascaux 2, la réplique ouverte au public en 1983, n’est qu’à 350 mètres de la grotte d’origine, sur la même colline, et le va-et-vient des véhicules, la fréquentation intense du site, qui accueille plus de 250.000 personnes par an, est une menace pour la structure fragile de la grotte. «L’objectif est d’éviter ce qui s’est passé à Altamira, en Espagne, explique encore Bernard Cazeau, où une fissure sur le plafond de la grotte a provoqué des infiltrations qui ont lessivé une partie des parois».

Chercher d'autres fonds

Pour «sanctuariser» Lascaux, la solution est de construire une autre réplique en bas de la colline. «On a acheté les terrains, un accord sur le dossier a été conclu en 2008, lorsque Christine Albanel était au ministère de la culture, tout le monde a beaucoup travaillé sur ce dossier» relate le président du Conseil général. Un concours international d’architecte a été lancé, mobilisant les plus grands cabinets comme celui de Jean Nouvel. Les quatre équipes sélectionnées en mai dernier doivent remettre leur projet le 14 septembre et le jury doit se prononcer fin septembre.

«Le projet se fera, avec ou sans l’Etat, martèle Bernard Cazeau. De grandes entreprises sont intéressées, nous trouverons d’autres fonds». Aux côtés d’Alain Rousset, président de la région Aquitaine, Bernard Cazeau a cependant demandé une audience au président de la République François Hollande sur ce dossier.

Nouvelles technologies

Aux enjeux de protection du patrimoine s’ajoute l’importance du projet Lascaux 4 en terme de tourisme pour la région. La grotte de Lascaux, découverte en septembre 1940, reçoit déjà 100.000 visiteurs en 1960. Cette concentration humaine, en plus des travaux d’aménagement, de l’installation d’une climatisation, bouleverse l’équilibre naturel de la grotte. Des algues vertes se développent sur les parois calcaires, puis un voile blanc de calcite, puis des moisissures et des taches noires. Malgré la fermeture de la grotte en 1963, Lascaux est un chef d’œuvre en péril (lire Lascaux, sauvée de justesse, Sciences et Avenir n°750, août 2009). La réplique ouverte en 1983, utilisant des pigments naturels, souffrent des mêmes problèmes de conservation.

Le projet Lascaux 4 prévoit lui une reconstitution avec des techniques toutes différentes. L’Atelier des fac-similés du Périgord a ainsi créé pour l’exposition itinérante Lascaux 3 (1) plusieurs panneaux en mortier acrylique, recouvert d’un voile de calcite, reproduisant l’exact relief de la grotte, grâce à des relevés lasers. La palette des couleurs a été reconstituée à partir des analyses des pigments. Les artistes peintres ont ensuite reproduit les fresques à l’identique, calant leurs traits dans les mêmes creux et bosses que les Magdaléniens, grâce à une projection du dessin sur le relief. Cette technique doit être utilisée pour reproduire l'intégralité de la grotte ornée de Lascaux, près de 20.000 ans après l'oeuvre originale des hommes de Cro-Magnon.

Source : Science et Avenir du 11/09/2012

mardi 15 novembre 2011

La grotte de Lascaux sera bientôt entièrement reconstituée

Un comité de pilotage regroupant État, région Aquitaine et département de la Dordogne a lancé Lascaux 4, le futur centre international d’art pariétal sur le site de la grotte de Lascaux.

Malgré la crise, ce grand projet de près de 50 millions d’euros a été maintenu.

Pour la première fois depuis la fermeture de la grotte originale de Lascaux en 1963, dégradée par l’afflux massif de touristes, le grand public va pouvoir découvrir ce trésor de l’humanité dans son ensemble.
À partir de l’été 2015, les visiteurs pourront descendre dans un fac-similé reproduisant avec fidélité la salle des Taureaux, le diverticule axial, le passage, l’abside et la nef dessinés il y a 17 000 ans.

La salle des Taureaux de Lascaux. à partir de l’été 2015, les visiteurs pourront découvrir les trésors de la grotte dans son ensemble, grâce à un fac-similé.

Jeudi dernier, le comité de pilotage de ce projet a été mis en place. « Lascaux 2 ne présentait que 50 % de la grotte », rappelle Jean-Michel Geneste, directeur du Centre national de la préhistoire. Par ailleurs, « nous ne pouvions pas continuer à recevoir 350 000 visiteurs à côté du site original. C’est irresponsable », ajoute-t-il.

lundi 10 octobre 2011

Dans un an, Lascaux 3

Excellente nouvelle : « Lascaux va bien », a lancé jeudi Yves Coppens devant le Comité de pilotage artistique et scientifique de Lascaux 3, qui siégeait pour la troisième fois. Un autre « préhistorien vedette » était le conservateur général du patrimoine Jean Clottes.

Cette réunion au Conseil général avait pour but de valider le programme préliminaire et l'avant-projet de scénographie de l'ambitieux projet de Lascaux 3.

Qu'est-ce à dire ? « Après Lascaux 2 avec la salle des Taureaux et le Diverticule axial, Lascaux 3 proposera la Nef de Lascaux, reproduite pour le grand public des plus gros musées du monde. Lascaux 4 enfin fournira une image de toute la grotte, à Montignac », a précisé d'entrée le président Bernard Cazeau.
Cinq fac-similés

Le directeur du projet, Olivier Retout, a indiqué pour sa part comment, conçue autour de cinq fac-similés grandeur nature, des parois ornées de la Nef (frises des Bisons et de Chevaux, Vache noire, Bisons adossés et frise des Cerfs) et du Puits, Lascaux 3 s'étendra sur 800 m². Elle sera exposée d'ici un an en première mondiale, pour trois mois, à Cap Sciences à Bordeaux. Cela faute de pouvoir l'être à Paris : le musée de l'Homme, à Chaillot, est loin d'être rénové et Saint-Germain-en-Laye est trop petit.

Il a évoqué ensuite les étapes suivantes dans le monde, avec transport en neuf conteneurs volumineux, servis par une équipe de spécialistes : Fields Museum de Chicago en mars 2013, puis musées de Montréal et Victoria (Canada), Sydney et peut-être Shanghai, puisque son guidage franco-anglais pourrait s'étendre au chinois. On parle aussi de la Corée du Sud.
Secret de fabrication

En présence de Muriel Mauriac conservatrice de la grotte, de Dany Barraud directeur régional de l'archéologie, de Jacques Buisson-Catil tout nouveau directeur du Pôle international de préhistoire, et de Jean-Michel Geneste directeur du Centre national de préhistoire, Bernard Cazeau a souligné la force du Périgord dans ce dossier.

« Nous sommes seuls, dit-il, à savoir faire ce genre de fac-similés, si différents de ce qui fut construit en ciment par le passé. Nous caressons même le projet de reproduire la grotte Cosquer, dans les Bouches-du-Rhône. Quant au montant, Lascaux 3 coûte 2, 8 millions d'euros et, bien entendu, nous le louerons… sauf à Bordeaux, puisque la Région Aquitaine a été avec la Dordogne, l'État et le Feder européen, un de ses principaux financeurs. »
Révolution mentale

Devant le parterre des élus et administratifs concernés, le mot de la fin est revenu à Yves Coppens, qui a affirmé la révolution mentale induite par ce Lascaux 3, faisant franchir les mers à l'œuvre de Cro-Magnon : « Les musées d'art se contentent d'accrocher des tableaux. Or, l'art préhistorique se trouve lié à la préhistoire en général, laquelle est rattachée aux sciences naturelles. On arrive ainsi à des cloisonnements d'esprit dommageables. »

Constat pourtant : « Entre le musée de l'Homme et celui du quai Branly, rien n'a été simple. En revanche, le Louvre a su enfin se créer une aile pour les arts premiers. Tout évolue… »

Source : Sud-Ouest du 08/10/2011

mercredi 15 décembre 2010

La grotte de Lascaux "se porte bien", assure Yves Coppens

Montignac, France - Le paléontologue et président du Conseil scientifique international du site, Yves Coppens, se montre rassurant quant à l'état de la grotte de Lascaux. Alors que des taches noires provoquées par des champignons semblaient menacer les fresques datant de 18.000 ans, elles seraient aujourd'hui en forte régression.

C'est à la suite de la réunion du Conseil scientifique international de la grotte que le paléontologue Yves Coppens a fait part de son optimisme quant à l'état de la célèbre grotte de Dordogne découverte il y a soixante-dix ans. "La grotte se porte bien", a-t-il assuré, indiquant que les taches noires apparues il y quelques années et menaçant les peintures rupestres "sont en régression".

Toutefois, ce phénomène de diminution est à ce jour inexpliqué. "Nous sommes dans une phase d'observation face à ces champignons qui sont une espèce nouvelle. Cela nous inquiète de les voir, mais la grotte va mieux et est en période d'accalmie", explique le paléoanthropologue. Les champignons blancs qui menaçaient au début des années 2000 les fresques datant de 18.000 ans, "ont quasiment disparu", tandis qu'un autre champignon à l'origine des taches noires est désormais connu et identifié, a de son côté souligné le microbiologiste Thierry Heulin.

Malgré tout, et bien qu'ils disposent de "quelques éléments pour agir sur eux", les membres du conseil estiment qu'il n'est pour l'instant pas nécessaire de se lancer dans un traitement des champignons, les peintures n'étant pas altérées. Les scientifiques estiment en effet devoir étudier le phénomène, et "à plus long terme, caractériser tout l'écosystème de la grotte", explique Thierry Heulin.

Alors que la grotte est fermée au public depuis 1963, Yves Coppens tient à préciser que des simulations sont en cours pour mettre en place un plan en cas de crise. Mais redoutant que ces affirmations ne suffisent pas à convaincre de la bonne santé de la grotte, le paléontologue propose qu'une poignée de journalistes puisse visiter régulièrement le lieu menacé par l'Unesco d'être inscrit sur la liste du patrimoine mondial en péril. Ces visites permettront "d'autres témoignages que les nôtres" sur la santé de Lascaux, souligne Yves Coppens.

Source : MaxiSciences du 11/12/2010

dimanche 12 septembre 2010

Lascaux, un patrimoine fragilisé

L'invention" de la grotte de Lascaux, mot savant pour la découverte des fresques pariétales de la Vézère, en Dordogne, a-t-elle signé son arrêt de mort ? A l'heure de la visite de Nicolas Sarkozy, dimanche 12 septembre, dans la caverne fermée au public, pour fêter les 70 ans de cette "invention", la question est brûlante. Pendant 17 000 ans, les oeuvres sont demeurées intactes dans leur coffre-fort de calcaire. En moins d'un siècle, par sa seule présence, l'homme moderne risque d'avoir tout gâché.

Voilà dix ans que la grotte souffre, malgré un mieux enregistré depuis le début de l'année. Après l'éradication, en 2004, de champignons blancs, elle est à nouveau contaminée par des champignons noirs menaçant ses peintures. Une floraison qui fait suite à d'importants travaux dans la grotte, mais dont on ne connaît ni la cause exacte ni les remèdes.

Une première crise, sévère, due à une prolifération d'algues vertes, avait conduit, en 1963, André Malraux à sa fermeture au public jusqu'en 1976. Sa santé rétablie, la cavité avait été entrouverte pour cinq visiteurs par jour et soumise à un sévère protocole.

samedi 11 septembre 2010

Deux heures entre Lascaux et Les Eyzies pour Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy sera au 70e anniversaire de la découverte de la grotte. Vingt ans après François Mitterrand.

François Mitterrand était venu en septembre 1990 célébrer le 50e anniversaire

Tout était prêt et quasi officiel depuis des jours. Restait à fixer la date et l'heure. Le président de la République viendra finalement dimanche en Dordogne. Le 12 septembre, soit 70 ans jour pour jour après la découverte de la grotte de Lascaux par quatre adolescents de Montignac. Il sera accompagné de Frédéric Mitterrand, le ministre de la Culture, qui a déjà visité le site en janvier dernier. L'épouse du président, Carla Bruni, n'est en revanche pas annoncée. Un déplacement qui s'annonce sous haute surveillance en cette rentrée troublée. Si le dispositif de sécurité n'est pas dévoilé, il est clair qu'il sera d'envergure.

vendredi 10 septembre 2010

70 ans après avoir découvert Lascaux, ils repartent sur leurs traces

Soixante-dix ans après avoir découvert Lascaux, touristes et Périgourdins sont invités à revivre l'événement aux côtés de deux des quatre inventeurs qui repartiront dimanche du village de Montignac jusqu'à la grotte, comme ils l'avaient fait le 12 septembre 1940.

"L'esprit de cette célébration sera plus festif que commémoratif et nous avons voulu que chacun puisse profiter au maximum de la présence des deux inventeurs", a expliqué Marie-France Gauthier, adjointe au maire de Montignac en charge de la Culture.

Au programme de la journée de dimanche, marquée par la venue du président de la République Nicolas Sarkozy et du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand: une marche d'environ deux kilomètres.

Cette balade commentée partira du village de Montignac où une plaque commémorative sera dévoilée sur chacune des maisons dans lesquelles vivaient à l'époque les quatre jeunes hommes qui s'étaient risqués, le 12 septembre 1940, dans un trou découvert au hasard d'une promenade par Marcel Ravidat.

jeudi 9 septembre 2010

Lascaux fête ses 70 ans... et quelques millénaires

Vieille de 17 000 ans, la "Chapelle Sixtine de la préhistoire" fait l'objet de toutes les attentions.

Jusqu’en septembre 1940, Lascaux n’était qu’un lieu-dit sur les hauteurs de Montignac en Dordogne. Le 12 septembre, cette année là, quatre adolescents découvrent une grotte,. Ils s’appellent Marcel Ravidat, Georges Agniel, Simon Coencas et Jacques Marsal, âgés de 13 à 18 ans.


Ils entreront dans l’histoire comme les inventeurs de la Grotte de Lascaux, ornée de centaines de dessins, qui s’avèreront dater de 17 000 ans. Auprès d’eux, l’abbé Henri Breuil et l’instituteur Léon Laval qui serviront la grotte, inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 1979.

Très vite, les visites sont organisées pour faire découvrir au grand public cette grotte ornée de taureaux, de chevaux, de vaches.

Attaquée par la « lèpre verte », la grotte de Lascaux est fermée en 1963 et étroitement surveillée depuis.

Pour témoigner malgré tout de ces richesses, des reconstitutions ont été entreprises, accessibles sur les sites de Lascaux II et du Thot. Plus saisissant encore, la visite virtuelle mise en images sur un site internet : www.lascaux.culture.fr/.

samedi 9 janvier 2010

Lascaux II


Le site de Lascaux II est à cette adresse :
http://www.semitour.com/pages.php?p=LascauxII
Vous pourrez trouver notamment une visite virtuelle de Lascaux II. Que l'on peut déplorer en trop petite définition et affichage.

samedi 1 août 2009

Lascaux sauvée de justesse

Menacée par l'Unesco d'être placée sur la liste du patrimoine en péril, la célèbre grotte ornée du Périgord vient d'échapper à la sanction. Pour autant, nul ne sait encore comment venir à bout des dégradations biologiques dont elle est victime depuis des décennies. Roman noir.

Que s'est-il réellement passé au cours du dernier demi-siècle pour que la grotte ornée de Lascaux, dans le Périgord noir, chef-d'oeuvre de l'art pariétal, ait été menacée d'inscription sur la liste des sites du Patrimoine mondial en péril ? Comment en est-on arrivé à ces lettres ouvertes adressées au ministère de la Culture, implorant : «Sauvez Lascaux» ?
Le jeune Marcel Ravidat, le découvreur du site, ainsi que ses compagnons Jacques Marsal, Simon Coencas et Georges Agnel, avaient-ils jamais imaginé que la grotte, explorée par hasard en septembre 1940, au moment où le pays s'enfonçait dans la nuit, serait un jour définitivement interdite d'accès pour cause d'implacables invasions fongiques ? Algues vertes, filaments blancs, champignons noirs, une véritable soupe chinoise ! Eux qui, jusqu'en 1942, gardaient jour et nuit l'entrée de ce précieux trésor. A l'époque, déjà, des centaines de visiteurs se pressaient pour admirer les 200 mètres de galeries couvertes de merveilleuses frises de taureaux, de chevaux, de bisons ou de félins. Des oeuvres réalisées par des hommes de Cro-Magnon. 18 000 ans plus tôt.
Ces chasseurs magdaléniens pénétraient dans la grotte, sur la rive gauche de la Vézère, par un large auvent. Loin du petit orifice de 30 centimètres de diamètre par lequel les adolescents s'étaient laissés glisser à l'automne 1940. Plusieurs fois effondré, enseveli sous des monceaux d'éboulis, le porche d'origine avait fini par disparaître en formant une sorte de bouchon de protection. «Pendant des milliers d'années, la cavité entièrement close n'avait été balayée que par de lents courants d'air C'est dès sa mise en contact avec l'air extérieur que l'équilibre s'est trouvé bouleversé», expliquent les préhistoriens Brigitte et Gilles Delluc, auteurs d'un dictionnaire très complet sur Lascaux.
En effet, dès l'hiver 1940, à peine la grotte classée au titre des monuments historiques, des premiers travaux sont engagés. «On élargit l'entrée, une tranchée est creusée pour détourner les eaux de pluie. La végétation alentour est détruite», racontent les deux chercheurs du département de Préhistoire du Muséum national d'histoire naturelle. Puis en 1947, pour que les touristes puissent admirer les peintures dans de meilleures conditions, un chantier est lancé par le propriétaire des lieux (il fera d'ailleurs don de la grotte à l'Etat en 1972). Une entrée imposante est creusée à quatre mètres de profondeur, une rampe d'accès installée. Puis c'est au tour de l'électricité. Une centaine de tonnes de sédiments rejetés ça et là sont laissées sur place, abandonnées dans les recoins de la grotte. Des dizaines de camions seront nécessaires pour les retirer douze ans plus tard !
Puis en 1958-59, est installé un système de climatisation pour régénérer l'air et pallier l'excès de gaz carbonique. «Pour ce faire, une autre partie du cône d'éboulis de l'entrée a été évacuée. Des galeries ont été défoncées à la pioche et au marteau pneumatique pour faire passer les conduits du système de ventilation», poursuivent les deux spécialistes. Ce système, prévu pour 400 visiteurs quotidiens, devra en supporter jusqu'à 2000, et jusqu'à 100 000 en 1960 ! «L'air délivré était si puissant qu'il soulevait les jupes des dames», raconte Gilles Delluc.
Mais devenu guide, le découvreur Marcel Ravidat constate que des algues vertes se sont développées à la surface de la roche calcaire, en particulier à proximité d'une peinture appelée la Licorne. L'apport d'air extérieur et un éclairage quasi constant ont permis a plusieurs espèces, dont des xanthophycées, de constituer des colonies verdâtres. «En une heure, chaque touriste apportait 40 g d'eau. En été, avec les pics de fréquentation, il n'est pas étonnant qu'il y ait eu des problèmes de condensation !», constate Brigitte Delluc. Mais ce n'est pas tout. L'élévation de la température, l'humidité et le CO2 dégagé par les visiteurs ont provoqué d'autres dommages comme la «maladie blanche», des voiles de calcite (du carbonate de calcium cristallisé) qui se déposeent sur les parois. Un mal qui altère la roche. Par crainte de voir les peintures millénaires disparaître, la grotte est définitivement fermée au public le 20 avril 1963, sur décision d'André Malraux, alors ministre de la Culture.
C'est ainsi que débutent d'incessantes campagnes de désinfection, sous la direction de Max Sarradet, conservateur du lieu de 1955 à 1981. Dès 1963-64, des mélanges d'eau formulée et d'antibiotiques à large spectre (pénicilline, streptomycine et) sont vaporisés. L'ancienne machine de réfrigération d'air datant de la fin des années 1950 est démontée pour rétablir l'équilibre d'origine de la cavité en favorisant des courants de convection. Afin de sécher l'air de la grotte et éviter que la condensation ne se dépose sur les parois, un point froid artificiel est créé dans la salle des machines. La température, l'hygrométrie et les niveaux de gaz carboniques, sont régulièrement contrôlés. Au prix de longues années de surveillance quotidienne, Lascaux semble retrouver l'équilibre. L'éradication de la maladie verte est même annoncée en 1970, neuf ans avant l'inscription de la grotte au patrimoine mondial par l'Unesco. Un facsimilé, Lascaux II, est ouvert pour satisfaire la curiosité du public sur la colline de Montignac, en juillet 1983. Cependant, à l'orée des années 2000, c'est à nouveau l'alerte ! Une virulente prolifération fongique et microbienne est signalée. L'installation d'une nouvelle climatisation en 2001 aurait-elle amplifié le phénomène ? L'ancien système d'assistance climatique ayant été jugé trop vieux, d'importants travaux ont en effet été entrepris pour son remplacement. Une machine à convection lente est commandée par le conservateur de l'époque, Jean-Michel Geneste, mais c'est une climatisation à convection forcée qui sera installée. Un système souvent incriminé comme étant à l'origine des problèmes. On constate que de nombreuses moisissures blanches dont le Fusarium solani, associé à la bactérie Pseudomonas fluorescens, ont envahi le sas d'entrée puis les galeries. Sollicité, le Laboratoire de recherche des monuments historiques révèle alors que ces filaments blancs résistent au formol. Entre juillet et décembre 2003, l'épandage de centaines de kilos de chaux vive sur les sols puis la pulvérisation d'un produit antibiotique sont effectués pour tenter d'enrayer leur progression. Mais les moisissures font de la résistance. Si les filaments blancs commencent à disparaître, un nouvel intrus leur succède. Cette fois, il s'agit de taches noires auréolées de gris. Non seulement ces champignons sécrètent de la mélanine, mais de petits arthropodes présents dans la microflore des sols et répondant au doux nom de collemboles participeraient aussi à la dissémination des spores, notamment celles d'Ulocladium, de Scolecobasidium ou de Verticillium !
Devant ce nouveau coup dur, un comité scientifique international est créé en 2002, sous la direction de Marc Gauthier, inspecteur général honoraire de l'Archéologie. Les microbiologistes de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) de Dijon font des analyses génétiques et découvrent que la grotte héberge aussi une bonne quarantaine d'autres espèces de champignons. L'équilibre perturbé du microclimat expliquerait ces proliférations. «La décision a alors été prise en 2004 d'arrêter les traitements chimiques», se souvient Brigitte Delluc. Sage décision, à en croire les conclusions d'un microbiologiste espagnol, Cesareo Saiz-Jimenez. Dans un article récent publié dans le magazine scientifique anglais New Scientist, le chercheur de l'Institut d'agrobiologie de Séville, membre du Comité scientifique international de la grotte de Lascaux, affirme en effet que les pulvérisations de chlorure de benzalkonium réalisées entre 2001 et 2004 pour éliminer les champignons auraient eu des conséquences désastreuses. Elles auraient en réalité permis aux bactéries de se propager et surtout de faire de la grotte un dangereux réservoir de pathogènes potentiels !
Etudier l'ensemble des phénomènes microbiologiques à l'oeuvre dans la cavité, comprendre les mécanismes des circuits d'infiltration d'eau, connaître son parcours dans le massif calcaire..., telle est la mission que vont dès lors s'assigner les spécialistes. Un plan global de conservation, faisant appel à l'imagerie 3D, est mis en place en collaboration avec EDF. Résultat : en 2005, les scientifiques comprennent enfin comment, et dans quelles proportions, le régime interne de la grotte a été irrémédiablement modifié depuis la découverte du site. La température à l'intérieur s'est notamment élevée de 2 °C depuis 1982. Mais pendant que le simulateur tourne et apporte ses premières informations, les critiques se font de plus en plus âpres. A tel point qu'en 2006, l'hebdomadaire américain Time publie une couverture alarmiste sur Lascaux. Une lettre ouverte est envoyée au ministère de la Culture par une association privée, l'International Commitee for Préservation of Lascaux (ICPL), demandant le placement de la grotte sur la liste des monuments en péril de l'Unesco (lire Sciences et Avenir n° 746, avril 2009).
Cette offensive a sans doute précipité l'organisation à Paris, en février dernier, d'un symposium ouvert aux scientifiques et journalistes. Une volonté de transparence que d'aucuns qualifieront de bien tardive... Quoi qu'il en soit, depuis le début de l'année, un traitement biocide a été mis en place dans la caverne à laquelle plus personne n'a accès, pas même les chercheurs. Parallèlement, des essais sont en cours pour conduire de nouveaux protocoles dans des cavités voisines. Des sortes de grottes cobayes, où l'on espère trouver une parade pour éradiquer les terribles aliens.
Pour répondre aux critiques, une équipe du Conseil international des monuments et des sites (Icomos) s'est rendue sur les lieux en mai pour un examen in situ de la grotte. Fin juin, lors de la réunion du Comité du patrimoine mondial de l'Unesco, à Séville, alors que tout le monde craignait le pire, l'affront redouté du placement du site français sur la liste des sites en péril a été évité de justesse, au grand dam de l'ICPL, présent sur place et qui compte bien ne pas en rester là.

Des taches rongent la salle des Taureaux

Aurochs, cervidés, chevaux..., la salle des Taureaux (en haut), située près de l'entrée actuelle de la grotte, offre l'une des plus belles frises peintes du site. Depuis le début des années 2000, elle subit de nouveaux périls dus à la rupture des équilibres bioclimatiques, comme les taches noires, mises en évidence sur ordinateur à proximité des peintures.

Cinquante années d'incessantes attaques fongiques et microbiennes

1960 : algues vertes. Une prolifération d'algues colorées provoquant l'apparition de taches verdâtres est constatée par Marcel Ravidat, un des découvreurs de la grotte devenu guide, à proximité de la peinture de la Licorne. Les parois seront traitées avec une solution à base de formol.

1962 : maladie blanche. La hausse de la fréquentation touristique se traduit par une élévation de l'humidité, de la température et de la teneur en CO2 à l'intérieur de la cavité, provoquant une accélération de la formation de calcite sur les peintures. Celles-ci se couvrent d'un voile blanchâtre comme ici le taureau n° 3 de la salle des Taureaux.

REPERES
Les monuments en péril de l'Unesco.

Cette liste, qui compte aujourd'hui trente noms, fonctionne comme une alerte pour la communauté internationale. Elle établit qu'un site inscrit au patrimoine mondial de l'humanité a subi de graves altérations. Ces biens menacés se trouvent généralement dans des zones de conflits armés ou de catastrophes naturelles, à l'exemple de la citadelle de Bam en Iran, détruite en 2004 par un tremblement de terre. Mais la vallée de l'Elbe, en Allemagne, ou le site paléochrétien d'Abou Mena, en Egypte, viennent de l'intégrer en raison de la pression urbaine s'exerçant alentour.+ http ://whc.unesco.org/ fr/158/

Pour en savoir plus

- Dictionnaire de Lascaux, Brigitte et Gilles Delluc, Editions Sud Ouest, 2008.
- Lascaux. Le geste, l'espace et le temps, Norbert Aujoulat, Seuil, 2006.
- www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/lascaux/fr/, toutes les informations sur la grotte de Lascaux et une visite virtuelle du site.

Un simulateur tente de cerner les causes

Comment fonctionne une grotte ? Son atmosphère ? Comment l'air et l'eau y circulent ? Pour comprendre ces phénomènes thermoaérauliques, le CNRS associé à EDF recherche et développement et à l'université Bordeaux-I ont réalisé en 2005 une modélisation 3D de Lascaux. Plus de 150 millions de mesures laser ont été effectuées. Cet outil a permis de mettre en évidence l'inversion des températures de la cavité depuis 1981 : celles des parties profondes sont devenues supérieures à celles mesurées dans les salles proches de l'entrée, comme la salle des Taureaux. Avant 1981, l'air humide était essentiellement réparti sur les voûtes, alors qu'aujourd'hui, il serait concentré au sol, quasi immobile. Les modifications du climat seraient-elles à l'origine de ces inversions de températures ? Lascaux victime collatérale du réchauffement climatique ? Toutes les solutions mises en place visent à restituer «un mouvement naturel de l'air». Un objectif dont les membres du Comité international pour la sauvegarde de Lascaux (ICPL) doutent fortement qu'il puisse être atteint. Selon eux, la complexité des écosystèmes d'une grotte ne peut être prise en compte en totalité par un simulateur, même le plus performant.

Quand lascaux sert d'exemple

Elles sont toutes deux extraordinaires, ornées de centaines de peintures préhistoriques qui seraient les plus anciennes du monde (-32 000 ans) pour l'une , et de gravures paléolithiques vieilles de plus de 22 000 ans, pour l'autre. De puis leurs découvertes, la grotte Chauvet , près de Vallon - Pont-d'Arc, en Ardèche (1994 ) et celle de Cussac, en Dordogne (2000), ont été déclarées définitivement inaccessibles au public.
Une décision prise pour éviter qu'elle ne subissent le sort peu enviable de Lascaux. Ces cavités sont venues rejoindre la liste qui ne cesse de s'allonger des sites que le public ne pourra admirer que virtuellement. Que ce soit sous la forme de reconstitution 3D, de musées ou de fac-similés, comme Lascaux II ouvert en 1983. Même chose pour Altamira, en Espagne. L'altération de son microclimat par des visites trop nombreuses avait mis en péril la conservation de ses peintures préhistoriques.
Elle est fermée au public depuis 1977, qui ne peut plus en visiter qu'un duplicata.

Source : Sciences et Avenir d'août 2009

mercredi 1 avril 2009

La grotte de Lascaux sous très haute surveillance

Si la France ne multiplie pas les actions de sauvegarde, l'Unesco pourrait déclarer les célèbres peintures préhistoriques «en péril».

Lascaux ne peut plus attendre !
L'Unesco somme la France de protéger avant l'été l'un des fleurons du patrimoine mondial que constituent les parois ornées de la grotte de Lascaux, en Dordogne, datées de -18 000 ans. «Il fallait absolument faire le point sur l'état de la grotte», justifie le préhistorien Jean Clottes, président du dernier symposium «Lascaux et la conservation en milieu souterrain», organisé en février à Paris.
Fermée au public depuis 1963 sur décision du ministre de la Culture André Malraux, suite à l'apparition d'algues vertes sur ses parois, la grotte n'est pas à l'abri pour autant. Depuis quelques années, diverses moisissures rongent ses peintures. Au point que de violentes critiques ont été émises contre la gestion actuelle du site par le Comité International pour la sauvegarde de Lascaux (ICPL), créé en 2004 à l'initiative d'une Franco-Américaine amoureuse du site. Son rapport déposé en 2008 a conduit l'Unesco à menacer la France d'inscrire le site sur la liste des monuments en péril si elle ne prend pas sérieusement les choses en main. Sentant le vent du boulet, le ministère de la Culture aura sans doute préféré prendre les devants en organisant ce colloque. Au cours des deux journées de rencontres internationales avec plus de 230 participants, débats et propositions ont alterné pour trouver un remède.
Après 2001 et la première alerte due à la présence de filaments blancs de Fusarium solani - un champignon éradiqué depuis -, des taches noires d'Ulocladium ont pris le relais en 2004. Sans que biocides ou fongicides n'en viennent à bout. «Il faut toutefois cesser de dire que Lascaux va disparaître. Seules 14 figures animales sont touchées sur plus de 850», s'indigne Jean Clottes. Les taches noires se- raient apparues à la suite de travaux effectués sur le site. «Il nous faut surtout trouver des solutions sans effets secondaires», explique le spécialiste.
Au sortir de la réunion, un groupe d'experts a été nommé et la création d'une grotte-laboratoire décidée afin de tester de nouveaux traitements contre les taches noires. Cinq sites ont été repérés en Dordogne. L'un d'eux sera choisi dans les trois mois à venir. Aujourd'hui Lascaux est stable - comme souvent en hiver. Courant mai, une commission de l'Unesco devrait venir visiter la grotte pour rendre sa décision. Les résultats seront communiqués en juillet à Séville (Espagne).

- www.culture.gouv.fr/culture/actualités

Repères
Découverte en 1940 par quatre adolescents, la grotte de Lascaux est célèbre pour ses centaines de peintures et gravures préhistoriques d'aurochs, de cerfs et de chevaux. Elle a été classée au Patrimoine mondial en 1979.

Source : Sciences et Avenir d'avril 2009

jeudi 26 février 2009

Lascaux - Ministère de la Culture


Depuis le site du Ministère de la Culture, il y a cette entrée dans la page concernant les grands sites archéologiques.

L'accès direct est celui-çi :
http://www.lascaux.culture.fr/#/fr/00.xml.
Déplacer le curseur dans la partie gauche de l'écran pour ouvrir le menu.

Il ne faut absolument pas rater la visite virtuelle de la grotte en haute définition.
Laissez vous porter, la première fois, pour la visite.
N'hésitez pas ensuite à interrompre le cheminement pour consulter toutes les informations qui accompagnent le parcours.

samedi 1 mai 1993

Grotte de Lascaux

La grotte de Lascaux, située sur la commune de Montignac-Lascaux, dans le département français de la Dordogne en région Nouvelle-Aquitaine, dans la vallée de la Vézère, est l'une des plus importantes grottes ornées du Paléolithique supérieur par le nombre et la qualité esthétique de ses œuvres. Elle est parfois surnommée « la chapelle Sixtine de l'art pariétal », selon une expression attribuée à Henri Breuil, qui la nomme également « Versailles de la Préhistoire » ou « Altamira française ».

Les peintures et les gravures qu'elle renferme n’ont pas pu faire l’objet de datations directes précises : leur âge est estimé entre environ 19 000 et 17 000 ans à partir de datations et d’études réalisées sur les objets découverts dans la grotte. La plupart des préhistoriens les attribuent au Magdalénien ancien, sauf quelques-uns qui penchent plutôt pour le Solutréen qui le précède, voire pour le Gravettien.

Historique

Lascaux avant la découverte de la grotte

Avant la découverte de la grotte, Lascaux (ou « Las Coutz », « La Coux », nom féminin dérivé de l’occitan cous ou cos, qui désigne un endroit pierreux) était le nom d'une seigneurie dont la présence est attestée au début du XVe siècle. Ce petit domaine noble comprenait un logis seigneurial, une métairie, un moulin, un colombier, des terres en labour, des vignes et la colline qui renfermait la grotte. Une description du domaine datée de 1667 indique le couvert paysager de la colline, constitué de vignes, de taillis, de châtaigniers, de genévriers et de bruyères. Le domaine noble changea de mains au fil des siècles, passant de la famille de Lascaux à celle du Cheylard, puis aux de Reilhac, aux Labrousse, puis finalement aux La Rochefoucauld-Monbel, propriétaires du domaine au moment de la découverte de la grotte.

Découverte

Différentes versions de l’invention de la grotte de Lascaux ont été rapportées. Elles sont parfois contradictoires et souvent relatées de façon fantaisiste : découverte fortuite par un chien ou en jouant au ballon, exploration volontaire de la cavité déjà connue. Celle-ci a été effectuée en deux temps, les 8 et 12 septembre 1940.

Selon la version la plus fréquemment racontée, le 8 septembre 1940, Marcel Ravidat découvre l'entrée de la cavité lors d'une promenade sur la commune de Montignac en Dordogne avec ses camarades Jean Clauzel, Maurice Queyroi et Louis Périer. Au cours de cette promenade, son chien Robòt poursuit un lapin qui se réfugie dans un trou situé à l'endroit où un arbre avait été déraciné : un orifice d'environ 20 cm de diamètre s'ouvre au fond de ce trou, impossible à explorer sans un travail de désobstruction. En jetant des pierres pour essayer de faire sortir le lapin, Marcel Ravidat constate que le trou communique avec une vaste cavité. Comme cela se situe à 500 mètres du château de Lascaux, il pense qu'il s'agit de la sortie d'un souterrain.

Quatre jours plus tard, le jeudi 12 septembre (le jeudi est le jour de repos hebdomadaire, mais la rentrée scolaire s'effectue au 1er octobre à cette époque), Marcel Ravidat, muni d'un matériel de fortune (lampe à huile, coutelas) pour s'éclairer et élargir l'orifice découvert précédemment, revient sur les lieux accompagné cette fois de Georges Agniel, Simon Coencas, Jacques Marsal et Georges Estréguil. Les jeunes gens pénètrent ainsi une première fois dans la grotte et y découvrent les premières peintures. Après des visites quotidiennes et une première exploration du Puits, Jacques Marsal dévoile leur découverte à ses parents, qui s'étonnent de le voir revenir couvert de poussière. Ils avertissent Léon Laval, leur ancien instituteur à la retraite, le 16 septembre qui pense à une plaisanterie et préfère ne pas s'aventurer dans le trou mal dégagé. Maurice Thaon qui réside dans un hôtel à Montignac entend parler de cette découverte, descend alors dans la cavité où il prend quelques croquis d'animaux. Il part en Corrèze (à Brive ou Cublac) rencontrer le préhistorien Henri Breuil, réfugié dans la région pour fuir l'occupant, pour lui relater la découverte et lui présenter les croquis. L'abbé Breuil est alors le premier spécialiste à visiter Lascaux, le 21 septembre 1940, en compagnie du chanoine Jean Bouyssonie et du docteur André Cheynier, bientôt suivis des préhistoriens Denis Peyrony et Henri Begouën.

Études et relevés

Henri Breuil est le premier à authentifier la grotte et à la décrire sommairement. Il entreprend quelques relevés dès la fin de l'année 1940 et passe plusieurs semaines sur place pour étudier les œuvres qu’il attribue au Périgordien.

Après plusieurs années passées en Espagne, au Portugal et en Afrique du Sud, il revient en 1949 et entreprend une rapide fouille avec Séverin Blanc et Maurice Bourgon au pied de la scène du puits où il espère trouver une sépulture. Il y met au jour des pointes de sagaies décorées en bois de renne.

De 1952 à 1963, à la demande de Breuil, les relevés des gravures sont réalisés sur 120 m2 de calques par André Glory qui comptabilise 1 433 représentations (aujourd’hui, 1 900 sont répertoriées).

Par la suite, les représentations pariétales et leur environnement sont également étudiées par Annette Laming-Emperaire, André Leroi-Gourhan (et toute son équipe pluridisciplinaire, dont Brigitte et Gilles Delluc et Denis Vialou) de 1975 à nos jours et, de 1989 à 1999, par Norbert Aujoulat.

Datation

La datation de Lascaux est l’objet d'un long débat : selon les auteurs, son art pariétal est situé entre le Gravettien et le Magdalénien.

Pour Henri Breuil, sur la base de comparaisons stylistiques, les œuvres pariétales de Lascaux seraient périgordiennes (gravettien).

Mais en 1951, Lascaux est l’un des tout premiers sites paléolithiques à bénéficier de datations absolues par la méthode du carbone 14, réalisées par W.F. Libby lui-même. Cette méthode a été mise en œuvre sur des charbons de bois provenant de lampes découvertes dans le Puits. Le premier résultat obtenu (autour de 15 500 ans BP) place la fréquentation de Lascaux dans le Magdalénien. Un âge magdalénien fut confirmé par des datations ultérieures, réalisées sur des charbons provenant des fouilles d'André Glory dans le Passage et dans le Puits. Ces datations (17 190 ± 140 et 16 000 ± 500 ans BP) se situent autour du Magdalénien ancien.

Pourtant, André Leroi-Gourhan, par comparaisons stylistiques avec les sites du Fourneau du Diable (Dordogne) et du Roc-de-Sers (Charente), bien datés, conclut pour sa part que les œuvres de Lascaux se placent au Solutréen.

Puis, deux nouvelles dates sont obtenues en 1998, et en 2002. La première date, de 18 600 ± 190 ans BP, est obtenue par la méthode du carbone 14 en SMA sur un fragment de baguette en bois de renne provenant du Puits (ou des déblais de l'Abside). La seconde date, obtenue à partir d'un fragment de sagaie, est plus ancienne : 18 930 ± 230 ans BP. Les solutréens sont-ils simplement passés ponctuellement dans la grotte ou ont-ils réalisé tout ou partie des œuvres ? Un seul niveau archéologique est connu et les vestiges recueillis (objets de silex, d'os et de bois de renne) dans ce niveau, étudiés dans Lascaux inconnu (1979) et par A. Glory (2008), correspondent typologiquement au Magdalénien II.

La datation directe par le carbone 14 de peintures ou de dessins pariétaux a été possible dans certaines grottes ornées, à condition toutefois que ces œuvres aient été réalisées avec du charbon de bois. Ce n’est pas le cas à Lascaux, où la couleur noire a été obtenue en utilisant des oxydes de manganèse. Des pigments tombés au pied des parois ont été mis au jour dans le niveau archéologique : ils ont permis de confirmer la contemporanéité des œuvres avec certains vestiges (lamelles de silex, pointes de sagaie, aiguilles en os, lampes à suif).

Selon Norbert Aujoulat, il existe des arguments stylistiques et thématiques qui permettraient de rapprocher Lascaux du Solutréen plutôt que du Magdalénien : présence de signes géométriques ; représentation des aurochs avec la corne avant en courbe simple et la corne arrière sinueuse ; humain affronté à un grand bovidé (le gisement solutréen du Roc-de-Sers a livré l'image d'un homme faisant face à un bœuf musqué). En fait, l'art du début du Magdalénien est la continuation, sans hiatus, de celui du Solutréen et le style graphique (style III de A. Leroi-Gourhan) est le même. Norbert Aujoulat propose donc de placer l'art de Lascaux à la charnière du Solutréen supérieur et du Badegoulien.

Plus récemment, J. Jaubert et E. Lebrun ont émis l'hypothèse d'un rattachement d'une partie du dispositif pariétal de Lascaux au Gravettien, sur la base d'arguments stylistiques et techniques.

Le programme de recherche archéologique « Lasco » lance une nouvelle campagne de datation. Plusieurs fragments d’os de rennes retrouvés dans différents endroits de la grotte sont datés. Les résultats, publiés en 2019, indiquent que la grotte serait âgée de 21 000 à 21 500 ans.

Source : Wikipedia

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nom :
âge : 18 ka
découverte :
date : 1940