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mercredi 1 mai 2002

Homo cepranensis (Homme de Ceprano)

L'Homme de Ceprano est le nom donné au crâne fossile Ceprano 1, découvert en 1994 près de Ceprano, dans le Latium, en Italie. Après plusieurs datations provisoires, ce crâne a été finalement daté de 353 000 ans en 2011. Les chercheurs sont partagés sur l'attribution de ce fossile qui ne montrerait pas de caractères néandertaliens. Les dernières études tendraient à le rattacher à l'espèce européenne Homo heidelbergensis.

Découverte

La découverte date du dimanche 13 mars 1994 : l'archéologue Italo Biddittu cherchait assidûment des fossiles lors des prospections de surface effectuées pour le tracé d'une route près de Ceprano. Il découvrit les fragments du crâne, qui avait été éclaté par un bulldozer en une cinquantaine de morceaux. Italo entreprit une exploration de plusieurs semaines pour rassembler ces fragments. Cependant les éléments faciaux restèrent introuvables. Les morceaux étaient inclus dans une couche d'argile, ce qui a conduit Biddittu à surnommer le crâne Argil.

Description

Le fossile était initialement très fragmenté, en plus d'avoir subi une déformation taphonomique conséquente. Ses reconstructions ont ainsi été revues depuis sa découverte jusqu'en 2017 pour la dernière en date. Ses traits identifiables sont relativement archaïques, éloignés de ceux de Néandertal, et ont peu de similitudes avec ses contemporains connus. Tous ces éléments, en plus du bousculement de datation, ont laissé imaginer de nombreuses hypothèses de classement divergentes, allant même jusqu'à créer en 2003 l'espèce Homo cepranensis. Faute de pouvoir le relier clairement à d'autres spécimens proches dans le temps, il participe en tout cas à illustrer la diversité des types morphologiques qui précèdent Néandertal, aux côtés des autres découvertes européennes de cette période.

Datations

Sa première datation, d'environ 800 000 ans, avait d'abord fait de lui le plus vieux fossile européen connu, contribuant à faire naître l'hypothèse d'une colonisation ancienne de l'Europe. Cependant d'autres fossiles plus anciens furent découverts par la suite sur le continent, comme à la Sima del Elefante en 2007, ou encore à Orce en 2013, deux sites espagnols dont les fossiles humains dateraient de plus de 1,2 Ma.

D'autre part, la datation du crâne de Ceprano a subi entre 2009 et 2011 une série de trois corrections qui ont rajeuni le fossile de moitié, pour aboutir à un âge d'environ 353 000 ans. Elles retirent ainsi à Ceprano 1 son rôle de preuve d'un peuplement ancien de l'Europe, tandis qu'elles en font un emblème de la diversité du Pléistocène moyen.

  • En 1996 la publication de la découverte annonce que les morceaux du crâne se trouvent sous une couche volcanique, datée par K-Ar de 700 000 ans, et propose une date d'environ 800 000 ans, confortée par les premières reconstructions du crâne qui le classent en Homo erectus
  • En 2009 toutefois les estimations géochronologiques précédentes sont balayées par une nouvelle estimation à environ 450 000 ans, en tout cas cadrée entre 0,58 et 0,35 Ma, d'après des datations au K-Ar de faciès de pollens de la vallée. 
  • En novembre 2010 l'estimation précédente est reprécisée entre 430 et 385 Ka. Enfin en octobre 2011 la datation par 40Ar/39Ar conduit à un âge encore inférieur, d'environ 353 000 ans, à 4 000 ans près.

En 2017, la reconstruction informatique des déformations taphonomiques subies par le fossile montrent que la couche géologique où il a été découvert est bien sa couche d'origine, ce qui confirme les dernières datations basées sur les sédiments.

Reconstitutions et classification

La première reconstruction par l'équipe de Ceprano conduit à un volume crânien de 1 158 cm3. Alors que la datation était encore supposée à environ 800 000 ans, les découvreurs proposent de classer le fossile en Homo erectus tardif sur la base de ses caractéristiques les plus évidentes, et notent aussi des similitudes avec la mandibule 3 de Ternifine au Maroc. Ces premiers travaux sont publiés en 1996.

Cette approche est d'abord réévaluée en 2000 par le sud-africain Ron J. Clarke (université du Witwatersrand). Il conclut également à un classement en Homo erectus mais revoit le volume à 1 067 cm3. Peu après, un dernier avis sur la reconstruction est proposé par Marie-Antoinette de Lumley de l'institut de paléontologie humaine parisien et Francesco Mallegni de l'Université de Pise. Ils notent que deux tiers seulement des caractéristiques d'Homo erectus sont visibles et concluent à un volume crânien de 1 057 cm3.

En 2003 en revanche, sur la base d'une comparaison informatique des caractéristiques du crâne avec celles d'autres représentants connus du genre Homo, l'équipe propose d'en faire une nouvelle espèce. Homo cepranensis serait davantage apparenté à une forme précoce d'Homo rhodesiensis, contribuant peu au peuplement européen, et ayant émigré d'Afrique il y aurait 1 Ma. L'hypothèse n'est pas partagée unanimement mais semble toutefois plausible.

En 2017, une nouvelle reconstruction est effectuée par imagerie 3D. Le plâtre utilisé lors des reconstructions précédentes gêne les modifications nouvelles sur le fossile mais peut être virtuellement retiré sur le modèle, montrant alors des erreurs importantes dans la reconstruction physique antérieure. Cette nouvelle reconstruction virtuelle effectuée, les chercheurs ont ensuite appliqué au modèle 3D un algorithme qui inverse la déformation taphonomique subie par le crâne. Ils parviennent ainsi à retrouver une forme plus naturelle et symétrique, qui devrait permettre de revoir les nombreuses interprétations divergentes basées sur la morphologie complexe du fossile. Selon les auteurs, cette nouvelle visualisation réduit l'intensité des caractères qui faisait de ce crâne un spécimen si particulier, et le rapprocherait alors d'autres fossiles comme ceux de Kabwe et de Petralona.

Source : Wikipedia

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Homo cepranensis (il y a 450 000 ans) : Un seul fossile, un crâne incomplet, représente l'espèce Homo cepranensis. Il porte le nom de Ceprano, en Italie, où le fossile a été découvert lors de la construction d'une route en 1994. Le crâne court, large et épais ne correspondait pas tout à fait aux autres hominidés de l'époque, tels que H. erectus et H. heidelbergensis, les anthropologues lui ont donc donné son propre nom. Mais le fossile italien partageait certaines caractéristiques crâniennes, comme la forme des crêtes sourcilières, avec des hominidés vivant en Afrique il y a quelques centaines de milliers d'années (à peu près au même moment que H.helmei), ce qui a conduit les chercheurs à supposer que H. à ces formes africaines.

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