Dans la cafétéria de l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutive, à Leipzig, un écran plat diffuse en direct des images de grands singes filmés dans leur enclos du zoo, à l'autre bout de la ville. "L'inverse n'est pas vrai", plaisante Jean-Jacques Hublin, directeur du département d'évolution humaine de l'institut.
Cette webcam symbolise les liens que chacun ici cherche à explorer, entre Homo sapiens et les autres membres de la grande famille des primates, actuels ou disparus."La question posée est simple : qu'est-ce qui fait que l'homme est différent ?", résume M. Hublin. L'Institut Max- Planck, institution de droit privé fonctionnant en grande partie sur fonds publics, a choisi Leipzig pour y répondre, avec la volonté de redynamiser cette ville d'ex-RDA après la chute du Mur. Pari gagné.
Avec ses cinq départements - primatologie, psychologie comparative, linguistique, génétique évolutive et paléontologie humaine -, l'institut, inauguré en 2003, est déjà considéré comme la référence. Le séquençage du génome de néandertaliens n'est que la dernière percée en date issue de cette nouvelle Mecque de l'anthropologie évolutive.