mercredi 30 juin 2010

Paléosite - Saint-Césaire

Sur le lieu de la découverte de Pierrette en 1979. Sa découverte a bouleversé les idées admises sur la succession Néandertaliens / Hommes modernes en Europe de l'Ouest.

Le lieu a été conçu notamment sous l'égide d'Yves Coppens.
http://www.paleosite.fr/
Situé dans un parc de 10 hectares, il se présente comme le Centre de préhistoire le plus moderne du monde.

Musée de l'homme de Néandertal - La Chapelle aux Saints

Le musée de La Chapelle aux Saints :
http://www.neandertal-musee.org/
Une navigation pas toujours évidente (un second niveau qu'il faut savoir trouver) et qui peut cacher malheureusement des trésors, notamment les vidéos des chercheurs Jean-Louis Heim et Yves Coppens.

A noter un cycle de conférences intéressant pendant cet été. Et une exposition prêtée par le Pôle International de la Préhistoire.

mardi 29 juin 2010

Kadanuumuu, ancêtre de Lucy, marchait sur deux jambes

Il y a 3,6 millions d'années, quatre cent mille ans avant Lucy, un représentant de la même espèce, Australopithecus afarensis, était déjà complètement bipède. C'est ce que révèle un squelette partiel, baptisé Kadanuumuu et découvert en Ethiopie.

En 1974, la découverte de 52 os d'un squelette d'australopithèque, en Ethiopie, démontrait que l'acquisition de la bipédie est très ancienne. Devenue célèbre sous le nom de Lucy, et aujourd'hui considérée comme une cousine de tous les humains, cette petite femelle de 1,10 à 1,20 mètre, qui a vécu il a 3,2 millions d'années, semblait marcher sur ses deux jambes, qu'elle avait courtes.

A l'époque de sa découverte, Lucy était le plus vieil hominidé connu et, du coup, l'exemple le plus ancien de l'apparition de la bipédie dans la famille dont l'espèce humaine fait partie. Depuis, d'autres records sont tombés. En 2009, une série d'articles venaient décrire des fossiles âgés de 4,4 millions d'années, difficilement extraits de la vallée du Rift, également en Ethiopie. Parmi eux, une femelle, baptisée Ardi, assez bien conservée, se révélait capable de se tenir debout et de marcher mais sans doute de manière occasionnelle, plus adaptée qu'elle était à la vie arboricole. Ardi et ses congénères n'étaient d'ailleurs pas des australopithèques mais des ardipithèques (de l'espèce Ardipithecus ramidus), dont le lien de parenté avec Homo sapiens est mal connu.

Un costaud et un bon marcheur

Cette fois, en Ethiopie, encore et toujours, c'est bien un australopithèque (mâle) qui a été exhumé, après un patient travail de 5 ans, entre 2005 et 2010, à une cinquantaine de kilomètres du lieu où avait été trouvée Lucy. Ses découvreurs, Yohannes Haile-Selassiea, du Muséum d'histoire naturelle de Cleveland (Etats-Unis) et son équipe internationale, lui donnent un âge de 3,58 millions d'années. Le squelette, à qui il manque notamment la tête et les pieds, est de grande taille, dépassant largement celle de Lucy. Les auteurs l'estiment autour de 1,60 mètre et ont à cause d'elle baptisé leur fossile Kadanuumuu, signifiant grand homme en langue afar.

Contrairement à la petite Lucy, Kadanuumuu avait les jambes longues. Pour Yohannes Haile-Selassiea, son squelette lève les doutes qui pouvaient subsister sur la bipédie de cette espèce d'australopithèque. La marche sur deux jambes serait donc apparue très tôt dans l'histoire de nos ancêtres et de nos cousins. « Jusqu'ici, tout ce que nous savions de l'Australopithecus afarensis venait de Lucy », explique Yohannes Haile-Selassiea. Selon lui, Kadanuumuu prouve que ces hominidés « marchaient presque aussi bien sur deux jambes que nous ».

Par ailleurs, l'épaule et les côtes de Kadanuumuu diffèrent nettement de celles des grands singes actuels, ce qui confirme l'idée, bien établie par l'étude de Ardi, que les chimpanzés et leurs cousins ont acquis leurs propres adaptations depuis le dernier ancêtre commun avec l'homme. En d'autres termes, nos ancêtres ne ressemblaient pas aux singes actuels.

Source : Futura Sciences du 28/06/2010

samedi 26 juin 2010

Découverte de l'ancêtre de Lucy en Ethiopie

Les chercheurs du muséum national de Cleveland qui ont reconstitué les fragments d'un squelette exhumés en 2005 par un archéologue éthiopien, viennent de démontrer que le nouvel Hominidé découvert dans la vallée du rift est un ancêtre de Lucy.

Kadamounou signifie "Grand homme" en langue Afar : tel est le nom de baptême qui désigne ce nouvel hominidé bipède, qui mesurait près d’1, 68 mètres et qui vivait il y a 3,6 millions d’années dans la vallée du Rift en Ethiopie.

Un premier fragment de son squelette a été été découvert en 2005 en territoire Afar. Depuis les chercheurs ont exhumé une clavicule, une omoplate, un morceau de bassin et de tibia. L’étude de ses fragments par une équipe internaitonale, publiée en juin 2010 sur le site de la revue en ligne Proceedings of the national academy of science, révèle qu’il s’agit d’un australpithèque afarensis...

Ce nouvel hominidé est donc l'ancêtre de la célèbre Lucy, un de ses arrières grand père en quelque sorte. Ce qui a surpris les chercheurs c'est d'abord sa taille, plus élevée que celle de Lucy, laquelle ne mesurait qu'un mètre, et le fait surtout qu'il soit déja parfaitement bipède 400 000 ans avant l'apparition de cette dernière ... « ce qui démontre, souligne le professeur Haile Selassié du Muséum d’Histoire naturelle de Cleveland qui a mené l’étude, que ces hominidés marchaient déjà presque comme les hommes modernes il y a de celà 3,6 millions d’années.» La bipédie et l’allongement des jambes serait donc survenue bien plus tôt dans l’évolution que ne le pensait les scientifques jusqu'à la découverte de jusqu’à la découverte de Kadamounou le grand père de Lucy.

Eléments anatomiques du squelette partiel de "Kadanuumuu"

Source : RFI du 24/06/2010

vendredi 25 juin 2010

Australopithèque : la famille de Lucy s'agrandit

Un nouveau spécimen d’australopithèque, plus âgé et plus grand que Lucy, a été découvert en Éthiopie.

Kadanuumuu, qui signifie "le grand homme" dans la langue des habitants de l’Afar éthiopien, a 400.000 ans de plus que la fameuse Lucy, l’australopithèque découverte en 1974 dans cette même région.

Comme elle, ce spécimen vieux de 3,6 millions d’années, est un australopithèque, plus précisément un Australopithecus afarensis. C’est le second plus vieux squelette connu d’un possible ancêtre de la famille humaine.

Le squelette de Kadanuumuu a été mis au jour à 48 km au nord de l’Hadar, là où Lucy fut trouvée.

A la différence de son arrière arrière… petite-fille, cet australopithèque est grand: il mesurait entre 1,50 m et 1,70 m et ses jambes étaient longues, expliquent Hailé-Selassié et ses collègues dans les Proceedings of the National Academy of Sciences publiés cette semaine. Ses proportions ne sont pas celles d’un grand singe -caractérisé par des bras longs proportionnellement à son corps et à ses jambes.

Un bipède ?

L’équipe de Yohannes Hailé-Selassié, paléontologue au muséum de Cleveland (Ohio, E-U), a découvert le premier os en février 2005. il s’agissait d’un os de l’avant-bras, affleurant le sol. Pour trouver les autres morceaux du squelette, il a fallu creuser et fouiller. Cinq ans plus tard, les chercheurs sont en possession d’un humérus, d’une clavicule, d’un fémur, d’une vertèbre cervicale, d’une omoplate, d’un os de la hanche ou encore d’un tibia.

D’après ses découvreurs, Kadanuumuu pouvait déjà marcher sur ses deux jambes presque comme un homme moderne. La bipédie et l’élongation des jambes auraient donc évolué il y a très longtemps dans l’histoire humaine, suggèrent les chercheurs.

Source : Sciences et Avenir du 24/06/2010

jeudi 24 juin 2010

Des dessins préhistoriques découverts en Roumanie

Une grotte ornée de peintures rupestres a été découverte en Roumanie : un fait exceptionnel dans cette partie de l’Europe, où les sites d’art pariétal sont rares.

Une grotte ornée, dont les dessins dateraient de 25.000 à 30.000 ans, a été découverte en Roumanie. Des têtes de bisons, de chevaux ou d’ours ont été tracées au charbon de bois sur les parois de la grotte, ont expliqué les spécialistes français qui se sont rendus sur place, guidés par les spéléologues roumains qui ont découvert les peintures.

La grotte de Coliboaia est située dans le nord-ouest de la Roumanie, dans le parc naturel d’Apuseni.

La grotte de Coliboaia est située dans le nord-ouest de la Roumanie, dans le parc naturel d’Apuseni. Elle est connue depuis une trentaine d’années mais ce n’est qu’en septembre dernier qu’une équipe de spéléologues roumains, équipés de matériel spécifique, a poussé l’exploration suffisamment loin pour découvrir la salle ornée. Traversée par une rivière souterraine, la grotte est remplie d’eau à certains endroits et la progression est très difficile. Il est probable que l’eau ait effacé d’autres peintures sur les parois.

Les spéléologues roumains ont sollicité l’expertise de préhistoriens français, dont Bernard Gély et Jean Clottes. Ces derniers estiment, d’après le style des dessins, que cet art pariétal date de 23.000 à 35.000 ans avant notre ère.


Si ces estimations sont confirmées par des datations au carbone 14, ce sera la première fois que des peintures rupestres aussi anciennes auront été authentifiées en Europe centrale. Dans le domaine de l’art pariétal, la répartition des sites est très inégale en Europe: la plupart des grottes ornées préhistoriques se trouvent en France et en Espagne (Chauvet, Lascaux, Cosquer/ Altamira, Tito Bustillo, Atapuerca…).

Un rhinocéros représenté sur les parois de la grotte de Coliboaia.

Très peu de sites comparables ont été découverts dans le centre ou l’est de l’Europe, à part la grotte de Cuciulat en Roumanie (où seuls un cheval et un félin sont visibles) et deux grottes dans l’Oural. Pourtant, la présence humaine au Paléolithique est riche et bien documentée dans cette partie du continent, comme en témoigne l’homme de Dmanisi en Géorgie, les hominidés de la grotte aux ours en Roumanie, la flûte en os de Slovénie ou les Vénus d’ivoire de Russie.

Un programme de recherche va commencer dans la grotte de Coliboaia, où les conditions –le froid et l’humidité- rendent la conservation difficile.

Source : Sciences et Avenir du 23/06/2010

La divergence entre la lignée Neandertal et celle de l’Homo sapiens a pu se produire 500 000 ans avant qu’on ne croyait

Des scientifiques espagnols ont analysé les dents de presque toutes les espèces d’hominidés ayant existé ces 4 derniers millions d’années, arrivant ainsi à identifier des traits Neandertal chez des populations européennes très anciennes. Les fossiles dentaires signalent que la séparation s’est produite il y a au moins un millions d’années, bien avant ce que signalent les analyses basées sur l’ADN.

La divergence entre la lignée Neandertal et celle de l’homme actuel (Homo sapiens) a pu se produire il y a au moins un million d’années, plus de 500 000 ans avant ce que l’on pensait à partir des analyses basées sur l’ADN. Une thèse de doctorat réalisée au Centre national de Recherche sur l’Évolution humaine (CENIEH), et associée à l’Université de Grenade, a analysé, en utilisant des méthodes quantitatives, les dents de pratiquement toutes les espèces d’hominidés ayant existé sur la terre ces 4 derniers millions d’années, et a réussi a identifier des traits Neandertal chez certaines populations européennes très anciennes.

L’objectif fondamental de cette recherche, dont l’auteur est Aida Gómez Robles, a été de reconstruire l’histoire évolutive de notre espèce à partir de l’information fournie par les dents, qui sont les restes les plus nombreux et les mieux conservés du registre fossile. Pour cela, elle a analysé un très large échantillon de fossiles dentaires provenant de divers gisements d’Afrique, d’Asie et d’Europe, tenant compte des différences morphologiques de chaque classe dentaire et la capacité de chaque dent isolée de déterminer l’espèce de l’individu l’ayant possédée.

La chercheuse a conclu qu’il est possible de déterminer correctement l’espèce à laquelle a appartenu une dent isolée avec une probabilité de succès entre 60 et 80%. Bien que ces valeurs ne soient pas trop élevées, elles augmentent à mesure que s’ajoutent d’autres pièces dentaires, de sorte que si l’on compte plusieurs pièces provenant d’un même individu, la probabilité de déterminer son espèce correctement peut s’élever à 100%.

Aida Gómez Robles signale que, de toutes les espèces d’hominidés actuellement connues, « aucune d’entre elles n’atteint 5% de possibilités de provenir de l’espèce ancestrale commune au Neandertal et à l’Homo sapiens, ce qui veut dire que le dernier ancêtre commun n’a pas encore été retrouvé. »

Simulation par ordinateur


Un des grands apports de ce travail a été d’utiliser des méthodes de simulation par ordinateur pour observer l’effet de différentes variations environnementales dans l’évolution de la forme des dents. Des recherches similaires ont analysé l’évolution et le développement de différents groupes de mammifères, mais ne s’étaient pas encore appliquées au domaine de l’évolution humaine.

De plus, la recherche du CENIEH et de l’UGR est également pionnière, avec de récents travaux basés sur la forme crânienne, dans l’utilisation de méthodes mathématiques pour estimer la forme correspondant à certains ancêtres communs de l’arbre phylogénétique de notre espèce. « Bien que, dans cette thèse, on n’ait analysé que la forme dentaire, signale son auteur, il est possible d’employer la même méthodologie pour proposer comment auraient été ces espèces ancestrales dans toutes les parties de leur squelette, ce qui permettrait de posséder des modèles de référence avec lesquels comparer de futures trouvailles fossiles. »

Pour mener à bien ce travail, Mme Gómez Robles a employé du matériel provenant de fouilles de divers gisements archéo-paléontologiques, comme ceux de la Gran Dolina et de la Sima de los Huesos, situés dans la Sierra de Atapuerca (Burgos), et les gisements de Dmanisi, dans la République de Georgie. De plus, elle a visité diverses institutions internationales afin d’étudier leurs collections fossiles ou actuelles, parmi lesquelles le Musée national de Georgie, L’Institut de Paléontologie humaine et le Musée de l’Homme de Paris, le Centre européen de Recherches de Tautavel (France), l’Institut Senckenberg de Frankfurt, le Musée d’Histoire naturelle de Berlin, l’Institut de Paléontologie de Vertébrés et de Paléontologie de Pékin, et les Musées d’Histoire naturelle de New York et de Cleveland.

Les résultats de cette recherche ont, pour le moment, donné lieu à deux publications dans une des revues les plus prestigieuses dans le domaine de l’évolution humaine, dénommée Journal of Human Evolution (années 2007 et 2008), bien que la majeure partie de ce travail sera publiée dans les premiers mois.

Source : AlphaGalileo du 23/06/2010

mercredi 23 juin 2010

Découverte d'un hominidé de 3,6 millions d'années

Des archéologues ont découvert en Ethiopie les restes d'un hominidé de la même espèce que le célèbre fossile Lucy mais ayant vécu plusieurs centaines de milliers d'années plus tôt, selon une étude publiée mardi dans les Annales de l'Académie américaine des sciences (PNAS).

Le squelette partiel de cet Australopithecus afarensis, découvert dans la région de l'Afar, a été daté à environ 3,6 millions d'années. Il est ainsi 400.000 ans plus vieux que Lucy, l'un des plus célèbres fossiles du monde, mis au jour en 1974, et longtemps considéré comme le plus vieil hominidé connu.

Les ossements indiquent qu'il marchait debout, comme Lucy, mais était beaucoup plus grand qu'elle. En raison de sa taille -il mesurait plus de 1,50m-, le nouveau spécimen a été baptisé "Kadanuumuu", "grand homme" en afar.

"Cet individu était complètement bipède et pouvait marcher presque comme les humains modernes", explique le principal auteur de l'étude Yohannes Haile-Selassie, du Muséum d'histoire naturelle de Cleveland.

"En conséquence de cette découverte, nous pouvons maintenant dire avec confiance que Lucy et sa lignée étaient presque aussi adaptés que nous le sommes à la marche sur deux jambes, et que l'allongement de nos jambes s'est produit plus tôt dans notre évolution qu'on ne le pensait auparavant", ajoute-t-il dans un communiqué.

La découverte a été réalisée par une équipe internationale conduite par M. Haile-Selassie et Owen Lovejoy, du Muséum d'histoire naturelle de Cleveland. Les recherches ont été financées par la Fondation nationale américaine des sciences, la Fondation Leakey, la Fondation Wenner-Gren et la National Geographic Society.

Source : Yahoo Actualités du 22/06/2010

lundi 21 juin 2010

Révélations sur nos origines

Il est loin le temps où l'homme pensait descendre du singe. La génétique vient de révéler que nous sommes issus à la fois de Neandertal et d'Homosapiens. Mieux : un nouveau cousin est apparu en Sibérie... Notre grande famille n'en finit pas de se recomposer.

Six mai 2010. L'information tourne en boucle sur les radios et les télévisions du monde entier. Publiés dans la célèbre revue américaine Science, les travaux de l'Institut Max-Planck de Leipzig (Allemagne) et du Pr Richard E. Green de l'université de Santa Cruz (Etats-Unis) font l'effet d'une bombe. «Nous pouvons désormais dire que, selon toute vraisemblance, il y a eu transfert de gènes entre les néandertaliens et les humains», annonce calmement Richard E. Green. Ce n'est pas l'arrivée des Martiens surTerre, mais tout de même! Celui qu'on a longtemps regardé comme un vague cousin un peu brutal s'impose comme l'un de nos «papas». Quelque 2 % de ses gènes se retrouvent dans le patrimoine génétique des Eurasiens, des populations originaires d'Europe ou d'Asie.

samedi 19 juin 2010

Grotte préhistorique d'Altamira : la réouverture

Le public a de nouveau accès à la caverne, qui est l'une des "Chapelles sixtines" de l'art rupestre de la Préhistoire

Située à Santillana del Mar, près de Santander (nord-ouest de l'Espagne), classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO, elle est restée huit ans fermée au public.

Découverte en 1868, la grotte contient l'un des plus beaux ensembles picturaux de la Préhistoire, avec, notamment, la célèbre "grande salle aux bisons" peinte il y a environ 15.000 ans.

Le bison des steppes est l'animal le plus représenté d'Altamira: en tout, les spécialistes en ont repéré 16. Ces bestioles sont accompagnées de chevaux, de cerfs et d'humains à tête d'animal. Les artistes de la Préhistoire ont su créer une sensation de réalisme "en tirant profit des reliefs naturels du plafond de la grotte, qui créent une illusion de volume", mais aussi en employant des "couleurs vives (rouge, noir, jaune, bruns)", constate Wikipédia.

Le site a dû être fermé une première fois au public en 1977 en raison de la présence de micro-organismes détériorant les peintures. Il avait rouvert en 1982 avec un régime de visites limitées. Avant une nouvelle fermeture en septembre 2002 sur recommandation du le Conseil supérieur espagnol des recherches scientifiques (CISC).

Comme à Lascaux (Dordogne), les responsables archéologiques ont alors construit une réplique (très fidèle selon les spécialistes), proche de la grotte. Réplique visitée par 2,5 millions de personnes en huit ans ! Il faut savoir qu'une autre reproduction des peintures peut être vue au Museo Arqueologico Nacional de Espana à Madrid.

La décision de rouvrir la grotte au public en 2010 est contraire aux recommandations d'un rapport du CISC remis en avril dernier. "L'entrée continuelle de visiteurs provoquerait un nouveau changement de l'environnement" de la grotte avec une "prolifération" des micro-organismes susceptibles de dégrader les peintures, a averti le Conseil. Comme Lascaux, fermé au public depuis les années 60, Altamira n'est donc pas forcément tiré d'affaire...

Authentique ou pas ?

La grotte est connue depuis 1868. Les peintures ont en fait été idendifiées un peu plus tard par l'archéologue Marcelino Sanz de Santuola. Selon la légende, il avait déjà constaté l'existence de dessins géométriques sur les parois sans y attacher d'importance. Il décida de s'y intéresser quand sa fille Maria, âgée de huit ans, lui fit observer l'existence de "toros" au plafond...

Altamira est le premier ensemble pictural préhistorique d'importance découvert et décrit par les archéologues, au premier rang desquels Marcelino Sanz de Santuola. Au départ, certains ont douté de son authenticité, à commencer par le Français Emile de Cartailhac, l'un des spécialistes de l'époque. La multiplication des découvertes de grottes peintes, notamment en France (Combarelles, Font-de-Gaume...), a permis de faire évoluer les esprits scientifiques. En 1902, Carthailhac reconsidère sa position dans un article intitulé "La grotte d'Altamira. Mea culpa d'un sceptique". "Il faut s'incliner devant la réalité d'un fait", écrit-il alors.

L'article de l'ex-sceptique lève les derniers doutes. Par la suite, les travaux de l'abbé français Hervé Breuil (mort en 1961) bouleverseront la façon de penser des préhistoriens.

Source : France2.fr du 15/06/2010

mardi 15 juin 2010

Actualité Science - Wikio

Le portail d'information qui fouille dans les sites de presse et dans les blogs pour trouver l'actualité qui vous intéresse.

Spécifiquement pour le domaine qui nous intéresse, le lien direct aux nouveautés de l'actualité relève d'une rubrique Science :
http://www.wikio.fr/science

dimanche 13 juin 2010

Y a-t-il eu un troisième homme en Europe ?

Une séquence génétique inconnue dans un fossile sibérien suggère que les néandertaliens et les hommes modernes n’étaient pas les seuls habitants du continent eurasiatique au Paléolithique.

Il y a environ 40 000 ans, l ’ homme moderne est arrivé en Europe, occupée jusque-là par le seul homme de Neandertal. Pendant une dizaine de milliers d’années, les deux espèces auraient coexisté, jusqu’à ce que Neandertal disparaisse. Mais une séquence génétique n’appartenant ni à l’une ni à l’autre des deux espèces et datée d’environ 40 000 ans suggère qu’il y aurait peut-être eu une troisième espèce d’hominidé en Eurasie à la même époque.

Tout commence en 2008 quand des archéologues russes découvrent dans la grotte de Denisova au sud de la Sibérie la phalange d’un petit doigt fossile d’apparence humaine. Une équipe de l’institut Max Planck de Leipzig en séquence alors entièrement l’ADN mitochondrial. Il s’agit de l’ADN présent dans les mitochondries, des petites structures de la cellule qui produisent de l’énergie.

Ils le comparent ensuite à ceux d’un échantillon représentatif d’une cinquantaine d’hommes actuels. En moyenne, l’ADN de Denisova possède 380 différences avec eux. À titre de comparaison, le chimpanzé compte 1 460 différences avec les hommes actuels, mais l’homme de Néandertal beaucoup moins : seulement 200. Le fossile de Denisova semble donc plus différent de nous que ne le sont les néandertaliens.

Lignée inconnue. Est-ce une nouvelle espèce ? « C’est une lignée totalement inconnue jusqu’ici, explique Eva-Maria Geigl, paléogénéticienne à l’institut Jacques-Monod à Paris. Mais ce n’est pas forcément une nouvelle espèce. »
En effet, il s’agit peut-être simplement d’un néandertalien ou d’un homme moderne. Car, contrairement à l’ADN nucléaire, contenu dans le noyau des cellules, l’ADN mitochondrial ne résulte pas du mélange des patrimoines génétiques du père et de la mère. Il est transmis directement par la mère. En d’autres termes, celui de Denisova a pu être hérité d’une ancêtre très lointaine, antérieure à l’apparition des hommes modernes et des néandertaliens. À l’époque où cette dernière vivait, la diversité au sein de son espèce était peut-être très grande. D’où l’existence d’ADN mitochondriaux très différents les uns des autres.

Autre hypothèse, la diversité des néandertaliens peut avoir été sous-estimée. Car seuls six de leurs ADN mitochondriaux sont connus en totalité. En outre, ils appartiennent à des fossiles situés dans une région donnée, l’Europe, à une époque donnée, vers 40 000 ans. Dans d’autres régions comme la Sibérie, la diversité était peut-être plus grande. À d’autres époques aussi. Et justement, il n’est pas du tout certain que la phalange de Denisova date de 40 000 ans. « Elle a pu être déplacée par les courants d’eau qui ont sans doute emporté ailleurs le reste du squelette, explique Marcel Otte, de l’université de Liège, qui a fouillé la grotte. Et la chronologie de la grotte n’est pas très fiable, car son sol s’est affaissé. » La morphologie plutôt robuste de la phalange suggère en tout cas qu’elle est antérieure aux hommes modernes.

ADN nucléaire. Pour déterminer s’il s’agit d’une espèce différente, les scientifiques de Leipzig vont analyser l’ADN nucléaire de la phalange de Denisova. S’il y a à nouveau de nombreuses différences avec ceux des hommes actuels et des néandertaliens, alors il devrait s’agir d’une espèce différente. Pour savoir si elle se rattache à une espèce connue, il faudra néanmoins découvrir des pièces anatomiques plus substantielles qu’une phalange.

Source : La Recherche du 04/06/2010

samedi 12 juin 2010

La plus vieille chaussure en cuir du monde

Elle est lacée et prête à être portée… il s’agit pourtant de la plus ancienne chaussure de cuir connue. Elle a été fabriquée il y a 5.500 ans et retrouvée en Arménie.

La plus ancienne chaussure de cuir connue a été découverte dans une grotte en Arménie, près de la frontière avec la Turquie et l’Iran. Exceptionnellement bien conservée, lacée et fourrée d’herbe, cette chaussure ne fait pas son âge : elle a 5.500 ans, soit mille de plus que la grande pyramide de Gizeh, soulignent les archéologues qui l’ont découverte. Elle date du chalcolithique, ou âge du cuivre.

Cette chaussure vieille de 5.500 ans est faire à partir d'une seule pièce de cuir.

Taille 37

Mesurant 24.5 cm de long pour 8 à 10 cm de large, cette chaussure a été confectionnée dans un seul morceau de cuir, précisent les archéologues dans la revue PLoS ONE. Sa pointure serait environ 37 d’après les standards actuels. Cependant seul le pied droit a été retrouvé.

C’est une doctorante arménienne qui, la première, a vu cette chaussure dans la grotte d’Areni-1, site important de fouilles de la région de Vayotz Dzor. Etonnés par son état, l’équipe de Ron Pinhasi (University College Cork, Irlande) et Gregory Areshian (Cotsen Institute of Archaeology, UCLA, E-U) a envoyé plusieurs échantillons pour analyses. Un peu d’herbe et deux fines lamelles de cuir ont été prélevées et envoyées dans un laboratoire de l’Université d’Oxford (GB) et de l’Université de Californie (EU). Les analyses ont conclu que la chaussure avait environ 5.500 ans. Soit environ 300 ans de plus que la chaussure en cuire d’Ötzi, l’homme retrouvé prisonnier d’un glacier alpin.

Crottes protectrices

Dans cette grotte d’Areni-1 ont également été découverts les crânes de trois adolescents placés dans des vases en céramique, des pots ayant contenu de l’orge, des abricots ou d’autres végétaux. La fraîcheur et le peu d’humidité de cette grotte karstique offrent de bonnes conditions de conservations, précise Ron Pinhasi et ses collègues. Moins conventionnelle, une couche de crottes de moutons a recouvert et protégé tous ces trésors archéologiques !

Source : Sciences et Avenir du 10/06/2010

vendredi 11 juin 2010

La grotte d'Altamira va rouvrir au public

La grotte d'Altamira en Espagne, considérée comme la "Chapelle sixtine" de l'art rupestre paléolithique, va rouvrir au public après huit ans de fermeture. Une décision qui va l'encontre des recommandations des experts.

Un des fameux bisons de la grotte d'Altamira, située sur la commune de Santillana del Mar, près de Santander.

Ce chef-d'œuvre découvert en 1868 contient l'un des ensembles picturaux majeurs de la préhistoire, avec sa célèbre grande salle aux bisons peinte il y a au moins 14 000 ans. On peut y observer au plafond des bisons rouges et jaunes, mais aussi des chevaux, des cerfs et des humains à tête d'animal. Elle avait été fermée au public en septembre 2002, après la découverte de micro-organismes qui détérioraient ses peintures. Depuis, 2,5 millions de visiteurs ont dû se contenter d'admirer une réplique exacte de la grotte, à proximité.

En avril, les experts du Conseil supérieur des recherches scientifiques (CISC) avaient averti que "l'entrée continuelle de visiteurs provoquerait un nouveau changement de l'environnement" de la grotte avec une "prolifération" des micro-organismes susceptibles de dégrader les peintures.

La fondation qui gère le site d'Altamira, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, a pris la décision de rouvrir la grotte originale à condition que soient mises an place "toutes les garanties pour conserver ce bien exceptionnel". Un groupe de travail chargé de fixer d'ici à la fin de l'année les conditions et limites de l'ouverture au public se réunira pour la première fois vendredi.

Source : Le Monde du 10/06/2010

mercredi 9 juin 2010

La grotte d'Altamira va rouvrir au public

MADRID - La grotte d'Altamira (nord-ouest de l'Espagne), considérée comme la "Chapelle Sixtine" de l'art rupestre paléolithique, va rouvrir au public après huit ans de fermeture, a annoncé mardi la ministre de la Culture, Angeles Gonzalez-Sinde.
La fondation qui gère le site d'Altamira, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, a pris cette décision à l'unanimité en la conditionnant au respect de "toutes les garanties pour conserver ce bien exceptionnel" situé sur la commune de Santillana del Mar, près de Santander.
Un groupe de travail chargé de fixer d'ici à la fin de l'année les conditions et limites de l'ouverture au public se réunira pour la première fois vendredi.
La grotte d'Altamira, découverte en 1868, contient l'un des ensembles picturaux majeurs de la préhistoire, avec sa célèbre grande salle aux bisons peinte il y a au moins 14.000 ans. On peut y observer au plafond des bisons rouges et jaunes, mais aussi des chevaux, des cerfs et des humains à tête d'animal.
Elle avait été fermée au public en septembre 2002, après la découverte de micro-organismes qui détérioraient ses peintures rupestres.
Depuis, 2,5 millions de visiteurs ont dû se contenter d'admirer une réplique exacte de la grotte, à proximité.
Le président de la région de Cantabrie, Miguel Angel Revilla, a exprimé le voeu que le prochain premier visiteur de la grotte soit le président américain Barack Obama en personne. "J'ai déjà écrit la lettre d'invitation, et en anglais", a-t-il déclaré.
La décision de rouvrir la grotte au public est contraire aux recommandations d'un rapport remis en avril par le Conseil supérieur des recherches scientifiques (CISC).
"L'entrée continuelle de visiteurs provoquerait un nouveau changement de l'environnement" de la grotte avec une "prolifération" des micro-organismes susceptibles de dégrader les peintures, avait-il averti.
Avant sa fermeture en 2002 sur recommandation du CICS, la grotte d'Altamira avait été une première fois interdite au public en 1997, avant de rouvrir en 1982 avec un régime de visites limitées.

Source : Dépêche AFP du 08/06/2010

vendredi 4 juin 2010

Le séquençage du génome néandertalien révèle des croisements avec l'homme

Le séquençage du génome du Néandertalien, annoncé jeudi par une équipe internationale de recherche, révèle des croisements avec l'humain moderne et lève le voile sur des traits génétiques uniques à l'homme dans l'évolution.

De un à quatre pour cent du génome de l'homme --2% de ses gènes-- proviennent des Néandertaliens, nos plus proches cousins, dont l'apparition remonte à environ 400.000 ans et qui se sont éteints il y a 30.000 ans, précisent ces chercheurs dont l'étude paraît dans la revue américaine Science du 7 mai.

"Nous pouvons désormais dire que selon toute vraisemblance il s'est produit un transfert de gènes entre les Néandertaliens et les humains", souligne Richard Green, professeur d'ingénierie bio-moléculaire à l'Université de Californie à Santa Cruz, principal auteur de ces travaux entamés quatre ans auparavant et dont une ébauche avait été rendue publique en 2008.

Selon ces chercheurs, ce transfert génétique a dû se produire il y a entre 50.000 et 80.000, probablement quand les premiers homo-sapiens ont quitté l'Afrique --berceau de l'humanité-- et rencontré les hommes de Néandertal au Proche-Orient, avant de se dispercer en Eurasie.

Le fait que les gènes néandertaliens apparaissent dans le génome d'individus d'origine européenne et asiatique mais pas chez les Africains conforte cette hypothèse.

En outre, aucun gène d'homo-sapiens n'a été trouvé dans le génome du Néandertalien séquencé à partir d'ADN extrait de trois ossements fossilisés provenant de la caverne de Vindiglia en Croatie, qui datent de 38.000 et 44.000 ans. Ces os appartenaient à trois femelles.

Ces chercheurs ont comparé le génome néandertalien avec celui de cinq humains modernes venant d'Afrique australe et occidentale ainsi que de France, de Chine et de Papouasie Nouvelle-Guinée.

jeudi 3 juin 2010

Ardi : un ancêtre incertain

Ceux qui, l’automne dernier, ont bien aimé Ardi, ce fossile de 4,4 millions d’années censé être notre ancêtre, vont être déçus : une étude parue dans Science prétend qu’il vivait dans la forêt plutôt que la savane, ce qui le placerait plus près du chimpanzé.

Ardi, ou Ardipithecus ramidus, c’est du sérieux. Il a fallu 17 longues années à ses découvreurs, dirigés par Tim White de l’Université de Californie, pour le reconstituer et leurs conclusions, également parues dans Science en octobre, faisaient de cette femelle de 1 m 20 un pré-humain plus près de l’australopithèque (comme la célèbre Lucy, vieille de 3 millions d’années). Mais selon une équipe de géochimistes et d’anthropologues, les échantillons de sol à cet endroit révèlent plutôt la présence d’une forêt plus dense qu’on ne le pensait, ce qui serait incompatible, selon eux, avec la marche debout attribuée à Ardi. L’équipe de Tim White n’en démord pas et réplique dans Science. Le débat est lancé...

Source : Agence Science Presse du 01/06/2010

mardi 1 juin 2010

"Ardi" est-il vraiment un ancêtre de l'homme ?

Mais qui était exactement "Ardi"? L'an dernier, ce fossile originaire d'Ethiopie a été présenté comme une découverte cruciale pour l'histoire de l'évolution humaine, mais aujourd'hui les scientifiques s'interrogent : était-il vraiment un ancêtre de l'homme et dans quel environnement a-t-il vécu ?

Des chercheurs contestent aujourd'hui son appartenance à la branche humaine de l'évolution des espèces. Leurs travaux sont publiés dans la revue "Science".

Selon l'étude initiale, publiée par la même revue en octobre, Ardi, diminutif d'Ardipithecus ramidus, vivait il y a 4,4 millions d'années, et était une créature de sexe féminin mesurant 1,20m et pesant 50kg. Ses ossements ont été découverts entre 1992 et 1994 dans la région de l'Afar en Ethiopie.

Ardi a vécu un million d'années avant Lucy -l'un des plus célèbres fossiles du monde, découvert en 1974 et longtemps considéré comme le plus vieil hominidé connu. Sa découverte a été présentée en octobre dernier comme un éclairage nouveau sur l'évolution du genre humain. Les chercheurs avaient conclu qu'Ardi marchait debout et vivait dans un habitat arboré (bois, forêts).

Dans la nouvelle étude, Esteban Sarmiento, de la Fondation sur l'évolution humaine d'East Brunswick (New Jersey), se dit sceptique sur l'appartenance d'Ardi à la branche de l'évolution qui a conduit à l'homme moderne. Selon lui, les caractéristiques anatomiques citées par l'étude initiale n'apportent pas de preuves convaincantes sur ce point. Certaines de ces caractéristiques, affirme-t-il, indiquent au contraire qu'Ardi est apparu avant que les humains ne se séparent de la lignée des grands singes africains.

Deux autres experts interrogés par l'Associated Press estiment toutefois qu'il est trop tôt pour dire quelle place occupe Ardi dans l'histoire de l'évolution. Will Harcourt-Smith, du Muséum américain d'histoire naturelle, dit ne pas être ne mesure de se prononcer sur l'opinion de M. Sarmiento. "Nous n'en sommes qu'au début" de l'analyse d'Ardi, souligne-t-il.

Pour M. Harcourt-Smith, "tant que nous n'aurons pas une description plus complète du squelette, il faut être prudent sur l'interprétation des analyses initiales dans un sens comme dans l'autre." Mais il n'est pas d'accord avec l'argument de M. Sarmiento selon lequel Ardi est probablement trop vieux pour appartenir à la branche humaine de l'évolution.

Rick Potts, du Muséum d'histoire naturelle de la Smithsonian Institution, note qu'Ardi a vécu dans une période mal connue de l'évolution, au cours de laquelle "beaucoup d'expérimentations" ont pu survenir. "Je pense qu'il est trop tôt" pour se prononcer sur son lien de parenté avec l'homme.

L'autre critique porte sur l'environnement d'Ardi. L'hypothèse d'un habitat arboré avancée l'an dernier va à l'encontre de l'idée selon laquelle les premiers ancêtres de l'homme auraient commencé à marcher debout parce qu'ils vivaient dans des plaines herbeuses et des savanes.

Dans la nouvelle étude, le géochimiste Thure Cerling, de l'université d'Utah, et d'autres chercheurs estiment qu'Ardi a vécu dans un environnement de savane ne comprenant pas plus de 25% de forêt. Leur théorie se fonde sur l'analyse de sédiments anciens, de dents d'animaux retrouvés sur le site des fouilles et de minuscules grains de silices découverts dans des plantes.

Le débat autour d'Ardi ne surprend pas Tim White, de l'université de Californie, l'un des auteurs de l'étude publiée l'an dernier. "C'était totalement prévisible", dit-il. "Chaque fois que vous avez quelque chose d'aussi différent qu'Ardi, vous allez probablement en avoir un."

Dans "Science" et dans un entretien à l'AP, M. White défend l'étude présentée l'an dernier. "Les preuves sont très claires que chez l'Ardipithecus, il y a des caractéristiques partagées seulement par les hominidés apparus plus tard (...) et les humains." S'il reconnaît la présence de savane dans l'environnement d'Ardi, il assure que tout indique qu'Ardi préférait vivre dans les zones boisées. Reste que le débat est loin d'être clos...

Source : Yahoo Actualités du 28/05/2010