jeudi 31 décembre 2009
Découverte scientifique de l'année
Pas moins de quinze années auront été nécessaires pour extraire et étudier à la loupe les 125 ossements particulièrement friables et fragiles de la belle Ardi, de son vrai nom Ardipithecus ramidus. Cette nouvelle espèce d’hominidé, dont la première trace fossile - une simple dent - a été exhumée en décembre 1992, toujours dans l’Afar, par un membre de l’équipe du paléontologue américain Tim White, bouscule ce que l’on croyait connaître sur les ancêtres des grands singes (chimpanzé, gorille…) et de la lignée humaine. Ardi n’est en effet ni une australopithèque, comme Lucy, ni une représentante du genre Homo. Elle offre un mélange inédit de traits primitifs hérités de ses ancêtres et de traits modernes que l’on retrouve chez des hominidés plus récents. Résultat : il faudra remonter au moins deux millions d’années en arrière pour espérer retrouver l’ancêtre commun aux hommes et aux grands singes.
Source : Le Figaro du 31.12.2009
lundi 28 décembre 2009
Ardipithecus : une paléo-star est née
Une nouvelle vedette à la une
Le vendredi 18 décembre 2009, un visage doux et énigmatique occupe, seul, la couverture de la prestigieuse revue Science. « Ardi », ou Ardipithecus ramidus pour son nom scientifique, reçoit « la » récompense suprême de l'année, devant neuf autres progrès marquants.
Voilà ce fossile, découvert il y a déjà quinze ans, propulsé au rang de star de la discipline, aux côtés des Lucy, Toumaï et autres Orrorin… Consécration qui s'accompagne d'un plan de communication rodé, avec informations distillées sous embargo et volumineux dossier en ligne. Et qui ponctue une série de onze articles, signés de 47 chercheurs de dix nationalités, publiés dans la revue américaine le 2 octobre dernier… N'en jetez plus ! « Cette somme de plus de cent pages nous a donné de la lecture pour plusieurs mois, sans compter les annexes aux articles, au moins aussi longues, sourit le paléontologue François Marchal, constatant qu'une telle place accordée à un hominidé est inhabituelle. Les revues se contentent généralement d'un article de présentation du fossile, suivi d'une discussion avec d'éventuels détracteurs ».
Un jeu subtil entre revues et chercheurs
Certes, la médiatisation d'Ardi résulte du jeu subtil entre chercheurs et revues scientifiques. Ces dernières privilégient les découvertes spectaculaires, qui attirent de nouveaux abonnés et génèrent des rentrées publicitaires. Les chercheurs sachant bien, pour leur part, qu'un article dans une revue prestigieuse représente un coup d'accélérateur à leur carrière... Mais dans le cas d'Ardipithecus, les paléoanthropologues s'accordent sur l'importance de la découverte.
Alors, qui est cette Ardi – puisqu'il s'agit d'une femelle – émergée des sables de la vallée de l'Awash, sur le site d'Aramis, à 230 km au nord-est de la capitale éthiopienne Addis-Abeba ? Tout d'abord une véritable rescapée, qui ne serait jamais parvenue jusqu'à nous sans plusieurs coups de chance ! Lors de sa mort tout d'abord, au bord d'un lac il y a 4,4 millions d'années, où elle a été rapidement ensevelie dans des sédiments peu acides… Puis, lorsque la couche géologique qui l'enserrait, faite de roches volcaniques qui ont permis de la dater, a peu à peu affleuré. Et, enfin, quand le chercheur éthiopien Yohannes Haile-Selassie, membre du Middle Awash Paleoanthropological Research Project a repéré dans la terre les os de sa main, le 11 novembre 1994.
Un lent travail de préparation et d’analyse des fossiles
Depuis cette date, l'équipe américano-éthiopienne a réalisé douze campagnes, la dernière datant de 2008. Fouillant chaque année le sol avec précaution, en raison de la fragilité des os, du fait d'un processus de fossilisation inachevé. Puis les solidifiant avec une résine, pour enfin les transporter dans les laboratoires du Muséum national d'Addis-Abeba.
Là, les vestiges ont été patiemment nettoyés, débarrassés de leur gangue minérale grain après grain. Avant que les découvertes puissent enfin être étudiées, grâce aux techniques de pointe : micro-scanner pour visualiser l'intérieur des os, spectrométrie datant précisément les sédiments, ou microscopie électronique à balayage révélant les microstries à la surface des dents. Un véritable travail de fourmi, qui explique le délai de près de quinze ans écoulé entre la première découverte, en 1994, et la récente publication… Même si des articles plus courts avaient déjà levé, depuis 1997, un coin du voile sur Ardipithecus ramidus. Mais on ne connaissait jusqu'à présent que son âge, ses principales mensurations ainsi que sa pratique de la bipédie, le rattachant au rameau humain.
Cette fois, les résultats portent sur un total de 36 individus différents retrouvés autour des premiers fossiles. Et le squelette le plus complet, baptisé donc Ardi » ou ARA-VP-6/500 pour son nom de code, comprend 125 os différents : fragments de crâne, dents, os des bras, de la main et du poignet, du bassin, des jambes et des pieds. Avec autant de restes, Ardipithecus ramidus est l'hominidé le mieux documenté pour les périodes les plus reculées, c'est-à-dire avant l'avènement des Australopithèques il y a 4 millions d'années. À titre de comparaison, l'autre espèce d'Ardipithèque, appelé kadabba (5,6 millions d'années), ou encore Orrorin tugenensis (6 millions) et Sahelanthropus tchadensis (7 millions), ne sont connus qu'au travers de quelques dizaines d'ossements.
Un portrait-robot particulièrement précis
Sur la base de leur patiente étude, les paléoanthropologues ont dressé un portrait fidèle de ce lointain ancêtre. « Ardi pesait environ 50 kg et mesurait 1,20 m, détaille ainsi Tim White, de l'université de Berkeley et co-directeur du projet Middle Awash, ce qui est beaucoup pour un hominidé aussi ancien. L'Australopithèque afarensis Lucy, par exemple, découverte à 75 km à peine d'Aramis et qui vivait plus d'un million d'années après, ne pesait que 25 kg. » Grâce à l'étude d'environ 150 000 ossements animaux ou restes végétaux (bois, graines et pollens) exhumés des collines d'Aramis, les chercheurs ont aussi reconstitué le milieu dans lequel évoluait Ardi. Eléphants, rhinocéros, girafes et antilopes primitifs s'y côtoyaient.
Quant au paysage, il était constitué d'une forêt tropicale claire, parsemée de clairières, où les palmiers étaient abondants. Autant d'informations obtenues grâce, entre autres, à l'étude de minuscules particules d'opales (de 2 à 250 microns), appelés phytolites, qui s'accumulent à l'intérieur et autour des cellules végétales. « Contrairement aux pollens, les phytolites sont résistantes à l'oxydation dans les sols, ce qui en fait de bons marqueurs de la végétation à l'époque des premiers hominidés », expliquent Raymonde Bonnefille et Doris Barboni, du Centre européen de recherche et d'enseignement des géosciences de l'environnement (Cerege), situé à Aix-en-Provence.
Un nouveau scénario évolutif
Les paléoanthropologues font également revivre les comportements d'Ardipithecus, comme son mode de locomotion, à la fois bipède et arboricole. « Au sol, Ardi marchait sur ses deux pattes arrière, comme en atteste la forme de son bassin, détaille Tim White. Mais son gros orteil, entièrement opposable aux autres doigts de pied, et sa voûte plantaire, très plate, lui interdisaient de longues marches et la course. Dans les arbres, Ardi était certainement moins agile et rapide que les chimpanzés, sa main ne présentant pas les adaptations propres aux singes, comme une paume très allongée et certains ligaments permettant la suspension aux branches. »
Autre élément riche d'enseignements : les dents, en particulier les canines. Bien plus petites et fines que chez les singes, elles ne pouvaient donc pas servir d'arme aux Ardipithèques mâles pour en attaquer d'autres, comme c'est le cas chez les primates. Conséquence : « Les mâles étaient probablement appariés à une seule femelle, ne se disputant pas comme chez les singes l'accès à plusieurs partenaires, détaille Owen Lovejoy, de la Kent State University. Peut-être même les mâles apportaient-ils des aliments aux femelles. »
Un trait social altruiste, aux conséquences importantes en terme d'évolution. Impossible en effet de transporter des fruits jusqu'aux femelles sans membres supérieurs libérés de la locomotion quadrupède. Ce changement comportemental aurait donc été associé aux origines de la bipédie, concluent les chercheurs. Mieux : cet approvisionnement par les mâles aurait dégagé du temps aux femelles pour s'occuper de leurs petits et pour coopérer avec d'autres femelles.
Priorité aux fossiles
Aidées par leurs mâles, Ardi et ses sœurs sont-elles à l'origine des structures sociales complexes qui ont marqué les premiers pas de l'hominisation ? Le débat est ouvert, qui promet de diviser les paléoanthropologues. Mais déjà, Ardipithecus bouscule bien des certitudes. « Sur la base de la proximité génétique entre chimpanzés et hommes actuels, on pensait que les hominidés les plus anciens devaient ressembler aux chimpanzés, explique Owen Lovejoy. Ardipithecus contredit cette théorie et nous apprend que certains traits propres aux chimpanzés, comme leur comportement social agressif, sont apparus après la séparation de nos deux lignées. » Au passage, Ardipithecus nous rappelle que les fossiles détiennent seuls la clé pour comprendre notre passé africain, plus que l'étude des singes modernes ou la paléogénétique… Autant de mises au point qui méritaient bien la couverture d'une revue prestigieuse.
Source : Science Actualités du 28/12/2009
dimanche 27 décembre 2009
L'histoire de l'univers à l'échelle d'une année
Source : La Dépêche du 27/12/2009
jeudi 17 décembre 2009
Des artéfacts de 1,8 million d'années
Source : Comptes-Rendus Palevol, n°8, décembre 2009
Source : Science Actualités du 17 décembre 2009
mardi 15 décembre 2009
Les premières traces d'activités humaines connues en Europe occidentale repoussées de plus de 200 000 ans
Juillet 2008, un résident du village voisin de Lézignan-la-Cèbe, dans l'Hérault, révèle à une équipe de chercheurs le fruit de ses découvertes (lot d'os et de dents de mammifères fossiles) au sein de la carrière de basalte de cette commune. Suite à cette révélation, une première expertise patrimoniale est menée. Elle permet d'identifier une vingtaine de taxons différents de vertébrés (2) parmi lesquels : des bovidés, des cervidés, des équidés, des rhinocérotidés, des proboscidiens (il est fort probable qu'un Mammuthus meridionalis soit présent sur le site), des carnivores, des rongeurs, des insectivores (taupe), des reptiles et même des oiseaux. Les restes d'équidés sont les plus nombreux, indice d'un milieu ouvert, mais malgré tout arboré compte tenu de la diversité des cervidés et carnassiers retrouvés. Ces découvertes témoignent également d'un climat chaud et assez humide ainsi que de la présence d'un cours d'eaux vives sur le terrain de Lézignan-la-Cèbe au Pléistocène inférieur.
La datation de la coulée de basalte qui coiffe la zone ayant livrée ces précieux objets avoisine les 1,57 million d'années, et permet donc d'estimer à ce même âge le site et son contenu. Par la suite, les pluies automnales de 2008 ont dévoilé une vingtaine d'artéfacts de type pebble culture (3), confectionnés à partir de supports assez divers (quartzite, basalte, micro-granite…). La présence de choppers (détachement d'un ou deux éclats sur un galet), de chopping-tools (outils plus travaillés, présentant deux faces tranchantes) et d'éclats non Levallois (4) récoltés en surface semblent prometteuse, sachant que les niveaux dont proviennent ces objets n'ont pas encore été fouillés.
l est rare que les faunes de vertébrés terrestres du Pléistocène inférieur européen soient associées à des restes humains ou à des artefacts. Seuls les sites d'Atapuerca en Espagne (vers 1,2-1,1 million d'années) et de Kozarnika en Bulgarie (vers 1,4-1,2 million d'années) font état d'une telle association, et moins de 10 sites européens associent faune et artefacts. Aussi, une découverte aussi riche que celle de la vallée de l'Hérault offre une opportunité réelle de mieux comprendre l'Europe de cette période. Rappelons que les premiers Hominidés fabricants d'outils apparaissent en Afrique de l'Est dès 2,5 millions d'années, et sont présents aux portes de l'Europe en Transcaucasie vers 1,8 million d'années. Jusqu'à présent, les plus anciennes occupations en Europe Occidentale étaient attestées à partir de 1,2-1,4 million d'années (Bulgarie, Espagne et Italie). Aussi, la découverte présente repousse de 200 000 ans la présence attestée d'hominidés en Europe. Le site de Lézignan-la-Cèbe est donc d'une importance fondamentale pour comprendre l'arrivée des premiers Hominidés en Europe, mais aussi afin de mieux appréhender le Pléistocène ancien européen.
Les potentialités du site restent grandes, et les chercheurs espèrent une récolte d'artefacts plus nombreux. De nouvelles investigations sont planifiées dans le courant de l'année 2010 afin de préciser le contexte de cette ancienne occupation humaine de plein air. Le contexte géologique apparaît en effet favorable à la présence de restes humains. De même, une étude taphonomique (5) des os collectés doit suivre dans le but de comprendre les traces de charognages, mâchonnements ou impacts de crocs relevés sur de nombreux restes osseux.
Notes :
1. Relative à une période située entre le pliocène (entre 5,3 à 1,8 million d'années) et le pléistocène (entre 1,8 million d'années et 11 430 ans).
2. Les premières opérations de terrain ont été financées par le Conseil général de l'Hérault. De son côté, l'association ASPROGEO gère le budget et assure la logistique.
3. Entre 2 500 000 et 1 600 000 ans.
4. La méthode Levallois correspond à une méthode de taille des pierres préhistoriques.
5. Etude des processus intervenant depuis la mort d'un organisme vivant jusqu'à sa fossilisation.
Références :
J.Y. CROCHET, J.L. WELCOMME, J. IVORRA, G.RUFFET, N. BOULBES, R. CAPDEVILA, J. CLAUDE, C. FIRMAT, G. METAIS, J. MICHAUX, M. PICKFORD, Une nouvelle faune de vertébrés continentaux, associée à des artefacts dans le Pléistocène inférieur de l'Hérault (Sud de la France), vers 1,57 Ma, Comptes-Rendus Palevol, 8 (décembre 2009) 725-736.
Source : Communiqué de presse du CNRS du 15 décembre 2009
lundi 14 décembre 2009
Un «chaînon manquant» disparaît
Darwinius masillae, alias « Ida ». Âgé d’environ 47 millions d’années, ce fossile remarquablement bien conservé de jeune femelle primate aura fait couler beaucoup d’encre à travers le monde. Les paléontologues qui l’ont étudié l’ont en effet présenté en mai dernier, à grand renfort de publicité, comme un « chaînon manquant » dans le processus évolutif qui a conduit à l’homme. Une présentation complétée par une publication un peu plus réservée . Mais la polémique a immédiatement fait rage sur cette interprétation . Une nouvelle étude menée par une équipe américaine enfonce le clou.
Conduite par Erik R. Seiffert, de l’université Stony Brook à New York, cette dernière affirme en effet que Darwinius masillae n’est pas un ancêtre des anthropoïdes ; il ne s’inscrit donc pas dans la lignée ayant conduit à l’homme. « Selon leurs résultats, qui semblent faire consensus, Ida n’est qu’un “simple” représentant des adapiformes, explique Laurent Marivaux, de l’institut des sciences de l’évolution de Montpellier. Il s’agit d’un groupe de primates ayant vécu durant l’Éocène, il y a 55 à 34 millions d’années, et dont les représentants actuels sont les lémuriens et les loris. Remise sur le devant de la scène par la présentation d’Ida, l’hypothèse selon laquelle les anthropoïdes se seraient enracinés au sein des adapiformes est invalidée par cette étude. »
Pour parvenir à cette conclusion, les paléontologues américains se sont fondés sur l’examen approfondi de la dentition et de l’os de mâchoire d’Afradapis longicristatus, autre adapiforme, vieux d’environ 37 millions d’années et découvert en Égypte. Ils ont ensuite examiné et comparé 360 caractères morphologiques chez 117 primates actuels et éteints, dont Ida et Afradapis longicristatus. Selon cette analyse phylogénétique poussée, les auteurs sont formels : les adapiformes ne font pas partie des ancêtres des anthropoïdes. Quant aux deux fossiles en question, ils se situeraient dans une branche n’ayant pas laissé de descendants connus.
Certains caractères des adapiformes présentent toutefois des ressemblances avec ceux des anthropoïdes, notamment au niveau de la dentition « Ces caractères seraient nés indépendamment dans les deux groupes à la suite d’une même pression de l’environnement, peut-être une similitude de régime alimentaire. C’est ce qu’on appelle des convergences adaptatives, explique Laurent Marivaux. Quant à l’os astragale de la cheville d’Ida, son état et les analyses réalisées ne permettent pas de le rapprocher de celui d’anthropoïdes, contrairement à ce qu’en disent ses promoteurs. » Ces derniers maintiennent toutefois leur analyse selon laquelle ce fossile est plus proche des singes et des grands singes que des lémuriens.
Source : La Recherche du 14 décembre 2009
dimanche 6 décembre 2009
dimanche 1 novembre 2009
Ardi n'était ni chimpanzé ni humain
Elle crapahutait en Afrique de l'Est, près d'un million d'années avant Lucy l'australopithèque... Bienvenue à «Ardi» l'ardipithèque, une femelle hominidé datée de -4,4 millions d'années, riche d'informations médites, grâce à son squelette, le plus ancien connu pour un hominidé. De Tournai'(-7 millions d'années) on ne connaît en effet que le crâne, d'Orrorin (-6 Ma), trois fémurs, un humérus et quelques dents. Ardipithecus ramidus (son nom savant), autrement plus complet, «ne ressemble à rien de ce à quoi nous nous attendions», selon son découvreur éthiopien Gen Suwa. Avec sa mise au jour en 1992, les chercheurs ont pensé tenir l'ancêtre des Homo, ou celui des grands singes, voire le «graal» de la paléontologie humaine : l'ancêtre commun aux deux lignées... Patatras ! après dix-sept ans d'analyses et l'exhumation de 36 individus au total, Ardi a été classée dans un genre nouveau, éloigné, situé sur une lignée voisine de celle des australopithèques : «Ni chimpanzé ni humain, elle nous rapproche comme jamais auparavant de l'ancêtre commun aux singes et à l'homme et nous permet vraiment d'imaginer ses traits», assure le paléoanthropologue américain Tim White (université de Californie, Berkeley).
Portrait.1,20 m pour 50 kilos
- Une petite tête : le volume de sa boîte crânienne, 300 à 350 cm3, est comparable à celui d'un bonobo, plus petit que celui d'un australopithèque (400 à 550 cm3, contre 1500 cm3pour Y Homo sapiens actuel).
- Un régime varié : ses dents à l'émail peu épais suggèrent un régime frugivore et omnivore, à l'exclusion des aliments coriaces et abrasifs (comme les noix).
- Une locomotion bipède et arboricole : son bassin et ses pieds rigides étaient ceux d'un bipède, mais elle était incapable de courir, ses voûtes plantaires n'étant pas arquées. Elle progressait aussi sous le couvert forestier grâce à ses paumes et à ses pieds aux pouces opposables. Au vu de ses bras et poignets, elle ne pouvait ni se suspendre dans les arbres, comme les orangs-outangs, ni marcher sur les phalanges de la main, comme les chimpanzés. De tels traits, loin d'être primitifs, seraient donc des adaptations apparues plus tardivement chez les grands singes.
- Enfin, des moeurs paisibles : il n'y a pas de différence marquée entre les femelles et les mâles ardipithèques, ces derniers étant même dépourvus de canines surdéveloppées, comme les chimpanzés. Le dimor- phisme sexuel, aiguisé par la compétition et la sélection sexuelle, serait donc apparu plus tard.
Source : Sciences et Avenir de novembre 2009
vendredi 23 octobre 2009
Le plus vieil hominidé livre une partie de ses secrets
Ils ont mis le paquet et ont pris leur temps : 47 chercheurs, américains, éthiopiens, japonais, français, anglais et canadiens, publient aujourd'hui, dans la prestigieuse revue Science, les résultats de quinze années de recherche. Avec pas moins de onze articles consacrés à Ardipithecus ramidus, un hominidé qui vivait il y a 4,4 millions d'années dans ce qui est aujourd'hui le rift de l'Afar, en Éthiopie. Même s'il existe quelques rares fossiles d'hominidés plus anciens, le squelette presque complet que l'équipe a reconstitué est le plus vieux jamais découvert et étudié à ce jour. Et il bouscule quelque peu ce que l'on croyait connaître des ancêtres des primates et de la lignée humaine.
L'histoire commence le 17 décembre 1992. Gen Suwa, étudiant dans l'équipe du paléoanthropologue Tim White, de l'université de Californie, découvre dans le désert, près du village d'Aramis, en Éthiopie, une dent fossilisée. Qui est très rapidement identifiée comme une molaire d'hominidé. L'équipe passe le site au peigne fin, le nez dans la poussière. Et trouve d'autres restes d'hominidés.
1,20 m pour un poids de 50 kg
Mais il faudra attendre 1995 pour qu'un étudiant éthiopien de l'équipe de Tim White, Yohannes Hailé Selassié, découvre deux os appartenant à une main. Qui seront suivis d'os du pelvis, de la jambe, de la cheville, du pied… Finalement, un squelette presque complet est déterré. Qui sera surnommé Ardi, son nom provenant des mots afars signifiant «racine» et «terre».
En tout, moins d'une demi-douzaine de squelettes de plus d'un million d'années ont été retrouvés à ce jour. Le plus ancien (40 % du squelette complet) était jusqu'à présent celui de Lucy (3,2 millions d'années), l'australopithèque découverte en 1974 par Donald Johanson, Maurice Taïeb et Yves Coppens, à 75 kilomètres du lieu où Ardi l'a été vingt ans plus tard. L'histoire se répète puisque Ardi est également de sexe féminin. La belle mesurait 1,20 m pour un poids de 50 kg. Les reconstitutions effectuées, avec beaucoup de difficultés car les os fossiles étaient très fragiles et friables, montrent qu'elle avait un cerveau assez petit, plus encore qu'une australopithèque, de l'ordre de celui d'un singe bonobo. Qu'elle avait un museau prononcé, faisant effectivement penser aux singes, mais qu'elle avait des traits différents d'eux. Ardi était, selon les chercheurs, capable de se balancer de branche en branche avec ses quatre membres, mais également de marcher debout sur ses «jambes».
«Pour la première fois, on voit qu'il y a un nouveau type d'hominidé, qui n'est ni Australopithecus, ni Homo», assure Michel Brunet, du Collège de France. Ardi présente un mélange des traits «primitifs» de ses ancêtres et de traits «dérivés» que l'on retrouve chez les hominidés ultérieurs. On pensait, jusqu'à Ardi, que le chimpanzé et les autres grands singes modernes étaient plus proches que nous de nos ancêtres communs. Il semble qu'il n'en soit rien. Les hominidés et les singes africains ont suivi des chemins évolutifs distincts. Et il faudra remonter encore d'au moins deux millions d'années en arrière pour trouver l'ancêtre commun aux hommes et aux autres primates.
Ardi n'est pas le seul «succès» de ces fouilles. En plus de ce squelette et de 110 os fossiles provenant d'au moins 36 autres individus Ardipithecus, 150 000 spécimens provenant d'animaux et de plantes datant de cette époque ont été exhumés. Dont 29 espèces d'oiseaux, étudiées par des chercheurs français, qui ont trouvé des espèces encore inconnues. Tout comme de petits mammifères, avec une vingtaine de nouvelles espèces de chauves-souris, de rongeurs et d'autres petits carnivores.
Source : Le Figaro du 23/10/2009
mercredi 21 octobre 2009
vendredi 16 octobre 2009
Ardi, nouvel ancêtre de l'homme
Les grands singes actuels comportent les orangs-outangs, les gorilles, les chimpanzés, et les humains. Ces derniers ont un ancêtre commun avec les chimpanzés, à partir duquel divergent les hominidés, dont Toumaï (7 millions d'années), et les australopithèques (dont Lucy, 3,2 millions d'années), parmi lesquels une lignée gracile aurait donné le genre Homo, auquel appartient notre espèce. Or une équipe internationale d'une cinquantaine de chercheurs (dont cinq Français), coordonnée par Tim White, de l'Université de Berkeley, vient de publier une série d'études sur les caractéristiques et le mode de vie d'un nouvel hominidé, intermédiaire entre Toumaï et les australopithèques.
Des premiers fragments d'un squelette d'Ardipithecus ramidus avait été découverts par le Japonais Gen Suwa en 1992 près du village éthiopien d'Aramis. Puis l'Éthiopien Yohannes Hailé-Sélassié y a mis au jour une main – celle du squelette quasi complet d'«Ardi», une femelle, patiemment dégagé ensuite entre 1994 et 1997. La couche de silt qui contenait ces fossiles s'est déposée il y a 4,4 millions d'années, ce qui a été établi par l'analyse de radio-isotopes contenus dans les couches de tufs et de cendres volcaniques qui l'entourent. Cette découverte clef a été suivie de nombre d'autres ; aujourd'hui, l'équipe internationale qui étudie Ardipithecus ramidus dispose de 110 spécimens issus de 36 individus.
Les chercheurs ont tenté de reconstituer le mieux possible la biologie, l'environnement et le mode de vie d'Ardi. Le portait d'un hominidé parfaitement bipède, mais toujours arboricole, s'est dessiné. Si la partie inférieure du pelvis d'Ardi accueille les insertions des muscles puissants nécessaires pour grimper, sa partie supérieure montre qu'elle pouvait marcher droite sur ses deux jambes. Mais pour marcher, elle devait en quelque sorte faire rouler sur le sol la paume de ses pieds en forme de mains, c'est-à-dire des pieds dotés de pouces opposables. Quant aux mains, elles étaient conformées pour la flexion, ce qui traduit une adaptation à l'escalade et au déplacement dans les arbres ; leur structure suggère cependant qu'Ardi ne pouvait se suspendre à une branche durant plusieurs minutes par un seul bras, ce que font couramment les chimpanzés.
Cette description anatomique fait d'Ardi un animal intermédiaire dans la chaîne alimentaire de son milieu, à savoir des forêts claires. Ce milieu comporte de gros animaux – rhinocéros, bovidés, hyènes, etc. – et des petits – oiseaux, rongeurs, insectes, etc. Manifestement, Ardi et ses congénères pouvaient être chassés par des superprédateurs ou leur servir de charognes : certains des os retrouvés par les chercheurs portaient les traces de dents de tels prédateurs.
La dentition de l'ardipithèque suggère un régime omnivore. Comme tous les arboricoles, Ardi et ses congénères consommaient des fruits, mais ne pas négligeaient probablement pas les insectes, les graines, voire certaines feuilles... Et sans doute tentaient-ils à l'occasion de capturer un paon : Antoine Louchart, de l'École normale supérieure de Lyon, a déterminé que les paons représentaient 15 pour cent des oiseaux présents dans l'environnement d'Ardi, tandis que les perroquets en représentaient plus de 30 pour cent.
On peut aussi imaginer qu'Ardi et ses congénères mangeaient des charognes, mettant en œuvre des stratégies collectives pour repousser les hyènes, voire des prédateurs plus gros, comme le font les babouins aujourd'hui. Du reste, l'absence de canines hyper-développées chez les ardipithèques mâles montre que, contrairement aux gorilles ou aux chimpanzés, ils n'en avaient pas besoin pour affronter leurs concurrents. Cette constatation suggère fortement que l'organisation sociale des groupes d'Ardipithecus ramidus était davantage coopérative que fondée sur la hiérarchie entre mâles dominants.
Source : Pour la Science du 16-10-2009
mardi 6 octobre 2009
Ardi, plus vieille que Lucy, éclaire les origines de l'Homme
Dix-sept ans de travail, quarante-sept scientifiques de dix pays différents, plus de cent individus extraits du sable du désert et onze publications dans Science ont fini par permettre la description complète d'un des plus vieux représentants connus de la lignée humaine, Ardipithecus ramidus. La découverte initiale date de 1992 quand une équipe du Middle Awash Project a repéré des ossements dans la vallée du Rift, en Ethiopie. Fragiles et souvent en miettes, ces restes étaient très difficiles à extraire et il a fallu un patient labeur de grattage, puis de reconstruction, parfois sur ordinateur.
Le travail valait cette peine. Le gisement était exceptionnel par la quantité de restes fossilisés et par leur âge. Le premier squelette complet d'une femelle, baptisée Ardi, date de 4,4 millions d'années. C'est elle qui vient de faire l'objet d'une publication exhaustive dans la revue Science, laquelle met également en ligne une galerie de photos et même un site Web dédié à Ardipithecus, où sont compilés les onze articles qui lui sont consacrés (les résumés seuls sont librement accessibles).
Nettement plus vieille que Lucy l'australopithèque, exhumée en 1974 dans la même région, et qui vivait il y a 3,2 millions d'années, Ardy n'est cependant pas le plus ancien hominidé connu (Ardipithecus kadabba est daté de 5,8 à 5,2 millions d'années). Mais son squelette est de loin le plus complet et cette petite femelle, haute de 1,20 mètre pour probablement une cinquantaine de kilogrammes, donne de nouveaux indices pour résoudre une ancienne énigme. La question était de savoir si les ancêtres communs aux hommes et à nos plus proches cousins actuels, les chimpanzés et les bonobos (les panidés), ressemblaient davantage à des singes.
Pas plus près des singes actuels que de nous
Dans l'affirmative, la branche humaine aurait évolué en acquérant des caractères propres tandis que la lignée des grands singes aurait été plus conservatrice. Comme un écho à la vieille idée du chaînon manquant, l'australopithèque, dont Lucy, était vu comme un intermédiaire entre un ancêtre ressemblant beaucoup aux grands singes actuels et l'homme moderne, Homo sapiens. Pour éclairer cette zone de l'histoire de nos ancêtres, il manquait des fossiles, d'humains mais aussi des ancêtres des chimpanzés.
Ardi vient donner un élément de réponse. Elle ne ressemblait pas plus à un chimpanzé qu'à un homme moderne. Avec ses longs bras, elle devait être à l'aise dans les arbres mais son bassin et ses pieds rigides étaient ceux d'un marcheur. Cependant, sa voûte plantaire n'étant pas arquée, Ardi ne devait pas pouvoir courir et les pouces étaient opposables, comme chez les chimpanzés et à la différence de Lucy.
Avec ses mains plus fines que celles des chimpanzés, Ardi devait avoir des gestes plus précis et, les paléontologues en sont sûrs, ne s'appuyait pas sur ses phalanges pour marcher à quatre pattes, comme le font les grands singes. Par ailleurs, ses canines étaient déjà petites alors qu'on pensait ce caractère plus récent dans la lignée humaine. Conclusion des auteurs, les caractères propres aux panidés et qui n'existent pas dans la lignée humaine ne sont pas nécessairement des reliques mais des adaptations apparues après la séparation des deux branches, il y a environ 6 millions d'années, chacune ayant évolué de son côté.
Le tableau final montre un animal moins bien adapté que les chimpanzés à la vie arboricole. Ardi vivait dans mais aussi autour des arbres, qui devaient être pour elle un refuge contre les prédateurs et une chambre à coucher où elle faisait peut-être des nids, à la manière des chimpanzés actuels. Avec une dentition adaptée à un régime varié, Ardy et ses compagnons vivaient dans une région arborée, comme en témoigne l'étude conjointe des sols où ont été retrouvés les fossiles, mais pas une savane.
Ils disposaient de leurs caractères propres (comme les dents moins résistantes que celles des australopithèques) mais avaient déjà les habitudes conservées par la suite chez tous les hominidés, comme la bipédie et une tendance à la grosse tête, avec un cerveau plus volumineux que les chimpanzés (entre 400 et 550 cm3, contre 350 environ).
Source : Futura-Sciences du 06/10/2009
vendredi 2 octobre 2009
Portrait-robot d'un nouvel hominidé
« C’est une découverte du même ordre que celle de Lucy en 1974, explique José Braga, de l’université Paul Sabatier à Toulouse, sauf que le squelette est plus complet et qu’il est plus ancien de 1,2 millions d’années. » Et c’est une découverte qui s’est faite attendre : pour décrire les 110 ossements d’Ardipithecus ramidus, un hominidé de 4,4 millions d’années, quinze ans d’un long travail de tri des ossements, de reconstruction minutieuse par ordinateur ont été nécessaires à l’équipe menée par Tim White, de l’université de Berkeley en Californie. Les onze articles publiés aujourd’hui dans la revue Science sont à la mesure de l’ampleur de la tâche.
Pour la première fois, on peut décrire très précisément comment un hominidé ancien se déplaçait, car toutes les parties du corps sont représentées : crâne, bassin, os des jambes et du bras, mains et pieds quasi complets. Première constatation : Ardipithecus ramidus grimpait probablement aux arbres, car son gros orteil est mobile par rapport au reste des doigts de pieds, comme chez les singes. En revanche, il ne se balançait pas de branche en branche comme ces derniers, car, comme nous, sa paume et ses doigts sont trop courts, ses mains et ses poignets trop souples pour cela. Il s’y déplaçait probablement à quatre pattes. L’analyse des os de ses mains montre qu’alors il s’appuyait sur ses paumes comme beaucoup de singes, et non sur les poings comme le chimpanzé ou le gorille.
Était-il bipède ? Le trou où s’encastre la colonne vertébrale d’Ardipithecus ramidus est plutôt orienté vers le bas, ce qui semble indiquer qu’il se tenait debout. À partir des os du bassin, les anthropologues ont aussi montré qu’Ardipithecus avait, comme les hommes, des muscles qui l’empêchaient de se déhancher dangereusement en marchant. Conclusion : il pouvait marcher dans cette position.
La bipédie d’Ardipithecus n’est pas à proprement parler une surprise. Deux des trois fossiles plus anciens que cette espèce, Orrorin tugenensis (6 millions d’années) et Sahelanthropus tchadensis (7 millions d’années), en montraient déjà des signes. Quant à la bipédie des australopithèques, plus récents, elle est assez bien connue. En revanche, les fossiles d’Ardipithecus ramidus semblent sonner le glas d’une hypothèse très en vogue chez les paléoanthropologues : l’existence de grandes différences entre mâles et femelles. Chez les australopithèques, par exemple, certains squelettes nettement plus petits que les autres sont interprétés comme des femelles. On se fonde pour cela sur la situation qui prévaut aujourd’hui chez le gorille par exemple. Les mâles sont en forte compétition pour l’accès aux femelles, et une haute taille leur procure un avantage évolutif.
Or, outre ce squelette d’Ardipithecus très complet, les paléontologues ont retrouvé les restes de 35 individus qui vivaient à peu près la même époque, séparés au plus par 10 000 ans. Autrement dit, fait sans précédent, les chercheurs possèdent un instantané de la diversité au sein d’une même espèce. Et concernant la taille, il n’y a pas de différences significatives, alors qu’il est à peu près sûr que les deux sexes sont représentés. Difficile de croire que des différences importantes n’aient été présentes que chez les australopithèques, alors qu’elles n’existent ni avant ni après. « En d’autres termes, explique José Braga, des australopithèques considérés comme mâle et femelle appartiennent peut-être en fait à des espèces différentes. Il va falloir réanalyser un certain nombre de fossiles.»
Source : La Recherche du 02/10/2009
jeudi 1 octobre 2009
Premier portrait en pied d’Ardi, plus âgée que Lucy
Le premier fossile d’Ardipithecus ramidus a été découvert en 1992 en Éthiopie, dans la vallée du Rift, près du village d’Aramis. Les paléoanthropologues Tim White, Gen Suwa et leurs collaborateurs du Middle Awash Project ont gratté le sol désertique de cette région de l’Afar pendant des années pour en sortir finalement plus de 100 spécimens d’Ardipithecus ramidus, dont un squelette quasi complet, baptisé Ardi, une femelle qui vivait il y a 4,4 millions d’années.
Très fragiles, très difficiles à extraire, les os fossilisés d’Ardipithecus ramidus ont demandé des années de travail aux chercheurs, sur le terrain puis dans les laboratoires. Le crâne d’Ardi, par exemple, était en miettes et des centaines d’heures ont été nécessaires pour le reconstituer et le scanner.
Pas moins de 47 chercheurs ont collaboré pour dresser un portrait complet de cet hominidé, le fruit très attendu de 17 ans de recherches publié aujourd’hui par la revue Science.
A la fois bipède et arboricole
Première évidence : Ardi, 50 kilos pour 1,20 mètre, est un être plus primitif que Lucy (3,2 millions d’années) et ses congénères australopithèques. Ardipithecus ramidus est capable de marcher sur ses deux pieds mais il passe plus de temps dans les arbres.
- son bassin est adapté à la marche mais aussi à l’escalade dans les branches;
- le bas de son dos est plus souple que celui des grands singes;
- son pied possède un pouce opposable (comme les chimpanzés), qui permet de bien s’accrocher dans les arbres. En revanche son pied est plus rigide que celui des grands singes, facilitant la bipédie;
- sa main : première certitude, Ardi ne marchait pas sur ses phalanges comme le font les grands singes africains lorsqu’ils se déplacent sur quatre pattes au sol. Le poignet est assez souple, permettant une manipulation plus fine pour que les chimpanzés.
Globalement, Ardipithecus ramidus est moins agile que les grands singes actuels dans les arbres, il ne se balance pas de branche en branche au bout de ses mains. Au sol il est capable de se déplacer sur deux jambes mais pas de parcourir de longues distances ou de courir (il lui manque une voûte plantaire arquée).
Une petite tête
L’étude du site d’Aramis et des ossements d’animaux qui ont été retrouvés suggèrent qu’Ardi vivait non pas dans une savane mais dans une zone arborée, entourée de palmiers, de figuiers, en compagnie de nombreux animaux, oiseaux, mammifères de petite et grande taille (rongeurs, singes, antilopes, éléphants, girafes, ours etc..).
Que mangeait Ardipithecus ramidus? Un peu de tout, y compris des fruits, mais ses dents, dont l’émail n’est pas aussi épais que chez Lucy, ne lui permettaient sans doute pas de mâcher des aliments trop résistants.
Quant à sa tête, elle est petite. Le volume de sa boîte crânienne est de 300 à 350 cm3, taille comparable à celle d’un chimpanzé ou d’un bonobo, plus petite que celle d’un australopithèque (400 à 550 cm3, contre 1500 cm3 pour l’Homo sapiens actuel).
Que nous apprend Ardi sur l’évolution des hominidés ? Les grandes questions restent ouvertes. Ardipithecus ramidus nous rapproche un peu plus de l’ancêtre commun entre notre branche (celle des Homo) et la branche des panidés (chimpanzés et bonobos), qui auraient divergé il y a environ 6 millions d’années.
Le portrait d’Ardi, qui ne ressemble pas plus à un humain qu’à un chimpanzé, suggère que cet ancêtre commun n’est pas forcément proche des grands singes actuels, analysent Tim White et ses collègues. Les particularités des chimpanzés (notamment la marche sur les phalanges) auraient évolué après la séparation des deux branches.
Source : Sciences et Avenir du 01/10/2009
L'australophithèque souffrait déjà de brucellose
Source : Sciences et Avenir d'octobre 2009
vendredi 18 septembre 2009
Quelques dates approximatives
Les premiers outils en Afrique : Vers 2,6 ou 2,5 MA
Les premières chasses : Possibles dès 0,9 MA. Certaines à partir de 300 000 ans
Les premiers feux (foyers domestiques) : Des indices dès 1,5 à 1 MA. Attesté dès 550 000 ans
Les premières sépultures : Attestées dès 100 0000 ans. Possibles à 120 000 ? 160 000 ans ?
L’Homme moderne Sapiens sapiens (nous) : Dès 150 000 en Afrique. Dès 100 000 au Proche Orient. Entre 40 000 et 30 000 en Europe
L’art : Entre 40 000 et 30 000 (34 000-32 000 pour la grotte Chauvet par exemple)
La sédentarisation : A partir de 12 000 BC au Proche Orient
L’Economie de production (agriculture et élevage) : Entre 9 000 et 8 000 BC au Proche Orient
La céramique : Dès 12 000 BC au Japon. Vers 7 000 BC au Proche Orient
Les premiers monuments : Autour de 9 500 - 9 000 BC en Turquie…
Le mégalithisme en Europe : A partir de 4 700 – 4 500 BC
Le monument de Stonehenge (Grande Bretagne) : A partir de 3 000 BC. Le monument en pierre est construit à partir de 2 500 - 2 300 BC
Les pyramides en Egypte: Autour de 2 500 BC
L’écriture : A partir de 3 400- 3 300 BC au Proche-Moyen Orient
Le métal (cuivre et or) au Proche-Moyen Orient : L’emploi des métaux natifs dès 9 000 BC. La métallurgie du cuivre dès 7 000 BC
Le métal (cuivre et or) : En Europe entre 5 000 et 4 500 BC
Le métal (Bronze) : Dans le courant du 3e millénaire en Europe centrale. A partir de 2300 BC en Europe occidentale, peut-être 1800 BC en France pour les « gros objets »
Le métal (fer) : A partir de 800 BC en Europe occidentale
Source : UB - Préhistoire - L3
Le temps de la préhistoire
Si vous vous souvenez de Lucy, ce charmant petit hominidé appartenant à la famille des Australopithecus afarensis, découverte en Ethiopie en 1974, par Yves Coppens et son équipe.
Elle est datée d’environ 3,5 MA initialement et maintenant je crois plus précisément à 3,15 MA et nous allons tricher un peu et lui accorder 3 650 000 ans, que nous pouvons rapporter facilement à 365 jours.
Donc si Lucy occupe dans cette petite histoire le 1er janvier à 0H00 et nous même le 31 décembre à minuit, considérez que les premiers outils ne sont apparus que le 24 juin, les premières grottes ornées le 29 décembre et la poterie le 31 décembre au matin.J’espère que cette petite pirouette vous a montré la durée de l’histoire humaine déjà écoulée et l’extrême jeunesse du Néolithique au sein de cette longue histoire.
Si vous considérez maintenant que nos ancêtres directs les plus anciens connus ne sont plus datés de 3,5 MA mais de près de 6 MA, la perspective est encore plus vertigineuse.
Et si vous considérez finalement le moment de l’apparition de ces fossiles par rapport aux origines de la vie (il y a 500 ou 600 MA pour des animaux ressemblant à des poissons par exemple, mais il y a 3,8 Milliards d’années pour les bactéries) ou plus encore à l’âge de la planète Terre (4,5 milliards d’années), si vous en arrivez à la conclusion qu’on est bien peu de choses, c’est que vous commencez à appréhender la longue durée…
Source : UB-Préhistoire - L3
mardi 15 septembre 2009
Un primate fossile se découvre une nouvelle origine
En 1992, un petit primate fossile, vieux de 50 millions dannées, était découvert dans le Sahara algérien. Pesant 75 g et identifié comme étant un Algeripithecus, il fut dès lors considéré comme le plus ancien des primates anthropoïdes africains connus. Cette découverte avait, à l'époque, fortement joué en faveur de l'hypothèse faisant de l'Afrique le berceau des primates anthropoïdes, auxquels on affiliait alors le type Algeripithecus.
Mais c'était sans compter une récente révélation, mise au jour par des chercheurs français et des paléontologues algériens, sur le site de Glib Zegdou, au Nord-Ouest de lAlgérie. Ces scientifiques ont, en effet, exhumé des restes crâniens et dentaires de deux espèces de primates, l'une de type Algeripithecus, et la seconde de type Azibius. Cette dernière compte parmi les plus anciens représentants africains des lémuriformes, un groupe de primates non anthropoïdes, représenté aujourd'hui par les lémuriens de Madagascar, les galagos dAfrique centrale et les loris d'Asie du Sud.
En comparant les deux spécimens, les spécialistes ont dégagé des caractéristiques communes, notamment une adaptation à la vie nocturne et une dentition particulière, spécifiques non pas aux primates anthropoïdes mais au groupe des lémuriformes. Aussi, déduction s'impose, Algeripithecus, à l'instar de son proche parent Azibius, n'appartient pas à la famille des primates anthropoïdes. En réalité, il serait très probablement l'un des plus anciens représentants des lémuriformes en Afrique. Cette révélation montre que le passé est finalement loin d'être derrière nous et a encore beaucoup de choses à nous apprendre.
Source : Univers Nature du 11/09/2009
mercredi 9 septembre 2009
mercredi 2 septembre 2009
Handprint : ancestral lines
Sous une présentation très light, des infos intéressantes.
On peut signaler le graphique sur l'évolution, les outils et les sites.
Voici le lien :
Handprint - Ancestral Lines
mardi 1 septembre 2009
Otzi, le tatoué
Source : Sciences et Avenir de septembre 2009
samedi 1 août 2009
Lascaux sauvée de justesse
Que s'est-il réellement passé au cours du dernier demi-siècle pour que la grotte ornée de Lascaux, dans le Périgord noir, chef-d'oeuvre de l'art pariétal, ait été menacée d'inscription sur la liste des sites du Patrimoine mondial en péril ? Comment en est-on arrivé à ces lettres ouvertes adressées au ministère de la Culture, implorant : «Sauvez Lascaux» ?
Le jeune Marcel Ravidat, le découvreur du site, ainsi que ses compagnons Jacques Marsal, Simon Coencas et Georges Agnel, avaient-ils jamais imaginé que la grotte, explorée par hasard en septembre 1940, au moment où le pays s'enfonçait dans la nuit, serait un jour définitivement interdite d'accès pour cause d'implacables invasions fongiques ? Algues vertes, filaments blancs, champignons noirs, une véritable soupe chinoise ! Eux qui, jusqu'en 1942, gardaient jour et nuit l'entrée de ce précieux trésor. A l'époque, déjà, des centaines de visiteurs se pressaient pour admirer les 200 mètres de galeries couvertes de merveilleuses frises de taureaux, de chevaux, de bisons ou de félins. Des oeuvres réalisées par des hommes de Cro-Magnon. 18 000 ans plus tôt.
Ces chasseurs magdaléniens pénétraient dans la grotte, sur la rive gauche de la Vézère, par un large auvent. Loin du petit orifice de 30 centimètres de diamètre par lequel les adolescents s'étaient laissés glisser à l'automne 1940. Plusieurs fois effondré, enseveli sous des monceaux d'éboulis, le porche d'origine avait fini par disparaître en formant une sorte de bouchon de protection. «Pendant des milliers d'années, la cavité entièrement close n'avait été balayée que par de lents courants d'air C'est dès sa mise en contact avec l'air extérieur que l'équilibre s'est trouvé bouleversé», expliquent les préhistoriens Brigitte et Gilles Delluc, auteurs d'un dictionnaire très complet sur Lascaux.
En effet, dès l'hiver 1940, à peine la grotte classée au titre des monuments historiques, des premiers travaux sont engagés. «On élargit l'entrée, une tranchée est creusée pour détourner les eaux de pluie. La végétation alentour est détruite», racontent les deux chercheurs du département de Préhistoire du Muséum national d'histoire naturelle. Puis en 1947, pour que les touristes puissent admirer les peintures dans de meilleures conditions, un chantier est lancé par le propriétaire des lieux (il fera d'ailleurs don de la grotte à l'Etat en 1972). Une entrée imposante est creusée à quatre mètres de profondeur, une rampe d'accès installée. Puis c'est au tour de l'électricité. Une centaine de tonnes de sédiments rejetés ça et là sont laissées sur place, abandonnées dans les recoins de la grotte. Des dizaines de camions seront nécessaires pour les retirer douze ans plus tard !
Puis en 1958-59, est installé un système de climatisation pour régénérer l'air et pallier l'excès de gaz carbonique. «Pour ce faire, une autre partie du cône d'éboulis de l'entrée a été évacuée. Des galeries ont été défoncées à la pioche et au marteau pneumatique pour faire passer les conduits du système de ventilation», poursuivent les deux spécialistes. Ce système, prévu pour 400 visiteurs quotidiens, devra en supporter jusqu'à 2000, et jusqu'à 100 000 en 1960 ! «L'air délivré était si puissant qu'il soulevait les jupes des dames», raconte Gilles Delluc.
Mais devenu guide, le découvreur Marcel Ravidat constate que des algues vertes se sont développées à la surface de la roche calcaire, en particulier à proximité d'une peinture appelée la Licorne. L'apport d'air extérieur et un éclairage quasi constant ont permis a plusieurs espèces, dont des xanthophycées, de constituer des colonies verdâtres. «En une heure, chaque touriste apportait 40 g d'eau. En été, avec les pics de fréquentation, il n'est pas étonnant qu'il y ait eu des problèmes de condensation !», constate Brigitte Delluc. Mais ce n'est pas tout. L'élévation de la température, l'humidité et le CO2 dégagé par les visiteurs ont provoqué d'autres dommages comme la «maladie blanche», des voiles de calcite (du carbonate de calcium cristallisé) qui se déposeent sur les parois. Un mal qui altère la roche. Par crainte de voir les peintures millénaires disparaître, la grotte est définitivement fermée au public le 20 avril 1963, sur décision d'André Malraux, alors ministre de la Culture.
C'est ainsi que débutent d'incessantes campagnes de désinfection, sous la direction de Max Sarradet, conservateur du lieu de 1955 à 1981. Dès 1963-64, des mélanges d'eau formulée et d'antibiotiques à large spectre (pénicilline, streptomycine et) sont vaporisés. L'ancienne machine de réfrigération d'air datant de la fin des années 1950 est démontée pour rétablir l'équilibre d'origine de la cavité en favorisant des courants de convection. Afin de sécher l'air de la grotte et éviter que la condensation ne se dépose sur les parois, un point froid artificiel est créé dans la salle des machines. La température, l'hygrométrie et les niveaux de gaz carboniques, sont régulièrement contrôlés. Au prix de longues années de surveillance quotidienne, Lascaux semble retrouver l'équilibre. L'éradication de la maladie verte est même annoncée en 1970, neuf ans avant l'inscription de la grotte au patrimoine mondial par l'Unesco. Un facsimilé, Lascaux II, est ouvert pour satisfaire la curiosité du public sur la colline de Montignac, en juillet 1983. Cependant, à l'orée des années 2000, c'est à nouveau l'alerte ! Une virulente prolifération fongique et microbienne est signalée. L'installation d'une nouvelle climatisation en 2001 aurait-elle amplifié le phénomène ? L'ancien système d'assistance climatique ayant été jugé trop vieux, d'importants travaux ont en effet été entrepris pour son remplacement. Une machine à convection lente est commandée par le conservateur de l'époque, Jean-Michel Geneste, mais c'est une climatisation à convection forcée qui sera installée. Un système souvent incriminé comme étant à l'origine des problèmes. On constate que de nombreuses moisissures blanches dont le Fusarium solani, associé à la bactérie Pseudomonas fluorescens, ont envahi le sas d'entrée puis les galeries. Sollicité, le Laboratoire de recherche des monuments historiques révèle alors que ces filaments blancs résistent au formol. Entre juillet et décembre 2003, l'épandage de centaines de kilos de chaux vive sur les sols puis la pulvérisation d'un produit antibiotique sont effectués pour tenter d'enrayer leur progression. Mais les moisissures font de la résistance. Si les filaments blancs commencent à disparaître, un nouvel intrus leur succède. Cette fois, il s'agit de taches noires auréolées de gris. Non seulement ces champignons sécrètent de la mélanine, mais de petits arthropodes présents dans la microflore des sols et répondant au doux nom de collemboles participeraient aussi à la dissémination des spores, notamment celles d'Ulocladium, de Scolecobasidium ou de Verticillium !
Devant ce nouveau coup dur, un comité scientifique international est créé en 2002, sous la direction de Marc Gauthier, inspecteur général honoraire de l'Archéologie. Les microbiologistes de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) de Dijon font des analyses génétiques et découvrent que la grotte héberge aussi une bonne quarantaine d'autres espèces de champignons. L'équilibre perturbé du microclimat expliquerait ces proliférations. «La décision a alors été prise en 2004 d'arrêter les traitements chimiques», se souvient Brigitte Delluc. Sage décision, à en croire les conclusions d'un microbiologiste espagnol, Cesareo Saiz-Jimenez. Dans un article récent publié dans le magazine scientifique anglais New Scientist, le chercheur de l'Institut d'agrobiologie de Séville, membre du Comité scientifique international de la grotte de Lascaux, affirme en effet que les pulvérisations de chlorure de benzalkonium réalisées entre 2001 et 2004 pour éliminer les champignons auraient eu des conséquences désastreuses. Elles auraient en réalité permis aux bactéries de se propager et surtout de faire de la grotte un dangereux réservoir de pathogènes potentiels !
Etudier l'ensemble des phénomènes microbiologiques à l'oeuvre dans la cavité, comprendre les mécanismes des circuits d'infiltration d'eau, connaître son parcours dans le massif calcaire..., telle est la mission que vont dès lors s'assigner les spécialistes. Un plan global de conservation, faisant appel à l'imagerie 3D, est mis en place en collaboration avec EDF. Résultat : en 2005, les scientifiques comprennent enfin comment, et dans quelles proportions, le régime interne de la grotte a été irrémédiablement modifié depuis la découverte du site. La température à l'intérieur s'est notamment élevée de 2 °C depuis 1982. Mais pendant que le simulateur tourne et apporte ses premières informations, les critiques se font de plus en plus âpres. A tel point qu'en 2006, l'hebdomadaire américain Time publie une couverture alarmiste sur Lascaux. Une lettre ouverte est envoyée au ministère de la Culture par une association privée, l'International Commitee for Préservation of Lascaux (ICPL), demandant le placement de la grotte sur la liste des monuments en péril de l'Unesco (lire Sciences et Avenir n° 746, avril 2009).
Cette offensive a sans doute précipité l'organisation à Paris, en février dernier, d'un symposium ouvert aux scientifiques et journalistes. Une volonté de transparence que d'aucuns qualifieront de bien tardive... Quoi qu'il en soit, depuis le début de l'année, un traitement biocide a été mis en place dans la caverne à laquelle plus personne n'a accès, pas même les chercheurs. Parallèlement, des essais sont en cours pour conduire de nouveaux protocoles dans des cavités voisines. Des sortes de grottes cobayes, où l'on espère trouver une parade pour éradiquer les terribles aliens.
Pour répondre aux critiques, une équipe du Conseil international des monuments et des sites (Icomos) s'est rendue sur les lieux en mai pour un examen in situ de la grotte. Fin juin, lors de la réunion du Comité du patrimoine mondial de l'Unesco, à Séville, alors que tout le monde craignait le pire, l'affront redouté du placement du site français sur la liste des sites en péril a été évité de justesse, au grand dam de l'ICPL, présent sur place et qui compte bien ne pas en rester là.
Des taches rongent la salle des Taureaux
Aurochs, cervidés, chevaux..., la salle des Taureaux (en haut), située près de l'entrée actuelle de la grotte, offre l'une des plus belles frises peintes du site. Depuis le début des années 2000, elle subit de nouveaux périls dus à la rupture des équilibres bioclimatiques, comme les taches noires, mises en évidence sur ordinateur à proximité des peintures.
Cinquante années d'incessantes attaques fongiques et microbiennes
1960 : algues vertes. Une prolifération d'algues colorées provoquant l'apparition de taches verdâtres est constatée par Marcel Ravidat, un des découvreurs de la grotte devenu guide, à proximité de la peinture de la Licorne. Les parois seront traitées avec une solution à base de formol.
1962 : maladie blanche. La hausse de la fréquentation touristique se traduit par une élévation de l'humidité, de la température et de la teneur en CO2 à l'intérieur de la cavité, provoquant une accélération de la formation de calcite sur les peintures. Celles-ci se couvrent d'un voile blanchâtre comme ici le taureau n° 3 de la salle des Taureaux.
REPERES
Les monuments en péril de l'Unesco.
Cette liste, qui compte aujourd'hui trente noms, fonctionne comme une alerte pour la communauté internationale. Elle établit qu'un site inscrit au patrimoine mondial de l'humanité a subi de graves altérations. Ces biens menacés se trouvent généralement dans des zones de conflits armés ou de catastrophes naturelles, à l'exemple de la citadelle de Bam en Iran, détruite en 2004 par un tremblement de terre. Mais la vallée de l'Elbe, en Allemagne, ou le site paléochrétien d'Abou Mena, en Egypte, viennent de l'intégrer en raison de la pression urbaine s'exerçant alentour.+ http ://whc.unesco.org/ fr/158/
Pour en savoir plus
- Dictionnaire de Lascaux, Brigitte et Gilles Delluc, Editions Sud Ouest, 2008.
- Lascaux. Le geste, l'espace et le temps, Norbert Aujoulat, Seuil, 2006.
- www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/lascaux/fr/, toutes les informations sur la grotte de Lascaux et une visite virtuelle du site.
Un simulateur tente de cerner les causes
Comment fonctionne une grotte ? Son atmosphère ? Comment l'air et l'eau y circulent ? Pour comprendre ces phénomènes thermoaérauliques, le CNRS associé à EDF recherche et développement et à l'université Bordeaux-I ont réalisé en 2005 une modélisation 3D de Lascaux. Plus de 150 millions de mesures laser ont été effectuées. Cet outil a permis de mettre en évidence l'inversion des températures de la cavité depuis 1981 : celles des parties profondes sont devenues supérieures à celles mesurées dans les salles proches de l'entrée, comme la salle des Taureaux. Avant 1981, l'air humide était essentiellement réparti sur les voûtes, alors qu'aujourd'hui, il serait concentré au sol, quasi immobile. Les modifications du climat seraient-elles à l'origine de ces inversions de températures ? Lascaux victime collatérale du réchauffement climatique ? Toutes les solutions mises en place visent à restituer «un mouvement naturel de l'air». Un objectif dont les membres du Comité international pour la sauvegarde de Lascaux (ICPL) doutent fortement qu'il puisse être atteint. Selon eux, la complexité des écosystèmes d'une grotte ne peut être prise en compte en totalité par un simulateur, même le plus performant.
Quand lascaux sert d'exemple
Elles sont toutes deux extraordinaires, ornées de centaines de peintures préhistoriques qui seraient les plus anciennes du monde (-32 000 ans) pour l'une , et de gravures paléolithiques vieilles de plus de 22 000 ans, pour l'autre. De puis leurs découvertes, la grotte Chauvet , près de Vallon - Pont-d'Arc, en Ardèche (1994 ) et celle de Cussac, en Dordogne (2000), ont été déclarées définitivement inaccessibles au public.
Une décision prise pour éviter qu'elle ne subissent le sort peu enviable de Lascaux. Ces cavités sont venues rejoindre la liste qui ne cesse de s'allonger des sites que le public ne pourra admirer que virtuellement. Que ce soit sous la forme de reconstitution 3D, de musées ou de fac-similés, comme Lascaux II ouvert en 1983. Même chose pour Altamira, en Espagne. L'altération de son microclimat par des visites trop nombreuses avait mis en péril la conservation de ses peintures préhistoriques.
Elle est fermée au public depuis 1977, qui ne peut plus en visiter qu'un duplicata.
Source : Sciences et Avenir d'août 2009
lundi 20 juillet 2009
Des populations de Neandertal plus petites que prévu
Source : A.W. Briggs et al., Science, 17 juillet 2009
Source : Science et Actualités du 20-07-2009
jeudi 9 juillet 2009
Ganléa, l'ancêtre des singes, était asiatique
C'est au Myanmar (ex Birmanie) que des paléontologues d'une collaboration internationale, dont Laurent Marivaux (ISEM, CNRS) et Jean-Jacques Jaeger (IPHEP), ont exhumé plusieurs fossiles de primates vieux de 37 à 38 millions d'années, soit l'Eocène supérieur, appartenant à une espèce inconnue et même à un genre nouveau. A l'époque, la région, tropicale et très humide, expliquent les auteurs, ressemblait à l'actuel bassin amazonien.
Une mâchoire a révélé une canine d'une taille démesurée, ce qui a valu à l'espèce d'être baptisée Ganlea megacanina (le nom de genre, Ganlea, vient du nom du village de Ganle, à côté duquel les fossiles ont été trouvés). Les profondes traces d'usure que portent ces dents suggèrent aux paléontologues que l'animal se nourrissait de graines de noix dont il brisait la coque avec ses canines. Le détail n'est pas anecdotique pour un spécialiste de l'histoire des primates.
Ce groupe, en effet, est considéré comme constitué de deux lignées, celle des prosimiens, essentiellement représentés aujourd'hui par les lémuriens, et celle des primates anthropoïdes, regroupant les singes et les humains. Or, aucun lémurien ni aucun prosimien ne croque des noix alors que c'est ainsi que se nourrissent les sakis, des singes d'Amérique du sud. Dans la revue Proceedings of the Royal Society B, les chercheurs en concluent que Ganléa était un primate anthropoïde et que l'origine de cette lignée se trouve donc en Asie, bousculant l'histoire connue de cette branche à laquelle sont accrochés les humains. Une confirmation parmi d'autres
Pour les auteurs, cette conclusion n'est pas une grande surprise. Ganléa appartient à une famille connue d'anthropoïdes, les amphipithecidés. Quatre fossiles de ce groupe éteint ont déjà été trouvés en Asie. La découverte de Ganléa démontre que ces primates dérivent d'un ancêtre commun installé en Asie. En 1994, Eosimias était exhumé du sol chinois et arborait déjà des caractéristiques d'anthropoïde. En 2005, Laurent Marivaux racontait à Futura-Sciences la découverte au Pakistan, par une équipe dont il faisait partie, de deux nouveaux genres d'amphipithecidés datant de 30 millions d'années.
Selon ce chercheur, Ganléa diffère « radicalement » du fossile découvert en Allemagne et récemment décrit sous le nom de Darwinius masillae. Surnommé Ida et classé dans les adapiformes, ce petit animal avait défrayé la chronique grâce à une présentation habile de ses découvreurs, qui en parlaient comme d'un « chaînon manquant ». Avec ses 47 millions d'années, Ida serait le plus ancien ancêtre commun aux deux lignées de primates. Laurent Marivaux estime que Ida est plus proche des lémuriens actuels. Mangeur de fruits, amateur des graines si nutritives cachées dans leurs noyaux, très probablement arboricole, Ganléa inscrit un nouveau paragraphe dans l'histoire compliquée des primates. Il y a 60 millions d'années, leurs ancêtres peuplaient de nombreuses régions de l'hémisphère nord. Vingt millions d'années plus tard, on les trouve surtout dans les régions tropicales, notamment en Asie. C'est vers cette époque qu'apparaissent les premiers singes, dont certains ont démarré une autre histoire, celle des hominidés...
Source : Futura-Sciences du 09/07/2009
Une représentation possible de Ganlea megacanina, dans son milieu naturel le plus probable, les arbres, avec une longue queue, indispensable à son équilibre.
Origines de l'homme : un nouveau scénario avec Lluc
À l'origine était l'Afrique
C'est Charles Darwin lui-même qui l'affirmait, dès 1871, dans son ouvrage consacré aux origines de l'homme, The Descent of Man : notre lignée est très vraisemblablement apparue en Afrique. Pour parvenir à cette conclusion hardie à une époque où les fossiles sont rarissimes et où l'on ne conçoit pas d'ancêtre possible ailleurs qu'en Europe, le naturaliste anglais se basait sur les ressemblances entre hommes, chimpanzés et gorilles, et sur le fait que ces deux dernières espèces sont exclusivement africaines. Une hypothèse en grande partie confirmée au début du XXIe siècle par la découverte en Afrique des plus anciens représentants de la lignée humaine : Sahelanthropus tchadensis (7 millions d'années) et Orrorin tugenensis (6 millions d'années). Pour autant, notre histoire évolutive a-t-elle été exclusivement africaine? Pas si sûr…
Un trublion venu d’Europe
Plusieurs fossiles plaident en effet pour un scénario plus complexe. Dernier en date de ces trublions : Anoiapithecus brevirostris, surnommé en catalan « Lluc » (Lux, « lumière » en latin) par ses découvreurs. Ce fossile, âgé de 11,9 millions d'années (période du Miocène moyen), a été exhumé en 2004 à proximité de Barcelone. La trouvaille vient à peine d'être annoncée car les restes, essentiellement des os de la face et une mandibule, étaient enserrés dans une gangue minérale extrêmement résistante. Un long travail de préparation et de nettoyage a donc été nécessaire, mais le jeu en valait la chandelle. Comme l'explique Salvador Moyà-Solà, directeur de l'Institut catalan de paléontologie, « sa face, plate et courte, est d'apparence très moderne, avec un prognatisme réduit, ce qui nous a conduit à l'appeler "brevirostris". Elle ne se retrouve chez aucun grand singe fossile, européen ou africain, et n'est présente, à l'intérieur de la famille des hominidés, que dans le genre Homo. »
Un creuset méditerranéen de nos origines
Même si Anoiapithecus brevirostris présente également des caractères plus primitifs, comme un émail dentaire épais et une mandibule robuste, la finesse de son visage pose la question suivante : ce singe catalan pourrait-il constituer un ancêtre direct de la lignée qui conduit aux hommes et aux chimpanzés? « Pas nécessairement, répond prudemment le chercheur espagnol, car il pourrait aussi s'agir d'un cas de convergence évolutive. » Entendez par là, l'apparition chez une espèce ancestrale d'un caractère (ici, la longueur de la face) qui naîtra bien plus tard chez les premiers Homo et ce, afin de s'adapter à une pression évolutive similaire, naturelle ou sexuelle. Pourtant, « Lluc » plaide bel et bien, selon ses découvreurs, pour une origine eurasiatique de nos ancêtres. Salvador Moyá-Solá détaille ce scénario : « À partir de formes très anciennes elles-mêmes en provenance d'Afrique, comme les Kenyapithecus qui évoluaient il y a 15 millions d'années, les singes se sont diversifiés en Europe et en Asie lors du Miocène. Jusqu'à ce que certains d'entre eux effectuent un retour en Afrique, pour s'y disperser et donner naissance aux premiers hominidés. »
Ajoutez à cela le fait que ce nouveau fossile arrive cinq ans à peine après la découverte sur le même site d’un autre primate, Pierolapithecus catalaunicus, encore plus ancien (13 millions d’années). « La Méditerranée constitue le creuset géographique de nos lointaines origines, là où sont apparus des singes qui fonderont ensuite la lignée des hominidés sur le continent africain », conclut le chercheur catalan. Méditerranée ou pas, ce scénario en forme de « Back to Africa » est soutenu par plusieurs arguments.
Une longue liste de primates eurasiatiques
Tout d'abord, la balance fossile penche largement en faveur de l'Eurasie pour la période qui précède l'avènement des premiers hominidés, entre 8 et 15 millions d'années, au détriment de l'Afrique. Une quarantaine d'espèces ont en effet été décrites au cours du XXe siècle, de l'Espagne à la Turquie, en passant par la France, la Hongrie et la Géorgie… À comparer aux six localités africaines ayant livré des grands singes entre 5,5 et 10,5 millions d'années. Et ce, alors que le terrain africain est habituellement très riche en fossiles. Un hasard ? « On peut l'interpréter en disant qu'on ne les a pas encore trouvés, mais en l'état actuel de nos connaissances, l'hypothèse la plus solide est que les ancêtres des hominidés sont apparus en Eurasie », analyse David Begun, de l'université de Toronto, partisan déclaré de ce scénario.
Mais pour une majorité de spécialistes, l'Afrique fait toujours figure de favorite. « Nous avons découvert récemment un nouveau grand singe au Niger, ce qui constitue une première dans ce pays », argumente ainsi Martin Pickford, paléoanthropologue au Muséum national d'histoire naturelle de Paris, qui reste convaincu que la bipédie, attestée chez Orrorin tugenensis, a vu le jour en Afrique… « Même si je n'exclus pas entièrement le rôle de l'Europe du Sud dans son apparition, et donc dans le processus d'hominisation ». Un chercheur d'ailleurs « impressionné » par la face du singe catalan, mais qui en tire une conclusion opposée à celle des découvreurs. S'il y a bien face courte, « cela nous oblige surtout à réviser un dogme de la discipline, selon lequel celle-ci serait synonyme d'hominisation. Ce n'est désormais plus le cas ».
Un scénario paléoclimatique cohérent
Autre point en faveur de l'hypothèse « Back to Africa » : elle est en accord avec le scénario paléoclimatique couramment admis. L'est de l'Afrique et l'Eurasie auraient été reliées il y a 16,5 millions d'années, ce qui aurait permis à des singes primitifs africains de migrer vers l'Eurasie. Là, ils auraient évolué vers de multiples formes, isolés de l'Afrique par une remontée du niveau des mers entre 13,5 et 9 millions d'années. Mais entre 9 et 6 millions d'années, à la fin du Miocène, l'apparition de climats tempérés en Europe aurait poussé certains de ces singes, adaptés au climat chaud et humide, à trouver de nouveau refuge en Afrique, toujours soumise à un climat tropical. Une migration permise par l'apparition de nouveaux ponts continentaux, à la faveur d'une baisse du niveau des océans…
Des primates en provenance d'Europe ont-ils joué un rôle dans notre histoire évolutive, à contre-courant des idées de Darwin et d'une majorité de paléoanthropologues ? Impossible pour l'instant de trancher. Mais à la lumière de découvertes comme celle de « Lluc », la question mérite certainement d'être réexaminée.
Source : Science Actualités du 09/07/2009
mercredi 17 juin 2009
Les ossements n'étaient pas ceux d'un Homo habilis
Des restes plus anciens décrits comme humains il y a 14 ans par Russel Ciochon appartiennent finalement à une espèce de singe inconnue, a affirmé ce paléoanthropologue mercredi.
M. Ciochon et d'autres paléanthropologues avaient examiné en 1992 une mandibule vieille de 1,9 million d'années découverte sur le site de Longgupo, en Chine centrale. Ils avaient conclu trois ans plus tard qu'elle appartenait à une forme asiatique d'Homo habilis, un hominidé plus primitif qu'Homo erectus.
Leur théorie s'appuyait sur le fait que la mandibule était trop petite pour appartenir à un orang-outan. Elle s'apparentait plutôt à une espèce de singe aujourd'hui éteinte, Lufengpithecus, mais dont les restes retrouvés dans le sud-ouest de la Chine (province du Yunnan) ne sont âgés que de sept à neuf millions d'années.
«Quelques outils possibles en pierre sur le site (de Longgupo) paraissaient également aller dans le sens d'une classification humaine», explique mercredi le scientifique américain dans la revue «Nature».
Erreur reconnue
Aujourd'hui, M. Ciochon, qui dirige le département d'anthropologie à l'université de l'Iowa, pense qu'il s'est trompé. Notamment parce que les deux grands sites connus d'Homo erectus se situent respectivement au sud et au nord de la forêt tropicale, à Sangiran sur l'île de Java (Indonésie) et à Zhoukoudian près de Pékin.
L'homme de Sangiran est vieux de 1,6 million d'années tandis que celui de Pékin est âgé de 780 000 ans.
Homo erectus «chassait des animaux dans des savanes ouvertes, et ne pénétrait pas dans la forêt tropicale dense», affirme aujourd'hui l'anthropologue. Quant à l'appartenance de la mandibule de Longgupo, elle reste un mystère, mais des restes de la même espèce pourraient avoir été découverts sur deux autres sites, en Chine et au Vietnam.
Parmi les espèces de primates vivant il y a près de deux millions d'années dans la forêt tropicale du sud-est asiatique se trouvaient un singe très grand, Gigantopithecus et donc au moins une autre espèce non encore décrite. Aujourd'hui, il ne reste plus que le gibbon et l'orang-outan, menacé.
Source : 20mn.ch du 17/06/2009
mercredi 3 juin 2009
Lluc, 12 millions d'années, notre nouveau cousin
Lluc a un look moderne. C'est la conclusion de Salvador Moyà-Solà et de ses collègues de l'Institut catalan de paléontologie (ICP, Institut Català de Paleontologia, ICP), de l'Université Autonome de Barcelone. Cette appréciation vient de la forme de sa mâchoire, qui avance peu vers l'avant. Lluc est peu prognathe. Or c'est l'une des différences les plus visibles entre la lignée des hommes modernes, du genre Homo, et celle qui mène aux grands singes (chimpanzés, bonobos, gorilles, orang-outan). C'est le cas aussi pour Toumaï, découvert au Tchad en 2001. Mais lui vivait il y a environ 7 millions d'années alors que Lluc a été daté à 11,9 millions d'années, en plein milieu du Miocène.
De plus, il ne vivait pas en Afrique mais en Europe puisque ses découvreurs l'ont trouvé à Abocador de Can Mata, en Catalogne, dans la région d'Anoia, sur le site de la commune de Els Hostalets de Pierola, qui a déjà donné un fossile de primate du Miocène. L'équipe, qui décrit sa découverte dans les Pnas, l'a officiellement baptisé Anoiapithecus brevirostris, ce qui signifie à peu près singe d'Anoia à face courte.
Une histoire qui reste à écrire
Si les chercheurs l'ont surnommé Lluc, c'est pour rappeler le mot latin lux, qui signifie lumière, et affirmer ainsi que ce nouveau membre de la famille dont font partie les hommes éclaire d'un jour nouveau l'histoire des primates et des hominidés.
Ce prognathisme discret ne suffit pas à faire de Anoiapithecus brevirostris un nouvel ancêtre de l'homme actuel. Mais on peut le situer à coup sûr parmi les hominoïdes, un groupe dont la définition varie selon la classification utilisée mais qui réunit toujours les hominidés (l'homme actuel et les australopithèques), les chimpanzés et les gorilles.
Ce nouveau squelette devrait permettre de mieux préciser les liens qui entre ces représentants disséminés sur des millions d'années. Il donne aussi des indications sur les zones géographiques où se sont déroulées l'évolution et les divergences de ces lignées de primates anthropoïdes.
Les auteurs indiquent que, désormais, le groupe des kenyapithécinés (kenyapithecins en anglais), des grands singes fossiles (les kenyapithèques et les griphopithèques), sont de bons candidats au titre d'ancêtre de la famille des hominidés. Pour eux, ces primates anthropoïdes, venus d'Afrique entre 15 et 13 millions d'années, seraient à l'origine des premiers hominidés, apparus sur le pourtour de la Méditerranée et répartis ensuite en Eurasie.
Plus tard, ces ancêtres des grands singes et des hommes actuels auraient redécouvert l'Afrique, où serait née la lignée des Homo. Encore hypothétique et controversée, cette histoire reste encore à écrire mais Lluc constitue désormais un chapitre clé.
Source : Futura-Sciences du 03/06/2009

















