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mardi 8 décembre 2020

Chororapithecus abyssinicus

Chororapithecus est un genre éteint de primates de la famille des hominidés, qui a vécu au Miocène supérieur en Afrique de l'Est, il y a environ 8 millions d'années. Il comprend la seule espèce Chororapithecus abyssinicus, décrite en 2007 par l'équipe japonaise qui l'a découverte en 2005 en Éthiopie, avec seulement 9 dents fossiles. Ce genre est considéré par ses découvreurs comme un possible membre de la tribu des Gorillini.

Source : Wikipedia

lundi 1 octobre 2007

Chororapithecus, un nouveau grand singe du Miocène

Des fossiles exhumés très récemment en Éthiopie, dans la Formation de Chorora, nous renseignent sur l'histoire évolutive des grands singes.

Tout élément nouveau permettant de combler la lacune sur l'origine des grands singes de type moderne présente un grand intérêt. Aussi pouvons-nous nous réjouir de l'annonce récente, faite par l'équipe éthiopo- nippone dirigée par Yonas Beyene et Gen Suwa, de la décou­verte d'un nouveau grand singe fossile, appelé Chororapithecus abyssinicus.

Les pièces fossiles ont été exhumées entre 2005 et 2007 de couches sédimentaires du Miocène supérieur, situées dans la partie supérieure de la Formation de Chorora, en Éthiopie, plus précisément sur le site de Beticha, situé à trois kilomètres du gisement classique du site type. L'âge des sédiments est compris entre 10 et 10,5 millions d'années, comme le suggèrent la biochronologie et les analyses radiométriques.

Selon les découvreurs, l'animal auquel ces pièces appartenaient pourrait être un membre de la lignée des gorilles. Quoi qu'il en soit, l'âge des fossiles trouvés indique que la divergence entre les grands singes et l'homme a dû être plus ancienne que les dates généralement avancées par les biologistes moléculaires (cinq à six millions d'années). Il confirmerait l'hypothèse d'une divergence ancienne entre hommes et grands singes, située au moins aux environs de dix millions d'années.

La trouvaille éthiopienne relance aussi le débat sur l'origine géographique des hominidés. Certains paléoanthropologues la recherchent en Eurasie, sur la trace de grands singes fossiles comme Dryopithecus et Oura­nopithecus. Toutefois, cette dernière hypothèse a été avancée à une période où les données africaines étaient bien limitées, ce qui n'est plus le cas. Ces fossiles appartiennent à un grand buissonnement de formes de grands singes qui sont présents en Eurasie dès 14 millions d'années, mais ils ne seraient pas des ancêtres directs des hominidés sensu stricto.

Des dents fossiles de Chororapithecus abyssinicus (en haut) et une rangée de dents d’une femelle de gorille (en bas). On aurait affaire à un proto-gorille.

Qui était Chororapithecus ?

Le matériel attribué à Chororapithecus se compose de neuf dents isolées, dont quatre fragmentaires : une deuxième molaire supérieure droite (l'holotype de l'espèce), une canine inférieure gauche, deux troisièmes molaires supérieures droites, une troisième molaire inférieure gauche, une première molaire inférieure gauche, un fragment de molaire inférieure gauche, un fragment de molaire inférieure droite et une troisième molaire supérieure droite. L'étude a été menée par microscanner.

D'une taille avoisinant celle de la sous-espèce de gorille Gorilla gorilla, les molaires à émail épais présentent des crêtes triturantes assez marquées et des cuspides plutôt basses, ce qui constitue, d'après les inventeurs, la morphologie la plus caractéristique de Chororapithecus. Les caractères généraux des dents ressemblent à ceux des gorilles (habitués à se nourrir de plantes fibreuses qu'ils déchirent) tout en montrant des tubercules moins hauts, placés plutôt à la périphérie, un cingulum (bourrelet d'émail) faible et des molaires un peu plus larges.

L'environnement où aurait vécu Chororapithecus était, d'après les 330 restes fossiles d'animaux, un milieu plutôt humide, riche en primates, pauvre en Hipparions (les ancêtres de chevaux) et où les hippopotames, les cochons et les girafes étaient assez communs. La nature des sédiments indique un bord de lac boisé, alternant avec des milieux plus ouverts.

Le matériel recueilli apparaît cependant trop fragmentaire pour nous permettre de conclure fermement sur la parenté de Chororapithecus avec les gorilles de type moderne : les dents sont isolées et les grands singes du Miocène présentent une grande variabilité.

Selon ses découvreurs, Chororapithecus se distingue de Samburupithecus – un grand singe vieux de 9,5 millions d'années environ des collines Samburu, au Kenya. Toutefois, celui-ci n'est représenté que par un maxillaire portant cinq dents usées. On ne connaît donc pas la variabilité de l'espèce. De plus, on ne connaît pas ses dents inférieures. Les comparaisons sont par conséquent limitées.

Un âge respectable

En 1984, la découverte par l'équipe d'Hidemi Ishida du samburupithèque venait déranger les idées les plus répandues sur l'histoire des grands singes, car il présentait des caractères qui pouvaient en faire un ancêtre commun aux grands singes et aux hominidés. Malheureusement, ce fragment de maxillaire était considéré comme trop ancien par la plupart des chercheurs, et il a souvent été oublié dans les travaux de phylogénie.

Ces restes ont pris toute leur importance depuis la découverte d'Orrorin en 2000. Pour la première fois, des hominidés étaient reconnus au-delà de la date généralement acceptée de six millions d'années pour la divergence entre grands singes et hommes. La présence d'autres hominidés potentiels au Tchad (Sahelantropus) et en Éthiopie (Ardi­pithecus), ainsi que la découverte, annoncée en 2004, de dents gorilliformes et chimpanziformes dans des niveaux datés respectivement de 6 et 12,5 millions d'années dans les collines Tugen, au Kenya suggèrent également l'ancienneté de notre lignée. Ainsi, à Ngorora une dent proche de celle des chimpanzés est connue à 12,5 millions d'années, et, dans les mêmes niveaux que ceux d'Orrorin au Kenya (6 millions d'années), plusieurs dents de type gorilliforme ont été décrites. Il reste qu'aucune comparaison n'a été effectuée avec ces spécimens. Il serait intéressant de les discuter, afin de mieux interpréter Chororapithecus.

La surprise de l'annonce n'est donc pas totale. Ces dates très anciennes n'étaient pas acceptées par tous, mais avec Chororapithecus, on se rapproche d'estimations qui avaient été avancées, entre autres, par l'équipe du généticien suédois Ulfur Arnason.

Il apparaît certain aujourd'hui que nous ne comprendrons l'origine des hominidés et celle des grands singes africains de type moderne qu'à la condition de combler la lacune chronologique comprise entre 14 et 7 millions d'années.

Source : Pour la Science d'octobre 2007

dimanche 26 août 2007

Le plus ancien fossile de grand singe africain

L'espèce qui vient d'être décrite a été nommée Chrorapithecus abyssinicus. Elle se trouvait dans la formation Chorora située dans la région de l'Afar à 170 km à l'est d'Addis-Abeba et à 260 kilomètres au sud du berceau de la fameuse Lucy, petite australopithèque de 3,2 millions d'années.

Cette découverte montre que les gorilles se seraient probablement séparés de la lignée des autres primates il y a environ 10,5 millions d'années et non pas il y a 8 millions d'années, comme l'indiquaient les précédentes estimations basées sur des études moléculaires. « Grâce aux nouveaux fossiles, l'horloge moléculaire recule, mais l'histoire de l'homme se complexifie », relève Pascal Picq, du Collège de France. Il faudra maintenant essayer de savoir à quel moment les chimpanzés se sont séparés des autres primates, date actuellement estimée à 6 à 9 millions d'années.

« Ces dents apportent des informations totalement nouvelles en Afrique », explique Yonas Beyenes, paléoanthropologue éthiopien, coauteur de l'étude. En effet, les anthropologues ont peu de fossiles de grands singes à leur disposition pour travailler, parce qu'à cette époque la fossilisation se réalisait difficilement dans les milieux où ces animaux vivaient. Ils ne disposaient jusque-là que d'une mâchoire supérieure de Samburupithecus et de quelques dents de différents spécimens, tous ces restes provenant du centre du Kenya.

Pour ce qui est de Toumaï, un préhumain de 7 millions d'années qui est considéré comme le plus ancien de nos ancêtres, cette découverte ne le rapproche pas du gorille, mais plutôt de l'homme et des chimpanzés. Mis au jour au Tchad en 2000, Toumaï a été étudié par Michel Brunet et son équipe.

Source : Le Figaro du 23/08/2007

Un ancêtre du gorille découvert en Ethiopie

Datées d'il y a 10 à 10,5 millions d'années, une canine et huit molaires ont été mises au jour sur le rift africain ; elles appartiendraient à une ancienne espèce de grand singe.

Si le continent africain a livré un grand nombre de fossiles humains et préhumains – dont le plus ancien est Toumaï, vieux de 7 millions d'années –, ceux concernant les grands singes anthropoïdes (gorilles, chimpanzés, bonobos, gibbons) restent rarissimes. Entre le kenyapithèque, vieux de 13 millions d'années, Samburupithecus (9,5 à 10 millions d'années) trouvé au Kenya et quelques rares fossiles de chimpanzés datant de 500 000 ans, il n'y a pratiquement rien, explique Pascal Picq, paléo-anthropologue et maître de conférences au Collège de France. C'est pourquoi "on ne connaît pas du tout l'histoire des grands singes africains, dans laquelle s'insèrent les origines de l'homme".

Aussi, chaque fossile de grand singe, même modeste, suscite-t-il un grand intérêt. Cette fois, c'est de gorilles qu'il s'agit. Une équipe de scientifiques japonais et éthiopiens, dirigée par Gen Suwa (Université de Tokyo) et Yonas Beyene (département d'archéologie et de paléontologie d'Addis-Abeba), annonce, dans la revue Nature du 23 août, la découverte de neuf dents (une canine et huit molaires) appartenant à une nouvelle espèce de grand singe, Chororapithecus abyssinicus.

Mis au jour en Ethiopie, à 170 km à l'est d'Addis-Abeba, dans la formation Chorora – une des zones sédimentaires du rift africain –, ces restes appartiendraient, selon les chercheurs, à un lointain ancêtre des gorilles. Il aurait vécu il y a 10 à 10,5 millions d'années dans une région boisée occupée, dans le passé, par un lac où venaient se jeter des rivières.

L'observation minutieuse des dents de Chororapithecus montre des similitudes importantes avec celles des gorilles actuels qui sont essentiellement végétariens, se nourrissant de feuilles, de tiges, de fruits et parfois d'insectes. "Les molaires présentent en effet des crêtes de cisaillement spécifiques d'une activité de broyage de végétaux fibreux", expliquent les chercheurs. Au total, "Chororapithecus était soit une forme primitive de gorille, soit une branche de grand singe indépendante montrant une adaptation similaire", ajoutent-ils.

Mais surtout, insistent les scientifiques, ces dents et leur ancienneté "confirment que l'Afrique est le lieu d'origine des humains et des grands singes africains modernes". L'absence de fossiles de grands singes pendant une période-clé de leur évolution avait en effet conduit certains chercheurs à placer leur origine en Asie d'où ils auraient ensuite migré.

Selon l'étude, la date de la divergence entre les gorilles et la branche hommes/chimpanzés serait proche de – 12 millions d'années. Quant à la séparation des hommes et des chimpanzés, nos plus proches cousins, elle remonterait à 9millions d'années. Les auteurs de l'article contestent ainsi vigoureusement les dates proposées, en mai 2006, dans Nature, par deux scientifiques du Massachusetts Institute of Technology. Fondée sur des analyses ADN de différents grands singes et de l'homme, elle avait fait grand bruit car elle rajeunissait considérablement la divergence homme/chimpanzé, en la plaçant entre 6,3 et 5,5 millions d'années. Ce qui pouvait enlever de la famille humaine les trois proto-humains connus à ce jour : Toumaï (Tchad), Orrorin (Kenya, 6 millions d'années) et Ardipithecus kadabba (Ethiopie, 5,6 millions d'années).

En tout état de cause, l'évolution des grands singes et, partant, de l'homme, ne pourra être analysée correctement tant "qu'on n'aura pas trouvé plus de fossiles appartenant à chaque lignée dans la période comprise entre – 13 et – 7 millions d'année", insiste Pascal Picq.

Source : Le Monde du 23/08/2007

samedi 25 août 2007

Un nouvel ancêtre des grands singes découvert en Ethiopie

Déjà très célèbre pour les fossiles des ancêtres de la lignée humaine qu’elle a livrés, comme l’australopithèque Lucy, l’Ethiopie fourni pour la première fois le fossile d’un ancêtre des grands singes africains. Agé de 10 millions d’années, Chororapithecus abyssinicus pourrait être un gorille primitif ou représenter une branche indépendante proche de celle des gorilles.

Neuf dents -une canine et huit molaires- ont été mises au jour dans la région de l’Afar par une équipe japonaise et éthiopienne. Gen Suwa (Université de Tokyo), Berhane Asfaw (Centre de recherche de la Vallée du Rift, Addis Abeba) et leurs collègues ont gratté les sédiments vieux de 10 à 11 millions d’années qui affleurent dans la formation de Chorora en quête de fossiles. Ils annoncent aujourd’hui leur découverte dans la revue Nature.

Des dents fossilisées de Chororapithecus comparées à une mâchoire de gorille

Après une analyse détaillée des dents exhumées à Chorora, reconstituées en 3D grâce à la tomographie assistée par ordinateur, les chercheurs précisent que les molaires possèdent des caractéristiques propres aux dents des gorilles actuels, équipés pour déchiqueter des végétaux très fibreux. Cependant elles sont plus larges et plus primitives que des molaires de gorilles, laissant à penser qu’il pourrait s’agir d’un proto-gorille. Cela pourrait aussi signifier que la branche des gorilles s’est séparée de celle de la lignée humaine plus tôt qu’on ne pense, il y a au moins 10 millions d’années et non 8 millions comme cela a été estimé par des généticiens, selon Suwa et ses collègues.

Jusqu’à présent, l’ancêtre des hominidés le plus ancien est Sahelanthropus tchadiensis, alias Toumaï, découvert au Tchad et vieux de 6 à 7 millions d’années. Il est concurrencé par Orrorin tugenensis, mis au jour au Kenya, âgé de 6 millions d’années.

Source : Science et Avenir du 23/087/2007