jeudi 31 décembre 2020

La chasse et la consommation de viande ont-elles vraiment joué un rôle important dans l’évolution humaine ?

Quels sont les facteurs ayant favorisé l'émergence du genre humain ? La question alimente toujours d'intenses débats entre scientifiques. Si la chasse et la consommation de viande ont largement contribué à l'accroissement du cerveau, d'autres voix s'élèvent pour proposer un processus d'encéphalisation multifactoriel qui se serait, entre autres, développé autour la mise en place du concept d'alloparentalité.

Aujourd'hui, la pratique de la chasse est un débat sociétal majeur. En témoigne l’actualité des dernières semaines autour de la législation de la chasse et de sa pratique. Au-delà de l'activité dite « sportive », la chasse est bien un héritage de nos comportements alimentaires. Ainsi, nous voyons apparaître des régimes tels que le régime « Paléo », enrichis en viande, en partant du postulat que la chasse était au cœur du quotidien des populations préhistoriques et que le régime de nos « ancêtres » était le bon.

Mais d'où vient cette idée ? Que disent réellement les données scientifiques sur la consommation de viande de nos « ancêtres » lointains ? La chasse et la viande ont-elles joué un rôle important dans l'évolution humaine ?

La découverte d’australopithèque

En 1925, l'anatomiste australien Raymond A. Dart publia la description des premiers restes d'australopithèque jamais découverts. Il s'agit d'un petit crâne, presque complet, conservant également l'empreinte négative de l'endocrâne (partie interne du crâne) et provenant d'une grotte d'Afrique du Sud. Il dénomma l'espèce Australopithecus africanus, mais le crâne sera surnommé l'enfant de Taung.

Par cette découverte majeure, le scientifique permit d'apporter la première preuve tangible d'une origine africaine de la lignée humaine. Hypothèse qui fut pour la première fois formulée par Charles Darwin en 1871, dans son célèbre ouvrage « The Descent of Man ». À l'époque, la publication ne fit pas l'unanimité car nombre de chercheurs considéraient que l'origine de la lignée humaine se situait soit en Asie, par la découverte de Pithecanthropus en 1891, ou en Europe, avant que la fraude de l’Homme de Piltdown ne soit révélée.

Les chasseurs de têtes sanguinaires

Malgré les critiques, Dart continua ses recherches en Afrique du Sud et étudia les fossiles d'animaux des sites de Taung et de Makapansgat. Il estimait que ces restes avaient été accumulés par les Australopithèques eux-mêmes. En analysant les modifications visibles sur les ossements ainsi que la représentation squelettique, il définira la « culture ostéodontokératique », signifiant littéralement « os - dent - corne ».

Selon lui, les australopithèques étaient de puissants chasseurs, capables de produire des outils à l'aide des os, des dents mais aussi des cornes des animaux qu'ils abattaient. Ils étaient des « chasseurs de têtes sanguinaires », parfois cannibales. Cette hypothèse, dénommée la « théorie du singe tueur », permettait à Dart de confirmer une seconde idée de Darwin : le processus d'hominisation aurait débuté lorsque nos « ancêtres » adoptèrent une marche bipède, libérant ainsi les mains et permettant la production d'outils et d'armes pour chasser. C'est la « hunting hypothesis » (hypothèse de la chasse), qui considère la chasse comme un comportement majeur dans l'évolution de la taille du cerveau (encéphalisation) au sein de la lignée humaine.

Les chasseurs devenus chassés

Les recherches de Dart firent forte impression, notamment auprès de l'auteur à succès Robert Ardrey qui publiera cinq best-sellers, African Genesis, dans lesquels il développera l'idée que « l'Homme est un prédateur dont l'instinct naturel est de tuer avec une arme ». Cette vision de l'origine de l'humanité fut plus tard reprise par Arthur C. Clarke et Stanley Kubrick lors de la production de la séquence d'ouverture du film 2001 : l'Odyssée de l'espace.

Bien entendu, les travaux de Dart furent sérieusement remis en question. Notamment depuis 1981 et la publication de l'ouvrage The Hunters or the Hunted ? An Introduction to African Cave Taphonomy par le taphonomiste sud-africain C. K. Brain. À travers cet ouvrage de référence, Brain démontra que les hominines anciens (catégorie regroupant l'ensemble des espèces appartenant à la lignée humaine depuis sa séparation avec celle des grands singes, il y a environ 7 millions d'années) étaient plus des proies que des chasseurs. Ils étaient, selon lui, régulièrement les proies de grands carnivores, et particulièrement des grands félins comme le léopard ou les tigres à dents de sabre. Ainsi, il réfuta la théorie du singe tueur et de la « Hunting Hypothesis ».

Cerveau, intestin et locomotion

Dans ce contexte de forte compétition entre les hominines et les carnivores démontrée par Brain, le rôle de la chasse au sein de l'évolution humaine a été fortement nuancé. Toutefois, en 1995, les paléoanthropologues Leslie C. Aiello et Peter Wheeler émettent l'hypothèse selon laquelle les besoins métaboliques d'un cerveau de grande taille sont compensés par une réduction proportionnelle de l'appareil digestif.

Cette réduction de la taille de l'intestin n'est envisageable, selon eux, seulement s'il y a un changement dans le régime alimentaire, incorporant des aliments à forte qualité nutritionnelle, comme la viande. En 2011, cette hypothèse fut remise en question par Ana Navarrete et ses collègues, qui proposèrent que l'encéphalisation a été rendue possible par une combinaison de stabilisation des apports énergétiques et d'une redirection de l'énergie de la locomotion, de la croissance et de la reproduction. En effet, les données prouvent que le coût en énergie de la posture bipède est beaucoup moindre que la brachiation (« arboricolie ») ou la quadrupédie observées chez les autres espèces de primates non-humains.

Enfin, il semble que les êtres humains ont évolué dans l'approvisionnement alloparental de la progéniture (prise en charge des petits par l'ensemble du groupe), en particulier pour le bénéfice des femelles reproductrices. Ces auteurs proposent que des soins allomaternaux extensifs permettent d'augmenter la taille du cerveau, et donc aussi les capacités cognitives, par rapport à leurs parents reproducteurs. Ce qui aurait permis de multiplier par trois environ la taille du cerveau par rapport à leur groupe frère, le genre Pan (chimpanzés) !

L'encéphalisation est donc un processus multifactoriel. Parmi ces facteurs se trouvent l'utilisation d'outils, du feu, l'amélioration des techniques d'approvisionnement en nourriture, le changement de régime alimentaire, la locomotion bipède...

Jusqu'à maintenant, nous avons largement et volontairement recentré notre propos sur l'encéphalisation. Toutefois, il est nécessaire de rappeler que l'augmentation relative de la taille du cerveau n'est pas l'unique caractère anatomique utilisé en paléoanthropologie afin de définir l'espèce humaine. Nous pouvons en effet citer la réduction globale de la taille de la denture ou encore la perte du pouce opposable du pied. Ainsi, même si la chasse (et l'augmentation de la consommation de la viande) peut être un des nombreux facteurs ayant favorisé l'encéphalisation, ce dernier processus n'est pas le seul caractère de l'« humanisation ».

Il est donc aujourd'hui difficile d'affirmer que la chasse et la viande sont les seuls facteurs de l'émergence du genre humain et du processus d'encéphalisation. Bien qu'il semble qu'elles aient joué un rôle à un moment donné de notre histoire évolutive. Le débat reste encore ouvert parmi la communauté scientifique, notamment sur le rôle de la chasse comparée à celui du charronnage... Affaire à suivre.

Source : Futura Planete du 30/12/2020

Jean-Jacques Hublin

Jean-Jacques Hublin, né le 30 novembre 1953 à Mostaganem, en Algérie, est un paléoanthropologue français.

Depuis 2004, il est directeur du département Évolution de l'homme de l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste, à Leipzig, en Allemagne, où il dirige une équipe d'une quinzaine de chercheurs. Il est professeur au Collège de France depuis 2014.

Jean-Jacques Hublin s'est fait connaitre du grand public par la publication en 2017 de la découverte des plus anciens fossiles d'Homo sapiens connus à ce jour, mis au jour au Maroc et datés d'environ 300 000 ans. 

Source : Wikipedia

mercredi 30 décembre 2020

Néandersovien

On appelle Néandersoviens la lignée des humains archaïques à l'origine des Néandertaliens et des Dénisoviens. Cette branche de la famille humaine se serait séparée de celle d'Homo sapiens il y a environ 750 000 ans, et se serait partiellement hybridée en Eurasie avec des humains superarchaïques, sortis d'Afrique il y a environ deux millions d'années.

Date de divergence

Une étude génétique parue en février 2020, ayant analysé l'ADN fossile néandertalien (issu de spécimens de l'Altaï et de la grotte de Vindija, en Croatie) et l'ADN dénisovien (issu de la grotte de Denisova), en tire la conclusion que l'ancêtre commun de ces deux branches, appelé Néandersovien, aurait quitté l'Afrique, et se serait ainsi séparé de la lignée africaine menant à Homo sapiens, il y a environ 750 000 ans.

Hybridation avec les super-archaïques

Les Néandersoviens se seraient peu après leur sortie d'Afrique hybridés en Eurasie avec une population humaine locale qualifiée de super-archaïque. Celle-ci serait sortie d'Afrique (ou se serait juste séparée des autres lignées humaines) il y a environ 2 millions d'années, et serait donc très éloignée génétiquement des Néandersoviens, ce qui n'aurait pas fait barrage à l'hybridation.

Les Néandersoviens se seraient subdivisés entre Eurasiens de l'Ouest, ou Néandertaliens, et Eurasiens de l'Est, ou Dénisoviens, il y a environ 700 000 ans, c'est-à-dire beaucoup plus tôt que les estimations des études précédentes. Il y aurait eu par la suite une deuxième hybridation des super-archaïques avec les seuls Dénisoviens en Asie orientale.

Source : Wikipedia

Omo Kibish 2

L'Homme de Kibish, aussi appelé Omo Kibish 1 et Omo Kibish 2, est le nom donné à deux crânes humains fossiles appartenant à l'espèce Homo sapiens, découverts en 1967 par Richard Leakey près de Kibish, dans la basse vallée de l'Omo, en Éthiopie. Ils figurent parmi les plus anciens fossiles connus d'Homo sapiens, avec une datation publiée en 2005 d'environ 195 000 ans avant le présent.

Datation

Ce n'est qu'en février 2005, avec une nouvelle étude réalisée par Ian McDougall à partir des sédiments dans lesquels avaient été retrouvés les deux crânes, que ceux-ci ont été datés d'environ 195 000 ans.

Analyse

Depuis 2017, l'Homme de Kibish n'est plus le plus ancien Homo sapiens connu. Les fossiles de Djebel Irhoud, au Maroc, à l'opposé du continent africain, datés en 2017 d'environ 300 000 ans, montrent que les premiers Homo sapiens se sont probablement diffusés précocément dans plusieurs régions du continent africain. Selon Jean-Jacques Hublin, auteur de cette découverte, « le berceau de l'Homme est toujours en Afrique… mais c'est tout le continent africain », alors que les chercheurs ont longtemps pensé que l'espèce Homo sapiens était apparue en Afrique de l'Est.

Source : Wikipedia

- - - - -

Source :

Omo Kibish 1
195 ka
Homo sapiens
1967
Basse vallée de l'Omo, Éthiopie
Équipe de Richard Leakey

Omo Kibish 1

L'Homme de Kibish, aussi appelé Omo Kibish 1 et Omo Kibish 2, est le nom donné à deux crânes humains fossiles appartenant à l'espèce Homo sapiens, découverts en 1967 par Richard Leakey près de Kibish, dans la basse vallée de l'Omo, en Éthiopie. Ils figurent parmi les plus anciens fossiles connus d'Homo sapiens, avec une datation publiée en 2005 d'environ 195 000 ans avant le présent.

Datation

Ce n'est qu'en février 2005, avec une nouvelle étude réalisée par Ian McDougall à partir des sédiments dans lesquels avaient été retrouvés les deux crânes, que ceux-ci ont été datés d'environ 195 000 ans.

Analyse

Depuis 2017, l'Homme de Kibish n'est plus le plus ancien Homo sapiens connu. Les fossiles de Djebel Irhoud, au Maroc, à l'opposé du continent africain, datés en 2017 d'environ 300 000 ans, montrent que les premiers Homo sapiens se sont probablement diffusés précocément dans plusieurs régions du continent africain. Selon Jean-Jacques Hublin, auteur de cette découverte, « le berceau de l'Homme est toujours en Afrique… mais c'est tout le continent africain », alors que les chercheurs ont longtemps pensé que l'espèce Homo sapiens était apparue en Afrique de l'Est.

Source : Wikipedia

- - - - -

Source :

Omo Kibish 1
195 ka
Homo sapiens
1967
Basse vallée de l'Omo, Éthiopie
Équipe de Richard Leakey

dimanche 27 décembre 2020

Diagramme schématique des tranches d'âge inférées des lignées d'hominidés au cours du dernier million d'années

Source : Site

Pithecanthropus robustus

En 1936, le paléoanthropologue allemand Gustav von Koenigswald commença des fouilles sur le site de Sangiran. De 1936 à 1941, il découvrit 6 fossiles d'hominines, Sangiran 1 à 6, datant d'époques différentes et montrant des caractères variés. Les fouilles se sont poursuivies après 1950 et jusqu'à nos jours, impliquant un nombre croissant de chercheurs locaux. Elles ont produit à ce jour plus de 80 fossiles humains, dont la classification demeure pour nombre d'entre eux sujette à débats.

Sangiran 4

En 1937, Gustav von Koenigswald accueillit sur le site de Sangiran le paléoanthropologue allemand Franz Weidenreich, venu de Chine jusqu'en Indonésie pour examiner les premiers fossiles exhumés, Sangiran 1 à 3, dont le crâne Sangiran 2. Ils publièrent divers travaux conjoints sur ces découvertes, les attribuant à l'espèce déjà créée en 1894 par le médecin néerlandais Eugène Dubois, Pithecanthropus erectus à partir de restes fossiles découverts à Trinil, situé également sur l'île de Java. En 1939, les deux scientifiques annoncèrent en commun la découverte d'un nouveau crâne, Sangiran 4, jugé plus robuste que Sangiran 2, et attribué à une nouvelle espèce dénommée Pithecanthropus robustus.

Source : Wikipedia

- - - - -

Sangiran 27


1 Ma
Meganthropus palaeojavanicus
1978
Sangiran, Java, Indonésie
Suherman et Toto Marsono

Source :

- - - - -

samedi 26 décembre 2020

Australopithecus praegens

Les dépôts de la partie supérieure de la formation de Mabaget (4,5 Ma) à Tabarin ont livré en 1984 un fragment de mandibule. La forme du corps mandibulaire, large et bas, et la morphologie interne de l’os ont conduit les auteurs à l’attribuer à Australopithecus afarensis. Toutefois, la mandibule est plus petite que celles rapportées généralement à cette espèce. En outre, les dimensions des molaires semblent plus proches de celles de Proconsul africanus (un grand singe du Miocène inférieur du Kenya). Plus récemment, Ferguson (1989) a créé un nouveau taxon, Australopithecus praegens, à partir de cette mandibule. Puis la pièce a été rapportée à Ardipithecus ramidus (1998) en raison de la faible épaisseur de l’émail aux molaires et de l’étroitesse de ces dernières. Si cela s’avérait exact, l’espèce ramidus deviendrait synonyme de praegens, créée antérieurement.

Source : Book

- - - - -

Homo antiquus praegens belongs to Australopithecus afarensis according to T. D. White et al. 1994

Source : Source

- - - - -

L'australopithecus praegens peut être :

  • "Homo antiquus praegens" de Ferguson, c'est-à-dire trouver KNM-TH 13150
  • le nom de l'espèce Ardipithecus ramidus, si elle est considérée comme une espèce du genre Australopithecus (et non Ardipithecus) et si elle inclut également la constatation problématique KNM-TH 13150, voir Ardipithecus ramidus

Source : Wikipedia (sk)

mercredi 23 décembre 2020

Les premiers Néandertaliens pourraient avoir hiberné pendant l’hiver, selon une étude

Les analyses d’ossements retrouvés sur l’un des sites fossiles les plus importants du monde suggèrent que nos anciens cousins hominidés essuyaient peut-être les hivers en entrant dans un état de torpeur pendant plusieurs mois.

La Sima de los Huesos – appelée la fosse aux os – retrouvée près de Burgos dans le nord de l’Espagne, est un aven contenant un gisement paléolithique âgé de 430 000 ans. Ce site exceptionnel, fouillé depuis 1984, a permis de récupérer plusieurs milliers de fossiles correspondant à toutes les régions du squelette d’au moins 28 hominidés.

Il y a encore quelques années, nous pensions que ces derniers appartenaient à l’espèce Homo heidelbergensis. Des analyses faites en 2014 ont finalement permis d’attribuer ces ossements à l’Homme de Neandertal. Ces individus seraient plus précisément de proches descendants de l’ancêtre commun des Dénisoviens et des Néandertaliens, qui ont perduré respectivement en Asie et en Europe pendant quelque 400 000 ans, avant l’arrivée de l’Homme moderne il y a environ 50 000 ans.

Une étude fascinante et troublante à la fois

Ceci étant dit, l’analyse de nouveaux ossements nous révèle une histoire troublante. Les anthropologues Juan-Luis Arsuaga et Antonis Bartsiokas, de l’Université Démocrite de Thrace en Grèce, affirment en effet qu’à leur époque, ces hominidés étaient peut-être capables d’entrer en état de torpeur, comme les ours, le temps de passer l’hiver.

Lorsqu’un ours se réveille de sa torpeur prolongée (un type d’état de sommeil économiseur d’énergie souvent utilisé comme synonyme d’hibernation), ses os et ses muscles sont relativement les mêmes qu’avant. Ces mammifères développent en effet des processus métaboliques spécialisés pour les protéger de ce sommeil prolongé. Toutefois, il arrive parfois que la machine s’enraye si les animaux n’emmagasinent pas suffisamment de graisses avant l’hiver. Les hibernateurs peuvent alors souffrir de rachitisme, d’hyperparathyroïdie ou d’ostéite fibreuse, par exemple. Et ces conditions laissent des marques sur les os.

Ce que nous disent les chercheurs de cette nouvelle étude, c’est que ces mêmes lésions ont été isolés sur certains ossements de la Sima. Ils soulignent également que certains fossiles présentent des caractéristiques suggérant que leur croissance était interrompue pendant plusieurs mois de chaque année. Ces hominidés étaient-ils capables de réellement hiberner, comme peuvent le faire les ours ?

Pas d’autre choix que d’hiberner

Juan-Luis Arsuaga et Antonis Bartsiokas l’admettent : cette notion “peut ressembler à de la science-fiction“. Néanmoins, il soulignent que de nombreux autres mammifères, y compris les primates tels que les lémuriens de Madagascar ont évolué pour hiberner. “Cela suggère que la base génétique et la physiologie d’un tel hypométabolisme pourraient être préservées chez de nombreuses espèces de mammifères, y compris les humains“, écrivent-ils.

Les auteurs examinent également un contre-argument : celui des Inuits et les Samis, qui vivent dans des conditions tout aussi dures et froides, mais qui pourtant n’hibernent pas. À cette analyse, les chercheurs rappellent que les poissons gras et la graisse de renne fournissent aujourd’hui suffisamment de nourriture à ces peuples pour qu’ils puissent passer l’hiver. En revanche, le site de Sima, il y a un demi-million d’années, ne proposait pas suffisamment de nourriture riche en graisses pour les locaux.

Aussi, d’après eux, une stratégie d’hibernation aurait été la seule option possible pour dans cet environnement durant l’hiver.

Avant de pouvoir affirmer que nos anciens cousins ont effectivement hiberné, nous devons nous rappeler que cette recherche est très préliminaire. “C’est un argument très intéressant et il stimulera certainement le débat“, admet au Guardian l’anthropologue légiste Patrick Randolph-Quinney, de l’Université Northumbria à Newcastle. “Cependant, il y a d’autres explications pour les variations observées dans les os de Sima. Et celles-ci doivent être traitées complètement avant que nous puissions arriver à des conclusions réalistes“.

Source : SciencePost du 23/12/2020

Les premiers humains auraient survécu aux hivers rigoureux en hibernant

Et si les humains pouvaient hiberner comme les ours et les marmottes ? Ce scénario, qui paraît saugrenu, pourrait cependant bien expliquer comment les premiers hominidés ont pu résister durant des mois dans de sombres cavernes et dans le froid, avec très peu de nourriture.

« Cela peut ressembler à de la science-fiction », reconnaissent eux-mêmes les auteurs d'une nouvelle étude affirmant que les premiers humains auraient hiberné en hiver. Cette stratégie, qui consiste à emmagasiner de la graisse durant l'automne pour passer l'hiver à dormir, permet de survivre lorsque les températures chutent et que la nourriture se fait rare. Une faculté dont ne dispose pas l’Homme, qui reste éveillé toute l'année. C'est du moins ce que l'on pensait jusqu'à présent.

Des lésions osseuses liées à une hibernation dans des grottes sombres

Deux chercheurs jettent aujourd'hui un pavé dans la mare. Antonis Bartsiokas, de l'université de Thrace en Grèce, et Juan-Luis Arsuaga, paléontologue à l'université de Madrid, ont examiné les squelettes d'hominidés de Sima de los Huesos, un site situé au nord de l'Espagne. Celui-ci abrite une collection d'ossements datant de plus de 400.000 ans et appartenant aux premiers Hommes de Néandertal et à leurs prédécesseurs.

Ils ont constaté, en particulier chez les adolescents, que les os présentaient « des lésions caractéristiques d'ostéomalacie, d'hyperparathyroïdie secondaire et d'ostéodystrophie rénale », dont ils estiment qu'elles sont liées « à une hibernation dans des grottes sombres ». Les deux chercheurs suggèrent donc que ces premiers humains se sont retrouvés « dans un état métabolique qui les a aidés à survivre pendant de longues périodes dans des conditions glaciales avec des approvisionnements limités en nourriture », à l'instar des ours des cavernes, dont on a également retrouvé la trace dans la fosse.

Pourquoi les Inuits n’hibernent pas ?

Mais alors, pourquoi l'Homme a-t-il aujourd'hui cessé d'hiberner ? Pourquoi les Inuits et les Samis modernes, qui connaissent des conditions climatiques tout aussi rudes et de longs hivers, restent-ils éveillés toute l'année ? La réponse, selon Antonis Bartsiokas et Juan-Luis Arsuaga, est que les Inuits disposent de suffisamment de nourriture l'hiver grâce, en particulier, aux poissons gras et aux rennes. En revanche, la zone autour du site de Sima il y a un demi-million d'années n'aurait rien fourni de tel. « L'aridification de l'Ibérie ne pouvait pas fournir suffisamment de nourriture riche en graisse aux habitants de Sima pendant l'hiver rigoureux », expliquent les auteurs. Les lésions observées sur les os révèlent d'ailleurs des réserves de graisse insuffisantes et un manque de vitamine D montrant que ces humains ont passé un bon bout de temps dans des cavernes sans recevoir la lumière du jour.

Les bases de l’hibernation toujours présentes dans nos gènes ?

« Notre hypothèse rattachant ces lésions osseuses aux conséquences de l'hibernation est cohérente avec les arguments génétiques et le fait que les hominidés de Sima ont vécu pendant une glaciation extrême », insistent les chercheurs. Leur conclusion laisse toutefois sceptiques d'autres scientifiques. Diverses explications aux maladies osseuses observées peuvent être trouvées, et une torpeur hivernale comme celle de l'ours, qui nécessite tout de même des besoins énergétiques importants pour le cerveau, rendrait cette stratégie d'hibernation difficilement tenable, fait valoir Chris Stringer, du Museum d'Histoire naturelle de Londres, dans le Guardian. L'hypothèse demeure cependant intéressante à examiner et suggère que les bases génétiques de l'hibernation sommeillent toujours en nous.

Source : Futura Sciences du 23/12/2020

Les premiers humains ont peut-être survécu à des hivers rigoureux il y a plus de 400000 ans en hibernant

Les premiers humains ont peut-être survécu à des hivers rigoureux il y a plus de 400000 ans en ralentissant leur métabolisme et en hibernant pendant des mois, révèlent les experts en fossiles.

De nouvelles preuves provenant d’ossements prélevés dans une ancienne fosse commune dans le nord de l’Espagne suggèrent que nous avons pu faire face à un froid extrême il y a des centaines de milliers d’années de manière stratégique, en dormant pendant l’hiver.

Les fossiles datant de 400 000 ans aux premiers Néandertaliens ou à leurs prédécesseurs, montrent des mois de croissance osseuse interrompue.

Les premiers humains ont peut-être survécu à des hivers rigoureux il y a plus de 400000 ans en adoptant une stratégie d’hibernation dans les grottes – ralentissant leur métabolisme et dormant pendant des mois.

De nouvelles preuves provenant de fossiles datant de plus de 400000 ans qui ont été déterrés dans la grotte Sima de los Huesos, une ancienne fosse commune du nord de l’Espagne, montrent des mois de croissance osseuse interrompue.

Les chercheurs ont fait valoir que les signes de dommages aux os sont les mêmes que ceux des autres animaux qui hibernent, concluant que nos prédécesseurs peuvent également avoir hiberné.

Les experts ont basé leurs conclusions sur des fossiles récupérés dans la grotte espagnole Sima de los Huesos, qui se traduit par « le noyau des os ».

L’ancienne fosse commune d’Atapuerca, près de Burgos, dans le nord de l’Espagne, recèle certains des trésors paléontologiques les plus importants du monde.

Il contient des dents et des os datant de plus de 400 000 ans au fond d’un puits de 50 pieds de profondeur.

Les scientifiques qui ont étudié les os ont trouvé le modèle de lésions cohérent avec les lésions trouvées dans les os de mammifères hibernants, y compris les ours des cavernes.

Ils ont également suggéré que la zone autour du site où les os ont été trouvés n’aurait pas fourni à nos prédécesseurs suffisamment de nourriture «riche en graisses» en hiver, il y a un demi-million d’années.

Les scientifiques ont fait valoir que les signes de dommages aux os sont les mêmes que ceux des autres animaux qui hibernent, concluant que nos prédécesseurs peuvent également avoir hiberné.

Ils ont conclu qu’une «stratégie d’hibernation» a peut-être été adoptée comme la seule solution pour eux de survivre aux conditions de gel dans une grotte.

Les résultats obtenus par Juan-Luis Arsuaga, un paléoanthropologue espagnol et Antonis Bartsiokas, de l’Université Démocrite de Thrace en Grèce, ont été publiés dans la revue L’Anthropologie.

S’adressant au Guardian, l’anthropologue légiste Patrick Randolph-Quinney de l’Université de Northumbria à Newcastle a déclaré: «C’est un argument très intéressant et cela stimulera certainement le débat.

«Cependant, il existe d’autres explications aux variations observées dans les os trouvés dans Sima et celles-ci doivent être pleinement traitées avant de pouvoir tirer des conclusions réalistes. Cela n’a pas encore été fait, je crois.»

Source : News 24 du 20/12/2020

mardi 22 décembre 2020

Bernard Wood : "des preuves potentiellement embarrassantes contre la bipédie de Toumaï "

L'article suggérant que Toumaï n'était pas bipède a été très critiqué. L'anthropologue Bernard Wood défend ici la nécessité de publier ce travail "même préliminaire" suite à l'omerta qui aurait régné jusqu'à présent au sujet de cet os critique.

Toumaï, vieux de 7 millions d'années et découvert au Tchad, était un quadrupède, plus proche du chimpanzé que des grands ancêtres de l’humanité, suggère une étude de son fémur, parue dans le Journal of Human Evolution. Ce travail a suscité de nombreuses critiques, portant notamment sur l’accès que les auteurs ont eu au fossile et même sur la légitimité de leur publication. Le paléoanthropologue Bernard Wood du département anthropologie de l’Université Columbian à Washington (Etats-Unis) y répond.


Le crâne de Toumaï au milieu d'autres fossiles, dont le fémur (os long à droite), connu depuis 2004, vient seulement d'être publié.

Sciences et Avenir : Pourquoi avoir publié cette analyse sur le fémur de Toumaï, sans attendre les résultats définitifs de l’équipe de Poitiers qui s’y est (enfin) attelée ?

Bernard Wood : Qu'il soit un ancêtre humain ou non, Sahelanthropus tchadensis est un taxon d'une importance critique. Toute information supplémentaire, sans même parler des preuves fossiles précieuses sur les membres, qui peuvent nous informer sur sa posture et sa locomotion, est comme de la « poussière d'or ». Ainsi, il a été particulièrement frustrant de savoir que cette précieuse preuve existe, mais que pour une raison quelconque, les chercheurs qui l'ont récupérée ont décidé de ne pas la partager avec la communauté scientifique. Ils ont parfaitement le droit d'être les premiers à le publier, mais ce privilège s'accompagne de l'obligation de le faire en temps opportun.

"Si la nouvelle de l’existence de notre manuscrit n’était peut-être pas parvenue aux chercheurs concernés, la communauté scientifique serait toujours privée d’information"

L’article suggérant que Toumaï n’est pas bipède, et dont vous êtes le dernier signataire, s’appuie largement sur des photos et une pré-analyse conduite par Aude Bergeret en 2004. Est-il légitime selon vous, de publier sans avoir eu accès de nouveau à la pièce ?

Quel est donc le plus grand mal ? Ne pas mettre des preuves importantes, mais potentiellement embarrassantes, à la disposition de la communauté scientifique, et peut-être pénaliser une étudiante (Aude Bergeret, NDLR) pour sa perspicacité… ou rendre les preuves disponibles, bien que non conventionnelles, afin que la communauté scientifique puisse en tenir compte ? Je soupçonne que si nous n’avions pas soumis notre manuscrit à la fin de l’année dernière et que la nouvelle de son existence n’était peut-être pas parvenue aux chercheurs concernés, la communauté scientifique serait toujours privée de toute information sur cette "nouvelle" preuve fossile importante contre la bipédie de Toumaï.

"Ce n'est pas la publication définitive sur Toumaï"

Vous dites que vos preuves sont potentiellement embarrassantes. Mais votre travail ne clôt pas la controverse sur la bipédie de Toumaï ?

Quiconque lit attentivement notre article comprendra que nous n'essayons pas de le faire passer pour la publication définitive de ce spécimen. Nous avons expliqué, au meilleur de nos connaissances, qui l'a trouvé et les circonstances de la découverte. Nous avons également souligné que notre contribution n'était pas définitive. Son but est d'introduire la première preuve postcrânienne de Sahelanthropus tchadensis. Nous devons souligner que nos observations sur la diaphyse fémorale sont préliminaires. Elles sont limitées à ce que nous pouvons glaner dans la littérature, plus un accès limité et bref au fossile original. Nous espérons que les responsables de la conservation du spécimen original mèneront une étude comparative plus détaillée et approfondie, y compris des évaluations des propriétés géométriques transversales et de la structure interne.

Source : Sciences et Avenir du 25/11/2020


- - - - -

lundi 21 décembre 2020

De l’ADN dénisovien découvert hors de la grotte de Denisova

De l’ADN mitochondrial découvert dans la grotte chinoise de Baishiya, dans le nord-est du plateau Tibétain, confirme que les Dénisoviens y ont vécu dès 160 000 ans avant notre ère.

Les Dénisoviens sont une nouvelle espèce humaine découverte en 2010 par le séquençage du génome contenu dans un bout de phalange retrouvé dans la grotte de Denisova, en Sibérie. Jusqu’en 2016, nous ne connaissions de cette espèce apparentée à une sorte de « Néandertalien oriental » qu’un fragment de phalange, trois dents et un fragment de crâne. Mais en 2019, l’analyse des protéines contenues dans un fragment de mandibule découvert dans la grotte de Baishiya, dans le nord-est du plateau tibétain, par une équipe dirigée par Jean-Jacques Hublin, de l’institut d’anthropologie évolutionniste de Leipzig, et Dongju Zhang, de l’université de Lanzhou, en Chine, a suggéré que celle-ci appartenait à un Dénisovien. Avec cette demi-mandibule – la mandibule de Xiahe –, les paléoanthropologues tenaient enfin un premier fossile dénisovien substantiel hors de la grotte de Denisova ! Toutefois, l’identification par les protéines laissait des doutes subsister, car la méthode était nouvelle. C’est pourquoi Dongju Zhang, avec une nouvelle équipe, s’est lancé à la recherche d’ADN dénisovien dans la grotte de Baishiya. Et il en a trouvé !


La mandibule de Xiahe provient de la grotte de Baishiya. Son protéome, c'est-à-dire le jeun de protéines qu’elle contient, atteste du fait qu’elle est dénisovienne.

Pour traquer de l’ADN dans les sédiments de la grotte, les chercheurs ont exploité une méthode dont l’efficacité a été démontrée en 2017 par Viviane Slon, de l’institut d’anthropologie évolutionniste de Leipzig. Ils ont d’abord extrait les fragments d’ADN mitochondrial – l’ADN contenu dans les mitochondries, les usines énergétiques des cellules – conservés dans les échantillons de sédiments à l’aide de sondes chimiques spécifiques. Une fois ces fragments multipliés puis séparés de l’ADN récent dû à la contamination, les chercheurs les ont comparés à des bases de génomes mitochondriaux des sapiens, des Néandertaliens et des Dénisoviens. Verdict : il s’agit bien d’ADN dénisovien. Une fois ces fragments d’ADN remis dans leurs contextes stratigraphique et chronologique, il en ressort que des Dénisoviens ont occupé la grotte de Baishiya de façon discontinue entre 100 000 ans et 45 000 ans.

La grotte de Baishiya se trouve dans l’extrême nord-est du plateau tibétain, à 3 280 mètres d’altitude.

Par ailleurs, la datation par la méthode de l’uranium-thorium de la calcite fixée à la demi-mandibule elle aussi découverte dans la grotte de Baishiya avait livré un âge de 160 000 ans.

Il est donc désormais certain que les Dénisoviens vivaient sur le plateau Tibétain depuis longtemps, et qu’ils étaient donc adaptés aux hautes altitudes (le plateau Tibétain s’étend entre 1 500 et 5 000 mètres d’altitude ; la grotte de Baishiya étant située à 3 280 mètres). De précédentes études avaient par ailleurs montré que les Tibétains actuels résistent au mal des montagnes (dû à l’altitude et qui se caractérise par des maux de tête, des nausées, des troubles de l’équilibre et une gêne respiratoire) grâce à une variante du gène EPAS1, qui réduit les effets du manque d’oxygène. Or cette variante est également portée par les Dénisoviens. Ces derniers l’auraient transmis aux Tibétains au gré des croisements avec des populations sapiens.

Si des Dénisoviens vivaient déjà sur le plateau Tibétain il y a 160 000 ans, c’était certainement aussi le cas aux altitudes plus clémentes du reste de l’Asie septentrionale. Cette hypothèse vient d’être confirmée par l’équipe de Diyendo Massilani, de l’institut d’anthropologie évolutionniste de Leipzig. Lui et ses collègues ont analysé l’ADN contenu dans une calotte crânienne humaine datant de 34 000 ans découverte dans la vallée de Salkhit, au nord-est de la Mongolie, ainsi que celui d’un individu mort il y a 40 000 ans à Tianyuan, près de Pékin. Il s’avère que ces deux individus possédaient aussi de l’ADN dénisovien provenant d’un métissage entre les ancêtres des populations actuelles de l’Extrême-Orient et des Dénisoviens déjà métissés avec des Néandertaliens, comme le sont ceux les individus de la grotte de Denisova. Nul doute que les traces de ces Dénisoviens septentrionaux vont continuer à se multiplier dans toute l’Asie orientale.

Source : Pour la Science du 18/12/2020

dimanche 20 décembre 2020

Graecopithecus

Graecopithecus est un hominidé à l'origine identifié par une seule mandibule trouvée en Grèce en 1944. Depuis lors, l'analyse de spécimens dentaires, datés d'il y a 7,2 millions d'années, a conduit à suggérer que Graecopithecus pourrait avoir été le plus ancien ancêtre direct des humains à l'exclusion de la lignée des chimpanzés, ou alternativement le dernier ancêtre commun des humains et des chimpanzés, bien que d'autres scientifiques soient sceptiques de ces affirmations. La créature a été surnommée «El Graeco» par les scientifiques.

Découverte

La mandibule originale de spécimen de Graecopithecus a été trouvée en 1944, "aurait été déterrée pendant que les forces allemandes occupantes construisaient un bunker en temps de guerre". La mandibule avec une troisième molaire très usée, la racine d'une deuxième molaire et un fragment de prémolaire provient d'un site appelé Pyrgos Vassilissis, au nord-ouest d'Athènes et est datée du Miocène tardif. L'excavation du site n'est pas possible (à partir de 1986) car le propriétaire a construit une piscine sur place.

Classification

On considère que G. freybergi est probablement le même taxon que Ouranopithecus macedoniensis. L'hominidé est le moins connu de ceux trouvés en Europe. Les empreintes de Trachilos découvertes en Crète en 2002 et étudiées en 2010 peuvent être liées au Graecopithecus.

Source : Wikipedia (en)

Biface Excalibur

Un seul artéfact a été découvert : il s'agit d'un biface, retrouvé en 1998. Outil emblématique de la culture de mode II, l'Acheuléen, le biface est apparu en Europe il y a 500 000 ans. Taillé dans un bloc de quartzite rouge et jaune, il correspond à la technologie identifiée dans la couche GIIb du site voisin de Galería. Il a subi une première phase de configuration au percuteur dur pour la forme générale, et une seconde au percuteur tendre pour travailler la finition des bords convexes distaux. D'une taille de 15 cm, supérieure à la moyenne, il est d'une symétrie assez soignée. Il semble n'avoir jamais servi puisque certains éclats de fabrication sur les bords qui viennent d'être frappés ne sont pas encore détachés. Des traces d'abrasion formées par des sédiments sableux sur la totalité de la surface et particulièrement sur les arêtes et les bords pourraient cependant avoir effacé des marques d'utilisation éventuelles.

L'absence d'autres outils ainsi que le matériau et l'aspect généralement remarquable de ce biface interrogent sur son éventuel rôle dans la Sima. L'hypothèse qu'il ait été déposé à titre symbolique est à considérer. Il s'agirait alors du premier acte symbolique humain documenté dans l'histoire. Toutefois cette hypothèse reste invérifiable, et on peut toujours imaginer que le biface soit arrivé là par accident. Il a été surnommé Excalibur par les anthropologues qui l'ont dégagé de la roche qui le contenait depuis 400 000 ans.

Source : Wikipedia

Homo habilis

Reconstruction de Alice Roberts :
Reconstruction :
Reconstruction de Elisabeth Daynès :

Sima de los Huesos 5

Devenu un symbole d'Atapuerca, le fossile AT-700 est le cinquième crâne découvert dans la Sima. Il a été exhumé pendant la campagne de fouille de l'été 1992, durant laquelle le cycliste espagnol Miguel Indurain a remporté le Tour d'Italie et le Tour de France ; il a donc été surnommé Miguelón en son honneur et bien que son sexe ne soit pas identifiable. C'est désormais une des pièces principales du musée de l'Évolution humaine de Burgos depuis son ouverture en 2010. On y note un impact important sur l'os pariétal gauche, reçu alors que l'os n'était pas sec : peut-être à cause de la chute dans l'aven après sa mort, ou bien du vivant de son propriétaire et alors probablement causé par un autre individu d'après ses caractéristiques. Le maxillaire gauche présente des signes d'une infection chronique qu'un impact violent aurait pu occasionner. Ce traumatisme, couplé avec l'infection de plusieurs dents fracturées aurait pu provoquer la mort par septicémie. L'analyse de son endocrâne par tomodensitométrie montre qu'il était droitier. Aujourd'hui le musée de l'Évolution humaine communique sur Twitter avec un compte de 14 000 abonnés au nom de Miguelón, on peut aussi voir des fresques murales dans la ville de Burgos représentant l'individu, immense fierté locale.

Source : Wikipedia

vendredi 18 décembre 2020

Homo olteniensis

Homo olteniensis (Australoanthropus olteniensis) est le nom donné à plusieurs ossements fossiles, datés d'environ 2 millions d'années, découverts en 1962 à Bugiulești (județ de Vâlcea), en Roumanie, par l'anthropologue Constantin S. Nicolaescu-Plopșor.

Historique

Les ossements fossiles ont été découverts en 1962 par l'anthropologue roumain Constantin S. Nicolaescu-Plopșor, qui les a baptisés Australoanthropus olteniensis (l'homme méridional d'Olténie), en considérant qu'ils appartenaient à une variété d'Homo habilis, présentant une capacité crânienne d'environ 700 cm3. Il pensait que l'Homme d'Olténie était bipède, fabriquait des outils, et chassait dans les marais du lac Getic.

Après sa spécialisation à l'Institut d'Anthropologie de Paris, Plopșor était retourné en 1934 en Olténie et avait entrepris des recherches archéologiques sur la vallée de Desnățui.

Les ossements ont été présentés lors de la session scientifique du Centre des sciences sociales de Craiova le 21 février 1981, et lors de la conférence de presse du 13 mars 1981 sur la découverte du premier humain en Europe, Australanthropus olteniensis.

Selon des sources roumaines récentes, ces fossiles consisteraient en deux fémurs et un tibia, et non un crâne. En 1993, le chercheur belge Jean-Marie Cordy, qui a examiné les ossements, a estimé qu'ils appartenaient à un ours et non à un humain.

Source : Wikipedia

jeudi 17 décembre 2020

Nacholapithecus

Nacholapithecus est un genre d'hominoïde du Miocène moyen trouvé dans la formation de Nachola au nord du Kenya. C'est un genre clé dans l'évolution précoce des hominidés. Semblable au plan corporel de Proconsul, il avait une longue colonne vertébrale avec six vertèbres lombaires, pas de queue, un torse étroit, de grands membres supérieurs avec des articulations mobiles des épaules et de longs pieds.

Taxonomie

Nacholapithecus a été initialement classé comme appartenant à Kenyapithecus, puis attribué à Equatorius (avec Equatorius peut-être regroupé dans une sous-famille Equatorinae, au lieu des deux espèces dans Afropithecini, finalement reconnu comme un genre distinct de la famille des Proconsulidae.

Avec d'autres Kenyapithecinae tels que Equatorius, Kenyapithecus et Griphopithecus, Nacholapithecus a présenté des synapomorphies avec Anoiapithecus.

Nacholapithecus kerioi est un hominoïde connu de la formation d'Aka Aiteputh, à Nachola, au nord du Kenya.

Source : Wikipedia (en)

mercredi 16 décembre 2020

Oreopithecus bambolii

L’Oréopithèque est un genre éteint de singes appartenant à la super-famille des hominoïdes. On en a trouvé des fossiles en Toscane et en Sardaigne (Italie) datant du Miocène supérieur, vers 8 millions d'années. L'Oréopithèque se distingue par une forme de bipédie précoce, différente de la bipédie apparue un peu plus tard chez les hominines.

Historique

Le genre Oreopithecus comprend une seule espèce, Oreopithecus bambolii. La dénomination a été créée en 1872 par son découvreur, le paléontologue français Paul Gervais. Le nom de genre (issu du grec) signifie « singe des collines », et le nom de l'espèce fait référence au lieu de la première découverte, le hameau de Montebamboli, en Toscane.

En 1958, le paléontologue suisse Johannes Hürzeler découvrit un squelette fossile complet d'Oréopithèque dans une exploitation de lignite à Baccinello, en Toscane. L'examen du bassin et des pieds de ce fossile daté d'environ 8 millions d'années (Miocène supérieur) suggéra que l'espèce était capable de se maintenir en position bipède, ce qui amena Hürzeler à en faire un ancêtre de l'Homme pratiquant une bipédie terrestre courante.

Source : Wikipedia

- - - - -

nom :
âge : 8 Ma
découverte : Paul Gervais
date : 1872
espèce : Oreopithecus bambolii

Turkanopithecus kalakolensis

Leakey et Leakey, 1986

KNM-WK 16950 A&B, crâne partiel avec C - P3, M1 - 3 droit et mandibule avec M2 gauche et M3 droit

17,7 - 16,6 MYA

Kenya

Turkanopithecus kalakolensis était de taille moyenne, quadrupède arboricole. Le crâne est large et le visage de Turkanopithecus est court. Des tores supraorbitaires épaissis et des arcades zygomatiques profondes recouvrent une région interorbitaire très large et une ouverture nasale. Les mâles possédaient apparemment une crête sagittale et l'espèce présentait une capacité crânienne d'environ 84,3 cm3 (Hartwig). La dentition est caractérisée par un palais étroit avec des rangées de dents convergentes vers l'arrière, de grandes canines maxillaires chez les mâles et des prémolaires étroites. Les restes post-crâniens, qui sont étonnamment similaires à Proconsul, suggèrent un poids corporel masculin d'environ 22 livres. Le cubitus avec son long processus olécrânien dirigé de manière proximale couplé au long processus styloïde qui s'articule avec le carpe aide à différencier Turkanopithecus de Proconsul et a peut-être donné Turkanopithecus de plus grandes capacités d'escalade (Hartwig).

Source : Source

mardi 15 décembre 2020

Homo naledi

Reconstruction de John Gurche :

Mesopithecus pentelicus

Mesopithecus ("singe du milieu") est un genre éteint de singe de l'Ancien Monde qui vivait en Europe et en Asie il y a 7 à 5 millions d'années. Le mésopithèque ressemblait à un macaque moderne, avec une longueur de corps d'environ 40 centimètres. Il était adapté à la fois à la marche et à l'escalade, possédant un corps élancé avec de longs membres musclés et des doigts flexibles. Ses dents suggèrent qu'il mangeait principalement des feuilles molles et des fruits. On pensait autrefois que ces singes disparus pourraient être un ancêtre du langur gris, mais une étude plus récente suggère qu'ils sont plus étroitement liés aux singes et aux doucs au nez retroussé.

Source : Wikipedia (en)

lundi 14 décembre 2020

dimanche 13 décembre 2020

Le blob

S’adressant à tous, mais prioritairement aux amateurs d’informations scientifiques et aux amoureux de l’audiovisuel scientifique, le blob, l’extra-média couvre l’actualité du monde de la recherche. Les découvertes, innovations, enjeux et controverses sont au cœur de la programmation du blob à travers un large panel de thématiques : parmi celles-çi l'archéologie et la paléontologie.

https://leblob.fr/

Le blob propose notamment un fil d’actualité scientifique quotidien.
Accès par :
https://leblob.fr/actualites
puis Thématiques / Archéo & Paléonto

samedi 12 décembre 2020

Archeologie.culture.gouv

La collection des Grands Sites Archéologiques tenus par le Ministère de la Culture.

Dans la partie consacrée à la France, vous trouverez les infos sur les sites de 

les grottes de 


Le portail archéologie du ministère de la Culture :

http://www.archeologie.culture.fr/

Homo georgicus

Reconstruction de Alice Roberts :

Néandertal enterrait bien ses morts

La datation des couches sédimentaires dans lesquelles un squelette d’enfant néandertalien a été mis au jour sur le site de la Ferrassie, en Dordogne, démontre que celui-ci a été enterré il y a environ 41 000 ans.

On a longtemps pensé que l’inhumation, à l’instar de l’art, était l’apanage d’Homo sapiens. En effet, cette pratique rituelle sous-entend une conceptualisation symbolique de la mort et nécessite un certain degré de développement cognitif. Les Néandertaliens avaient-ils aussi de telles pratiques ? Encore aujourd’hui, la question fait débat. Mais un flot d’études nouvelles offre un éclairage de plus en plus net de l’image broussailleuse d’Homo neanderthalensis. On sait aujourd’hui qu’il pêchait, qu’il peignait… et désormais qu’il enterrait bel et bien ses morts. Plusieurs sites le suggéraient déjà : en Irak, dans la grotte de Shanidar et sa « tombe aux fleurs », ou en France, à la Chapelle-aux-Saints, où l’on a découvert ce qui a été interprété comme des tombes de Néandertaliens vieilles de 60 000 ans. Aucun de ces sites, cependant, n’apporte une preuve aussi solide que celle qui vient d’être obtenue à La Ferrassie, un abri-sous-roche situé en Dordogne et connu des archéologues depuis la fin du xixe siècle. Une équipe de paléoanthropologues dirigée par Antoine Balzeau, du Museum national d’histoire naturelle, et Asier Gómez-Olivencia, de l’université du Pays basque, a pour la première fois démontré qu’un Néandertalien y a été volontairement enterré par les siens il y a environ 41 000 ans.

Le site de La Ferrassie a livré six squelettes de Néandertaliens au début du xxe siècle puis un septième en 1973. Cette dernière découverte est étonnante : les ossements sont ceux d’un enfant de 2 ans, particulièrement bien conservé, allongé dans un axe est-ouest dans une couche sédimentaire archéologiquement stérile, c’est-à-dire dépourvue de tout autre objet archéologique. À l’époque, cette absence d’artefacts aux alentours du fossile a laissé les scientifiques dubitatifs, car on trouve d’habitude d’autres restes, animaux ou humains, près des vestiges humains. Ces os ont été soigneusement consignés, avant d’être stockés puis plus ou moins oubliés.

Ce n’est qu’en 2014, à l’occasion de nouvelles fouilles, qu’Antoine Balzeau et son équipe se sont intéressés au contexte archéologique inhabituel de cette trouvaille. Grâce aux cahiers de recherche datant des années 1970 et à leurs propres analyses sur place, les paléoanthropologues ont été capables de reconstituer la distribution spatiale des différents restes humains du site. La datation des sédiments par luminescence optiquement stimulée a révélé que la couche stérile située au même niveau que l’enfant avait plus de 60 000 ans, alors que les sédiments qui l’entouraient directement étaient datés de seulement 41 000 ans. Un fragment osseux millimétrique, qui a fourni assez d’ADN mitochondrial pour être identifié comme néandertalien et que les paléoanthropologues estiment appartenir à cet enfant, a quant à lui été daté au carbone 14, et serait aussi âgé de 41 000 ans. Un âge plus récent que celui des restes de faune trouvés dans une couche supérieure.

Cette « poche temporelle » dans les sédiments montre donc qu’un trou a bien été volontairement creusé, afin d’accueillir le corps de cet enfant. « La force de cette preuve, c’est qu’elle démontre une intentionnalité, explique Antoine Balzeau. Ces Néandertaliens ont délibérément inhumé l’un des leurs et c’est la première fois qu’on arrive à le démontrer avec un tel faisceau de données archéologiques. »

Cette découverte devrait faire pencher en faveur des Néandertaliens le débat qui dure depuis des décennies quant à leurs capacités cognitives. Tout comme Homo sapiens, ils avaient « domestiqué » la mort et, en pratiquant des rites funéraires, se sont eux aussi symboliquement approprié le concept de la fin de la vie.

Source : Pour la science du 10/12/2020

vendredi 11 décembre 2020

La preuve définitive que les Néandertaliens enterraient leurs morts

L'analyse des sédiments entourant les restes d'un enfant de 2 ans découverts sous l'abri de la Ferrassie (Dordogne) confirme l'existence d'une sépulture.

Depuis des décennies, les paléontologues se disputent pour savoir si Néandertal enterrait ses morts. En effet, la plupart des fossiles en notre possession ne peuvent rien nous apprendre car ils ont été exhumés voilà plus d'un siècle quand les archéologues n'étaient guère plus que des « terrassiers » ne s'embarrassant pas de passer le sol au peigne fin.

Des découvertes récentes en Israël ou encore en Irak ont mis en évidence la présence de tombes néandertaliennes, mais il manquait encore une certitude scientifique. Eh bien la voici ! Deux chercheurs, deux paléoanthropologues, Antoine Balzeau (CNRS/MNHN) et Asier Gómez‐Olivencia (Université du pays basque), fournissent, dans la revue Scientific Reports, la preuve définitive que Néandertal enterrait ses morts. Pourtant, en 2012, quand les deux compères décident d'examiner les squelettes de Néandertaliens trouvés dans l'abri de La Ferrassie, en Dordogne, ils n'avaient aucune idée de l'aboutissement de leurs recherches. Ce site découvert en 1896 avait connu deux campagnes de fouille. La première, qui s'acheva en 1923, avait mis au jour six squelettes de Néandertaliens (un couple, des fœtus et des enfants) et beaucoup de matériel prouvant une occupation sur plusieurs dizaines de millénaires. La deuxième, entre 1968 et 1973, avait dégagé un huitième fossile, celui d'un enfant de 2 ans. À cette époque, les paléontologues avaient bien évoqué la présence de tombes, mais sans avoir la moindre confirmation scientifique.

Un concours de circonstances

« En fait, tout démarre grâce à un magnifique concours de circonstances », confie Antoine Balzeau. « Avec Asier, nous examinions une boîte contenant des artefacts ramassés sur le terrain lors de la seconde campagne de fouilles quand nous avons trouvé la prémolaire d'un Néandertal adulte enfermée dans un tube avec un numéro. Aucune information ne l'accompagnait. Ce qui est inhabituel. » Pour en savoir davantage sur cette dent mystérieuse, les deux hommes se rendent au Musée d'archéologie national de Saint-Germain-en-Laye, qui détient tout le matériel des fouilles de La Ferrassie. « Nous avons eu là l'énorme surprise de trouver des dizaines de caisses contenant tout ce qui avait été prélevé sur le terrain lors de la deuxième campagne de fouilles. » L'examen du cahier des fouilles et des cartes du site leur permet d'identifier rapidement l'endroit de la découverte de la dent. Dans le carré no 1. Le même où l'enfant de 2 ans a été découvert en 1969 ! Ils se rendent compte alors, avec surprise, que celui-ci n'avait fait l'objet d'aucun programme de recherche.

Un oubli qu'ils décident de combler. Ils commencent donc par examiner le matériel prélevé sur le carré no 1 et conservé dans une caisse. « Nous y trouvons un petit sachet marqué M pour Moustérien. Nous étalons son contenu sur une table. Immédiatement, sans même avoir besoin d'échanger un mot, nous avons identifié de très nombreux fragments osseux humains. Des fragments de vertèbres, d'os temporal, de mâchoire… que les chercheurs de l'époque avaient totalement ratés », raconte Balzeau avec de l'émotion dans la voix. Les deux paléontologues ont vite fait de vérifier qu'ils appartenaient tous au squelette de l'enfant de 2 ans ! Se disant que leurs prédécesseurs avaient peut-être raté d'autres ossements, notamment ceux des bras et des jambes qui manquaient, ils entament des fouilles de l'abri en 2014. Malheureusement, ils font chou blanc. Du coup, Antoine et Asier soumettent l'ensemble des échantillons de sédiments collectés entre 1968 et 1973 à une batterie de tests sophistiqués. Une datation précise des ossements de l'enfant donne le chiffre de 41 000 ans. Nous sommes donc très près de la date supposée de la disparition des Néandertaliens. D'autres squelettes ont été datés de moins de 40 000 ans, jusqu'à même 28 000 ans, mais ces chiffres sont largement contestés en raison de défauts méthodologiques dans la datation.

Fin de la polémique

Mais le plus important, c'est que les deux chercheurs du Musée de l'homme ont trouvé les preuves que le gamin (ou la gamine, la pauvreté du matériel génétique n'a pas permis de déterminer son sexe avec certitude) avait été enterré dans une tombe creusée à cet effet : « L'étude du cahier de fouille et l'analyse des matériaux prélevés par nos prédécesseurs indiquent que l'enfant a été enfoui dans un niveau où il n'y avait rien d'autre, mais aussi que les sédiments entourant la fosse étaient plus anciens que le fossile. Tout ceci démontre que les hommes avaient dû creuser pour enterrer le corps », explique Balzeau. Cette découverte devrait mettre fin à la polémique concernant l'existence de tombes néandertaliennes. Oui, nos cousins enterraient leurs morts, du moins ceux qui vivaient voilà 40 000 ans !

Les deux hommes n'ont pas manqué d'analyser la terre jetée sur la dépouille de l'enfant. Ils y ont identifié de nombreux fragments d'os carbonisés, surtout de bisons, confirmant ainsi la présence proche d'un foyer sur lequel les occupants de l'abri de La Ferrassie cuisaient leur gibier. En revanche, ils n'ont rien découvert de ce qui pourrait s'apparenter à une offrande. Les pratiques funéraires de Néandertal restent donc inconnues.

Quant aux sept autres squelettes, ont-ils eux aussi mérité une tombe ? Impossible de l'affirmer avec certitude car, eux, ils ont été sortis de terre dans les années 1900, à une époque où les archéologues ne s'embarrassaient pas de relevés minutieux...

Source : Le Point du 09/12/2020

jeudi 10 décembre 2020

Pr Heyer et Hublin : les plus importantes avancées en paléoanthropologie depuis 10 ans

Evelyne Heyer est professeure d’anthropologie génétique au Muséum National d’Histoire Naturelle et directrice de l’unité de recherche Eco-Anthropologie au Musée de l’Homme. Jean-Jacques Hublin est paléoanthropologue, professeur au Collège de France, directeur du département Évolution de l'homme de l'Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste. Les deux spécialistes ont dialogué à l'occasion du nouveau numéro des indispensables de Sciences et Avenir "Sapiens, les dernières découvertes".

Source : Science et Avenir du 08/12/2020

Une preuve de plus que Néandertal inhumait ses morts

Un petit enfant néandertalien, mort il y a 41.000 ans, fut inhumé par les siens sur le célèbre site préhistorique de la Ferrassie en Dordogne, révèle mercredi une étude qui apporte une nouvelle preuve robuste que l'enterrement n'était pas l'apanage de notre espèce, Homo sapiens.

Des dizaines de squelettes d'hommes et de femmes de Néandertal, nos anciens cousins disparus, ont déjà été découverts en Eurasie, avec des indices laissant clairement penser qu'ils avaient été volontairement enfouis. Mais certains archéologues demeurent sceptiques quant à l'existence d'une telle pratique, considérée comme fondatrice du comportement humain et qui ne colle pas avec cette image de brute primitive que Néandertal a longtemps traînée.

Une étude parue dans la revue Scientific Reports, menée par une équipe internationale pluridisciplinaire, pourrait trancher définitivement le débat.

"C'est une histoire de chercheurs d'or !", raconte à l'AFP le paléoanthropologue Antoine Balzeau du CNRS, qui a codirigé l'étude avec Asier Gomez-Olivencia, de l'Université du Pays basque (Espagne).

Dans les collections du Musée de l'Homme à Paris, où il travaille, il tombe récemment sur une boîte contenant les ossements de cet enfant de deux ans, trouvés en 1973 dans l'abri sous roche de la Ferrassie, vaste gisement préhistorique dont on sait depuis le début du XXe siècle qu'il fut habité par Néandertal, et fouillé à plusieurs reprises.

Le squelette du bébé avait bien été identifié dans les années 1970, mais sans contextualisation géologique. La boîte contenait aussi une dent d'adulte, isolée, sans description mais portant un numéro.

Muni de cet indice, le chercheur prend la direction du Musée national d'archéologie de Saint-Germain en Laye (Yvelines), où dormaient toutes les collections des fouilles anciennes. "Il y a avait des dizaines de cahiers, de caisses, de rapports.... J'ai ouvert le premier cahier et au bout d'une minute, j'ai trouvé la description de la dent", et sa provenance précise, poursuit-il.

Son équipe passe alors en revue tout le matériel récolté sur le même carré que celui de la dent - et donc de l'enfant - et révèle 47 nouveaux ossements humains, récoltés rapidement lors des fouilles mais non identifiés.

Les scientifiques décident alors de retourner à La Ferrassie pour mieux comprendre leurs découvertes. Sur place, ils parviennent à dater la couche sédimentaire située au même niveau que l'enfant: 60.000 ans. Les restes du bébé en ont 41.000, "ce qui prouve que le niveau a bien été creusé pour déposer le corps, et refermé ensuite", selon Antoine Balzeau.

- "Démonstration géologique" -

L'existence de ces sépultures était supposée puisque sept squelettes différents avaient déjà été trouvés à La Ferrassie, mais "cela relevait de l'interprétation de données; il n'y avait aucune démonstration géologique de la présence d'une fosse", développe le scientifique.

Par un faisceau de techniques modernes, l'étude montre "pour la première fois de manière aussi robuste qu'on a affaire à un enfouissement", ajoute-t-il.

Un minuscule ossement du squelette a pu être identifié comme humain grâce aux protéines conservées en son sein, révélées par la science "protéomique"; puis comme Néandertalien par son ADN mitochondrial, et enfin daté directement par la méthode du carbone 14.

La conservation des vestiges, meilleure que celle des os de bison et d'autres herbivores retrouvés dans la même strate, indique un enfouissement rapide après la mort, précise le CNRS dans un communiqué en marge de l'étude.

"Beaucoup d'archéologues aujourd'hui sont opposés à l'idée que Néandertal enterrait ses morts, arguant qu'on n'avait pas la capacité de le démontrer. Mais aussi parce qu'ils font une différence de valeur avec Homo sapiens", dont on sait qu'il a cohabité avec Néandertal, analyse le chercheur.

"C'est ancré dans notre mode de pensée que Sapiens était supérieur et c'est malheureusement souvent par ce biais qu'on étudie l'histoire, alors qu'il faut commencer par étudier les données archéologiques", poursuit-il.

Depuis plusieurs années, on découvre combien Néandertal, qui vécut entre 400.000 ans et 40.000 ans avant notre ère, était une humanité complexe, aux pratiques modernes comme l'ornementation du corps, la fabrication d'outils sophistiqués.

Source : Challenges du 09/12/2020

mercredi 9 décembre 2020

En Dordogne, et par-delà, l’homme de Néandertal enterrait bien ses morts

Une nouvelle étude publiée dans «Scientific reports» confirme que notre cousin le plus proche, éteint il y a 40 000 ans, inhumait aussi les défunts. Enfoui volontairement sous l’abri de la Ferrassie, un enfant néandertalien de 2 ans est le représentant le plus récent connu de cette espèce humaine.

Il faut imaginer, quelque part au centre de la Dordogne, dans la vallée de la Vézère, une espèce de falaise, disons une paroi rocheuse, au pied de laquelle des hommes préhistoriques ont trouvé refuge. Ici, sous cet «abri sous-roche», l’homme de Néandertal, humanité cousine de la nôtre mais aujourd’hui disparue, a même partagé de bons repas et confectionné des outils complexes en pierre taillée. C’était il y a environ 41 000 ans, sur le site que les préhistoriens nomment de nos jours la Ferrassie, à Savignac de Miremont. Et l’on sait tout cela car depuis plus d’un siècle, des fouilles archéologiques ont mis au jour des restes fossiles d’au moins sept néandertaliens.

Parmi ces individus, le squelette d’un enfant de 2 ans, découvert au tout début des années 70 par le professeur Henri Delporte, a cependant récemment attiré l’attention d’une équipe franco-espagnole de paléoanthropologues. Et l’analyse des restes combinée à un nouvel examen du site depuis 2014 va aujourd’hui dans le sens d’une hypothèse longtemps et ardemment discutée par les spécialistes en raison de tombes sépultures supposées en France et en Irak : oui, l’homme de Néandertal enterrait bien ses morts.

Fossiles placardisés depuis les années 70

L'«aventure» de cette nouvelle découverte, raconte le paléoanthropologue Antoine Balzeau (CNRS) qui signe avec l’Espagnol Asier Gomez-Olivencia (université de Bilbao) une étude à paraître jeudi dans la revue Scientific reports, commence il y a quelques années. A l’époque, les deux chercheurs réétudient les fossiles placardisés du Musée de l’homme et tombent, entre autres, sur une dent humaine qui renvoie vers les collections du Musée d’archéologie nationale, à Saint-Germain-en-Laye. Là-bas, les cahiers de fouilles font référence à du matériel archéologique du grand-abri périgourdin et, surprise, livrent des restes fossiles, dont ceux du jeune néandertalien, nommés «LF8», jamais examinés ces cinquante dernières années. «On s’est retrouvé avec un squelette qu’on complétait avec 47 nouveaux fossiles et des notes qui expliquaient comment était positionné l’enfant et les fossiles tout autour», narre au téléphone le chercheur du laboratoire Histoire naturelle de l’homme préhistorique, un des spécialistes français d’Homo neandertalensis. De quoi fournir des pistes de recherches intéressantes pour de nouvelles fouilles.

En Dordogne, l’examen du gisement de la Ferrassie, que d’autres scientifiques avaient aussi entrepris de passer à nouveau au peigne fin, révèle alors le passé de la dépouille de l’enfant néandertalien – principalement les os du crâne au bassin. «On n’a rien trouvé de spectaculaire, complète Jean-Jacques Hublin, paléoanthropologue de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste de Leipzig, lui aussi impliqué dans l’étude. Mais tout n’était pas perdu parce qu’on a des méthodes moléculaires pour détecter des restes humains non identifiables.» Si rien d’inédit à part une molaire néandertalienne n’émerge du site, plusieurs techniques de datation, par luminescence stimulée optiquement (OSL) et au carbone 14, donnent cependant un âge précis au fossile : 41 000 ans. Ce qui fait de ce spécimen le représentant de son espèce le plus récent désormais connu. Mais c’est environ 20 000 ans de moins que la datation de la couche de terre stérile d’où les préhistoriens ont par le passé exhumé «LF8».

Etude de l’ADN et des protéines anciennes

Ces découvertes «montrent bien que des Néandertaliens étaient là il y a 41 000 ans, qu’ils ont creusé un trou, déposé le corps et remblayé avant de continuer leur vie, résume Antoine Balzeau. Pour la première fois, on a des données robustes qui montrent un enfouissement volontaire d’un mort chez Néandertal». L’addition des méthodes d’analyse, qui étaient beaucoup moins précises il y a cinq décennies, a également permis d’affiner la découverte. La paléogénétique d’abord, qui, si l’on retrouve un peu d’ADN ancien dans les restes humains, permet de donner l’identité des individus. Ici, elle permet de dire que l’enfant est bien un homme de Néandertal puisque l’on connaît depuis une dizaine d’années le génome de cette espèce humaine disparue il y a environ 40 000 ans en Europe. En revanche, incomplète, la séquence ADN ne permet pas de connaître son sexe. «Quand les résultats génétiques sont tombés, j’espérais un peu plus, fait mine de soupirer Antoine Balzeau. Mais cela montre surtout que ces techniques sont intéressantes quand elles sont combinées. Ainsi, elles permettent de raconter la vraie histoire d’un site.»

Discipline toute récente, mais prometteuse, la paléoprotéomique, soit l’étude de la structure des protéines anciennes dans les tissus osseux, permet aux chercheurs d’écarter des fossiles d’animaux, principalement de bisons, tombés dans la sépulture au moment de l’inhumation de l’enfant par des congénères. «C’est assez formidable, cela ramène de l’eau au moulin des débats autour des sépultures néandertaliennes, un sujet longtemps controversé, poursuit le professeur au Collège de France Jean-Jacques Hublin. Aujourd’hui, il peut être admis qu’il y a eu des inhumations néandertaliennes, pas partout et tout le temps. Mais comment on interprète ça ? Là, les avis divergent et il faut être prudent.» Car il ne faudrait pas projeter sur notre vieux cousin disparu des intentions qui n’auraient pas été les siennes. Et sans le réduire à une brute épaisse – il avait quand même un cerveau plus volumineux que le nôtre et peut-être même un goût pour les parures – l’homme de Néandertal a dessiné sa propre humanité, plus ou moins éloignée (d’autres diraient semblable) de celle d’Homo sapiens. Et Antoine Balzeau de conclure : «Notre découverte contribue à montrer que les comportements des néandertaliens leur étaient propres et complexes, qu’il s’agissait d’une humanité différente mais qu’on n’était pas supérieurs».

Source : Libération du 09/12/2020

Evolution des hominidés

Source : Hominidés.com

mardi 8 décembre 2020

Métissé de longue date, présent en Asie : le portrait précisé de Denisova

Il y a un peu plus d’une décennie, l’homme de Denisova n’existait pas encore. C’est grâce à l’analyse ADN, en mars 2010, d’un bout de phalange fossile – datée d’environ 41 000 ans – trouvée dans une grotte dans les montagnes de l’Altaï en Sibérie (Russie) qu’il est découvert presque par hasard. Or, en dehors de la grotte sibérienne dite de Denisova, cette lignée éteinte d’Homo, cousine de Neandertal, laisse bien peu de traces. Cependant, l’amélioration des techniques d’investigation liées à l’identification génétique affine progressivement son portrait et ses liens avec Homo sapiens, comme le montrent deux études parues le 30 octobre dans la revue Science.

Les restes physiques du groupe d’hominidés archaïques sont extrêmement rares. Un fragment d’os d’un doigt de la main, deux dents et un os d’orteil retrouvés dans la grotte de Denisova, jusqu’à présent, c’est tout ce que les paléo-anthropologues possédaient des dénisoviens. Néanmoins, les spécialistes espéraient trouver des traces du groupe ailleurs, particulièrement en Asie. En effet, grâce à la génétique des populations, on sait que certains humains actuels en Asie et en Océanie ont dans leurs gènes de l’ADN de dénisovien, ce qui accrédite l’hypothèse selon laquelle cet hominidé aurait vécu beaucoup plus loin que la Sibérie. Il se pourrait même que certains fossiles d’hominidés non classés, retrouvés en Chine, soient en réalité des dénisoviens, au moins métissés.

Mandibule de Xiahe (160 000 ans) avec ses deux dents, retrouvée dans la grotte tibétaine de Baishiya à 2800 kilomètres de la grotte de Denisova

C’est une des pistes suivies par une équipe de l’université de Lanzhou, en Chine, et de l’Institut Max Planck, en Allemagne. Intriguée par une mâchoire inférieure datée de 160 000 ans (par datation radio-isotopique), avec deux dents complètes découverte dans la grotte-sanctuaire de Baishiya Karst (BKC), sur le plateau tibétain, par un moine bouddhiste dans les années 1980, elle réalise en 2019 de nouvelles analyses. Sans ADN utilisable, la mâchoire étant trop ancienne, les scientifiques prélèvent dans une des dents de minuscules restes de protéines anciennes. Les résultats ouvrent pour la première fois la porte à une probable origine dénisovienne hors de la grotte de Denisova. Mais ils sont ténus et l’équipe souhaite obtenir des preuves plus solides.

Vent nouveau grâce à l’ADN des sédiments

L’équipe a décidé d’appliquer pour la première fois à la grotte-sanctuaire de Baishiya une technique utilisée – jusqu’à récemment (2017) – pour la seule analyse des restes fauniques dans les grottes préhistoriques. Un choix qui s’avère fructueux. En décembre 2018, en creusant le sol de la grotte, ils prélèvent de nombreux échantillons de sédiments, du charbon de bois provenant d’incendies, 1310 outils en pierre simples et 579 morceaux d’os d’animaux, dont des rhinocéros et des hyènes. Résultats : les paléo-généticiens de l’équipe ont pu extraire de ces sédiments – donc non issus de fossiles – le premier ADN ancien (ADN mt/mitochondrial) dénisovien, provenant probablement d’excréments… à 2800 kilomètres de la grotte de Denisova.

De leur côté, les géo-chronologues de l’université de Wollongong (Chine) ont daté le matériel issu de ces échantillons de sédiments en utilisant la datation optique : celle-ci indique le moment où la lumière a frappé pour la dernière fois les grains minéraux des échantillons, révélant ainsi quand chaque grain a été enterré. Les quatre couches stratigraphiques qui ont produit de l’ADNmt révèlent que les dénisoviens ont occupé cette grotte de haute altitude (3280 mètres) il y a 100 000 ans et 60 000 ans, et peut-être même plus récemment – 45 000 ans – lorsque les humains modernes affluaient en Asie orientale.

Grâce à ces techniques innovantes, « pour la première fois on a pu trouver de l’ADN de l’homme de Denisova en-dehors de la grotte de Denisova et on a donc mis en évidence qu’entre 100 00 et 60 000 ans, il a occupé cette grotte », se réjouit Diyendo Massilani, paléogénéticien à l’Institut Max Planck et co-auteur de l’étude. « Cette technique permettant d’analyser l’ADN dans les sédiments est particulièrement intéressante. Car sur de nombreux sites, on a bien des preuves de l’occupation humaine, mais l’on ne retrouve pas d’os humain. (De plus) quand on extrait de l’ADN, on est obligé de détruire plus ou moins des restes précieux, ce qui n’est pas le cas avec l’analyse des sédiments (…) que nous utilisons de plus en plus dans notre laboratoire », ajoute-t-il.

Crâne de «Salkhit» , trouvé par des mineurs en Mongolie

Pour cette étude, les chercheurs ont expérimenté une nouvelle méthode d’analyse ADN couplée aux statistiques, développée à l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutive afin d’identifier des segments d’ADN d’humains archaïques dans les génomes des crânes de Salkhit et de Tianyuan. Tout d’abord, les résultats montrent qu’à 6000 ans d’intervalle, les deux individus étaient génétiquement liés. À l’instar de l’homme de Tianhuan, environ 25 % de l’ADN de la femme de Salkhit provient d’ADN d’anciens Européens (Homo sapiens), probablement hérités d’anciens Sibériens (les 75 % restant provenant de l’Asie de l’Est). Preuve qu’il y a 34 000-40 000 ans, les interactions et métissages étaient plus fréquents que l’on ne le pensait jusqu’alors entre Européens et Asiatiques, explique Diyendo Massilani, auteur principal de l’étude.

Les analyses ont aussi montré la présence d’ADN de l’homme de Neandertal, ainsi que d’infimes fragments d’ADN de l’homme de Denisova, preuve de l’ascendance dénisovienne dans les génomes humains anciens. Les hommes de Denisova et les hommes modernes ont donc cohabité et se sont métissés il y a plus de 40 000 ans. « Ces fragments d’ADN hérités des dénisoviens, retrouvés chez ces anciens Asiatiques, sont équivalents à ceux identifiés dans les génomes des populations asiatiques actuelles », précise Diyendo Massilani. En revanche, « ils sont différents des gènes dénisoviens identifiés dans les génomes des populations (actuelles) d’océaniens ». « Cela soutient un modèle de multiples événements de métissages indépendants entre les hommes de Denisova et les hommes modernes », explique t-il. Tous ces résultats nourrissent une meilleure compréhension de l’histoire des dénisoviens et apportent un nouvel éclairage sur les débuts de notre espèce en Eurasie.

Source : Le blob du 25/11/2020