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vendredi 8 septembre 2023

Un os d’Homo sapiens trouvé dans une grotte de Néandertaliens en Bourgogne évoque de «potentiels contacts»

Le paléoanthropologue Bruno Maureille, directeur de recherche au CNRS, a récemment publié une étude sur une découverte qui mènerait vers la piste d’une possible cohabitation il y a 40 000 ans.

De quoi jeter un nouveau regard sur les relations entre les premiers hommes modernes d’Europe occidentale et nos anciens cousins disparus. Des scientifiques ont identifié l’os d’un bébé Homo sapiens dans une grotte en France qu’ils pensaient occupée uniquement par des Néandertaliens, il y a plus de 40 000 ans, une période de déclin des populations néandertaliennes et d’expansion des premiers groupes d’Homo Sapiens en Eurasie occidentale.

La découverte a été une surprise pour le paléoanthropologue Bruno Maureille, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), qui a piloté une étude parue récemment dans la revue Nature Scientific Reports. Ce spécialiste des Néandertaliens, travaillait à l’inventaire de fossiles humains excavés entre 1949 et 1963 en Bourgogne, dans la grotte du Renne, à Arcy-sur-Cure (Yonne).

En passant en revue les 64 fossiles, conservés au Musée national de la préhistoire des Eyzies en Dordogne, Bruno Maureille est tombé sur un os pas comme les autres : celui du bassin supérieur d’un nouveau-né, un ilion (fragment de hanche) de la taille d’une pièce de deux euros. La différence morphologique lui a sauté aux yeux : «J’ai tout de suite vu que ça n’était pas un bébé néandertalien», raconte-t-il.

L’os en question n’avait pas la même longueur ni la même orientation que les autres, précise Juliette Henrion du laboratoire d’étude de la préhistoire de l’université de Bordeaux, coautrice de l’étude, soulignant que les Homo sapiens et les hommes de Néandertal présentent «des différences morphologiques sur quasiment tous les ossements du squelette, chez les bébés comme chez les adultes». Une analyse «morphométrique» en 3D du petit os a ensuite confirmé qu’il s’agissait d’un humain anatomiquement moderne – Homo sapiens –, bien qu’encore différent de nous.

«Potentiels contacts»

«C’est la première fois qu’on retrouve un humain moderne dans un site» de cette époque, commente Bruno Maureille, insistant sur le fait que le fameux ilion moderne et les os néandertaliens sont issus de la même couche archéologique. La découverte de la grotte du Renne pose donc la question de «potentiels contacts» entre ces deux humanités biologiquement différentes, selon un communiqué du CNRS cette semaine.

L’étude avance plusieurs hypothèses, dont celle de groupes mixtes, cohabitant sur un même site et partageant la même culture. Ils auraient pu aussi occuper la grotte à tour de rôle, se succédant «sur quelques milliers d’années», analyse Juliette Henrion.

Cette découverte «nous éclaire sur l’arrivée de l’homme moderne à l’Ouest de l’Europe», ajoute la chercheuse. «Nos résultats disent que l’histoire du peuplement de cette période est peut-être plus complexe que ce qu’on croyait, montrant des occupations plurielles du territoire européen et non un scénario où tel groupe aurait remplacé l’autre à tel endroit», selon Bruno Maureille. Les chercheurs n’excluent pas de fouiller à nouveau la grotte pour trouver de nouveaux ossements.

Source : Libération du 08/09/2023

dimanche 17 avril 2022

Plus ancien représentant de l’humain moderne en Europe, Zlatý kůň n’a pas fini de livrer ses secrets

Au printemps 2021, des analyses génomiques menées par l’Institut Max-Planck à Leipzig à la demande de scientifiques tchèques, révélaient que le crâne fossile d’une femme mis au jour en Tchécoslovaquie dans les années 1950 était bien plus ancien qu’on ne l’imaginait. Le crâne de Zlatý kůň a en effet fourni le plus ancien génome humain moderne, bouleversant notre perception de la présence des premières populations d’hommes modernes en Europe et en Eurasie. Les recherches autour de ce fossile ne s’arrêtent toutefois pas à cette découverte majeure : au contraire, elle les a relancées. A la mi-mars, une mission archéologique franco-tchèque composée de divers spécialistes s’est rendue dans la grotte qui a abrité ces vestiges pendant des millénaires. Radio Prague Int. a rencontré l’anthropologue Jaroslav Brůžek, le géoarchéologue et géomorphologue Laurent Bruxelles, l’archéozoologue Cédric Beauval et le paléoanthropologue Bruno Maureille. Ce dernier est d’abord revenu sur les origines de cette nouvelle mission.

BM : « C’est une mission naissante. C’est né d’abord du travail de Rebeka Rmoutilová, qui a été la doctorante de Jaroslav Brůžek et de moi-même, qui a travaillé sur la de la reconstitution virtuelle de fossiles, dont le crâne de Zlatý kůň. Les résultats extraordinaires qui placent ce crâne comme étant potentiellement le représentant d’une très ancienne lignée d’hommes modernes arrivés en Europe, qui ont disparu, donc le seul représentant de cette lignée, enracinent le fossile dans un temps très vieux, beaucoup plus vieux. Et donc, Jaroslav Brůžek a pensé qu’il était intéressant de revenir sur le terrain pour voir si on pourrait reprendre des recherches archéologiques de terrain. C’est là qu’on a eu l’idée d’aller chercher des collègues comme Laurent Bruxelles et Cédric Beauval qui ont une très grande expérience de ce type d’activités avec leur type de compétences, pour voir s’il était toujours possible de faire quelque chose dans cette partie de la grotte de Zlatý kůň. »

Reconstruction du crâne de Zlatý kůň

Laurent Bruxelles, vous êtes géoarchéologue et géomorphologue. En général, les gens savent grosso modo ce qu’est un paléontologue, voire un paléoanthropologue, mais peut-être moins de quoi il retourne dans le cas de votre discipline. Pouvez-vous nous expliquer ?

LB : « La géomorphologie est une discipline qui étudie l’évolution des paysages, qui décrit les formes du paysage et leur évolution. On se base notamment sur la géologie, le climat mais aussi l’impact de l’Homme dans le milieu. Quand je travaille pour des archéologues et que je mets cette discipline à leur service, cela devient de la géoarchéologie. C’est encore plus intéressant car on échange entre deux disciplines et cela apporte beaucoup d’informations. »

Il y a un an, Radio Prague Int. avait réalisé un entretien avec le paléoanthropologue Jean-Jacques Hublin qui est directeur du département Évolution de l'homme de l'Institut Max-Planck à Leipzig. C’est cet institut qui a mené les analyses génomiques sur le crâne de Zlatý kůň. On pensait avant ces analyses que ce crâne avait 15 000 ans…

JB : « C’était une datation qui remontait à 2002. Mais grâce à la thèse de Rebeka Rmoutilová, nous avons contacté l’Institut Max-Planck, le laboratoire de paléo-archéo-génétique et Johannes Krause. On a prélevé un petit morceau et grâce à leurs capacités, on a fait des analyses génétiques qui ont finalement montré qu’il s’agissait de la plus vieille lignée humaine moderne, de l’homme anatomiquement moderne venu d’Afrique en Europe, sans laisser de descendants. »

Zlatý kůň n’est en effet pas la grand-mère des Tchèques. Cette découverte a toutefois mis en émoi la communauté scientifique car cela fait revenir cette présence d’humains modernes à 45 000 ans, une limite minimale…

BM : « Beaucoup plus loin en effet, car c'est la longueur des segments de gènes néanderthaliens conservés dans le génome reconstitué de Zlatý kůň, qui ont permis cette datation et de dire que probablement, il appartient à une lignée d’humains arrivés en Europe avant 45 000 ans. Ce qui en fait bien le plus ancien représentant de la plus ancienne lignée d’humains modernes arrivés sur ce territoire. »

Explorer à nouveau le site de Zlatý kůň : une mission archéologique franco-tchèque

A partir de là, où intervenez-vous Laurent Bruxelles dans cette mission qui vous a amené à explorer les grottes de Koněprusy, le plus grand réseau de grottes de Tchéquie ?

LB : « Je suis géomorphologue, mais ma spécialité ce sont aussi les grottes et les paysages dans les calcaires. L’intérêt dans le cas présent était de pouvoir revenir sur le site où a été découvert le crâne pour voir s’il y avait la possibilité de trouver d’autres vestiges ou d’autres éléments de datation qui pourraient permettre de confirmer l’ancienneté de ce crâne. Alors, il y a de bonnes et de mauvaises nouvelles suite à cette visite. Les mauvaises nouvelles, c’est que quasiment tous les dépôts ont été enlevés de la grotte. On a vu sur place que toutes les couches fossilifères ont été totalement exploitées. Pour preuve, en fouillant dans les archives grâce à Jaroslav Brůžek et Petr Velemínský, on a pu voir qu’il y a eu un travail de décapage systématique de tout l’ensemble. Mais malgré tout, en cherchant un petit peu, dans un petit recoin, on a pu retrouver des dépôts qui correspondent à des choses qui viennent de la surface, qui pourraient correspondre au matériel avec lequel le crâne est arrivé dans la grotte. On a peut-être encore un petit témoin de cette histoire. Finalement, un des objectifs était de retrouver un vestige de ce dépôt-là pour pouvoir revenir vers lui, enlever la succession, faire de la datation voire le fouiller pour voir si on retrouve d’autres restes de ce vestige. »

Quand vous dites que tout avait été exploité, cela veut dire dans des fouilles anciennes, au moment où le crâne a été découvert ?

JB : « Oui, il y a 70 ans. Dans les années 1950-55, quand les fouilles se sont achevées, le terrain a été aménagé pour le tourisme. Tous ces travaux ont dû bouleverser ce qu’a vu Laurent, ce qui ne donne pas beaucoup d’espoir de trouver quelque chose par les fouilles classiques. Mais il faut croire à ses compétences en ce qu’elles puissent apporter quelques éléments qui nous enrichissent de nouvelles informations pour préciser la datation de ce crâne. »

L’étude morphologique, toujours pertinente

J’aimerais revenir sur l’impulsion qui a précédé les nouvelles analyses de Zlatý kůň. Pourquoi y a-t-il eu cette envie d’analyser à nouveau ce crâne, cette fois via la paléogénétique ?

JB : « Dans sa thèse, Rebeka a comparé ce crâne avec d’autres crânes paléolithiques européens. Elle a trouvé par des moyens statistiques que ce crâne appartenait davantage à un groupe très ancien qu’à un groupe relativement jeune qui aurait correspondu à la datation de 2002 qui donnait un âge de l’époque du magdalénien (entre 17 000 et 14 000 avant le présent, ndlr). Par rapport à cette première datation « absolue » magdalénienne, on s’est lancé à nouveau dans un travail d’analyse génétique qui a apporté cette grande surprise : c’était en réalité bel et bien un individu ayant vécu très longtemps auparavant. La paléogénétique apporte des preuves qu’on ne peut vraiment pas voir avec la morphologie. Mais cela apporte aussi l’idée de la morphologie n’était pas totalement morte. Cela peut apporter quelque chose : car si nous n’avions pas eu les résultats morphologiques de Zlatý kůň, personne n’aurait eu l’idée d’analyser ce crâne du point de vue génétique. Donc en ce qui concerne l’étude génétique, on a essayé de faire une datation, mais chacune donnait un âge différent ! On s’est aperçu que ce crâne était sans doute contaminé, et les collègues de Max-Planck, avec leurs collaborateurs de l’Europe entière, on fait d’autres analyses : ils y ont trouvé de l’ADN de vache actuelle, soit des restes de colle qui avait servi à reconstituer le crâne à l’époque de la découverte. Ces vaches ont contribué au fait que nous n’avons pas de date absolue correcte d’où l’idée d’aller refaire un tour dans cette grotte pour vous si on pouvait encore retrouver des restes humains non traités. »

Vous disiez qu’à l’occasion de la visite de cette grotte, il y a des choses positives et négatives. Qu’est-ce qui va se passer maintenant ?

CB : « L’avantage c’est que Laurent a isolé dans un coin de la cavité une petite portion de la stratigraphie qui semble ne pas avoir été affectée. Donc sur cette portion-là, on peut éventuellement reculer la coupe : le sédiment est conservé sur un peu plus d’un mètre d’épaisseur. Au-dessus on a un niveau de plancher stalagmitique : ce sont des éléments datables. Si on est vraiment face à de premiers hommes modernes, on devrait avoir une datation assez précise de ce plancher stalagmitique. Ce qui nous intéresse aussi, c’est d’essayer d’avoir un contexte pour ces hommes fossiles. Je suis archéozoologue, ce qui m’intéresse c’est les restes fauniques en contexte archéologique. Dans le cadre de cette mission on n’a pas regardé beaucoup de restes non-humains, mais au musée associé au crâne il y avait quelques éléments, une petite dizaine de pièces qui correspondent à des taxons qui sont connus : on a du rêne, du cerf, du bison…

En archéozoologie, ce qui nous intéresse aussi, c’est le rapport entre l’Homme et l’animal. Ce qu’il faut savoir, c’est que ce crâne de Zlatý kůň a toujours été décrit comme ayant été mâchonné par des grands carnivores. Donc, au départ, quand on pensait que ce crâne et cet individu étaient vieux, on considérait que ces grands carnivores qui l’avaient étaient des hyènes. Quand on a eu la datation autour du magdalénien, on s’est dit que ce n’étaient pas des hyènes puisqu’elles disparaissent il y a 25 000 ans. On a donc plutôt accusé les loups. Donc ce qu’on voulait voir aussi, c’est si vraiment il y a des traces de dents de carnivores sur ce crâne, et si les carnivores avaient pu être responsables de l’introduction de ce crâne dans la cavité. On a donc regardé ces restes humains avec Bruno : on a donc à la fois du crâne, mais aussi des éléments plus fragiles comme des vertèbres et des côtes. Sur le crâne, effectivement, il y a de petites traces de dents de grands carnivores. On peut en effet supposer qu’un loup ou une hyène a mâchonné ce crâne. Mais on ne peut pas dire que la destruction du crâne par les grands carnivores soit très importante : donc on rejette plus ou moins l’hypothèse qu’il ait été apporté de loin par de grands carnivores. Sinon certains éléments fragiles comme la base du crâne auraient totalement disparu, or il nous reste du maxillaire, des zygomatiques. La base du crâne est relativement bien conservée. »

Cela peut-il laisser supposer que l’individu en question est mort sur place ?

CB: « On peut supposer qu’il est décédé non loin de là. Il a été effectivement manipulé ensuite par de grands carnivores. Mais on peut exclure qu’ils soient responsables de son introduction dans la cavité. »

Une femme à la peau sombre en Europe

Lors de sa conférence inaugurale au Collège de France, Jean-Jacques Hublin a projeté une photo d’une reconstitution faciale du crâne de Zlatý kůň. Il y avait déjà eu une reconstitution réalisée pour le Musée national qui présentait cette femme comme ayant un visage pâle. Or, la photo présentée au Collège de France montre une femme à la peau bien plus foncée. J’imagine que c’est une petite révolution pour le grand public, à tout le moins. Pas pour la communauté scientifique…

JB : « Pour le grand public c’est révolutionnaire. Pour les anthropologues pas du tout. Il faut expliquer que cette reconstitution a été faite à des fins muséologiques parce qu’on prépare une nouvelle exposition permanente. On a lancé cette reconstitution au moment où on pensait que cette femme était d’époque magdalénienne. Nous ne voulions pas exposer ce sujet qui ne correspond pas à nos nouveaux résultats : malheureusement les autorités du musée, après la publication de plusieurs nouveaux articles, ont foncé et ont voulu exposer la reconstitution.

Mais en vérité, si comme nous le pensons, cette femme a au moins 45 000 ans voir plus, alors est obligé de digérer. Tels sont les résultats de la paléogénétique. Dans notre génome, il y a les gènes responsables de la pigmentation. Donc nous savons qu’elle avait les yeux sombres, les cheveux aussi, et une pigmentation comme vous l’avez vue sur la photo du Collège de France. Elle aurait ressemblé à une personne vivant actuellement en Somalie. C’était donc bel et bien un individu à la peau foncée évoluant en Europe. »

Laurent Bruxelles, vous êtes spécialiste des grottes. Plus proche de nous dans le temps, les grottes de Koněprusy ont été un repaire de faux-monnayeurs au Moyen Age, mais elles sont aussi, me semble-t-il, un repaire de chauves-souris. Or, l’impact de ces petits mammifères volants sur les grottes est un sujet qui vous intéresse particulièrement… Vous êtes-vous intéressé à cet aspect dans le cadre de cette mission ?

LB : « L’étude des chauves-souris et de leur impact sur les grottes est en effet quelque chose qui m’intéresse beaucoup. C’est surtout un indice qu’on va utiliser pour savoir si la grotte était ouverte et accessible. Or là, on a parcouru une grande partie de la cavité, même si on n’a pas tout vu, et on a vu très peu d’impact de chauves-souris. Il y a peut-être des chauves-souris qui sont venues récemment, du fait de l’ouverture par l’Homme en raison des carrières qui ont coupé les entrées. Mais apparemment, avant cela, il n’y avait pas de chauves-souris. Cela veut dire que cette grotte a toujours été isolée de la surface. Un des rares points de contact avec la surface, c’est quand le crâne de Zlatý kůň est tombé dans la grotte. Puis, la grotte s’est refermée, et les chauves-souris n’ont pas occupé cette grotte. On retrouve les formes de creusements initiales par l’eau qui sont quasiment intactes. »

Donc la grotte a été préservée de l’impact particulièrement dévastateur des chauves-souris…

LB : « Oui, et c’est une bonne chose pour le fossile parce que sinon, il ne serait peut-être plus là aujourd’hui… »

Les grottes, pièges à fossiles

La République tchèque, autant la Bohême que la Moravie, est très riche en sites archéologiques préhistoriques. Peut-on l’expliquer par un environnement propice très tôt dans l’histoire de l’humanité qui aurait favorisé l’implantation des populations humaines ?

BM : « C’est une voie de passage. Ces lignées d’humains modernes qui vont quitter l’Afrique et rencontrer des succès évolutifs variables – rappelons-le la lignée de Zlatý kůň n’a pas eu de descendance dans les populations eurasiatiques actuelles – vont passer par cette région. C’est obligatoire, il n’y a pas des milliards de routes depuis la sortie du continent africain pour arriver en Europe. En outre, on est ici dans un environnement assez favorable, il ne fait pas très froid, ce n’est pas un endroit inhabitable. Donc ce n’est pas étonnant que des humains se soient installés ici et qu’il y ait ces grands sites que l’on connaît qui ont livré beaucoup de matériel du Paléolithique supérieur. »

LB : « On est sur une route de passage, et sur leur route, il y a du calcaire avec des grottes. Ce sont des pièges ! Quelle que soit la période prise en compte, si on a du calcaire avec des grottes capables de piéger les choses, on va retrouver ces informations, ces fossiles. »

Les grottes sont donc des pièges destinés aux archéologues…

LB : « Oui, pour les fossiles. La nature a horreur du vide. Il y a des vides qui existent sous terre, il suffit qu’un jour il soit connecté à la surface et il va enregistrer tout ce qui se passe à la surface jusqu’à ce qu’il soit bouché. Cela marche pour tous les sites. Les grottes, on le sait, conservent très bien les fossiles : pensons à l’art pariétal, on a même des empreintes de pas préhistoriques dans les argiles… C’est un endroit vraiment conservateur. Cela ne veut pas dire qu’il n’y en avait pas là où il n’y avait pas de grottes – il y a une préservation différentielle. Mais là où il y a des grottes, c’est le bon endroit pour chercher et trouver des vestiges. Et il y en a en Tchéquie. »

CB : « Et la recherche archéologique en Tchéquie est très précoce. Dès le XIXe siècle… »

Le territoire tchèque, un réservoir de sites archéologiques d’exception

JB : « Lors de la création du premier Etat tchécoslovaque, il y avait aussi de fortes relations culturelles et scientifiques avec la France. Si la France est le berceau de la préhistoire, nos anciens prédécesseurs du XIXe siècle comme Karel Absolon, Karel Jaroslav Maška ou Bohumil Matějka ont marché dans cette direction. »

BM : « Ce territoire est exceptionnel. Laurent l’a dit, les grottes calcaires permettent de conserver. Mais ici aussi, il y a des sites fabuleux qui ont livré des restes humains en plein air. Comme Dolní Věstonice par exemple. C’est une chance pour ce territoire fantastique : moi qui travaille dans le sud-ouest de la France, je peux vous dire que des restes humains en plein air, il n’y en a jamais. »

Il y a un adage en archéologie qui dit que l’on ne trouve que ce que l’on cherche. Allez-vous continuer à faire des recherches à Zlatý kůň ? Ou cette collaboration actuelle va-t-elle donner lieu à d’autres missions ?

LB : « Déjà, on va essayer d’aller un peu plus loin sur cette grotte. Maintenant qu’on a identifié un reste de dépôt, on va le dater. Si les dates tombent bien, on peut essayer de fouiller davantage pour essayer de sortir un peu plus de faune, quelques fossiles de plus, faire des analyses car ceux-ci n’auront pas été contaminés. Forts de cette dynamique, on peut essayer ensuite d’aller voir d’autres sites. D’autres sites ont livré des fossiles et on peut revenir vers eux. Ce qui est intéressant, c’est qu’ici, très tôt, les géologues qui ont travaillé avec les archéologues ont enregistré toutes les informations. Je vous disais que tout avait disparu, mais on a des coupes très détaillées qu’on a réussi à réassembler. L’information est là, et on peut donc revenir vers les vestiges et les couches qui n’existent plus. Tout n’est pas perdu et je pense qu’il y a là un très gros potentiel. »

Source : Radio Prague International du 16/04/2022

vendredi 10 octobre 2014

Découverte en Normandie d'os humains attribués à la lignée Néandertal

Des os d'un bras humain datés d'environ 200 000 ans ont été mis au jour en France, sur le site préhistorique de Tourville-la-Rivière (Seine-maritime), en Normandie, une découverte majeure en Europe du nord-ouest pour la connaissance de la lignée Néandertal.

Les fossiles humains se composent des trois os longs du bras gauche d'un même individu (humérus, cubitus et radius). La découverte, qui remonte au 10 septembre 2010, a été présentée jeudi au cours d'une conférence de presse à Paris, simultanément à sa publication dans la revue scientifique américaine Plos One.

Il s'agit d'une découverte «exceptionnelle», a souligné un des chercheurs, Bruno Maureille (CNRS, Université de Bordeaux). «Elle documente une partie assez mal connue du peuplement de l'Europe du nord-ouest, où s'est individualisée la lignée néandertalienne», a-t-il expliqué.

L'homme de Tourville-la-Rivière, tel qu'il est désormais nommé, est daté entre 236 000 et 183 000 ans (Pléistocène moyen), correspondant à la fin d'une période interglaciaire. Les chercheurs parlent d'un individu «pré-Néandertalien», situant les Néandertaliens plutôt entre -118 000 et -30 000.

Mais ses caractéristiques morphologiques «annoncent ce qu'on va retrouver chez Néandertal et permettent de faire l'hypothèse qu'il est bien un membre de cette lignée», a souligné Bruno Maureille.

Les os fossiles ne permettent pas de déterminer son sexe, mais les chercheurs estiment qu'il s'agit d'un individu adulte ou grand adolescent.

Il a été découvert par des archéologues de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), lors de fouilles en prévision de l'exploitation d'une carrière de sable et de graviers, dans un des méandres de la Seine, à une quinzaine de km en amont de Rouen.

C'est la deuxième découverte de ce type en France, après les deux crânes fragmentaires de Biache-Saint-Vaast (Pas-de-Calais), mis au jour au début des années 80 dans le nord. En Europe du nord-ouest, les rares fossiles humains de cette période proviennent d'une dizaine de sites seulement, en Allemagne et en Angleterre.

TMS préhistorique

Sur le site de fouilles d'un hectare, les archéologues ont mis au jour également un millier de restes d'espèces animales, des grands mammifères (équidés, cerfs, aurochs), des carnivores (loup, panthère) ainsi que de plus petites espèces (chats sauvages, lièvres, castors).

«Des indices permettent d'affirmer que l'homme a chassé ou en tout cas consommé une partie des animaux sur le site», a affirmé Céline Bemilli (Inrap). Des traces de fractures volontaires, pour récupérer la moelle, ont été relevées sur des ossements d'aurochs.

Quelque 700 outils de pierre ont été identifiés, relevant de la technique Levallois, «apparue avec le lignage néandertalien», a ajouté Jean-Philippe Faivre (Inrap, CNRS), responsable scientifique de la fouille.

Selon le scénario retenu par les chercheurs, le bras entier du pré-Néandertalien a été charrié par la Seine avant de se déposer, avec ou sans la main, sur les berges ou sur des bancs de sable au pied de la falaise crayeuse de Tourville-la-Rivière.

Les ossements fossiles sont «extraordinairement fragilisés», a souligné Bruno Maureille, la surface externe est érodée et les zones articulaires ont disparu. Les scientifiques n'ont donc pu y relever aucune trace d'une intervention de carnivores ou même d'autres humains.

En revanche, ils ont mis en évidence une petite curiosité sur l'humérus, un relief inhabituel à l'endroit de l'attache du muscle deltoïde, ainsi qu'un micro-traumatisme au sommet de cette crête, témoin d'un arrachement ligamentaire.

Les chercheurs font l'hypothèse que cette anomalie peut être liée à un mouvement répété d'éloignement du bras de l'axe du corps. Un TMS (trouble musculo-squelettique) préhistorique, en quelque sorte.

Les scientifiques vont maintenant tenter de récupérer de l'ADN ancien pour en apprendre plus sur l'homme -ou la femme- de Tourville-la-Rivière.

Source : LaPresse du 09/10/2014

Une découverte archéologique majeure en Normandie

Un homme prénéandertalien qui vivait dans la vallée de la Seine il y a 200.000 ans a été exhumé sur un site préhistorique près de Rouen. Une avancée qui devrait permettre d'améliorer notre connaissance du peuplement humain du nord-ouest de l'Europe.

Trois os humains, des vestiges d'animaux et une collection de silex. Cela n'a l'air de rien. Mais ces restes trouvés à Tourville-la-Rivière (Seine-Maritime), à une quinzaine de kilomètres au sud de Rouen, constituent une «découverte majeure». «C'est aussi rare que celle d'une nouvelle grotte dans le sud-ouest de la France», assure Jean-Philippe Faivre, «lithicien» au CNRS (c'est-à-dire «technologue» des silex). Il a conduit les fouilles, en 2010, pour le compte de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) sur ce lieu préhistorique en Normandie. «C'est aussi rare que la découverte d'un australopithèque en Afrique du Sud», renchérit Bruno Maureille, anthropologue au CNRS à l'université de Bordeaux. Et d'ajouter: «Nous sommes en présence d'un bras gauche d'un individu qui a sans doute été charrié par la Seine.» Associés à des silex, la datation des vestiges humains et de dents d'animaux, trouvés sur le même terrain de 1 hectare, au pied d'une falaise crayeuse, ont permis de dater une occupation humaine dans la vallée de la Seine il y a entre 236.000 et 183.000 années.

Les 3 os longs du bras gauche d'un pré-Néandertalien (en haut) en regard d'un bras moderne retrouvé sur le site de Tourville-la-Rivière (Seine-Maritime) en 2010

Les restes de cette période de la préhistoire, pendant le pléistocène moyen (780.000-128.000 ans), antérieurs aux néandertaliens (de 118.000 à 30.000 ans avant notre ère) sont extrêmement rares en Europe. C'est le douzième site découvert sur le Vieux Continent et le deuxième en France, après des bouts de deux crânes de Biache-Saint-Vaast, près de Lille. Les vestiges du bras permettent aux experts de parler «de l'individu de Tourville-la-Rivière» qui devrait aider à tirer des enseignements sur «la connaissance de cette lignée humaine».

L'étude de la forme et de la longueur des trois os longs du bras du même individu, un grand adolescent ou un jeune adulte, a conduit les chercheurs à les associer à ceux de la lignée de Néandertal, notamment ceux découverts en Israël. Mais ils présentent des spécificités. «Une petite crête totalement anormale a été identifiée sur l'humérus. Ce qui est sans doute lié au mouvement répété de tendre le bras, car il a nécessité une sollicitation du muscle deltoïde», précise Bruno Maureille. Une déformation comparable à celle qui atteint certains sportifs, comme «ceux qui font du base-ball», ajoute l'anthropologue. La raison de cette action n'est pas connue.

Des panthères en Normandie

Le site de Tourville-la-Rivière, «même s'il n'est pas un grand site archéologique, était une fenêtre de vie, un lieu de passage à l'époque du pré-Neandertal, où il y avait des arrêts brefs et répétés», avance Jean-Philippe Faivre. Sur une petite zone de 3 m², creusée seulement entre 50 et 60 cm de profondeur, il a été retrouvé près de 300 silex. Et ils n'ont pas été apportés par la Seine. La preuve? Un silex savamment taillé a été retrouvé à 80 mètres de distance de son nucléus, c'est-à-dire de la roche mère d'où a été extrait l'outil sculpté par des individus préhistoriques. Ils utilisaient leurs silex probablement pour dépecer des animaux, eux aussi apportés par la Seine, ou chassés dans les forêts de la région. Des ossements permettent de certifier la présence de «12 à 15 espèces de grands mammifères, parmi lesquels des chevaux, des loups, des aurochs, des rhinocéros et même des panthères. Ces dernières, jusqu'alors, n'avaient pas été documentées dans la région», ajoute Céline Bémilli, archéozoologue à l'Inrap. Des fractures en spirale, effectuées peu de temps après la mort de l'animal, attestent des gestes d'individus préhistoriques. Une opération effectuée probablement pour consommer la moelle des os.

Pour aller plus loin, les chercheurs espèrent poursuivre leurs investigations sur les os du bras. Ils veulent déterminer, si possible, une présence d'ADN, pour compléter la lignée du Néandertal.

Ces travaux de l'Inrap et du CNRS ont fait l'objet d'une publication, mercredi, dans la revue Plos One, en coopération avec des chercheurs en Australie, en Espagne et aux États-Unis. Parmi eux, Les Kinsley, archéologue à l'université de Canberra (Australie), a cosigné cette semaine un article dans Nature sur des peintures rupestres de 40.000 ans découvertes aux Célèbes (Indonésie).

Source : Le Figaro du 09/10/2014

vendredi 8 février 2013

Les néandertaliens espagnols prennent un coup de vieux

Une nouvelle datation fait reculer de 10.000 ans l'âge des derniers hommes de Neandertal relégués au sud de la péninsule ibérique.

On sait depuis le début des années 1990 que les derniers hommes de Neandertal ont trouvé refuge dans le sud de l'Espagne et du Portugal. Après avoir régné sans partage sur l'Europe de l'Ouest pendant près de 120.000 ans, cette espèce cousine de la nôtre n'a pas résisté à l'arrivée des premiers Homo sapiens, venus d'Afrique et du Proche-Orient il y a environ 35.000 ans. Selon l'hypothèse privilégiée aujourd'hui, elle s'est trouvée reléguée aux marges de son ancien empire: l'extrême sud de la péninsule ibérique d'un côté et la Crimée de l'autre.

Affrontements meurtriers, fuite devant l'avancée des hommes modernes, modification du climat, déficit démographique, épidémies? Les raisons, vraisemblablement multiples, de la disparition des néanderthaliens ne sont toujours pas élucidées. À ce jour, les traces de leurs derniers survivants ont été retrouvées à Zafarraya, au nord-est de Malaga (- 33.000 ans), et à Gibraltar, dans la grotte de Gorham (- 28.000 à - 24.000 ans).

Transition entre néandertaliens et hommes modernes plus complexe

Problème: cette chronologie ne fait pas l'unanimité chez les préhistoriens, en raison, notamment, du manque de fiabilité des méthodes de datation au carbone 14 utilisées jusqu'à présent. Du coup, «il y a un débat intense autour de la date de l'extinction des “derniers” néandertaliens de la péninsule ibérique et par conséquent de la longueur de la période pendant laquelle ils pu ont cohabiter avec des hommes modernes», expliquent les auteurs d'une étude parue mardi dans les Annales de l'Académie américaine des sciences (Pnas).

Cette équipe dirigée par Rachael Wood, de l'université de Canberra (Australie), a procédé à une nouvelle datation de plusieurs os fossiles provenant de différents sites espagnols en retirant, par ultrafiltration, du carbone issu de contaminations récentes. Résultat: l'âge de tous les échantillons recule de 10.000 ans en moyenne! De quoi remettre en cause les scénarios d'occupation privilégiés jusqu'à présent. Pour Bruno Maureille, préhistorien à l'université de Bordeaux, «cela n'a rien d'étonnant. La transition entre néandertaliens et hommes modernes est tellement plus complexe que ce que l'on peut restituer avec nos outils actuels qu'il faut se garder d'avancer des hypothèses trop simplificatrices.»

Source : Le Figaro du 07/02/2013

mardi 2 août 2011

Neandertal aurait été submergé par le nombre

Nos premiers ancêtres Homo sapiens ont colonisé l'Europe il y a 40.000 ans.

Le sujet fait débat depuis des années : pourquoi l'homme de Neandertal a-t-il disparu après avoir régné sur l'Europe pendant environ 400.000 ans ? Longtemps considéré - à tort - comme une brute épaisse, ce chasseur-cueilleur particulièrement bien adapté au froid, qui maîtrisait le feu et enterrait ses morts, s'est complètement éteint quelques milliers d'années seulement après l'arrivée de nos ancêtres Homo sapiens, des «envahisseurs» venus d'Afrique et du Proche-Orient, qui ont déferlé sur notre continent il y a environ 40.000 ans.

Réchauffement climatique

Dans une étude publiée vendredi dans la revue Science, Paul Mellars et Jennifer French, paléontologues à l'université de Cambridge (Royaume-Uni), avancent une hypothèse hardie : les hommes de Neandertal auraient tout simplement été submergés par le nombre des nouveaux arrivants. Pour cela, ils ont étudié les vestiges préhistoriques du Périgord, dans le sud-ouest de la France, lesquels rassemblent la plus grande concentration de sites archéologiques de ces deux espèces d'hominidés en Europe.

En se focalisant sur trois périodes bien précises, entre -35.000 et -55.000 ans, les chercheurs britanniques ont constaté que la population des premiers hommes modernes était neuf à dix fois plus nombreuse que celle des néandertaliens qui occupaient la place. Ce formidable boom démographique aurait largement contribué, selon eux, à repousser les autochtones néandertaliens aux marges de l'Europe. Notamment dans la région de Malaga, dans le sud de l'Espagne, et dans le nord de la Sibérie où les derniers survivants connus du «plus vieil Européen» se sont éteints il y a environ 28.000 ans.

Le brutal réchauffement climatique qui s'est produit il y a 40.000 ans, c'est-à-dire à peu près au même moment, n'aurait fait qu'accentuer le processus, en ouvrant d'avantage d'espaces aux nouveaux arrivants. «Plus nombreux, mais aussi plus sédentaire et plus diversifié dans son alimentation, Homo sapiens a su mieux tirer son épingle du jeu que Neandertal», souligne le paléontologue Pascal Picq qui juge l'approche de ses collègues «solide» et «intéressante».

Un avis que ne partage pas du tout son collègue Bruno Maureille (université Bordeaux-I/CNRS). «Quels que soient les gisements étudiés, y compris dans le sud-ouest de la France, les niveaux stratigraphiques censés être rapportés aux néandertaliens sont toujours antérieurs à ceux de l'Aurignacien (période correspondant à l'arrivée des premiers hommes modernes, NDLR), explique-t-il au Figaro. Or pour parler d'expansion démographique, il faudrait que les niveaux soient contemporains, ce qui n'est le cas nulle part.»

Plus nuancé, le Pr Yves Coppens suggère de faire la même étude dans d'autres régions. «À cette époque la densité de population était extrêmement faible, avec à peine 10.000 habitants pour toute l'Europe, de l'Atlantique à l'Oural. Dans ces conditions, il est difficile d'extrapoler des résultats obtenus à l'échelle régionale sur l'ensemble du continent.» Le débat n'est donc pas clos.

Source : Le Figaro du 29/07/2011

dimanche 9 mai 2010

Il y a du Neandertal en nous

Il y a du Neandertal en nous. Du moins si nous sommes "non africains". Dans ce cas, 1 % à 4 % de notre matériel génétique a pour origine Homo neanderthalensis. Nous nous croyions simples cousins, issus d'un ancêtre commun. Nous nous découvrons aussi métissés avec cet humain disparu. C'est la conclusion la plus spectaculaire tirée de l'étude de l'ADN prélevé sur trois os de néandertaliens vieux d'environ 40 000 ans, issus d'une grotte croate.


Un homme de Neandertal exposé au Musée national de la préhistoire aux Eyzies-de-Tayac en Dordogne.

Pour la première fois, le génome nucléaire d'un homme fossile est séquencé, à hauteur de 60%. Son analyse est publiée, au terme de quatre années d'efforts, dans la revue Science, vendredi 7 mai, sous la direction de Svante Pääbo, de l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste de Leipzig. C'est à lui que l'on doit la première analyse génétique d'un néandertalien, en 1997.

dimanche 1 janvier 1989

Le Moustier 2

Denis Peyrony y entreprend également des travaux à partir de 1910. En mai 1914, il y découvre le squelette d’un jeune enfant néandertalien — Le Moustier 2, entreposé au Musée des Eyzies et oublié jusqu’à sa redécouverte en 1996 et son étude par B. Maureille en 2002. Une reconstruction virtuelle du crâne du nouveau-né a été effectuée, permettant de comparer les formes et volumes endocrâniens à la naissance des Néandertaliens et des Hommes anatomiquement modernes.

Source : Wikipedia

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Exhumé par Denis Peyrony en 1914, le squelette du nouveau-né du Moustier est, pour sa classe d'âge, l'un des deux fossiles les mieux conservés au monde.

Il reposait dans une fosse ovale, longue de 50 cm et profonde de 40 cm, creusée dans les couches J et H (-40 000 ans). Le bébé reposait, couché sur le dos, la tête calée à gauche par un bloc calcaire.

Peu de temps après sa découverte, le petit fossile disparaît et ne sera alors plus référencé. Pour Jean-Louis Heim « ce très jeune squelette, découvert par Hauser et signalé dans les notes manuscrites de D. Peyrony que nous avons consultées au Musée des Eyzies, a été très certainement égaré après avoir été envoyé pour étude à Marcellin Boule ».

C'est 88 ans plus tard, en 1996, que Bruno Maureille identifie des ossements dans les réserves du Musée National de Préhistoire, qu'ils n'avaient manifestement jamais quitté. Le Moustier 2 peut alors bénéficier des dernières techniques d'investigation : le nouveau-né du Moustier 2 devait avoir aproximativement 9 mois au moment de son décès. L'analyse de sa morphologie permet de classer ce petit humain comme Néandertalien. La bonne conservation du fossile pourrait permettre, à terme, d'effectuer une datation directe (SMA) mais aussi des recherches sur son ADN.

Source : Hominidés.com