samedi 29 février 2020

Homo tsaichangensis (Penghu)

Penghu 1 est le nom donné à un fragment de mandibule fossile, découvert vers 2007 dans les fonds marins proches de l'île de Taïwan. Ce fossile appartiendrait à une espèce éteinte du genre Homo, dénommée Homo tsaichangensis en 2015.

Attribution

Le spécimen a été attribué au genre Homo sur la base des proportions de la mandibule et des dents. Il présente des similarités avec des fossiles découverts à Hexian en Chine et attribués à Homo erectus. Selon les chercheurs taïwanais qui l'ont étudié, l'identité de l'espèce demeure difficile à établir sur la base d'un matériel fossile aussi limité.

Le paléontologue américain Mark McMenamin estime cependant que les caractéristiques dentaires uniques de la mandibule sont suffisantes pour créer un nouveau nom d'espèce, à savoir Homo tsaichangensis. Dans un article de 2015, le chercheur bosniaque Lelo Suvad a accepté la validité du nouveau taxon.

En 2019, sur la base de sa forte ressemblance d'avec la Mandibule de Xiahe, fossile dénisovien du plateau tibétain, Jean-Jacques Hublin l'attribue à l'homme de Dénisova.

Sa fiche Wikipedia

jeudi 27 février 2020

Homme de Yunxian

Datés de 936 000 ans, les deux crânes de l'Homme de Yunxian, découverts au Hubei en 1989 et 1990, se trouvaient dans un environnement fossile de forêts présentant quelques espaces découverts. L'environnement forestier peut être apprécié pas sa faune ; celle-ci comprend le megaloceros, le tigre aux dents de sabre, le buffle d’eau, le rhinocéros de Chine et l’ours noir du Tibet (Ursus thibetanus) ainsi que l’éléphant aux défenses de sabre d’Asie (Stegodon orientalis), le panda géant et la hyène robuste (Adcrocuta eximia). Les espaces découverts sont signalés par un équidé : le cheval du Yunnan (Equus yunannensis).

L'Homme de Yunxian vit probablement de charognage et il est daté vers 936 000 avant le présent, antérieurement à la limite Brunhes–Matuyama, correspondant à la dernière inversion du champ magnétique terrestre (781 000 ans). Il est un jalon très important parmi les fossiles humains connus en Chine. L’homme de Yunxian vivait au cours d’une période de transition entre un climat chaud et un climat tempéré, au sein de cette faune riche et diversifiée. C'est aussi une faune commune à la Chine du Nord et du Sud, qui ne présente donc pas de différence de ce point de vue à cette époque.

L'industrie lithique associée aux fossiles comprend essentiellement des outils aménagés sur galet.

Source : Wikipedia

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L’Homme de Yunxian est le nom donné à deux crânes fossiles du genre Homo, découverts en 1989 et 1990 par Tianyuan Li sur le site de Xuetangliangzi, dans le xian de Yun (Hubei), en Chine. Ils sont datés de 936 000 ans.

Source : Wikipedia

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dimanche 23 février 2020

Il y a 10 000 ans dans le Sahara, on mangeait beaucoup de poissons

Des chercheurs ont découvert de nombreux restes de poissons (et d’autres animaux) vieux de 10 000 ans au sud-ouest de la Libye, dans le désert du Sahara.

Entre 2003 et 2006, Savino di Lernia et son équipe de l’Université Sapienza de Rome sont venus étudier un abri sous roche appelé Takarkori, retrouvé dans le sud-ouest de la Libye. Ils savaient qu’il y a peu plus de 5 500 ans en arrière, cette grotte de 140 mètres carrés se plaçait encore près d’un étang, autorisant une possible occupation humaine.

“Durant cette période, le Sahara central était beaucoup plus humide qu’aujourd’hui. C’était un environnement semblable à la savane qui subvenait aussi aux besoins de grands animaux comme des éléphants, des hippopotames et des rhinocéros“, explique le chercheur.

Sur place, ils ont examiné des restes d’animaux datant de 10 200 à 4 650 ans, que la grotte a permis de conserver. Le passé de la région ayant été humide, ils s’attendaient alors à trouver du poisson… mais pas autant.

80% de poissons

Dans leur étude, publiée dans la revue PLOS One, Savino di Lernia et son équipe détaillent en effet la découverte de restes de 18 000 spécimens individuels, dont près de 80% étaient des poissons, tous datés à environ 10 000 ans. La plupart étaient des poissons-chats et des tilapias.

“Bien que cela ne soit pas rare dans les premiers contextes de l’Holocène en Afrique du Nord, la quantité de poisson étudiée est sans précédent dans le Sahara central“, souligne le chercheur.

Le reste des échantillons était principalement constitué de mammifères (19%). Les oiseaux, reptiles, mollusques et amphibiens complétaient les vestiges.

S’adapter pour survivre

Des marques de coupe et des signes de brûlure laissent à penser que tous ces restes sont des déchets alimentaires humains. Cela a des implications importantes, suggérant que le poisson était finalement un aliment très important pour les habitants de la région à cette époque.

Au fil du temps, la zone s’est peu à peu asséchée et de ce fait, les plans d’eau ont eu de plus en plus de mal à se maintenir.

Comme le souligne d’ailleurs cette étude, si environ 80% de tous les restes d’animaux datant de 10 200 à 8 000 ans étaient des poissons, ces derniers ne représentaient plus que 40% des restes datés d’il y a 5 900 à 4 650 ans. À cette époque, les habitants semblaient consommer davantage de moutons, de chèvres et de bovins.

Cet environnement changeant a donc forcé les chausseurs-pêcheurs-cueilleurs qui comptaient autrefois sur le poisson à modifier leur alimentation pour pouvoir survivre.

“Ce n’est qu’une pièce du puzzle, mais une pièce importante alors que nous nous efforçons de comprendre comment les gens peuvent s’adapter aux formes extrêmes du changement climatique“, concluent les chercheurs.

Source : Sciencepost du 21/02/2020

vendredi 21 février 2020

Une ancienne lignée fantôme "archaïque" toujours tapie dans l'ADN moderne

Des chercheurs ont mis le doigt sur des gènes inconnus chez plusieurs populations d'Afrique de l'Ouest. Ils pourraient être la trace d'un ancêtre fantôme à propos duquel la science ne sait encore rien.

Certains de nos ancêtres nous sont - assez - familiers, comme Néandertaliens ou Denisoviens. Pour étudier ces aïeux, les scientifiques disposent de crânes ainsi que d'autres ossements. Grâce à de nouvelles techniques, il est désormais possible d'étudier les lignées d'humains qui ont vécu avant nous non pas grâce à des fossiles retrouvés lors de fouilles mais grâce à des analyses ADN sur des personnes en vie aujourd'hui. Avec la génétique, des chercheurs de l’University of California à Los Angeles ont pu retrouver les traces d'un ancêtre "fantôme". Encore inconnu aujourd'hui, ce nouvel hominidé pourrait prendre une place dans la grande chaîne de nos prédécesseurs. Ces travaux sont publiés dans la revue Science Advances.

Une lignée "fantôme" ?

L'espèce humaine se divise en différentes branches, dont certaines se sont elles-même croisées, reproduites, pour donner un nouveau métissage génétique. Il y a un million d'années, l'Homo erectus vivait en Afrique. Il est ensuite parti à travers le monde, où il a rencontré l'Homme de Néandertal en Europe et l'Homme de Denisova en Asie. Des métissages que l'on retrouve encore dans nos gènes aujourd'hui. C'est par exemple le cas des aborigènes en Australie qui portent en eux une part du génome de l'Homme de Denisova. Si l'on commence à comprendre les déplacements de chacune de ces populations, il reste des chaînons manquants pour comprendre tous les croisements de nos ancêtres. En témoigne cet ADN inconnu retrouvé chez plusieurs populations d'Afrique de l'Ouest : une lignée "fantôme" pour laquelle il n'existe ni caractéristiques ni dénomination.

Toujours une trace dans les gènes aujourd'hui

Aujourd'hui, la génétique permet aux chercheurs de s'engager sur des pistes jamais envisagées auparavant. Dans l'étude publiée dans la revue Science Advances, l'ADN de 405 habitants d'Afrique de l'Ouest a été séquencé afin de pouvoir observer les caractéristiques de leur génome. Dans la plupart des cas, les variants génétiques trouvés correspondaient aux théories déjà étables sur l’évolution.

Mais l'ADN prélevé sur ces groupements de populations - les Yoruba et les Esan au Nigéria, les Mende au Sierra Leone, ainsi que des habitants du Gabon - a dévoilé qu'une partie, entre 2% et 19% de leur patrimoine provient d'un ancêtre disparu et jamais identifié jusqu'à présent. Il ne correspond à aucun parent qui aurait déjà été enregistré par le passé. Cet ADN "archaïque", selon la dénomination des chercheurs, pourrait être expliqué par une rencontre entre Homo sapiens et un autre membre, inconnu, de l'espèce humaine. C'est ce qu'on appelle une introgression génétique, toujours détectable dans l'ADN des populations d'aujourd'hui. L'ADN est lui, qualifié d'archaïque, car il renvoie à une espèce aujourd'hui éteinte.

La nouvelle espèce aurait formé sa propre branche vers 650.000 avant notre ère, donc 100.000 ans avant l'apparition de Néandertal. L'espèce inconnue aurait ensuite croisé Homo Sapiens il y a 43.000 ans. "Pour l'instant, nous ne savons pas à quel espèce d'hominidés cette branche aurait pu appartenir. Il semble que la branche aurait divergé des ancêtres des humains modernes il y a très longtemps, bien avant que ceux-ci ne se séparent de Néandertal. Nous ne savons pas où cette population aurait vécu et quels fossiles pourraient lui correspondre", explique à Sciences et Avenir l'un des principaux chercheurs de l'étude, Sriram Sankararaman, spécialisé en génétique et en informatique. "Il serait intéressant d'analyser les gènes d'autres populations en Afrique pour en savoir plus. Nous avons commencé à trouver des génomes africains très anciens qui pourrait apporter un nouvel éclairage à l'histoire africaine."

Aucune trace dans les fossiles, vraiment ?

Le plus vieux fossile d'Homo sapiens, retrouvé au Maroc, date d'il y a 300.000 ans. Mais certains restes d’humains retrouvés n’ont pas d’origine clairement établie. C’est le cas d’un crâne retrouvé sous les tropiques. Déniché au Nigéria sur le site d’Iwo Eleru, il date d’il y a 11.200 ans. Pourrait-il correspondre aux gènes fantômes retrouvés dans les populations de l’Afrique de l’Ouest ? Pour le savoir, il faudrait séquencer l’AND du fossile et voir s’il correspond aux résultats retrouvés par l’équipe de l'Université de Californie (UCLA).

Pour le moment, l’ADN du crâne d’Iwo Eleru n’a pas pu être comparé à d’autres patrimoines génétiques. "C’est compliqué d’avoir de l’ADN dans les tropiques car la décomposition est plus rapide dans ces zones. Les restes se dégradent plus rapidement en raison du climat et des sols acides. Les fossiles se minéralisent et deviennent de la pierre", explique Isabelle Crèvecoeur, paléoanthropologue à l'université de Bordeaux, spécialisée sur les périodes récentes de la préhistoire en Afrique et en Europe. Impossible alors d’essayer de faire parler les restes retrouvés.

D’autres restes humains, sur le site archéologique d’Ishango en République démocratique du Congo (RDC), présentent également des traits très particuliers. Un site sur lequel Isabelle Crèvecoeur a largement travaillé par le passé. "Ce n’est pas parce qu’une population présente des traits archaïques qu’elle est forcément issue d’une hybridation. Ce n’est pas une preuve suffisante. Il faut d’abord comprendre ce qui s’est passé avant. Peut-être que ces résultats sont issus d’une population isolée génétiquement à cause d’une barrière géographique ou encore une population complètement radiée aujourd’hui."

D'autres fantômes dans nos gènes

Ce n’est pas la première fois qu’une lignée fantôme est découverte par les chercheurs. "Il existe une lignée fantôme en Asie, qui résulterait d’une hybridation entre Denisova et une population très éloignée génétiquement, qui pourrait dater des premiers Homo d’il y a deux millions d’années", explique Isabelle Crèvecoeur. (L'hybridation entre l'Homme de Denisova et cette mystérieuse population aurait eu lieu à au moins deux reprises).

De précédentes études avaient, elles aussi, isolé des fragments d'ADN qui ne correspondent à aucun génome connu. "Tout ça est le reflet du prisme des populations actuelles. Elles ne sont que la partie émergée de l’iceberg" commente la paléoanthropologue. Pour l'instant, notre arbre généalogique reste encore largement incomplet. Mais peut-être pourra-t-on un jour mettre un nom - et un génome - sur les lignées fantômes qui peuplent les origines de l'espèce humaine.

Source : Sciences et Avenir du 19/02/2020

jeudi 20 février 2020

En Espagne, découverte de gravures datées de 15 000 ans

La grotte de la Font Major en Catalogne est connue depuis le 19e siècle. Son réseau de galeries est très étendu (plus de 3 kilomètres) et c’est en l’explorant, le 22 octobre dernier, que des chercheurs de l’Institut de Paléoécologie Humaine et d’Évolution Sociale (IPHES) ont découvert plus d’une centaine de gravures datant du paléolithique.

Ces gravures ont été incisées dans une fine couche de limon. Une quarantaine représentent des animaux, cervidés, bovidés et équidés. D’autres sont abstraites. Des expertises préliminaires donnent une date de 15 000 ans en arrière, ce qui correspond assez bien au style de ces gravures.

D’après les chercheurs, un grand nombre de gravures a été effacé ou dégradé par les visiteurs passés, ignorants de ce qu’il y avait sur les parois. En effet, jusqu’à cette découverte fortuite, près de 60000 visiteurs visitaient la grotte chaque année.

Depuis, les gravures ont été inventoriées et numérisées en 3D pour être étudiées dans le calme des laboratoires et l’accès à la grotte est désormais interdit. Un projet de visite en réalité virtuelle est envisagé.

Source : Le Blob du 19/02/2020

Une ancienne lignée humaine « fantôme » exhumée de l'ADN de populations africaines

Comme les Européens portent l'héritage génétique de l'Homme de Néandertal, quatre populations d'Afrique de l'Ouest, étudiées dans une nouvelle publication, conservent aussi des gènes archaïques. Sauf qu'il s'agit d'une ancienne espèce humaine inconnue.

L'Homo sapiens est apparu pour la première fois en Afrique il y a environ 300.000 ans. Plus tard, il a quitté son berceau pour explorer le monde. Sur sa route, il a croisé d'autres espèces humaines comme l’Homme de Néandertal en Europe ou l’Homme de Denisova en Asie. Aujourd'hui, les populations européennes gardent des traces de la rencontre entre Homo sapiens et Homo neanderthalensis dans leur génome. De l'autre côté de la planète, les populations d'Asie et d'Océanie portent dans leur gène l'héritage de l'Homme de Denisova.

Qu'en est-il pour les populations africaines ? Les contributions génétiques d'ancienne espèce humaine sont mal comprises. Une publication parue dans Science Advances a passé au crible le génome de quatre populations africaines et y a décelé les traces d'un hominidé archaïque. Problème, celui-ci est totalement inconnu.

Des traces d’une espèce humaine inconnue
Les scientifiques ont utilisé les séquences génétiques de 405 personnes déposées dans une base de données. Une analyse mêlant statistique et génétique a permis de déceler des traces d'ADN archaïques sans avoir à le comparer à un ADN de référence extrait d'un fossile.

Ainsi, leur analyse, réalisée au niveau nucléotidique (SNPs), a révélé que quatre populations d'Afrique de l'Ouest (les Yorubas et les Esan du Nigéria, les Mende de Sierra-Leone et les habitants de la province occidentale du Gabon) détiennent entre 2 et 19 % de leur ascendance génétique d'une population archaïque.

La présence des fragments d'ADN ancestraux pourrait être expliqué par un métissage génétique ancestral entre Homo sapiens et un autre membre de l'espèce humaine. Ce phénomène est appelé une « introgression » génétique et est visible dans le génome des populations modernes.

mercredi 19 février 2020

Que sont ces « ancêtres fantômes » de l’humanité découverts dans de l’ADN moderne ?

Il n'existe pas de fossiles pour attester de l'existence de ces ancêtres, seulement des traces génétiques dans des populations contemporaines de l'Afrique de l'Ouest. Pour les archéologues et les généticiens, c'est à tout à la fois un mystère et une piste très riche à creuser sur nos origines.

L’évolution de l’humanité est encore remplie de chaînons manquants. Les archéologues cherchent à retracer cette histoire à travers des méthodes toujours plus variées, en s’appuyant dorénavant davantage sur les sciences et technologies. En plus des fouilles de terrain, une grande part du travail repose par exemple sur la génétique. À partir de cette méthode, des chercheurs ont trouvé des traces « fantômes » d’un nouvel hominidé dont nous ne connaissons rien. Ce travail de recherche a été publié le 12 février 2020 dans Science Advances.

La trouvaille est survenue lorsque les chercheurs ont séquencé et analysé le génome des populations contemporaines d’Afrique de l’Ouest. Ils y ont découvert qu’un cinquième de ce patrimoine génétique, soit 2 à 19 %, provient d’un parent disparu jusqu’ici jamais enregistré. Cela signifie que, sans mettre au jour le moindre fossile, les scientifiques ont peut-être découvert une nouvelle branche de l’espèce humaine. Comment est-ce possible et que sait-on de ce potentiel ancêtre ?

Les deux généticiens à l’origine de cette découverte, Arun Durvasula et Sriram Sankararaman, pensent qu’il y a eu un croisement entre cette autre espèce d’hominidés et des ancêtres des Africains contemporains. Cette supposition provient d’une décennie entière de recherches sur les origines humaines en Afrique à travers le spectre des mélanges de populations — et donc les mélanges génétiques appelés « introgressions » — qui ont eu lieu il y a des milliers d’années.

Comparaison entre Neandertal et Sapiens

Le mélange génétique daterait d’il y a environ 43 000 ans

On sait avec certitude, depuis quelques années, qu’il y avait autrefois une pluralité d’espèces humaines sur Terre. Lorsque des individus de lignées différentes se rencontraient lors de migrations, ils s’accouplaient, ce qui a donné lieu à un métissage génétique dont il reste encore des traces en fonction des lieux de croisements. Ainsi, les populations actuelles issues de l’Eurasie portent 2 % du génome néandertalien, puisqu’Homo Sapiens a migré de l’Afrique vers l’Eurasie, où Néandertal avait déjà migré un peu avant, entraînant des rencontres. Les aborigènes australiens et les Polynésiens ont quant à eux une part de leur génome issu de l’Homme de Dénisova, qui n’était pas parti vers l’Ouest, en quittant l’Afrique, mais vers l’Est.

Les archéologues soupçonnent depuis longtemps que la diversité des espèces humaines, aux origines, en Afrique, était beaucoup plus grande que ce que l’on croit. Mais la manque de fossiles est - et reste - un obstacle pour percer à jour ces potentiels et lointains croisements. C’est donc là où les études génétiques sont précieuses.

Cette espèce est différente d’Homo Sapiens ou de Néandertal

Dans la recherche conduite par Arun Durvasula et Sriram Sankararaman, récemment publiée dans Science Advances, le morceau d’ADN trouvé ne colle pas avec Homo Sapiens, mais pas non plus avec Néandertal ni avec Dénisovien. À partir de la modélisation comparative du génome de cet ancêtre « fantôme », les deux généticiens estiment qu’il s’est séparé de notre ancêtre commun (celui dont provient aussi Homo Sapiens, Néandertal, Dénisovien), il y a environ 625 000 ans. Puis le mélange des espèces, permettant que l’on retrouve de l’ADN de ce fantôme dans des populations présentes, aurait ensuite eu lieu autour de 43 000 ans avant aujourd’hui. On a aucune idée de ses liens exacts avec Homo sapiens.

Cette mystérieuse espèce pourrait avoir été peuplée par 20 000 individus, ce qui explique potentiellement l’absence de traces sous forme de fossiles. Il reste cela dit encore possible d’en apprendre davantage sur cette lignée d’hominidés. Par exemple, en 2011, un crâne humanoïde vieux de 13 000 ans a été découvert : sa particularité est d’être hybride entre l’humain moderne et homo erectus. On ne sait toujours pas à quelle branche il appartient vraiment. Si l’on extrait l’ADN d’un tel fossile et qu’on le compare à la lignée fantôme récemment découverte, on peut potentiellement trouver des liens et des preuves physiques. L’enquête archéologique se poursuit donc.

Existe-t-il d’autres ancêtres fantômes de l’humanité ?

Ce n’est pas la première fois que l’on découvre potentiellement une lignée humaine inconnue par une voie exclusivement génétique. Début 2019, une intelligence artificielle avait mis au jour un « ancêtre humain inconnu » en étudiant de l’ADN eurasien. Ces récentes découvertes apportent de nouveaux éléments attestant d’une diversité évolutive bien plus riche que prévu en Afrique, ce qui rejoint la thèse de plus en plus admise qu’il n’existe pas un seul berceau de l’humanité, mais plusieurs. On est encore bien loin d’avoir pleinement retracé l’histoire de nos origines.

Source : Numerama du 17/02/2020


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lundi 17 février 2020

Bonobo - Pan paniscus

Le Bonobo, Chimpanzé nain ou Chimpanzé pygmée (Pan paniscus) est une espèce de primates de la famille des Hominidés. Proche du Chimpanzé commun (Pan troglodytes), il s'en distingue surtout par une organisation sociale qui a recours aux relations sexuelles et à un bouc émissaire comme mode de résolution des conflits au sein du groupe. Endémique de la République démocratique du Congo, le nom « bonobo » découle de la déformation du nom de la ville de Bolobo située sur les rives du fleuve Congo où les premiers spécimens furent capturés dans les années 1920. L'espèce est en danger d'extinction, le déclin des populations étant principalement dû à la déforestation et au braconnage pour sa chair.

Sa fiche sur Wikipedia

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Taille : 0,75 m à 1 m
Poids : 30 à 45 kg
Localisation : Congo
Habitat : Forêts tropicales
Population : 15 000 (estimation)
Longévité : 40 ans (50 ans en captivité)

Sa fiche sur Hominidés.com

samedi 15 février 2020

Homo erectus

Homo erectus est une espèce éteinte du genre Homo, qui aurait vécu en Asie entre environ 1 million d'années et 140 000 ans, et probablement 110 000 ans avant le présent. Avant les années 2000, le taxon incluait également des fossiles africains, aujourd’hui attribués par la majorité des chercheurs à Homo ergaster, bien que d'autres préfèrent rester fidèles à l'ancienne appellation.

Homo erectus signifie littéralement « homme dressé, droit » en latin : ce nom binominal d'espèce est un héritage historique lié à la description du fossile de Pithecanthropus erectus par Eugène Dubois en 1894. Il s'agissait alors de la plus ancienne forme bipède connue d'hominine, mais elle a été supplantée dès 1924 par la découverte du premier Australopithèque en Afrique du Sud.

Historique

Homo erectus est né du regroupement d'un certain nombre de variantes régionales qui avaient été considérées comme des espèces distinctes à l'origine, dont le Pithécanthrope (Java) et le Sinanthrope (Chine). Ces différentes formes ont été réattribuées au genre Homo et regroupées sous la dénomination d'Homo erectus dans les années 1960.

Principaux fossiles attribués à l'espèce

Depuis les années 2000, la majorité des paléoanthropologues considèrent qu'il faut limiter l'aire de répartition géographique de l'espèce Homo erectus à l'Asie, là où ont été mis au jour les spécimens-types. En effet, le tout premier fossile de cette espèce a été découvert sur le site de Trinil (ile de Java, Indonésie) en 1891 par Eugène Dubois.

À ce jour, seules l'Indonésie et la Chine ont livré des fossiles attribués consensuellement à Homo erectus.

Caractéristiques physiques

Homo erectus est une espèce plus robuste qu'Homo sapiens. Son squelette post-crânien est constitué d'os plus volumineux et les os de son crâne sont plus épais.

Les principales caractéristiques physiques d'Homo erectus sont une mâchoire puissante, un prognathisme marqué, un front assez bas, un menton absent, un chignon occipital, un bourrelet supra-orbitaire sous forme de torus continu, une constriction post-orbitaire fréquente en vue supérieure, une carène sagittale plus ou moins marquée et un crâne en forme de tente en vue postérieure (non-développement des bosses pariétales).

Il mesurait entre 1,50 et 1,65 m, pesait entre 45 et 55 kg et avait une capacité crânienne de 900 à 1 200 cm3.

Sa fiche sur Wikipedia

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Zone géographique : Afrique, puis Asie

Période : De 1,85 million d'années à 108.000 ans.

Caractéristiques : L'espèce, d'une longévité exceptionnelle, est la première qui connaît une expansion transcontinentale. Le plus vieux fossile d'Homo erectus est daté de 1,7 million d'années, et des traces de sa présence en Afrique sont vieilles de 1,85 million d'années. Depuis les années 2000, les fossiles africains sont regroupés sous l'appellation d'Homo ergaster. Le débat scientifique est d'ailleurs assez vif pour savoir comment lier ces deux groupes. Il était sans doute présent en Europe sous une forme légèrement différente, appelée Homo antecessor.

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Quand ?
C'est sous ce nom d'emprunt qu'Homo ergaster colonise le continent eurasiatique entre - 2 et - 0,14 million d'années.

Spécificité ?
Ce petit costaud aux os épais invente le biface (pierre subtilement taillée) et vit en campement.

Régime ?
Surtout végétarien, il se régale aussi de charognes et du produit de sa chasse.

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Age : de 1,9 à 0.1 millions d'années
Taille : 1,50 à 1,65 m
Poids : 45 à 55 kg
Localisation : Asie, Afrique, Europe
Habitat : Savanes, forêts
Feux : maîtrisés
Outils : fabriqués

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vendredi 14 février 2020

Homo denisovensis (Homme de Denisova)

L'Homme de Denisova, ou Dénisovien, est une espèce éteinte du genre Homo, identifiée par analyse génétique en mars 2010 à partir d'une phalange humaine fossile datée d'environ 41 000 ans, trouvée dans la grotte de Denisova, dans les montagnes de l'Altaï en Sibérie (Russie).

L'Homme de Denisova est parfois qualifié, en tant qu'espèce, du nom binominal Homo denisovensis, mais son statut d'espèce à part entière ou de sous-espèce n'est pas encore fixé. Jean-Jacques Hublin estime qu'il aurait vécu durant le Paléolithique moyen en Asie orientale, de la Sibérie à l'Asie du Sud-Est. La présence de cette espèce en Extrême-Orient est à rechercher selon lui parmi des fossiles connus. Les analyses de l'ADN mitochondrial du fragment de phalange ont prouvé en 2010 que les Dénisoviens étaient génétiquement distincts des Néandertaliens et des Hommes modernes. L'analyse ultérieure du génome nucléaire a montré que les Dénisoviens partageaient un ancêtre commun avec les Néandertaliens, et qu'ils se sont hybridés avec les ancêtres de certains hommes modernes (3 à 5 % de l'ADN des Mélanésiens et des Aborigènes d'Australie est issu des Dénisoviens). De même, ils auraient transmis aux Tibétains un gène permettant leur adaptation à la vie en altitude.

Phylogénie

Des chercheurs ont montré l'existence d'une forte diversité génétique chez les Dénisoviens. L'analyse ADN de deux dents trouvées à un autre niveau que la phalange a révélé un degré inattendu de diversité de l'ADNmt des Dénisoviens.

L'analyse de l'ADN nucléaire de spécimens fossiles d'Homo sapiens, d'Homme de Néandertal et d'Homme de Denisova, menée en 2016 par une équipe de scientifiques coordonnée par Svante Pääbo de l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste, à Leipzig, en Allemagne, a montré que l'Homme de Denisova et l'Homme de Néandertal avaient un ancêtre commun remontant à environ 450 000 ans, et que tous deux partageaient avec Homo sapiens un ancêtre commun remontant à environ 660 000 ans. Ces résultats s'appuient notamment sur l'analyse de deux spécimens fossiles de la Sima de los Huesos (Espagne), datés de 430 000 ans, attribués à l'Homme de Néandertal, et jugés postérieurs à la séparation d'avec l'Homme de Denisova. Pour la première fois, les liens entre différents représentants du genre Homo ont pu ainsi être établis.

Sa fiche sur Wikipedia

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Zone géographique : Asie

Période : Entre 200.000 et environ 50.000 ans.

Identification : En 2010 à partir de l'analyse génétique d'une phalange découverte en Russie, dans la grotte de Denisova.

Caractéristiques : En dehors d'une mandibule, de dents et de phalanges, nous n'avons pas grand-chose de lui. Mais les conditions exceptionnelles de conservation de la grotte de Denisova ont permis d'extraire son ADN. Au moins deux groupes distincts de Denisoviens ont peuplé l'Asie de part et d'autre de l'Himalaya. A l'instar de Neandertal, les Denisoviens se sont reproduits avec Sapiens. On retrouve des traces de leur ADN chez les populations modernes asiatiques.

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Quand ?
Comme Neandertal, il est issu d'Homo heidelbergensis voilà quelque 400.00 ans. Il s'installe en Asie. Les rares ossements fossiles de la grotte de Denisova ne permettent pas d'en dresser un portrait-robot. Il disparaît à une date encore inconnue.

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Age : de 400 à 40 milliers d'années
Taille : ?
Poids : ?
Localisation : Altaï sud de la Sibérie
Habitat : Age glaciaire, steppes
Feux : Probablement maîtrisés
Outils : Oui

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jeudi 13 février 2020

Homo neanderthalensis (Homme de Neandertal)

L'Homme de Néandertal, ou Néandertalien, est une espèce éteinte du genre Homo, qui a vécu en Europe, au Moyen-Orient et en Asie centrale, jusqu'à environ 30 000 ans avant le présent. Selon une étude génétique publiée en 2016, il partage avec l'Homme de Denisova un ancêtre commun remontant à environ 450 000 ans. Cet ancêtre partage lui-même avec Homo sapiens un ancêtre commun remontant à environ 660 000 ans. Les plus anciens Néandertaliens fossiles reconnus comme tels sont ceux de la Sima de los Huesos, datés de 430 000 ans.

Depuis sa découverte en 1856, son statut a varié : un temps considéré comme une sous-espèce d'Homo sapiens et nommé en conséquence Homo sapiens neanderthalensis, il est aujourd'hui considéré comme une espèce à part entière nommée Homo neanderthalensis.

Particulièrement bien adapté à un environnement froid, l'Homme de Néandertal était physiquement plus robuste, plus lourd et plus trapu qu’Homo sapiens. La forme oblongue de son crâne se distingue nettement de celle de l'Homme moderne, plus globulaire. Néandertal avait un cerveau un peu plus volumineux en moyenne, mais avec un coefficient d'encéphalisation légèrement moindre.

Premier homme fossile identifié, contemporain d'Homo sapiens, l'Homme de Néandertal a longtemps pâti de jugements négatifs par rapport à l'Homme moderne. Les progrès de l'archéologie préhistorique depuis les années 1960 ont en fait révélé une espèce humaine d'un certain développement culturel. Il maitrisait différentes techniques avancées comme le collage au brai de bouleau, et certains vestiges fossiles datés de moins de 70 000 ans sont considérés comme des sépultures témoignant de rites funéraires.

De nombreux points restent encore à élucider, comme son ascendance précise ainsi que la date et les conditions de son extinction après plus de 400 000 ans d'existence. Les derniers vestiges fossiles ou archéologiques néandertaliens connus sont datés de moins de 30 000 ans, dans le sud de la péninsule Ibérique, en Crimée, et dans le Caucase. Toutefois, ces datations restent débattues au sein de la communauté scientifique.

Le séquençage de l'ADN nucléaire néandertalien réalisé depuis 2006 et publié à partir de 2010 a montré un « flux de gènes » ancien entre les hommes de Néandertal et les hommes modernes d'Eurasie. Les humains actuels non africains possèdent entre 1,5 et 2,1 % de gènes néandertaliens, acquis par hybridation lors de leur sortie d'Afrique il y a plus de 50 000 ans, et plus de 30 % du génome de Néandertal survit dans l'ensemble de la population actuelle à différents endroits de notre génome. Certains gènes néandertaliens auraient été fixés chez l'Homme moderne en raison de leur caractère adaptatif.

Statut phylogénétique

Le statut phylogénétique de l'homme de Néandertal provoque encore quelques débats. Il s’agit d’un simple problème de définition de l'espèce. Deux sous-espèces peuvent se croiser et avoir une descendance fertile, mais c'est beaucoup plus variable pour deux espèces différentes (par exemple le cheval et l'âne, le tigre et le lion) : certaines le peuvent et d'autres pas. L'infertilité de la descendance prouve l'existence de deux espèces distinctes, mais l'inverse n'est pas vrai (s'il y a deux espèces, la descendance n'est pas nécessairement infertile). On peut rappeler ici qu'il existe une vingtaine de définitions de l'espèce, et que l'isolement reproductif n'est que l'une d'entre elles.

Lors de sa dénomination en 1864, l’hypothèse d’une espèce distincte avait été privilégiée. Dans les années 1960, certains spécialistes ont considéré les Néandertaliens comme une sous-espèce d'Homo sapiens, comme le généticien Theodosius Dobzhansky ou encore le biologiste Ernst Mayr, qui déclarait que « jamais plus d'une seule espèce d'homme n'a existé au même moment ». Aujourd’hui, l’idée d’espèces distinctes est à nouveau dominante, notamment grâce aux apports de la génétique.

Les multiples études paléoanthropologiques effectuées sur les ossements ne permettaient pas de se prononcer clairement sur la classification de l'homme de Néandertal. Des analyses comparées d'ADN nucléaire, extrait d'ossements de Néandertaliens et d'Homo sapiens anciens et modernes, publiées depuis 2010, ont largement contribué à forger un nouveau consensus.

En 2006, le projet génome de Néandertal, un programme de séquençage de l'ADN nucléaire de l'homme de Néandertal, a été lancé par l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste, à Leipzig en Allemagne, en collaboration avec la société 454 Life Sciences fabriquant des séquenceurs de gènes à haut débit. L'objectif était de connaitre l'étendue du lien de parenté avec l'homme moderne et d'évaluer l'interfécondité de l'homme de Néandertal et de l'homme moderne. Ce projet a permis d'achever le séquençage du génome néandertalien dès 2009 et de publier les premières études en 2010.

Une étude de 2016 exploitant le séquençage de l'ADN nucléaire de spécimens de la Sima de los Huesos (Espagne), datés de 430 000 ans, comparé avec le génome de spécimens d'Homo sapiens, d'Homme de Néandertal et d'Homme de Denisova, a attribué les fossiles de la Sima de los Huesos à l'espèce Homo neanderthalensis, et indiqué que la séparation entre la lignée des hommes modernes et celle des humains archaïques, Dénisoviens et Néandertaliens, a eu lieu entre 550 000 et 760 000 ans avant le présent. La séparation entre Dénisoviens et Néandertaliens est quant à elle estimée entre 381 000 et 473 000 ans. Les fossiles de la Sima de los Huesos étant datés de 430 000 ans, on peut estimer cette dernière séparation à un âge d'environ 450 000 ans. Pour la première fois, les liens entre différents représentants du genre Homo ont pu ainsi être établis.

Sa fiche sur Wikipedia

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Zone géographique : Europe et Proche-Orient

Période : Entre 430.000 ans et environ 40.000 ans

Découverte : En 1856 dans la vallée de Neander, en Allemagne

Caractéristiques : Sa boîte crânienne, moins globulaire que celle d'Homo sapiens, avait un volume moyen un peu plus important.
Reconnaissable par son front fuyant et ses bourrelets sus-orbitaux, il partage sans doute avec Homo sapiens un ancêtre commun, il y a 700.000 à 600.000 ans. On retrouve des traces d'ADN néandertaliens dans une grande partie des populations modernes, preuve que les deux groupes étaient interféconds.

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Quand ?
Il apparaît en Europe voilà 400.000 ans à partir d'Homo heidelbergensis.

Taille ?
Plus massif qu'Homo sapiens (1,65 m), Neandertal possède aussi un cerveau plus volumineux (de 1500 à 1750 cm3).

Spécificité ?
Il enterre ses morts, fabrique des outils et se livre à une activité artistique. Il disparaît il y a 35.000 ans

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Age : de - 400 à - 30 milliers d'années
Taille : 1,55 à 1,65 m
Poids : 70 à 90 kg
Localisation : Europe, Asie
Habitat : tempéré
Feux : maîtrisés
Outils : fabriqués

Sa fiche sur Hominidés.com

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0,2-0,03 MA.
Une calotte crânienne et une partie du squelette (Neandertal 1) ; Krapina, Spy, La Chapelle-aux-Saints, Shanidar, Okladinov
Europe, Proche-Orient, Asie de l’Ouest.
Les néandertaliens sont les premiers homininés découverts (1829) et reconnus (1851).

mercredi 12 février 2020

En matière d’outils, nos ancêtres savaient ce qu’ils faisaient

Des chercheurs ont récemment testé les outils en pierre fabriqués par nos lointains ancêtres avec des techniques d’ingénierie modernes. Et, semble-t-il, ils savaient ce qu’ils faisaient.

Grâce aux registres fossiles, nous savons que les homonidés fabriquent et utilisent des outils en pierre depuis environ 2,6 millions d’années. Parmi ces premiers “ingénieurs” figurait Homo habilis, une espèce qui aurait vécu en Afrique de l’Est il y a entre 2,3 et 1,5 millions d’années environ.

Homo Habilis ne pourrait pas se confondre avec un humain de nos jours. Il se déplaçait debout, certes, mais il était très petit (les mâles ne dépassaient pas les 1,4 mètre de haut, et les femelles étaient beaucoup plus petites encore) avec de longs bras lui permettant de grimper aux arbres. Et côté visage, on se rapprochait quand même davantage du singe que de l’Homme.

Il n’empêche, il y a plusieurs décennies, des outils en pierre vieux de 1,8 millions d’années fabriqués de ses propres mains ont été retrouvés dans les gorges d’Olduvai, dans le nord de la Tanzanie. Ce qui suggère que, sous ses airs de primate, Homo Habilis avait quand même quelques compétences.

Les anthropologues travaillant sur le site d’Olduvai ont remarqué que ces hominidés avaient préféré certains types de pierres pour la confection de leurs outils. Le quartzite et le chert, par exemple, étaient le plus souvent utilisés pour les petits outils très tranchants. Et à l’inverse, le basalte semblait avoir été façonné pour fabriquer des pièces plus lourdes.

Mais la fabrication de ces outils a-t-elle pour autant été réfléchie ? Pourquoi avoir choisi telle ou telle roche ? Et pourquoi tel ou tel morceau en particulier ?

Homo Habilis savait ce qu’il faisait

Pour tenter de le comprendre, l’anthropologue Alastair Key et son équipe de l’Université du Kent (Royaume-Uni) ont fait passer à ces outils une batterie de tests pour évaluer leur pouvoir de coupe et leur résistance dans le temps. Au cours de l’une de ces expériences, une machine devait par exemple tester chaque outil tranchant sur un tuyau en PVC de 2 mm d’épaisseur, et enregistrer la force nécessaire à appliquer pour couper le tuyau.

Au terme de ces tests, il est ressorti que le quartzite était la pierre la plus tranchante, juste devant le chert. En revanche, les bords de ces deux pierres se désagrégeaient très rapidement. Autrement dit, leur pouvoir de coupe était très bon, mais pour quelques utilisations seulement. Ensuite, elles étaient bonnes à jeter.

À l’inverse, le pouvoir de coupe du basalte n’était pas très bon. Grossièrement, pour couper la même chose, nos ancêtres devaient dépenser deux fois plus d’énergie que s’ils utilisaient du chert ou du quartzite. En revanche, cette pierre était plus robuste, ce qui veut dire qu’elle durait davantage dans le temps.

Pour les chercheurs, le fait qu’Homo Habilis se soit appuyé sur le basalte pour la fabrication d’outils plus lourds n’est donc pas une coïncidence. Tout comme ce n’est pas une coïncidence si ces hominidés privilégiaient le chert ou le quartzite pour la fabrication d’outils efficaces mais jetables.

« Bien sûr, H. habilis n’a pas soigneusement mesuré la force nécessaire pour couper un membre d’une antilope fraîchement tuée, pour ensuite élaborer des plans pour tailler une lame plus efficace, explique Alastair Key. Mais il semble qu’ils aient tout de même remarqué quels matériaux fabriquaient des lames plus tranchantes et lesquels offraient un compromis entre la netteté et la durabilité, avant d’appliquer ces connaissances à la fabrication d’outils ».

Et pour une espèce aussi ancienne, ce n’est pas un mince exploit cognitif.

Source : Sciencepost du 10/02/2020

Homo luzonensis (Homme de Callao ou de Luçon)

L'Homme de Callao ou Homme de Luçon est le nom donné à un ensemble de fossiles correspondant à au moins trois individus, découverts à partir de 2007 dans la grotte de Callao, aux Philippines. Selon les découvreurs, il s’agit d’une espèce à part entière, Homo luzonensis, une espèce éteinte du genre Homo qui vivait il y a au moins 50 000 ans sur l'ile de Luçon.

Ces fossiles étaient les plus anciennes traces d'une présence humaine aux Philippines, jusqu'à la découverte de marques de boucherie datées de 709 000 ans indiquant une activité humaine sur le site de Kalinga, voisin d'une trentaine de kilomètres de la grotte de Callao.

Analyse

L'ile de Luçon est toujours restée isolée du continent par la mer durant toutes les périodes glaciaires du Pléistocène. Elle ne pouvait donc être atteinte que par la navigation, que l'on suppose exceptionnelle chez les espèces humaines archaïques. Les chercheurs en déduisent que l'Homme de Callao aurait évolué séparément, à partir d'une espèce continentale ancestrale, par endémisme insulaire, à l'image d'Homo floresiensis sur l'île indonésienne de Florès.

Sa fiche sur Wikipedia

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Zone géographique : île de Luçon

Période : Plus de 50.000 ans

Découverte :
En 2018, dans la grotte de Callao, aux Philippines.

Caractéristiques : C'est le dernier arrivant dans ce portrait de famille. Identifié par seulement quelques ossements, des phalanges, une demi-douzaine de dents et un bout de fémur, il présente d'étranges caractéristiques, à la fois modernes et archaïques. A l'instar de l'homme de Florès, il n'était sans doute pas très grand, peut-être lui aussi victime de nanisme insulaire.

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Age : - 67 000 à - 50 000 ans
Taille : petite stature
Poids : ?
Localisation : Asie du Sud-Est
Habitat : Tropical
Feux : pas de traces de combustion
Outils : Pas d'outil associé

Sa fiche sur Hominidés.com

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Homme de Callao
50 - 67 ka
2007
Grotte de Callao, Philippines
Armand Salvador Mijares et Florent Détroit

mardi 11 février 2020

Homo sapiens

Quand ?
Présente sur les cinq continents, notre espèce apparaît en Afrique il y a environ 300.000 ans à partir d'un mélange de populations ancestrales.

Taille ?
Après avoir occupé un volume de 1500 cm3, son cerveau s'est stabilisé autour de 1350 cm3.

Spécificité ?
Exclusivement bipède, face réduite, crâne globuleux, présence d'un menton osseux. Unique survivant de toutes les espèces du genre "Homo", il a su maîtriser l'art, la culture, la religion, l'agriculture, l'élevage et... la bombe atomique.

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0,2-actuel.
Pas d’holotype ; Omo 1, Herto, Qafzeh, Liujiang, Lake Mungo, Oase 2, Cro-Magnon 1.
Afrique (dès 0,2 MA), Proche-Orient (0,1 MA), Asie (0,1 MA) et Australie (0,06 MA), Europe (0,04 MA), Amériques (0,03 MA), Pacifique (0,004 MA), Arctique (actuel), Lune (actuel).
sapiens est la seule espèce d’homininés vivant encore aujourd’hui. Partie d’Afrique, elle est la première à avoir conquis l’ensemble de la Terre.

Les grandes découvertes d’hominidés

1856 Dans la vallée de Néander, en Allemagne, on trouve des ossements et un crâne… Mais l’espèce ne sera pas identifiée tout de suite : Homo neanderthalensis.

1868 Aux Eyzies-de-Tayac, dans le Périgord, les fouilles d'un abri sous roche permettent d'exhumer les premiers restes de l'Homme de Cro-Magnon.

1921 Dans la région de Zhoukoudian, les premiers restes de sinanthropes ont été découverts par J. Gunnar Andersson.

1925 Raymond Dart décrit une nouvelle espèce :Australopithecus africanus, qu'il assimile même à un sorte de « chaînon manquant »… qui aurait vécu il y a 3 millions d’années.

1974 Découverte d’un fossile très bien conservé d’australopithèque par Maurice Taieb et Yves Coppens. La célèbre Lucy va se voir décerner provisoirement le titre de grand-mère de l’humanité : Australopithecus afarensis…

2000 En Georgie, à Dmanisi, tout un groupe humain a laissé ses traces. Plusieurs crânes ont permis de définir une nouvelle espèce : Homo georgicus.

2000 Brigitte Senut découvre un fémur et des dents qui ne correspondent à rien de connu. C’est donc une nouvelle espèce qui est décrite : Orrorin tugenensis. C’est un bipède très ancien, 6 millions d’années.

2002 Au Tchad, une équipe de chercheurs, sous la direction de Miche Brunet, découvre le crâne d’un hominidé de 7,5 millions d’années : Sahelanthropus tchadensis. C’est pour l’instant le plus ancien hominidé.

2004 En Indonésie, sur l’île de Flores, des ossements d’une « petite femme » sont découverts dans une grotte. Homo floresiensis est né ! Il vivait ici il y a 50 000 ans.

2010 En cherchant à quelle espèce un petit bout de doigt appartenait, les généticiens ont découvert une nouvelle espèce : l’Homme de Denisova. Il parcourait les plaines de l’Altaï il y a 50 000 ans.

2016 Dans une grotte en Afrique du Sud, est mis au jour les restes de plusieurs individus qui amènent à la création d’une nouvelle espèce, Homo naledi. Un peu plus tard les fossiles ont pu être datés de 120 000 ans…

2017 Les plus vieux fossiles d’Homo sapiens sont retrouvés au Maroc à Djebel Irhoud, ils ont 300 000 ans. Cela repousse de 100 000 ans les origines de cette espèce…

2019 En asie, aux Philipines, un nouvel homininé est découvert sur l'ile de Luçon. Homo luzonensis vivait il y à 50 000 ans. C'est donc un contemporain de Néandertal et Sapiens.

Source : Hominidés.com

Découverte d'une centaine d'œuvres pariétales dans une grotte en Espagne

Un "sanctuaire" paléolithique comprenant plus d'une centaine d'œuvres pariétales datées d'environ 15.000 ans a été découvert dans une grotte de L'Espluga de Francoli, dans la province de Tarragone, en Catalogne.

Cheval gravé dans la grotte de Font Major, à L'Espluga de Francoli (Catalogne).

Comme un ultime hommage... Quelques jours à peine après la disparition de Simon Cuencas, le dernier découvreur de la grotte de Lascaux (Dordogne) en 1940, surnommée la "Chapelle Sixtine de la Préhistoire", le hasard a voulu que soit annoncée la découverte d'une cavité ornée insoupçonnée à L'Espluga de Francoli, dans la province de Tarragone, en Catalogne (Espagne). Une "Altamira catalane", comme l'a surnommée le quotidien de Barcelone La Vanguardia.

Une centaine de figures de chevaux, de cervidés, de bovidés ainsi que des symboles abstraits

Sur les parois de la grotte de Font Major – dont le réseau de galeries est connu depuis 1853 et considéré parmi les plus longs du monde – une centaine de figures de chevaux, de cervidés, de bovidés ainsi que des symboles abstraits ont été retrouvées, délicatement incisées dans une fragile couche de limon.

Parmi la centaine d'œuvres pariétales des grottes de L'Espluga de Francoli, des gravures géométriques.

Restées dans l'obscurité pendant 15.000 ans, elles sont réapparues à la lueur des lampes torches d'une équipe de préhistoriens le 30 octobre 2019, la découverte n'ayant été officiellement annoncée que le 7 février 2020 : "A L'Espluga de Francoli, une équipe de l'Institut catalan de paléoécologie humaine et d'évolution sociale (IPHES) qui menait une campagne de fouilles archéologiques sous la direction de Josep Maria Vergès, du centre de recherche de l'Université Rovira i Virigili, l'URV à Barcelone, a décidé d'explorer des zones inconnues de la cavité. C'est à cette occasion qu'a été révélé ce sanctuaire", a ainsi expliqué Mariangela Vilallonga-Vives, ministre de la Culture de Catalogne, au cours d'une conférence publique.

Un art pariétal exercé au cœur d'un monde souterrain

En gardant la découverte secrète pendant plusieurs semaines, les spécialistes se sont donnés le temps de travailler en toute sérénité pour effectuer des relevés 3D des incisions et gravures préhistoriques. Ceci afin de mieux étudier ces œuvres graphiques réalisées au début du magdalénien, quand le climat du sud-ouest de l'Europe était bien plus aride et plus froid qu'aujourd'hui. Une époque de grand foisonnement culturel. Les grottes ont été pour les populations de chasseurs qui vivaient alors dans ces régions des emplacements privilégiés pour réaliser ces œuvres graphiques dont le sens profond nous échappe toujours. Les spécialistes s'accordent toutefois à considérer qu'elles devaient avoir des fonctions essentielles dans l'expression symbolique. Un art pariétal exercé au cœur d'un monde souterrain et secret.

Source : Sciences et Avenir du 10/02/2020

lundi 10 février 2020

Homo georgicus (Homme de Dmanissi)

Homo georgicus (« Homme de Géorgie » en latin), ou Homme de Dmanissi, est une espèce éteinte du genre Homo, décrite en 2002 à partir de fossiles découverts à Dmanissi, en Géorgie (Caucase). Ces fossiles sont datés de 1,8 million d'années et appartiennent donc aux premiers représentants du genre Homo attestés à ce jour hors d'Afrique. La position phylogénétique de ces fossiles fait encore l'objet de débats, leur grande diversité morphologique ayant suscité parmi les chercheurs une certaine perplexité sur la variabilité interne de cette nouvelle espèce et sur la validité des différents taxons humains actuellement admis.

Analyses

Les deux crânes découverts en 1999 furent initialement considérés comme proches d'Homo ergaster. Le crâne de 2001 était moins volumineux et présentait certains points communs avec Homo habilis. Toutefois les différents fossiles étaient trop proches pour relever d'espèces distinctes et ils furent tous rapportés à Homo georgicus, dont D2600 est le spécimen type.

Des chercheurs soutiennent l'appartenance des fossiles à Homo habilis. En effet, ils ont effectué la comparaison entre le crâne d'un juvénile presque adulte, D2700, découvert en 2001, et celui de KNM-ER 1813, un Homo habilis adulte découvert au Kenya. Les conclusions ont montré des ressemblances au niveau de la face. Cependant, la face étant probablement la dernière partie qui se met en place chez un individu, cette hypothèse est contestée. Ainsi, pour Fred Spoor, ces fossiles sont simplement des Homo erectus car le neurocrâne de D2700 ressemble fortement à celui d'Homo erectus malgré une taille plus petite.

L'un des découvreurs, David Lordkipanidze, ne tranchait pas, en 2008, entre les différentes attributions possibles, considérant d'une part qu'il y a des ressemblances marquées avec les Homo ergaster / erectus et les Homo habilis, mais d'autre part que les fossiles montrent aussi des mélanges de traits qui leur sont propres.

Pour l'équipe de chercheurs de 2013, l'échantillon de Dmanissi fournit une preuve directe de la grande variabilité morphologique existant à l'intérieur des premières populations d’Homo, aussi bien qu'entre elles. De la comparaison des crânes de Dmanissi et des fossiles de la même période découverts en Afrique et en Asie, ils tirent la conclusion que plusieurs appellations taxonomiques existantes au sein du genre Homo seraient à regrouper.

Bernard Wood, s'il pense probable l'appartenance des différents crânes de Dmanissi à une même espèce, se déclare sceptique devant l'extrapolation de ce résultat à l'ensemble des populations d’Homo de la période : il souligne que les classifications établies ne reposent pas seulement sur la morphologie crânienne et que d'autres critères (par exemple, la longueur des bras) justifient les distinctions taxonomiques actuelles. De même, Fred Spoor considère que l'usage fait de l'analyse morphologique est inadéquat pour la distinction des différentes espèces.

Sa fiche sur Wikipedia

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Qui ?
Espèce créée spécifiquement pour des fossiles découverts dans la grotte de Dmanissi (Caucase), faute de pouvoir les rattacher avec certitude aux Homo ergaster ou habilis.

Quand ?
Il y a 1,8 million d'années.

Taille ?
1,50 mètre avec un cerveau de 750 cm3.

dimanche 9 février 2020

Homo heidelbergensis

Homo heidelbergensis est une espèce éteinte du genre Homo, qui a vécu en Europe au Pléistocène moyen, entre environ −700 000 et −300 000 ans avant le présent. Il est admis que cette espèce a donné naissance à l'Homme de Néanderthal en Europe.

Homo heidelbergensis au sens large regroupe des fossiles découverts en Afrique parfois attribués à Homo rhodesiensis, mais aussi en Asie. Dans cette vision, cette espèce a donné naissance aux humains modernes en Afrique.

L'holotype d'Homo heidelbergensis est la mandibule de Mauer, découverte en 1907 dans une sablière près de Heidelberg, en Allemagne. Elle fut décrite en 1908 par Otto Schoetensack. Plusieurs fossiles ou ensembles de fossiles attribués à Homo heidelbergensis ont été découverts depuis 1907 dans différents pays d'Europe.

Position phylogénétique

Ascendance

Homo heidelbergensis, attesté en Europe à partir d'environ 610 000 ans avant le présent, voire 700 000 ans en y incluant l'Homme de Petralona (Grèce), pourrait descendre soit d'Homo antecessor, dont les fossiles trouvés en Espagne ont été datés d'environ 860 000 ans, soit d'une forme africaine encore non identifiée, qui serait passée en Europe au début du Pléistocène moyen et aurait remplacé les formes locales.

Descendance

Eu égard aux ressemblances morphologiques entre les Homo heidelbergensis et les Néandertaliens, Jean-Jacques Hublin estime que le premier a probablement évolué il y a environ 450 000 ans pour donner progressivement naissance aux Néandertaliens.

Les analyses génétiques menées de 2013 à 2016 par l'équipe de Svante Pääbo, à l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste à Leipzig (Allemagne), sur des spécimens de la Sima de los Huesos, à Atapuerca, d'abord sur le génome mitochondrial puis sur le génome nucléaire, ont confirmé l'étroite parenté entre l'Homme de Néandertal et l'Homme de Denisova et ont évalué l'âge de leur dernier ancêtre commun à environ 450 000 ans. Homo heidelbergensis pourrait alors être l'ancêtre commun à ces deux taxons.

Sa fiche sur Wikipedia

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Quand ?
Apparue en Afrique ou au Levant voilà quelque 700.000 ans, cette espèce est probablement issue d'Homo erectus.

Taille ?
Grande taille (1,70 mètre) et cerveau de 1000 à 1300 cm3.

Spécificité ?
Elle a prospéré entre l'Europe et l'Asie, sachant utiliser des pieux à pointes en pierre taillée pour chasser le gros gibier.

Descendance ?
Il y a environ 400.000 ans, sa population se serait coupée en deux pour donner, d'un côté, les néandertaliens et, de l'autre, les dénisoviens.

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Age : de - 0,8 à - 0,3 millions d'années
Taille : 1,55 à 1,65 m
Poids : de 65 à 80 kg
Localisation : Afrique, Europe, Asie occidentale
Habitat : Régions tempérées et chaudes
Feux :
Outils : Fabrication probable de bifaces.

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samedi 8 février 2020

On est tous un peu Néandertaliens confirme une étude

Une étude confirme aujourd’hui que même les personnes d’ascendance africaine ont des gènes néandertaliens, ce qui était auparavant mis en doute.

Nos cousins Néandertaliens sont nés il y a environ 430 000 ans en Europe et en Asie centrale. Nous savons que des humains modernes se sont croisés après avoir quitté l’Afrique il y a environ 200 000 ans. Des études génétiques ont effectivement suggéré que de nos jours, environ 1,5 % de l’ADN des personnes d’ascendance européenne et environ 1,7% de l’ADN des personnes d’ascendance asiatique a été légué par Neandertal.

Jusqu’à présent en revanche, il était supposé que les personnes d’ascendance africaine n’étaient pas impliquées par ce transfert génétique. Après tout, les Néandertaliens n’ont jamais habité l’Afrique.

C’est d’ailleurs ce qui a façonné les études génétiques précédentes. Sur cette hypothèse, les gènes néandertaliens identifiés chez des personnes d’ascendance européenne et asiatique ont en effet été découverts en comparant leurs génomes à celui de personnes d’ascendance africaine, en supposant qu’ils étaient une base de référence exempte de gènes Néandertaliens.

Mais était-ce vraiment le cas ? Si non, les études antérieures pourraient donc avoir été biaisées.

Pour le savoir, des chercheurs de l’Université de Princeton (États-Unis) ont mis au point une nouvelle technique très complexe. Pour faire simple, celle-ci leur a permis de détecter le degré d’ascendance archaïque dans l’ADN de tous les génomes. Autrement dit, ils n’ont cette fois pas eu besoin d’un génome de référence.

Une étude qui chamboule tout

En appliquant leur nouvelle méthode sur les données du “1000 Genomes Project”, qui retient les génomes de personnes de toutes origines, il ont alors découvert des signatures néandertaliennes étonnamment élevées – 0,3% – chez les personnes d’ascendance africaine. Certains de ces gènes, expliquent-ils, jouent un rôle dans le système immunitaire et la sensibilité à la lumière ultraviolette.

Par ailleurs, les deux premières estimations ont également été revues à la hausse. La nouvelle étude suggère que 1,8% du génome des Asiatiques et 1,7% du génome des Européens ont été légués par Neandertal.

Ainsi, cette nouvelle étude montre que la composante néandertalienne des génomes des personnes modernes d’ascendance européenne et asiatique a été sous-estimée dans les études précédentes, car elle était masquée par les signatures néandertaliennes auparavant non reconnues dans les génomes africains utilisés comme échantillons de référence.

« Tous ceux qui vivent aujourd’hui portent l’héritage de Neandertal »

Mais le plus intéressant est que, si effectivement il y a du “Neandertal” chez les Africains, cela suggère que les mouvements migratoires de nos ancêtres ont été plus nombreux et complexes que prévu. Autrement dit, il y a entre 100 000 et 200 000 ans, des humains modernes se sont rendus en Europe, se sont mêlés aux Néandertaliens, et sont ensuite revenus en Afrique. Les gènes de nos anciens cousins se sont ensuite répandus dans tout le continent.

« Finalement, tous ceux qui vivent aujourd’hui portent cet héritage de Neandertal, conclut Joshua Akey, principal auteur de l’étude. Nous montrons des preuves irréfutables que les migrations, à la fois hors d’Afrique et vers l’Afrique, ont joué un rôle de premier plan dans l’élaboration des modèles de variation génétique humaine ».

Source : SciencePost du 04/02/2020

Les découvertes majeures en paléontologie

1856 Découverte de restes de néandertaliens dans la vallée de Neander (Allemagne)

1868 Homo sapiens moderne. Cro-Magnon (France). 30 000 ans. Premiers Homo sapiens fossiles identifiés

1891 Homo erectus. Trinil (Indonésie). 500 000 ans. Découverte d'une nouvelle espèce dans l'île de Java

1908 Homo neanderthalensis. La Chapelle-aux-Saints (France). 60 000 ans. Premier squelette complet de l'espèce

1924 Australopithecus africanus. Taung (Afrique du Sud). 2 500 000 ans. Enfant de Taung, premier hominine ancien découvert

1929 Homo erectus. Zhoukoudian (Chine). 780 000 ans. Découverte du sinanthrope. Aujourd'hui un Homo erectus

1934 Homo sapiens moderne. Qafzeh (Israël). 100 000 ans. Une des plus anciennes traces d'Homo sapiens hors d'Afrique

1961 Homo sapiens archaïque. Djebel Irhoud (Marox). 300 000 ans. Plus anciens Homo sapiens fossiles à ce jour

1964 Homo habilis. Olduvai (Tanzanie). 2 400 000-1 400 000 ans. Premiers Homo habilis identifiés

1968 Paranthropus boisei, Homo habilis, Homo erectus. Koobi-Fora (Kenya). 1 900 000-1 500 000 ans. Site attestant de la diversité des hominines anciens

1974 Australopthecus afarensis. Hadar (Ethiopie). 3 200 000 ans. Lucy, considérée comme ancêtre de tous les hominines ultérieurs

1984 Homo erectus. Nariokotome (Kenya). 1 600 000 ans. Le "garçon de Turkana", squelette le plus complet pour cette période

1984 Homo neanderthalensis. Sima de lus Huesos (Espagne). 430 000 ans. Spectaculaire série de néandertaliens anciens

2001 Sahelanthropus tchadensis. Désert du Djurab (Tchad). 7 000 000 ans. Toumaï, plus ancien hominine bipède connu à ce jour

2003 Homo floresiensis. Ile de Florès (Indonésie). 800 000-50 000 ans. Forme naine à petit cerveau

2013 Homo naledi. Rising Star (Afrique du Sud). 335 000-236 000 ans. Mélange de caractères très archaïques et modernes

2015 Homo luzonensis. Grotte de Callao (Philippines). 67 000-50 000 ans. Dernière espèce découverte

vendredi 7 février 2020

Homo habilis

Homo habilis (littéralement « homme habile ») est une espèce éteinte du genre Homo qui, d'après les fossiles trouvés à ce jour, aurait vécu en Afrique de l'Est il y a entre 2,3 et 1,5 millions d’années environ.

Cette espèce a été décrite en 1964 par Louis Leakey, Phillip Tobias et John Napier, à la suite de la découverte en 1960 des premiers fossiles de l'espèce sur le site d'Olduvai en Tanzanie.

Compte tenu de sa longévité, Homo habilis a apparemment cohabité en Afrique aussi bien avec des espèces d'Australopithèques et de Paranthropes, plus primitives, qu'avec son probable descendant Homo ergaster, plus avancé.

Sites de découvertes

Des spécimens d'Homo habilis ont été découverts en Afrique orientale, notamment sur les sites d'Olduvai en Tanzanie à partir de 1960, de Koobi Fora à l'est du Lac Turkana au Kenya, à partir de 1972, de l'Omo et de la région d'Hadar en Éthiopie. Des restes d'Homo habilis auraient aussi été trouvés en Afrique du Sud, à Swartkrans, Sterkfontein et Drimolen, sites du « berceau de l'humanité ». Cependant, l'attribution de certains fossiles trouvés en Afrique du Sud est aujourd'hui sujette à débat entre Homo habilis et Homo gautengensis. Il est possible qu'Homo habilis soit en fait cantonné à l'Afrique orientale.

Sa fiche sur Wikipedia

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Quand ?
Il arpente les savanes arborées et humides d'Afrique orientale et australe ente - 2,4 et - 1,6 million d'années.

Taille ?
Petite taille de 1,30 mètre pour un cerveau de 600 cm3.

Spécificité ?
Son maniement de choppers (gros galets coupés en deux) pour racler la viande et casser des os lui vaut d'être le premier du genre Homo et être qualifié d'habile.

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Age : de 2.4 à 1.6 millions d'années
Taille : 1,15 à 1,30 m
Poids : 30 à 40 kg
Localisation : Afrique orientale et australe
Habitat : Savanes arborées et humides
Feux : ?
Outils : fabriqués

Sa fiche sur Hominidés.com

jeudi 6 février 2020

Neandertal plongeait en apnée pour récolter des coquillages

Notre cousin préhistorique plongeait en apnée pour récolter des coquillages frais, montre l’étude d’objets de la grotte italienne de Moscerini. L'étude confirme qu'il exploitait les ressources marines.

Imagine t-on Neandertal sur la plage ? Comme les pêcheurs ou les enfants aujourd'hui, notre cousin préhistorique ramassait pierres et coquillages… Mais il s'aventurait également dans l'eau pour aller collecter des fruits de mer frais. C'est la conclusion d'une étude publiée dans Plos One et menée par Paola Villa du musée d'Histoire naturelle de l'Université du Colorado (États-Unis), assistée d'une équipe internationale au sein de laquelle le Français Sylvain Soriano, directeur de recherche au CNRS. Les scientifiques ont examiné à la loupe 171 coquillages ocrés provenant de la grotte de Moscerini en Italie, au bord de la mer Tyrrhénienne, dans le Latium, une région d'Italie centrale qui inclut la ville de Rome. Tous appartenaient à l‘espèce Callista chione, un gros coquillage bivalve vivant de 1 mètre à 10 mètres de profondeur, atteignant jusqu'à 11 centimètres et dont la chair est toujours appréciée.

Un travail d'orfèvre

Découverts dans des couches datées de –90 000 ans à –60 000 ans, ces vernis de Méditerranée (leur nom commun) ont de surcroît été travaillés de façon à ce que leur coquille présente des tranchants aigus, plusieurs fois retouchés (voir photo ci-dessous). Pour servir de grattoirs à peaux ou de couteaux à boucherie pour les chairs tendres ? L'étude n'a pu le déterminer. Mais c'est un travail d'orfèvre, si l'on juge que l'épaisseur du matériau ne dépasse pas trois millimètres. "Les coquillages ramassés en fond de mer sont plus solides que ceux de la plage", précise Paola Villa dans un article mis en ligne par son université. Il a en effet été démontré que la dégradation de la fraction organique de la coquille en réduit la résistance

Une cueillette par 2 à 4 mètres de fond

Justement, comment distingue-t-on des fruits de mer pêchés vivants de coquillages morts collectés sur la plage ? Grâce à un microscope, explique Sylvain Seriano : “Les coquillages brillants, parsemés de micro-organismes encroutant, sans trace d'abrasion : cela signifie qu'ils n'ont pas été brassés par le ressac, exposés au soleil et ternis par le sable.” Un quart d'entre eux présentaient cet aspect et Paola Villa imagine que les néandertaliens ont pu aller les cueillir par “à 2 ou 4 mètres de fond”. Les mêmes couches sédimentaires ont livré des pierres ponces, possiblement utilisées comme des outils abrasifs pour matière tendre, puisqu'elles semblent à peine usées. Servaient-elles de râpes pour les pieds ou les peaux de rhizomes ? À moins que les néandertaliennes et néandertaliens ne les aient collectées par curiosité, intrigués par ces pierres légères et flottantes. On sait en effet que cet humain avait une âme de collectionneur ramassant des objets inutiles (voir notre vidéo “Dans la musette du néandertalien”). Seule certitude : les pierres ponces proviennent des éruptions volcaniques du golfe de Naples, à 70 km au sud et auraient été charriées par différents courants marins jusqu'aux rivages du site.

Une grotte "cabane de pêche"

“Nous pensons que Neandertal utilisait le site de Moscerini pour des séjours éphémères, comme grotte de pêche, la plage étant située à une cinquantaine de mètres”, explique Sylvain Soriano. Ce travail consolide l'idée, récente, que les néandertaliens d'Europe de l'Ouest se procuraient des ressources marines en arpentant les plages et en chassant sous l'eau, bien avant qu'Homo sapiens n'importe cette habitude dans la région, contrairement à ce que l'on a longtemps écrit. Neandertal pratiquait la plongée sous-marine, de même qu'il pêchait en eaux peu profondes, comme l'ont montré des données d'autres sites, où l'on a retrouvé des otolithes (concrétions d'oreilles internes) de poissons d'eau douce et de mer. Il ne se contentait pas de chasser le gros gibier. Autre indice : la découverte, sur le site de Bolomor, en Espagne, de restes de canard plongeurs du genre Aythya (communément appelé fuligule) suggère également qu'il pratiquait certainement la plongée en apnée, silencieuse, pour surprendre les volatiles barbotant. Marylène Patou-Mathis, du Muséum national d'histoire naturelle, qui travaille depuis 35 ans sur les néandertaliens en est convaincue : elle a d'ailleurs inspiré au cinéaste Jacques Malaterre une scène de chasse sous-marine au canard pour le film Ao, le dernier Neandertal, un film de Jacques Malaterre en 2010 (voir la vidéo ci-dessous, à 6 min 08 s).

Bref Neandertal se mouillait. En 2019, l'Américain Erik Trinkhaus a même suggéré qu'il fréquentait souvent les milieux aquatiques, même froids, en raison de la découverte, sur plusieurs crânes, d'exostoses, des excroissances osseuses dans le conduit auditif. Les mêmes que l'on observe aujourd'hui chez ceux qui pratiquent des sports aquatiques dans les zones froides, du type surf ou kayak... Mais les sujets néandertaliens étudiés ayant plutôt été découverts dans des régions tempérées, sur des sites assez éloignés de rivières, lacs ou mers, il semble que les malheureux souffraient d'otites plutôt qu'ils ne s'aventuraient en eau glacée.

Une connexion à la mer plus forte qu'on ne le pensait

Cette hypothèse reste cependant ouverte et d'autres crânes doivent être examinés sous cet angle. En se basant sur les études archéologiques, il est très difficile de trouver des traces de ces incursions aquatiques. Les matériels de pêche en corde ou bois ne se sont pas conservés. Et la plupart des sites côtiers néandertaliens sont désormais sous l'eau. Quand ils ne sont pas remblayés par des déblais de terrassement, comme la grotte de Moscerini après la construction de la route côtière… Ce sont des tiroirs d'un musée que les scientifiques ont tiré les coquillages découverts en 1949 pour un réexamen en profondeur qui a permis de confirmer que ce cousin disparu il y a 40.000 ans plongeait, lui aussi. Paola Villa en est convaincue : “Cet Homme préhistorique devait avoir une connexion à la mer plus forte que nous le pensions.”

Source : Sciences et Avenir du 06/02/2020

Un chouia d'ADN néandertalien chez les Africains

Une étude américaine portant sur 2.504 génomes suggère que des Homo sapiens eurasiens qui ont rencontré les néandertaliens ont ensuite migré vers l'Afrique.

PALÉOGÉNÉTIQUE. Les Hommes de Neandertal ne sont jamais allés en Afrique, pourtant les Africains portent bien un peu de leur ADN ! C'est la conclusion inattendue de Joshua Akey et ses collègues de l'université Princeton (New Jersey, États-Unis), parue dans la revue Cell.

0,3 % du génome africain moderne

S’appuyant sur une nouvelle méthode informatique, appelée IBDmix, permettant de détecter l'ascendance néandertalienne dans le génome humain, les chercheurs ont comparé le génome d’une jeune néandertalienne de l’Altaï séquencé en 2013 et l’ont comparé à 2.504 génomes modernes du "1000 Genome Project", un catalogue du monde entier qui inclut ceux de cinq sous-populations africaines. Ils ont ensuite calculé la probabilité que chaque tronçon d’ADN soit hérité d’un ancêtre néandertalien. Au final, ils estiment que les néandertaliens, disparus il y a environ 40.000 ans, partageaient 0,3 % du génome africain moderne moyen. C’est peu, mais cela suffit à réécrire l’histoire préhistorique.

Voilà plus de dix ans en effet, depuis le séquençage du génome de l’Homme de Neandertal, que les scientifiques racontent que les néandertaliens — ou du moins 2 % de leurs séquences d’ADN — vivent encore chez les Européens, les Asiatiques et leurs descendants aujourd’hui... mais pas chez les Africains, car les Homo sapiens et les Homo neanderthalensis ne se sont croisés qu’en dehors du continent noir. Au point que les paléogénéticiens estimaient jusqu'à présent que la population moderne africaine constituait une sorte de base vierge, à partir de laquelle ils pouvaient établir des comparaisons statistiques avec les autres populations actuelles ou archaïques.

Nul besoin de rencontre directe pour léguer des gènes

La nouvelle méthode devrait faire école, car “c'est la première fois que nous pouvons détecter le signal réel de l'ascendance néandertalienne chez les Africains”, souligne la généticienne Lu Chen de l'université Princeton, coauteure de l’étude. Comment est-ce possible, alors que Nenadertal n'a jamais mis les pieds sur le continent noir ? Mais par le truchement des migrations, bien sûr ! Des Hommes modernes qui, après leurs sorties d’Afrique il y a 80 000 ans, ont rencontré des néandertaliens et acquis quelques-uns de leurs gènes sont ensuite rentrés au bercail africain au cours des 20 000 dernières années. Il n'y a a pas besoin de rencontre directe pour léguer des gènes... chacun d'entre nous porte ainsi une petite portion de trisaïeuls qu'il n'a jamais vus, portion qui va en décroissant plus on remonte le temps et les ancêtres. Précision utile : les 17 mégabases (millions de paires de bases, Mb), les “lettres” formant la séquence d’ADN léguées par Neandertal incluent des gènes liés au système immunitaire mais aussi à la protection contre les ultra-violets !

Source : Science et Avenir du 05/02/2020

Les premiers Américains plus diversifiés qu'on ne le pensait

L'analyse de plusieurs crânes préhistoriques recueillis au fil des ans dans des grottes submergées au large du Mexique, suggère que les premiers humains qui peuplaient l'Amérique du Nord étaient beaucoup plus diversifiés qu'on ne l’imaginait jusque-là.

Depuis des années, anthropologues, généticiens et archéologues se divisent sur la question du peuplement du continent américain : quand les premiers humains sont-ils arrivés ? Par quelles voies ? Ou encore, de quelle façon ? Un cortège d'interrogations et de théories divergentes régulièrement remises en cause. Longtemps, la thèse dominante était que les premiers hommes - des Homo sapiens - à avoir foulé le sol du Nouveau monde étaient arrivés d'Asie il y a environ 14.500 ans. Un dogme périodiquement battu en brèche, puisque des datations plus anciennes sont régulièrement publiées, que ce soit en Amérique du sud, ou en Amérique du nord, où désormais une grande majorité de spécialistes s'accordent sur un passage au moins antérieur ou égal à 20.000 ans. Une autre série de questions concerne les populations. Que sait-on de ces premiers habitants, puisque très peu de squelettes anciens ont été exhumés à ce jour ?

Des lieux de sépulture

Publiée dans la revue Plos One, une nouvelle étude morphologique de crânes préhistoriques trouvés sur le littoral du Mexique suggère ainsi pour la première fois, que les premiers humains à s'être installés en Amérique du Nord auraient en fait été biologiquement plus diversifiés que les scientifiques ne le pensaient jusque-là, attestant ainsi une plus grande variété de populations migrantes. Ces résultats concernent quatre crânes datés de 13.000 à 9.000 ans, recueillis entre 2008 et 2015 à une quarantaine de mètres de profondeur, dans l'un des plus vastes systèmes de grottes sous-marines du monde, des cavernes submergées étalées sur une dizaine de kilomètres entre les villes de Tulum et Playa del Carmen, dans l'État de Quinatana Roo. Aujourd'hui sous les eaux, il y a près de 12.000 ans, à la fin du Pléistocène, le niveau de la mer étant beaucoup plus bas, ces cavités, alors sèches, ont servi de lieux de sépulture aux populations littorales. D'où ces découvertes archéologiques subaquatiques.

Une diversité "étonnamment élevée" parmi ces crânes

Les signataires de l'étude, Mark Hubbe, anthropologue à l'Ohio State University (Colombus, États-Unis), et Alejandro Terrazas Mata, de l’Université nationale autonome du Mexique, en procédant aux examens de ces vestiges osseux, ont ainsi mis en évidence une diversité "étonnamment élevée" parmi ces crânes. Pour ce faire, ils ont effectué des analyses tomodensitométriques (CT) afin d’en recréer les images numériques 3D, puis ont procédé à des mesures anatomiques, qu’ils ont ensuite comparées à d’autres populations de référence à travers le monde. "Si le crâne le plus ancien (Naharon) présentait de fortes similitudes morphologiques avec les populations de l’arctique nord-américain (Groenland et Alaska), le deuxième crâne le plus ancien (El Pit 1) a montré des affinités avec des populations modernes européennes, alors que le troisième (Las Palmas) était plus proche de groupes asiatiques et amérindiens; le dernier crâne (Muknal) est à rapprocher de populations de l'Arctique, en plus de posséder quelques caractéristiques modernes d'Amérique du Sud", a ainsi expliqué Mark Hubbe dans un communiqué.

"Ces résultats sont surprenants si l'on considère que des études antérieures n'ont pas montré ce niveau de diversité morphologique", a alors ajouté l’anthropologue, précisant : "Tous les crânes que nous avons analysés ne ressemblaient pas à ceux d'Amérique du Sud, décrits jusque-là comme assez homogènes". Ces nouvelles données suggèrent donc, toujours selon les signataires de l’article, que les populations initiales qui se sont aventurées d'Asie en Amérique du Nord avaient un niveau élevé de diversité biologique et que, pour une raison quelconque, cette diversité aurait diminué au fur et à mesure que les humains se sont dispersées en Amérique du Sud.

Source : Science et Avenir du 05/02/2020

lundi 3 février 2020

Homo naledi

Homo naledi est une espèce éteinte d'hominines découverte en 2013 en Afrique du Sud par le paléoanthropologue américain Lee Rogers Berger. La découverte fut annoncée en septembre 2015. Les fossiles ont été trouvés dans les Grottes de Rising Star, près de Johannesbourg, en Afrique du Sud. La découverte et l'analyse de nouveaux restes trouvés dans une seconde chambre a été faite en mai 2017 par John Hawks.

Homo naledi présente des traits le rapprochant du genre Australopithecus, avec notamment une petite taille et un faible volume crânien, mais aussi des premiers représentants du genre Homo, avec lesquels il partage d'autres caractéristiques. La combinaison de caractères ancestraux et dérivés traduit une évolution en mosaïque.

D'abord estimé âgé d'un à deux millions d'années au vu de sa morphologie, il a été daté en 2017 entre 335 et 236 000 ans seulement, ce qui relance les débats concernant la position phylogénétique et l'interprétation d'Homo naledi.

Controverses scientifiques

Le paléoanthropologue Yves Coppens a déclaré qu'il pensait que ce n'était « bien sûr, pas un Homo, avec la petite tête qu’il a, mais un Australopithèque de plus ». Ian Tattersall, du Musée américain d'histoire naturelle, pense également que les fossiles présentent « des caractères que l'on associe plutôt aux australopithèques qu'au genre Homo ».

Jeffrey Schwartz, anthropologue à l'université de Pittsburgh, a indiqué à Mediapart que les fossiles recueillis appartiennent vraisemblablement à deux espèces distinctes. Il émet également des doutes concernant l'hypothèse d'une accumulation de squelettes résultant d'un rite funéraire.

Interrogé sur France Inter, Laurent Bruxelles, géologue à l'Inrap, émet des doutes sur la possibilité de faire passer des corps de défunts à travers l'accès utilisé aujourd'hui par l'équipe et envisage qu'une autre entrée ait existé anciennement.

Sa fiche sur Wikipedia

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Zone géographique : Afrique du sud

Période : 300.000 à environ 225.000 ans

Découverte : En 2015, en Afrique du Sud

Caractéristiques : Plus petit qu'Homo sapiens, Homo naledi atteignait 1,50 m. Son cerveaune dépassait pas la taille d'un pamplemousse. Des centaines d'ossements ont été mis à jour mais seulement dans deux grottes très proches en Afrique du Sud, sans outil ni ornement. Sa découverte a néanmoins ouvert des perspectives, le genre Homo était peut-être bien plus foisonnant que supposé jusqu'ici.
Plusieurs espèces ont peut-être peuplé l'Afrique il y a 300.000 ans, avec des populations très localisées.

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autour de 0,3 MA.
DH1 un crâne fragmentaire ; plus de 1500 restes de nombreux individus, et il semblerait que ce ne soit pas fini.
Un tout petit trou en Afrique du Sud.
Découverte importante, mais l'anatomie des fossiles n'est pas encore suffisamment étudiée pour valider cette nouvelle espèce, les caractères dérivés semblent faire défaut. Ressemble beaucoup aux premiers Homo ou Homo erectus anciens. Fait unique, les découvreurs ont mis en ligne les modèles 3D des principaux fossiles, permettant ainsi aux autres chercheurs de les étudier. 

dimanche 2 février 2020

Homo Sapiens, les nouvelles controverses

Depuis à peu près 40 000 ans, une seule espèce humaine peuple la Terre : la nôtre, Homo sapiens. Nos ancêtres, apparus il y a plus de 300 000 ans, se sont disséminés sur l'ensemble des continents. Jusque dans les années 1990, l'idée d'une évolution spécifique, multirégionaliste, pouvait encore être défendue : les populations modernes seraient directement issues de groupes préhistoriques locaux, enracinés depuis plusieurs centaines de milliers d'années. Les progrès de l'archéologie et de la génétique ont depuis changé la donne. L'évolution humaine n'est pas un phénomène linéaire, mais suit un processus buissonnant. Nos ancêtres ont côtoyé d'autres groupes humains. L'Europe était le territoire de l'homme de Neandertal ; l'Asie, celui des Dénisoviens. Tandis que, sur des zones isolées - comme l'île de Florès, en Indonésie, ou celle de Luçon, aux Philippines -, pouvaient exister des populations uniques aux caractères très particuliers. Toutes ont été remplacées par Homo sapiens qui, originaire d'Afrique, a sans doute profité d'un phénomène climatique favorable (« Sahara vert ») pour s'aventurer d'abord dans la péninsule arabique, puis en Eurasie. Très rares sont ceux qui s'opposent désormais aux grandes lignes de ce schéma.

Un nouveau débat alimente cependant les controverses : existe-t-il un berceau de l'humanité ? Deux zones géographiques ont longtemps tenu le rôle de favori : l'Afrique du Sud et le rift est-africain. Là encore, de récents travaux montrent que le scénario n'est pas aussi simple. Les hommes modernes ne seraient pas originaires d'une seule région d'Afrique, mais l'ensemble du continent aurait joué un rôle d'incubateur. Les analyses génétiques et les preuves archéologiques nous indiquent que la proximité entre différents groupes, qui ont su nouer un réseau d'échanges suffisamment solide et fréquent, a abouti à la constitution d'une espèce homogène. Des populations tantôt en contact, tantôt séparées qui, isolées, vont élaborer des innovations comportementales ou connaître des mutations génétiques favorables. Dans ce buisson de l'évolution, les branches s'entremêlent, se croisent, se séparent, pour finalement ne déboucher que sur une seule lignée.

Pour autant, les échanges et l'évolution ne se sont pas arrêtés il y a 300 000 ans avec l'arrivée d'Homo sapiens. L'étude des génomes anciens et modernes nous apprend que nombre de populations contemporaines ont hérité d'une infime partie du patrimoine génétique d'autres groupes humains, comme Neandertal ou les Dénisoviens. Une proximité génétique qui interroge : plutôt que de parler de disparition, ces groupes ont-ils fini par se confondre ? L'homme moderne n'est-il pas en quelque sorte l'héritier de ces humanités multiples ? Pour d'autres paléontologues, Homo sapiens avait acquis des compétences techniques et cognitives qui lui ont tout simplement donné un avantage décisif sur le plan de la sélection naturelle. Faisant ainsi de notre espèce un groupe si particulier, le seul qui ait su prospérer sur l'ensemble des continents et dont l'avancée se caractérise par l'émergence d'une pensée symbolique unique.

Source : La Recherche du 01/02/2020

samedi 1 février 2020

Question de la semaine : pourquoi l'Homme cuit-il ses aliments ?

Pourquoi cuisons-nous nos aliments ? C'est notre question de la semaine, posée par un lecteur sur la page Facebook de Sciences et Avenir.

"Pourquoi cuisons-nous nos aliments ? Alors qu'à l'origine, l'Homme était un cueilleur et mangeait ses aliments crus", nous demande Nordine Khoufache sur la page Facebook de Sciences et Avenir. Chaque semaine, nous sélectionnons une question de lecteur pour lui apporter une réponse. Merci pour votre insatiable curiosité.

L'utilisation du feu par l'Homme pour cuire ses aliments remonterait à un million d'années, d'après des analyses menées dans la grotte de Wonderwerk en Afrique du Sud en 2012. Michael Chazan, de l'Université de Toronto (Canada), et ses collègues ont en effet découvert il y a près de dix ans des traces de combustion datant d'un million d'années dans cette grotte (où les signes d'occupation humaine remontent à 2 millions d'années). L'œuvre d'un Homo erectus - ou d'un autre homininé vivant il y a un million d'années. Ce n'est pas la première fois que des traces anciennes de feu sont ainsi associées à la présence humaine. Et à chaque fois, le doute demeure : s'agit-il vraiment d'un feu contrôlé ou d'un feu sauvage ? Les cendres ont-elles été transportées ou ont-elles été produites in situ ?
L'utilisation du feu, un tournant dans l’histoire de l’évolution humaine

Même si ce mystère subsiste, les scientifiques s'accordent à dire que l'utilisation du feu est un tournant dans l'histoire de l'évolution humaine. La viande cuite fournit plus d'énergie que la crue. La mastication est plus facile, la taille de la mâchoire peut régresser au profit de celle de la boîte crânienne… Selon l'anthropologue britannique Richard Wrangham, les changements morphologiques observés à partir d'Homo erectus sont liés à la consommation d'aliments cuits. Son hypothèse remet en question l'idée longtemps admise que l'humain n'a utilisé le feu pour cuisiner qu'il y a 500.000 ans environ.
"Les Hommes du Paléolithique étaient plus carnivores que nous"

Alors, que faisait cuire nos ancêtres ? "Les Hommes du Paléolithique étaient plus carnivores que nous", expliquait le paléoanthropologue Antoine Balzeau dans un précédent article de Sciences et Avenir. On sait que Sapiens mangeait la viande de gros herbivores comme le cheval ou le renne, mais aussi du petit gibier, des oiseaux, des coquillages et sans doute du poisson, du saumon en particulier. "Cependant, on a trouvé des pollens, des restes de végétaux et des pierres chauffées indiquant qu'ils mangeaient des plantes, et pas seulement crues. Pour les faire cuire à l'eau, comme ils n'avaient pas de récipients allant au feu, ils plongeaient des pierres brûlantes dans le liquide pour le réchauffer", ajoutait le spécialiste. Dans la grotte de Wonderwerk, Michael Chazan et ses collègues ont découvert des vestiges de cendres contenant des plantes et des bouts d'os carbonisés.

Il y a 170.000 ans, nos ancêtres faisaient également cuire des racines pour les consommer, comme l'a montré une étude publiée en janvier 2020. "Cela montre bien que les chasseurs-cueilleurs d'il y a 170.000 ans essayaient déjà d'avoir une alimentation équilibrée", concluait Francesco d'Errico, un des archéologues à l'origine de cette découverte.

Source : Sciences et Avenir du 31/01/2020