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jeudi 1 septembre 2005

Mata Menge

Mata Menge est un site préhistorique du début du Pléistocène moyen sur l'île de Florès, en Indonésie, dans le bassin de So'a. Des fossiles d'hominines datés de 700 000 ans avant le présent y ont été mis au jour en 2014. Le site a livré également des artefacts en pierre et des restes d'animaux.

Sur la même île de Florès, dans la grotte de Liang Bua distante de 50 km de Mata Menge avaient été découverts en 2003 les fossiles d'humains attribués à une nouvelle espèce, Homo floresiensis, datés d'environ 95 000 ans. La question se pose pour les scientifiques de savoir si les hominines de Mata Menge, dont le genre demeure inconnu, sont des ancêtres de Homo floresiensis (ou Homme de Florès). Les fouilles entreprises à Mata Menge avaient pour objectif de « dénouer le mystère de l'origine du Hobbit » - le Hobbit étant le surnom donné familièrement à Homo floresiensis en raison de sa de petite taille. Les hypothèses relatives à l'ancêtre du Hobbit évoquaient possiblement un Homo habilis, un Homo erectus, un Homo sapiens atteint de dégénérescence, ou un Australopithèque.

L'idée selon laquelle l'occupation de l'île par des hominidés est plus ancienne que l'âge de l'Homme de Florès avait commencé à s'imposer à la suite de la découverte dans les années 1960 d'assemblages lithiques datés de 840 000 ans dans le même bassin de Soa' où se trouve Mata Menge, à une distance de 70 km de la grotte de Liang Bua.

Historique

En 1970, Theodor Verhoeven et Johannes Maringer avaient déjà fouillé plusieurs sites de Florès, dont Mata Menge ; ils sont les premiers à associer des restes de Stegodon florensis (une espèce éteinte d'éléphants nains) à des assemblages lithiques, et à voir dans ces objets en pierre la preuve d'une migration précoce d'hominines vers l'île de Florès, qui suppose une traversée maritime (la confirmation de leur statut d'artefacts est intervenue dans les années 1990).

Des fouilles entreprises en 1994 ont permis de récupérer 45 éléments lithiques, principalement constitués de basalte et de chaille, dont plusieurs ont été classés comme artefacts. Les restes fossiles de Stegodon florensis, de Hooijeromys nusatenggara, de crocodiles et de mollusques d'eau douce ont également été découverts, et datés d'environ 730 000 ans avant le présent.

Les fouilles de 2004-2006 ont permis de récupérer 487 artefacts lithiques.

En 2010, Mike Morwood engage des fouilles à Mata Menge, dans la formation Ola Bula ; il en avait conçu le projet quelques semaines après la mise au jour des fossiles de l'Homme de Florès (dont il est un des découvreurs) ; il espérait identifier les premiers hominines migrateurs arrivés dans l'île. Il a fallu près de cinq ans de fouilles pour trouver des fossiles de ces fabricants d'outils dont on supposait l'existence depuis les années 1960 ; une étudiante indonésienne en paléontologie et Mika R. Puspaningrum (un doctorant), membres de l'équipe de Mike Morwood (mort en 2013), ont extrait du grès les restes conservés dans une ancienne coulée de boue volcanique.

Fossiles d'hominines

Description

En octobre 2014, les restes fossiles d'hominines - un fragment de mâchoire inférieure et six dents - ont été découverts. Ils appartiennent à au moins trois individus distincts et sont datés d'environ 700 000 ans avant le présent ; ce sont les fossiles d'hominines les plus anciens jamais découverts sur l'île de Florès. Les trois individus sont un adulte et deux jeunes enfants (il y a deux dents de lait).

Il est impossible de dire comment ces hominines ont traversé la mer pour parvenir jusqu'à l'île de Florès.

La couche contenant les fossiles d'hominines a livré aussi 47 artefacts lithiques, dont le niveau de sophistication est décrit comme étant « simple », ainsi que des restes de Stegodon florensis (Hooijeromys nusatenggara, en néerlandais), de dragon de Komodo et de crocodile.

Comparaison avec des espèces connues

Ressemblances

Les fossiles de Mata Menge sont similaires par leur forme à Homo floresiensis, mais sont plus petits, en particulier la mâchoire inférieure. L'Homme de Florès ne mesurait déjà que 1,06 m. « Le fragment de mâchoire de Mata Menge est celui d’un adulte 21 % plus petit que le plus minuscule Hobbit de Liang Bua ». Ces fossiles sont plus primitifs (moins spécialisés) que ceux du Hobbit.

Une molaire ressemble par sa forme aux molaires de Homo erectus, quoiqu'elle soit de plus petite taille - plus qu'elle ne ressemble à celles de Homo habilis ou d'Australopithecus.

Ces similitudes avec l'une et l'autre espèce fondent l'hypothèse selon laquelle Homo floresiensis serait à l'origine un Homo erectus arrivé à Florès où il aurait connu par la suite une diminution de taille, processus appelé nanisme insulaire, qui affecte de nombreuses espèces dans les îles du fait que les ressources y sont plus limitées que sur le continent.

Les artefacts lithiques à Mata Menge présentent également des affinités culturelles avec ceux associés à Homo floresiensis dans la grotte de Liang Bua, fait qui corrobore l'idée que les hominines de Mata Menge sont probablement des ancêtres d' H. floresiensis.

Lors de la découverte de l'Homme de Florès, certains avaient supposé qu'il pouvait descendre d'un Homo sapiens ; la seule datation des fossiles de Mata Menge (700 000 ans) infirme cette hypothèse si l'on admet le lien entre l'Homme de Florès et les fossiles de Mata Menge, lien qui n'est pas établi avec certitude.

Doutes

Selon Shara Bailey (Université de New York), spécialiste en dents fossiles, «la forme des dents trouvées à Mata Menge ne démontre pas de lien avec Homo floresiensis mais n’en exclut pas non plus». De même Adam van Arsdale (Wellesley College, Massachussetts), spécialiste en mâchoires fossiles, déclare : « Je ne suis pas convaincu que la morphologie des spécimens découverts soit suffisante pour exclure un lien entre les restes de Mata Menge et d’autres lignées humaines » que Homo floresiensis.

Paléoenvironnement

Il y a 700 000 ans, le bassin de So’a était couvert de prairies avec des points d'eau. Des Stegodon florensis insularis, des dragons de Komodo, des rongeurs et des oiseaux peuplaient cette savane tropicale.

Source : Wikipedia

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nom :
âge : 700 ka
découverte :
date : 2014
espèce :