mercredi 29 août 2012

L'identité retrouvée



Le musée de préhistoire d'Ile-de-France à Nemours présente jusqu'au 23 septembre 2012 l'étonnant travail de reconstitution physique de nos ancêtres par la paléo-artiste Elisabeth Daynès. On peut y découvrir le travail qu'elle mène en collaboration avec des anthropologues de médecine légale.

Source : UniverScience 21/03/2012

mardi 28 août 2012

Les bipédies



Saviez-vous qu'il n'y a pas qu'une seule manière de se tenir debout ? Armé de son feutre bleu et de son tableau blanc, le paléoanthropologue Pascal Picq, nous explique qu'il n'y a pas "une" mais "des" bipédies...

Source : UniverSciences 07/12/2010

lundi 27 août 2012

Le propre de l'homme



Pour Rabelais, le propre de l'homme c'est le rire ! Et pour le paléoanthropologue Pascal Picq, serait-ce l'amour, la guerre, l'outil, le langage, la morale ou la bipédie ? Petit cours d'éthologie au tableau blanc pour relativiser notre place dans l'évolution.

Source : UniverSciences 13/10/2010

vendredi 24 août 2012

L'homme est un singe



L'homme descend-il du singe ? Non ! nous répond Pascal Picq, l'homme fait partie des singes. Le paléoanthropologue s'attaque avec vigueur et humour aux idées reçues, armé de son feutre bleu et de son tableau blanc...

Source : UniverScience 13/10/2010

jeudi 23 août 2012

Notre cousin Néandertal



À l'occasion de la sortie du film de Jacques Malaterre Ao, le dernier Neandertal, le paléoanthropologue Pascal Picq nous explique, croquis à l'appui, les raisons de la disparition de notre plus proche cousin il y a environ 30 000 ans.

Source : UniverScience 23/09/2010

mercredi 22 août 2012

Quel est le propre de l'homme ?



Avec Pascal Picq, paléoanthropologue, maître de conférences au Collège de France, et Élisabeth de Fontenay, professeur de philosophie à la Sorbonne.

Source : UniverSciences 02/09/2010

Un squelette repousse les limites de l'histoire des migrations



Un squelette très ancien découvert dans une grotte au Laos a repoussé les limites de l'histoire des migrations humaines en Asie du sud-est de quelque 20'000 ans.

Découvert dans la chaîne de montagnes Annamite (nord du Laos), le squelette est âgé de 46'000 à 63'000 ans. Il constituerait les plus vieux restes d'humains jamais découvert en Asie du sud-est, selon l'étude publiée par l'Académie nationale des sciences (Proceedings of the National Academy of Sciences).

Cette découverte montre aussi que les premiers hommes n'ont pas fait que suivre la côte quand ils ont migré d'Afrique vers l'Australie, comme certains chercheurs l'ont affirmé, mais qu'ils s'installaient aussi à l'intérieur des terres, dans des endroits peu familiers.

«Ce squelette révèle que la migration depuis l'Afrique vers l'est et le sud de l'Asie s'est faite assez rapidement et que, une fois sur place, les hommes vivaient dans des environnements auxquels ils n'étaient pas habitués», explique Laura Shackelford, anthropologue à l'université de l'Illinois (nord) d'Urbana-Champaign.

Ancêtre des premiers migrants vers l'Australie

Des restes humains du même âge avaient été découverts en Chine et ailleurs en Asie du sud-est mais aucun n'avait pu être aussi bien daté que celui du Laos.

Cette découverte va aussi dans le sens d'études génétiques qui indiquent que des hommes ont vécu dans la région il y a au moins 60'000 ans.

«Compte tenu de son âge, le squelette pourrait être un ancêtre direct des premiers migrants en Australie», a précisé Laura Shackelford dans un communiqué.

Le squelette a été découvert en 2009 à plus de deux mètres sous terre et une équipe de chercheurs a ensuite utilisé différentes méthodes pour déterminer son âge.

Source : Le Matin du 21/08/2012

mardi 21 août 2012

L'archéologie en 12 minutes



De tout temps, les hommes se sont intéressés à leur passé. Cependant, l'archéologie ne s'est constituée comme science qu'au XIXe siècle. Depuis, elle n'a cessé de perfectionner ses techniques et ses méthodes d'analyse en s'appuyant sur les sciences exactes et les sciences humaines, dans une approche globale des sociétés du passé.
Sur un mode narratif original,  illustré de nombreuses images d'archives, Christian Rist et Jean-Paul Fargier nous racontent l'histoire de l'archéologie, ses enjeux et les avancées majeures de la connaissance.

Source : UniverSciences 25/03/2010

lundi 20 août 2012

Le chaînon Ida



Véritable enquête sur la découverte et l’étude d’Ida, de 47 millions d’années, à l’origine de percées spectaculaires dans la recherche sur les ancêtres des primates.

Source : UniverSciences 17/02/2010

vendredi 17 août 2012

Toumaï, le nouvel ancêtre



Ce film revient sur la découverte du crâne de Toumaï, Sahelanthropus tchadensis, en juillet 2001 dans le désert du Djourab au Tchad par la mission paléoanthropologique franco-tchadienne (MPFT). Il montre également comment, grâce aux nouvelles technologies, ce crâne, quelque peu déformé après avoir passé 7 millions d’années sous les sédiments, a pu être reconstitué virtuellement.

Source : UniverScience 03/02/2010

Au menu de nos ancêtres : carcasses, écorces et baies

Ecorces, carcasses d'animaux et baies régalaient nos ancêtres. C'est ce que révèle une équipe de chercheurs français publiée mercredi 8 août par la revue britannique Nature. Elle a reconstitué les tendances alimentaires de trois genres d'hominidés d'Afrique du Sud grâce à l'analyse chimique de dents fossiles.

L'équipe de Vincent Balter, du laboratoire de géologie de Lyon (CNRS/ENS), et José Braga, du laboratoire d'anthropologie moléculaire de Toulouse, s'est penchée sur des australopithèques, paranthropes et Homo.

Trois régimes différents

Les australopithèques, ancêtres communs des paranthropes et Homo, qui ont vécu entre 4 et 2 millions d'années avant notre ère, "étaient beaucoup plus opportunistes", relève Vincent Balter. Ils avaient une alimentation beaucoup plus variée que les deux autres genres d'hominidés. Ils se mettaient sous la dent "ce qu'ils trouvaient dans la nature" : baies, fruits et éventuellement des carcasses d'animaux morts. Une étude de chercheurs allemands et américains, publiée fin juin dans Nature, avait déjà montré qu'Australopithecus sediba (Afrique du Sud) se nourrissait aussi de bois et d'écorce.

Il y a environ 2 millions d'années, les australopithèques ont laissé la place aux paranthropes et aux Homo, chacun étant plus "spécialiste" que leur ancêtre commun. Les paranthropes (environ 2,5 à 1,2 million d'années) consommaient uniquement des végétaux. "On les imagine manger des racines, de l'écorce, des choses assez dures à broyer", commente Vincent Balter.

Les Homo, genre qui réunit l'Homme moderne et les espèces apparentées, apparu il y a environ 2,3 à 2,4 millions d'années, était lui "beaucoup plus 'viandard'". Probablement aidés par leurs outils, ils se nourrissaient principalement de la chasse. "Ils avaient besoin de cette viande pour subvenir aux demandes énergétiques d'un cerveau qui ne cessait de grossir", analyse Vincent Balter.

Des petits trous dans les dents

L'équipe française a mis en évidence ces différents régimes grâce à la mesure d'"éléments traces" prélevés sur des dents fossiles conservées au Muséum du Transvaal (Pretoria, Afrique du Sud) "cassées ou déjà coupées en deux". Elle s'est intéressée à deux éléments chimiques : le strontium et le baryum, tous deux contenus dans l'émail dentaire, mais aussi deux marqueurs de la position des mammifères dans la chaîne alimentaire.

Les chercheurs ont utilisé un laser pour y faire de minuscules trous avant d'analyser la composition chimique de l'émail dentaire. L'utilisation du faisceau-laser a permis de réaliser des "profils" suivant la croissance de l'émail et d'enregistrer, "pour chacune des dents, une tranche de vie et l'évolution du régime alimentaire pendant cette tranche de vie", a expliqué Vincent Balter.

Cette étude vient compléter d'autres travaux sur le régime alimentaire des hominidés, à partir de l'analyse du carbone des dents fossiles, ou encore de l'usure de l'émail dentaire. "On a un schéma qui commence à devenir cohérent avec ce que les anatomistes et les archéologues attendaient", a-t-il ajouté.

Source : Francetvinfo du 08/08/12

jeudi 16 août 2012

L’énigme des hobbits de l’île de Flores



En octobre 2004, une incroyable nouvelle fait le tour du monde. Une équipe de chercheurs australiens et indonésiens annonce la découverte d'ossements sur l'île de Flores en Indonésie, appartenant à une espèce d'homme inconnue jusque là. De toute petite taille, cet ancêtre aurait vêcu il y a 18.000 ans. Mais s'agit-il d'une nouvelle espèce ou bien d'un Homo sapiens "atypique" ? Reportage en Indonésie où les fouilles se poursuivent à la recherche de nouveaux fossiles qui pourraient permettre de clarifier l'origine de l'homme de Flores.

Source : UniverSciences 03/02/2010

Génétique : humains modernes et Neandertal ne se sont peut-être pas mélangés

Il y a quelques années, des études avaient supposé que l'Homo sapiens s'était métissé avec l'homme du Neandertal. Aujourd'hui, des chercheurs britanniques démentent.

Nos ancêtres Homo sapiens et l'énigmatique homme de Neandertal ne se sont peut-être pas croisés, physiquement et génétiquement, autant qu'ont pu le laisser penser les gènes communs aux deux espèces récemment mis en évidence, estiment des chercheurs britanniques. Ces deux dernières années, plusieurs études avaient en effet suggéré que l'Homo sapiens avait dû se reproduire occasionnellement et se métisser avec Neandertal, un cousin du genre Homo apparu voici plus de 350 000 ans et ayant vécu en Europe, en Asie centrale et au Proche-Orient avant de s'éteindre il y a quelque 30 000 ans. Selon ces études, fondées sur l'analyse d'ADN fossile, les populations modernes d'origine européenne et asiatique partagent en moyenne 1 % à 4 % de leur génome avec celui des Néandertaliens, mais pas celles d'origine africaine. Une découverte datant de 2010 avait laissé penser que ce transfert génétique s'était probablement produit à la faveur de croisements entre les deux espèces, lorsque les premiers Homo sapiens avaient quitté l'Afrique et rencontré les hommes de Neandertal au Proche-Orient avant de coloniser l'Eurasie.

"Ces fragments d'ADN en commun ne prouvent rien"

Dans une nouvelle étude publiée par la revue de l'Académie des sciences américaine PNAS, deux scientifiques de l'Université britannique de Cambridge estiment que ces fragments d'ADN en commun ne prouvent rien. Selon eux, cet ADN partagé serait plutôt l'héritage génétique laissé aux deux espèces par leur ancêtre commun et non pas le fruit d'accouplements ou d'un processus d'hybridation entre Néandertaliens et sapiens. Pour le démontrer, Andrea Manica et Anders Eriksson ont conçu un modèle informatique capable de simuler l'odyssée génétique des deux groupes d'hominidés. Cela commence avec les ancêtres communs aux deux espèces qui vivaient voici quelque 500 000 ans dans certaines régions d'Afrique et d'Europe. Puis, il y a environ 300 000 à 350 000 ans, les populations européennes et africaines de cet ancêtre commun se séparent.

Continents

Isolée génétiquement, la branche européenne aurait graduellement évolué pour aboutir aux Néandertaliens, tandis que de son côté la branche africaine finissait par devenir Homo sapiens, l'homme anatomiquement moderne aussi connu en Europe sous le nom de "Cro-Magnon", qui a quitté l'Afrique par vagues successives entre 60 000 et 70 000 ans avant le temps présent. D'après cette théorie, les communautés de sapiens géographiquement proches de l'Europe, en Afrique du Nord par exemple, auraient conservé une part plus importante du génome de leur ancêtre que ceux vivant plus au sud du continent. Ces populations d'Afrique septentrionale auraient aussi été les premières à coloniser l'Eurasie, ce qui expliquerait pourquoi les Européens et Asiatiques modernes présentent cette similarité génétique avec les Néandertaliens, mais pas les Africains. "Nos travaux montrent clairement que les structures découvertes dans le génome de Neandertal ne sont pas exceptionnelles, et qu'elles correspondent à ce qu'on s'attend à trouver sans hybridation", assure Andrea Manica dans un communiqué. "Donc, si hybridation il y a eu - il est difficile de prouver que cela n'est jamais arrivé -, le phénomène a été minime et bien moindre que ce qu'on affirme actuellement", ajoute le chercheur.

Source : Le Point du 14/08/12

mercredi 15 août 2012

Atapuerca, le berceau du premier européen ?



En 2007 et en 2008, des ossements sont mis au jour à  Atapuerca , au nord de l'Espagne , qui témoignent de la présence d'hominidés  -baptisés  Homo antecessor- en Europe occidentale il y a plus d'un million d'années. Pour les auteurs de cette découverte,  Homo antecessor serait la première espèce née en Europe. Mais comment nos ancêtres seraient-ils arrivés là ?
Pourquoi se seraient-ils installés dans cette région d'Espagne ?
Explications dans ce reportage tourné sur les lieux de la découverte.

Source : UniverScience 03/02/2010

Homo erectus a cohabité avec d'autres espèces humaines en Afrique

De nouveaux fossiles découverts au Kenya prouvent que les premiers représentants du genre Homo, auquel appartient l'Homme moderne, ont coexisté à la même période sur le continent africain.

Des chercheurs ont découvert entre 2007 et 2009, au Kenya, une face, une mâchoire inférieure complète et une partie d'une seconde mâchoire inférieure d’Homo erectus. Or, selon les auteurs de l’étude parue dans la revue Nature, ces nouveaux fossiles confirment que, il y a près de deux millions d'années, sur le continent africain, des Homo habilis et des Homo rudolfensis (deux espèces distinctes d'Homo erectus) ont cohabité.

"Il est maintenant clair que deux espèces d'Homo ont vécu en même temps qu'H. erectus", indique ainsi Fred Spoor (de l’Institut Max Planck d'anthropologie évolutionniste) qui a dirigé les analyses scientifiques. "L'évolution humaine n'est manifestement pas la ligne droite" qui a pu être tracée par le passé, a-t-il encore déclaré au cours d'une téléconférence relayée par l'AFP. En effet, en 1972, le projet de recherche Koobi Fora (KFRP), dirigé par Meave Leakey et sa fille Louise Leakey découvrait un crâne connu sous l'appellation "KNM-ER 1470", sur le site de Koobi Fora au Kenya. C’est ainsi qu’un débat sur le nombre des espèces d'Homo présentes au début du Pléistocène a été ouvert.

Reconstitution du visage d'Homo Rudolfensis ER 1470

Initialement classé parmi les Homo habilis, il fut ensuite attribué au genre Australopithecus avant d’être à l'origine de la création d'une nouvelle espèce, l’Homo rudolfensis (du lac Rodolphe, ancien nom du lac Turkana). Si la morphologie de KNM-ER 1470 est apparue inhabituelle, les comparaisons étaient rendues difficiles du fait qu'il lui manquait la mâchoire inférieure et les dents. Mais grâce aux trois nouveaux fossiles découverts dans un rayon d'une dizaine de kilomètres autour de la localisation de KNM-ER 1470, il est devenu possible d'en compléter le portrait.

Eclairer l'origine de notre branche de l'évolution humaine

"Ces 40 dernières années, nous avons activement recherché dans la vaste étendue de sédiments autour du lac Turkana des fossiles qui confirment les caractéristiques uniques du visage de KNM-ER 1470 et nous montrent à quoi ses dents et sa mâchoire inférieure auraient ressemblé", a expliqué Meave Leakey. "Nous avons enfin des réponses", se félicite-t-elle ainsi. "Les nouveaux fossiles vont grandement contribuer à éclairer la manière dont notre branche de l'évolution humaine est apparue et a prospéré il y a près de deux millions d'années", a souligné pour sa part Fred Spoor.

Néanmoins, ces résultats montrent combien la complexité de l'évolution humaine et les scientifiques restent prudents sur la manière dont ils doivent être interprétés. Aussi, le paléoanthropologue Bernard Wood estime que les analyses doivent être poursuivies et conclut : "Ma prédiction est que d'ici à 2064, un siècle après la description par Leakey d'H. habilis, les chercheurs considéreront nos hypothèses actuelles sur cette période de l'évolution humaine comme remarquablement simplistes".

Source : MaxiSciences du 10/08/2012

mardi 14 août 2012

Neandertal : Cro-Magnon m'a tue[r] ?



avec Marylène Patou-Mathis, responsable de l'unité d'archéozoologie du Muséum national d’histoire naturelle, et Silvana Condemi, paléoanthropologue à l’Université de la Méditerranée.

Source : UniverSciences 30/11/2009

Le genre Homo s’enrichit de deux espèces d'après des fossiles kényans

La découverte de trois nouveaux fossiles apporte un éclairage nouveau sur l’histoire de l’Homme. Ils appartiendraient à deux nouvelles espèces ayant vécu dans l’est de l’Afrique il y a environ 2 millions d’années, soit en même temps qu’Homo erectus. Plusieurs représentants du genre Homo, mais membres de lignées différentes, ont donc cohabité dans le passé.

Une histoire débutée en 1972 vient enfin de se conclure en livrant de nouvelles informations sur l’évolution de l’Homme. Cette année-là, des anthropologues ont découvert sur le site de Koobi Fora, dans l’est du Kenya, un crâne fossilisé appartenant sans aucun doute à un représentant du genre Homo, mais lequel ?

Plusieurs critères morphologiques atypiques pour l’époque, voici environ 2 millions d’années, ont en effet rendu sa classification pour le moins hasardeuse. L’importante taille du cerveau (750 cm3) et la face relativement plate du crâne ont intrigué les chercheurs. S’agissait-il d’adaptations chez un ancêtre connu, liées à des variations géographiques, temporelles ou sexuelles ? Au contraire, a-t-on affaire à une nouvelle espèce (déjà nommée par certains Homo rudolfensis) ? Difficile à dire avec un seul et unique échantillon, qui de plus est dépourvu de dents et de mâchoire inférieure.

Un vif débat a donc vu le jour autour de ce crâne nommé KNM-ER 1.470. Le mystère est maintenant résolu grâce à la découverte de trois nouveaux fossiles. Leurs descriptions viennent d’être rendues publiques par Meave Leakey, du Turkana Basin Institute (TBI) à Naïrobi, dans la revue Nature. Plusieurs espèces d’homininés du genre Homo auraient cohabité dans l’est de l’Afrique au tout début du Pléistocène.

Le fossile de gauche a été trouvé en l'état lors des fouilles à l'est du lac Turkana. Il s'agit de l'échantillon KNM-ER 62.000 qui correspond à des os de la face d'une nouvelle espèce appartenant au genre Homo. L'image de droite présente le même fossile, débarrassé de sa gangue de sédiments.

Une nouvelle espèce d’Homme voit le jour

Les trois fossiles ont été mis au jour entre 2007 et 2009 à 10 km du lieu de la découverte de KNM-ER 1.470, mais toujours sur le site de Koobi Fora. Ils seraient âgés de 1,78 à 1,95 million d’années. KNM-ER 62.000 se compose d’os de la face : le maxillaire supérieur (avec quelques dents), l’os palatin et l’os zygomatique droit. Son anatomie est tout à fait similaire à celle d’un enfant moderne âgé de 13 à 14 ans et présente de nombreuses singularités également observées chez KNM-ER 1.470. Ces os proviendraient du crâne d’un adolescent. KNM-ER 60.000 et KNM-ER 62.003, se composent, quant à eux, de mandibules inférieures respectivement complète et incomplète. Elles possèdent cependant toutes deux des arcs dentaires semblables à ceux observés sur le fossile découvert il y a 40 ans, appartenant ainsi à une nouvelle espèce.

Les chercheurs disposent donc maintenant de quatre fossiles provenant non pas d'une, mais bien de deux nouvelles espèces proches du genre Homo. Elles devaient cohabiter avec Homo erectus à la même époque sur le continent africain. Le groupe des homininés était donc très diversifié au début du Pléistocène.

Cette nouvelle découverte tendrait à démontrer, une fois de plus, que l’évolution de l’Homme ne s’est pas faite linéairement, puisqu’elle se composerait d’au moins deux lignées : la première inclut les espèces déjà connues et la seconde les organismes aux crânes volumineux et à la face plate. Nous serions donc bien, nous aussi, des survivants issus d’un processus de sélection, comme toutes les autres espèces vivant à ce jour.

Source : Futura Sciences du 12/08/2012

Homo erectus n'était pas seul en Afrique de l'Est

L’analyse de trois fossiles retrouvés sur le site archéologique du Lac Turkana, au Kenya le confirme : deux espèces du genre Homo auraient vécu en même temps que l’espèce Homo erectus, au début du Pléistocène, il y a deux millions d’années.


Les paléontologues Meave Leakey et Fred Spoor collectent des fossiles à l'est du lac Turkana.


Reconstitution numérique du crâne 1470

Voilà quarante ans que les paléoanthropologues s’arrachent les cheveux à propos d’un crâne atypique vieux de deux millions d’années découvert en 1972 sur le site de Turkana. Baptisé KNM-ER 1470 ou, plus simplement « 1470 », ce dernier présente toutes les caractéristiques du genre Homo, mais se distingue d’Homo erectus par sa grande taille et sa forme plate et allongée. Et quand certains attribuaient les spécificités morphologiques de ce crâne à une variation naturelle au sein de l’espèce Homo habilis, d’autres estimaient, sans en avoir la preuve formelle, que ce crâne appartenaient à un individu d’une toute autre espèce qu'ils baptisèrent rudolfensis.

Une étude publiée le 9 août dans le magazine Nature met un terme à des années de débat et apporte enfin une réponse...

Dents et mâchoires pour trancher la question

À lui seul, le crâne 1470 ne suffit pas à trancher la question. Il lui manque des dents et une mâchoire inférieure. Sans ces éléments structuraux de base, aucune comparaison discriminante avec erectus et habilis n'est possible, annihilant ainsi toute possibilité d’identification du crâne. Or, trois fossiles de dents et de mandibules humaines, découverts entre 2007 et 2009 sur le même site kenyan, (à une dizaine de kilomètres de l’endroit où l’on avait retrouvé le crâne), permettent aujourd'hui d’établir cette comparaison.


Une mâchoire compatible avec le crâne 1470

De fait, ces restes humains, vieux de 1,78 à 1,95 million d’années, correspondent parfaitement à la morphologie et à la taxonomie du crâne 1470. Ce qui a permis sa reconstruction virtuelle suivie d’une analyse comparative avec habilis et erectus.

Pour Fred Spoor, co-auteur de l’étude, il est désormais clair que « le crâne 1470 n’est pas juste un cas isolé » au sein de la famille habilis mais qu'il correspond bien à une autre espèce. « Il est maintenant évident que deux espèces du genre Homo ont cohabité avec erectus au début de la période Pléistocène. », affirme-t-il.

Les auteurs de l'étude estiment que la troisième espèce venue s’inviter à la table des premiers hommes pourrait faire partie du groupe rudolfensis, dont le statut d'espèce reste à confirmer. Quoiqu'il en soit, la coexistence de trois espèces du genre Homo rappelle à quel point l'histoire de l'évolution humaine n'est pas linéaire et « les nouveaux fossiles [du site de Turkana] devraient permettre de démêler comment notre branche évolutive a commencé à émerger et à prospérer, il y a deux millions d’années.», conclut Fred Spoor.

Source : Sciences Actualités du 09/08/2012

lundi 13 août 2012

Comment nos ancêtres se nourrissaient-ils ?

La revue Nature vient de publier une étude de chercheurs français montrant les tendances alimentaires de nos ancêtres. Les analyses de traces d'éléments contenus dans des dents fossiles auraient en effet permis de déterminer que les australopithèques mangeaient de manière variée, tandis que les palanthropes et Homo avaient des goûts plus spécialisés.

Une étude de chercheurs français vient de déterminer le régime alimentaire de trois genres d'hominidés sud-africains : l'australopithèque, le paranthrope et l'Homo. Pour cela, les équipes de Vincent Balter (Laboratoire de Géologie de Lyon (CNRS/ENS)) et José Braga (Laboratoire d'Anthropologie moléculaire de Toulouse) ont quantifié les traces d'éléments présents dans les dents fossiles de nos lointains ancêtres. L'étude est parue ce mercredi 8 août dans la revue Nature.

Les australopithèques ont vécu entre 4 millions et 2 millions d'années avant notre ère. Ce sont des ancêtres communs des paranthropes et des Homo. Mais, ils "étaient beaucoup plus opportunistes qu'eux", d'après les scientifiques. Cela signifie que leur alimentation aurait été largement plus variée que celle de leurs deux successeurs. Ils auraient en effet mangé "ce qu'ils trouvaient dans la nature", que ce soit des fruits, notamment des baies, ou des carcasses d'animaux morts. Une précédente étude de chercheurs allemands et américains, parue fin juin dans Nature, avait déjà montré que l'Australopithecus sediba se nourrissait également de bois et d'écorce.

Des Homo très "viandards"

Les paranthropes, quant-à-eux, ont existé entre 2,5 et 1,2 millions d'années avant notre ère et auraient consommé uniquement des végétaux. "On les imagine manger des racines, de l'écorce, des choses assez dures à broyer", déclare Vincent Balter. Les Homo quant à eux, sont nos ancêtres directs et sont apparus il y a environ 2,4 à 2,3 millions d'années. Mais ils auraient été "beaucoup plus "viandards"" que les paranthropes, d'après les chercheurs. Ils se seraient en effet probablement servis d'outils pour tirer de la chasse leurs principales ressources alimentaires. "Ils avaient besoin de cette viande pour subvenir aux demandes énergétiques d'un cerveau qui ne cessait de grossir", commente Vincent Balter.

Les recherches ont été réalisées sur des dents fossiles conservées au Muséum du Transvaal à Pretoria, "cassées ou déjà coupées en deux". Un laser à été utilisé, permettant de percer de minuscules trous avant d'analyser la composition chimique de l'émail dentaire. Le faisceau-laser avait pour but de tracer des profils suivant la croissance de l'émail et d'enregistrer, "pour chacune des dents, une tranche de vie et l'évolution du régime alimentaire pendant cette tranche de vie", comme l'a expliqué Vincent Balter. C'est la comparaison de ces tranches de vie qui a montré qu'elles étaient "beaucoup plus variables pour les australopithèques".

Le strontium et le baryum contenus dans l'émail dentaire sont deux marqueurs de la position des mammifères dans la chaîne alimentaire. C'est pourquoi les chercheurs ont porté une attention particulière à ces deux éléments. Des analyses isotopiques du carbone présent dans des dents fossiles avaient déjà été effectuées dans une précédente étude, ainsi que l'analyse de l'usure de l'émail dentaire des fossiles. "On a un schéma qui commence à devenir cohérent avec ce que les anatomistes et les archéologues attendaient", a souligné Vincent Balter auprès de l'AFP.

Source : MaxiSciences du 09/08/2012

L'Homo erectus cohabitait avec l'Homo habilis et l'Homo rudolfensis

SCIENCES - Des morceaux de crâne fossilisés montrent qu'il y avait au moins trois lignées différentes d'Homo il y a 2 millions d'années...

L’Homo erectus n’était pas seul. Trois fossiles découverts au Kenya à la fin des années 2000 confirment que deux espèces distinctes de l'Homo erectus -l'Homo habilis et l'Homo rudolfensis- ont coexisté sur le continent africain, il y a près de deux millions d'années, selon une étude publiée mercredi dans la revue scientifique britannique Nature.

Image fournie par National Geographic et «Nature», montrant une reconstruction informatique du crâne KNM-ER 1470.

Ces fossiles- une face, une mâchoire inférieure complète et une partie d'une seconde mâchoire inférieure - ont été découverts entre 2007 et 2009 à l'est du lac Turkana au Kenya par le projet de recherche Koobi Fora (KFRP), dirigé par Meave Leakey et sa fille Louise Leakey. «Il est maintenant clair que deux espèces d'Homo ont vécu en même temps que l'Homo erectus», a déclaré Fred Spoor qui a dirigé les analyses scientifiques en relevant: «l'évolution humaine n'est manifestement pas la ligne droite» qui a pu être tracée par le passé.

«Nous avons enfin des réponses»

L’étude publiée dans Nature se concentre sur l'Homo rudolfensis, un hominidé identifié grâce à la découverte en 1972 d'un crâne connu sous l'appellation «KNM-ER 1470», sur le site de Koobi Fora. Cette découverte est à l’origine du débat sur le nombre des espèces d'Homo : d'abord classé parmi les Homo habilis, puis attribué au genre Australopithecus, le crâne a finalement été classé comme Homo rudolfensis-appellation inspirée par le lac Rodolphe, ancien nom du lac Turkana-, et permis de créer cette nouvelle espèce.

D’autres fossiles avaient été classés depuis dans la même lignée, mais aucun ne présentait à la fois une face et une mâchoire inférieure, rendant problématique leur identification sûre et certaine, et lançant donc la polémique. Mais les trois fossiles mis au jour dans un rayon d'une dizaine de kilomètres autour de la localisation de KNM-ER 1470 permettent d'en compléter le portrait.

Prudence

«Ces 40 dernières années, nous avons activement recherché dans la vaste étendue de sédiments autour du lac Turkana des fossiles qui confirment les caractéristiques uniques du visage de KNM-ER 1470 et nous montrent à quoi ses dents et sa mâchoire inférieure auraient ressemblé», a expliqué Meave Leakey co-directrice des recherches. «Nous avons enfin des réponses», a-t-elle ajouté.

Des experts estiment que ces résultats montrent bien la complexité de l'évolution humaine, mais restent prudents sur la manière dont ils doivent être interprétés. Dans un commentaire publié par Nature, Bernard Wood (Université George Washington, Washington, États-Unis) invite à poursuivre les analyses.

«Peut-être ces deux taxons appartenaient-ils à une lignée différente de celle dont H. sapiens est issu ?», s'interroge le paléoanthropologue. «Ma prédiction est que d'ici à 2064, un siècle après la description par Leakey d'Homo habilis, les chercheurs considéreront nos hypothèses actuelles sur cette période de l'évolution humaine comme remarquablement simplistes», conclut-il.

dimanche 12 août 2012

La généalogie de l'homme moderne se complexifie

L'étude approfondie de deux fossiles confirme la diversité des premiers représentants du genre Homo, apparu il y a environ 2 millions d'années.

L'homme moderne appartient à un genre, Homo, apparu il y a environ 2 millions d'années. Si nous en sommes aujourd'hui les seuls représentants, celui-ci était autrefois beaucoup plus diversifié. Selon une nouvelle étude publiée jeudi dans Nature , il semblerait qu'une quatrième espèce primitive ait pu cohabiter pendant une période avec Homo habilis, Homo erectus et Homo ergaster.

Un moulage du cerveau d'Homo rudolfensis présenté dans un musée à Washington DC.


Meave Leakey, de l'université Stony Brook aux États-Unis, et Fred Spoor, de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutionniste à Leipzig, ont en effet estimé que des fossiles trouvés en 2007 et en 2009 à l'est du lac de Turkana, au Kenya, appartenaient bien à une espèce distincte, Homo rudolfensis. Celle-ci avait été découverte en 1972, mais sur la base d'un seul fossile: un crâne sans mâchoire inférieure vieux de 1,9 million d'années. Ce n'était pas suffisant pour convaincre l'ensemble de la communauté des paléoanthropologues de sa spécificité.

Une généalogie encore mal comprise

Datés entre - 1,7 et - 2 millions d'années, les trois nouveaux fossiles - une face, une mâchoire inférieure complète et une partie d'une seconde mâchoire inférieure - viennent désormais compléter le portrait et apporter du poids à la définition de cette nouvelle espèce en fournissant de nombreuses informations sur sa dentition distincte et la structure particulière de sa mâchoire. «L'évolution humaine n'est manifestement pas la ligne droite» telle qu'elle a pu être tracée par le passé, a commenté Fred Spoor.

Mais cette avancée vient apporter encore un peu plus de complexité à une généalogie que l'on comprend déjà très mal. Certains paléontologues refusent d'ailleurs d'intégrer habilis et rudolfensis au genre Homo et préfèrent en faire des australopithèques, un genre plus primitif. D'autres réfutent quant à eux la distinction entre erectus et ergaster, estimant qu'il s'agit en réalité d'une même espèce qui a simplement évolué de deux façons légèrement différentes dans des zones géographiques distinctes.


Source : Le Figaro du 09/08/2012

samedi 11 août 2012

Qui étaient vraiment nos ancêtres ?

Rendues obligatoires depuis dix ans, les fouilles archéologiques préalables à tous travaux d'aménagement révèlent des facettes inattendues de l'histoire de France.

Longtemps négligée en France, l'archéologie connaît un renouveau spectaculaire depuis que la loi oblige tous les aménageurs à laisser des spécialistes fouiller préventivement les sites sur lesquels ils prétendent bâtir. L'institut national de Recherches archéologiques préventives (Inrap), créé pour chapeauter ce travail, fête cette année ces dix ans d'existence. Dans son livre "On a retrouvé l'histoire de France" (Robert Laffond), Jean-Paul Demoule, archéologue, ancien président de l'Inrap et professeur de protohistoire européenne à l'université de Paris-I, propose une relecture de notre passé à la lumière des découvertes nouvelles.

Dans votre livre, vous expliquez que l'archéologie préventive a changé le regard que nous avions sur le passé de notre pays. Pourquoi ?

- Cela tient à la masse extraordinaire de données qu'elle nous a apportée. Sur le territoire français, l'archéologie a longtemps été très en retard. Jusque dans les années 1970, elle était surtout aux mains d'amateurs, avec peu de moyens et peu de résultats. L'essentiel des sites qui étaient découverts lors des travaux d'aménagement était détruit. Une prise de conscience a eu lieu à partir de la fin des années 1970 et, finalement, l'archéologie préventive, institutionnalisée depuis dix ans mais pratiquée depuis plus longtemps, a révolutionné les connaissances en permettant de traiter de grandes surfaces : quand on intervient là où on va ouvrir une zone industrielle, on peut fouiller des centaines d'hectares et reconstituer tout un paysage, en y replaçant telle ferme, telle habitation par rapport à un village. C'était impossible auparavant.

Commençons le voyage par la préhistoire. Vous regrettez qu'on n'en parle pas assez : vous évoquez des « millénaires zappés ». Essayons donc de les connaître mieux. En quoi les travaux récents ont-ils fait évoluer notre connaissance ?

-Prenons la période la plus ancienne, le paléolithique : à l'époque, les hommes sont des chasseurs-cueilleurs. En travaillant à grande échelle, on a pu étudier les campements qu'ils installaient sur les bords des rivières et, grâce aux progrès des techniques utilisées pour analyser ce que l'on trouve restes d'animaux, éclats de silex, ossements humains -, on a pu affiner notre connaissance du mode de vie de ces populations, comprendre, par exemple, comment elles se nourrissaient. Elles avaient d'ailleurs une diététique bien meilleure que la nôtre. Leur régime alimentaire était très carné, mais la viande, venant du gibier, était moins grasse. A partir du néolithique, avec l'agriculture, l'alimentation, faite de bouillies végétales, devient plus sucrée : résultat, on voit apparaître les caries... [...]

Tombe à amphores datant du début de la période romaine (Oisy-le-Verger, Pas-de-Calais).

Profitons-en pour faire un grand bond dans le temps. A la fin de l'âge du fer apparaît, de l'Ecosse au Danube, une nouvelle civilisation : celle des Celtes, c'est-à-dire ces peuples que les Romains appellent les Gaulois. Là encore, l'archéologie change notre regard sur eux...

- En effet, trop de gens vivent encore avec l'image "primitivisée" du Gaulois, comme on l'a construite sous la IIIe République, vivant dans sa hutte au milieu de sombres forêts. C'était la vision de César, le vainqueur. La réalité est autre. Grâce aux fouilles entreprises sur les longs tracés d'autoroute, on découvre un pays très cultivé, très déboisé, parsemé d'un nombre important de grandes fermes magnifiques. Sur d'autres chantiers, on voit aussi des villes avec des rues se coupant à angle droit, de grandes maisons, de vastes bâtiments agricoles, des monnaies en or, en argent, en bronze qui dénotent un système élaboré. Dans le quart sud-est, les pièces étaient d'ailleurs alignées sur le denier des Romains, avec qui le commerce était intense.

Cela signifie donc que les Romains n'ont pas eu à "civiliser" une Gaule barbare ?

-Evidemment que non ! Avant même qu'ils n'arrivent, les Romains avaient déjà gagné la bataille culturelle, comme les Américains face aux Russes dans les années 1960, avec le rock et le Coca-Cola. A Bibracte - le mont Beuvray, dans le Morvan -, bien avant la conquête, les riches notables gaulois se font construire des maisons à la romaine. Partout, ils importent du vin, à une époque où l'on ne cultive pas la vigne. Certains envoient leurs fils faire des études à Rome. César, pour conquérir le pays, mène une guerre très dure et très sanglante, mais il faut peu de temps, ensuite, pour que les élites se rallient à Rome parce qu'elles y étaient prêtes mentalement. [...]

Le sens général de votre livre est de bousculer notre vision de l'histoire de France. Comment faudrait-il la réapprendre alors ? Devrait-on dire : "Nos ancêtres, les néolithiques ?"

-Notre ancêtre à tous, c'est Homo erectus. Ses traces les plus anciennes ont été retrouvées sur notre territoire à Lézignan-la- Cèbe, à côté de Béziers. Elles datent de 1,5 million d'années. Le général de Gaulle disait : « La France vient du fond des âges. » Au regard de la connaissance actuelle, ce fond des âges, c'est 1,5 million d'années. Peut-on pour autant affirmer que notre Homo erectus de Béziers était français ? Vous comprenez bien que j'essaie d'évacuer cette question par l'absurde. Pour moi, l'idée d'une « origine de la France » n'a aucun sens. Le territoire de la France ne commence à ressembler à l'actuel qu'à partir du XIIe siècle, la nation n'est formée qu'au moment de la Révolution française. C'est récent. Il faut arrêter de penser qu'il y aurait une « France éternelle », à l'identité immobile, que l'arrivée récente de populations extérieures viendrait bousculer. Sur le temps long, on voit les choses autrement, l'histoire est un long continuum de brassages, elle est une recomposition permanente.

Source : Le Nouvel Obs du 08/08/2012

vendredi 10 août 2012

L'Homo erectus avait de la compagnie

La découverte de nouveaux fossiles au Kenya apporte la preuve de la diversité des premiers représentants du genre Homo, auquel appartient l'homme moderne, affirment des paléontologues européens.

Le débat sur la diversité du genre Homo date de plus de 40 ans.

La découverte en 2007 et 2009 d'ossements fossilisés (une face, une mâchoire inférieure complète et une partie d'une seconde mâchoire inférieure) a cependant relancé l'idée de l'existence d'une certaine variété.

Selon le Pr Fred Spoor, de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutionniste en Allemagne, la récente découverte prouve en effet qu'ont coexisté sur le continent africain, il y a près de deux millions d'années, deux espèces en plus de l'Homo erectus, Homo habilis et Homo rudolfensis.
« L'évolution humaine n'est manifestement pas la ligne droite qui a pu être tracée par le passé. » — Fred Spoor

Revoir l'évolution

Le questionnement sur le nombre des espèces d'Homo s'est amorcé en 1972, avec la découverte d'un crâne au Kenya. Au départ, ce crâne a été daté de 2,8 millions d'années, mais a ensuite été réévalué à 1,9 million d'années.

Sa classification est restée controversée ces quatre dernières décennies. Il a d'abord été classé parmi les H. habilis puis attribué au genre Australopithecus et a enfin été à l'origine de la création d'une nouvelle espèce, H. rudolfensis.

Sa morphologie était inhabituelle, et les comparaisons étaient difficiles du fait qu'il lui manquait la mâchoire inférieure et les dents.

La récente mise au jour des autres fossiles, découverts dans un rayon d'une dizaine de kilomètres autour de la localisation de 1972, qui remontent à entre 1,78 million et 1,95 million d'années, permet d'en compléter le portrait.

D'autres experts, dans des commentaires publiés dans Nature avec la présente étude, estiment que ces résultats montrent bien la complexité de l'évolution humaine. Ils restent toutefois prudents sur la manière dont ils doivent être interprétés.

Source : Radio Canada du 08/08/2012

jeudi 9 août 2012

Homo erectus n'était pas seul

De nouveaux fossiles découverts au Kenya apportent la preuve de la diversité des premiers représentants du genre Homo, auquel appartient l'homme moderne, selon une étude publiée mercredi 8 août dans la revue scientifique britannique Nature.

Les nouvelles pièces du puzzle – une face, une mâchoire inférieure complète et une partie d'une seconde mâchoire inférieure – ont été découvertes entre 2007 et 2009 à l'est du lac Turkana par le projet de recherche Koobi Fora (KFRP). Ces nouveaux fossiles confirment, selon les auteurs de l'étude, l'existence à la même époque, il y a près de 2 millions d'années, de deux espèces distinctes d'Homo erectus, Homo habilis et Homo rudolfensis.

"Il est maintenant clair que deux espèces d'Homo ont vécu en même temps qu'Homo erectus", a déclaré Fred Spoor, qui a dirigé les analyses scientifiques. "L'évolution humaine n'est manifestement pas la ligne droite" qui a pu être tracée par le passé, a-t-il commenté au cours d'une téléconférence.

LE MYSTÈRE DE "KNM-ER 1470"

Le débat sur la diversité des premiers représentants du genre Homo avait été ouvert par la découverte, en 1972 par le KFRP, sur le site de Koobi Fora, au Kenya, d'un crâne connu sous l'appellation "KNM-ER 1470". Depuis quatre décennies, sa classification reste controversée : sa morphologie est inhabituelle, mais il manque la mâchoire inférieure et les dents, ce qui rend les comparaisons difficiles, et sa découverte demeurait isolée.

Les trois fossiles mis au jour dans un rayon d'une dizaine de kilomètres autour de la localisation de KNM-ER 1470, remontant à entre 1,78 million et 1,95 million d'années, permettent d'en compléter le portrait. "Les nouveaux fossiles vont grandement contribuer à éclairer la manière dont notre branche de l'évolution humaine est apparue et a prospéré il y a près de 2 millions d'années", a estimé Fred Spoor.

PRUDENCE DES SCIENTIFIQUES

Des experts estiment que ces résultats montrent bien la complexité de l'évolution humaine, mais restent prudents sur la manière dont ils doivent être interprétés. "Peut-être ces deux taxons appartenaient-ils à une lignée différente de celle dont Homo sapiens est issu ?, s'interroge le paléoanthropologue Bernard Wood, de l'université américaine de Washington, dans un commentaire publié par Nature. Ma prédiction est que d'ici à 2064 [...] les chercheurs considéreront nos hypothèses actuelles sur cette période de l'évolution humaine comme remarquablement simplistes."

Source : Le Monde du 08/08/2012