Australopithecus deyiremeda est un hominidé fossile qui vivait il y a environ 3,4 millions d'années dans le nord de l'Éthiopie actuelle, à peu près à la même époque et au même lieu qu’Australopithecus afarensis, dont l'un des spécimens est connu sous le surnom de Lucy. Cette espèce d'australopithèques a été décrite en 2015 à partir de fragments de mâchoire et de dents, restes fossiles d'au moins deux individus, découverts en 2011.
Source : Wikipedia
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jeudi 15 juin 2017
jeudi 4 juin 2015
Le nouvel australopithèque qui complique le portrait de famille
Cette mâchoire appartient-elle à une nouvelle espèce d’australopithèque ou s’agit-il d’une variation d’une espèce connue ? La question ne sera pas réglée de sitôt, mais elle rappelle combien il reste à apprendre sur ces ancêtres qui n’étaient plus des singes mais pas tout à fait des humains.
Une mandibule et quelques dents : c’est la découverte de l’année pour les paléontologues et la discussion qui les passionne depuis le dévoilement officiel dans Nature, le 27 mai : cette mâchoire, mise à jour en Éthiopie, est vieille de 3,3 à 3,5 millions d’années. Soit l’époque de Lucy, la plus célèbre des australopithèques, découverte en 1974 dans la même région d’Éthiopie. D’emblée, le chercheur principal, Yohannes Haile-Selassie, du Musée d’histoire naturelle de Cleveland, l’a associée à une nouvelle espèce, australopithecus deyiremeda. Les sceptiques préfèrent la laisser dans l’espèce australopithecus afarensis, celle de Lucy.
Quelle importance à ce débat d’experts ? D’abord, le fait que la «biodiversité» de l’espèce humaine - des Homo sapiens qui ont côtoyé des Néandertaliens qui ont côtoyé des Dénisoviens et sans doute d’autres encore - est peut-être de l’histoire (très) ancienne : plutôt que d’avoir une seule lignée d’hominidés qui se serait séparée des grands singes il y a six ou sept millions d’années avant de se diversifier «récemment» (en gros, dans les deux derniers millions d’années), peut-être y a-t-il eu plusieurs lignées très tôt. Auquel cas Lucy ne serait que la représentante de la lignée dite «gracile», par opposition à l’autre, parfois appelée «robuste», qui aurait conduit jusqu’à nous.
Ce n’est pas une idée nouvelle. Des ossements découverts en Afrique du Sud en 1995 font l’objet d’un débat depuis cette époque, leur découvreur, Ronald J. Clarke, de l’Université de Witwatersrand, insistant pour les rebaptiser australopithecus prometheus, là aussi une lignée «robuste». D’autres ossements de la même caverne sont censés être dévoilés bientôt. Il y a par ailleurs ce crâne de trois millions et demi d’années, découvert en 2001 au Kenya, que ses gens tiennent à appeler kenyanthropus platyops. Le mois dernier, une équipe de l’Université Stony Brook lui a attribué des outils qu’ils datent de 3,3 millions d’années.
Que ces ossements disparates (et tous incomplets) appartiennent à des lignées différentes ou non, ils n’en suggèrent pas moins des adaptations différentes à des environnements différents - et s’il fallait découvrir, un jour prochain, d’autres outils de pierre vieux de plus de 3 millions d’années, cela poserait en des termes inédits la question de la transition de la famille Australopithecus à la famille Homo - parce que l’australopithèque demeure dans une catégorie à part : pas un singe, mais pas encore un humain.
Source : Agence Science-Presse du 02/06/2015
Une mandibule et quelques dents : c’est la découverte de l’année pour les paléontologues et la discussion qui les passionne depuis le dévoilement officiel dans Nature, le 27 mai : cette mâchoire, mise à jour en Éthiopie, est vieille de 3,3 à 3,5 millions d’années. Soit l’époque de Lucy, la plus célèbre des australopithèques, découverte en 1974 dans la même région d’Éthiopie. D’emblée, le chercheur principal, Yohannes Haile-Selassie, du Musée d’histoire naturelle de Cleveland, l’a associée à une nouvelle espèce, australopithecus deyiremeda. Les sceptiques préfèrent la laisser dans l’espèce australopithecus afarensis, celle de Lucy.
Quelle importance à ce débat d’experts ? D’abord, le fait que la «biodiversité» de l’espèce humaine - des Homo sapiens qui ont côtoyé des Néandertaliens qui ont côtoyé des Dénisoviens et sans doute d’autres encore - est peut-être de l’histoire (très) ancienne : plutôt que d’avoir une seule lignée d’hominidés qui se serait séparée des grands singes il y a six ou sept millions d’années avant de se diversifier «récemment» (en gros, dans les deux derniers millions d’années), peut-être y a-t-il eu plusieurs lignées très tôt. Auquel cas Lucy ne serait que la représentante de la lignée dite «gracile», par opposition à l’autre, parfois appelée «robuste», qui aurait conduit jusqu’à nous.
Ce n’est pas une idée nouvelle. Des ossements découverts en Afrique du Sud en 1995 font l’objet d’un débat depuis cette époque, leur découvreur, Ronald J. Clarke, de l’Université de Witwatersrand, insistant pour les rebaptiser australopithecus prometheus, là aussi une lignée «robuste». D’autres ossements de la même caverne sont censés être dévoilés bientôt. Il y a par ailleurs ce crâne de trois millions et demi d’années, découvert en 2001 au Kenya, que ses gens tiennent à appeler kenyanthropus platyops. Le mois dernier, une équipe de l’Université Stony Brook lui a attribué des outils qu’ils datent de 3,3 millions d’années.
Que ces ossements disparates (et tous incomplets) appartiennent à des lignées différentes ou non, ils n’en suggèrent pas moins des adaptations différentes à des environnements différents - et s’il fallait découvrir, un jour prochain, d’autres outils de pierre vieux de plus de 3 millions d’années, cela poserait en des termes inédits la question de la transition de la famille Australopithecus à la famille Homo - parce que l’australopithèque demeure dans une catégorie à part : pas un singe, mais pas encore un humain.
Source : Agence Science-Presse du 02/06/2015
lundi 1 juin 2015
Origine de l'Homme : découverte d'une nouvelle espèce d'australopithèque
La découverte d’une nouvelle espèce d’hominine, Australopithecus deyiremeda illustre à nouveau un phénomène que l’on a mis en évidence depuis quelques décennies avec l’arbre généalogique de l’humanité. Plusieurs espèces parmi les hominines ont coexisté et il est parfois difficile de préciser laquelle était l’ancêtre d’une autre. Cette dernière pourrait bien détrôner Lucy au titre de représentant de l’espèce ayant conduit directement au genre Homo.
Depuis quelques mois, les passionnés par les origines de l’Homme sont à la fête avec des annonces spectaculaires d’équipes d’archéologues et de paléoanthropologues. En mars 2015, on apprenait qu’il fallait repousser les origines du genre Homo d’au moins 400.000 ans suite à l’annonce d’une découverte remontant à janvier 2013. Le paléoanthropologue Éthiopien Chalachew Seyoum était tombé à l’époque sur un fragment de mâchoire inférieure fossilisée portant des dents alors qu’il participait à la campagne de fouilles de l’Arizona State University (ASU) explorent la région de Ledi-Geraru, proche d’Hadar en Éthiopie. Son étude et sa datation ont montré qu’elle appartenait à un hominine du genre Homo et qui vivait il y a entre 2,75 à 2,80 millions d’années. Il semble qu’il ne s’agissait pas d’un Homo habilis.
Plus récemment, l’archéologue française du CNRS, Sonia Harmand, qui codirige le West Turkana Archaeological Project (WTAP) a annoncé avec ses collègues qu’avaient été découverts en 2011 les plus vieux outils connus à ce jour, au Kenya cette fois-ci, non loin du lac Turkana. Âgés d’environ 3,3 millions d’années, il ne semble pas possible de les attribuer à des membres du genre Homo mais il était tentant d’y voir la trace d’une industrie lithique propre à Australopithecus afarensis, un hominine rendu célèbre par la découverte de Lucy dont l’espèce vivait précisément dans la région, il y a entre 3,8 et 2,9 millions d’années.
Trois ancêtres potentiels directs pour Homo
Mais un autre préhumain potentiel pouvait aussi faire l’affaire, Kenyanthropus platyops. Ses restes fossilisés, plus précisément un crâne, ont en effet été déterrés en 1999 non loin du site de Lomekwi 3 où les membres du WTAP ont fait leur extraordinaire découverte. Il existe cependant des polémiques quant à l’interprétation de ces restes âgés d’environ 3,5 à 3,2 millions d’années. Pour certains chercheurs, il pourrait s’agir simplement d’un spécimen d’Australopithecus afarensis dont le crâne est déformé. Mais pour d’autres ce crâne évoque plutôt celui d’Homo rudolfensis qui avec Homo habilis fait partie des tout premiers représentants du genre Homo, Kenyanthropus platyops est peut-être même un ancêtre direct de celui-ci. Si tel est le cas, il se pourrait bien qu’Australopithecus afarensis ne soit pas vraiment à l’origine de l’espèce humaine.
Or voilà que d’autres paléoanthropologues viennent encore de compliquer l’arbre généalogique en ce qui concerne les ancêtres directes d’Homo dans une publication du journal Nature.
Une équipe internationale dirigée par Yohannes Haile-Selassie du Muséum d’histoire naturelle de Cleveland annonce en effet qu’a été découvert une autre espèce d’australopithèque qui côtoyait celle de Lucy en Éthiopie, il y a entre 3,5 et 3,3 millions d’années. Elle a été baptisée Australopithecus deyiremeda, deyiremeda signifiant « proche parent » en langue afar, une peuplade vivant en Éthiopie et à Djibouti.
Les fragments de mâchoires et quelques dents, appartenant à au moins deux individus de cette nouvelle espèce, ont été découverts en 2011, à 35 km de distance seulement du lieu où vers la fin de l’année 1974, une équipe d’une trentaine de chercheurs éthiopiens, américains et français codirigée par Donald Johanson (paléoanthropologie), Maurice Taieb (géologie) et Yves Coppens (paléontologie) a effectué les fouilles ayant conduit à la découverte de Lucy.
Un arbre généalogique complexe pour les hominines
Haile-Selassie n’hésite pas à affirmer avec ses collègues que : « Cette nouvelle espèce est une autre confirmation que celle de Lucy, Australopithecus afarensis, n’était pas la seule ancêtre potentielle de l’Homme habitant ce qui est maintenant la région de l’Afar en Éthiopie pendant le Pliocène moyen. L’étude des fossiles trouvés sur le site de Woranso-Mille montre clairement qu’il y avait au moins deux, et peut-être trois espèces de préhumains vivant à la même époque et géographiquement proche les unes des autres. Cette nouvelle espèce trouvée en Éthiopie place le débat en cours sur la diversité des préhumains à un autre niveau » et le chercheur ajoute que « certains de nos collègues vont être sceptiques en ce qui concerne cette nouvelle espèce, ce qui n’est pas inhabituel. Toutefois, je pense qu’il est temps que nous regardions les premières phases de notre évolution avec un esprit ouvert et que nous examinions soigneusement les preuves fossiles à notre disposition plutôt qu’en les rejetant immédiatement quand elles ne se conforment pas à nos préjugés ».
Source : Futura Sciences du 31/05/2015
Depuis quelques mois, les passionnés par les origines de l’Homme sont à la fête avec des annonces spectaculaires d’équipes d’archéologues et de paléoanthropologues. En mars 2015, on apprenait qu’il fallait repousser les origines du genre Homo d’au moins 400.000 ans suite à l’annonce d’une découverte remontant à janvier 2013. Le paléoanthropologue Éthiopien Chalachew Seyoum était tombé à l’époque sur un fragment de mâchoire inférieure fossilisée portant des dents alors qu’il participait à la campagne de fouilles de l’Arizona State University (ASU) explorent la région de Ledi-Geraru, proche d’Hadar en Éthiopie. Son étude et sa datation ont montré qu’elle appartenait à un hominine du genre Homo et qui vivait il y a entre 2,75 à 2,80 millions d’années. Il semble qu’il ne s’agissait pas d’un Homo habilis.
Plus récemment, l’archéologue française du CNRS, Sonia Harmand, qui codirige le West Turkana Archaeological Project (WTAP) a annoncé avec ses collègues qu’avaient été découverts en 2011 les plus vieux outils connus à ce jour, au Kenya cette fois-ci, non loin du lac Turkana. Âgés d’environ 3,3 millions d’années, il ne semble pas possible de les attribuer à des membres du genre Homo mais il était tentant d’y voir la trace d’une industrie lithique propre à Australopithecus afarensis, un hominine rendu célèbre par la découverte de Lucy dont l’espèce vivait précisément dans la région, il y a entre 3,8 et 2,9 millions d’années.
Trois ancêtres potentiels directs pour Homo
Mais un autre préhumain potentiel pouvait aussi faire l’affaire, Kenyanthropus platyops. Ses restes fossilisés, plus précisément un crâne, ont en effet été déterrés en 1999 non loin du site de Lomekwi 3 où les membres du WTAP ont fait leur extraordinaire découverte. Il existe cependant des polémiques quant à l’interprétation de ces restes âgés d’environ 3,5 à 3,2 millions d’années. Pour certains chercheurs, il pourrait s’agir simplement d’un spécimen d’Australopithecus afarensis dont le crâne est déformé. Mais pour d’autres ce crâne évoque plutôt celui d’Homo rudolfensis qui avec Homo habilis fait partie des tout premiers représentants du genre Homo, Kenyanthropus platyops est peut-être même un ancêtre direct de celui-ci. Si tel est le cas, il se pourrait bien qu’Australopithecus afarensis ne soit pas vraiment à l’origine de l’espèce humaine.
Or voilà que d’autres paléoanthropologues viennent encore de compliquer l’arbre généalogique en ce qui concerne les ancêtres directes d’Homo dans une publication du journal Nature.
Une équipe internationale dirigée par Yohannes Haile-Selassie du Muséum d’histoire naturelle de Cleveland annonce en effet qu’a été découvert une autre espèce d’australopithèque qui côtoyait celle de Lucy en Éthiopie, il y a entre 3,5 et 3,3 millions d’années. Elle a été baptisée Australopithecus deyiremeda, deyiremeda signifiant « proche parent » en langue afar, une peuplade vivant en Éthiopie et à Djibouti.
Les fragments de mâchoires et quelques dents, appartenant à au moins deux individus de cette nouvelle espèce, ont été découverts en 2011, à 35 km de distance seulement du lieu où vers la fin de l’année 1974, une équipe d’une trentaine de chercheurs éthiopiens, américains et français codirigée par Donald Johanson (paléoanthropologie), Maurice Taieb (géologie) et Yves Coppens (paléontologie) a effectué les fouilles ayant conduit à la découverte de Lucy.
Un arbre généalogique complexe pour les hominines
Haile-Selassie n’hésite pas à affirmer avec ses collègues que : « Cette nouvelle espèce est une autre confirmation que celle de Lucy, Australopithecus afarensis, n’était pas la seule ancêtre potentielle de l’Homme habitant ce qui est maintenant la région de l’Afar en Éthiopie pendant le Pliocène moyen. L’étude des fossiles trouvés sur le site de Woranso-Mille montre clairement qu’il y avait au moins deux, et peut-être trois espèces de préhumains vivant à la même époque et géographiquement proche les unes des autres. Cette nouvelle espèce trouvée en Éthiopie place le débat en cours sur la diversité des préhumains à un autre niveau » et le chercheur ajoute que « certains de nos collègues vont être sceptiques en ce qui concerne cette nouvelle espèce, ce qui n’est pas inhabituel. Toutefois, je pense qu’il est temps que nous regardions les premières phases de notre évolution avec un esprit ouvert et que nous examinions soigneusement les preuves fossiles à notre disposition plutôt qu’en les rejetant immédiatement quand elles ne se conforment pas à nos préjugés ».
Source : Futura Sciences du 31/05/2015
vendredi 29 mai 2015
Découverte d’un nouvel australopithèque en Ethiopie
Le passé des hominidés est décidément foisonnant de diversité : la découverte d’un nouvel australopithèque, Australopithecus deyiremeda, vient d’être annoncée dans la revue Nature du jeudi 28 mai. Vieux de 3,4 millions d’années, il vivait en Ethiopie à la même époque que les australopithèques de l’espèce afarensis, dont la célèbre Lucy, mise au jour à 35 km de distance seulement. Mais il était aussi le quasi contemporain de plusieurs autres hominidés peuplant alors l’Afrique.
Le nouveau venu a été découvert en mars 2011 par l’équipe de Yohannes Haile-Selassie (Muséum d’histoire naturelle de Cleveland, université Case Western Reserve), dans la région de l’Afar, à quelques centaines de kilomètres au nord-est d’Addis Abebba. Il n’est connu que par des fragments de mâchoires et quelques dents, appartenant à au moins deux individus, qui émergeaient à la surface du sol.
Pour Yohannes Haile-Selassie et ses collègues, la morphologie de ces ossements les rattache au genre des australopithèques, mais permet de définir une espèce nouvelle, baptisée deyiremeda, signifiant « proche parent », en langue afar.
Un tableau de famille compliqué
Sa découverte va, de fait, compliquer un peu plus le tableau de famille des hominidés à cette époque, le pliocène moyen. Qu’on en juge : on connaissait déjà Lucy et ses semblables, les Australopithecus afarensis, descendants supposés d’Australopithecus anamensis. Mais il y avait aussi Australopithecus bahrelghazali, découvert par l’équipe du Français Michel Brunet, au Tchad, en 1996. Surnommé Abel et vieux de 3,6 millions d’années, il est connu grâce à une mâchoire inférieure partielle. Et encore Kenyanthropus platyops, un crâne de 3,4 millions d’années découvert en 2001 sur le site de Lomekwi – à 1 kilomètre seulement d’un lieu où ont tout récemment été mis au jour les plus anciens outils de pierre connus, vieux quant à eux d’environ 3,3 millions d’années.
Il faut compter à la même époque avec un pied découvert lui aussi en Ethiopie, en 2012, par l’équipe de Haile-Selassie, daté à 3,4 millions d’années. « Malheureusement, écrit le chercheur, ces ossements et ceux d’Australopithecus deyiremeda, trouvés sur le même site, ne sont pas clairement associés », si bien que le pied solitaire n’a pas encore trouvé son propriétaire légitime !
« Il y a désormais une preuve indiscutable que plusieurs espèces d’hominidés ont vécu au même moment en Afrique de l’Est »
Les branches de notre arbre généalogique se chargent donc régulièrement de nouveaux arrivants, sans que la position des uns par rapport aux autres soit bien claire. Lucy, que le grand public considère souvent comme notre ancêtre directe – ce dont la plupart des paléontologues doutent – se voit plus encore reléguée par ce nouveau cousin sur un rameau mort. Quoi qu’il en soit, insistent Haile-Selassie et ses collègues, « il y a désormais une preuve indiscutable que plusieurs espèces d’hominidés ont vécu au même moment en Afrique de l’Est », et ce avec une grande proximité géographique.
Comment expliquer une telle diversité d’animaux très proches sur le plan morphologique, dans un écosystème commun ? « Une séparation des niches écologiques, impliquant une diversité des préférences alimentaires, des stratégies de recherche de nourriture, de choix d’habitat et de mouvements de population, sera probablement un facteur-clé », répond Fred Spoor (University College de Londres) dans un article de commentaire.
Retourner sur le terrain
Mais faire le lien entre ces caractéristiques et les différences morphologiques ou moléculaires observées sur les fossiles risque d’être délicat, admet-il. A moins que l’on ne parvienne à identifier le fabriquant des premiers outils de pierre kényans – la maîtrise d’une telle technologie ayant sans doute conféré à ses inventeurs un avantage décisif pour le charognage et l’alimentation carnée. Mais là encore, les débats risquent d’être vifs entre paléontologues. Seule solution : « retourner sur le terrain, pour trouver de nouveaux fossiles », concluent Haile-Selassie et ses collègues.
Source : Le Monde du 27/05/2015
Le nouveau venu a été découvert en mars 2011 par l’équipe de Yohannes Haile-Selassie (Muséum d’histoire naturelle de Cleveland, université Case Western Reserve), dans la région de l’Afar, à quelques centaines de kilomètres au nord-est d’Addis Abebba. Il n’est connu que par des fragments de mâchoires et quelques dents, appartenant à au moins deux individus, qui émergeaient à la surface du sol.
Pour Yohannes Haile-Selassie et ses collègues, la morphologie de ces ossements les rattache au genre des australopithèques, mais permet de définir une espèce nouvelle, baptisée deyiremeda, signifiant « proche parent », en langue afar.
Un tableau de famille compliqué
Sa découverte va, de fait, compliquer un peu plus le tableau de famille des hominidés à cette époque, le pliocène moyen. Qu’on en juge : on connaissait déjà Lucy et ses semblables, les Australopithecus afarensis, descendants supposés d’Australopithecus anamensis. Mais il y avait aussi Australopithecus bahrelghazali, découvert par l’équipe du Français Michel Brunet, au Tchad, en 1996. Surnommé Abel et vieux de 3,6 millions d’années, il est connu grâce à une mâchoire inférieure partielle. Et encore Kenyanthropus platyops, un crâne de 3,4 millions d’années découvert en 2001 sur le site de Lomekwi – à 1 kilomètre seulement d’un lieu où ont tout récemment été mis au jour les plus anciens outils de pierre connus, vieux quant à eux d’environ 3,3 millions d’années.
Il faut compter à la même époque avec un pied découvert lui aussi en Ethiopie, en 2012, par l’équipe de Haile-Selassie, daté à 3,4 millions d’années. « Malheureusement, écrit le chercheur, ces ossements et ceux d’Australopithecus deyiremeda, trouvés sur le même site, ne sont pas clairement associés », si bien que le pied solitaire n’a pas encore trouvé son propriétaire légitime !
« Il y a désormais une preuve indiscutable que plusieurs espèces d’hominidés ont vécu au même moment en Afrique de l’Est »
Les branches de notre arbre généalogique se chargent donc régulièrement de nouveaux arrivants, sans que la position des uns par rapport aux autres soit bien claire. Lucy, que le grand public considère souvent comme notre ancêtre directe – ce dont la plupart des paléontologues doutent – se voit plus encore reléguée par ce nouveau cousin sur un rameau mort. Quoi qu’il en soit, insistent Haile-Selassie et ses collègues, « il y a désormais une preuve indiscutable que plusieurs espèces d’hominidés ont vécu au même moment en Afrique de l’Est », et ce avec une grande proximité géographique.
Comment expliquer une telle diversité d’animaux très proches sur le plan morphologique, dans un écosystème commun ? « Une séparation des niches écologiques, impliquant une diversité des préférences alimentaires, des stratégies de recherche de nourriture, de choix d’habitat et de mouvements de population, sera probablement un facteur-clé », répond Fred Spoor (University College de Londres) dans un article de commentaire.
Retourner sur le terrain
Mais faire le lien entre ces caractéristiques et les différences morphologiques ou moléculaires observées sur les fossiles risque d’être délicat, admet-il. A moins que l’on ne parvienne à identifier le fabriquant des premiers outils de pierre kényans – la maîtrise d’une telle technologie ayant sans doute conféré à ses inventeurs un avantage décisif pour le charognage et l’alimentation carnée. Mais là encore, les débats risquent d’être vifs entre paléontologues. Seule solution : « retourner sur le terrain, pour trouver de nouveaux fossiles », concluent Haile-Selassie et ses collègues.
Source : Le Monde du 27/05/2015
mardi 1 mars 2005
BRT-VP-3/1
Australopithecus deyiremeda est un hominidé fossile qui vivait il y a environ 3,4 millions d'années dans le nord de l'Éthiopie actuelle, à peu près à la même époque et au même lieu qu’Australopithecus afarensis, dont l'un des spécimens est connu sous le surnom de Lucy. Cette espèce d'australopithèques a été décrite en 2015 à partir de fragments de mâchoire et de dents, restes fossiles d'au moins deux individus, découverts en 2011.
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3,3 - 3,5 Ma2011
Burtele, Bas-Awash, Afar, Éthiopie
Équipe de Yohannes Haile-Selassie
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