jeudi 1 septembre 2005

Aroeira 3

Aroeira 3 est un crâne néandertalien ancien fragmentaire d'environ 400 000 ans, découvert en 2014 dans la grotte d'Aroeira à Torres Novas au Portugal. Sa morphologie ne correspond à aucune autre forme de référence mais montre cependant quelques traits néandertaliens. Il s'ajoute à d'autres crânes contemporains aux caractéristiques propres comme ceux de Tautavel, de la Sima de los Huesos, de Ceprano, et confirme la diversité des groupes humains en Europe au Pléistocène moyen, au détriment d'un scénario d'évolution linéaire depuis Homo heidelbergensis. Il était accompagné d'outils de pierre de mode 2 et d'os d'animaux calcinés, suggérant une maitrise du feu.

Découverte

Le crâne était inclus dans un bloc calcaire. La taphonomie montre qu'il a été brisé de façon oblique dans le plan sagittal, avec la marge osseuse préservée en diagonale de l'arche supraorbitaire antérieure gauche, en passant à proximité du bregma, et continue en arrière vers l'astérion droit. Une portion circulaire de la région fronto-pariétale était présente à l'origine mais fut détruite dans le processus d'extraction par un marteau de démolition lourd dont l'utilisation était due à l'extrême solidité des sédiments. Les fragments furent collectés, et un bloc entier a été découpé pour poursuivre l'extraction du crâne en laboratoire. Un permis d'export a été reçu de l'autorité pour l'Héritage du Portugal : le bloc a été envoyé au Laboratoire de Conservation et Restauration du Centre de Recherche de l'Université complutense de Madrid et de l'Institut du Salut Carlos III sur l'Évolution et le Comportement Humains à Madrid. Il a fallu deux ans pour achever l'extraction, et l'analyse complète a pu être publiée en mars 2017.

Morphologie

Forme

Une caractéristique propre aux Néandertaliens est la forme générale du crâne. Après capture du spécimen par tomodensitométrie, on a pu copier en miroir la partie droite bien préservée de Aroeira 3 pour simuler le côté gauche et apprécier la forme d'ensemble. De cette façon on constate l'orientation verticale des pariétaux, très différente du type ancestral d'Homo ergaster où ils convergent fortement vers le haut. En vue postérieure, cette orientation verticale donne un aspect plutôt circulaire au crâne, opposé à l'aspect pentagonal marqué chez Homo ergaster.

Source : Wikipedia

Vénus de Renancourt

Les Vénus de Renancourt sont des statuettes du Paléolithique supérieur découvertes entre 2014 et 2019 à Amiens (Somme), lors de fouilles programmées dans le quartier de Renancourt. Il s'agit en fait d'une série de 15 statuettes découvertes depuis le démarrage en 2014 du chantier de fouilles. La dernière Vénus découverte en juillet 2019 est la mieux conservée : c'est également la seule qui a été retrouvée entière.

Fouilles

Les Vénus de Renancourt et autres figurines retrouvées sur le site de Renancourt ont été mises au jour dans le cadre d'un diagnostic archéologique en préalable à la construction d'une ZAC dans le quartier de Renancourt, près d'un site fouillé en 1910 par le préhistorien, Victor Commont, dont la collection récoltée fut égarée après sa mort. Le gisement archéologique sous une couche de quatre mètres de lœss, parfaitement conservé, fait l'objet de campagnes de fouilles depuis 2013. Les statuettes sont en craie et ont été découvertes au milieu d'un amas d'outils en silex usagés et d'ossements chevalins. Des rondelles en craie sculptées ainsi que de petits fossiles hélicoïdaux ont également été retrouvés. C'était probablement des éléments de parures corporelles. 60 m2 ont été explorés sur ce site prometteur. Des campagnes de fouilles sont à venir.

Statuette découverte en 2014

Description

La première statuette découverte en 2014 est en craie et mesure 15 cm de hauteur et a été sculptée dans un seul bloc. Elle a été découverte en 19 morceaux et a peut-être été fragmentée sous l'effet du gela. Seuls le haut du buste et la tête ont été retrouvés isolés. Une grande partie de la statuette a pu être reconstituée mais la partie inférieure droite manque.

Comme c'est souvent le cas pour les Vénus paléolithiques, la tête est très schématique (une simple sphère, sans détail anatomique), et les bras sont à peine esquissés alors que les attributs sexuels féminins sont très accentués (poitrine opulente et des fesses exagérément projetées vers l’arrière, caractère appelé stéatopygie). Elle date du Gravettien (environ 23 000 ans avant le présent).

Une découverte exceptionnelle

La découverte de cette Vénus de Renancourt est exceptionnelle. La dernière statuette gravettienne trouvée en France avait été mise au jour en 1959 à Tursac (Dordogne). Sur l’ensemble du territoire national, on dénombrait une quinzaine de statuettes de ce type, provenant essentiellement du grand quart sud-ouest du pays.

Ce fut la première « Vénus » découverte dans le Nord de la France, attribuée à la phase finale de la culture gravettienne. C'était l'un des rares témoignages de la présence de l’Homme de Cro-Magnon (Homo sapiens) au début du Paléolithique supérieur dans le nord de la France.

Statuette découverte en 2019

Description

La campagne de fouille effectuée en 2019 a permis de mettre au jour une statuette en craie mesurant 4 cm de hauteur. Elle a été sculptée dans un seul bloc mais retrouvée en trois morceaux. Cette découverte vient compléter la mise au jour de quinze statuettes de ce type. Cette « Vénus » est stéatopyge : fessier volumineux, cuisses et seins hypertrophiés. Les bras sont simplement esquissés, le visage représenté sans traits. Elle est également surmontée d'une coiffure (ou coiffe) représentée par de fines incisions en quadrillage qui rappelle celle de la Dame de Brassempouy.

Une statuette parmi d'autres

Entre 2014 et 2019, quinze statuettes de ce type furent retrouvées sur le site d’Amiens-Renancourt 1, mais seule celle mise au jour en 2019 est entière ; elle est également la mieux conservée et celle ayant le plus grand nombre de détails. Ces découvertes ont permis de doubler le nombre des « Vénus » gravettiennes découvertes en France. La présence sur le site de plusieurs milliers de fragments de craie, qui semblent être des déchets de fabrication, accréditent l'hypothèse de la présence d'un atelier de fabrication. Les ateliers de ce type mis au jour sont très peu nombreux, on en rencontre en Europe centrale et en Russie.

La signification et la fonction de ces figurines font l'objet de plusieurs interprétations. L’hypothèse la plus communément partagée voit dans ces statuettes un symbole de fécondité. Il existe à ce jour, 244 Vénus paléolithiques en Europe et en Sibérie.

Source : Wikipedia

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nom :
âge : 23 ka
découverte :
date : 2014-2019

Homme d'Aroeira

Aroeira 3 est un crâne néandertalien ancien fragmentaire d'environ 400 000 ans, découvert en 2014 dans la grotte d'Aroeira à Torres Novas au Portugal. Sa morphologie ne correspond à aucune autre forme de référence mais montre cependant quelques traits néandertaliens. Il s'ajoute à d'autres crânes contemporains aux caractéristiques propres comme ceux de Tautavel, de la Sima de los Huesos, de Ceprano, et confirme la diversité des groupes humains en Europe au Pléistocène moyen, au détriment d'un scénario d'évolution linéaire depuis Homo heidelbergensis. Il était accompagné d'outils de pierre de mode 2 et d'os d'animaux calcinés, suggérant une maitrise du feu.

Source : Wikipedia

Mata Menge

Mata Menge est un site préhistorique du début du Pléistocène moyen sur l'île de Florès, en Indonésie, dans le bassin de So'a. Des fossiles d'hominines datés de 700 000 ans avant le présent y ont été mis au jour en 2014. Le site a livré également des artefacts en pierre et des restes d'animaux.

Sur la même île de Florès, dans la grotte de Liang Bua distante de 50 km de Mata Menge avaient été découverts en 2003 les fossiles d'humains attribués à une nouvelle espèce, Homo floresiensis, datés d'environ 95 000 ans. La question se pose pour les scientifiques de savoir si les hominines de Mata Menge, dont le genre demeure inconnu, sont des ancêtres de Homo floresiensis (ou Homme de Florès). Les fouilles entreprises à Mata Menge avaient pour objectif de « dénouer le mystère de l'origine du Hobbit » - le Hobbit étant le surnom donné familièrement à Homo floresiensis en raison de sa de petite taille. Les hypothèses relatives à l'ancêtre du Hobbit évoquaient possiblement un Homo habilis, un Homo erectus, un Homo sapiens atteint de dégénérescence, ou un Australopithèque.

L'idée selon laquelle l'occupation de l'île par des hominidés est plus ancienne que l'âge de l'Homme de Florès avait commencé à s'imposer à la suite de la découverte dans les années 1960 d'assemblages lithiques datés de 840 000 ans dans le même bassin de Soa' où se trouve Mata Menge, à une distance de 70 km de la grotte de Liang Bua.

Historique

En 1970, Theodor Verhoeven et Johannes Maringer avaient déjà fouillé plusieurs sites de Florès, dont Mata Menge ; ils sont les premiers à associer des restes de Stegodon florensis (une espèce éteinte d'éléphants nains) à des assemblages lithiques, et à voir dans ces objets en pierre la preuve d'une migration précoce d'hominines vers l'île de Florès, qui suppose une traversée maritime (la confirmation de leur statut d'artefacts est intervenue dans les années 1990).

Des fouilles entreprises en 1994 ont permis de récupérer 45 éléments lithiques, principalement constitués de basalte et de chaille, dont plusieurs ont été classés comme artefacts. Les restes fossiles de Stegodon florensis, de Hooijeromys nusatenggara, de crocodiles et de mollusques d'eau douce ont également été découverts, et datés d'environ 730 000 ans avant le présent.

Les fouilles de 2004-2006 ont permis de récupérer 487 artefacts lithiques.

En 2010, Mike Morwood engage des fouilles à Mata Menge, dans la formation Ola Bula ; il en avait conçu le projet quelques semaines après la mise au jour des fossiles de l'Homme de Florès (dont il est un des découvreurs) ; il espérait identifier les premiers hominines migrateurs arrivés dans l'île. Il a fallu près de cinq ans de fouilles pour trouver des fossiles de ces fabricants d'outils dont on supposait l'existence depuis les années 1960 ; une étudiante indonésienne en paléontologie et Mika R. Puspaningrum (un doctorant), membres de l'équipe de Mike Morwood (mort en 2013), ont extrait du grès les restes conservés dans une ancienne coulée de boue volcanique.

Fossiles d'hominines

Description

En octobre 2014, les restes fossiles d'hominines - un fragment de mâchoire inférieure et six dents - ont été découverts. Ils appartiennent à au moins trois individus distincts et sont datés d'environ 700 000 ans avant le présent ; ce sont les fossiles d'hominines les plus anciens jamais découverts sur l'île de Florès. Les trois individus sont un adulte et deux jeunes enfants (il y a deux dents de lait).

Il est impossible de dire comment ces hominines ont traversé la mer pour parvenir jusqu'à l'île de Florès.

La couche contenant les fossiles d'hominines a livré aussi 47 artefacts lithiques, dont le niveau de sophistication est décrit comme étant « simple », ainsi que des restes de Stegodon florensis (Hooijeromys nusatenggara, en néerlandais), de dragon de Komodo et de crocodile.

Comparaison avec des espèces connues

Ressemblances

Les fossiles de Mata Menge sont similaires par leur forme à Homo floresiensis, mais sont plus petits, en particulier la mâchoire inférieure. L'Homme de Florès ne mesurait déjà que 1,06 m. « Le fragment de mâchoire de Mata Menge est celui d’un adulte 21 % plus petit que le plus minuscule Hobbit de Liang Bua ». Ces fossiles sont plus primitifs (moins spécialisés) que ceux du Hobbit.

Une molaire ressemble par sa forme aux molaires de Homo erectus, quoiqu'elle soit de plus petite taille - plus qu'elle ne ressemble à celles de Homo habilis ou d'Australopithecus.

Ces similitudes avec l'une et l'autre espèce fondent l'hypothèse selon laquelle Homo floresiensis serait à l'origine un Homo erectus arrivé à Florès où il aurait connu par la suite une diminution de taille, processus appelé nanisme insulaire, qui affecte de nombreuses espèces dans les îles du fait que les ressources y sont plus limitées que sur le continent.

Les artefacts lithiques à Mata Menge présentent également des affinités culturelles avec ceux associés à Homo floresiensis dans la grotte de Liang Bua, fait qui corrobore l'idée que les hominines de Mata Menge sont probablement des ancêtres d' H. floresiensis.

Lors de la découverte de l'Homme de Florès, certains avaient supposé qu'il pouvait descendre d'un Homo sapiens ; la seule datation des fossiles de Mata Menge (700 000 ans) infirme cette hypothèse si l'on admet le lien entre l'Homme de Florès et les fossiles de Mata Menge, lien qui n'est pas établi avec certitude.

Doutes

Selon Shara Bailey (Université de New York), spécialiste en dents fossiles, «la forme des dents trouvées à Mata Menge ne démontre pas de lien avec Homo floresiensis mais n’en exclut pas non plus». De même Adam van Arsdale (Wellesley College, Massachussetts), spécialiste en mâchoires fossiles, déclare : « Je ne suis pas convaincu que la morphologie des spécimens découverts soit suffisante pour exclure un lien entre les restes de Mata Menge et d’autres lignées humaines » que Homo floresiensis.

Paléoenvironnement

Il y a 700 000 ans, le bassin de So’a était couvert de prairies avec des points d'eau. Des Stegodon florensis insularis, des dragons de Komodo, des rongeurs et des oiseaux peuplaient cette savane tropicale.

Source : Wikipedia

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nom :
âge : 700 ka
découverte :
date : 2014
espèce :

DH 1

Source : Wikipedia

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236 - 335 ka
Homo naledi
2014
Grottes de Rising Star, Gauteng, Afrique du Sud
Équipe de Lee Rogers Berger

mercredi 27 juillet 2005

Un ancien phallus déterré dans une grotte

Un phallus sculpté et poli trouvé dans une grotte allemande est parmi les premières représentations de la sexualité masculine jamais découvertes, affirment les chercheurs.

L'objet en pierre de 20 cm de long et 3 cm de large, qui date d'environ 28 000 ans, a été enterré dans la célèbre grotte de Hohle Fels près d'Ulm dans le Jura souabe.

L'«outil» préhistorique a été réassemblé à partir de 14 fragments de siltite.

Sa taille naturelle suggère qu'il pourrait bien avoir été utilisé comme une aide sexuelle par ses fabricants de l'âge de glace, rapportent des scientifiques.

«En plus d'être une représentation symbolique des organes génitaux masculins, il était également parfois utilisé pour tailler des silex», a expliqué le professeur Nicholas Conard, du département de préhistoire précoce et d'écologie quaternaire de l'Université de Tbingen.

"Il y a des domaines où cela a des cicatrices très typiques", a-t-il déclaré au site Web de BBC News.

Les chercheurs pensent que la forme distinctive de l'objet et les anneaux gravés autour d'une extrémité signifient qu'il ne peut y avoir aucun doute quant à sa nature symbolique.

"Il est très poli; il est clairement reconnaissable", a déclaré le professeur Conard.

L'équipe de Töbingen travaillant sur Hohle Fels avait déjà 13 parties fracturées du phallus en stock, mais ce n'est qu'avec la découverte d'un 14e fragment l'année dernière que l'équipe a finalement pu assembler le «puzzle».

Les différentes sections de pierre ont toutes été récupérées à partir d'une couche de cendres bien datée dans le complexe de la grotte associée aux activités des humains modernes (pas leurs «cousins» préhistoriques, les Néandertaliens).

Le site de fouilles est l'un des plus remarquables d'Europe centrale. Hohle Fels se dresse à plus de 500 m au-dessus du niveau de la mer dans la vallée de la rivière Ach et a produit des milliers d'articles du Paléolithique supérieur.

Certains ont été vraiment exquis dans leur sophistication et leurs détails, comme une figurine aviaire de 30000 ans fabriquée à partir d'ivoire de mammouth. On pense que c'est l'une des premières représentations d'oiseaux dans les archives archéologiques.

Il existe d'autres objets en pierre connus de la science qui sont évidemment des symboles phalliques et sont légèrement plus anciens - de France et du Maroc, à noter. Mais avoir une représentation quelconque des organes génitaux masculins de cette période est très inhabituel.

«Les représentations féminines aux attributs sexuels très accentués sont très bien documentées sur de nombreux sites, mais les représentations masculines sont très, très rares», explique le professeur Conard.

Les preuves actuelles indiquent que le Jura souabe du sud-ouest de l'Allemagne était l'une des régions centrales de l'innovation culturelle après l'arrivée des humains modernes en Europe il y a environ 40 000 ans.

Source : BBC News du 25/07/2005

vendredi 1 juillet 2005

Dmanissi 5

Le crâne de Dmanissi 5, aussi appelé crâne 5 ou encore D4500, est un crâne d'Homo erectus ou d'Homo georgicus. Il est l'un des 5 crânes découverts à Dmanissi, Géorgie. Décrit dans une publication de 2013, il date de 1,8 million d'années. Il est donc le crâne le plus complet du genre Homo pour le Pléistocène et le plus vieux représentant du genre homo à avoir été découvert hors d'Afrique. À sa découverte, il s'est trouvé au cœur de plusieurs grands débats et controverses paléontologiques.

Source : sa fiche Wikipedia

LES1

En mai 2017, un article publié sur eLife5 a présenté des découvertes effectuées dans un autre site des grottes de Rising Star, appelé chambre de Lesedi et répertorié sous le numéro UW-102. La chambre, difficilement accessible comme la première, est située à une centaine de mètres de celle-ci. 130 restes fossiles d'au moins trois individus (deux adultes et un enfant) ont été dégagés, dont un crâne presque complet désigné par la cote LES1.

Source : Wikipedia

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Le spécimen le plus significatif est le crâne presque complet d'un grand individu, désigné LES1, avec un volume endocrânien d'environ 610 ml et des restes post-crâniens associés.

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Empreintes de pas de Happisburgh

Les empreintes de Happisburgh étaient un ensemble d'empreintes d'hominidés fossilisés datant du début du Pléistocène, il y a plus de 800 000 ans. Ils ont été découverts en mai 2013 dans une couche de sédiments nouvellement découverte du lit de la forêt de Cromer sur une plage de Happisburgh à Norfolk, en Angleterre, et soigneusement photographiés en 3D avant d'être détruits par la marée peu de temps après.

Les résultats de la recherche sur les empreintes ont été annoncés le 7 février 2014 et les ont identifiées comme les plus anciennes empreintes d'hominidés connues en dehors de l'Afrique.

Avant la découverte de Happisburgh, les plus anciennes empreintes de pas connues en Grande-Bretagne se trouvaient à Uskmouth dans le sud du Pays de Galles, du mésolithique et datées au carbone à 4 600 avant notre ère. Les plus anciennes empreintes connues d'hominidés en Europe étaient les traces de Ciampate del Diavolo trouvées au volcan Roccamonfina en Italie, datées d'il y a environ 350 000 ans.

Récompensée en 2015 par le prix « Rescue Dig of the Year », la découverte de l'empreinte de Happisburgh a attiré l'attention du public et a été présentée dans une exposition au Natural History Museum de Londres .

Découverte

Les empreintes ont été découvertes en mai 2013 par Nicholas Ashton, conservateur au British Museum , et Martin Bates, de l'Université Trinity St David , qui menaient des recherches dans le cadre du projet Pathways to Ancient Britain (PAB).

Les empreintes de pas ont été retrouvées dans des sédiments, partiellement recouverts de sable de plage, à marée basse sur l'estran de Happisburgh. Le sédiment avait été déposé dans l'estuaire d'une rivière disparue depuis longtemps et avait ensuite été recouvert de sable, préservant sa surface. La couche de sédiments sous-tend une falaise sur la plage, mais après un temps orageux, la couche protectrice de sable a été emportée et les sédiments exposés. Les sédiments sont stratigraphiquement considérés comme appartenant à l'unité Cromer Forest Bed.

En raison de la douceur des sédiments, qui se trouvaient sous la marque de la marée haute, l'action des marées l'éroda et, en deux semaines, les empreintes de pas avaient été détruites.

Bien que les chercheurs n'aient pas pu conserver les empreintes de pas, ils ont travaillé pendant les périodes de marée basse, souvent sous une pluie battante, pour enregistrer des images 3D de toutes les empreintes de pas en utilisant la photogrammétrie. Les images ont été analysées par Isabelle De Groote, de l'Université John Moores de Liverpool, qui a pu confirmer que les creux dans les sédiments étaient des empreintes d'hominidés.

Les faits concernant la découverte ont été publiés par Ashton et d'autres membres de l'équipe de recherche en février 2014 dans la revue scientifique PLOS ONE.

Description

Environ cinquante empreintes de pas ont été trouvées dans une zone de près de 40 mètres carrés. Douze étaient en grande partie complets et deux présentaient des détails sur les orteils. Les empreintes d'environ cinq personnes ont été identifiées, y compris des adultes et des enfants. Les empreintes mesuraient entre 140 et 260 millimètres, ce qui équivaut à des hauteurs comprises entre 0,9 et 1,7 mètres. On pense que les individus qui les ont fabriqués appartenaient à l'espèce Homo antecessor, connue pour avoir vécu dans les montagnes d'Atapuerca en Espagne il y a environ 800 000 ans. Aucun fossile d'hominidés n'a été trouvé à Happisburgh.

L'analyse montre que le groupe de peut-être cinq individus marchaient dans une direction sud (en amont) le long des vasières dans l'estuaire d'un premier chemin de la Tamise qui se jetait dans la mer plus au nord qu'aujourd'hui, lorsque le sud-est de la Grande-Bretagne a été rejoint au continent européen. Les archéologues ont spéculé que le groupe recherchait les vasières pour les fruits de mer tels que les lugworms, les crustacés, les crabes et les algues. Il est possible que le groupe ait vécu sur une île de l'estuaire qui offrait une protection contre les prédateurs et voyageait de leur base insulaire au rivage à marée basse.

Rencontre

Le site de Happisburgh est trop ancien à ce jour en utilisant la datation au radiocarbone, qui ne convient pas aux sites de plus de 50 000 ans environ. La datation du site a plutôt été basée sur la stratigraphie, le paléomagnétisme et les preuves de la flore et de la faune fossiles dans les sédiments.

Les signatures magnétiques dans les dépôts sédimentaires indiquent qu'ils se sont établis entre les deux inversions géomagnétiques les plus récentes - l'inversion Brunhes–Matuyama il y a environ 780 000 ans et l'inversion Jaramillo il y a environ 950 000 à 1 million d'années.

Les preuves de la flore et de la faune fossiles à l'aide d'indicateurs tels que les dents fossilisées de campagnols, qui fournissent des preuves de datation très précises, repoussent la limite inférieure à il y a au moins 840 000 ans.

Sur cette base, la plage de dates possibles pour le dépôt des sédiments que les empreintes ont été trouvées dans des étendues de 850 000 à 950 000 ans, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour rétrécir la fenêtre.

Géographie du Pléistocène

À l'époque où vivaient les hominidés de Happisburgh, un pont terrestre existait entre la Grande-Bretagne et la France avant la formation de la Manche il y a environ 450 000 ans. La Tamise ancestrale coulait plus au nord qu'elle ne le fait aujourd'hui avant de converger avec l'ancienne rivière Bytham, tandis que le paysage d'une grande partie de l'East Anglia moderne se composait d'une série de crêtes d'argile et de creux connus sous le nom de East Anglian Crag Bassin. Happisburgh était à environ 24 km plus à l'intérieur des terres qu'aujourd'hui et était le site d'un ancien estuaire où les rivières Bytham et Thames convergeaient pour s'écouler dans ce qui aurait alors été une baie maritime.

Lorsque les empreintes ont été faites, l'estuaire occupait une vallée herbeuse et ouverte entourée de forêts de pins, avec un climat similaire à celui du sud de la Scandinavie moderne. Il aurait été habité par des mammouths, des rhinocéros, des hippopotames, des cerfs géants et des bisons, qui étaient la proie des chats à dents de sabre, des lions, des loups et des hyènes. Outre une abondance de gibier et de plantes comestibles, les graviers de la rivière étaient riches en gisements de silex, que les premiers humains auraient trouvé une ressource inestimable.

Les découvertes de Happisburgh marquent la première fois que des preuves des premiers humains d'il y a 1 000 000 ans ont été découvertes aussi loin au nord. Les paléontologues avaient cru que les hominines de l'époque avaient besoin d'un climat beaucoup plus chaud, mais les habitants de la préhistoire Happisburgh s'étaient adaptés au froid, suggérant qu'ils avaient développé des méthodes avancées de chasse, de vêtements, d'abri et de réchauffement beaucoup plus tôt qu'on ne le pensait auparavant.

Source : Wikipedia (en)

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nom :
âge : 950-850 ka
découverte : Nicholas Ashton & Martin Bates
date : 2013
espèce : Homo antecessor

LD 350-1

LD 350-1 est un fragment de mâchoire fossile attribué au genre Homo et daté de 2,75 à 2,8 millions d'années. Ce reste fossile, considéré au moment de sa description en 2015 comme le plus ancien du genre humain, a été découvert en 2013 sur le site de Ledi-Geraru, dans la région de l'Afar dans le nord-est de l’Éthiopie, par Chalachew Seyoum, étudiant éthiopien à l'Université d'État de l'Arizona (États-Unis).

Description

LD 350-1 est une mandibule partielle, constituée de la partie gauche du corps de celle-ci, comportant cinq dents : une canine, une prémolaire et trois molaires. Ce fragment fossilisé provient d’un individu adulte.

Analyse

Cette mandibule et les dents ont été comparées à différentes espèces d’hominines. Selon les auteurs de sa description, LD 350-1 « combine une morphologie dérivée observée chez les Homo plus tardifs et des traits primitifs vus chez les premiers australopithèques ». En effet, la morphologie de l'os se distingue par une symphyse mandibulaire typique du genre Australopithecus, c'est-à-dire plus prognathe qu'une mandibule du genre Homo, alors que d'autres caractéristiques de LD 350-1 sont visibles sur des mandibules du genre Homo. Le fossile présente des similitudes avec l'espèce Australopithecus africanus vivant à la même période, entre environ 2,8 et 2,3 millions d’années (Ma) ou avec Australopithecus afarensis, dont des restes âgés d’environ 3,2−3,3 Ma ont été retrouvés sur des sites très proches, à Hadar et Dikika. Villmoare et ses collègues interprètent donc la morphologie de LD 350-1 comme une forme transitionnelle entre les deux genres Australopithèque et Homo.

La découverte de ce fragment fossile sur le site de Ledi-Geraru dans des sédiments du Pliocène vieux de 2,8–2,75 Ma, a repoussé de 400 000 ans l'origine jusqu'alors connue du genre Homo. En effet, les plus anciens restes fossiles attribués jusque-là au genre Homo étaient un maxillaire (AL 666-1) retrouvé à Hadar, localité distante d’une trentaine de kilomètres de Ledi-Geraru, et daté à −2,33 Ma4,2, KNM-BC 1, un os temporal mis au jour à Chemeron au Kenya (−2,4 Ma) ou la mandibule UR 501 (environ -2,3 à −2,5 Ma) provenant du Malawi. La mandibule de Ledi-Geraru a également remis en cause les différentes hypothèses concernant la lignée du genre Homo. Selon Villmoare et ses collègues, l’hypothèse qu'Australopithecus garhi, dont le spécimen-type est BOU-VP 12/130 (−2,5 Ma), soit l'ancêtre des humains demande une augmentation significative de la taille des dents entre -2,8 et −2,5 millions d’années, puis une diminution aussi importante entre -2,5 et −2,3 millions d’années. Par ailleurs, en raison de l’âge de LD 350-1, ces auteurs réfutent l’hypothèse émise par le paléoanthropologue Lee Berger que le genre Homo dérive d'Australopithecus sediba, daté à −1,98 Ma.

L'attribution de LD 350-1 au genre Homo est mise en cause par certains paléoanthropologues, tels John Hawks, Darry de Ruiter et Lee Berger, qui contestent notamment la comparaison des dents avec celles de MH2, un spécimen d'Australopithecus sediba.

Source : Wikipedia