jeudi 14 juin 2007

Ötzi, l'homme des glaces, est mort assassiné

Le mystère qui entourait la mort d'Ötzi, un homme ayant vécu voici 5100 à 5350 ans et dont la dépouille avait été découverte à 3200 mètres d'altitude dans le massif des Dolomites italiennes, vient d'être élucidé. Il serait décédé suite à une hémorragie provoquée par une blessure par flèche à l'épaule gauche, qui aurait sectionné une artère.

Ce sont des progrès réalisés en tomographie informatisée qui ont permis à une équipe de scientifiques de Suisse et d'Italie de percer le mystère. Une pointe de flèche en silex taillé avait déjà été retrouvée dans son dos, démontrant qu'il avait été attaqué par derrière, peut-être alors qu'il tentait de s'enfuir. Mais l'examen ultérieur a permis de découvrir que l'artère sous-clavière avait été sectionnée sur 13 cm et que le sang s'était répandu dans les tissus environnants, formant un important hématome. Ses mains comportaient aussi de multiples coupures et étaient recouvertes de sang, et il n'est pas exclu qu'il ait tenté de retirer lui-même le projectile.

Radiographie montrant la pointe de silex dans le flanc d'Ötzi.

"Nous pouvons conclure que la flèche a porté un coup mortel à Ötzi et que celui-ci n’a pas pu marcher longtemps après cette blessure", précise le Dr Frank Ruhli de l’Université de Zurich.

Projectile retiré du corps d'Ötzi.

Ötzi avait été découvert en 1991 par des alpinistes allemands, dans un excellent état de conservation favorisé par le climat. Il portait divers vêtements répartis en trois couches : un pagne, une veste en peau de cerf, et une cape en fibres végétales. Il transportait aussi un petit sac comprenant un nécessaire à feu formé de quelques pierres de silex et d'un peu d'amadou. A ses côtés figuraient un arc, des flèches, une hache, et un couteau placé dans un fourreau fait de tissu de fibres d'orties, ainsi que des morceaux de champignons séchés enfilés sur une lanière en cuir, peut-être une médication.

Son corps avait fait l'objet de nombreux examens pour tenter de mieux appréhender le mode de vie et d'alimentation de cette époque, et l'étude de l'ADN de l'intérieur de son estomac a permis de déterminer que son dernier repas avait été constitué de céréales, de viande de cerf et de bouquetin. Sa peau était marquée de 15 groupes de tatouages composés de traits obtenus au moyen de noir de fumée, dont étrangement 9 se situent le long de points d'acupuncture chinoise. Cependant ce fait est souvent considéré comme une simple coïncidence.

Enfin, Ötzi était âgé de 49 ans, et mesurait 1,59 mètre pour un poids de 40 kg.

Source : Futura-Sciences du 14/06/2007

Otzi, l'homme des glaces.

vendredi 20 avril 2007

Homme de Flores, nain pour survivre

Indonésie : Les Homo floresiensis, présents sur l’île de Flores en Indonésie il y a encore 18.000 ans, auraient été victimes de « nanisme insulaire » : leur petite taille aurait été sélectionnée par un accès à des réserves de nourriture restreintes, phénomène déjà observé chez un certain nombre de mammifères. Ils ne souffraient donc pas d’un problème de croissance, et en particulier de microcéphalie, comme cela avait été suggéré par certains chercheurs.

Source : Biology Letters, Royal Society britannique, 18 avril 2007

Source : Science Actualités du 20/04/07

jeudi 5 avril 2007

Des fossiles d'Homo sapiens découverts en Chine

Chine : Des fossiles vieux de 35 000 ans provenant d'un « Homo sapiens » ont été retrouvés dans une grotte près de Pékin par des paléoanthropologues chinois et américains. Il s'agit de 34 os – parmi lesquels une mandibule, des dents, un fémur et un tibia – qui ont permis de mettre en évidence des traits de caractères propres aux « Homo sapiens » archaïques ainsi que des caractères plus modernes. Cette étude confirme que la sortie d'Afrique d'« Homo sapiens » s'est bien opérée en plusieurs vagues.

Source : Proceedings of the National Academy of Sciences, 2 April 2007

Source : Science Actualités du 05/04/07

mercredi 17 janvier 2007

Homo sapiens en Europe depuis 45000 ans

Russie : Des outils en ivoire retrouvés sous une couche de cendre volcanique sur les bords du Don, à environ 400 km au sud de Moscou laissent supposer que l’homme moderne (Homo sapiens) est arrivé en Europe un peu plus tôt que prévu : il y a 45 000 ans plutôt que 40 000 ans. Parmi les objets trouvés figurent également un morceau d’ivoire sculpté, vraisemblablement une figurine humaine, sans doute la plus ancienne pièce d'art figuratif dans le monde.

Source : Science, 12 janvier 2007

Source : Science Actualités du 17/01/07

jeudi 2 novembre 2006

Selam : la re-naissance d’un petit d’Australopithèque

En Éthiopie, une équipe internationale révèle le squelette quasi complet d'une jeune Australopithèque de trois ans baptisée Selam. Elle évoluait il y a 3,3 millions d'années, soit 100 000 ans avant le plus célèbre fossile hominidé, Lucy.

De la savane arborée... au cerceuil de grès


Zeresenay Alemseged tenant le crâne de Selam au musée national d'Addis-Ababa.

Selam n'est pas une « enfant » comme les autres. Découverte dans la célèbre vallée du Rift, sur le site de Dikika en Éthiopie, à 10 km du site de Lucy, elle est à ce jour la petite femelle la plus ancienne de l'humanité (résultats publiés dans la revue Nature du 21 septembre 2006).

Du haut de ses trois ans, Selam, qui veut dire « paix » en éthiopien, nous fait faire un bond de plus de trois millions d'années en arrière. L'analyse de la gangue de grès dans laquelle ces nouveaux ossements ont été retrouvés révèle également de nombreux autres fossiles qui permettent de planter le décor : un paysage de savane arborée dans lequel évoluent des rhinocéros blancs, des girafes, des crocodiles...
L'absence de traces de morsures d'animaux et l'inexistence d'abrasions sur les os retrouvés suggère que la crue d'une rivière est à l'origine de la mort de Selam, à la façon de Lucy. Il y a 3,3 millions d'années, l'Australopithèque aurait ainsi été conservée, ensevelie sous les sédiments.

3,3 millions d'années plus tard

Aujourd'hui, le paysage a bien changé. Une terre aride écrasée de soleil, quelques touffes d'herbe sèche, des centaines de dunes de sable sur lesquelles ne poussent que des cailloux, voilà à quoi ressemble le site de Dikika, dans l'Afar, à proximité du lieu de découverte de la célèbre Lucy, dépoussiérée il y a maintenant trente-deux ans…

Pour Zeresenay Alemseged, l'aventure commence en 2000 alors qu'il vient de passer sa thèse. Il travaille à la mise en place d'un programme, le Dikika Research Projet (DRP) dont le but est d'analyser une couche de sédiments datant de 3,31 à 3,35 millions d'années. Le 10 décembre, au milieu d'autres fossiles, il découvre une partie des ossements de Selam.

La plupart du temps, les paléontologues doivent rassembler les fragments osseux à la façon d'un puzzle, pour reconstituer le squelette. Mais dans le cas de Selam, c'est l'inverse qui se produit. Le squelette est quasi complet.

Les pièces sont déjà toutes assemblées mais le grès tout autour les emprisonne et la coque rigide doit être retirée minutieusement. C'est donc avec des instruments miniatures, des fraises dentaires, que les chercheurs vont patiemment, grain par grain, dégager une partie des os.

Six ans ont passé et ce travail de grattage est loin d'être terminé ! Mais si la plupart des os restent toujours prisonniers de leur enveloppe de grès, la découverte de Selam demeure exceptionnelle à plus d'un titre.

Le visage complet d’un enfant australopithèque


Le crâne de Selam

Le crâne et la mâchoire sont intacts excepté le front et quelques zones latérales. Cette disposition permet d'apercevoir une partie de l'empreinte laissée par le cerveau de cet afarensis. Ces deux parties sont toujours articulées entre elles, ce qui permet de voir le visage osseux de Selam. Toutes les dents de lait sont présentes et l'utilisation de l'imagerie médicale a permis de visualiser les dents définitives encore insérées dans la machoîre. C'est en vérifiant les critères de formation des dents que les chercheurs ont pu déterminer ce que l'on appelle « l'âge dentaire » de l'Australopithèque (3 ans).

De même, c'est en comparant le diamètre de la canine définitive (plus grosse chez les mâles que chez les femelles) avec d'autres spécimens adultes que les scientifiques ont pu préciser le sexe de Selam. Cette comparaison est rendue possible car l'Australopithèque est la troisième espèce la plus renseignée après Sapiens et Neandertal.

Une omoplate bavarde

Il est rare de retrouver l'omoplate chez les fossiles d'hominidés compte tenue de la fragilité de cet os. Chez Lucy par exemple, il ne restait que la partie supérieure, la plus résistante de cet os plat. Or, chez Selam, les deux omoplates ont été retrouvées.

Toutefois, elles n'ont pas pu être comparées à celles d'autres Australopithèques car aucun autre specimen n'existe. Du coup, ce sont les espèces proches (gorille, chimpanzé…) qui ont servi de modèle. Résultat : elles ressemblent étrangement à celles des jeunes gorilles, un argument en faveur de la thèse déjà soutenue par un certain nombre de scientifiques affirmant que les afarensis, espèce à laquelle Selam et Lucy appartiennent, grimpaient dans les arbres « au moins occasionnellement pour dormir et échapper aux prédateurs », selon Zeresney Alemseged.

Cependant, cette théorie ne fait pas l'unanimité chez les experts. En effet, même si l'étude du squelette confirme les caractères à la fois pré-humains (partie inférieure pour la bipédie) et simiens (partie supérieure du corps pour grimper), certains pensent que la morphologie des membres supérieurs est un reliquat d'ancêtres (un peu comme le coccyx ou les dents de sagesse chez l'homme).

La voix de Selam

Autre élément intéressant retrouvé pour la première fois sur un fossile d'Australopithèque : l'os hyoïde, ou os lingual. C'est un petit os situé dans le larynx qui joue un rôle indispensable dans le maintien des muscles de la langue et donc dans la capacité à moduler un son. Jusqu'à maintenant, cet os n'a été retrouvé que chez un homme de Neandertal. Sa découverte chez un Australopithèque est donc exceptionnelle.

Il reste encore à l'extraire de sa gangue rocheuse, mais son étude dans les prochains mois permettra d'apporter des précisions sur le type de voix qu'avait Selam. Ce qui est sûr aujourd'hui, c'est que la morphologie de l'os hyoïde est plus proche des grands singes que de l'homme.

Du cerveau de l’enfant à celui de l’adulte…

Chez l'homme, le développement cérébral prend du temps : à trois ans, seulement 70% à 80% du cerveau est formé. Chez les chimpanzés au contraire, lorsqu'un bébé naît, 50% de son cerveau est déjà formé et lorsqu'il a trois ans, 90% de son cerveau adulte est mature. Le développement cérébral est donc beaucoup plus rapide. La découverte de Selam permet pour la première fois d'évaluer la vitesse de la croissance cérébrale chez les Australopithèques.

Conclusion : si la taille absolue du cerveau de Selam est identique à celle des chimpanzés au même âge (environ 330 cm3), lorsqu'on le compare à la taille du cerveau des Australopithèques adultes, le cerveau de Selam est formé entre 63% à 88% (c'est-à-dire que la croissance est relativement lente). Pour Zeresney Alemseged, cela signifie que « le changement de vitesse de croissance du cerveau, période clef de l'évolution, est peut-être apparu il y a plus de 3 millions d'années chez les Australopithèques… »

Au-delà de Selam

Prochaines étapes : l'extraction des ossements de la gangue de grès afin d'étudier l'intégralité du squelette. Sa comparaison avec d'autres afarensis pourra apporter de précieuses informations sur la croissance générale des Australopithecus afarensis.

Les études sont donc encore loin d'être terminées. L'enfant de la lignée humaine qui vient de re-naître en Adar est loin d'avoir dévoilé tous ses secrets…

Source : Science Actualités du 02/11/06

vendredi 22 septembre 2006

Un coup de jeune pour l'homme de Neandertal

Gibraltar : Jusqu’à présent, pour la plupart des spécialistes, l’homme de Neandertal avait disparu il y a environ 35 000 ans. Or, une équipe internationale vient de montrer que des Néandertaliens vivaient encore il y a 24 000 ans dans la grotte de Gorham, sur le rocher de Gibraltar. Selon les scientifiques, il semblerait que ce lieu offrait un environnement propice à leur survie provisoire.

Source : Nature, 13 septembre 2006

Source : Science Actualités du 22/09/06

lundi 1 mai 2006

DNH 152

DNH 152 est le nom de catalogue, également connu sous le nom de Khethi, d'un crâne partiel fossile de Paranthropus robustus entre 1,95 et 2,04 millions d'années (dans le Gelasian, Pléistocène), trouvé en 2018 dans la carrière principale de Drimolen, Afrique du Sud, par l'équipe d'Andy Herries et décrit par lui-même et d'autres contributeurs en 2020.

Parallèlement à ce fossile, un autre crâne a été trouvé, DNH 134, de datation identique, mais dans ce cas un Homo erectus, qui a retardé l'existence de cette espèce d'environ 200 000 ans et démontré la coexistence spatiale et temporelle des deux espèces, en plus de l'australopithèque. Les Drimolen Paranthropus sont les robustus les plus modernes, et donc le dernier de leur lignée, trouvés à ce jour.

Source : Wikipedia (es)

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Khethi
2.04-1.95
Paranthropus robustus
2018
Drimolen Main Quarry, South Africa
Andy Herries' and Stephanie Baker's team (first part found by Khethi Nkosi. later parts by Amber Jaeger, Eunice Lalunio; reconstructed by Jesse Martin & Angeline Leece)

DNH 155

Lors de la fête des pères en Afrique du Sud (17 juin) 2018, un crâne partiel (DNH 155) de Paranthropus robustus a été découvert par Samantha Good, étudiante en école de terrain. Le crâne est un mâle adulte et est le crâne mâle le plus complet de l'espèce découverte. Le crâne a été publié en 2020 et a été soutenu pour représenter une partie antérieure de la lignée P. robustus par rapport aux fossiles plus jeunes du vestige suspendu Swartkrans Member 1 à proximité, documentant ainsi la microévolution au sein de P. robustus.

Source : Wikipedia (en)

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nom : DNH 155
âge : 2,04 - 1,95 Ma
découverte :
date : 2018
lieu : Drimolen - Afrique du Sud
espèce : Paranthropus robustus

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Aïn Boucherit

Aïn Boucherit est un site préhistorique situé dans la commune de Guelta Zerka, dans la wilaya de Sétif, en Algérie. On y a découvert en 2018 des outils lithiques oldowayens datés jusqu'à 2,4 millions d'années (Ma), ce qui en fait le plus ancien site paléolithique connu d'Afrique du Nord. Aïn Boucherit fait partie du complexe paléolithique d'Aïn Hanech, qui comporte plusieurs locus dont certains avaient déjà livré des outils lithiques datés d'environ 1,7 Ma.

Historique

En 2018, une équipe dirigée par les chercheurs algérien Mohamed Sahnouni et éthiopien Sileshi Semaw, du Centre national d'investigation sur l'évolution humaine (CENIEH) de Burgos, en Espagne, découvre sur le site d'Aïn Boucherit des outils en pierre taillée dans des couches stratigraphiques très anciennes.

Le 18 décembre 2018, Azzedine Mihoubi, ministre algérien de la culture, déclare reconnaitre l'importance de la découverte et annonce qu'il va procéder à la sécurisation du site.

Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles fouilles sur le site.

Description

Les vestiges comprennent des outils lithiques, fabriqués à partir de silex et de roches calcaires locales, et des ossements fossiles d'animaux portant des marques de percussion et de découpe. Aucun fossile humain n'a en revanche encore été trouvé sur le site.

Les outils lithiques appartiennent à la culture oldowayenne, attestée dès 2,6 Ma à Ledi Geraru et à Kada Gona, dans la vallée de l'Awash, en Éthiopie, mais dont le plus ancien témoignage en Afrique du Nord était jusque là le locus d'Aïn Hanech, daté d'environ 1,7 Ma.

Ils incluent des galets aménagés, de types polyèdres et subsphéroïdes, et des outils à bord tranchant destinés à dépecer des carcasses animales.

Analyse

Les vestiges fossiles et lithiques trouvés sur le site ne permettent pas de savoir si les hommes d'Aïn Boucherit avaient eux-mêmes abattu les animaux dépecés ou s'ils étaient seulement des charognards opportunistes. Cependant, les traces laissées sur les ossements semblent indiquer qu'ils bénéficiaient d'un accès primaire aux carcasses animales pour en extraire la viande, ce qui pouvait s'obtenir en évinçant les carnivores juste après qu'ils aient tué leurs proies. Cela montre en toute hypothèse une certaine capacité à mettre en œuvre des stratégies collectives d'appropriation.

Datation

La datation de ces pierres taillées, difficile en l'absence de couches volcaniques dans la stratigraphie du site, a fait appel à quatre méthodes indépendantes :

  • la géologie des couches stratigraphiques et leur vitesse estimée de sédimentation ;
  • le paléomagnétisme, par le géochronologiste Josep Parés, du CENIEH ;
  • la biochronologie, c'est-à-dire l'étude de la paléofaune de mammifères associée aux outils lithiques, par le paléontologue Jan van der Made, du Musée national des sciences naturelles de Madrid ;
  • la résonance de spin électronique appliquée aux outils lithiques, par Mathieu Duval, de l'université Griffith.

Le résultat de ces analyses est une fourchette allant de 1,9 à 2,4 millions d'années, ce qui signifie que le genre Homo serait presque aussi anciennement attesté en Afrique du Nord qu'en Afrique de l'Est, seule région d'Afrique où des vestiges d'industrie lithique plus anciens ont été découverts à ce jour.

Source : Wikipedia