vendredi 20 juillet 2007

On a retrouvé le berceau de l'Humanité

Mais de quel endroit sur notre planète a surgi l'Homo sapiens ? Le premier roseau pensant a-t-il poussé en un endroit bien précis d'où il a essaimé, ou l'évolution a-t-elle voulu que l'intelligence humaine émerge, simultanément, en divers points des terres alors habitées ?

Jusqu'à présent, les chercheurs et autres paléontologues se disputaient les faveurs de deux théories opposées. Les uns pensaient que la civilisation humaine avait pris le départ dans un berceau africain, et de là s'était progressivement répandue au cours de l'Histoire. Tandis que les autres soutenaient que le passage de l'Homo erectus vers l'Homo sapiens s'était produit un peu partout à la surface du globe, suivant ainsi les grands chemins de l'évolution par des voies parallèles.

Des paléontologues de l'université de Cambridge semblent avoir apporté une réponse définitive à cette interrogation. Selon eux, l'Homme moderne serait bien né dans un berceau africain unique, avant de partir à la conquête de l'Asie et de l'Europe voici quelque 100 000 ans.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont étudié près de 6000 crânes antiques provenant de toute la planète, afin d'en étudier la diversité génétique. Leurs constatations sont flagrantes et sans appel : à mesure que l'on s'éloigne du berceau africain, la diversité génétique diminue.

Cela confirme bien l'existence d'une importante migration partie depuis l'Afrique sub-saharienne, origine présumée de l'Humanité, et perdant progressivement ses individus au fur et à mesure qu'elle s'éloigne, c'est-à-dire abandonnant une partie de sa diversité génétique. L'étude morphologique des crânes confirme cette hypothèse, l'échantillon provenant directement d'Afrique du sud-est présentant un nombre de variations morphologiques bien plus abondant, ce taux se réduisant proportionnellement à l'éloignement du point d'origine.

La question semble ainsi réglée. Nos lointains ancêtres sont donc partis d'une région unique du continent africain voici 150 000 ans et se sont mis à rayonner à la conquête du monde, non sans supplanter toutes les populations archaïques qu'ils pouvaient rencontrer. L'Homme restera toujours l'Homme…

Les résultats de cette étude sont publiés dans la revue Nature du 19 juillet 2007.

Source : Futura-Sciences du 20/07/2007
 
Carte des migrations d'Homo sapiens à partir de l'Afrique sub-saharienne (dressée par datation au radiocarbone des crânes et autres ossements). Les graduations sont mentionnées en milliers d'années avant notre ère.

jeudi 19 juillet 2007

Les hommes modernes viennent bien tous d'Afrique

Cambridge : En combinant l’étude de la diversité génétique de populations à travers le monde et les mesures de plus de 6 000 crânes, les scientifiques de l’université de Cambridge et du Biotechonology and Biological Sciences Research Council réunis autour d’Andrea Manica viennent de prouver que l’homme moderne est bien originaire d’une seule région d’Afrique sub-saharienne.

Source : Nature, 19 juillet 2007

Source : Science Actualités du 19/07/07

mercredi 18 juillet 2007

jeudi 14 juin 2007

Ötzi, l'homme des glaces, est mort assassiné

Le mystère qui entourait la mort d'Ötzi, un homme ayant vécu voici 5100 à 5350 ans et dont la dépouille avait été découverte à 3200 mètres d'altitude dans le massif des Dolomites italiennes, vient d'être élucidé. Il serait décédé suite à une hémorragie provoquée par une blessure par flèche à l'épaule gauche, qui aurait sectionné une artère.

Ce sont des progrès réalisés en tomographie informatisée qui ont permis à une équipe de scientifiques de Suisse et d'Italie de percer le mystère. Une pointe de flèche en silex taillé avait déjà été retrouvée dans son dos, démontrant qu'il avait été attaqué par derrière, peut-être alors qu'il tentait de s'enfuir. Mais l'examen ultérieur a permis de découvrir que l'artère sous-clavière avait été sectionnée sur 13 cm et que le sang s'était répandu dans les tissus environnants, formant un important hématome. Ses mains comportaient aussi de multiples coupures et étaient recouvertes de sang, et il n'est pas exclu qu'il ait tenté de retirer lui-même le projectile.

Radiographie montrant la pointe de silex dans le flanc d'Ötzi.

"Nous pouvons conclure que la flèche a porté un coup mortel à Ötzi et que celui-ci n’a pas pu marcher longtemps après cette blessure", précise le Dr Frank Ruhli de l’Université de Zurich.

Projectile retiré du corps d'Ötzi.

Ötzi avait été découvert en 1991 par des alpinistes allemands, dans un excellent état de conservation favorisé par le climat. Il portait divers vêtements répartis en trois couches : un pagne, une veste en peau de cerf, et une cape en fibres végétales. Il transportait aussi un petit sac comprenant un nécessaire à feu formé de quelques pierres de silex et d'un peu d'amadou. A ses côtés figuraient un arc, des flèches, une hache, et un couteau placé dans un fourreau fait de tissu de fibres d'orties, ainsi que des morceaux de champignons séchés enfilés sur une lanière en cuir, peut-être une médication.

Son corps avait fait l'objet de nombreux examens pour tenter de mieux appréhender le mode de vie et d'alimentation de cette époque, et l'étude de l'ADN de l'intérieur de son estomac a permis de déterminer que son dernier repas avait été constitué de céréales, de viande de cerf et de bouquetin. Sa peau était marquée de 15 groupes de tatouages composés de traits obtenus au moyen de noir de fumée, dont étrangement 9 se situent le long de points d'acupuncture chinoise. Cependant ce fait est souvent considéré comme une simple coïncidence.

Enfin, Ötzi était âgé de 49 ans, et mesurait 1,59 mètre pour un poids de 40 kg.

Source : Futura-Sciences du 14/06/2007

Otzi, l'homme des glaces.

vendredi 20 avril 2007

Homme de Flores, nain pour survivre

Indonésie : Les Homo floresiensis, présents sur l’île de Flores en Indonésie il y a encore 18.000 ans, auraient été victimes de « nanisme insulaire » : leur petite taille aurait été sélectionnée par un accès à des réserves de nourriture restreintes, phénomène déjà observé chez un certain nombre de mammifères. Ils ne souffraient donc pas d’un problème de croissance, et en particulier de microcéphalie, comme cela avait été suggéré par certains chercheurs.

Source : Biology Letters, Royal Society britannique, 18 avril 2007

Source : Science Actualités du 20/04/07

jeudi 5 avril 2007

Des fossiles d'Homo sapiens découverts en Chine

Chine : Des fossiles vieux de 35 000 ans provenant d'un « Homo sapiens » ont été retrouvés dans une grotte près de Pékin par des paléoanthropologues chinois et américains. Il s'agit de 34 os – parmi lesquels une mandibule, des dents, un fémur et un tibia – qui ont permis de mettre en évidence des traits de caractères propres aux « Homo sapiens » archaïques ainsi que des caractères plus modernes. Cette étude confirme que la sortie d'Afrique d'« Homo sapiens » s'est bien opérée en plusieurs vagues.

Source : Proceedings of the National Academy of Sciences, 2 April 2007

Source : Science Actualités du 05/04/07

mercredi 17 janvier 2007

Homo sapiens en Europe depuis 45000 ans

Russie : Des outils en ivoire retrouvés sous une couche de cendre volcanique sur les bords du Don, à environ 400 km au sud de Moscou laissent supposer que l’homme moderne (Homo sapiens) est arrivé en Europe un peu plus tôt que prévu : il y a 45 000 ans plutôt que 40 000 ans. Parmi les objets trouvés figurent également un morceau d’ivoire sculpté, vraisemblablement une figurine humaine, sans doute la plus ancienne pièce d'art figuratif dans le monde.

Source : Science, 12 janvier 2007

Source : Science Actualités du 17/01/07

jeudi 2 novembre 2006

Selam : la re-naissance d’un petit d’Australopithèque

En Éthiopie, une équipe internationale révèle le squelette quasi complet d'une jeune Australopithèque de trois ans baptisée Selam. Elle évoluait il y a 3,3 millions d'années, soit 100 000 ans avant le plus célèbre fossile hominidé, Lucy.

De la savane arborée... au cerceuil de grès


Zeresenay Alemseged tenant le crâne de Selam au musée national d'Addis-Ababa.

Selam n'est pas une « enfant » comme les autres. Découverte dans la célèbre vallée du Rift, sur le site de Dikika en Éthiopie, à 10 km du site de Lucy, elle est à ce jour la petite femelle la plus ancienne de l'humanité (résultats publiés dans la revue Nature du 21 septembre 2006).

Du haut de ses trois ans, Selam, qui veut dire « paix » en éthiopien, nous fait faire un bond de plus de trois millions d'années en arrière. L'analyse de la gangue de grès dans laquelle ces nouveaux ossements ont été retrouvés révèle également de nombreux autres fossiles qui permettent de planter le décor : un paysage de savane arborée dans lequel évoluent des rhinocéros blancs, des girafes, des crocodiles...
L'absence de traces de morsures d'animaux et l'inexistence d'abrasions sur les os retrouvés suggère que la crue d'une rivière est à l'origine de la mort de Selam, à la façon de Lucy. Il y a 3,3 millions d'années, l'Australopithèque aurait ainsi été conservée, ensevelie sous les sédiments.

3,3 millions d'années plus tard

Aujourd'hui, le paysage a bien changé. Une terre aride écrasée de soleil, quelques touffes d'herbe sèche, des centaines de dunes de sable sur lesquelles ne poussent que des cailloux, voilà à quoi ressemble le site de Dikika, dans l'Afar, à proximité du lieu de découverte de la célèbre Lucy, dépoussiérée il y a maintenant trente-deux ans…

Pour Zeresenay Alemseged, l'aventure commence en 2000 alors qu'il vient de passer sa thèse. Il travaille à la mise en place d'un programme, le Dikika Research Projet (DRP) dont le but est d'analyser une couche de sédiments datant de 3,31 à 3,35 millions d'années. Le 10 décembre, au milieu d'autres fossiles, il découvre une partie des ossements de Selam.

La plupart du temps, les paléontologues doivent rassembler les fragments osseux à la façon d'un puzzle, pour reconstituer le squelette. Mais dans le cas de Selam, c'est l'inverse qui se produit. Le squelette est quasi complet.

Les pièces sont déjà toutes assemblées mais le grès tout autour les emprisonne et la coque rigide doit être retirée minutieusement. C'est donc avec des instruments miniatures, des fraises dentaires, que les chercheurs vont patiemment, grain par grain, dégager une partie des os.

Six ans ont passé et ce travail de grattage est loin d'être terminé ! Mais si la plupart des os restent toujours prisonniers de leur enveloppe de grès, la découverte de Selam demeure exceptionnelle à plus d'un titre.

Le visage complet d’un enfant australopithèque


Le crâne de Selam

Le crâne et la mâchoire sont intacts excepté le front et quelques zones latérales. Cette disposition permet d'apercevoir une partie de l'empreinte laissée par le cerveau de cet afarensis. Ces deux parties sont toujours articulées entre elles, ce qui permet de voir le visage osseux de Selam. Toutes les dents de lait sont présentes et l'utilisation de l'imagerie médicale a permis de visualiser les dents définitives encore insérées dans la machoîre. C'est en vérifiant les critères de formation des dents que les chercheurs ont pu déterminer ce que l'on appelle « l'âge dentaire » de l'Australopithèque (3 ans).

De même, c'est en comparant le diamètre de la canine définitive (plus grosse chez les mâles que chez les femelles) avec d'autres spécimens adultes que les scientifiques ont pu préciser le sexe de Selam. Cette comparaison est rendue possible car l'Australopithèque est la troisième espèce la plus renseignée après Sapiens et Neandertal.

Une omoplate bavarde

Il est rare de retrouver l'omoplate chez les fossiles d'hominidés compte tenue de la fragilité de cet os. Chez Lucy par exemple, il ne restait que la partie supérieure, la plus résistante de cet os plat. Or, chez Selam, les deux omoplates ont été retrouvées.

Toutefois, elles n'ont pas pu être comparées à celles d'autres Australopithèques car aucun autre specimen n'existe. Du coup, ce sont les espèces proches (gorille, chimpanzé…) qui ont servi de modèle. Résultat : elles ressemblent étrangement à celles des jeunes gorilles, un argument en faveur de la thèse déjà soutenue par un certain nombre de scientifiques affirmant que les afarensis, espèce à laquelle Selam et Lucy appartiennent, grimpaient dans les arbres « au moins occasionnellement pour dormir et échapper aux prédateurs », selon Zeresney Alemseged.

Cependant, cette théorie ne fait pas l'unanimité chez les experts. En effet, même si l'étude du squelette confirme les caractères à la fois pré-humains (partie inférieure pour la bipédie) et simiens (partie supérieure du corps pour grimper), certains pensent que la morphologie des membres supérieurs est un reliquat d'ancêtres (un peu comme le coccyx ou les dents de sagesse chez l'homme).

La voix de Selam

Autre élément intéressant retrouvé pour la première fois sur un fossile d'Australopithèque : l'os hyoïde, ou os lingual. C'est un petit os situé dans le larynx qui joue un rôle indispensable dans le maintien des muscles de la langue et donc dans la capacité à moduler un son. Jusqu'à maintenant, cet os n'a été retrouvé que chez un homme de Neandertal. Sa découverte chez un Australopithèque est donc exceptionnelle.

Il reste encore à l'extraire de sa gangue rocheuse, mais son étude dans les prochains mois permettra d'apporter des précisions sur le type de voix qu'avait Selam. Ce qui est sûr aujourd'hui, c'est que la morphologie de l'os hyoïde est plus proche des grands singes que de l'homme.

Du cerveau de l’enfant à celui de l’adulte…

Chez l'homme, le développement cérébral prend du temps : à trois ans, seulement 70% à 80% du cerveau est formé. Chez les chimpanzés au contraire, lorsqu'un bébé naît, 50% de son cerveau est déjà formé et lorsqu'il a trois ans, 90% de son cerveau adulte est mature. Le développement cérébral est donc beaucoup plus rapide. La découverte de Selam permet pour la première fois d'évaluer la vitesse de la croissance cérébrale chez les Australopithèques.

Conclusion : si la taille absolue du cerveau de Selam est identique à celle des chimpanzés au même âge (environ 330 cm3), lorsqu'on le compare à la taille du cerveau des Australopithèques adultes, le cerveau de Selam est formé entre 63% à 88% (c'est-à-dire que la croissance est relativement lente). Pour Zeresney Alemseged, cela signifie que « le changement de vitesse de croissance du cerveau, période clef de l'évolution, est peut-être apparu il y a plus de 3 millions d'années chez les Australopithèques… »

Au-delà de Selam

Prochaines étapes : l'extraction des ossements de la gangue de grès afin d'étudier l'intégralité du squelette. Sa comparaison avec d'autres afarensis pourra apporter de précieuses informations sur la croissance générale des Australopithecus afarensis.

Les études sont donc encore loin d'être terminées. L'enfant de la lignée humaine qui vient de re-naître en Adar est loin d'avoir dévoilé tous ses secrets…

Source : Science Actualités du 02/11/06

vendredi 22 septembre 2006

Un coup de jeune pour l'homme de Neandertal

Gibraltar : Jusqu’à présent, pour la plupart des spécialistes, l’homme de Neandertal avait disparu il y a environ 35 000 ans. Or, une équipe internationale vient de montrer que des Néandertaliens vivaient encore il y a 24 000 ans dans la grotte de Gorham, sur le rocher de Gibraltar. Selon les scientifiques, il semblerait que ce lieu offrait un environnement propice à leur survie provisoire.

Source : Nature, 13 septembre 2006

Source : Science Actualités du 22/09/06