dimanche 26 août 2007

Le plus ancien fossile de grand singe africain

L'espèce qui vient d'être décrite a été nommée Chrorapithecus abyssinicus. Elle se trouvait dans la formation Chorora située dans la région de l'Afar à 170 km à l'est d'Addis-Abeba et à 260 kilomètres au sud du berceau de la fameuse Lucy, petite australopithèque de 3,2 millions d'années.

Cette découverte montre que les gorilles se seraient probablement séparés de la lignée des autres primates il y a environ 10,5 millions d'années et non pas il y a 8 millions d'années, comme l'indiquaient les précédentes estimations basées sur des études moléculaires. « Grâce aux nouveaux fossiles, l'horloge moléculaire recule, mais l'histoire de l'homme se complexifie », relève Pascal Picq, du Collège de France. Il faudra maintenant essayer de savoir à quel moment les chimpanzés se sont séparés des autres primates, date actuellement estimée à 6 à 9 millions d'années.

« Ces dents apportent des informations totalement nouvelles en Afrique », explique Yonas Beyenes, paléoanthropologue éthiopien, coauteur de l'étude. En effet, les anthropologues ont peu de fossiles de grands singes à leur disposition pour travailler, parce qu'à cette époque la fossilisation se réalisait difficilement dans les milieux où ces animaux vivaient. Ils ne disposaient jusque-là que d'une mâchoire supérieure de Samburupithecus et de quelques dents de différents spécimens, tous ces restes provenant du centre du Kenya.

Pour ce qui est de Toumaï, un préhumain de 7 millions d'années qui est considéré comme le plus ancien de nos ancêtres, cette découverte ne le rapproche pas du gorille, mais plutôt de l'homme et des chimpanzés. Mis au jour au Tchad en 2000, Toumaï a été étudié par Michel Brunet et son équipe.

Source : Le Figaro du 23/08/2007

Un ancêtre du gorille découvert en Ethiopie

Datées d'il y a 10 à 10,5 millions d'années, une canine et huit molaires ont été mises au jour sur le rift africain ; elles appartiendraient à une ancienne espèce de grand singe.

Si le continent africain a livré un grand nombre de fossiles humains et préhumains – dont le plus ancien est Toumaï, vieux de 7 millions d'années –, ceux concernant les grands singes anthropoïdes (gorilles, chimpanzés, bonobos, gibbons) restent rarissimes. Entre le kenyapithèque, vieux de 13 millions d'années, Samburupithecus (9,5 à 10 millions d'années) trouvé au Kenya et quelques rares fossiles de chimpanzés datant de 500 000 ans, il n'y a pratiquement rien, explique Pascal Picq, paléo-anthropologue et maître de conférences au Collège de France. C'est pourquoi "on ne connaît pas du tout l'histoire des grands singes africains, dans laquelle s'insèrent les origines de l'homme".

Aussi, chaque fossile de grand singe, même modeste, suscite-t-il un grand intérêt. Cette fois, c'est de gorilles qu'il s'agit. Une équipe de scientifiques japonais et éthiopiens, dirigée par Gen Suwa (Université de Tokyo) et Yonas Beyene (département d'archéologie et de paléontologie d'Addis-Abeba), annonce, dans la revue Nature du 23 août, la découverte de neuf dents (une canine et huit molaires) appartenant à une nouvelle espèce de grand singe, Chororapithecus abyssinicus.

Mis au jour en Ethiopie, à 170 km à l'est d'Addis-Abeba, dans la formation Chorora – une des zones sédimentaires du rift africain –, ces restes appartiendraient, selon les chercheurs, à un lointain ancêtre des gorilles. Il aurait vécu il y a 10 à 10,5 millions d'années dans une région boisée occupée, dans le passé, par un lac où venaient se jeter des rivières.

L'observation minutieuse des dents de Chororapithecus montre des similitudes importantes avec celles des gorilles actuels qui sont essentiellement végétariens, se nourrissant de feuilles, de tiges, de fruits et parfois d'insectes. "Les molaires présentent en effet des crêtes de cisaillement spécifiques d'une activité de broyage de végétaux fibreux", expliquent les chercheurs. Au total, "Chororapithecus était soit une forme primitive de gorille, soit une branche de grand singe indépendante montrant une adaptation similaire", ajoutent-ils.

Mais surtout, insistent les scientifiques, ces dents et leur ancienneté "confirment que l'Afrique est le lieu d'origine des humains et des grands singes africains modernes". L'absence de fossiles de grands singes pendant une période-clé de leur évolution avait en effet conduit certains chercheurs à placer leur origine en Asie d'où ils auraient ensuite migré.

Selon l'étude, la date de la divergence entre les gorilles et la branche hommes/chimpanzés serait proche de – 12 millions d'années. Quant à la séparation des hommes et des chimpanzés, nos plus proches cousins, elle remonterait à 9millions d'années. Les auteurs de l'article contestent ainsi vigoureusement les dates proposées, en mai 2006, dans Nature, par deux scientifiques du Massachusetts Institute of Technology. Fondée sur des analyses ADN de différents grands singes et de l'homme, elle avait fait grand bruit car elle rajeunissait considérablement la divergence homme/chimpanzé, en la plaçant entre 6,3 et 5,5 millions d'années. Ce qui pouvait enlever de la famille humaine les trois proto-humains connus à ce jour : Toumaï (Tchad), Orrorin (Kenya, 6 millions d'années) et Ardipithecus kadabba (Ethiopie, 5,6 millions d'années).

En tout état de cause, l'évolution des grands singes et, partant, de l'homme, ne pourra être analysée correctement tant "qu'on n'aura pas trouvé plus de fossiles appartenant à chaque lignée dans la période comprise entre – 13 et – 7 millions d'année", insiste Pascal Picq.

Source : Le Monde du 23/08/2007

samedi 25 août 2007

Un nouvel ancêtre des grands singes découvert en Ethiopie

Déjà très célèbre pour les fossiles des ancêtres de la lignée humaine qu’elle a livrés, comme l’australopithèque Lucy, l’Ethiopie fourni pour la première fois le fossile d’un ancêtre des grands singes africains. Agé de 10 millions d’années, Chororapithecus abyssinicus pourrait être un gorille primitif ou représenter une branche indépendante proche de celle des gorilles.

Neuf dents -une canine et huit molaires- ont été mises au jour dans la région de l’Afar par une équipe japonaise et éthiopienne. Gen Suwa (Université de Tokyo), Berhane Asfaw (Centre de recherche de la Vallée du Rift, Addis Abeba) et leurs collègues ont gratté les sédiments vieux de 10 à 11 millions d’années qui affleurent dans la formation de Chorora en quête de fossiles. Ils annoncent aujourd’hui leur découverte dans la revue Nature.

Des dents fossilisées de Chororapithecus comparées à une mâchoire de gorille

Après une analyse détaillée des dents exhumées à Chorora, reconstituées en 3D grâce à la tomographie assistée par ordinateur, les chercheurs précisent que les molaires possèdent des caractéristiques propres aux dents des gorilles actuels, équipés pour déchiqueter des végétaux très fibreux. Cependant elles sont plus larges et plus primitives que des molaires de gorilles, laissant à penser qu’il pourrait s’agir d’un proto-gorille. Cela pourrait aussi signifier que la branche des gorilles s’est séparée de celle de la lignée humaine plus tôt qu’on ne pense, il y a au moins 10 millions d’années et non 8 millions comme cela a été estimé par des généticiens, selon Suwa et ses collègues.

Jusqu’à présent, l’ancêtre des hominidés le plus ancien est Sahelanthropus tchadiensis, alias Toumaï, découvert au Tchad et vieux de 6 à 7 millions d’années. Il est concurrencé par Orrorin tugenensis, mis au jour au Kenya, âgé de 6 millions d’années.

Source : Science et Avenir du 23/087/2007

vendredi 17 août 2007

jeudi 16 août 2007

Bousculade chez les Homo

La découverte de deux crânes remet en cause l’évolution du genre Homo : les deux espèces habilis et erectus ne se seraient pas succédé mais auraient cohabité durant 500 000 ans.

Jusqu’ici, les anthropologues avaient fait d’Homo erectus, découvreur du feu et grand conquérant de territoires nouveaux, le descendant d’Homo habilis, inventeur de jolis outils en pierre. Dans la série des fossiles, H. habilis apparaît entre - 2,5 millions d’années et - 1,5 million d’années. Ensuite, place à H. erectus, dont on retrouve des fossiles jusque vers - 250 000 ans.

Mais cette histoire trop simple est remise en cause par la double découverte d’une équipe américaine au Kenya. Près du lac Turkana, les scientifiques ont exhumé un reste de boîte crânienne très ancien de H. erectus, datant de 1,55 million d’années. La principale surprise est venue, sur le même secteur, de la découverte de fragments de mâchoire supérieure attribués à H. habilis mais datés de 1,44 million d'années seulement. Cette espèce aurait donc vécu plus longtemps qu’on ne le pensait. La trouvaille a de quoi devenir une affaire de famille puisque, parmi les chercheurs américains, figurent Louise Leakey et sa mère Meave Leakey, respectivement petite-fille et belle-fille de Louis Leakey, le découvreur de H. habilis en 1961.

Un demi million d’années de cohabitation

C’est plus que la chronologie du genre Homo qui est bousculée. Il y a 1,55 million d’années, H. erectus devait cohabiter avec H. habilis, ce dernier n’est donc pas le descendant du premier. Cette complication de l’arbre généalogique de l’homme moderne n’est pas une première, les anthropologues ayant dû à plusieurs reprises, par le passé, remplacer de simples filiations par un buissonnement plus complexe.

Les deux espèces pourraient donc dériver d'un ancêtre commun et ont probablement vécu dans les mêmes régions durant près d’un demi million d’années. Ce que l’on connaît de leurs régimes alimentaires démontre qu’il ne devait pas y avoir compétition entre les deux. H. habilis était en effet plus végétarien que le carnivore erectus, bon chasseur même s’il ne dédaignait pas la cueillette.

Source : Futura-Sciences du 16/08/2007

vendredi 27 juillet 2007

Origine et évolution de l'Homme

Depuis le site de l'Institut National de Recherche Pédagogique, ce lien nous est offert :
Origine et évolution de l'Homme
Le site n'est pas très intuitif et surtout il n'est pas mis à jour (des rubriques "en cours de réalisatiion" qui se font attendre).
Néanmoins des informations synthétiques, claires et rigoureuses.
La partie Synthèses est à farfouiller. Car au gré de la navigation, on découvre des menus (et donc des infos) supplémentaires.

vendredi 20 juillet 2007

On a retrouvé le berceau de l'Humanité

Mais de quel endroit sur notre planète a surgi l'Homo sapiens ? Le premier roseau pensant a-t-il poussé en un endroit bien précis d'où il a essaimé, ou l'évolution a-t-elle voulu que l'intelligence humaine émerge, simultanément, en divers points des terres alors habitées ?

Jusqu'à présent, les chercheurs et autres paléontologues se disputaient les faveurs de deux théories opposées. Les uns pensaient que la civilisation humaine avait pris le départ dans un berceau africain, et de là s'était progressivement répandue au cours de l'Histoire. Tandis que les autres soutenaient que le passage de l'Homo erectus vers l'Homo sapiens s'était produit un peu partout à la surface du globe, suivant ainsi les grands chemins de l'évolution par des voies parallèles.

Des paléontologues de l'université de Cambridge semblent avoir apporté une réponse définitive à cette interrogation. Selon eux, l'Homme moderne serait bien né dans un berceau africain unique, avant de partir à la conquête de l'Asie et de l'Europe voici quelque 100 000 ans.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont étudié près de 6000 crânes antiques provenant de toute la planète, afin d'en étudier la diversité génétique. Leurs constatations sont flagrantes et sans appel : à mesure que l'on s'éloigne du berceau africain, la diversité génétique diminue.

Cela confirme bien l'existence d'une importante migration partie depuis l'Afrique sub-saharienne, origine présumée de l'Humanité, et perdant progressivement ses individus au fur et à mesure qu'elle s'éloigne, c'est-à-dire abandonnant une partie de sa diversité génétique. L'étude morphologique des crânes confirme cette hypothèse, l'échantillon provenant directement d'Afrique du sud-est présentant un nombre de variations morphologiques bien plus abondant, ce taux se réduisant proportionnellement à l'éloignement du point d'origine.

La question semble ainsi réglée. Nos lointains ancêtres sont donc partis d'une région unique du continent africain voici 150 000 ans et se sont mis à rayonner à la conquête du monde, non sans supplanter toutes les populations archaïques qu'ils pouvaient rencontrer. L'Homme restera toujours l'Homme…

Les résultats de cette étude sont publiés dans la revue Nature du 19 juillet 2007.

Source : Futura-Sciences du 20/07/2007
 
Carte des migrations d'Homo sapiens à partir de l'Afrique sub-saharienne (dressée par datation au radiocarbone des crânes et autres ossements). Les graduations sont mentionnées en milliers d'années avant notre ère.

jeudi 19 juillet 2007

Les hommes modernes viennent bien tous d'Afrique

Cambridge : En combinant l’étude de la diversité génétique de populations à travers le monde et les mesures de plus de 6 000 crânes, les scientifiques de l’université de Cambridge et du Biotechonology and Biological Sciences Research Council réunis autour d’Andrea Manica viennent de prouver que l’homme moderne est bien originaire d’une seule région d’Afrique sub-saharienne.

Source : Nature, 19 juillet 2007

Source : Science Actualités du 19/07/07

mercredi 18 juillet 2007

jeudi 14 juin 2007

Ötzi, l'homme des glaces, est mort assassiné

Le mystère qui entourait la mort d'Ötzi, un homme ayant vécu voici 5100 à 5350 ans et dont la dépouille avait été découverte à 3200 mètres d'altitude dans le massif des Dolomites italiennes, vient d'être élucidé. Il serait décédé suite à une hémorragie provoquée par une blessure par flèche à l'épaule gauche, qui aurait sectionné une artère.

Ce sont des progrès réalisés en tomographie informatisée qui ont permis à une équipe de scientifiques de Suisse et d'Italie de percer le mystère. Une pointe de flèche en silex taillé avait déjà été retrouvée dans son dos, démontrant qu'il avait été attaqué par derrière, peut-être alors qu'il tentait de s'enfuir. Mais l'examen ultérieur a permis de découvrir que l'artère sous-clavière avait été sectionnée sur 13 cm et que le sang s'était répandu dans les tissus environnants, formant un important hématome. Ses mains comportaient aussi de multiples coupures et étaient recouvertes de sang, et il n'est pas exclu qu'il ait tenté de retirer lui-même le projectile.

Radiographie montrant la pointe de silex dans le flanc d'Ötzi.

"Nous pouvons conclure que la flèche a porté un coup mortel à Ötzi et que celui-ci n’a pas pu marcher longtemps après cette blessure", précise le Dr Frank Ruhli de l’Université de Zurich.

Projectile retiré du corps d'Ötzi.

Ötzi avait été découvert en 1991 par des alpinistes allemands, dans un excellent état de conservation favorisé par le climat. Il portait divers vêtements répartis en trois couches : un pagne, une veste en peau de cerf, et une cape en fibres végétales. Il transportait aussi un petit sac comprenant un nécessaire à feu formé de quelques pierres de silex et d'un peu d'amadou. A ses côtés figuraient un arc, des flèches, une hache, et un couteau placé dans un fourreau fait de tissu de fibres d'orties, ainsi que des morceaux de champignons séchés enfilés sur une lanière en cuir, peut-être une médication.

Son corps avait fait l'objet de nombreux examens pour tenter de mieux appréhender le mode de vie et d'alimentation de cette époque, et l'étude de l'ADN de l'intérieur de son estomac a permis de déterminer que son dernier repas avait été constitué de céréales, de viande de cerf et de bouquetin. Sa peau était marquée de 15 groupes de tatouages composés de traits obtenus au moyen de noir de fumée, dont étrangement 9 se situent le long de points d'acupuncture chinoise. Cependant ce fait est souvent considéré comme une simple coïncidence.

Enfin, Ötzi était âgé de 49 ans, et mesurait 1,59 mètre pour un poids de 40 kg.

Source : Futura-Sciences du 14/06/2007

Otzi, l'homme des glaces.