vendredi 2 septembre 2016
La vie sur Terre apparue plus tôt qu'on le croyait
« Cette découverte constitue une nouvelle référence » dans la recherche des premières traces de vie sur Terre, a déclaré dans un communiqué Martin Julian Van Kranendonk, expert en géologie de l'Université de Nouvelle-Galles-du-Sud et coauteur d'une étude parue dans la revue britannique Nature.
Ces structures fossilisées - appelées stromatolites - prouvent que la vie était déjà apparue quelque 800 millions d'années après la formation de la Terre, elle-même née il y a 4,5 milliards d'années, selon Allen Nutman de l'Université australienne de Wollongong, auteur principal de l'étude.
Ces formations géologiques ont émergé à la surface du sol après la fonte d'une plaque de glace dans le massif d'Isua, dans le sud-ouest du Groenland.
Les structures et la chimie de ces fossiles laissent penser à une activité microbienne et donc « à une origine biologique », signe « d'une émergence rapide de la vie sur Terre », d'après Allen Nutman.
Les stromatolites, hautes de 1 à 4 centimètres, viennent corroborer d'autres preuves génétiques qui placent l'origine de la vie à cette période.
Selon l'étude, cette découverte pourrait aussi aider à la recherche de la vie sur Mars, considéré comme la planète du système solaire la plus propice à l'existence de formes de vie, car elle est dotée d'une atmosphère contenant de l'eau sous forme de vapeur et de glace.
« Il y a 3700 millions d'années, Mars était probablement encore humide, avec même des océans », a expliqué à l'AFP Allen Nutman. « Si la vie s'est développée si rapidement sur la Terre, permettant la formation de choses comme ces stromatolites, il pourrait être plus facile de détecter des signes de vie sur Mars ».
« Au lieu d'étudier uniquement la signature chimique de la planète, nous pourrions être en mesure de voir sur les images de Mars des choses comme des stromatolites », a-t-il ajouté.
Jusqu'à aujourd'hui, la plus vieille preuve de vie sur Terre avait été découverte par des chercheurs australiens et canadiens dans les roches de Strelley Pool Chert, dans la région de Pilbara en Autralie. Elle avait environ 3,5 milliards d'années.
Source : La Presse du 01/09/2016
vendredi 19 août 2016
L’ancêtre de l’Homme de Florès retrouvé
Des restes vieux de 700 000 ans retrouvés en Indonésie éclairent les origines de l’Homme de Florès, notre mystérieux « petit cousin » d’Asie.
On dit souvent que chaque famille recèle un aïeul excentrique. Parmi les espèces qui composent la grande famille humaine, ce parent est sans aucun doute Homo floresiensis. Surnommé le « hobbit » en référence aux petits personnages aux pieds velus de l’œuvre de Tolkien, cette créature mesurait à peine plus d’un mètre, avait de courtes jambe, de grands pieds et un cerveau de la taille d’un pamplemousse – autant de traits primitifs associés à nos ancêtres d'il y a plusieurs millions d’années. Pourtant, H. floresiensis vivait encore sur l’île de Florès, en Indonésie, il y a à peine 60 000 ans, alors que des espèces humaines avec une anatomie et un cerveau aux proportions modernes (Homo sapiens et Néandertal) étaient déjà établies partout dans le monde.
Comment les Hommes de Florès en sont-ils arrivés à ces caractéristiques anatomiques dépassées ? Les scientifiques se posent la question depuis que les étranges fossiles ont été trouvés en 2004 dans la grotte de Liang Bua, à l’ouest de l’île de Florès. Mais de nouvelles découvertes viennent d'être faites sur un autre site de l’île. Selon leurs auteurs, ces nouveaux fossiles, vieux de 700 000 ans, mettent en lumière les origines mystérieuses de l’Homme de Florès. Tous les chercheurs n’en sont cependant pas convaincus.
Jusqu’à aujourd’hui, les paléoanthropologues se sont principalement concentrés sur deux hypothèses concurrentes à propos de l’évolution de Homo floresiensis. D’après la première, il descendrait de Homo erectus, une espèce plus grande et au cerveau plus volumineux qui fut le premier membre de la famille humaine à quitter l’Afrique pour se répandre de par le monde. Dans ce scénario, le corps et le cerveau plus petits de H. floresiensis sont le résultat d’une adaptation aux ressources limitées disponibles sur l’île de Florès. Un tel rapetissement, qualifié de « nanisme insulaire » est bien connu chez d’autres espèces de mammifères ayant colonisé des îles, comme certains membres de la famille des éléphants, mais n’avait jamais été observé chez les humains.
Selon la seconde hypothèse, H. floresiensis descend d’un ancêtre plus primitif qui était lui même de petite taille et avait aussi un petit cerveau, peut-être Homo habilis ou un membre du genre Australopithecus. Dans ce scénario, H. floresiensis était déjà petit avant son arrivée sur l’île de Flores, ayant conservé ces caractéristiques primitives de ses ancêtres directs (ainsi que d’autres, visibles dans les os du bras, du poignet, de la main et du pied). Mais des formes humaines aussi primitives n’ont jamais été découverts en dehors d’Afrique.
Il existe un troisième scénario, défendu par une petite mais bruyante minorité. Selon celui-ci, les restes découverts ne seraient pas représentatifs d’une espèce distincte, mais appartiendraient à des individus H. sapiens ayant eu des problèmes de développement.
L’absence de tout fossile humain à Florès antérieur à ceux de Liang Bua empêchait de tester ces hypothèses, jusqu’à aujourd’hui. Dans deux publications de parues le 9 juin dans la revue Nature, Gerrit van den Bergh et Adam Brumm, de l’Université de Wollongong en Australie, et leurs collègues, ont annoncé avoir découvert une collection de fossiles humains vieux de 700 000 ans sur un site du centre de Florès, Mata Menge. Les chercheurs ont provisoirement associé ces fossiles (un morceau de petite mâchoire inférieure et six petites dents individuelles provenant d’au moins trois individus différents) à H. floresiensis et suggèrent qu’ils représentent les ancêtres directs des petits hommes de Liang Bua.
L'examen de la nouvelle mâchoire et des dents a montré qu’elles sont similaires à leurs homologues de Liang Bua en termes de taille et de forme, bien que moins spécialisées, ce qui est attendu pour des formes plus anciennes. Les auteurs notent qu’un autre indice appuie le lien étroit entre les deux groupes : les outils de pierre trouvés sur les deux sites de Mata Menge et Liang Bua présentent de grandes similitudes. L’équipe a également comparé la mâchoire et les dents du site de Mata Menge avec celles d’autres espèces humaines, y compris Australopithecus et H. habilis. Ils en ont conclu que leurs restes fossiles ont des caractéristiques plus proches de celles de H. erectus. Ainsi, selon eux, ces résultats appuient l’hypothèse selon laquelle H. floresiensis est un descendant rapetissé de H. erectus plutôt que d’un ancêtre humain plus primitif.
Les restes du site de Mata Menge laissent à penser que ce rapetissement s’est produit étonnamment vite. Les plus vieilles traces connues de présence humaine sur l’île de Flores – une série d’outils en pierre du site de Wolo Sege – datent d’environ un million d’années. Aucun reste humain associé à ces outils n’a été retrouvé, mais s’ils ont été fabriqués par les ancêtres, plus grands, des petits individus de Mata Menge ayant vécu il y a 700 000 ans, cela signifierait que leur taille a évolué en seulement 300 000 ans. Ce rapetissement éclair contraste fortement avec le rythme évolutif observé chez d’autres fossiles humains. « La taille du corps et du cerveau humain a augmenté pendant le Pléistocène (entre -2,6 million et -11 600 ans), mais l’île de Florès nous montre que ça n’a pas été à sens unique», a expliqué Van den Bergh lors d’une conférence de presse le 6 juin dernier.
Des fossiles d’animaux trouvés sur le site montrent que les Hommes de Mata Menge vivaient dans un habitat de type savane formé de prairies et de points d’eau. Des rongeurs, des crocodiles, des stégodons – cousins disparus de l’éléphant – des dragons de Komodo et un éventail d’oiseaux partageaient leur environnement. Les Hommes de Florès mangeaient-il certains de ces animaux ? Les chercheurs l’ignorent : leurs outils en pierre auraient pu servir à découper de la viande, mais aucune trace n’a été décelée sur les ossements animaux.
Des paléoanthropologues extérieurs à l'équipe jugent ces découvertes importantes. « Ils ont mis en évidence de solides preuves » d’un lien entre les fossiles de Mata Menge et ceux de Liang Bua, estime Fred Grine, spécialiste en fossiles de dents humaines à l’université Stony Brook à New York. Ce dernier soutient que la petite taille des nouveaux spécimens suffit à établir la relation ; leurs similitudes morphologiques renforçant d’autant plus cette hypothèse. Fred Grine partage l’avis de l’équipe selon lequel ces restes prouvent que H. floresiensis est un descendant rapetissé de H. erectus. Il ajoute que ces nouveaux fossiles rendent caduque l’hypothèse selon laquelle les « hobbits » seraient simplement des individus H. sapiens ayant souffert d’une pathologie. Pour lui, « il est difficile de soutenir cela, maintenant que nous connaissons un site plus ancien avec le même type de matériel ».
Toutefois, d’autres chercheurs sont plus réservés sur les déclarations de Gerrit van den Bergh et Adam Brumm. Selon Shara Bailey, de l’Université de New York, également spécialiste en fossiles de dents humaines, rien chez les spécimens de Mata Menge ne permet de les lier à H. floresiensis du site de Liang Bua à part, peut-être, la petite taille de la mâchoire inférieure. La forme des dents trouvées à Mata Menge ne démontre pas de lien mais n’en exclut pas non plus. Pour S. Bailey, la découverte d’une troisième prémolaire inférieure (P3 dans le langage des anatomistes) sur le site de Mata Menge aiderait à régler le problème. En effet, chez H. floresiensis de Liang Bua, cette dent avait une forme particulière. « Je ne serai convaincue que s’ils trouvent une P3 inférieure qui ressemble à la P3 de Liang Bua », explique-t-elle.
Adam van Arsdale, du Wellesley College dans le Massachussetts, spécialiste en fossiles de mâchoire humaine, exprime des doutes similaires sur l'attribution des restes de Mata Menge aux ancêtres directs des Hommes de Liang Bua. « Je ne suis pas convaincu que la morphologie des spécimens découverts soit suffisante pour exclure un lien entre les restes de Mata Menge et d’autres lignées humaines. » déclare-t-il. En d’autres termes, les récentes découvertes ne permettent pas d’écarter d’autres possibilités pour placer l' Homme de Florès dans l’arbre généalogique humain.
Des fossiles plus indiscutables seront peut-être bientôt mis au jour. Adam Brumm et ses collègues sont désormais en train de fouiller des sédiments vieux de 900 000 ans à Mata Menge ainsi que sur d’autres sites plus anciens de la région du bassin de Soa, sur l’île de Flores. En haut de sa liste de vœux : « des jambes et des bras, des poignets et des pieds, bref, les os où les étranges caractéristiques de floresiensis se manifestent le plus clairement ».
Source : Pour la Science du 18/06/2016
samedi 13 août 2016
Nouvelle carte du voyage des premiers hommes vers l'Amérique
Comment les premiers hommes sont-ils arrivés en Amérique ? Le débat a été relancé le 10 août 2016 par des chercheurs qui ont redessiné la carte de leur trajet.
RESSOURCES. Anthropologues et archéologues se divisent depuis de nombreuses années sur le peuplement du continent américain. Quand les premiers migrants sont-ils arrivés ? Par où et de quelle façon ? Les opinions divergent. Jusqu'à maintenant, la thèse dominante était celle d'hommes venus d'Asie en empruntant à pied un corridor, qui s'est formé lorsque deux énormes glaciers couvrant le Canada actuel ont reculé. Ce passage d'environ 1.500 km de long, qui reliait la Sibérie et l'Alaska, est aujourd'hui noyé sous le détroit de Béring. Mais tout semble remis en cause par une étude publiée mercredi 10 août 2016 dans la revue scientifique britannique Nature. D'après une équipe de chercheurs internationale , les premiers migrants qui ont foulé le sol du Nouveau Monde il y a plus de 13.000 ans, n'auraient pu survivre sur cette route. D'autant que selon de nombreux archéologues, cette peuplade serait même arrivée plus tôt qu'on ne le pense.
Il y a 13.000 ans, le corridor était certes sorti des glaces, mais il n’hébergeait pas encore les ressources indispensables à ces chasseurs-cueilleurs : animaux, végétaux ou bois nécessaire pour faire du feu et fabriquer des outils, font valoir ces spécialistes. "Même si le couloir s'est ouvert il y a 13.000 ans, il a fallu plusieurs centaines d'années avant qu'il ne soit possible de l'utiliser", explique dans un communiqué Eske Willerslev de l'université de Cambridge, coauteur de l'étude.
Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont analysé l'ADN des éléments conservés au sein des sédiments de l'ancien corridor. Ils ont ainsi recréé le tableau complet de son écosystème, montrant quand et comment la flore et la faune y ont émergé. "Au lieu de chercher l'ADN de certaines espèces spécifiques, nous avons tout séquencé, des bactéries aux animaux", explique Eske Willerslev. "C'est incroyable ce que nous avons sorti de tout cela. Nous avons trouvé des traces de poissons, d'aigles, de mammifères et de plantes", ajoute-t-il.
A pied ou en bateau ?
Selon les chercheurs, la steppe n'a commencé à se former qu'il y a environ 12.600 années, suivie rapidement par l'apparition d'animaux tels que le bison, le mammouth laineux ou le campagnol. Mais avant cette date, rien. Le corridor était donc incompatible avec un si long voyage. "Avant cette date, il n'y avait absolument pas de plantes ou d'animaux", explique à l'AFP Mikkel Pepdersen de l'université de Copenhague, coauteur de l'étude. Cette découverte fait donc pencher la balance vers une autre hypothèse défendue par certains scientifiques : une voie initiale de migration qui longerait le Pacifique depuis l'Alaska. "Cela semble désormais le scénario le plus probable", estime Eske Willerslev. Cette voie était d'ailleurs sans doute la plus rapide et permettait aux premiers hommes de se nourrir aisément en exploitant les ressources de la mer, comme ils savaient très bien le faire.
"Nous savons qu'il n'y avait pas de glace et que cela était donc possible", note Mikkel Pepdersen. "Mais il nous manque encore la preuve". Les indices permettant de corroborer cette théorie sont particulièrement difficiles à trouver car le niveau de l'océan a monté d'environ 66 mètres depuis cette période, immergeant la plupart des premiers lieux côtiers d'habitation. Si les migrants sont bien arrivés par la côte Pacifique, reste une autre question, aujourd'hui sans réponse : ont-ils fait le voyage à pied ou en bateau ?
Source : Sciences et Avenir du 12/08/2016
lundi 18 juillet 2016
Homo erectus marchait comme nous il y a 1,5 million d'années
L’origine de la bipédie chez l’Homme est une question assez complexe. On ne sait pas vraiment quand ni pourquoi elle est apparue chez les hominines, même si l’on peut donner de bons arguments issus de l’anatomie pour estimer à quel point telle espèce était capable d’avoir ce mode de locomotion. Il y a toutefois des débats entre spécialistes, notamment pour déterminer si l’on est en présence d’une bipédie occasionnelle ou pas et, dans cette dernière hypothèse, si elle était vraiment proche ou non de celle de l’Homme moderne.
Pour essayer d’y voir plus clair, on peut espérer tirer des informations relevant de la biomécanique de la marche à partir de traces de pas enregistrées par des sols qui se sont transformés en roche, parfois depuis plus d’un million d’années.
Parmi les traces de pas les plus célèbres, il y a bien sûr celles de Laetoli, découvertes en Tanzanie en 1978 et qui sont datées d’environ 3,5 millions d’années. Leurs caractéristiques, bien que montrant une locomotion de bipède, ne sont pas celles d’un membre du genre Homo et on pense qu’elles ont été laissées par un australopithèque. Elles ne permettent pas de savoir si cette locomotion était exceptionnelle ni si elle se faisait sur une courte distance ou non.
Des empreintes d'individus bipèdes
En 2009, d’autres traces de pas fossilisées ont été découvertes, au Kenya cette fois-ci, visiblement attribuables à des hominines faisant partie du genre Homo. Elles sont âgées de 1,5 million d’années, d’après la datation des couches sédimentaires où elles ont été trouvées, sur le site de Rutgers' Koobi Fora Field, près d'Ileret.
Pour les paléontologues, ce fut de nouveau une découverte heureuse car les restes fossilisés des pieds humains sont assez rares : les os du pied sont petits et donc facilement avalés par les prédateurs. Comme il n’est pas facile non plus de déduire les caractéristiques des parties molles entourant ces os, ces empreintes permettent d’y voir plus clair quant aux êtres qui les ont laissées.
Ainsi, alors que les traces de pas retrouvées à Laetoli montraient un gros orteil écarté des autres, ce qui est le propre des primates essentiellement arboricoles, celles du Kenya montraient des empreintes de pieds où les orteils sont parallèles. Cela indique, sans doutes possibles, qu’elles ont été laissées par des hominines pratiquant une locomotion fondamentalement bipède et que l’on pense être des Homo erectus.
97 empreintes laissées par au moins 20 Homo erectus
Les recherches ont continué autour d'Ileret et une équipe internationale de paléontologues vient de publier à ce sujet un article dans Nature où elle annonce la découverte de 97 empreintes laissées par au moins 20 individus appartenant probablement tous à l’espèce Homo erectus, sur cinq sites différents. Les analyses ont montré qu’au moins un de ces individus a laissé des traces indiscernables de celles qu’aurait laissé un Homo sapiens pieds nus. On peut raisonnablement en déduire qu’Homo erectus disposait de pieds dont l’anatomie et le fonctionnement étaient très similaires à ceux de l’Homme moderne.
Les chercheurs semblent également parvenus à tirer des informations concernant l’éthologie des Homo erectus. Les caractéristiques des traces retrouvées permettent de penser que l’on était parfois en présence d’adultes de sexe masculin se déplaçant en groupe. Cela suggère qu’ils étaient capables de coopérer, ce qui est un comportement à la base de ceux séparant Homo sapiens des autres primates.
C’est la première fois que l’on trouve des indices en ce sens chez des Homo erectus dans un temps aussi reculé que 1,5 million d’années.
Source : Futura Sciences du 15/07/2016
mardi 28 juin 2016
Premières traces d’Homo erectus, il y a 800 000 ans
Des empreintes de pas conservées depuis 800 000 ans
Plusieurs empreintes de pas ont été découvertes dans le désert Danakil (sud-est de l’Érythrée) par une équipe de paléontologistes érythréens et italiens. Les traces de plusieurs individus ont été laissées dans les sables de ce qui devait être les rives d’un lac à l'époque.
L'anthropologue Alfredo Coppa (Université Sapienza de Rome) et ses collègues ont trouvé les empreintes sur une dalle de pierre de 26 mètres carrés environ. Ils ont indiqué que la forme des traces « imprimées » avait été remplie avec de l'eau juste après sa formation, puis s’était asséchée, avant d’être recouverte de sable. "Les empreintes sont conservées sur un sédiment de sable durci qui a été partiellement inondé. Jusqu'à présent, nous avons été en mesure de mettre au jour une partie de 26 mètres carrés," indique Alfredo Coppa.
C’est ce processus naturel qui a permis de conserver ces empreintes pendant plusieurs centaines de milliers d’années et d’apporter un témoignage de l’époque du Pléistocène.
Des traces d’Homo erectus dans son environnement
Dans cette région, les précédentes fouilles ont déjà permis d’exhumer les restes fossilisés de cinq ou six spécimens d' Homo erectus. C’est cette espèce d’hominidé qui vivait dans la région à cette époque. C’est donc logiquement que les empreintes lui sont attribuées.
Si l’on peut considérer Homo erectus comme un ancêtre d’Homo sapiens il est évident que les traces de pas des deux espèces sont pratiquement impossibles à distinguer l’une de l’autre.
"Les empreintes laissent apparaître des détails d'orteil, une voûte plantaire marquée et un gros orteil en abduction, tous les traits distinctifs des pieds humains », a déclaré Alfredo Coppa
Le moulage de sa voûte plantaire et la profondeur des traces montrent que cet Homo erectus avait une belle stature et était à la fois un coureur efficace et un bon marcheur.
Coppa rajoute que des empreintes telles que celles-ci sont «extrêmement rares» et qu'elles peuvent «révéler beaucoup de choses sur l'évolution de l'homm,e et fournir des informations essentielles sur la démarche et le type de locomotion de nos ancêtres."
Sur la même dalle de pierre apparaissent également des traces d’une espèce d’antilope aujourd'hui éteinte. Cette découverte, associée au fait que les empreintes ont été conservées dans un sédiment de sable durci, suggère que la zone était autrefois un grand lac entouré de prairies.
Les empreintes de pas à la préhistoire
Les empreintes de pas datant du Paléolithique sont peu fréquentes car elles supposent un enchainement d’événements et de circonstances rarissime. Toutefois, pour l’Afrique, c’est le quatrième site qui présente des empreintes paléolithiques humaines de ce type...
- le plus connu et le plus ancien est celui de Laetoli en Tanzanie : ce sont probablement des Australopithecus afarensis qui ont marché dans un environnement volcanique il y a 3,8 millions d’années.
- à Lleret au Kenya, à l’est du lac Turkana c’est 22 traces de pas d’un Homo erectus ou d’un Homo ergaster qui ont été découvertes. Elles sont datées de 1,5 millions d’années. Photo Professor Matthew Bennett, Bournemouth University.
- sur le site de Koobi Fora des traces d’hominidé (probablement Homo erectus) ont été également découvertes et datées entre 1,4 et 1,5 millions d’années. Photo: Brian Richmond
« Il est très probable que la zone autour de Ileret et Koobi Fora a été peuplée par H. erectus, mais aussi par Homo habilis et peut-être également des Paranthropes. Au contraire, la région du désert du Danakil, où les empreintes ont été déterrées, était habitée uniquement par H. erectus, d'où l'importance de la conclusion », a déclaré Coppa.
Source : Hominidés.com du 21/06/2016
mardi 21 juin 2016
Les traces du premier feu de camp européen auraient été retrouvées en Espagne
Si la science est d’accord pour affirmer que nos ancêtres préhistoriques ont découvert le moyen de produire des étincelles pour allumer un feu il y a au moins un million d’années, une capacité qui a plus tard été transmise au Proche-Orient et en Europe, des archéologues ont, semble-t-il, retrouvé les traces du premier feu de camp en Europe, un feu qui daterait de 800 000 ans.
C’est dans la grotte espagnole de Cueva Negra del Estrecho del Rio Quipar, au sud-est de l’Espagne, que ces traces ont été découvertes par une équipe d’archéologues, lesquels ont découvert sur le site plus de 165 pierres et autres instruments présentant des traces de brûlure. Ce qui montre qu’il s’agissait d’un feu de camp, à savoir un feu « contrôlé », c’est la présence sur le même site de 2 300 os d’animaux. Leur analyse microscopique et chimique a montré que ceux-ci ont été chauffés entre 400°C et 600°C, signifiant qu’ils sont passés par les flammes.
Les archéologues ne sont cependant pas tous d’accord sur la datation de ce feu de camp, certains estimant qu’il serait 200 000 ans plus jeune. Mais si tel était le cas, il s’agirait tout de même du plus ancien feu de camp découvert en Europe, comme l’affirment ces chercheurs dans la revue Antiquity. À titre de comparaison, les traces du premier feu de camp dans le monde, composé également de fragments d’os d’animaux brûlés et d’outils en pierre, ont été découvertes dans la grotte de Wonderwerk, située dans le nord de l’Afrique du Sud. Celles-ci sont datées à environ un million d’années.
Cette maîtrise du feu, son contrôle, a été une étape essentielle dans l’évolution de l’Homo Erectus, lui permettant non seulement de varier son alimentation, mais aussi de devenir actif la nuit.
Source : Sciencepost du 14/06/2016
jeudi 16 juin 2016
L'Homme de Florès, dit « le Hobbit », est en fait notre cousin
C’est probablement la fin des controverses autour de « l’Homme de Florès », cet hominidé dont plusieurs individus ont été trouvés en 2003 dans une grotte de l’île de Florès, en Indonésie. Datés de 50.000 ans et ne mesurant qu’un petit mètre, pour 25 kg, avec une petite tête, ce qui leur a valu le surnom de « Hobbit » (d’après les personnages imaginés par l'écrivain anglais J. R. R. Tolkien), ces humains-là intriguaient au plus haut point. Certains y voyaient des Homo sapiens difformes, atteints d’une pathologie qui restait à trouver, évoquant une trisomie.
D’autres en faisaient une espèce à part, Homo floresiensis, que l’évolution aurait conduit vers une petite taille après l’arrivée sur cette île, par un processus de nanisme insulaire, connu chez d’autres espèces animales, quand les ressources se font plus rares. Sa position dans la famille humaine reste méconnue, avec deux hypothèses en lice : une filiation avec Homo erectus (un ancêtre d’Homo sapiens), avec Homo habilis ou encore avec des australopithèques, peut-être déjà de petites tailles.
Deux études, parues dans Nature, viennent éclairer l’histoire d’un jour nouveau. En 2014, des restes ont été trouvés dans une autre grotte de la même île, sur le site de Mata Menge : un morceau de mandibule et six dents. Une récolte modeste mais bouleversante. La mandibule s’apparente à celle de l’Homme de Florès mais avec une taille encore plus petite que celle des fossiles de la grotte de Liang Bua (celle de la découverte de 2003). D’après les auteurs, il s’agit bien d’un individu adulte. Elle s’apparenterait davantage, ajoutent-ils, à H. erectus qu’à H. habilis. De plus, les dents semblent intermédiaires entre celles de H. erectus et celles de l’Homme de Florès de la grotte de Liang Bua. Nous partagerions donc un même ancêtre (H. erectus) avec l’Homme de Florès, qui devient un cousin.
Les humains peuvent rapetisser autant que les éléphants...
Voilà pour la première étude. La seconde est une datation, par la méthode des isotopes de l’argon (évaluant le rapport 40Ar/39Ar). Le résultat est lui aussi étonnant : 700.000 ans. Exit, donc la parenté directe avec H. sapiens puisque notre espèce n’existait pas encore. L’hypothèse qui est ainsi consolidée est celle d’une filiation avec H. erectus et un phénomène de nanisme insulaire, qui a par exemple, soulignent les auteurs, abouti à des éléphants mesurant 1 m au garrot, sur des îles de Méditerranée, et à des mammouths nains, retrouvés en Crète.
Parvenu sur ces îles indonésiennes, ce descendant de H. erectus, confronté à des ressources alimentaires plus rares, se serait adapté au fil des générations par une taille plus faible. Les outils les plus anciens retrouvés sur l’île indiquent, selon Gerrit van den Bergh, coauteur des deux études, que H. erectus a dû arriver il y a environ un million d’années. La conclusion en rejoint deux autres. Celle de Matthew Tocheri, du Muséum d’histoire naturelle de Washington, qui, en 2007, sur la base de comparaisons anatomiques, situait à au moins 800.000 ans la séparation entre notre propre lignée et celle ayant conduit à l'Homme de Florès. Et celle de Karen Baab, en 2013, rapprochant le Hobbit avec H. erectus. En quelques centaines de milliers d’années, l’espèce a pu augmenter sa population en réduisant sa taille, comme les éléphants de Sicile ou de Malte…
Source : Futura Sciences du 10/06/2016
vendredi 10 juin 2016
L’ancêtre de l’homme de Florès, dit «le hobbit», a (peut-être) été découvert
Cela pourrait éclaircir le mystère entourant « le hobbit », le vrai. Deux études publiées ce mercredi dans la revue britannique Nature devraient mettre fin à certaines controverses vieilles de plus de dix ans autour des origines de l’homme de Flores, qui vivait sur l’île indonésienne du même nom et qui est surnommé le « hobbit » en raison de sa petite taille.
Plus de dix ans de recherches
Retour en trois temps sur cette découverte scientifique. Acte Un : L’homme de Florès, qui aurait vécu il y a 50.000 ans, a été mis au jour en septembre 2003 dans la grotte de Liang Bua sur l’île éponyme en Indonésie. D’une taille d’environ 1m pour 25 kg, ils étaient dotés d’une tête anormalement petite par rapport à leur corps, abritant un cerveau d’une taille similaire à celui d’un chimpanzé. Ce qui leur vaut le surnom de « hobbits » comme les petits personnages du Seigneur des anneaux de Tolkien.
Acte deux : depuis cette découverte, les scientifiques tentent d’expliquer d’où pourrait venir cet étrange petit être, pourquoi il est si petit et pourquoi on ne le retrouve que sur cette île. Pour certains, l’homme de Florès serait un descendant de petits Homo habilis ou de petits australopithèques venus d’Afrique. Pour d’autres, ce serait un Homo erectus qui aurait progressivement rapetissé pour adapter ses besoins à des ressources peu abondantes.
Nouveau rebondissement ce mercredi pour un troisième acte : Yousuke Kaifu et son équipe annoncent, dans une étude publiée dans la revue britannique Nature, la découverte en 2014, de nouveaux fossiles sur l’île. Ce trésor, qui a été découvert sur le site de Mata Menge à 100 kilomètres à l’est de la grotte de Liang Bua, où les fameux « hobbits » ont été retrouvés, comprend un fragment de mâchoire et six dents, qui provient d’une mandibule plus petite que la plus petite mandibule de l’homme de Florès.
Fin des polémiques
Des ossements qu’Adam Brumm de l’université de Wollongong en Australie et ses collègues, datent d’environ 700.000 ans dans une seconde étude, publiée également ce mercredi dans Nature.
« Ce que nous avons trouvé est une énorme surprise et laisse penser que l’Homo floresiensis est une espèce extrêmement ancienne qui a acquis sa petite taille très tôt, peut-être peu de temps après son arrivée sur l’île il y a environ un million d’années », déclare le chercheur.
« Ces étranges hominidés étaient donc déjà présents sur l’île il y a 700.000 ans », explique Yousuke Kaifu du Musée national de la nature et des sciences d’Ibaraki au Japon. « J’étais stupéfait quand j’ai vu ces nouveaux fossiles », ajoute-t-il.
Cette découverte discrédite une des hypothèses jusqu’ici avancée par certains chercheurs puisque si le petit homme était présent il y a 700.000 ans, il ne peut pas être un Homo sapiens, apparu sur Terre bien plus tard. Fin d’une polémique : l’homme de Florès n’est donc pas un sapiens malade, atteint de microcéphalie ou de trisomie. L’homme de Florès pourrait donc bien être un pur produit de l’évolution locale, qui se serait adapté à l’environnement de l’île où les ressources alimentaires étaient rares.
Source : 20 minutes du 08/06/2016
vendredi 3 juin 2016
Trois choses que nous apprend la grotte de Bruniquel sur l'Homme de Néandertal
Longtemps considéré comme une sous-version de l’Homo Sapiens, l’Homme de Néandertal reprend du galon au fur et à mesure des découvertes scientifiques, perdant l’étiquette d’attardé que certains lui avaient un peu top vite collée sur le dos.
Les récentes analyses réalisées dans la grotte de Bruniquel, dans le Tarn-et-Garonne, montrent que notre vieux cousin était bien plus qu’un simple rustre, simplement bon à chasser.
L’Homme de Néandertal, cet Indiana Jones méconnu
Même pas peur. Bien avant l’Homo Sapiens, descendu il y a 30.000 ans dans les profondeurs de la grotte ardéchoise de Chauvet, l’Homme de Néandertal s’est aventuré sous terre. C’était il y a 176.500 ans, dans une grotte qui surplombe aujourd’hui la vallée de l’Aveyron. Et il ne s’est pas contenté de mettre un pied dans ce lieu froid et noir avant de tourner les talons.
A 336 mètres de l’entrée actuelle, une cavité a été découverte en février 1990 par des membres de la Société de spéléo-archéologique de Caussade. Ils vont rapidement se rendre compte que la disposition des stalagmites n’est pas vraiment naturelle, mais due à une intervention humaine.
Une première datation au carbone 14 fera penser que celle-ci date d’au moins 47.600 ans. Mais des analyses plus récentes ont reculé la période à 176.500 ans. Une surprise pour les chercheurs, parce qu’à cette époque-là, l’Homo Sapiens n’a pas encore mis un seul orteil sur le sol européen. Par contre, ce bon vieil Homme de Néandertal était tout désigné.
L’Homme de Néandertal, ce bâtisseur
Bon, on est encore loin des aqueducs romains. Mais pour un Néandertalien, c’est pas mal du tout. Les six « structures » retrouvées dans la grotte de Bruniquel montrent que ceux qui l’ont fréquentée il y a des milliers d’années n’ont pas chômé. Et ont mis à contribution leurs corps puissants et trapus.
« Ils ont déplacé 400 morceaux de stalagmites, ils les ont tronçonnés, calibrés, agencés. Cela représente presque 2,2 tonnes de matériel. C’est un acte très réfléchi », indique Jacques Jaubert, professeur de Préhistoire à l’Université de Bordeaux, coauteur de l’article paru dans le magazine Nature sur cette découverte.
L’Homme de Néandertal, cet homme sociable
Et pour y arriver, ils ont communiqué entre eux, échangé, peut-être même que l’un d’eux donnait des ordres aux autres. Et oui, les hommes de Néandertal ne faisaient pas que grogner, ils pouvaient aussi parler et étaient aussi bien équipés pour ça que nos chers ancêtres.
« Il y a 170.000 ans, il y avait deux humanités, avec le même niveau technique et cognitif, le même état d’acquisition technique », plaide Jacques Jaubert. La même maîtrise du feu aussi, qui servait à Bruniquel à éclairer les parois sombres. On a d’ailleurs retrouvé 18 traces de feu, notamment d’os d’animaux calcinés.
L’Homme de Néandertal, mystique ou technique ?
Reste à savoir pourquoi ils ont décidé d’aller s’enterrer là-bas. « Je ne crois pas que ce soir un habitat de refuge. Par élimination et recoupements avec d’autres milieux souterrains, on s’y rend pour chercher de la matière, comme de l’argile, ou pour enterrer les morts », poursuit Jacques Jaubert.
Et ces structures servaient à quoi ? A un rite, un culte ? « C’était peut-être une technique pour conserver de l’eau, présente sur place », s’interroge le spécialiste de la Préhistoire. Les futures analyses perceront peut-être ce nouveau mystère.
Source : 20 minutes du 26/05/2016
mercredi 1 juin 2016
L'homme de Néandertal, le premier spéléologue ?
"Cela recule considérablement la date de fréquentation des grottes" par le genre Homo, la plus ancienne preuve formelle datant jusqu'ici de 38.000 ans (grotte Chauvet en Ardèche), a souligné le CNRS dont l'un des scientifiques a participé à l'étude publiée mercredi dans la revue Nature.
"Cela change également notre vision de Néandertal", a-t-il ajouté.
Surplombant la vallée de l'Aveyron, la grotte de Bruniquel (Tarn-et-Garonne) a été découverte en 1990 par des spéléologues.
Très difficile d'accès, elle est dans un état de conservation exceptionnel. A plus de 330 mètres de l'entrée, on y découvre d'étonnantes structures composées d'environ 400 stalagmites ou tronçons de stalagmites accumulés, empilés et agencés. Deux d'entre elles sont de forme circulaire.
Au même endroit, se trouvent des preuves de l'utilisation du feu (calcite rougie, noircie par la suie) et des vestiges d'os calcinés.
En 1995, une équipe de chercheurs, menée par François Rouzaud, avait estimé, grâce à la datation au carbone 14, qu'un de ces os brûlés avait au moins 47.000 ans.
L'idée que l'homme de Néandertal pouvait avoir réalisé les structures avait été émise. Puis les recherches avaient été mises en sommeil suite au décès de M. Rouzaud.
Sous l'impulsion de Sophie Verheyden, spéléologue et chercheuse à l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, une nouvelle équipe a été formée en 2013.
Les structures ont été cartographiées très précisément grâce à la 3D. L'équipe internationale a daté les stalagmites par la méthode uranium-thorium qui permet de remonter à des périodes très anciennes.
Verdict: les agencements ont environ 176.500 ans. Et un vestige d'os brûlé a lui aussi cet âge vénérable.
"Cela a constitué une surprise incroyable pour nous. Nous avons refait les calculs pour en être certains", raconte à l'AFP Dominique Genty, paléoclimatologue du CNRS.
- Un rite ? -
Les scientifiques ont vérifié que ces structures ne pouvaient pas être d'origine naturelle ou bien être liées à la circulation des ours dans la caverne.
"Nous avons démontré de manière incontestable que ces structures sont bien d'origine humaine", déclare à l'AFP Jacques Jaubert, professeur de préhistoire à l'Université de Bordeaux.
Vu l'âge très ancien de ces structures, "il n'y a probablement que l'homme de Néandertal qui puisse en être l'auteur car il n'y avait pas d'autres groupe humain à cette époque en Europe", souligne l'archéologue Marie Soressi, de l'Université de Leiden (Pays-Bas), dans une commentaire pour Nature. L'homme moderne n'était pas encore arrivé dans ces contrées.
L'une des structures de forme circulaire est large de plus de 6,7 mètres et comprend un "muret" composé de plusieurs couches de fragments de stalagmites superposés, qui fait 30 centimètres de haut.
Les Néandertaliens ont arraché les stalagmites dans la grotte et les ont calibré pour venir les agencer. "Ils ont déplacé 2,3 tonnes de matériel. Cela ne peut être qu'un travail collectif", souligne M. Jaubert.
Pour s'éclairer, ils ont fait du feu en faisant brûler des os, comme le montrent les traces de points de chauffe retrouvées sur les structures.
Pour le chercheur, l'étude fait "bouger les lignes" concernant l'Homme de Néandertal qui a vécu entre - 250.000 ans et - 40.000 ans.
"Nous estimons avoir apporté la preuve de la capacité de l'homme de Néandertal à aller sous terre dans un milieu hostile en s'éclairant avec du feu, pour faire des choses inhabituelles qui ne sont pas du domaine de la subsistance", a-t-il dit.
Cela montre que "ce ne sont pas des sombres brutes qui ne font que tailler du silex ou abattre des bisons pour s'alimenter".
Pourquoi ces Néandertaliens ont-ils édifié ces mystérieuses structures si loin dans la grotte?
Etait-ce lié à des rites, à la célébration d'un culte? Le chercheur reste prudent mais il espère qu'"avec Bruniquel, on va tirer un fil très intéressant".
L'équipe va demander l'autorisation de faire de nouveaux prélèvements.
La grotte, privée et gérée par une société spéléologique, est en cours de classement par le ministère français de la Culture.
Source : La Croix du 26/05/2016









