La découverte de cinq squelettes fossiles d’Homo sapiens datant de 300 000 ans dans le nord-ouest du Maroc fait reculer les origines de notre espèce de 100 000 ans.
Elle révèle un scénario évolutif complexe de l’humanité en Afrique.
« Nous avons pris l’habitude de penser que le berceau de l’humanité moderne peut être localisé en Afrique de l’Est, il y a 200 000 ans, mais nos travaux démontrent sans ambiguïté qu’Homo sapiens était probablement déjà présent sur l’ensemble du continent africain il y a 300 000 ans. Bien longtemps avant la sortie d’Afrique d’Homo sapiens, il y a eu une dispersion ancienne à l’intérieur de l’Afrique », déclare Jean-Jacques Hublin, de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionnaire de Leipzig et du Collège de France (1).
Une équipe internationale, menée par le paléo-anthropologue français et Abdelouahed Ben-Ncer de l’Institut national d’archéologie et du patrimoine de Rabat, vient d’analyser cinq squelettes – trois adultes, un adolescent et un enfant – comme appartenant à l’espèce de l’homme moderne, Homo sapiens. Situés à Jebel Irhoud (jebel signifie colline), au sud-ouest de Casablanca, dans une mine de barytine (sulfate de baryum), ces restes sont associés à des outils de pierre et des restes de faunes.
Pour la datation, « nous avons pu analyser de nombreux silex brûlés par la méthode de thermoluminescence, et avons obtenu, avec une grande surprise, des dates d’environ 300 000 ans, repoussant les origines de notre espèce de 100 000 ans », se souvient Jean-Jacques Hublin.
« Une boîte crânienne de grande taille »
L’analyse morphologique par tomographie et reconstitution 3D a aussi donné lieu à de bonnes surprises. « Les hommes de Jebel Irhoud possèdent à la fois une face et une denture modernes, et une boîte crânienne de grande taille avec une forme oblongue, des caractères archaïques », poursuit le chercheur.
« Nous montrons que la face humaine a acquis précocement ses caractéristiques modernes, mais que la forme du cerveau et possiblement ses fonctions ont continué à évoluer au sein de la lignée d’Homo sapiens », ajoute Philipp Gunz, anthropologue à Leipzig. « Ces résultats, précise Jean-Jacques Hublin, viennent conforter ceux de la paléogénétique chez les Néandertaliens, les Dénisoviens et les hommes modernes, qui montrent que dans notre lignée, une poignée de gènes a présidé au développement cérébral et à la connectivité du cerveau via une succession de mutations génétiques. »
Homo sapiens primitifs, les fossiles de Jebel Irhoud représentent à ce jour les traces les plus anciennes d’Homo sapiens sur le continent africain. Toutefois, les paléo-anthropologues en ont recensé d’autres, à Florisbad (Afrique du Sud, 260 000 ans) et à Omo Kibish (Éthiopie, 195 000 ans). L’origine de notre espèce résulte donc sans doute d’un scénario complexe impliquant l’ensemble de l’Afrique.
« Un berceau à roulettes »
À Jebel Irhoud, les fossiles humains sont associés dans les couches sédimentaires à des restes d’animaux chassés, essentiellement des gazelles. Les outils appartiennent à l’époque dite Middle Stone Age, la grande étape de la préhistoire africaine. Ces outils ont été fabriqués avec du silex importé selon la technique de débitage Levallois, et on n’a pas trouvé de bifaces, types d’outils couramment présents dans des sites plus anciens.
« Il est très probable que les innovations techniques qui caractérisent le Middle Stone Age soient associées à l’émergence et à la dispersion d’Homo sapiens, résultat des changements à la fois biologiques et comportementaux », indique Shannon McPherron, de Leipzig.
L’Afrique est bien le berceau de l’humanité, disait l’abbé Breuil, mais « un berceau à roulettes ». Aujourd’hui, Jean-Jacques Hublin et son équipe confirment cette boutade.
Source : La Croix du 07/06/2017
mercredi 7 juin 2017
vendredi 2 juin 2017
Le berceau de l'humanité est-il en Europe plutôt qu'en Afrique ?
Le dernier ancêtre aux humains et aux autres primates serait européen et pas africain. C'est ce que suggère une équipe de paléontologues qui font de Graecopithecus freybergi, connu par quelques fossiles trouvés en Grèce et en Bulgarie, un hominine, alors qu'il est daté de 7,2 millions d'années. Mais ce résultat est loin de faire l'unanimité.
Une datation et une analyse de deux restes fossiles appartenant à un primate de 7,2 millions d'années du nord de la Méditerranée indiqueraient qu'il s'agit d'un membre de la lignée humaine.
La séparation d'avec la lignée des grands singes actuels se serait donc opérée en Europe et pas en Afrique.
Ces résultats, basés sur un petit nombre d'indices, ne seront pas acceptés facilement par la communauté des paléoanthropologues.
D'après deux articles publiés dans la revue Plos One, le Graecopithèque était plus près de l'Homme que de tout autre primate. La conclusion est donc qu'il devrait être intégré dans la famille humaine des Hominines. Elle est à peu près révolutionnaire à cause de la datation et de la région où il vivait : entre -7,15 et -7,24 millions d'années en Europe.
Or, les paléontologues, très majoritairement, estiment que la lignée humaine est apparue en Afrique et que son plus ancien représentant connu est Toumaï, alias Sahelanthropus tchadensis, qui vivait il y a 7 millions d'années dans ce qui est aujourd'hui le Tchad.
Pour parvenir à cette conclusion, l'équipe internationale, dirigée par Madelaine Böhme (université de Tübingen) et Nikolai Spassov (Muséum national d'histoire naturelle, Sofia), a étudié les restes connus de Graecopithèque : une dent trouvée en 2012 en Bulgarie et une mandibule, découverte à Pyrgos Vassilissis (aujourd'hui un quartier d'Athènes) en 1944, « dans des circonstances mal documentées », comme l'explique le site Hominidés.com. La prémolaire avait été datée de 7 millions d'années grâce aux autres fossiles associés, et rapprochée de la mâchoire grecque, laquelle avait donné lieu à la description d'une nouvelle espèce de primate, Graecopithecus freybergi, dont, de plus, l'âge estimé était similaire.
Le primate des Balkans vivait dans une steppe
Les chercheurs ont passé la prémolaire et la mandibule au scanner CT et ont repéré deux analogies avec l'anatomie humaine. Selon eux, les canines sont petites et les racines des dents sont partiellement fusionnées, ce qui est spécifique des humains.
Le second article traite de la datation de la mandibule (-7,175 millions d'années) et de la dent bulgare (-7,24 millions d'années), mais aussi de l'environnement qui régnait à cette époque autour de la Méditerranée. La région devait alors être une savane, estiment les auteurs. Durant le Messinien, poursuivent-ils, le climat s'y est brutalement refroidi et c'est à ce moment et à cet endroit que la lignée humaine se serait séparée de celle des singes.
Ces résultats bousculent suffisamment les connaissances actuelles pour qu'ils méritent une vérification. Ils obligeraient à réécrire l'histoire des hominidés et se heurtent aux nombreux indices de la piste africaine. Interrogés par le Washington Post, plusieurs paléontologues expriment leurs doutes.
« J'apprécie beaucoup cette analyse détaillée de la mandibule de Graecopithecus, commente Richard Potts, paléaoanthropologue à la Smithsonian Institution. Mais la conclusion principale de l'article va bien au-delà des résultats. » Quoi qu'il en soit, le primate des Balkans risque de refaire parler de lui, tant l'histoire des Hominidés est mal connue, comme en témoignent les interrogations sur l'espèce humaine elle-même (voir l'article ci-dessous) et sur ses longues pérégrinations, sept millions d'années plus tard.
Source : Futura Science du 26/05/2017
Une datation et une analyse de deux restes fossiles appartenant à un primate de 7,2 millions d'années du nord de la Méditerranée indiqueraient qu'il s'agit d'un membre de la lignée humaine.
La séparation d'avec la lignée des grands singes actuels se serait donc opérée en Europe et pas en Afrique.
Ces résultats, basés sur un petit nombre d'indices, ne seront pas acceptés facilement par la communauté des paléoanthropologues.
D'après deux articles publiés dans la revue Plos One, le Graecopithèque était plus près de l'Homme que de tout autre primate. La conclusion est donc qu'il devrait être intégré dans la famille humaine des Hominines. Elle est à peu près révolutionnaire à cause de la datation et de la région où il vivait : entre -7,15 et -7,24 millions d'années en Europe.
Or, les paléontologues, très majoritairement, estiment que la lignée humaine est apparue en Afrique et que son plus ancien représentant connu est Toumaï, alias Sahelanthropus tchadensis, qui vivait il y a 7 millions d'années dans ce qui est aujourd'hui le Tchad.
Pour parvenir à cette conclusion, l'équipe internationale, dirigée par Madelaine Böhme (université de Tübingen) et Nikolai Spassov (Muséum national d'histoire naturelle, Sofia), a étudié les restes connus de Graecopithèque : une dent trouvée en 2012 en Bulgarie et une mandibule, découverte à Pyrgos Vassilissis (aujourd'hui un quartier d'Athènes) en 1944, « dans des circonstances mal documentées », comme l'explique le site Hominidés.com. La prémolaire avait été datée de 7 millions d'années grâce aux autres fossiles associés, et rapprochée de la mâchoire grecque, laquelle avait donné lieu à la description d'une nouvelle espèce de primate, Graecopithecus freybergi, dont, de plus, l'âge estimé était similaire.
Le primate des Balkans vivait dans une steppe
Les chercheurs ont passé la prémolaire et la mandibule au scanner CT et ont repéré deux analogies avec l'anatomie humaine. Selon eux, les canines sont petites et les racines des dents sont partiellement fusionnées, ce qui est spécifique des humains.
Le second article traite de la datation de la mandibule (-7,175 millions d'années) et de la dent bulgare (-7,24 millions d'années), mais aussi de l'environnement qui régnait à cette époque autour de la Méditerranée. La région devait alors être une savane, estiment les auteurs. Durant le Messinien, poursuivent-ils, le climat s'y est brutalement refroidi et c'est à ce moment et à cet endroit que la lignée humaine se serait séparée de celle des singes.
Ces résultats bousculent suffisamment les connaissances actuelles pour qu'ils méritent une vérification. Ils obligeraient à réécrire l'histoire des hominidés et se heurtent aux nombreux indices de la piste africaine. Interrogés par le Washington Post, plusieurs paléontologues expriment leurs doutes.
« J'apprécie beaucoup cette analyse détaillée de la mandibule de Graecopithecus, commente Richard Potts, paléaoanthropologue à la Smithsonian Institution. Mais la conclusion principale de l'article va bien au-delà des résultats. » Quoi qu'il en soit, le primate des Balkans risque de refaire parler de lui, tant l'histoire des Hominidés est mal connue, comme en témoignent les interrogations sur l'espèce humaine elle-même (voir l'article ci-dessous) et sur ses longues pérégrinations, sept millions d'années plus tard.
Source : Futura Science du 26/05/2017
mercredi 31 mai 2017
Ce fossile prouve que nos ancêtres marchaient déjà debout il y a 3,3 millions d’années
L’Homme est la seule créature terrestre à se déplacer exclusivement sur ses deux membres postérieurs, avec le corps parfaitement droit. Cette bipédie ne date pas d’hier, mais grâce à l’étude d’un fossile d’hominidé – surnommé Selam – découvert en 2006 par le paléoanthropologue de l’université de Chicago Zeresenay Alemseged, il a été démontré que certaines fonctionnalités de la marche sur deux pieds étaient déjà établies il y a au moins 3,3 millions d’années, bien plus tôt que ce que nous pensions jusqu’ici. C’est la conclusion d’un rapport paru le 22 mai dans la revue de l’Académie des sciences américaine.
Depuis leur découverte, Alemseged n’a cessé d’étudier ces os très anciens. Deux éléments en font une découverte remarquable : d’abord, l’exhaustivité des ossements, et ensuite, l’âge précoce de la mort de Selam, qui n’avait que deux ans et demi. Ce qui fait de lui le plus ancien, le plus complet, mais aussi le plus jeune de nos ancêtres jamais découverts. « Ce type de préservation est sans précédent, en particulier chez un jeune dont les vertèbres n’ont pas encore complètement fusionné », explique le paléoanthropologue. Et ses dernières recherches ont identifié ces os comme étant l’exemple le plus ancien de bipédie.
Selon les résultats de l’analyse, des segments clés de la structure de la colonne vertébrale qui ont permis aux hominidés de marcher un jour sur leurs jambes, sont déjà développés dans les ossements de Selam, en dévoilant un peu plus sur l’évolution de la race humaine. « Cela montre que la structure générale de la colonne vertébrale humaine a émergé il y a plus de 3,3 millions d’années, mettant en lumière l’une des caractéristiques de l’évolution humaine », affirme Alemseged.
Selam appartient à l’espèce des Australopithèques afarensis, tout comme la célèbre Lucy. Cependant, il vivait près de 120 000 ans avant elle. Comme nous, Selam ne possédait que 12 vertèbres thoraciques et 12 paires de côtes, alors que la plupart des singes en ont davantage. En revanche, les humains ont plus de vertèbres dans le bas du dos, ce qui nous aide à nous tenir debout et à marcher en nous tenant droit. Pour étudier les ossements, Alemseged et son équipe se sont rendus en France pour utiliser la technologie d’imagerie de l’Installation européenne de rayonnement synchrotron. Cela leur a permis de visualiser les parties manquantes de la structure osseuse.
Source : Ulyces du 05/2017
Depuis leur découverte, Alemseged n’a cessé d’étudier ces os très anciens. Deux éléments en font une découverte remarquable : d’abord, l’exhaustivité des ossements, et ensuite, l’âge précoce de la mort de Selam, qui n’avait que deux ans et demi. Ce qui fait de lui le plus ancien, le plus complet, mais aussi le plus jeune de nos ancêtres jamais découverts. « Ce type de préservation est sans précédent, en particulier chez un jeune dont les vertèbres n’ont pas encore complètement fusionné », explique le paléoanthropologue. Et ses dernières recherches ont identifié ces os comme étant l’exemple le plus ancien de bipédie.
Selon les résultats de l’analyse, des segments clés de la structure de la colonne vertébrale qui ont permis aux hominidés de marcher un jour sur leurs jambes, sont déjà développés dans les ossements de Selam, en dévoilant un peu plus sur l’évolution de la race humaine. « Cela montre que la structure générale de la colonne vertébrale humaine a émergé il y a plus de 3,3 millions d’années, mettant en lumière l’une des caractéristiques de l’évolution humaine », affirme Alemseged.
Selam appartient à l’espèce des Australopithèques afarensis, tout comme la célèbre Lucy. Cependant, il vivait près de 120 000 ans avant elle. Comme nous, Selam ne possédait que 12 vertèbres thoraciques et 12 paires de côtes, alors que la plupart des singes en ont davantage. En revanche, les humains ont plus de vertèbres dans le bas du dos, ce qui nous aide à nous tenir debout et à marcher en nous tenant droit. Pour étudier les ossements, Alemseged et son équipe se sont rendus en France pour utiliser la technologie d’imagerie de l’Installation européenne de rayonnement synchrotron. Cela leur a permis de visualiser les parties manquantes de la structure osseuse.
Source : Ulyces du 05/2017
lundi 29 mai 2017
Selam, le plus vieil enfant du monde réécrit l’histoire de notre colonne vertébrale
Les restes conservés vieux de 3,3 millions d’années d’une jeune Australopithecus Afarensis ont révélé que la colonne vertébrale de ces premiers hominidés était plus semblable à la nôtre que celle des singes africains existants à l’époque.
Pendant plus de trois millions d’années, il est resté tranquille à attendre. Découvert au milieu des années 2000 à Dikika, sur les berges du fleuve Awash (Éthiopie), le squelette est celui d’une jeune enfant baptisée Selamet probablement âgée de deux ou trois ans au moment de son décès. Découverts enfouis dans un bloc de grès, les restes fossilisés ont été incroyablement bien conservés, mais les ossements étant très fragiles, il aura fallu plus de treize ans au paléontologue Zeresenay Alemseged pour les extraire complètement sans les abîmer, un processus long et minutieux.
Les ossements de ce petit Australopithecus Afarensis (la même espèce que la célèbre Lucy découverte en 1974) sont en effet très précieux puisqu’ils constituent le seul exemple connu de colonne vertébrale à cette époque reculée. Le cou et la cage thoracique ont également été retrouvés. L’étude permet ainsi de se faire une idée assez précise du mode de locomotion et de croissance des australopithèques.
Dans leur étude publiée dans PNAS, les chercheurs ont entrepris de décrire le squelette en détail, se concentrant en particulier sur les vertèbres et leur morphologie. Le squelette semble en effet avoir été composé de douze vertèbres thoraciques et douze paires de côtes comme les humains, plutôt que treize chez les singes africains. Les chercheurs ont également pu voir un lien clé dans l’évolution de la colonne vertébrale des primates aux humains alors que les premiers hominidés commençaient à se redresser. Au cours de ce processus, les humains ont commencé à avoir moins de vertèbres dans le haut du dos et plus dans le bas pour permettre des modèles de démarches plus efficaces.
« Une étude continue et minutieuse du squelette de Selam montre que la structure générale de la colonne vertébrale humaine a émergé il y a plus de 3 millions d’années, mettant en lumière l’une des caractéristiques de l’évolution humaine », a déclaré Zeresenay Alemseged. « Ce type de préservation est sans précédent, en particulier chez un jeune dont les vertèbres ne sont pas encore complètement fusionnées ». Notons également que la forme de ses pieds, de ses genoux et des os de ses jambes tout comme la position de son « trou occipital » (par lequel la moelle épinière rejoint le cerveau) font également dire aux chercheurs que Selam pouvait marcher debout. Ses phalanges et ses omoplates ressemblent en revanche à celles de jeunes gorilles, ce qui laisse penser qu’elle était une bonne grimpeuse. Cela lui permettait sans doute de se réfugier dans les arbres en cas de danger.
Source : Sciencepost du 25/05/2017
Pendant plus de trois millions d’années, il est resté tranquille à attendre. Découvert au milieu des années 2000 à Dikika, sur les berges du fleuve Awash (Éthiopie), le squelette est celui d’une jeune enfant baptisée Selamet probablement âgée de deux ou trois ans au moment de son décès. Découverts enfouis dans un bloc de grès, les restes fossilisés ont été incroyablement bien conservés, mais les ossements étant très fragiles, il aura fallu plus de treize ans au paléontologue Zeresenay Alemseged pour les extraire complètement sans les abîmer, un processus long et minutieux.
Les ossements de ce petit Australopithecus Afarensis (la même espèce que la célèbre Lucy découverte en 1974) sont en effet très précieux puisqu’ils constituent le seul exemple connu de colonne vertébrale à cette époque reculée. Le cou et la cage thoracique ont également été retrouvés. L’étude permet ainsi de se faire une idée assez précise du mode de locomotion et de croissance des australopithèques.
Dans leur étude publiée dans PNAS, les chercheurs ont entrepris de décrire le squelette en détail, se concentrant en particulier sur les vertèbres et leur morphologie. Le squelette semble en effet avoir été composé de douze vertèbres thoraciques et douze paires de côtes comme les humains, plutôt que treize chez les singes africains. Les chercheurs ont également pu voir un lien clé dans l’évolution de la colonne vertébrale des primates aux humains alors que les premiers hominidés commençaient à se redresser. Au cours de ce processus, les humains ont commencé à avoir moins de vertèbres dans le haut du dos et plus dans le bas pour permettre des modèles de démarches plus efficaces.
« Une étude continue et minutieuse du squelette de Selam montre que la structure générale de la colonne vertébrale humaine a émergé il y a plus de 3 millions d’années, mettant en lumière l’une des caractéristiques de l’évolution humaine », a déclaré Zeresenay Alemseged. « Ce type de préservation est sans précédent, en particulier chez un jeune dont les vertèbres ne sont pas encore complètement fusionnées ». Notons également que la forme de ses pieds, de ses genoux et des os de ses jambes tout comme la position de son « trou occipital » (par lequel la moelle épinière rejoint le cerveau) font également dire aux chercheurs que Selam pouvait marcher debout. Ses phalanges et ses omoplates ressemblent en revanche à celles de jeunes gorilles, ce qui laisse penser qu’elle était une bonne grimpeuse. Cela lui permettait sans doute de se réfugier dans les arbres en cas de danger.
Source : Sciencepost du 25/05/2017
jeudi 25 mai 2017
La séparation entre humains et singes plus ancienne qu’on ne le pensait
La divergence dans l’évolution entre les grands singes et les humains se serait produite plus tôt qu’on le croyait, en Europe orientale et non en Afrique, selon une nouvelle analyse de deux fossiles d’hominidés datant de 7,2 millions d’années.
Encore une donnée scientifique qui s’effondre ! Jusqu’à ce 23 mai 2017, en effet, on pensait que la séparation entre les grands singes (chimpanzé, bonobo, orang-outan, gorille) et les humains s’était effectuée il y a 6 à 7 millions d’années, en Afrique sahélienne, possiblement dans le Tchad actuel.
On sait à présent que la divergence s’est réalisée il y a environ 7,2 millions d’années, en Europe, dans l’est du bassin méditerranéen, en Bulgarie et en Grèce plus exactement.
Une découverte extraordinaire
C’est une nouvelle spectaculaire qui semble bien étayée par les résultats des paléoanthropologues du Centre Senckenberg sur l’évolution humaine de l’Université de Tübingen (Bade-Wurtemberg), dans le sud-ouest de l’Allemagne, menés par Madelaine Böhme et Jochen Fuss.
Leurs travaux pour retrouver le fameux « DAC », le « dernier ancêtre commun » entre les singes et l’homme, l’une des quêtes fondamentales des paléoanthropologues, s’appuient sur une re-visitation d’ossements et des sites d’hominidés « Graecopithèque freybergi », trouvés depuis plusieurs décennies, au moyen de technologies modernes.
Il s’agit d’une partie de mâchoire inférieure (mandibule) exhumée en Grèce et d’une prémolaire supérieure mise au jour en Bulgarie.
Plus ancien
Pour l’étude anatomique des os et dents, les chercheurs ont fait appel à la tomographie, une technique d’imagerie permettant de reconstruire par ordinateur un objet en volume (3D) à partir d’une série de fines coupes en 2D, effectuées tranche par tranche. L’équipe internationale (Allemagne, Bulgarie, Grèce, Canada) s’est aperçue que les racines des prémolaires étaient en partie fusionnées.
« Alors que chez les grands singes les deux ou trois racines des molaires sont nettement séparées ou divergent, chez le Graecopithèque elles convergent et sont partiellement fusionnées, une caractéristique typique des humains modernes et anciens et de plusieurs hominidés pré-humains, dont l’Ardipithèque et l’Australopithèque », explique Madelaine Böhme.
« Nous avons été surpris de ces résultats alors que les hominidés pré-humains connus jusqu’alors avaient été trouvés seulement en Afrique sub-saharienne », complète Jochen Fuss.
Quant à l’âge de ces ossements, il a été déterminé en retournant sur les sites de Grèce et de Bulgarie, et en datant les sédiments par une méthode géophysique. Il en ressort que les deux fossiles du Graecopithèque datent respectivement de 7,24 et de 7,17 millions d’années.
Ces résultats font que le Graecopithèque « européen » est plus ancien, de plusieurs centaines de milliers d’années, que le plus vieux des autres hominidés potentiellement pré-humains découvert au Tchad.
Il s’agit de Sahelanthropus tchadensis, alias Toumaï (signifiant « premier homme » ou « espoir de vie » en langue goran), datant de 6 à 7 millions d’années au plus, mis au jour dans le désert du Djourab en 2001 par Michel Brunet, professeur de paléoanthropologie à l’université de Poitiers et au Collège de France.
« Cette datation nous permet de situer la séparation entre les humains et les chimpanzés dans la région de la Méditerranée », conclue David Begun, professeur de paléoanthropologie à l’Université de Toronto.
Bouleversement de l’environnement
L’évolution des hominidés pré-humains résulte, probablement, de bouleversements de l’environnement.
Les chercheurs de Tübingen ont d’ailleurs confirmé une publication dans Science (2006) de l’équipe de Michel Brunet indiquant que la formation du désert du Sahara remonte à plus de 7 millions d’années. « Ces données indiquent une propagation du Sahara il y a 7,2 millions d’années alors que les tempêtes dans le désert transportaient déjà la poussière salée rouge vers la côte nord de la Méditerranée, comme c’est toujours le cas aujourd’hui », expliquent-ils.
Les chercheurs ont également déterminé qu’à cette même époque, un écosystème de savane a émergé en Europe. « Cet écosystème correspond parfaitement aux fossiles de girafes, de gazelles, d’antilopes et de rhinocéros mis au jour avec ceux du Graecopithéque ».
Cette double évolution des écosystèmes « pourrait avoir joué un rôle dans la divergence entre la lignée humaine et celle des chimpanzés », estime Madelaine Böhme.
Source : La Croix du 23/05/2017
Encore une donnée scientifique qui s’effondre ! Jusqu’à ce 23 mai 2017, en effet, on pensait que la séparation entre les grands singes (chimpanzé, bonobo, orang-outan, gorille) et les humains s’était effectuée il y a 6 à 7 millions d’années, en Afrique sahélienne, possiblement dans le Tchad actuel.
On sait à présent que la divergence s’est réalisée il y a environ 7,2 millions d’années, en Europe, dans l’est du bassin méditerranéen, en Bulgarie et en Grèce plus exactement.
Une découverte extraordinaire
C’est une nouvelle spectaculaire qui semble bien étayée par les résultats des paléoanthropologues du Centre Senckenberg sur l’évolution humaine de l’Université de Tübingen (Bade-Wurtemberg), dans le sud-ouest de l’Allemagne, menés par Madelaine Böhme et Jochen Fuss.
Leurs travaux pour retrouver le fameux « DAC », le « dernier ancêtre commun » entre les singes et l’homme, l’une des quêtes fondamentales des paléoanthropologues, s’appuient sur une re-visitation d’ossements et des sites d’hominidés « Graecopithèque freybergi », trouvés depuis plusieurs décennies, au moyen de technologies modernes.
Il s’agit d’une partie de mâchoire inférieure (mandibule) exhumée en Grèce et d’une prémolaire supérieure mise au jour en Bulgarie.
Plus ancien
Pour l’étude anatomique des os et dents, les chercheurs ont fait appel à la tomographie, une technique d’imagerie permettant de reconstruire par ordinateur un objet en volume (3D) à partir d’une série de fines coupes en 2D, effectuées tranche par tranche. L’équipe internationale (Allemagne, Bulgarie, Grèce, Canada) s’est aperçue que les racines des prémolaires étaient en partie fusionnées.
« Alors que chez les grands singes les deux ou trois racines des molaires sont nettement séparées ou divergent, chez le Graecopithèque elles convergent et sont partiellement fusionnées, une caractéristique typique des humains modernes et anciens et de plusieurs hominidés pré-humains, dont l’Ardipithèque et l’Australopithèque », explique Madelaine Böhme.
« Nous avons été surpris de ces résultats alors que les hominidés pré-humains connus jusqu’alors avaient été trouvés seulement en Afrique sub-saharienne », complète Jochen Fuss.
Quant à l’âge de ces ossements, il a été déterminé en retournant sur les sites de Grèce et de Bulgarie, et en datant les sédiments par une méthode géophysique. Il en ressort que les deux fossiles du Graecopithèque datent respectivement de 7,24 et de 7,17 millions d’années.
Ces résultats font que le Graecopithèque « européen » est plus ancien, de plusieurs centaines de milliers d’années, que le plus vieux des autres hominidés potentiellement pré-humains découvert au Tchad.
Il s’agit de Sahelanthropus tchadensis, alias Toumaï (signifiant « premier homme » ou « espoir de vie » en langue goran), datant de 6 à 7 millions d’années au plus, mis au jour dans le désert du Djourab en 2001 par Michel Brunet, professeur de paléoanthropologie à l’université de Poitiers et au Collège de France.
« Cette datation nous permet de situer la séparation entre les humains et les chimpanzés dans la région de la Méditerranée », conclue David Begun, professeur de paléoanthropologie à l’Université de Toronto.
Bouleversement de l’environnement
L’évolution des hominidés pré-humains résulte, probablement, de bouleversements de l’environnement.
Les chercheurs de Tübingen ont d’ailleurs confirmé une publication dans Science (2006) de l’équipe de Michel Brunet indiquant que la formation du désert du Sahara remonte à plus de 7 millions d’années. « Ces données indiquent une propagation du Sahara il y a 7,2 millions d’années alors que les tempêtes dans le désert transportaient déjà la poussière salée rouge vers la côte nord de la Méditerranée, comme c’est toujours le cas aujourd’hui », expliquent-ils.
Les chercheurs ont également déterminé qu’à cette même époque, un écosystème de savane a émergé en Europe. « Cet écosystème correspond parfaitement aux fossiles de girafes, de gazelles, d’antilopes et de rhinocéros mis au jour avec ceux du Graecopithéque ».
Cette double évolution des écosystèmes « pourrait avoir joué un rôle dans la divergence entre la lignée humaine et celle des chimpanzés », estime Madelaine Böhme.
Source : La Croix du 23/05/2017
mardi 23 mai 2017
jeudi 18 mai 2017
Comment ce cousin de l’Homme pourrait transformer notre compréhension de l’évolution humaine
Une étude récente confirme que Homo naledi était bien présent en Afrique du Sud il y a entre 236 000 et 335 000 ans. Il pourrait donc avoir côtoyé l’Homme moderne qui serait apparu il y a 200 000 ans.
La découverte d’Homo naledi il y a quelques années avait été énormément médiatisée. La publication d’une nouvelle espèce d’hominidé est toujours un événement, certes, mais Homo naledi n’avait pourtant pas été daté à l’époque, engendrant alors des commentaires lapidaires sur le bien-fondé de cette étude. La datation est en effet primordiale pour connaître la place de cette nouvelle espèce dans l’arbre généalogique de la lignée humaine. C’est désormais chose faite. De nouveaux travaux suggèrent que ces cousins très éloignés ont vécu en Afrique il y a 200 000 à 300 000 ans, en même temps que les premiers hommes modernes.
Certains aspects d’Homo naledi semblaient en effet modernes, presque humains, mais leur cerveau était aussi petit que celui d’un gorille, suggérant que Homo naledi était incroyablement primitif. Les chercheurs estimaient alors son âge à environ un million d’années, mais ce n’étaient que des suppositions. L’espèce restait une énigme, mais ce n’est désormais plus le cas, au point de transformer notre compréhension de l’évolution humaine en Afrique. Des cas de cohabitation entre espèces ont déjà été identifiés. En Europe par exemple, l’homme de Neandertal a croisé la route des Homo sapiens que nous sommes avant de s’éteindre il y a 30 000 ans. Mais ce scénario n’avait jamais été avancé pour l’Afrique.
« Nous pensions que l’histoire était simple : que vous aviez une lignée qui progressivement devenait de plus en plus humaine avec un cerveau de plus en plus gros et un comportement de plus en plus sophistiqué », explique le paléontologue John Hawks, membre de l’équipe. « Maintenant il faut se poser de sérieuses questions : quels sont les hominidés responsables des sites archéologiques de cette époque que nous avons découverts ? Nous devons nous demander si ces différentes populations d’hominidés ont pu interagir et quel a été leur rôle dans nos origines ? », se demande le chercheur.
Nos ancêtres étaient beaucoup plus résilients et beaucoup plus variés que ce que nous pensions. L’évolution humaine buissonnante serait donc encore plus fournie. « Nous ne sommes pas le summum de tout ce qui s’est passé dans le passé. Nous sommes tout simplement ce qui a survécu », a déclaré Susan Anton, paléoanthropologue à l’Université de New York qui n’était pas impliquée dans la recherche.
Rappelons que les squelettes d’Homo naledi originaux (1 500 os appartenant à au moins 15 individus) ont été découverts en 2013 dans le système des grottes Rising Star, des cavernes de calcaires tordues et ramifiées classées au Patrimoine mondial et également connues comme « le berceau de l’humanité ». Il s’agit également du plus grand échantillon de fossiles hominidés jamais exhumés en Afrique.
Source : Sciencepost u 16/04/2017
La découverte d’Homo naledi il y a quelques années avait été énormément médiatisée. La publication d’une nouvelle espèce d’hominidé est toujours un événement, certes, mais Homo naledi n’avait pourtant pas été daté à l’époque, engendrant alors des commentaires lapidaires sur le bien-fondé de cette étude. La datation est en effet primordiale pour connaître la place de cette nouvelle espèce dans l’arbre généalogique de la lignée humaine. C’est désormais chose faite. De nouveaux travaux suggèrent que ces cousins très éloignés ont vécu en Afrique il y a 200 000 à 300 000 ans, en même temps que les premiers hommes modernes.
Certains aspects d’Homo naledi semblaient en effet modernes, presque humains, mais leur cerveau était aussi petit que celui d’un gorille, suggérant que Homo naledi était incroyablement primitif. Les chercheurs estimaient alors son âge à environ un million d’années, mais ce n’étaient que des suppositions. L’espèce restait une énigme, mais ce n’est désormais plus le cas, au point de transformer notre compréhension de l’évolution humaine en Afrique. Des cas de cohabitation entre espèces ont déjà été identifiés. En Europe par exemple, l’homme de Neandertal a croisé la route des Homo sapiens que nous sommes avant de s’éteindre il y a 30 000 ans. Mais ce scénario n’avait jamais été avancé pour l’Afrique.
« Nous pensions que l’histoire était simple : que vous aviez une lignée qui progressivement devenait de plus en plus humaine avec un cerveau de plus en plus gros et un comportement de plus en plus sophistiqué », explique le paléontologue John Hawks, membre de l’équipe. « Maintenant il faut se poser de sérieuses questions : quels sont les hominidés responsables des sites archéologiques de cette époque que nous avons découverts ? Nous devons nous demander si ces différentes populations d’hominidés ont pu interagir et quel a été leur rôle dans nos origines ? », se demande le chercheur.
Nos ancêtres étaient beaucoup plus résilients et beaucoup plus variés que ce que nous pensions. L’évolution humaine buissonnante serait donc encore plus fournie. « Nous ne sommes pas le summum de tout ce qui s’est passé dans le passé. Nous sommes tout simplement ce qui a survécu », a déclaré Susan Anton, paléoanthropologue à l’Université de New York qui n’était pas impliquée dans la recherche.
Rappelons que les squelettes d’Homo naledi originaux (1 500 os appartenant à au moins 15 individus) ont été découverts en 2013 dans le système des grottes Rising Star, des cavernes de calcaires tordues et ramifiées classées au Patrimoine mondial et également connues comme « le berceau de l’humanité ». Il s’agit également du plus grand échantillon de fossiles hominidés jamais exhumés en Afrique.
Source : Sciencepost u 16/04/2017
dimanche 14 mai 2017
Le hobbit de Florès: un tout petit homo primitif venu d'Afrique, pas un "nain insulaire"
Une analyse phylogénétique de l'homme de Florès montre qu'il ne s'agit pas d'un Homo erectus rétréci par nanisme insulaire, mais d'un tout petit homme primitif venu d'Afrique.
HOBBIT. Minus il était, minus il est resté ! C'est ainsi que l'on pourrait résumer l'étude phylogénétique la plus complète jamais menée sur l'Homme de Florès, un homme fossile de tout petit gabarit avec son mètre de haut et ses 30 kilos tout mouillé, et surnommé le hobbit depuis sa découverte en 2003. Dans le Journal of Human Evolution, Debbie Argue de l'École d'Archéologie et d'Anthropologie de l'Australian National University et ses collègues australiens, malgaches et américains soutiennent que l'origine de cette espèce s'ancrerait il y a -1,75 million d'années au moins, certainement en Afrique. Ce petit hominidé serait ainsi anatomiquement très proche d'Homo habilis, le tout premier des Homo, dont la taille variait entre 1,10 m et 1,20 m pour 30,5 kilos.
Jusqu'à présent, on supposait qu'Homo floresiensis descendait d'un Homo erectus beaucoup plus grand (1,65m pour 67 kg environ), débarqué d'Afrique en Asie il y a 1,5 million d'années et dont on trouve la trace non loin, sur l'ile indonésienne de Java. On pensait qu'une fois sur l'ile de Florès, l'hominidé avait diminué en taille, par nanisme insulaire, un rétrécissement morphologique déjà observé chez d'autres espèces préhistoriques -comme le mammouth- isolées dans un environnement où les ressources sont moins abondantes et dont les prédateurs sont absents.
Une autre hypothèse, très controversée, voulait que l'Homme de Florès soit un H. sapiens déformé par une pathologie (trisomie 21, microcéphalie), mais elle a été disqualifiée en 2016 après examen de l'endocrâne du bonhomme par le français Antoine Balzeau, du Musée de l'Homme.
L’étude confirme que Florès n’était pas un H.sapiens malade
La nouvelle étude confirme que Florès n'était pas un homme moderne malade, mais bien un homme archaïque. "Nous sommes sûrs à presque 100 % qu'il n'est pas un Homo sapiens mal formé", assène Mike Lee, de l'Université Flinders (Australie du sud), qui s'est chargé de la modélisation statistique des données fossiles. Au-delà des précédents travaux, son équipe ne s'est pas seulement focalisée sur le crâne et la mâchoire, mais a aussi étudié les dents, les bras, les jambes et les épaules. Les bonshommes de Florès (on a retrouvé une dizaine d'individus) ont ainsi été comparés à des Australopithecus comme des Homo à partir de 133 points de mesure. Résultat ? "Nous sommes sûrs à 99 % qu' Homo floresiensis n'est pas lié à Homo erectus", poursuit Mike Lee. Sa gueule, ou plutôt la structure de sa mâchoire était même plus primitive. "Logiquement, il est difficile de comprendre comment vous pourriez avoir une régression, assène Debbie Argue. Pourquoi et comment la mâchoire d'Homo erectus aurait-elle pu évoluer vers un stade plus primitif comme celui d'Homo floresiensis ?" L'évolution des espèces ne revient pas en arrière, selon la théorie.
Ce travail comblerait de joie de l'un des découvreurs de l'Homme de Florès, l'Australien Mike Morwood, aujourd'hui décédé, qui expliquait dès 2005 à Sciences et Avenir que le hobbit avait des traits primitifs -dents, membres supérieurs, poignets notamment- qui évoquaient ceux des Homo habilis ou des australopithèques (lire Sciences et Avenir n°810). Il incitait dès lors à une comparaison poussée. C'est désormais chose faite. Comme il le pensait, les populations préhistoriques de l'île indonésienne, disparues il y a environ 50 000 ans, seraient des survivants d'une espèce très ancienne et lilliputienne, cousine d'Homo habilis et apparue il y a plus de 1,75 million d'années." H. floresiensis serait venu d'Afrique, suivant un courant migratoire jusque-là peu documenté", précise l'anthropologue australien Colin Grove, co-signataire de l'article.
Deux points obscurs subsistent : on n'a jamais retrouvé de représentant de l'espèce H. floresiensis (ou de son ancêtre commun avec Homo habilis) sur le continent noir. Et son cerveau de 380 cm3 est deux fois plus petit que celui d'Homo habilis. Sa seule boite crânienne a-t-elle pu diminuer en volume au cours de l'évolution? C'est la dernière énigme qu'il faudra résoudre.
Source : Sciences et Avenir du 11/05/2017
HOBBIT. Minus il était, minus il est resté ! C'est ainsi que l'on pourrait résumer l'étude phylogénétique la plus complète jamais menée sur l'Homme de Florès, un homme fossile de tout petit gabarit avec son mètre de haut et ses 30 kilos tout mouillé, et surnommé le hobbit depuis sa découverte en 2003. Dans le Journal of Human Evolution, Debbie Argue de l'École d'Archéologie et d'Anthropologie de l'Australian National University et ses collègues australiens, malgaches et américains soutiennent que l'origine de cette espèce s'ancrerait il y a -1,75 million d'années au moins, certainement en Afrique. Ce petit hominidé serait ainsi anatomiquement très proche d'Homo habilis, le tout premier des Homo, dont la taille variait entre 1,10 m et 1,20 m pour 30,5 kilos.
Jusqu'à présent, on supposait qu'Homo floresiensis descendait d'un Homo erectus beaucoup plus grand (1,65m pour 67 kg environ), débarqué d'Afrique en Asie il y a 1,5 million d'années et dont on trouve la trace non loin, sur l'ile indonésienne de Java. On pensait qu'une fois sur l'ile de Florès, l'hominidé avait diminué en taille, par nanisme insulaire, un rétrécissement morphologique déjà observé chez d'autres espèces préhistoriques -comme le mammouth- isolées dans un environnement où les ressources sont moins abondantes et dont les prédateurs sont absents.
Une autre hypothèse, très controversée, voulait que l'Homme de Florès soit un H. sapiens déformé par une pathologie (trisomie 21, microcéphalie), mais elle a été disqualifiée en 2016 après examen de l'endocrâne du bonhomme par le français Antoine Balzeau, du Musée de l'Homme.
L’étude confirme que Florès n’était pas un H.sapiens malade
La nouvelle étude confirme que Florès n'était pas un homme moderne malade, mais bien un homme archaïque. "Nous sommes sûrs à presque 100 % qu'il n'est pas un Homo sapiens mal formé", assène Mike Lee, de l'Université Flinders (Australie du sud), qui s'est chargé de la modélisation statistique des données fossiles. Au-delà des précédents travaux, son équipe ne s'est pas seulement focalisée sur le crâne et la mâchoire, mais a aussi étudié les dents, les bras, les jambes et les épaules. Les bonshommes de Florès (on a retrouvé une dizaine d'individus) ont ainsi été comparés à des Australopithecus comme des Homo à partir de 133 points de mesure. Résultat ? "Nous sommes sûrs à 99 % qu' Homo floresiensis n'est pas lié à Homo erectus", poursuit Mike Lee. Sa gueule, ou plutôt la structure de sa mâchoire était même plus primitive. "Logiquement, il est difficile de comprendre comment vous pourriez avoir une régression, assène Debbie Argue. Pourquoi et comment la mâchoire d'Homo erectus aurait-elle pu évoluer vers un stade plus primitif comme celui d'Homo floresiensis ?" L'évolution des espèces ne revient pas en arrière, selon la théorie.
Ce travail comblerait de joie de l'un des découvreurs de l'Homme de Florès, l'Australien Mike Morwood, aujourd'hui décédé, qui expliquait dès 2005 à Sciences et Avenir que le hobbit avait des traits primitifs -dents, membres supérieurs, poignets notamment- qui évoquaient ceux des Homo habilis ou des australopithèques (lire Sciences et Avenir n°810). Il incitait dès lors à une comparaison poussée. C'est désormais chose faite. Comme il le pensait, les populations préhistoriques de l'île indonésienne, disparues il y a environ 50 000 ans, seraient des survivants d'une espèce très ancienne et lilliputienne, cousine d'Homo habilis et apparue il y a plus de 1,75 million d'années." H. floresiensis serait venu d'Afrique, suivant un courant migratoire jusque-là peu documenté", précise l'anthropologue australien Colin Grove, co-signataire de l'article.
Deux points obscurs subsistent : on n'a jamais retrouvé de représentant de l'espèce H. floresiensis (ou de son ancêtre commun avec Homo habilis) sur le continent noir. Et son cerveau de 380 cm3 est deux fois plus petit que celui d'Homo habilis. Sa seule boite crânienne a-t-elle pu diminuer en volume au cours de l'évolution? C'est la dernière énigme qu'il faudra résoudre.
Source : Sciences et Avenir du 11/05/2017
vendredi 12 mai 2017
Homo naledi : sa surprenante jeunesse est confirmée
Homo naledi est peut-être la plus ancienne espèce du genre Homo capable d'enterrer ses morts. Aujourd'hui, c'est officiel : il était bien présent en Afrique du Sud il y a entre 236.000 et 335.000 ans. Ses représentants pourraient donc avoir côtoyé l'Homme moderne, qui serait apparu il y a 200.000 ans.
Homo naledi est une nouvelle espèce d’hominine présentant des caractéristiques primitives et modernes. Celle-ci a été découverte il y a quelques années en Afrique du Sud.
Doué d’un petit cerveau, Homo naledi n’en était pas moins capable d’enterrer ses morts dans une grotte pour les protéger des charognards, ce qui est très étonnant.
L’âge des fossiles retrouvés vient d'être précisé : entre 236.000 et 335.000 ans, et pas quelques millions d’années comme on pouvait le penser.
Il y a presque deux semaines, Futura relayait la nouvelle : le paléontologue Lee Berger avait annoncé dans une interview accordée à National Geographic que les restes fossilisés de Homo naledi avaient finalement pu être datés. L'âge obtenu était compris entre 200.000 et 300.000 ans, ce qui, bien que moins révolutionnaire que s'il avait été compris entre un et deux millions d'années, n'en restait pas moins étonnant pour ce représentant du genre Homo.
Ses caractéristiques anatomiques sont en effet un étrange mélange :
Les caractéristiques anatomiques de Homo naledi sont donc archaïques par bien des aspects, ce qui aurait tendance à le placer proche de Homo habilis sur l'arbre phylogénétique des hominines. Toutefois, ses caractéristiques sont bien plus évoluées par d'autres aspects. Ainsi, malgré son petit cerveau, Homo naledi semblait bien avoir délibérément enterré ses morts, un comportement sophistiqué que l'on ne connaissait jusqu'ici qu'avec l'Homme de Néandertal et l'Homme de Cro-Magnon. Lee Berger, chef des équipes ayant découvert et étudié les fossiles de Homo naledi, envisageait donc que celui-ci pouvait bien être à l'origine de certains outils en pierre taillée assez avancés, retrouvés dans la région d'Afrique du Sud où avait vécu Homo naledi.
Cependant, ces hypothèses dataient de 2015 et on ne savait toujours pas par quels moyens les chercheurs étaient finalement parvenus à dater les fossiles ni quel âge exact ils avaient obtenu. On n'en savait pas plus non plus sur la découverte annoncée d'une deuxième grotte.
Six méthodes de datation convergentes pour Homo naledi
Ce n'est plus le cas désormais, comme le montre une publication dans le journal eLife et plusieurs communiqués (voir ci-dessous) en provenance des universités à la pointe des recherches sur Homo naledi ainsi que la mise en ligne d'une vidéo dans laquelle Lee Berger fait un point rapide sur les dernières découvertes.
Young Homo naledi surprises ;
JCU team says hominid lived alongside modern humans.
Les fossiles retrouvés dans les grottes de Rising Star, en Afrique du Sud, ont un âge compris entre 236.000 et 335.000 ans, donc pendant le Pléistocène moyen, ce qui confirme que Homo naledi a très probablement côtoyé Homo sapiens. La détermination de cet âge n'a pas été une mince affaire. En effet, 10 laboratoires et 19 chercheurs ont été mis a contribution et 6 méthodes différentes ont été utilisées sous l'égide du professeur Paul Dirks de la James Cook University, en Australie.
Futura avait interrogé deux des collègues de Paul Dirks au sujet de la découverte de Homo naledi, à savoir Eric Roberts et Cassian Pirard. Ceux-ci avaient répondu à nos questions (voir l'interview ci-dessous) avec l'aval de Paul Dirks. Voici celle qui nous intéresse le plus aujourd'hui.
Futura : Quelles méthodes de datation ont été tentées ? Y a-t-il de l'espoir dans un avenir proche d'obtenir une datation et si oui comment ?
Eric Roberts : Nous avons essayé plusieurs techniques, dont la datation par l'uranium-plomb. Nous avons eu des problèmes pour obtenir un âge jusqu'à présent. Mais nous progressons et nous emploierons tout ce qui est possible pour obtenir un âge précis et fiable pour les fossiles. Nous pensons réussir, mais ça va prendre du temps.
Cassian Pirard : Les datations U-Th-He sur les encroûtements carbonatés n'ont rien donné jusqu'à présent, faute d'une technique adéquate. Mais Jan Kramers, un célèbre géochronologiste présent parmi les auteurs de l'article de eLife, est en train de développer une méthode appropriée pour dater de manière plus adéquate les spéleothemes, appelés plus couramment concrétions, de Rising Star. Des échantillons de sédiments carbonatés sont d'ailleurs en cours d'analyse dans notre université et devraient donner des résultats plausibles d'ici quelques mois, en utilisant les séries de désintégration de l'uranium. Cela nous donnera un âge minimum pour les fossiles.
Une datation des sédiments par OSL (Optically Stimulated Luminescence) va être tentée également ainsi qu'une datation directe des dents de Homo naledi par ESR (Résonance de spin électronique). Elle pourrait finalement nous donner un âge, même si c'est avec des barres d'erreurs assez importantes.
Avec le recul, on ne peut que saluer la clairvoyance des chercheurs de la James Cook University. Les datations directes ont bien été effectuées sur des dents de Homo naledi en utilisant la méthode ESR ainsi que celle des déséquilibres des familles de l'uranium dans le cadre des tests en double aveugle. Les datations indirectes, quant à elles, ont bien été effectuées avec la méthode OSL pour les sédiments, jointe à la méthode par l'uranium-thorium, complétée par l'étude du magnétisme rémanent dans les spéléothèmes.
Comme l'explique Lee Berger dans la vidéo ci-dessus, les recherches continuent et d'autres fossiles de Homo naledi ont été découverts dans une nouvelle grotte appelée Lesedi.
Source : Futura Sciences du 10/05/2017
Homo naledi est une nouvelle espèce d’hominine présentant des caractéristiques primitives et modernes. Celle-ci a été découverte il y a quelques années en Afrique du Sud.
Doué d’un petit cerveau, Homo naledi n’en était pas moins capable d’enterrer ses morts dans une grotte pour les protéger des charognards, ce qui est très étonnant.
L’âge des fossiles retrouvés vient d'être précisé : entre 236.000 et 335.000 ans, et pas quelques millions d’années comme on pouvait le penser.
Il y a presque deux semaines, Futura relayait la nouvelle : le paléontologue Lee Berger avait annoncé dans une interview accordée à National Geographic que les restes fossilisés de Homo naledi avaient finalement pu être datés. L'âge obtenu était compris entre 200.000 et 300.000 ans, ce qui, bien que moins révolutionnaire que s'il avait été compris entre un et deux millions d'années, n'en restait pas moins étonnant pour ce représentant du genre Homo.
Ses caractéristiques anatomiques sont en effet un étrange mélange :
- Un cerveau minuscule, de la taille d'une orange.
- Haut d'environ 1,5 mètre, il pesait environ 45 kilogrammes.
- Les dents et le crâne de Homo naledi sont semblables à ceux des premiers membres connus du genre Homo, à savoir Homo rudolfensis et Homo habilis, qui sont apparus il y a environ deux millions d'années.
- Les épaules sont cependant plus semblables à celles des singes et les doigts, extrêmement courbés, suggèrent une capacité d'escalade.
- Les pieds sont pourtant semblables à ceux des humains modernes ; les jambes, relativement longues, suggèrent qu'il était bien adapté à la marche sur de longues distances.
Les caractéristiques anatomiques de Homo naledi sont donc archaïques par bien des aspects, ce qui aurait tendance à le placer proche de Homo habilis sur l'arbre phylogénétique des hominines. Toutefois, ses caractéristiques sont bien plus évoluées par d'autres aspects. Ainsi, malgré son petit cerveau, Homo naledi semblait bien avoir délibérément enterré ses morts, un comportement sophistiqué que l'on ne connaissait jusqu'ici qu'avec l'Homme de Néandertal et l'Homme de Cro-Magnon. Lee Berger, chef des équipes ayant découvert et étudié les fossiles de Homo naledi, envisageait donc que celui-ci pouvait bien être à l'origine de certains outils en pierre taillée assez avancés, retrouvés dans la région d'Afrique du Sud où avait vécu Homo naledi.
Cependant, ces hypothèses dataient de 2015 et on ne savait toujours pas par quels moyens les chercheurs étaient finalement parvenus à dater les fossiles ni quel âge exact ils avaient obtenu. On n'en savait pas plus non plus sur la découverte annoncée d'une deuxième grotte.
Six méthodes de datation convergentes pour Homo naledi
Ce n'est plus le cas désormais, comme le montre une publication dans le journal eLife et plusieurs communiqués (voir ci-dessous) en provenance des universités à la pointe des recherches sur Homo naledi ainsi que la mise en ligne d'une vidéo dans laquelle Lee Berger fait un point rapide sur les dernières découvertes.
Young Homo naledi surprises ;
JCU team says hominid lived alongside modern humans.
Les fossiles retrouvés dans les grottes de Rising Star, en Afrique du Sud, ont un âge compris entre 236.000 et 335.000 ans, donc pendant le Pléistocène moyen, ce qui confirme que Homo naledi a très probablement côtoyé Homo sapiens. La détermination de cet âge n'a pas été une mince affaire. En effet, 10 laboratoires et 19 chercheurs ont été mis a contribution et 6 méthodes différentes ont été utilisées sous l'égide du professeur Paul Dirks de la James Cook University, en Australie.
Futura avait interrogé deux des collègues de Paul Dirks au sujet de la découverte de Homo naledi, à savoir Eric Roberts et Cassian Pirard. Ceux-ci avaient répondu à nos questions (voir l'interview ci-dessous) avec l'aval de Paul Dirks. Voici celle qui nous intéresse le plus aujourd'hui.
Futura : Quelles méthodes de datation ont été tentées ? Y a-t-il de l'espoir dans un avenir proche d'obtenir une datation et si oui comment ?
Eric Roberts : Nous avons essayé plusieurs techniques, dont la datation par l'uranium-plomb. Nous avons eu des problèmes pour obtenir un âge jusqu'à présent. Mais nous progressons et nous emploierons tout ce qui est possible pour obtenir un âge précis et fiable pour les fossiles. Nous pensons réussir, mais ça va prendre du temps.
Cassian Pirard : Les datations U-Th-He sur les encroûtements carbonatés n'ont rien donné jusqu'à présent, faute d'une technique adéquate. Mais Jan Kramers, un célèbre géochronologiste présent parmi les auteurs de l'article de eLife, est en train de développer une méthode appropriée pour dater de manière plus adéquate les spéleothemes, appelés plus couramment concrétions, de Rising Star. Des échantillons de sédiments carbonatés sont d'ailleurs en cours d'analyse dans notre université et devraient donner des résultats plausibles d'ici quelques mois, en utilisant les séries de désintégration de l'uranium. Cela nous donnera un âge minimum pour les fossiles.
Une datation des sédiments par OSL (Optically Stimulated Luminescence) va être tentée également ainsi qu'une datation directe des dents de Homo naledi par ESR (Résonance de spin électronique). Elle pourrait finalement nous donner un âge, même si c'est avec des barres d'erreurs assez importantes.
Avec le recul, on ne peut que saluer la clairvoyance des chercheurs de la James Cook University. Les datations directes ont bien été effectuées sur des dents de Homo naledi en utilisant la méthode ESR ainsi que celle des déséquilibres des familles de l'uranium dans le cadre des tests en double aveugle. Les datations indirectes, quant à elles, ont bien été effectuées avec la méthode OSL pour les sédiments, jointe à la méthode par l'uranium-thorium, complétée par l'étude du magnétisme rémanent dans les spéléothèmes.
Comme l'explique Lee Berger dans la vidéo ci-dessus, les recherches continuent et d'autres fossiles de Homo naledi ont été découverts dans une nouvelle grotte appelée Lesedi.
Source : Futura Sciences du 10/05/2017
jeudi 11 mai 2017
Homo sapiens et Homo Naledi auraient cohabité en Afrique il y a 300 000 ans
Lignée humaine. Des hominidés primitifs, de l'espèce Homo naledi, ont peut-être cohabité en Afrique avec les premiers Homo sapiens, ont avancé mardi pour la première fois des scientifiques, un scénario qui complique encore un peu plus l'arbre généalogique de l'espèce humaine. Selon leurs travaux, la datation de fossiles exhumés en 2013 d'une grotte du site de Maropeng, près de Johannesburg, suggère que ces cousins très éloignés y ont vécu il y a 200 000 à 300 000 ans, en même temps que les premiers hommes modernes. Ces ancêtres sont une nouvelle espèce dont la découverte a fait couler beaucoup d'encre.
En 2015, le très controversé paléontologue américain Lee Berger avait fait la une des médias en annonçant avoir mis au jour à Maropeng une très riche collection de 1 500 ossements appartenant à une quinzaine d'hominidés d'un type inédit. Leur examen a révélé le portrait d'un humanoïde étonnant, doté à la fois des caractéristiques d'espèces vieilles de plusieurs millions d'années, comme un tout petit cerveau, et d'autres bien plus récentes, telles que des pieds de marcheur contemporain et des mains capables de tenir des outils. Lee Berger avait aussitôt rangé sa trouvaille dans le genre Homo, celui de l'homme moderne. Mais faute d'avoir pu dater ses fossiles, il s'était attiré les foudres de nombreux collègues qui leur avaient dénié toute nouveauté. Mardi, le professeur de l'université du Witwatersrand et son équipe ont dévoilé l'âge de ces ossements. Des cas de cohabitation entre espèces ont déjà été identifiés. En Europe par exemple, l'homme de Neandertal a croisé la route des Homo sapiens que nous sommes avant de s'éteindre il y a 30 000 ans. Mais ce scénario n'avait jamais été avancé pour l'Afrique.
Source : Libération du 09/05/2017
En 2015, le très controversé paléontologue américain Lee Berger avait fait la une des médias en annonçant avoir mis au jour à Maropeng une très riche collection de 1 500 ossements appartenant à une quinzaine d'hominidés d'un type inédit. Leur examen a révélé le portrait d'un humanoïde étonnant, doté à la fois des caractéristiques d'espèces vieilles de plusieurs millions d'années, comme un tout petit cerveau, et d'autres bien plus récentes, telles que des pieds de marcheur contemporain et des mains capables de tenir des outils. Lee Berger avait aussitôt rangé sa trouvaille dans le genre Homo, celui de l'homme moderne. Mais faute d'avoir pu dater ses fossiles, il s'était attiré les foudres de nombreux collègues qui leur avaient dénié toute nouveauté. Mardi, le professeur de l'université du Witwatersrand et son équipe ont dévoilé l'âge de ces ossements. Des cas de cohabitation entre espèces ont déjà été identifiés. En Europe par exemple, l'homme de Neandertal a croisé la route des Homo sapiens que nous sommes avant de s'éteindre il y a 30 000 ans. Mais ce scénario n'avait jamais été avancé pour l'Afrique.
Source : Libération du 09/05/2017
Inscription à :
Articles (Atom)




