samedi 27 janvier 2018

Un fossile humain nous éclaire sur les premières migrations de l'histoire de l'humanité

Un morceau de mâchoire retrouvé dans une grotte en Israël devient la plus ancienne trace d'Homo sapiens en-dehors du continent africain.

La grotte de Misliya est aujourd'hui en Israël, sur les pentes du Mont Carmel. Ce n'est pas la seule caverne à déboucher sur les flancs de cette montagne riche en sites préhistoriques. C'est d'ailleurs dans l'une d'elles que l'on avait retrouvé des restes humains considérés jusqu'ici comme les plus anciens fossiles connus d'Homo sapiens hors du continent africain, et dont l'âge était estimé entre 80.000 et 120.000 ans.

C'est aujourd'hui un fragment de mâchoire supérieure, avec quelques dents, qui vient repousser la date des premières migrations d'humains modernes en-dehors de l'Afrique d'au moins 50.000 ans, dans l'estimation la plus basse. En utilisant trois différentes méthodes de datation, l'équipe de scientifiques emmenée par le professeur Israel Hershkovitz, de l'université de Tel-Aviv, qui signe une étude dans le magazine "Science", a pu estimer l'âge de ce fossile : entre 177.000 et 194.000 ans.

Nos ancêtres les migrants

Ces dates sont importantes, car elles montrent que nos connaissances sur le début de la dispersion de notre espèce dans le monde sont encore bien fragmentaires. La plupart des spécialistes s'accordent cependant sur le fait que l'Afrique serait bien le berceau de l'humanité, et que celle-ci en est partie en vagues successives pour aller s'installer sur les autres continents.

Les traces de ces premières migrations, enregistrées au Proche-Orient, étaient donc vieilles d'environ 120.000 ans. Avec la découverte de la caverne de Mislya, on se rapproche des 200.000 ans dans le passé. Cela "change notre vision sur la dispersion des humains modernes et est en accord avec des études génétiques récentes qui ont avancé la possibilité d'une dispersion plus précoce d'Homo sapiens aux alentours de 220.000 ans", expliquent les auteurs.

Cette découverte survient quelques mois après une autre remise en question. Jusque-là, les plus anciens restes d'Homo sapiens se trouvaient en Afrique de l'est, que l'on pouvait penser être le berceau de l'humanité. Mais en juin, on a appris la découverte de fossiles d'Homo sapiens vieux de 300.000 ans à Jebel Irhoud, au Maroc. Plus vieux de 100.000 ans que ce que l'on avait pu trouver dans la région de l'Ethiopie, les morceaux de squelette de Jebel Irhoud ont ainsi repoussé les origines de l'humanité moderne. On voit aujourd'hui que ses migrations ont elles aussi débuté bien plus tôt qu'on l'imaginait.

Rencontre avec Néandertal

La grotte de Misliya se situe également dans un territoire qui était à l'époque occupé également par des populations néandertaliennes. On sait que Sapiens et Néandertal se sont croisés, dans tous les sens du terme, et que l'un de ces points de rencontre se situe non loin de là, en Galilée. En 2015, une étude également menée par le professeur Hershkovitz avait mis en évidence les plus anciennes preuves de ces rencontres inter-espèces voici 55.000 ans.

L'anthropologue déclarait alors que cette région est "le seul endroit où les humains anatomiquement modernes et les Néandertaliens ont vécu côte à côte pendant des milliers et des milliers d’années." Si Sapiens était au Mont Carmel il y a près de 200.000 ans, cela a laissé beaucoup de temps aux deux espèces pour apprendre à mieux se connaître... mais aussi aux Homo sapiens pour découvrir d'autres rameaux de l'espèce humaine pas encore éteints.

"Misliya est une découverte excitante," assure aujourd'hui Rolf Quam, professeur d'anthropologie à l'univerité Binghamton (USA) et co-auteur de l'étude publiée jeudi soir. "Cela nous fournit l'évidence la plus claire à ce jour que nos ancêtres ont pour la première fois migré hors d'Afrique bien plus tôt que nous le croyions précédemment. Cela signifie aussi que les humains modernes ont potentiellement rencontré et interagi avec d'autres groupes d'humains archaïques, fournissant davantage d'occasions d'échanges culturels et biologiques."

La méthode Levallois

L'os n'était pas seul dans la caverne. Dans la même couche géologique, les archéologues ont trouvé des outils. Ceux-ci présentent un aspect que les spécialistes n'ont pas eu de mal à identifier : ils ont été taillés avec la méthode Levallois. Cette technologie sophistiquée permet d'obtenir des pointes de flèches et autres racloirs à partir d'un bloc de silex. Leur présence associée au fossile d'Homo sapiens est "la plus ancienne association connue de la méthode Levallois avec des fossiles humains modernes dans la région," expliquent les scientifiques.

La méthode Levallois aurait été à l'époque considérée comme une technologie de pointe. Associée aux Néandertals d'Europe mais aussi à des Homo sapiens d'Afrique, et pour l'équipe d'Israel Hershkovitz, cela "suggère que l'émergence de cette technologie est liée à l'apparition d'Homo sapiens dans la région, comme cela a été documenté en Afrique."

Nos ancêtres migrants, chasseurs de gros gibier, qui possédaient le feu et fabriquaient des outils perfectionnés, étaient donc aussi des innovateurs.

Source : L'Obs du 25/01/2018

Découverte en Israël du plus ancien « Homo sapiens » hors d’Afrique

Un fossile vieux de 180 000 ans trouvé sur le mont Carmel est le plus vieux représentant de notre espèce connu hors du berceau africain de l’humanité.


Quand l’homme moderne, alias Homo sapiens, est-il sorti d’Afrique ? La présence de fossiles appartenant à notre espèce dans les grottes israéliennes de Skhul et Qafzeh, datés respectivement de 90 000 et 120 000 ans, donnait une fourchette assez large. Mais la découverte d’une demi-mâchoire datant d’environ 180 000 ans, dans la grotte toute proche de Misliya, sur le mont Carmel, elle aussi attribuée à un sapiens, montre que les excursions vers le Levant ont été bien plus précoces qu’on ne l’avait envisagé.

« Cela double presque l’ancienneté de ces premières migrations hors d’Afrique, se réjouit l’anthropologue Israël Hershkovitz (université de Tel-Aviv), responsable des fouilles. Et cela signifie aussi que les périodes d’interaction avec les autres représentants du genre Homo qui étaient déjà hors d’Afrique ont été bien plus longues qu’on le croyait. » Avec l’annonce en 2017 de la découverte au Maroc, sur le site de Djebel Irhoud, d’un représentant de notre lignée vieux de 315 000 ans, l’heure est encore une fois à repousser dans le temps et dans l’espace l’emprise de notre espèce sur la planète.

Le fossile de Misliya ne paie pas de mine : un fragment de maxillaire supérieur gauche et les dents associées. Pas de crâne complet ou d’os de membres. L’étude de ces restes a cependant pris un temps considérable : la fouille de cette grotte a débuté en 2001. Le fossile a été trouvé dès la saison suivante. Mais l’équipe internationale constituée pour analyser ces restes, les dater et les replacer dans leur contexte archéologique, a pris toutes les précautions avant de publier ses résultats, vendredi 26 janvier dans la revue Science.

« On a dû retravailler l’article, faire plus d’analyses pour convaincre les personnes chargées de la relecture du manuscrit, indique Israël Hershkovitz. Une de nos réponses faisait 54 pages, pour justifier les conclusions de notre article qui n’en fait que trois… »

La datation a été confiée à trois laboratoires, en France, en Israël et en Australie, qui ont travaillé avec des méthodes différentes. Toutes convergent vers 180 000 ans, hormis la datation directe d’une dent, qui pointe 70 000 ans. « Cette datation à l’uranium-thorium dépend de la capture de l’uranium par les dents, qui sont un peu comme des éponges, mais le problème est qu’on ne peut savoir si elles ont absorbé cet uranium en une seule fois ou de façon progressive, explique Hélène Valadas, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (Gif-sur-Yvette), qui a participé à ces datations. En revanche, la même méthode est bien plus fiable pour la croûte minérale qui entourait le fossile et qui, elle, est datée de 185 000 ans. »

« Sens du confort »

L’ancienneté de Misliya-1 – le nom officiel du fossile – ne fait donc pas de doute. Son appartenance à une version archaïque de notre espèce non plus : la forme des dents ne permet en aucun cas de le confondre avec un néandertalien « ou d’autres homininés du Pléistocène moyen d’Europe, et elle le place du côté des humains modernes et proche de celui du Djebel Irhoud », écrivent les chercheurs.

Comment vivaient ces hommes, abrités dans ces grottes ? Ils avaient le sens du confort, note l’archéologue Mina Weinstein-Evron (Université d’Haïfa) à propos de traces de végétaux entremêlés qui font penser « à des matelas ». « Ils chassaient les gazelles, les aurochs, les sangliers et on a retrouvé des coquilles d’œufs d’autruche. On peut imaginer des récipients, ou des grosses omelettes, souligne-t-elle. Des outils pointus étaient utilisés pour extraire des tubercules. Il y a aussi des coquillages mais on ignore s’ils n’ont pas été amenés là par des oiseaux. Comme dessert, il y avait des baies. Bref, ils profitaient au maximum de leur environnement. »

Que signifie leur présence précoce dans ces marges africaines ? « Cette découverte apporte de l’eau au moulin d’un modèle qui émerge actuellement sur la sortie d’Afrique de notre espèce, qui s’appuie à la fois sur des données génétiques et climatiques », se réjouit Jean-Jacques Hublin (Institut Max Planck, Leipzig, et Collège de France), codécouvreur des fossiles du Djebel Irhoud. Côté génétique, certaines analyses d’ADN ancien suggèrent que des premiers croisements entre H. sapiens et son cousin Néandertal, présent antérieurement aussi dans la région du Levant, auraient pu intervenir entre 220 000 et 460 000 ans. Dans ce cas, « les fossiles d’Homo sapiens de Misliya, Skuhl et Qafzeh pourraient représenter des excursions relativement tardives de notre espèce hors d’Afrique », estime Chris Stringer et Julia Galway-Witham (Muséum d’histoire naturelle de Londres) dans un commentaire publié dans Science : d’autres sapiens, encore à découvrir, les auraient précédés.

Des périodes de « Sahara vert »

Côté climat, des périodes de « Sahara vert », où la région du Proche-Orient était moins aride, se sont succédé au cours des derniers 500 000 ans. « Peut-être y a-t-il eu une sortie d’Afrique lors d’un de ces épisodes verts il y a 300 000 ans, puis plus récemment, mais que ces sorties n’ont pas été entièrement couronnées de succès jusqu’à une période récente », avance Jean-Jacques Hublin. En effet, Homo sapiens n’est présent en Europe qu’à partir de 50 000 ans, peu avant la disparition de Néandertal.

Pour Israël Hershkovitz, épisodes verts ou pas, « Israël n’a jamais été vide, en tout cas sur la zone côtière, où il y a toujours eu suffisamment de ressources pour subsister ». Si Homo sapiens n’est arrivé que tardivement en Europe, c’est qu’il n’était pas adapté au climat plus froid qui y régnait : « Pourquoi y aller, alors que la route était ouverte vers l’est, où le climat était plus favorable ? » Cela pourrait expliquer la présence de 47 dents humaines vieilles de 120 000 ans dans la grotte de Daoxian, en Chine, annoncée en 2015.

L’étude des pierres taillées retrouvées à Misliya est un autre élément intéressant. Il s’agit d’outils de type Levallois, produits par débitage d’éclats prédéterminés. On en a trouvé au Djebel Irhoud (315 000 ans), dans d’autres sites africains plus anciens, mais aussi en Europe (Arménie) à la même époque. Cette même technologie a-t-elle été inventée spontanément et simultanément dans plusieurs endroits, dans un phénomène de convergence évolutive, ou bien y a-t-il eu des échanges techniques, comportementaux, à la faveur du corridor israélien ? « On n’a pas encore trouvé d’outils Levallois de plus de 250 000 ans en Israël même », rappelle Israël Herchkovitz. Or, des fossiles datés de ces mêmes niveaux temporels ont été découverts à Misliya, révèle-t-il. Mais il est encore trop tôt pour dire à quelle espèce du genre Homo ils appartiennent. A suivre, donc…

Source : Le Monde du 25/01/2018

dimanche 7 janvier 2018

Une faune envahissante anéantie Oreopithecus, le dernier primate hominoïde européen

L'extinction d'Oreopithecus bambolii, le dernier primate européen du Miocène, s'est produite en raison de l'irruption de nouvelles espèces continentales qui l'ont concurrencée et l'ont précédée, selon une étude publiée dans le Journal of Human Evolution.

L'étude, menée par le chercheur associé à l'Institut Català de Paleontologia Miquel Crusafont (ICP), Daniel DeMiguel, a également détecté une instabilité du climat, même si les chercheurs écartent qu'elle était suffisante pour provoquer sa disparition.

Oreopithecus bambolii est un primate hominoïde, le groupe auquel appartiennent les grands anthropomorphes actuels tels que les gorilles, les chimpanzés, les orangs-outans et les humains et qui comprend d'autres petites espèces de la famille des hilobatidés (représentés par les gibbons et siamangs d'Asie du Sud-Est).

Oreopithecus a vécu il y a entre 8,2 et 6,7 millions d'années dans une région qui fait actuellement partie de la Toscane et de la Sardaigne (Italie).

Le squelette le plus complet a été découvert en 1958 dans une mine de charbon et correspond à un jeune mâle adulte d'environ 30 kilos connu sous le surnom de "Sandrone".

Extinction d'Oreopithecus, question controversée

L'extinction d'Oreopithecus a été un sujet assez controversé au sein de la communauté scientifique au cours des dernières décennies.

Un aspect de cette espèce qui a toujours surpris les paléontologues est qu'elle s'est éteinte plus tard que le reste des hominoïdes eurasiens, y compris les espèces récupérées dans le bassin Vallès-Penedès (Catalogne) - représentées par des espèces comme Pierolapithecus catalaunicus (Pau) ou Pliobates cataloniae (Laia) - qui a disparu il y a environ 10 millions d'années.

Une explication possible de la survie d'Oreopithecus aurait été sa condition en tant qu'espèce insulaire, puisque pendant le Miocène cette zone n'était pas reliée au continent.

L'article publié par les paléontologues Daniel DeMiguel (Université de Saragosse, ARAID et associé à l'Institut Català de Paleontologia Miquel Crusafont) et Lorenzo Rook (Università degli Studi di Firenze) réfute la théorie selon laquelle l'extinction d'Oreopithecus était due au changement climatique, comme proposé par d'autres auteurs.

«S'il est vrai que nous avons détecté une certaine instabilité du climat à l'époque et dans la région où vivait ce primate, nous pensons que c'était une espèce assez flexible au regard de ses exigences écologiques, ce qui l'a favorisée pour survivre», explique-t-il. DeMiguel.

Oreopithecus avait un régime alimentaire mixte à base de fruits et d'autres éléments et, bien que la disponibilité de ses aliments préférés ait été réduite en raison d'une variation des conditions environnementales, il se serait adapté à la consommation de fruits d'autres espèces végétales, ainsi les chercheurs ils envisagent une hypothèse alternative.

Autre faune

Après avoir étudié la faune des mammifères herbivores qui existait avant et après leur extinction, ils concluent que leur disparition était due à d'autres raisons.

«Nous avons observé qu'il y avait un important renouvellement de la faune au cours de cette période, probablement en raison de nouvelles espèces qui sont arrivées dans cette région lorsque l'île était géologiquement reliée au continent», explique DeMiguel.

Ces nouvelles espèces envahissantes auraient concouru pour les ressources alimentaires avec Oreopithecus et, dans certains cas, ont même précédé. Les nouvelles faunes comprennent une autre espèce de primate (Mesopithecus) et un tigre à dents de sabre (Machairodus).

Tout au long des archives fossiles, il existe de nombreux exemples de situations similaires à celle qu'Oreopithecus a vécue. L'émergence de nouvelles espèces dans un écosystème modifie les relations trophiques à tel point que certaines espèces mieux adaptées remplacent celles existantes.

Dans le cas des espèces insulaires, la sensibilité à ce type de changement est généralement encore plus grande que chez les espèces continentales.

Source : EFE du 06/01/2018

jeudi 14 décembre 2017

La dispersion des hommes modernes

Une étude de l’institut Max Plack compile l’ensemble des données sur la dispersion des Homo sapiens dans le monde. Il y a bien eu plusieurs sorties d’Afrique depuis 120 000 ans.

Un nouveau modèle « Out of Africa » enrichi !

La plupart des gens connaissent maintenant le modèle traditionnel «Out of Africa» : des hommes modernes ont évolué en Afrique avant de se lancer à la conquête de nouveaux territoires. Ils ont d’abord traversé l'Asie puis ils ont atteint l'Australie, il y a environ 60 000 ans. Ce processus est de plus en plus souvent amendé et complété avec les progrès technologiques d'identification des fossiles et surtout les analyses génétiques sur des hominidés anciens. Il apparaît maintenant que le déroulé de cette préhistoire doit être révisé et que les premiers humains ont quitté l’Afrique à plusieurs reprises, avant 60 000 ans. Ces sorties multiples ont été l’occasion de nombreux croisements avec d’autres hominidés en Eurasie.

Les chercheurs de l'Institut Max Planck et de l'Université de Hawaii (Manoa) ont confirmé que les recherches démontrent que l’origine africaine des humains il y a 60 000 ans n'est qu'une partie d’une histoire plus complexe.
L'analyse, publiée dans la revue Science, passe en revue la profusion des nouvelles découvertes en Asie au cours de la dernière décennie. Ces études ont été rendues possibles grâce aux progrès technologiques et aux collaborations interdisciplinaires ; elles montrent qu’Homo sapiens a atteint des régions éloignées du continent asiatique, comme par exemple l'Océanie, beaucoup plus tôt qu'on le pensait possible. Toutes les études ADN apportent les preuves que des hommes modernes se sont métissés avec d'autres hominidés déjà présents en Asie, tels que les Néanderthaliens et les Denisoviens, ce qui complique l'histoire évolutive de notre espèce...

Des vagues multiples et successives d’hommes modernes venant d’Afrique, depuis 120 000 ans

Les auteurs ont rassemblé les résultats de plusieurs études récentes pour préciser la chronologie des vagues humaines vers l’Asie. Des études ont dernièrement identifié des fossiles humains modernes dans des parties éloignées de l'Asie qui sont potentiellement assez anciens. Par exemple, des restes d'Homo sapiens ont été trouvés sur plusieurs sites dans le sud et le centre de la Chine, datés entre 70000 et 120 000 ans. Des découvertes supplémentaires indiquent que les humains modernes ont atteint l'Asie du Sud-Est et l'Australie il y a 60 000 ans.
Par ailleurs, des études génétiques confirment que toutes les populations non africaines actuelles proviennent d'une seule population africaine ancestrale il y a environ 60 000 ans. Pour l’équipe de chercheurs, cela pourrait indiquer qu'il y a eu d’abord de multiples et petites dispersions d'êtres humains hors d'Afrique depuis 120 000 ans, puis, une expansion majeure il y a 60 000 ans. Cela expliquerait que la dernière vague ait contribué à l'essentiel de la composition génétique des non-Africains actuels. "Les dispersions initiales en Afrique avant 60 000 ans étaient probablement le fait de petits groupes de chasseurs-cueilleurs, et certaines de ces premières dispersions ont laissé des traces génétiques de bas niveau dans les populations humaines modernes. », explique Michael Petraglia de (Institut Max Planck).


Possibilités de métissages multiples en Asie

Les dernières avancées en génétique ont permis de confirmer que les hommes modernes se sont métissés avec d'autres hominidés anciens. Les Homo sapiens se sont croisés non seulement avec des Homo neanderthalensis, mais également avec des « parents » récemment découverts, les Denisoviens, ainsi qu'avec une population non identifiée d’hominidés prémodernes. Selon une estimation, il apparaît que tous les non-Africains actuels ont entre 1 et 4% d'héritage néandertalien, et selon une autre équipe, les Mélanésiens modernes auraient, en moyenne, 5% d'héritage génétique Denisovien. Dans l'ensemble, il est maintenant clair que les hommes modernes, les Néanderthaliens, les Denisoviens, et peut-être d'autres groupes d'hominidés, se sont rencontrés en Asie, ce qui a multiplié les possibilités de métissages.
Les preuves croissantes de ces interactions suggèrent que la diffusion de la culture matérielle est également plus compliquée qu'on ne le pensait auparavant. "En effet, ce que nous voyons dans le comportement est que la propagation des comportements humains dits modernes ne s'est pas produite dans un simple processus transgressif d'ouest en est, mais plutôt que la variation écologique doit être considérée de concert avec la variation comportementale des différentes populations d'hominidés présentes en Asie au Pléistocène supérieur », explique Christopher Bae (Université d'Hawaii, Manoa).

Source : Hominidés.com du 11/12/2017

lundi 11 décembre 2017

Origine de l’homme moderne: Plusieurs vagues de migrations seraient parties d’Afrique

Une nouvelle étude remet en question l'hypothèse d'une unique grande vague migratoire...

L’Afrique, berceau de l’humanité, aurait été le point de départ de multiples vagues de migrations. C’est ce que révèle une étude dont les conclusions ont été publiées ce jeudi dans la revue Science. Une version qui vient contredire l’hypothèse communément admise d’une unique grande vague migratoire il y a environ 60.000 ans.


De nouvelles découvertes en Asie

Pour en arriver là, les chercheurs se sont appuyés sur de nouvelles découvertes, effectuées en Asie ces dix dernières années. Notamment la mise au jour des ossements d’Homo Sapiens en Chine qui montrent que celui-ci a parcouru de vastes distances beaucoup plus tôt qu’on ne le pensait sur le continent asiatique, s’approchant même de l’Océanie.

Des études récentes ont également confirmé que les populations non africaines actuelles descendent d’un seul groupe en Afrique, remontant à approximativement 60.000 ans. « Les migrations parties d’Afrique antérieures à 60.000 ans étaient probablement de petits groupes d’explorateurs et certains de ces mouvements migratoires ont laissé de faibles traces génétiques dans les populations humaines modernes », a confié Michael Petraglia, le principal auteur de ces travaux.

Des gènes néandertaliens

Des croisements entre les hommes modernes et d’autres hominidés, comme les Néandertaliens ou les Denisoviens, auraient aussi eu lieu. Ainsi, à l’exception des Africains, les humains posséderaient à l’heure actuelle entre 1 et 4 % de gènes néandertaliens dans leur ADN, et ceux originaires du Pacifique auraient eux 5 % de gènes denisoviens.

« Cette collection d’indices nous donne une image des migrations humaines qui ne peut pas se limiter à une seule vague de population d’Ouest en Est », a expliqué Christopher Bae, chercheur de l’université d’Hawaï à Manoa, et co-auteur de l’étude. Pour ce scientifique, « il faut prendre en compte les variations écologiques et les différentes interactions entre les diverses populations d’hominidés présentes en Asie à la fin du Pléistocène, il y a 100.000 ans ».

Source : 20 minutes du 08/12/2017