samedi 1 février 2020

Question de la semaine : pourquoi l'Homme cuit-il ses aliments ?

Pourquoi cuisons-nous nos aliments ? C'est notre question de la semaine, posée par un lecteur sur la page Facebook de Sciences et Avenir.

"Pourquoi cuisons-nous nos aliments ? Alors qu'à l'origine, l'Homme était un cueilleur et mangeait ses aliments crus", nous demande Nordine Khoufache sur la page Facebook de Sciences et Avenir. Chaque semaine, nous sélectionnons une question de lecteur pour lui apporter une réponse. Merci pour votre insatiable curiosité.

L'utilisation du feu par l'Homme pour cuire ses aliments remonterait à un million d'années, d'après des analyses menées dans la grotte de Wonderwerk en Afrique du Sud en 2012. Michael Chazan, de l'Université de Toronto (Canada), et ses collègues ont en effet découvert il y a près de dix ans des traces de combustion datant d'un million d'années dans cette grotte (où les signes d'occupation humaine remontent à 2 millions d'années). L'œuvre d'un Homo erectus - ou d'un autre homininé vivant il y a un million d'années. Ce n'est pas la première fois que des traces anciennes de feu sont ainsi associées à la présence humaine. Et à chaque fois, le doute demeure : s'agit-il vraiment d'un feu contrôlé ou d'un feu sauvage ? Les cendres ont-elles été transportées ou ont-elles été produites in situ ?
L'utilisation du feu, un tournant dans l’histoire de l’évolution humaine

Même si ce mystère subsiste, les scientifiques s'accordent à dire que l'utilisation du feu est un tournant dans l'histoire de l'évolution humaine. La viande cuite fournit plus d'énergie que la crue. La mastication est plus facile, la taille de la mâchoire peut régresser au profit de celle de la boîte crânienne… Selon l'anthropologue britannique Richard Wrangham, les changements morphologiques observés à partir d'Homo erectus sont liés à la consommation d'aliments cuits. Son hypothèse remet en question l'idée longtemps admise que l'humain n'a utilisé le feu pour cuisiner qu'il y a 500.000 ans environ.
"Les Hommes du Paléolithique étaient plus carnivores que nous"

Alors, que faisait cuire nos ancêtres ? "Les Hommes du Paléolithique étaient plus carnivores que nous", expliquait le paléoanthropologue Antoine Balzeau dans un précédent article de Sciences et Avenir. On sait que Sapiens mangeait la viande de gros herbivores comme le cheval ou le renne, mais aussi du petit gibier, des oiseaux, des coquillages et sans doute du poisson, du saumon en particulier. "Cependant, on a trouvé des pollens, des restes de végétaux et des pierres chauffées indiquant qu'ils mangeaient des plantes, et pas seulement crues. Pour les faire cuire à l'eau, comme ils n'avaient pas de récipients allant au feu, ils plongeaient des pierres brûlantes dans le liquide pour le réchauffer", ajoutait le spécialiste. Dans la grotte de Wonderwerk, Michael Chazan et ses collègues ont découvert des vestiges de cendres contenant des plantes et des bouts d'os carbonisés.

Il y a 170.000 ans, nos ancêtres faisaient également cuire des racines pour les consommer, comme l'a montré une étude publiée en janvier 2020. "Cela montre bien que les chasseurs-cueilleurs d'il y a 170.000 ans essayaient déjà d'avoir une alimentation équilibrée", concluait Francesco d'Errico, un des archéologues à l'origine de cette découverte.

Source : Sciences et Avenir du 31/01/2020

mercredi 29 janvier 2020

Évolution : il manque une lignée à l'arbre généalogique humain !

Grâce à l'ADN de quatre enfants enterrés il y a 8.000 et 3.000 ans au Cameroun, une équipe de chercheurs a pu retracer une partie de l'arbre généalogique humain. En éclairant l'humanité sur son passé, cette découverte met également en lumière les cases vides. Une lignée entière d'ancêtres d'Homo sapiens sapiens serait encore inconnue.

Si l'on a l'oreille attentive, l'ADN raconte des histoires. Ainsi, en s'asseyant au chevet du plus vieil ADN africain jamais découvert, une équipe de chercheurs internationale a pu l'écouter éclairer l'Histoire humaine. Ils ont retracé cet échange dans une étude parue dans Nature.

Leur interlocuteur, l'ADN de deux enfants enterrés il y a 8.000 ans et de deux autres enfants enterrés il y a 3.000 ans, a été retrouvé à Shum Laka, une grotte située au Cameroun. Elle est considérée comme emblématique de l'âge de la pierre au métal, une période qui a donné naissance à la métallurgie et à l'agriculture durant l'âge du fer.

D'après leur matériel génétique, les quatre enfants étaient proches des chasseurs-cueilleurs d'Afrique centrale. Ce résultat d'apparence anecdotique est pourtant inattendu.

Un tiers des Africains est lié par les langues bantoues

La grotte Shum Laka se trouve dans la région des prairies du Cameroun, qui a longtemps été identifiée comme le berceau probable des langues bantoues. Cet ensemble d'au moins 400 langues est parlé par plus d'un tiers des Africains d'aujourd'hui. « Le consensus stipule que le groupe des langues bantoues est originaire d'Afrique du centre-ouest, avant de se propager dans la moitié sud du continent après environ 4.000 ans », explique Mary Prendergast, professeur d'anthropologie et codirectrice de l'étude.

Or, les quatre enfants étudiés révèlent une ascendance très différente de la plupart des locuteurs bantous contemporains. Leur proximité génétique insoupçonnée avec les chasseurs-cueilleurs d'Afrique centrale « suggère que les locuteurs bantous d'aujourd'hui ne descendent pas de la population à laquelle appartenaient les enfants Shum Laka », conclut Mark Lipson, généticien de la Harvard Medical School et auteur de l'étude.

Dès lors, ce résultat « indique une population jusque-là inconnue qui ne fournissait que de petites proportions d'ADN aux groupes africains actuels », suggère Mark Lipson.

Au moins quatre lignées humaines ont contribué à l'humain actuel

Bien que formidable, les chercheurs ne se sont pas contentés de cette information. En combinant les données recueillies à l'ADN d'anciens chasseurs-cueilleurs d'Afrique orientale et australe, ainsi qu'à l'ADN de nombreux groupes Africains d'aujourd'hui, ils ont pu construire un modèle des lignées divergentes au sein du passé humain.

Celui-ci montre l'existence d'au moins quatre lignées humaines majeures, ayant profondément contribué à la génétique des humains actuels. Elles auraient divergé les unes des autres il y a 250.000 à 200.000 ans.

Les chercheurs ont mis en évidence deux ensembles de quatre lignées divergentes au sein de l'arbre généalogique humain. Les premières quatre branches se situent entre 250.000 et 200.000 ans, tandis que les quatre autres ont divergé vers 80.000-60.000 ans. Cette seconde période de divergence a conduit aux humains non-africains.

Ces résultats ont permis aux chercheurs de confirmer qu'une des quatre branches est la « population fantôme », auparavant inconnue, qui a contribué à une petite quantité d'ascendance à l'ouest et à l'est de l'Afrique. Ils ont également pu retracer l'arbre généalogique des enfants de Shum Laka. La population fantôme composerait deux tiers de leurs ancêtres, tandis que les chasseurs-cueilleurs d'Afrique centrale comblerait le dernier tiers.

Leur découverte s'ajoute à un consensus croissant. En effet, les origines humaines en Afrique auraient impliqué des populations profondément différentes et géographiquement séparées. Puisque l'amour n'a pas de frontières, et la reproduction non plus.

Source : Futura Science du 28/01/2020

L’ADN d’un mystérieux peuple inconnu découvert au Cameroun

L’ADN de quatre enfants préhistoriques, découverts dans l’ouest du Cameroun, met en lumière les traces génétiques de populations humaines disparues. Cette mystérieuse lignée « fantôme » pourrait réécrire l’histoire de l’évolution de l’homme.

En plongeant dans l’ADN africain le plus ancien jamais collecté, des scientifiques ont découvert une mystérieuse lignée « fantôme » d’humains dont l’identité reste encore inconnue. C’est sur le site archéologique de Shum Laka, au Cameroun, que les scientifiques ont fait cette découverte extraordinaire. Elle a été rapportée dans la revue scientifique Nature.

Berceau de l’Homo sapiens

Pour la première fois, une équipe internationale de chercheurs de la Harvard Medical School, la faculté de médecine de Harvard, à Boston (États-Unis), a séquencé l’ADN de quatre enfants, enterrés en deux phases il y a 8 000 et 3 000 ans, à Shum Laka. Ce site archéologique iconique est situé dans des grottes de la région des Prairies au Cameroun, près de Bamenda. Il est connu pour être le berceau de l’histoire de notre espèce, Homo sapiens. Il a également la particularité d’abriter la plus grande diversité génétique humaine au monde.

« L’ADN ancien qui s’y trouve est le premier à être découvert dans le centre-ouest de l’Afrique et l’un des plus anciens jamais récupérés d’un milieu tropical africain », confirme un communiqué publié sur le site internet de l’Université de Montréal.

« Notre analyse indique l’existence d’au moins quatre grandes lignées humaines profondes qui ont contribué à la vie des gens d’aujourd’hui, et qui ont divergé les unes des autres il y a environ 250 000 à 200 000 ans », insiste David Reich, l’auteur principal de l’étude de la Harvard Medical School, dans ce même communiqué.

Le site de Shum Laka, au Cameroun, pourrait révéler de nouveaux secrets sur l’histoire de l’évolution de l’homme.

Ces quatre lignées humaines comprennent les chasseurs-cueilleurs actuels d’Afrique centrale, les chasseurs-cueilleurs d’Afrique australe, tous les autres humains modernes et – plus intrigant encore – une population « fantôme », inconnue jusque-là, d’autres humains modernes. Bien que l’identité de cette dernière lignée reste un mystère, les anciens individus ayant déjà été découverts à Shum Laka en sont pour les deux tiers d’entre eux issus, tandis que le reste de leur ascendance provient d’une lignée liée aux chasseurs-cueilleurs actuels d’Afrique centrale.

Extrêmement rares

« Shum Laka est un point de référence pour comprendre l’histoire séculaire du centre-ouest de l’Afrique », souligne Isabelle Ribot sur le site internet de l’Université de Montréal. Cette anthropologue a fouillé les sépultures de 18 personnes (principalement des enfants) enterrées en deux phases il y a environ 8 000 et 3 000 ans. Les squelettes humains d’avant l’âge de fer sont ici extrêmement rares. Les environnements tropicaux et les sols acides ne sont pas favorables à la préservation des os. C’est pourquoi les résultats de l’étude sont vraiment « exceptionnels ».

Les scientifiques de la Harvard Medical School ont échantillonné les os pétreux (oreille interne) de six individus enterrés à Shum Laka. Quatre de ces échantillons ont produit de l’ADN ancien et ont été datés directement au Pennsylvania State University Radiocarbon Laboratory. La conservation moléculaire a permis de faire l’analyse du génome entier de l’ADN ancien.

Un passé marqué par les mouvements de populations

Et les chercheurs ont constaté qu’aucun des individus échantillonnés à Shum Laka n’est étroitement lié à la plupart des locuteurs actuels du bantou, le groupe de langues africaines le plus répandu. Ils faisaient plutôt partie d’une population distincte qui a vécu dans la région il y a plus de cinq millénaires et qui a ensuite été remplacée par des groupes très différents dont les descendants constituent la majorité des Camerounais d’aujourd’hui.

« Ces résultats soulignent à quel point le paysage humain en Afrique, il y a quelques milliers d’années seulement, était profondément différent de ce qu’il est de nos jours, souligne David Reich. Ils mettent en évidence le pouvoir de l’ADN ancien de lever le voile sur un passé humain qui a été masqué par les récents mouvements de populations. »

Source : OuestFrance du 28/01/2020

mardi 28 janvier 2020

Les grandes dates

7 000 000 Apparition des premiers hominines bipèdes en Afrique
7 000 000 Première forme humaine (Toumai) en Afrique
3 400 000 Apparition des outils en Afrique
3 300 000 Invention des premiers outils de pierre taillée en Afrique
v 2 000 000 Arrivée des Homo erectus d'Afrique en Eurasie
1 900 000 Carnivorie accrue, première sortie d'Afrique des Homo erectus
1 800 000 Première présence humaine avérée en Europe (Homo georgicus, Géorgie)
1 700 000 Prémices du langage
1 500 000 Traces d'usage du feu en Afrique
1 300 000 Premières traces d'un usage du feu en Afrique
500 000 Plus ancien témoignage d'art (coquillage gravé de traits, Indonésie)
500 000 Coquillage gravé de traits, plus ancien témoignage d'art (Indonésie)
430 000 Sépultures attribuées à des prénéandertaliens (Espagne)
430 000 Biface Excalibur, première offrande funéraire supposée (Espagne)
400 000 Aménagements de foyers prouvant la maîtrise du feu en Europe
400 000 Foyers prouvant la maîtrise du feu en Europe
350 000 Début de l'évolution des néandertaliens à partir de Homo heidelbergensis en Europe
230 000 Age de la supposée figurine de Berekhat (Israël)
v 200 000 Homo sapiens sort d'Afrique
v 200 000 Présence attestée des Homo erectus en Eurasie
200 000 Plus ancien lit découvert à Border Cave (Afrique du Sud)
180 000 Apparition des premiers vêtements déduite de la divergence génétique du pou
v 175 000 Premières traces d'Homo sapiens hors d'Afrique (Israël)
120 000 Expansion des Homo sapiens modernes au Proche-Orient
100 000 Arrivée des Homo sapiens en Eurasie. Confection de parures
100 000 Arrivée des premiers Homo sapiens en Eurasie
100 000 Plus ancien atelier de fabrication de pigments découvert à ce jour (Afrique)
73 000 Motif géométrique gravé sur un bloc d'ocre. Premier objet symbolique dû à Homo sapiens (Blombos, Afrique du Sud)
70 000 Les hommes ont probablement acquis le langage
60 000 Début du peuplement de l'Australie
61 000 Premières pointes de flèches en os (grotte de Sibudu, Afrique du Sud)
50 000 Présence de fleurs dans une tombe néandertalienne (Irak)
48 000 Peintures de la Serra de Capivara (Brésil). Datation encore controversée
43 000 Première oeuvre figurative (grotte de Sipong, Indonésie)
43 000 Premier instrument de musique (grotte de Geissenklosterie, Allemagne)
v 40 000 Disparition des derniers hommes de Neandertal en Eurasie
v 40 000 Extinction des néandertaliens pleinement évolués
v 40 000 Premiers instruments de musique (flûtes)
v 38 000 Age du plus ancien homme moderne retrouvé en Europe
v 37 000 Première phase de décoration de la grotte Chauvet (Ardèche)
37 000 Première espèce domestiquée par l'homme, à partir du loup : le chien
v 36 000 Réalisation des premières statuettes animales et humaines
35 000 Preuve de l'utilisation du "briquet" (sulfure de fer percuté sur du silex)
35 000 Développement de l'art pariétal figuratif. Grotte Chauvet (Ardèche)
35 000 Développement de l'art pariétal dans le sud de la France (Grotte Chauvet)
35 000 Grotte Chauvet (Ardèche). Un millier de peintures et gravures
v 35 000 Apparition des figurines féminines (dites "vénus paléolithiques")
30 000 Extinction d'Homo floresiensis, espèce vivant en Indonésie
30 000 Pratique de la navigation attestée
v 30 000 Ornements dans les cavernes profondes en Australie. Date minimale de l'arrivée des Homo sapiens en Amérique
30 000 Date minimale de l'arrivée des Homo sapiens en Amérique
v 30 000 Pratique du chamanisme à partir du paléolithique supérieur
v 28 000 Invention de la céramique en Europe de l'Est
v 26 000 Invention de la céramique par des chasseurs-cueilleurs (Europe de l'Est)
24 000 Usage attesté du propulseur (arme de jet)
20 000 Statuettes féminines en ivoire de mammouth de Malta et Bouret (Sibérie)
19 000 Date supposée de l'invention de la poterie en Chine
19 000 Invention probable de la poterie en Chine
16 000 Hypothèse d'une domestication du chien en Europe
v 15 000 Premiers foyers d'invention de la poterie (Extrême-Orient)
12 000 Domestication du chien avérée en Europe et au Proche-Orient
11 000 Premiers villages, caractérisés par l'agglomération de maisons semi-enterrées dans des fosses rondes
v 10 000 Néolithisation du Proche-Orient. Apparition de l'outillage agricole
v 10 000 Début de la sédentarisation du Proche-Orient. Apparition de l'outillage agricole
v 10 000 Développement des religions agropastorales à partir du néolithique
9 500 Plus ancien lieu de culte, le temple de Gobekli Tepe (Turquie)
8 800 Domestication du mouflon, de la chèvre égagre, de l'auroch et du sanglier au Proche-Orient
8 000 Début du boom démographique dû à l'invention de l'agriculture
6 500 Développement de foyers agricoles en Asie, en Amérique et en Afrique
6 000 Apparition de cultures irriguées en Mésopotamie
6 000 Apparition du nomadisme pastoral au Proche-Orient
4 300 Fondation des villes d'Ourouk et de Suse au Proche-Orient
4 000 Domestication de l'âne en Afrique du Nord-Est
4 000 Naissance des civilisations mésopotamienne et égyptienne
3 500 Domestication du cheval dans les steppes eurasiennes
3 400 Invention de l'écriture à Ourouk par les Sumériens
3 400 3 300. Invention de l'écriture à Ourouk (actuel Irak) par les Sumériens
3 200 Généralisation de l'usage de l'écriture à Sumer
v 3 000 Adoption du polythéisme par les sociétés dotées d'Etat
v 3 000 Unification des royaumes de Haute-Egypte et de Basse-Egypte
v 3 000 Adoption du polythéisme par les sociétés dotées d'Etat et, souvent d'écriture
2 800 Imhotep, premier architecte à construire en pierre (Saqqarah, Egypte)
2 750 2 000. Epoque des cités Etats suméro-akkadiennes et des cités de l'Indus
2 600 Mise par écrit des premiers mythes et textes religieux
2 600 Mise par écrit des tout premiers textes religieux
2 300 Ecriture des épopées sumériennes des rois d'Ourouk. Première évocation de Gilgamesh
2 200 Apparition de la première écriture cursive en Egypte
2 000 Domestication du dromadaire dans le sud de l'Arabie
1 900 1 500. Culture d'Erlitou, première capitale chinoise
v 1 600 Papyrus Edwin Smith, traité égyptien de pathologie chirurgicale
1 520 Hatshepsout, autoproclamée pharaon, représentée en homme
v 1 500 Apparition du grand nomadisme pastoral monté en Asie centrale
v 1 400 Composition en Inde du Rigveda, ensemble d'hymnes sacrés
v 1 400 Composition des textes de la religion védique en Inde
1 200 Apparition de la civilisation olmèque en Méso-Amérique
1 200 Existence du peuple des Amazones selon la mythologie grecque
v 1 050 Manuel de diagnostic du Babylonien Esagi-kin-apli
1 000 Domestication du renne en Sibérie
800 Emergence des cités-Etats en Grèce et de Rome dans la péninsule italique
800 Emergence des cités-Etats en Grèce
800 Fondation légendaire de Rome dans la péninsule italique
v 650 Apparition en Lydie de monnaies frappées en électrum
600 Apparition des religions universalistes avec la formation des empires
v 450 Apogée de la cité précolombienne de Teotihuacan ("lieux où sont créés les dieux")
420 370. Rédaction du canon d'Hippocrate, attribué au médecin grec
400 Pratique de la polyandrie mentionnée dans le Mahabharata
400 Début probable de la mise par écrit du Rigveda, jusqu'alors transmis oralement
400 Population d'Athènes : plus de 50 % d'esclaves
v 30 De architectura, de Vitruve, plus ancien traité d'architecture qui soit arrivé jusqu'à nous

vendredi 24 janvier 2020

Préhistoire : les rites funéraires ne dépendraient pas du statut social

Les humains enterraient-ils leurs congénères selon le statut social qu'ils occupaient au sein de leur communauté ? C'est ce qui est communément admis, mais une nouvelle étude favorise l'idée que les rites funéraires sont plutôt liés à la culture de l'ensemble de la communauté.

Deux communautés d'Hommes du Néolithique se sont côtoyées dans la région de Rioja Alavesa en Espagne. Bien que séparées seulement de quelques kilomètres (entre 4 et 6,5 kilomètres), leur mode de vie divergeait. Comment pouvons-nous le savoir ? Grâce à des dents retrouvées sur des restes humains inhumés selon deux rites funéraires distincts. C'est la conclusion émise dans une étude parue dans Science Advances, le 22 janvier 2020. Celle-ci reconsidère l'idée que le statut social d’un individu détermine la façon dont son corps sera traité après sa mort chez nos ancêtres du Néolithique.

Des rites funéraires culturels ?

Malgré leur proximité géographique, les deux populations humaines ne partageaient pas les mêmes mœurs. Les scientifiques ont prélevé des dents sur des restes humains reposant sous le sol d'une caverne ou dans des tombes mégalithiques. Les premiers Hommes enterrés dans des grottes sont datés d'une époque allant de 3.500 à 2.900 avant notre ère, tandis que l'utilisation des pierres tombales mégalithiques s'étend sur une période similaire à quelques centaines d'années près, à la fois plus tôt et plus tard.

Pour en savoir plus sur leur mode de vie, les scientifiques ont examiné 27 molaires adultes. L'analyse des isotopes des atomes du carbone et d'azote, présents dans le collagène de la dentine, suggère aussi un régime alimentaire différent. La population qui préfère placer ses morts dans des tombes en pierre semble avoir un régime riche en plantes. De nombreuses caries ont été retrouvées sur les dents, témoignant, selon les chercheurs, d'une consommation importante de plantes sucrées.

L'analyse des isotopes du carbone, du strontium et de l'oxygène dans l'émail permet d'estimer l'âge auquel les enfants ne se nourrissent plus du lait maternel. Sur ce point aussi, les deux communautés examinées divergent. Les dents retrouvées dans les grottes montrent que les jeunes enfants étaient sevrés plus tôt que ceux enterrés dans des pierres tombales.

Selon les auteurs de cette étude, les restes retrouvés dans les deux tombes témoignent d'une culture propre à chaque population. Les rites funéraires ne seraient alors pas dus à un statut social au sein de la communauté, mais à un mode de vie particulier. Les coutumes décrites ici semblent être un témoin d'une différence culturelle ancienne entre deux populations proches.

Source : Futura Science du 23/01/2020

On sait désormais qui était le mystérieux gigantopithèque d'Asie

Une énigme vieille de 1935 vient d'être résolue ! Des analyses protéomiques révèlent à qui le gigantopithèque, singe asiatique vieux de 2 millions d'années qui dépassait les 2 mètres de haut, était apparenté.

C'est plus grand primate à avoir jamais vécu sur terre : le gigantopithèque, Gigantopithecus blacki, intrigue les paléontologues et enflamme l'imaginaire des cryptozoologues depuis sa découverte, il y a plus de 80 ans. Les premiers savent qu'il a arpenté le sud-est de l'Asie entre -2,2 millions d'années et -300 000 ans avant de s'éteindre, probablement mort de faim, incapable de satisfaire son énorme appétit végétarien quand la forêt s'est transformée en savane herbeuse. Les seconds voient en lui l'ancêtre du yéti tibétain, du yeren chinois et même du sasquatch nord américain, de l'autre côté du détroit de Bering. Mais ses fossiles sont rares.

Depuis 1935 et la trouvaille d'une dent deux fois plus grosse que celle d'un gorille chez un apothicaire chinois de Hong-Kong, les chercheurs n'ont retrouvé qu'une centaine de dents et quatre mandibules partielles, dans le sud de la Chine, au nord du Vietnam et en Thaïlande. Des mandibules trois fois plus grandes que celle d'un gorille mâle ! Pas de squelette, ni de crâne complet… une absence d'autant plus intrigante que beaucoup de fossiles d'autres espèces de singe ont été découvert dans la région… À croire que les restes du géant ont tristement et majoritairement fini broyés dans les échoppes de médecine traditionnelle chinoise, friande de "dents de dragons" et ossements anciens. "Les restes retrouvés sont clairement insuffisants pour dire si l'animal était bipède ou quadrupède ou même préciser ses proportions", souligne Hervé Bocherens bio-géologiste de l'Université de Tübingen (Allemagne), même si les scientifiques estiment qu'il pouvait mesurer entre 1,80 et près de 3 m, et peser de 200 à 500 kg. Faute de pouvoir dire à quoi il ressemblait exactement "certains le représentaient comme un orang-outan surdimensionné, ce qui est l'option choisie pour le roi Louie, le roi des singes qui kidnappe Mowgli dans le film Le livre de la jungle, précise le pr Hervé Bocherens, d'autres le dépeignaient comme un gorille géant de couleur noire. Le parti pris de Hergé, dans Tintin au Tibet, quand il a imaginé son yéti.


Comparaison du Gigantopithèque avec l'homme et un autre singe préhistorique.

Une équipe de chercheurs chinois, allemands, espagnols et français dirigée par Frido Welker et Enrico Cappellini, de l'Université de Copenhague, a fini par trancher, démontrant qu'il s'agissait d'un cousin préhistorique des orangs-outans actuels. Pour résoudre cette énigme du siècle dernier, ils ont eu recours à une méthode toute récente, utilisée notamment pour déterminer que l'Homme de Denisova était allé au Tibet. La protéomique, récompensée par un Nobel de chimie en 2002, permet l'analyse des ensembles de protéines -ou protéomes - même très dégradés. La recherche d'ADN n'était pas une option : dans l'aire géographique où ont été retrouvés les restes du singe géant, on n'en trouve plus au-delà de -10 000 ans."Nous avons extrait les protéines de l'émail d'une molaire de Gigantopithecus blacki âgée de 1,9 million d'années trouvée dans la grotte de Chuifeng, au sud de la Chine", explique Frido Welker.

Le procédé est destructif, mais il permet notamment de déminéraliser l'émail avec des acides et de rendre les protéines liquides sans les dissoudre. Frido Welker et ses collègues ont ainsi obtenu un protéome de 409 peptides (des chaines d'acides aminés) uniques correspondant à six protéines. Leurs signatures seraient celle d'une femelle. Les spécialistes ont ensuite comparé ce protéome dentaire à ceux des hominoïdes (gibbons, orangs-outangs, gorilles, chimpanzés et humains), des protéomes eux-mêmes déduits à partir des séquences de leurs génomes connus pour coder des protéines de l'émail dentaire. "Nous avons ainsi démontré que Gigantopithecus était une lignée sœur de celle des orangs-outans (du genre Pongo). Leur séparation, à partir d'un ancêtre commun, remonte à il y a environ 12 à 10 millions d'années", précise le chercheur. La lignée des Pongo (ou pongidés) avait déjà divergé de celle des Homo il y a 20 millions d'années. L'âge thermique de ces séquences protéiques est environ cinq fois supérieur à celui de tout protéome ou génome de mammifère des tropiques précédemment publié !

Un mammifère de cet âge avait pu être analysé avec cette méthode, mais il venait du Caucase, un milieu tempéré. "La survie d'un protéome d'émail dentaire du Pléistocène inférieur dans les régions subtropicales élargit encore le champ de l'analyse paléoprotéomique à des zones géographiques et à des périodes considérées auparavant incompatibles avec la conservation de quantités substantielles d'informations génétiques", se réjouit Frido Welker. L'exploit réalisé sur le gigantopithèque pourrait ainsi ouvrir la voie à des analyses comparables sur des restes humains très anciens.

Source : Science et Avenir du 17/01/2020

mercredi 15 janvier 2020

La plus vielle figurine aurait 43000 ans

Ce petit bout d'ivoire de mammouth retrouvé dans la grotte de Denisova, en Sibérie, évoque la forme d'un félin prêt à bondir... a-t-il été sculpté par notre cousin, l'homme de Denisova ?

Elle était surement peinte en rouge, comme en témoignent les traces d'ocre retrouvées sur son ventre. Cette petite figurine de 4,2 cm taillée dans de l'ivoire de mammouth est la dernière merveille offerte par la grotte de Denisova, en Sibérie. Car regardez : on distingue un corps animal et des pattes arrière tendues, comme un félin prêt à bondir. Pour les chercheurs de l'institut archéologique de Novosibirsk en Russie, qui l'ont récemment découverte, il s'agirait d'un lion des cavernes, « mais impossible d'être certain car il manque la tête », remarque l'archéologue Francesco d'Errico, de l'université de Bordeaux.

Quel que soit l'animal, c'est son âge qui donne à cette figurine son importance : elle aurait 43000 ans environ, comme la couche de sédiments dans laquelle elle se trouvait. « Ce qui en ferait la plus vieille figurine figurative du monde, même s'il faut attendre son étude complète pour le certifier », pointe le chercheur. Et peut-être même l'une des toutes premières œuvres figuratives tout court, puisque c'est après cette date que les premiers animaux sont apparus sur les parois des grottes. Avant, l'humain ne dessinait encore que des symboles abstraits.

Denisova, le vrai premier artiste ?

Mais alors, qui l'a créé ? A cette époque, notre espèce Homo sapiens était présente depuis peu dans la région, mais la grotte n'en garde pas trace. L'homme de Denisova, par contre, l'habitait jusqu'à au moins - 55000 ans. Aurait-il été le premier à créer un art que même vous et moi pouvons comprendre - une œuvre traversant les milliers d'années mais aussi la frontière de l'espèce ?

Source : Science et Vie du 14/01/2020

mardi 14 janvier 2020

Homo erectus serait arrivé plus tard que prévu en Asie du Sud-Est

Les premiers humains sortis d'Afrique, probablement des Homo erectus, auraient migré d'Afrique vers l'Asie et l'Est de l'Asie. Une nouvelle étude révèle que l'arrivée en Asie du Sud-Est a eu lieu dans un second temps bien plus tard que ce que l'on pensait.

Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, le site des premiers hommes de Sangiran, sur l'île de Java en Indonésie, constitue un des éléments clés pour comprendre les déplacements des premiers hommes à travers le monde. À ce jour, plus de 100 spécimens d'au moins trois espèces différentes d'hominidés ont été récupérés dans les sédiments volcaniques du site, parmi lesquels des crânes et des mandibules. Jusqu'à présent, l'arrivée de l'Homme à Sangiran avait été estimée à environ – 1,6 ou -1,7 millions d'années. Mais les premiers humains pourraient bien être arrivés beaucoup plus tard selon de récents travaux menés par une équipe japonaise de l'Université de Tokyo associée au National Museum of Nature and Science d'Ibaraki. Ces recherches, publiées dans Science, rebattent ainsi les cartes des déplacements des premiers Hommes à travers le monde.

Ces nouveaux travaux estiment l'arrivée des premiers hominidés à Sangiran entre -1,3 à -1,1 millions d'années. Ce qui implique que ces premiers Homo erectus auraient migré d'Asie vers l'Asie du Sud-Est et Java environ 300.000 ans plus tard que ce qui avait été établi auparavant. Dans les couches géologiques du dôme de Sangiran, soulevée par la tectonique récente, se trouvent les plus anciens fossiles humains d'Asie du Sud-Est. Le site est doté d'une importance cruciale pour comprendre la marche de nos premiers ancêtres à travers le monde et établir une chronologie des migrations et des installations d'humains en Asie.

La date de l'apparition de l'Homo erectus dans la région reste un sujet à controverse. "Il est important de préciser que cette date est toujours incertaine, même si cela se précise à la lumière de ces récentes découvertes. Ce site fait particulièrement l'objet d'incertitudes car les fossiles retrouvés ici sont souvent découverts par des prospecteurs locaux, des agriculteurs. Lorsque le fossile arrive dans les mains des scientifiques, il a souvent déjà été bien nettoyé par celui qui l'a découvert et on ne dispose alors plus des minéraux incrustés autour pour essayer de le dater", explique Boris Brasseur, géologue, fin connaisseur du site de Sangiran et auteur d'un article sur les perspectives apportées par les travaux de datations effectuées par l'équipe japonaise.

"Cela change notre vision des premières migrations hors du continent africain"

Pour arriver à ces résultats, l'équipe de chercheurs a utilisé plusieurs méthodes de datation sur le zircon, un minéral du groupe des silicates. Première technique : la datation par les traces de fission, qui repose sur l'analyse des traces laissées dans un minéral par la fission spontanée de l'uranium 238. La deuxième méthode, appelée datation par l'uranium-plomb, permet de dater des objets en analysant la désintégration de l'uranium et du plomb au fil du temps.

Le trajet effectué par les premiers Hommes d'Afrique vers l'Asie puis l'Asie du Sud-Est.

Ces nouvelles données pourraient avoir des conséquences sur ce que l'on sait de la sortie de l'Homme de l'Afrique et sa dispersion en Asie. Les premiers hominidés sont
découverts en Afrique dans des roches âgées de 20 millions d'années. C'est aussi en Afrique que sont découverts les plus anciens fossiles du genre Homo. Ces homininés sont bipèdes exclusifs, utilisent des outils et s'aventurent hors d'Afrique vers l'Asie à partir de -1,9 millions d'années, puis vers l'Europe vers 1.3 millions d'années. A travers le monde, plusieurs ossements fossiles d'Homo georgicus (Géorgie), d'Homo antecessor (Europe du sud) et d'Homo erectus (Indonésie, Chine) ont été retrouvés. "Pour atteindre l'Indonésie, ils n'ont pas traversé de mers. A cette époque l'Ile de Java est reliée au continent de manière épisodique lors des variations du niveau des océans mondiaux. Il a donc pu arriver à pied ferme."

En rajeunissant l'âge des fossiles de Sangiran l'équipe Japonaise a sorti le site indonésien du groupe des plus anciens sites à fossiles du genre Homo hors d'Afrique. "Cela change notre vision des premières migrations hors du continent africain. En dehors de l'Afrique, les fossiles les plus anciens du genre Homo se trouvent en Géorgie et sont datés à -1,85 millions d'années. D'autres sont un peu plus jeunes en Chine, d'autres d'âge plus disputés se situent sur l'actuel Pakistan", précise Boris Brasseur. "Il y a pour le moment très peu de sites permettant de renseigner l'histoire des premières migrations hors d'Afrique et Sangiran n'en fait plus partie. Les futures découvertes sur le sujet auront un fort impact sur les scénarios fragiles qui sont actuellement bâtis.

Un site particulièrement riche

Le site de Sangiran est par ailleurs une zone particulièrement intéressante sur le plan scientifique selon Boris Brasseur. "Ce site est très riche en hominidés. On compte trois ou quatre espèces qui auraient pu cohabiter ou s'enchaîner chronologiquement. On ne sait pas pour l'instant. Mais il serait très intéressant de réussir à comprendre quelles espèces ont vécu en même temps ou lesquelles se sont succédées dans le temps. Certaines espèces ont d'ailleurs été décrites uniquement sur ce site et on ne connaît pas encore leurs origines phylogénétiques (la phylogénétique consiste en l'étude des relations de parenté entre les êtres vivants, ndlr)."
Le spécialiste insiste, Sangiran reste un site très ancien, d'âge comparable aux plus anciens sites d'hominidés en Europe.Les découvertes effectuées à Sangiran en font toujours le site le plus ancien d'Asie du Sud-Est avec Perning (Java est).

dimanche 5 janvier 2020

Que cuisinaient les humains il y a 170 000 ans ?

Des chercheurs ont identifié les restes de légumes-racines vieux de 170 000 ans dans une grotte sud-africaine. Une découverte qui suggère que le régime de nos ancêtres était plus équilibré qu’on ne le pensait.

Il y a quatre ans Lyn Wadley, de l’Université de Witwatersrand (Afrique du Sud), est tombée sur plusieurs morceaux de charbon de bois logés dans une couche de cendres dans la Border Cave (littéralement, “la grotte de la Frontière”) en Afrique du Sud. Il s’agissait des restes de feux alimentés par des humains il y a environ 170 000 ans.

Des analyses faites au microscope au cours des années suivantes ont finalement permis d’identifier à l’intérieur de ces morceaux de charbon la présence de rhizomes – tiges souterraines – d’une plante du genre Hypoxis.

Un régime plus équilibré qu’on ne le pensait

Selon la chercheuse, il s’agit des plus anciens légumes-racines jamais cuisinés. Une découverte rare dans la mesure où les restes de plantes sont moins susceptibles de survivre que les os d’animaux.

Ces nouvelles informations suggèrent également que le “régime paléo” comprenait en réalité beaucoup de légumes grillés riches en glucides.

« Cette découverte est beaucoup plus ancienne que les rapports précédents pour la cuisson de plantes similaires et elle donne un aperçu fascinant des pratiques comportementales des premiers humains modernes en Afrique australe, explique la chercheuse. Je pense que les gens avaient une alimentation très équilibrée, avec une combinaison de glucides et de protéines. Cela implique également qu’ils utilisaient des bâtons en bois pour extraire les plantes du sol ».

Les rhizomes d’Hypoxis sont des aliments nutritifs avec une valeur énergétique d’environ 500 KJ / 100g. Bien qu’ils soient comestibles crus, ces légumes-racines sont fibreux et ont une résistance à la rupture très élevée. Le fait des les cuisiner permet de les peler et de les digérer plus facilement.

« Ils pouvaient alors en consommer beaucoup plus et en tirer des avantages nutritionnels plus importants », poursuit la chercheuse.

Il existe aujourd’hui une espèce d’Hypoxis communément appelée “la pomme de terre africaine (Hypoxis hemerocallidea). Mais les rhizomes jaunes de cette plante sont très amers. C’est pourquoi ils sont davantage utilisés à des fins médicales plutôt que comme nourriture.

Les habitants de la Border Cave mangeaient probablement une espèce à chair blanche, comme Hypoxis angustifoli, suggère la chercheuse. Ces rhizomes sont en effet beaucoup plus agréables au goût.

Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Science.

Source : Sciencepost du 03/01/2020