mardi 9 juillet 2002
Le petit crâne des premiers Eurasiens
Les scientifiques pensaient en effet que l'adaptation de ces hominidés aux nouveaux environnements rencontrés lors de leurs déplacements requérait une dimension de cerveau, et donc une intelligence, supérieure à celle permise par le crâne récemment découvert.
Il s'agit du crâne d'un individu menu, au nez court et aux canines imposantes. Son cerveau aurait mesuré 600 centimètres cube, soit moins de la moitié de celui des hommes modernes. Deux autres crânes, découverts il y a trois ans sur le même site, permettaient d'accueillir un cerveau de plus grande dimension : 800 centimètres cube environ. Selon David Lordkipanidze, de l'Académie géorgienne des sciences et un des découvreurs du dernier fossile, les trois crânes, vieux de 1,75 millions d'années, appartenaient probablement à la même espèce, homo erectus, la première à avoir quitté l'Afrique. Les fossiles de Dmanisi ressemblent plus précisément à la version africaine d'homo erectus, dénommé homo ergaster.
Au regard de ces découvertes, l'augmentation du volume du cerveau n'aurait pas été le seul facteur de migration hors d'Afrique, a déclaré Lordkipanidze. Plusieurs raisons auraient selon lui motivé le phénomène. Le nouveau fossile découvert montre à quel point ces premiers humains étaient primitifs, précise Chris Stringer, de la London Natural History Museum. Les travaux sur le sujet ont été publiés dans la revue Science.
Source : Futura-Sciences du 09/07/2002
lundi 1 juillet 2002
Abel
Le choix du surnom est un hommage au géologue Abel Brillanceau, un collègue de Michel Brunet décédé en 1989 au Cameroun.
Les restes d'Abel se réduisent à la partie antérieure d'une mâchoire, ce qui explique le peu d'information concernant son mode de vie.
Cependant, les quelques dents retrouvées confirment son appartenance au genre australopithèque : il possède une deuxième prémolaire avec une couronne large et molarisée.
Source : Wikipedia
L'empreinte d'Eve
L'empreinte d'Eve est le nom populaire d'un ensemble d'empreintes fossilisées découvertes sur la rive de la lagune de Langebaan, en Afrique du Sud en 1995. On pense qu'elles sont celles d'une femme humaine et ont été datées d'il y a environ 117 000 ans. Cela en fait les plus anciennes empreintes de pas connues d'un humain anatomiquement moderne. L'âge estimé de l'empreinte d'Eve signifie que l'individu qui a laissé les traces dans le sol, que l'on pense être une femme, aurait vécu dans le large éventail actuel d'estimations pour la date de la veille mitochondriale.
Histoire
Les trois empreintes ont été découvertes en 1995 par le géologue David Roberts du Council for Geoscience et annoncées lors d'une conférence de presse avec le paléoanthropologue Lee R. Berger de l'Université du Witwatersrand à Johannesburg, Afrique du Sud, à la National Geographic Society à Washington, DC . La découverte a été documentée dans le numéro d'août 1997 du South African Journal of Science.
Berger et Roberts disent que les empreintes ont été faites sur une dune de sable escarpée pendant une tempête de pluie turbulente. L'endroit où elles ont été trouvés est dans le sud-ouest de l'Afrique du Sud, à environ 100 kilomètres au nord-ouest du Cap, dans le parc national de la côte ouest. Ils ont été trouvés dans une corniche de grès au bord de la lagune de Langebaan près de la côte atlantique. Les gravures conservées ont été transférées au South African Museum à Cape Town pour protection et une réplique en béton a été montée sur les rives de Langebaan.
Le créateur des empreintes de pas a vécu à l'époque de l'émergence des Homo sapiens modernes, ou des personnes anatomiquement similaires aux humains vivants aujourd'hui. Les empreintes mesurent 22–26 centimètres de longueur et sont à peu près la taille d'une chaussure de taille européenne continentale 39½. Dans une impression de pied, le gros orteil, la balle, la voûte plantaire et le talon sont clairement discernables. Roberts pense que les empreintes appartiennent à une ancienne femelle d'environ 1,5 mètre de hauteur. Il a dit que la femme qui a fait ces empreintes ressemblerait à une femme contemporaine.
Moins de trois douzaines de fossiles d'hominidés datant d'il y a 100 000 à 200 000 ans ont été découverts. Berger a déclaré : "Ces empreintes de pas sont des traces des premiers peuples modernes." Roberts a expliqué en outre que du sable sec soufflait sur les empreintes humides et remplissait les empreintes. Ils ont finalement été enterrés à une profondeur d'environ 9 mètres. Le sable et les coquillages concassés qui l'accompagnaient durcissaient comme du ciment en roche sédimentaire et protégeaient les empreintes de pas.
L'équipe a par la suite trouvé des preuves associées d'utilisation d'outils en pierre (un noyau, des grattoirs, des lames de coupe et une pointe de lance) dans la même zone que l'on pense dater de la même période. Il y avait aussi des preuves de l'utilisation de l'ocre, conduisant à la possibilité intrigante que la «veille» d'il y a 117 000 ans ait pu porter la poudre colorée.
Source : Wikipedia (en)
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nom :âge : 117 ka
découverte : David Roberts
date : 1995
espèce : Homo sapiens
Homme de Buya
Selon les chercheurs, cet Homo ergaster vivait dans une forêt près d'un grand fleuve, avec une faune très diversifiée (21 espèces de vertébrés, 16 de mammifères). Pour l'Homme de Buya, l'évolution la plus évidente est celle des jambes très peu arquées et des pieds à doigts parallèles adaptés à la marche et à la course. La mâchoire est massive. Les pariétaux sont presque parallèles. La conservation du crâne a permis une reconstitution numérique qui indique un volume crânien de 1 000 cm3, plus des deux tiers de celui d'Homo sapiens, une forte irrigation sanguine, une asymétrie semblable à celle du cerveau moderne.
De nombreuses traces laissées par ses outils de pierre ont été observées sur des os d'antilopes, d'hippopotames et de quelques crocodiles, mais pas d'autres prédateurs comme les lions ou les hyènes. Les hommes de Buya allaient quelquefois chercher loin les pierres qu'ils sélectionnaient soigneusement pour leurs outils ; les tailler suppose une certaine habileté, de la mémoire, et des capacités de conception en trois dimensions, ce qui évoque une pratique de la transmission et de l'apprentissage. L'Homme de Buya est daté d'un million d'années.
Source : Wikipedia
vendredi 24 mai 2002
Disparition de Stephen Jay Gould
C'est à l'âge de cinq ans, suite à une visite à l'American Museum of Natural History qu'était née une passion qui n'allait plus le quitter. En 1972, en collaboration avec Niles Eldredge, Stephen Jay Gould propose la théorie dit de "l'équilibre ponctué", arguant que les longues périodes de stabilité ponctuées par des changements brusques - à l'échelle géologique - dont témoignent les fossiles reflètent la réalité de l'évolution.
Auteur de nombreux livres tirés de ses 300 articles parus sans interruption de 1974 à 2001 dans les pages de Natural History, ainsi que de grands ouvrages destinés aux seuls spécialistes comme Ontogeny and Phylogeny (1977) ou The Structure of Evolution Theory (2002), ce grand chercheur possédant une étonnante culture a redonné vie à la paléontologie et a largement contribué aux débats autour de la micro et de la macroévolution.
Il reçu la première bourse MacArthur récompensant un génie scientifique, ainsi que le National Book Award et le National Book Critics Circle Award. Membre de la National Academy of Sciences, Stephen Jay Gould avait occupé le poste de président de l'American Association for the Advancement of Science. Il enseignait la zoologie à l'Université de Harvard et était professeur de biologie à l'Université de New York.
Source : Futura-Sciences du 24/05/2002
mercredi 1 mai 2002
Ardipithecus / Ardipithèque
Ardipithecus est un genre éteint de la tribu des Hominini dans l’ordre des Primates.
Certains auteurs le rattachent plutôt à la lignée des Panines mais pour d'autres la ressemblance de ses dents à celles des australopithèques préfigurerait la lignée des Hominines. Il a vécu entre environ 5,8 et 4,5 millions d'années avant le présent, au Pliocène inférieur. Les fossiles attribués à ce taxon sont très fragmentaires et proviennent d'Afrique de l'est (Éthiopie, Tanzanie).
Position phylogénétique
Les premiers restes attribués à Ardipithecus sont des fragments de mâchoire découverts par Tim White et son équipe dans la moyenne vallée de l'Awash en Éthiopie en 1992. Pour les inventeurs, il s’agit d'un ancêtre du genre Homo en raison d'une similarité de ses dents avec celles des australopithèques. Les fossiles en question avaient d'ailleurs initialement été attribués à ce genre.
Toutefois, comme il partage un certain nombre de traits avec les grands singes africains (chimpanzés et gorilles), des paléoprimatologues français, parmi lesquels les inventeurs d'Orrorin tugenensis, le situent dans l’ascendance des chimpanzés plutôt que dans celle des humains.
En l’absence de description des restes postcrâniens (dont une phalange du gros orteil), il est impossible de trancher pour l’instant. De même, il est impossible de statuer sur l’éventuel degré de bipédie ou sur le mode de vie de ce taxon.
Deux sous-espèces ou deux espèces
Les fossiles rattachés au genre Ardipithecus présentent une certaine variabilité, interprétée différemment suivant les auteurs :
certains considèrent qu’il s’agit de deux sous-espèces :
- † Ardipithecus ramidus ramidus,
- † Ardipithecus ramidus kaddaba ;
d’autres, se basant sur les canines récemment découvertes en Éthiopie, pensent qu’il s’agit de deux espèces distinctes :
- † Ardipithecus ramidus (4,4 millions d'années),
- † Ardipithecus kadabba (5,2 à 5,8 millions d'années).
Source : Wikipedia
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nom :âge :
découverte : Tim White
date : 1994
espèce : Ardipithecus
Little Foot
Description
« Little Foot » représente une découverte exceptionnelle par son état de conservation, et par le fait qu'il s'agit d’un squelette d'hominine ancien quasiment complet : il est beaucoup plus complet par exemple que le célèbre squelette d'Australopithecus afarensis surnommé « Lucy », découvert en Éthiopie en 1974, et qui n'était complet qu'à 40 %.
Les observations préliminaires semblent indiquer que le fossile présente d’une part des caractéristiques différentes de celles d'Australopithecus africanus, et d'autre part des points communs et des différences par rapport à Australopithecus afarensis. Il pourrait être rattaché à l'espèce Australopithecus prometheus créée par Raymond Dart pour des fossiles mis au jour dans le site de Makapansgat, en Afrique du Sud.
Les premières études de ce fossile montrent qu'il s'agit d'une femme d'une trentaine d'années, haute de 1,35 m. La longueur des mains et celle des bras comparées aux jambes de ce « cousin » montrent que les hominidés de cette époque se tenaient déjà debout.
Source : Wikipedia
Homo cepranensis (Homme de Ceprano)
Découverte
La découverte date du dimanche 13 mars 1994 : l'archéologue Italo Biddittu cherchait assidûment des fossiles lors des prospections de surface effectuées pour le tracé d'une route près de Ceprano. Il découvrit les fragments du crâne, qui avait été éclaté par un bulldozer en une cinquantaine de morceaux. Italo entreprit une exploration de plusieurs semaines pour rassembler ces fragments. Cependant les éléments faciaux restèrent introuvables. Les morceaux étaient inclus dans une couche d'argile, ce qui a conduit Biddittu à surnommer le crâne Argil.
Description
Le fossile était initialement très fragmenté, en plus d'avoir subi une déformation taphonomique conséquente. Ses reconstructions ont ainsi été revues depuis sa découverte jusqu'en 2017 pour la dernière en date. Ses traits identifiables sont relativement archaïques, éloignés de ceux de Néandertal, et ont peu de similitudes avec ses contemporains connus. Tous ces éléments, en plus du bousculement de datation, ont laissé imaginer de nombreuses hypothèses de classement divergentes, allant même jusqu'à créer en 2003 l'espèce Homo cepranensis. Faute de pouvoir le relier clairement à d'autres spécimens proches dans le temps, il participe en tout cas à illustrer la diversité des types morphologiques qui précèdent Néandertal, aux côtés des autres découvertes européennes de cette période.
Datations
Sa première datation, d'environ 800 000 ans, avait d'abord fait de lui le plus vieux fossile européen connu, contribuant à faire naître l'hypothèse d'une colonisation ancienne de l'Europe. Cependant d'autres fossiles plus anciens furent découverts par la suite sur le continent, comme à la Sima del Elefante en 2007, ou encore à Orce en 2013, deux sites espagnols dont les fossiles humains dateraient de plus de 1,2 Ma.
D'autre part, la datation du crâne de Ceprano a subi entre 2009 et 2011 une série de trois corrections qui ont rajeuni le fossile de moitié, pour aboutir à un âge d'environ 353 000 ans. Elles retirent ainsi à Ceprano 1 son rôle de preuve d'un peuplement ancien de l'Europe, tandis qu'elles en font un emblème de la diversité du Pléistocène moyen.
- En 1996 la publication de la découverte annonce que les morceaux du crâne se trouvent sous une couche volcanique, datée par K-Ar de 700 000 ans, et propose une date d'environ 800 000 ans, confortée par les premières reconstructions du crâne qui le classent en Homo erectus.
- En 2009 toutefois les estimations géochronologiques précédentes sont balayées par une nouvelle estimation à environ 450 000 ans, en tout cas cadrée entre 0,58 et 0,35 Ma, d'après des datations au K-Ar de faciès de pollens de la vallée.
- En novembre 2010 l'estimation précédente est reprécisée entre 430 et 385 Ka. Enfin en octobre 2011 la datation par 40Ar/39Ar conduit à un âge encore inférieur, d'environ 353 000 ans, à 4 000 ans près.
En 2017, la reconstruction informatique des déformations taphonomiques subies par le fossile montrent que la couche géologique où il a été découvert est bien sa couche d'origine, ce qui confirme les dernières datations basées sur les sédiments.
Reconstitutions et classification
La première reconstruction par l'équipe de Ceprano conduit à un volume crânien de 1 158 cm3. Alors que la datation était encore supposée à environ 800 000 ans, les découvreurs proposent de classer le fossile en Homo erectus tardif sur la base de ses caractéristiques les plus évidentes, et notent aussi des similitudes avec la mandibule 3 de Ternifine au Maroc. Ces premiers travaux sont publiés en 1996.
Cette approche est d'abord réévaluée en 2000 par le sud-africain Ron J. Clarke (université du Witwatersrand). Il conclut également à un classement en Homo erectus mais revoit le volume à 1 067 cm3. Peu après, un dernier avis sur la reconstruction est proposé par Marie-Antoinette de Lumley de l'institut de paléontologie humaine parisien et Francesco Mallegni de l'Université de Pise. Ils notent que deux tiers seulement des caractéristiques d'Homo erectus sont visibles et concluent à un volume crânien de 1 057 cm3.
En 2003 en revanche, sur la base d'une comparaison informatique des caractéristiques du crâne avec celles d'autres représentants connus du genre Homo, l'équipe propose d'en faire une nouvelle espèce. Homo cepranensis serait davantage apparenté à une forme précoce d'Homo rhodesiensis, contribuant peu au peuplement européen, et ayant émigré d'Afrique il y aurait 1 Ma. L'hypothèse n'est pas partagée unanimement mais semble toutefois plausible.
En 2017, une nouvelle reconstruction est effectuée par imagerie 3D. Le plâtre utilisé lors des reconstructions précédentes gêne les modifications nouvelles sur le fossile mais peut être virtuellement retiré sur le modèle, montrant alors des erreurs importantes dans la reconstruction physique antérieure. Cette nouvelle reconstruction virtuelle effectuée, les chercheurs ont ensuite appliqué au modèle 3D un algorithme qui inverse la déformation taphonomique subie par le crâne. Ils parviennent ainsi à retrouver une forme plus naturelle et symétrique, qui devrait permettre de revoir les nombreuses interprétations divergentes basées sur la morphologie complexe du fossile. Selon les auteurs, cette nouvelle visualisation réduit l'intensité des caractères qui faisait de ce crâne un spécimen si particulier, et le rapprocherait alors d'autres fossiles comme ceux de Kabwe et de Petralona.
Source : Wikipedia
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Homo cepranensis (il y a 450 000 ans) : Un seul fossile, un crâne incomplet, représente l'espèce Homo cepranensis. Il porte le nom de Ceprano, en Italie, où le fossile a été découvert lors de la construction d'une route en 1994. Le crâne court, large et épais ne correspondait pas tout à fait aux autres hominidés de l'époque, tels que H. erectus et H. heidelbergensis, les anthropologues lui ont donc donné son propre nom. Mais le fossile italien partageait certaines caractéristiques crâniennes, comme la forme des crêtes sourcilières, avec des hominidés vivant en Afrique il y a quelques centaines de milliers d'années (à peu près au même moment que H.helmei), ce qui a conduit les chercheurs à supposer que H. à ces formes africaines.
Source : Source
KNM-KP 29285
Découverte : 1994-01-01
Par : Kamoya Kimeu
Age : Environ 4.1 millions d'années
Espèce : Australopithecus anamensis
Ce spécimen, qui se compose des extrémités proximale et distale d'un tibia droit, fournit la première preuve de bipédie chez Australopithecus anamensis. Les condyles proximaux, qui s'articulent avec l'extrémité distale du fémur, sont concaves comme les condyles observés chez l'Homo sapiens anatomiquement moderne. De plus, comme chez les humains modernes, le tibia proximal est plus large près de l'articulation du genou pour permettre le dépôt d'os extra spongieux, qui agit comme un amortisseur lors de la locomotion bipède. Ce dépôt supplémentaire d'os spongieux peut également être observé dans la malléole médiale, qui s'articule avec la cheville.
Dans l'ensemble, le tiba partiel ressemble plus à un humain qu'à un singe. Le fait que les mécanismes d'amortissement des chocs dans Au. anamensis reflète si étroitement les mêmes mécanismes observés chez les humains modernes, c'est ce qui a conduit Leakey, Kimeu et d'autres paloeanthropologues à croire que cette espèce était un bipède habituel.
Source : SourceGrotte Chauvet
Initialement nommée grotte ornée de la Combe d'Arc, du nom du lieu-dit, la grotte ornée du Pont d'Arc ou grotte Chauvet-Pont d'Arc, dite plus simplement grotte Chauvet, du nom de son inventeur, est une grotte ornée paléolithique découverte en 1994 située en France dans la commune de Vallon-Pont-d'Arc, dans le département de l'Ardèche, en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Elle fait partie d'un ensemble de grottes ornées attribuées au Paléolithique supérieur qui s'égrènent le long des gorges de l'Ardèche et parmi lesquelles figurent notamment la grotte Chabot, le Figuier, les Deux-Ouvertures, la grotte aux Points d'Aiguèze et la grotte de la Tête-du-Lion.
Le site comporte un millier de peintures et de gravures, dont 447 représentations d'animaux de 14 espèces différentes. De nombreuses datations directes par la méthode du carbone 14 sur les charbons de bois, de la datation U-Th sur les planchers de calcite, de thermoluminescence de traces de feu sur les parois ou de la datation cosmogénique par le 36Cl au niveau du porche ont donné des résultats cohérents qui indiquent que la grotte a connu deux phases d'occupation, l'une à l'Aurignacien (37 à 33 500 ans avant notre ère en âge calibré8), l'autre au Gravettien (31 à 28 000 ans avant notre ère en âge non calibré). Les peintures et les gravures, réalisées pendant la première phase, comptent parmi les plus anciennes au monde. La diversité et la maîtrise des techniques (gravure, préparation des parois par raclage, dessin digité ou au fusain souvent suivi d'une estompe en écrasant la couleur avec les doigts pour obtenir des nuances diverses, détourage des contours, utilisation de techniques mixtes) dont elles témoignent ont profondément remis en cause l'idée d'un art préhistorique évoluant très lentement et de manière linéaire et ascendante.
La grotte est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis juin 2014.
Historique
Découverte
La grotte est découverte, de manière inopinée mais non fortuite, le 18 décembre 1994, par Jean-Marie Chauvet (contractuel du ministère de la Culture, chargé de la surveillance des grottes ornées de l'Ardèche depuis juillet 1994), Éliette Brunel (viticultrice) et Christian Hillaire (employé à EDF) dans le cadre de leurs activités spéléologiques privées. Vers 15 heures, après avoir emprunté un ancien chemin muletier qui, à mi-hauteur, débouche sur une vire à orbitolines, les spéléologues repèrent en hauteur d'une falaise au nord du cirque d'Estre une mince ouverture derrière une végétation dense, ils s’y faufilent, puis progressent dans un vestibule de plusieurs mètres de longueur et débouchent vers 15 h 45 sur un « trou souffleur » (filet d’air s’échappant de la paroi) qui leur suggère que la cavité communique avec une autre galerie ou un puits. Ils effectuent deux tirs d'explosifs à la chatière pour dégager l'entrée vers 18 h 30 qui ouvre sur un puits de 10 m. Brunel entrevoit alors un sol. Ils retournent à leur fourgonnette pour s'équiper d'une échelle qui leur permet de descendre le puits et découvrir vers 20 h dans la première galerie deux tracés digitaux. L'exploration des premières salles ornées les émerveille. Ils sortent de la grotte vers 23 h et en obstruent l'accès.
Bien qu'ils n'aient pas l'accord des propriétaires pour prospecter, les spéléologues revisitent la grotte le 24 décembre avec trois amis spéléologues, Daniel André, Michel Chabaud et Jean-Louis Payan. Ils y réalisent des relevés topographiques, 300 clichés photographiques ainsi qu'un film vidéo. Ce n'est que le 28 décembre que la DRAC à Lyon est informée alors que Jean-Marie Chauvet, conformément à la loi du 27 septembre 1941, se devait d'informer immédiatement le maire de la commune de Vallon-Pont-d'Arc.
Le conservateur régional commande un rapport d'expertise sur une grotte ornée exceptionnelle de Vallon-Pont-d'Arc. Elle a lieu le 29 décembre 1994 sous la conduite des découvreurs, avec Jean Clottes, spécialiste de l'art paléolithique, Jean-Pierre Daugas, conservateur régional de l'Archéologie, et son collaborateur Bernard Gély, qui travaille depuis des années dans les grottes de la région. Le 2 janvier 1995, Jean Clottes remet son rapport d'expertise et préconise plusieurs mesures, notamment de ne pas ouvrir la grotte au public afin d'éviter les erreurs qui ont détérioré les peintures de Lascaux. Une première porte protégeant l'accès de la grotte est posée dès le 12 janvier. La découverte de la grotte est rendue publique le 18 janvier.
Chronologie et datations radiométriques
La grotte est d'autant plus remarquable qu'elle a été occupée par les hommes à deux périodes très anciennes, l’Aurignacien et le Gravettien. Selon les scientifiques chargés de l'étude sous la direction du préhistorien Jean Clottes, les œuvres pariétales auraient été réalisées au cours de la première seulement. Pour d'autres auteurs, seuls les dessins réalisés avec des charbons de bois (provenant de pin sylvestre) dateraient de la période la plus ancienne, les dessins faits avec de l'ocre datant du Gravettien.
Les premières datations par le carbone 14 ont créé la surprise par leur ancienneté (31 000 ans). La grotte a depuis bénéficié d'un nombre exceptionnel de datations directes, dont certaines à partir d'échantillons prélevés directement sur les peintures. Des échantillons furent confiés à plusieurs laboratoires. Les dates obtenues sont difficilement contestables et acceptées aujourd'hui par la majorité des préhistoriens. La grotte a connu deux phases de fréquentation, l'une à l'Aurignacien (33 à 29 000 ans avant JC en âge non calibré), l'autre au Gravettien (27 à 24 500 ans avant JC en âge non calibré). Les variations de la teneur atmosphérique en carbone 14 rendent nécessaire une correction des datations anciennes pour avoir une idée plus juste de l'âge en années calendaires. Cette correction, appelée « calibration », est rendue possible par la reconstitution de l'évolution au cours du temps de la teneur atmosphérique en carbone 14 à partir de différentes sources d'informations (sédiments lacustres ou marins, coraux, spéléothèmes). Au moment de la publication du bilan de l'ensemble des datations par le carbone 14 obtenues pour la grotte, les auteurs indiquaient qu'ils ne disposaient pas d'informations suffisamment fiables pour les calibrer mais que les âges calendaires correspondant à la première phase d'occupation devaient être compris 33 et 38 000 ans avant le présent. Des parallèles stylistiques ont également été établis depuis la découverte avec certaines statuettes découvertes en contexte aurignacien indubitable, telles que l'homme lion de Hohlenstein-Stadel.
Les datations ont été mises en doute en 2003 puis 2010 par certains archéologues, Christian Züchner, Paul Pettitt et Paul Bahn notamment, qui estimaient ces peintures plus récentes sur la base de critères stylistiques. Des recherches menées sur le style évoquent le cas de quelques gravures peut-être gravettiennes recouvrant certaines peintures noires aurignaciennes et attestant ainsi leur plus grande ancienneté.
Des recherches géomorphologiques publiées en 2012 ont montré que l'entrée naturelle de la cavité par laquelle pénétraient les Hommes de la Préhistoire et les différents animaux a progressivement été obstruée à partir de 29 500 ans jusqu'à sa fermeture définitive aux alentours de 22 000 ans. Ces travaux de datations apportent des éléments de preuves permettant d'éliminer toutes les hypothèses plaçant l'art de la Grotte ornée du Pont-d’Arc durant la période magdalénienne et solutréenne, comme le suggèrent certains auteurs sur la base d'analyses stylistiques de l'art pariétal.
Parallèlement aux datations réalisées dans la grotte Chauvet-Pont-d'Arc elle-même, dès 2008, plusieurs membres de l'équipe scientifique en charge de l'étude de la grotte ont entrepris des recherches à vocation chronologique dans les autres sites ornés des gorges de l'Ardèche sous la direction de Julien Monney (notamment à la grotte aux Points d'Aiguèze qui présente des similitudes iconographiques flagrantes avec Chauvet-Pont-d'Arc mais aussi à la grotte des Deux-Ouvertures). Ces recherches, structurées sous le nom de projet "Datation Grottes Ornées" (ou DGO) sont destinées à préciser le contexte de fréquentation des grottes ornées à échelle régionale. Ce faisant, elles se proposent de discuter l'apparente exceptionnalité chronologique et iconographique de la grotte Chauvet-Pont-d'Arc "de l'extérieur" en la resituant au sein d'un ensemble régional n'ayant, jusqu'alors, que peu bénéficié des apports de moyens d'investigation chronologiques modernes. Ces recherches sont encore en cours (2020). Elles ont toutefois d'ores et déjà apporté de nombreux résultats touchant indirectement à la chronologie de la grotte Chauvet-Pont-d'Arc.
Jean-Marc Elalouf et les membres de son équipe ont montré que les restes d'ursidés présents dans la grotte étaient bien ceux de l'ours des cavernes, représenté dans la galerie du cactus. Dans la salle Morel, des os appartenant à cette espèce d'ours végétarien ont été datés à 19 105 avant JC. Dans la salle des mégacéros, d'autres ont été datés à 31 140 avant JC. Leurs griffades confirmeraient l'ancienneté de certaines œuvres pariétales. Les panneaux utilisant les techniques les plus perfectionnées ne sont pas couverts de marques d'ours. Le panneau des lionnes n'a pas été griffé par les ours.
Le grand bison de la salle du fond est la seule peinture de cette salle à avoir été datée (30 340 avant JC). Il recouvre des dessins plus anciens griffés par les ours. Le risque d'erreurs de datation lié à la superposition de peintures d'époques différentes poussera certainement les équipes de recherche à réaliser d'autres datations pour confirmer l'âge de ces œuvres.
Source : Wikipedia
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nom :âge : 37 ka
découverte : Jean-Marie Chauvet
date : 1994










