lundi 30 août 2010
vendredi 27 août 2010
Découverte des premières pointes de flèches
Des archéologues ont trouvé en Afrique du Sud des pointes en pierre vieilles de 64 000 ans qui pourraient être les premières pointes de flèches utilisées par l'humain.
La découverte de pointes de flèches, en Afrique du Sud, fait remonter de 20 000 ans l'apparition de la technologie de l'arc.
Des traces de colle, sur les pointes en pierre taillée datées d'environ 64 000 ans, montrent qu'Homo sapiens savait déjà à cette époque concevoir des outils complexes, qui demandent un certain développement cognitif.
Les pointes proviennent de sédiments de la grotte de Sibudu, située près la côte est de l'Afrique du Sud.
Des analyses au microscope, effectuées par l'équipe de Marlize Lombard, archéologue à l'Université de Johannesburg, ont révélé la présence de résidus de sang et d'os collés aux pointes, ce qui laisse entendre qu'elles ont été utilisées pour la chasse.
En localisant les lieux d'impacts sur les pointes et la façon dont elles ont été endommagées, les archéologues ont été en mesure de déterminer qu'elles étaient probablement des pointes de projectiles, plutôt que des pointes de lances tenues en main. Les détails des travaux ont paru dans la revue Antiquity.
Selon les chercheurs, c'est sans doute à ce moment charnière, il y a 60 000 ou 70 000 ans, que nos ancêtres ont commencé à penser de façon semblable aux humains d'aujourd'hui.
Les archéologues soulignent toutefois qu'il faut attendre plusieurs millénaires avant de constater l'utilisation généralisée de l'arc et de la flèche dans les restes archéologiques d'Homo sapiens.
Source : Radio Canada du 26/08/2010
mercredi 25 août 2010
Lucy était-elle vraiment végétarienne ?
Deux bouts d’os fossilisés ont fait la Une de Nature le 12 août. Et pour cause. Selon une étude publiée par la revue britannique, les entailles qu’ils portent révèleraient l’utilisation d’outils en pierre et la consommation de viande par des hominidés il y a 3,4 millions d’années. Soit 800 000 ans avant les plus vieilles pierres taillées connues et datées avec certitude.
D’une dizaine de centimètres chacun, ces fragments ont été trouvés sur le site de Dikika en Éthiopie par une équipe internationale menée par le paléoanthropologue Zeresenay Alemseged de l’Académie des sciences californienne de San Fransisco. L’un provient d’une côte d’un ongulé de la taille d’une vache et l’autre d’un fémur de jeune bovidé. Reste à déterminer d’où viennent les marques présentes sur ces fossiles. Pour les auteurs, cela ne fait pas de doute : des outils en pierre ont été utilisés pour détacher la chair -d’où les traces de coupures et de raclage- et probablement pour extraire la moelle osseuse -ce qui expliquerait les signes de percussion.
Découverte en Éthiopie - Yves Coppens : "Lucy n'a pas la tête à découper de la viande"
Le Point.fr : Comment se présentent les fossiles trouvés à Dikika par le paléontologue Zeresenay Alemseged ? Qu'ont-ils de particulier ?
Yves Coppens : Ce sont des os d'animaux, un fragment de côte et un petit morceau de fémur, sur lesquels Alemseged a remarqué de longues traces. Les grossissements extrêmement précis qu'il en a obtenus permettent de les étudier dans le détail - leur profondeur, si la coupe est ronde ou plutôt aiguë - et d'en déduire le type d'objet qui a causé ces sillons. Il s'agit de coups de caillou, donnés sans doute pour découper les tendons et, sur le morceau de fémur, pour casser l'os et atteindre la moelle. On suppose que c'est l'australopithèque afarensis qui a infligé ces coups, car il est le seul connu dans cette zone.
mardi 24 août 2010
Un homme nouveau est-il déjà en marche pour nous remplacer ? Neandertal a aimé Sapiens. Histoire d'amour et de tolérance
Cette découverte conforte l'hypothèse selon laquelle il y aurait eu une hybridation entre les deux espèces avant que les hommes de Neandertal ne s'éteignent, il y a environ 30.000 ans. Leur patrimoine génétique se serait alors mélangé à celui des Homo sapiens, bien plus nombreux. Les populations non africaines possèdent de 1 % à 4 % du matériel génétique néandertalien. Le métissage aurait donc eu lieu après que les premiers hommes modernes ont quitté l'Afrique, pendant la migration qui les a conduits vers les continents européen et asiatique.
Les auteurs de l'étude ont été les premiers surpris par ce résultat. Depuis qu'ils ont réalisé la première analyse de l'ADN d'un Néandertalien en 1997, leurs conclusions avaient toujours rejoint l'idée dominante : l'absence d'hybridation entre l'homme moderne et Néandertal.
On ne sait toujours pas en revanche pourquoi Neandertal a totalement disparu de la surface de la terre au profit d'Homo sapiens ou Cro-Magnon notre ancêtre direct.
vendredi 20 août 2010
mardi 17 août 2010
L'archéologie s'invite au plus vieux festin du monde
La particularité de ces os, découverts à même le sol par Zeresenay Alemseged (California Academy of Sciences) en janvier 2009, c'est qu'ils portent des incisions qui ne peuvent pas être la marque de crocs de bêtes fauves ou de charognards. Elles sont sans conteste les témoins d'opérations de débitage et de fracturation par des outils de pierre, concluent Shannon McPherron (Institut Max Planck d'anthropologie évolutionniste de Leipzig) et ses collègues dans l'étude de ces fossiles, publiée jeudi 12 août dans la revue Nature.
Le monde de l'archéologie, cet art d'accommoder les restes, savoure la découverte : les plus anciens outils lithiques dont la datation ne soit pas sujette à caution, trouvés à Gona en Ethiopie, remontent à 2,6 millions d'années. Et les incisions faites avec des pierres sur des fossiles les plus anciennes, sur le site proche de Bouri, datent de la même époque. Les fossiles trouvés à Dikika font donc bondir d'au moins 800 000 ans dans le passé les premiers bouchers ayant arpenté la Terre.
Qui donc étaient ces dépeceurs ? Zeresenay Alemseged est aussi le découvreur, sur le même site, de Selam, un squelette très bien conservé d'une enfant australopithèque, classé dans l'espèce afarensis. La même que celle à laquelle appartient la célèbre Lucy. Il est donc tentant d'attribuer l'usage des premiers outils lithiques à des représentants d'Australopithecus afarensis. "C'est le seul homininé dont nous disposons dans cette partie d'Afrique à cette période. C'est pourquoi nous pensons que c'est bien cette espèce qui a infligé les marques sur les os découverts", indique M. Alemseged.
L'analyse des entailles laissées sur l'os à l'aide de différents microscopes et systèmes d'imagerie a permis d'identifier divers usages des outils de pierre - coupure, raclage, percussion - pour détacher la chair et récupérer la moelle. Dans une de ces empreintes, un minuscule fragment de roche est même resté emprisonné.
L'arme du crime - si tant est qu'A. afarensis ne se soit pas contenté de charognage - reste cependant introuvable. Le terrain où ont été récoltés les os n'a encore livré aucune pierre, taillée ou non. Le gisement de galets le plus proche est distant de 6 km, ce qui implique une part de planification dans l'utilisation des outils qui ont pu en être tirés.
"JE MALTRAITE SANS DOUTE LUCY"
"Avec de tels outils, les carcasses d'animaux pouvaient constituer une source d'alimentation plus attractive, indique Shannon McPherron. Désormais, quand nous imaginerons Lucy en train de se déplacer dans ce paysage d'Afrique de l'Est à la recherche de nourriture, nous pourrons la voir avec un outil de pierre à la main." Yves Coppens, codécouvreur de ladite Lucy en 1994, a un peu de mal à se faire à cette idée. "J'aurais plutôt vu Australopithecus anamensis, plus proche du genre Homo, dans ce rôle, note-t-il. Mais je maltraite sans doute Lucy."
En revanche, le paléontologue n'est pas surpris par l'ancienneté de l'usage d'outils de pierre révélée à Dikika. "Depuis trente ans, je ne cesse de dire que des outillages remontent probablement à ces âges", dit-il. Sa conviction s'est forgée dans la vallée de l'Omo, toujours en Ethiopie, où l'on trouve de petits outils de quartz éclaté vieux de 2,5 millions d'années. Dans les années 1970, avec le préhistorien Jean Chavaillon, il a aussi trouvé de tels éclats dans des niveaux de 3,3 millions d'années. "Malheureusement, ils n'étaient pas en place, si bien que leur datation n'a pu être confirmée."
La découverte de Dikika renforce donc Yves Coppens dans l'idée que l'outil n'est pas apparu avec le genre Homo, ni même peut-être avec une espèce particulière, unique. "Il faut plutôt réfléchir en termes d'époques, de transitions. Je ne serais d'ailleurs pas étonné qu'à Dikika, on trouve d'autres hominidés qu'A. afarensis", prédit-il.
Anne Delagnes (laboratoire d'anthropologie des populations du passé, CNRS-Bordeaux I) n'est pas non plus surprise par la découverte de Dikika. Si l'on admet que la datation est solide, il faut "nuancer considérablement" l'image des premiers australopithèques et "de leur vulnérabilité face aux grands prédateurs animaux", note-t-elle, avec "les implications sociales et comportementales qui en découlent". Cette analyse de la scène de boucherie n'est qu'esquissée, regrette la préhistorienne. Mais laisser sur sa faim pour nourrir de nouvelles quêtes, n'est-ce pas l'essence de l'archéologie ?
Source : Le Monde du 14/08/2010
lundi 16 août 2010
Lucy savait peut-être couper sa viande
Lucy était peut-être équipée en "couverts" de pierre pour déguster ses repas. Une équipe internationale de chercheurs a découvert la trace d'une utilisation d'outils en pierre par nos ancêtres il y a de cela 3,4 millions d'années. Soit 800 000 ans plus tôt que ce que l'on pensait, expliquent-ils dans une étude parue ce mercredi 11 août dans la revue Nature.
"Maintenant, lorsqu'on imagine Lucy marchant à la recherche de nourriture en Afrique de l'est, nous la voyons pour la première fois avec un outil en pierre à la main, recherchant de la viande", raconte un des membres de l'équipe.
Traces de chocs
Menée par le paléontologue Zeresenay Alemseged, de l'Académie californienne des sciences, l'équipe a découvert en Ethiopie deux os fossilisés, un fémur d'un mammifère de la taille d'une chèvre et une côte d'un animal aussi gros qu'une vache. Ces restes de dîner portent des traces de coupures ou de grattage pour arracher les chairs, et de chocs pour briser le fémur, probablement pour en extraire la moelle riche en nutriments.
"Cette découverte avance considérablement le moment à partir duquel nos ancêtres ont changé complètement les règles du jeu", s'enthousiasme Zeresenay Alemseged.
"L'utilisation d'outils a énormément modifié leur interaction avec la nature, en leur permettant de manger de nouveaux types de nourriture et d'exploiter de nouveaux territoires", ajoute-t-il, précisant qu'il va falloir revoir nos connaissances sur l'évolution humaine.
L'Ethiopie, berceau de l'humanité
Jusqu'alors, les plus anciennes preuves d'une utilisation d'outils en pierre sur des os d'animaux, provenant d'Ethiopie, remontaient à 2,5 ou 2,6 millions d'années.
Les nouveaux fossiles ont été trouvés à Dikika, également dans le nord-est de l'Ethiopie, dans des dépôts volcaniques datant de 3,24 à 3,42 millions d'années. Ils auraient plus de 3,39 millions d'années, selon les analyses effectuées.
L'utilisation d'outils de pierre peut donc être attribuée aux "Australopithecus afarensis" comme Lucy ou Selam, indique les paléontologues. Le "bébé Selam" avait été découvert en 2000, également par l'équipe du Dr Zeresenay Alemseged, à quelque 200 mètres des deux os fossiles portant des traces d'outils coupants.
Rien n'indique cependant que les australopithèques de Dikita fabriquaient eux-mêmes ces outils ou s'ils ramassaient ailleurs des pierres ayant les propriétés requises. "L'un de nos objectifs est de retourner sur place et de voir si nous trouvons les emplacements de ces pierres", précise l'équipe.
Source : L'Express du 12/08/2010
Vol et dégradations à la grotte de Tautavel, haut lieu de la préhistoire
Le ou les auteurs semblent s'être introduits dans la grotte mardi après le départ, vers 19H30, des derniers fouilleurs qui y travaillaient, a indiqué Tony Chevalier, paléoanthropologue actuellement chef des fouilles. Ils seraient tout simplement passés par-dessus les grilles qui ferment la grotte.
Les fouilleurs ont découvert consternés à la reprise du travail mercredi que le moulage en silicone de la face de l'homme de Tautavel, placé dans une niche à flanc de paroi, avait disparu, a rapporté M. Chevalier.
Ils se sont aussi rendu compte que les voleurs avaient apparemment essayé d'extraire du sol un crâne d'ours fossilisé. Le vestige, que les fouilleurs avaient seulement partiellement dégagé des sédiments, s'est brisé à hauteur des naseaux et un peu à l'arrière du crâne, et les voleurs ne sont parvenus à repartir qu'avec une canine.
Tautavel, formidable gisement de fossiles humains et animaux, occupe une place toute particulière sur la carte mondiale de la préhistoire. C'est là qu'en 1971 l'équipe de Henry de Lumley a découvert un crâne vieux de 450.000 ans, restes d'un jeune homme d'une vingtaine d'années. Il a longtemps été le plus ancien vestige d'homo erectus européen jusqu'à de nouvelles découvertes plus récentes ailleurs. Mais, selon Tony Chevalier, l'homme de Tautavel reste le plus vieux visage d'homo erectus européen.
Si de l'aveu même de M. Chevalier, le vol et les dégradations ne vont "pas bouleverser nos recherches" parce que plus de 100.000 objets et d'autres ours ont été trouvés dans la grotte, "ça fait mal au coeur de mettre autant de soin à dégager des vestiges et de voir ça fracturé" en si peu de temps.
Il aurait fallu au minimum deux semaines, estime-t-il, pour dégager l'ours et le matériel alentour en veillant à ce que les os ne se brisent pas et à préserver l'environnement.
Ces actes posent aussi la question de la sécurité du site et du rapport entre les chercheurs et le public.
La grotte n'est pas gardée. Le centre de recherches créé sur les lieux est seulement protégé par une alarme. C'est là, dans une armoire forte, qu'est conservé le crâne original de l'homme de Tautavel.
Quant au public, c'est précisément pour lui qu'un moulage avait été exposé. Et c'est le crâne d'ours que les chercheurs montraient aux visiteurs quand ils voulaient rendre visible leur travail.
Ce qui reste du crâne de l'ours, "on va le cacher, tant pis, les gens ne le verront plus", dit M. Chevalier.
C'est d'autant plus "rageant" qu'en dehors de groupes accueillis une fois par semaine, la grotte ne se visite pas facilement. Mais les chercheurs et les fouilleurs consentent néanmoins à recevoir les touristes qui, après avoir profité des gorges en contrebas, montent jusque-là en escaladant.
M. Chevalier soupçonne que le vol ait été commis par un ou plusieurs de ces visiteurs ayant profité des explications fournies dans la journée par les chercheurs. Car, s'il ne s'agissait à l'évidence pas d'un professionnel et qu'il était dépourvu de matériel, le crâne de l'ours n'était pas évident à repérer, mais "la personne savait où elle allait".
Source : Dépèche AFP du 12/08/2010