Une nouvelle étude affirme que le changement climatique n’a pas causé l’extinction de l’Homme de Néandertal et qu’en conséquence, le coupable serait Homo sapiens, autrement dit notre ancêtre direct. De quoi mettre un terme à un très vieux débat ? Pas si sûr…
Depuis 150 ans, les rumeurs auront circulé sur son dos. L’Homme de Néandertal, au physique dérangeant, a pendant longtemps été perçu comme un ancêtre fruste, violent et surtout stupide. Des conclusions qui s’apparentaient plus au délit de faciès qu’aux éléments probants issus d’une investigation poussée.
Lorsque de vraies recherches ont été entreprises, l’image de ce gaillard a progressivement changé dans l’opinion scientifique. Cette brute épaisse se révélait intelligente, maîtrisant bien mieux que prévu la conception d’outils et la parole.
Alors comment cet être si proche de nous (à tel point que nous aurions pu mélanger nos gènes) a pu disparaître de la surface de la Terre il y a 30.000 ans ? Les théories s’affrontent. Des changements climatiques auxquels il n’aurait pas réussi à s’adapter ? Une compétition perdue contre Homo sapiens, notre ancêtre, mieux outillé et armé ? Et pourquoi pas un mélange des deux ? Une étude parue dans Pnas prétend apporter des réponses à ce vieux débat.
Les dépôts de cryptotephras feront foi
Il a été établi qu’une terrible éruption volcanique frappait la région de Naples (Italie) il y a 40.000 ans. Celle-ci fut si violente que les cendres et autres particules ont recouvert une partie du territoire d’Europe centrale et orientale et entraîné un refroidissement global de la température. Un travail publié fin mai précise même que ce volcanisme avait été deux à trois fois plus intense qu’estimé dans un premier temps. Un « hiver volcanique » en a découlé, abaissant globalement la température de tout l’hémisphère nord de 2 °C sur 3 ans.
Cette époque coïncide également avec l’arrivée des premiers Homo sapiens en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient. Si on parvient à établir le timing précis du début de la disparition des Néandertaliens par rapport à ces événements, on pourra en trouver la cause.
Pour ce faire, une quarantaine de chercheurs européens, dirigés par John Lowe de l’University of London, ont eu recours à une technique novatrice pour attester de la présence de chaque cousin à telle époque. Alors que les précédentes études étaient centrées sur les cendres volcaniques, les scientifiques ont ici focalisé leur attention sur un élément en particulier, les dépôts de cryptotephras, des particules de verre volcanique invisibles à l’œil nu. Du fait de leur légèreté, elles se répandent sur un territoire plus large que les éléments regardés jusque-là.
À partir d’échantillons d’outils typiques des 2 groupes humains récupérés dans 4 grottes préhistoriques, les traces de cryptotephras caractéristiques de cette éruption volcanique ont été traquées. En parallèle, des particules retrouvées sur un site humain libyen, dans des marécages grecs ou dans la mer Égée, ont été rassemblées pour établir le lien de cause à effet entre le volcanisme et le refroidissement climatique.
Néandertal déjà disparu et remplacé par Homo sapiens
L’analyse de ces éléments est formelle : les Néandertaliens avaient déjà disparu d’Europe centrale et probablement d’Europe de l’Est au moment du rejet des cendres dans l’atmosphère, les 4 sites préhistoriques étant à l’époque colonisés par Homo sapiens. L’analyse des sédiments et des pollens d’arbres atteste aussi de la chronologie des événements : l’éruption napolitaine a bien précédé le dérèglement climatique. Leur conclusion ? L’Homme de Néandertal avait disparu avant le cataclysme et le refroidissement de ces contrées. Le seul coupable de son extinction ne peut être que ces Hommes modernes venus d’Afrique.
Cette vieille discorde est-elle ainsi définitivement réglée ? Il semble que non. Car l’Homme de Néandertal a disparu 10.000 ans plus tard de la péninsule Ibérique, son dernier bastion, et cette étude ne dispose pas des éléments pour justifier d’une action d’Homo sapiens sur son très proche cousin dans cette région du monde, les cryptotephras n’étant pas retrouvés aussi loin à l’ouest. Et si, dans ce cas précis, c’est le froid qui avait eu raison d’eux ?
Les partisans de la théorie climatique restent sceptiques devant cette démonstration qui n’apporte pas tous les éléments suffisants, comme le déclare Clive Finlayson, du Gibraltar Museum, dans les colonnes de la revue Science : « Nous ne pouvons que conclure de cette étude que l’éruption et le changement climatique consécutifs n’ont eu aucun effet sur les Néandertaliens qui avaient déjà disparu. Prétendre que ces résultats laissent penser que d’autres facteurs sont à l’origine de l’extinction de Néandertal […] n’a aucun sens ». Il faudra donc se montrer plus convaincant pour faire l’unanimité dans la communauté scientifique.
Source : Futura Sciences du 25/07/2012
vendredi 27 juillet 2012
L'Homme moderne a éradiqué ses cousins
L'Homo sapiens, l'homme moderne, a davantage contribué à la disparition de ses cousins les Néandertaliens que les catastrophes naturelles en Europe, selon une étude publiée lundi aux Etats-Unis.
L'émigration de l'homme moderne d'Afrique vers l'Europe a constitué une plus grande menace pour les populations indigènes néandertaliennes que la plus grande éruption volcanique connue du continent européen il y a 40.000 ans, expliquent les auteurs de cette recherche parue dans les Annales de l'académie nationale américaine des sciences (PNAS).
Une éruption volcanique comme preuve
Le géographe John Lowe, de l'Université Royal Holloway à Londres, a analysé des dépôts de cendres volcaniques invisibles à l'œil nu prélevés en mer Egée, en Libye et dans quatre cavernes en Europe. Ces cendres proviennent d'une éruption volcanique dite Ignimbrite Campanien, qui a recouvert de cendres une zone de 30.000 km2 en Méditerranée. Les chercheurs ont utilisé ces cendres pour synchroniser les événements archéologiques et les données climatiques préhistoriques.
L'Homme est un loup pour l'homme
Les restes des Néandertaliens et d'autres indices de leur existence ont commencé à diminuer longtemps avant cette éruption et des périodes de changements climatiques extrêmes, ont conclu ces scientifiques. Les indices dans ces particules de cendre laissent plutôt penser que les humains modernes avaient déjà établi une occupation étendue et diversifiée en Europe de l'Est et en Afrique du Nord au moment de l'éruption. Bien que de petits groupes de Néandertaliens, également très mobiles, pourraient avoir initialement survécu, ce cousin de l'homme moderne aujourd'hui éteint a fini par être anéanti par ce dernier.
Pas à cause du climat
Ces cendres volcaniques révèlent que l'Europe a subi des changements climatiques brutaux il y a 30.000 à 40.000 ans, quand l'homme de Néandertal avait déjà largement disparu. Cette recherche remet en question les théories avancées jusqu'alors selon lesquelles le changement climatique déclenché par des éruptions volcaniques massives en Europe avait mené à l'extinction de l'homme de Neandertal, et ouvert la voie à l'homme moderne en Europe et en Asie.
Source : RTL du 24/07/2012
L'émigration de l'homme moderne d'Afrique vers l'Europe a constitué une plus grande menace pour les populations indigènes néandertaliennes que la plus grande éruption volcanique connue du continent européen il y a 40.000 ans, expliquent les auteurs de cette recherche parue dans les Annales de l'académie nationale américaine des sciences (PNAS).
Une éruption volcanique comme preuve
Le géographe John Lowe, de l'Université Royal Holloway à Londres, a analysé des dépôts de cendres volcaniques invisibles à l'œil nu prélevés en mer Egée, en Libye et dans quatre cavernes en Europe. Ces cendres proviennent d'une éruption volcanique dite Ignimbrite Campanien, qui a recouvert de cendres une zone de 30.000 km2 en Méditerranée. Les chercheurs ont utilisé ces cendres pour synchroniser les événements archéologiques et les données climatiques préhistoriques.
L'Homme est un loup pour l'homme
Les restes des Néandertaliens et d'autres indices de leur existence ont commencé à diminuer longtemps avant cette éruption et des périodes de changements climatiques extrêmes, ont conclu ces scientifiques. Les indices dans ces particules de cendre laissent plutôt penser que les humains modernes avaient déjà établi une occupation étendue et diversifiée en Europe de l'Est et en Afrique du Nord au moment de l'éruption. Bien que de petits groupes de Néandertaliens, également très mobiles, pourraient avoir initialement survécu, ce cousin de l'homme moderne aujourd'hui éteint a fini par être anéanti par ce dernier.
Pas à cause du climat
Ces cendres volcaniques révèlent que l'Europe a subi des changements climatiques brutaux il y a 30.000 à 40.000 ans, quand l'homme de Néandertal avait déjà largement disparu. Cette recherche remet en question les théories avancées jusqu'alors selon lesquelles le changement climatique déclenché par des éruptions volcaniques massives en Europe avait mené à l'extinction de l'homme de Neandertal, et ouvert la voie à l'homme moderne en Europe et en Asie.
Source : RTL du 24/07/2012
jeudi 26 juillet 2012
Disparition des Néandertaliens : l'homme moderne coupable
Si les Néandertaliens sont aujourd'hui l'espèce humaine la mieux connue à part l'homme moderne, leur disparition restait toujours énigmatique à ce jour.
Les plus récents travaux de géologues britanniques montrent que l'Homo sapiens sapiens, c'est-à-dire l'homme moderne, a davantage contribué à la disparition de ses cousins les Néandertaliens que les catastrophes naturelles en Europe.
Le Pr John Lowe et son équipe de la Royal Holloway University en viennent à cette conclusion après avoir analysé des cendres volcaniques invisibles à l'oeil nu prélevées en mer Égée, en Libye et dans quatre cavernes en Europe.
Ces cendres proviennent d'une éruption volcanique dite Ignimbrite Campanien, qui a recouvert de cendres une zone de 30 000 km2 en Méditerranée. Les chercheurs ont utilisé ces cendres pour synchroniser les événements archéologiques et les données climatiques préhistoriques.
Les scientifiques concluent que les restes des Néandertaliens et d'autres indices de leur existence ont commencé à diminuer longtemps avant cette éruption et des périodes de changements climatiques extrêmes.
L'analyse de ces particules de cendres laisse plutôt à penser que les humains modernes avaient déjà établi une occupation étendue et diversifiée en Europe de l'Est et en Afrique du Nord au moment de l'éruption.
De petits groupes de Néandertaliens ont pu survivre aux catastrophes, notamment en Espagne, mais ils auraient ensuite disparu au profit des hommes modernes.
Ces travaux contredisent donc certaines théories avancées jusqu'à aujourd'hui selon lesquelles le changement climatique déclenché par des éruptions volcaniques massives en Europe a mené à l'extinction de l'homme de Néandertal, et ouvert la voie à l'homme moderne en Europe et en Asie.
Le détail de ces travaux est publié dans les annales de l'académie américaine des sciences (PNAS).
Source : Radio Canada du 24/07/2012
Les plus récents travaux de géologues britanniques montrent que l'Homo sapiens sapiens, c'est-à-dire l'homme moderne, a davantage contribué à la disparition de ses cousins les Néandertaliens que les catastrophes naturelles en Europe.
Le Pr John Lowe et son équipe de la Royal Holloway University en viennent à cette conclusion après avoir analysé des cendres volcaniques invisibles à l'oeil nu prélevées en mer Égée, en Libye et dans quatre cavernes en Europe.
Ces cendres proviennent d'une éruption volcanique dite Ignimbrite Campanien, qui a recouvert de cendres une zone de 30 000 km2 en Méditerranée. Les chercheurs ont utilisé ces cendres pour synchroniser les événements archéologiques et les données climatiques préhistoriques.
Les scientifiques concluent que les restes des Néandertaliens et d'autres indices de leur existence ont commencé à diminuer longtemps avant cette éruption et des périodes de changements climatiques extrêmes.
L'analyse de ces particules de cendres laisse plutôt à penser que les humains modernes avaient déjà établi une occupation étendue et diversifiée en Europe de l'Est et en Afrique du Nord au moment de l'éruption.
De petits groupes de Néandertaliens ont pu survivre aux catastrophes, notamment en Espagne, mais ils auraient ensuite disparu au profit des hommes modernes.
Ces travaux contredisent donc certaines théories avancées jusqu'à aujourd'hui selon lesquelles le changement climatique déclenché par des éruptions volcaniques massives en Europe a mené à l'extinction de l'homme de Néandertal, et ouvert la voie à l'homme moderne en Europe et en Asie.
Le détail de ces travaux est publié dans les annales de l'académie américaine des sciences (PNAS).
Source : Radio Canada du 24/07/2012
La grotte Chauvet révélée par la 3D
Entre 2010 et 2011, le cabinet Perazio a pu réaliser une numérisation complète de la grotte Chauvet-Pont d'Arc. Un procédé complexe qui offre aujourd'hui aux spécialistes de nouvelles perspectives dans l'étude de cette grotte ornée.
Depuis sa découverte en 1994 dans un état de conservation exceptionnel, la grotte Chauvet-Pont d'Arc est entièrement fermée au public et seulement quelques professionnels peuvent y pénétrer : moins de cent personnes par an, par groupes de cinq, avec combinaisons et casques, et avec interdiction de quitter un étroit réseau de passerelles qui les maintient à distance des parois ornées. Pour partager l’art de la grotte avec un large public, et permettre aux chercheurs de l’étudier en limitant le temps de présence à l’intérieur du site, un modèle numérique 3D de la cavité a été réalisé entre 2010 et 2011. Une première mondiale : jamais une cavité aussi vaste (8500 m2) n’avait été numérisée.
Source : Sciences Actualités du 05/07/2012
Depuis sa découverte en 1994 dans un état de conservation exceptionnel, la grotte Chauvet-Pont d'Arc est entièrement fermée au public et seulement quelques professionnels peuvent y pénétrer : moins de cent personnes par an, par groupes de cinq, avec combinaisons et casques, et avec interdiction de quitter un étroit réseau de passerelles qui les maintient à distance des parois ornées. Pour partager l’art de la grotte avec un large public, et permettre aux chercheurs de l’étudier en limitant le temps de présence à l’intérieur du site, un modèle numérique 3D de la cavité a été réalisé entre 2010 et 2011. Une première mondiale : jamais une cavité aussi vaste (8500 m2) n’avait été numérisée.
Source : Sciences Actualités du 05/07/2012
mercredi 25 juillet 2012
La mandibule humaine a été extraite de la grotte de Tautavel
Une cinquième mandibule humaine vieille de 450 000 ans a été extraite de la grotte de Tautavel. Il aura fallu deux semaines pour la libérer avec précaution.
C’est une mandibule d'Homo erectus européen vieille de 450.000 ans qui a été découverte le 6 juillet dans la grotte de Tautavel, dans les Pyrénées-Orientales. Elle a été extraite vendredi et sera bientôt étudiée de très près, d’autant que comme le souligne Tony Chevalier, paléo-anthropologue, "c'est très rare de découvrir des restes dans un tel état de conservation".
Une heure après l'exhumation de cette mâchoire inférieure qui compte encore deux dents et des alvéoles témoignant de la dentition de l'individu, on pouvait seulement dire qu’il s’agissait d’ossements d'un adulte de 30 à 35 ans. Le sexe de l’individu est pour le moment inconnu. "La mandibule semble robuste donc on pourrait plutôt tendre vers un homme, mais il va falloir enlever les sédiments pour le déterminer", explique ainsi le scientifique cité par l'AFP.
Cette partie de mâchoire d'Homo erectus européen ou Homo heidelbergensis est la cinquième découverte de Tautavel. "C'est fabuleux de trouver une mandibule, parce qu'une mandibule, ça parle", s'est réjoui M. Chevalier. Grâce à ces vestiges, il est en effet possible de mieux comprendre les variations au sein des populations. Or, cette nouvelle découverte (qui tient dans le creux de la main) est répertoriée Arago 131 car c'est le 131e reste humain extrait sur ce site particulièrement riche.
D'après les spécialistes, la richesse de Tautavel est liée en partie à des bouleversements géologiques. En effet, en se colmatant pour ne se rouvrir qu'entre 30.000 et 15.000 ans avant notre ère, la cavité a piégé les vestiges et la culture des hommes de -700.000 à -100.000 ans.
C’est une mandibule d'Homo erectus européen vieille de 450.000 ans qui a été découverte le 6 juillet dans la grotte de Tautavel, dans les Pyrénées-Orientales. Elle a été extraite vendredi et sera bientôt étudiée de très près, d’autant que comme le souligne Tony Chevalier, paléo-anthropologue, "c'est très rare de découvrir des restes dans un tel état de conservation".
Une heure après l'exhumation de cette mâchoire inférieure qui compte encore deux dents et des alvéoles témoignant de la dentition de l'individu, on pouvait seulement dire qu’il s’agissait d’ossements d'un adulte de 30 à 35 ans. Le sexe de l’individu est pour le moment inconnu. "La mandibule semble robuste donc on pourrait plutôt tendre vers un homme, mais il va falloir enlever les sédiments pour le déterminer", explique ainsi le scientifique cité par l'AFP.
Cette partie de mâchoire d'Homo erectus européen ou Homo heidelbergensis est la cinquième découverte de Tautavel. "C'est fabuleux de trouver une mandibule, parce qu'une mandibule, ça parle", s'est réjoui M. Chevalier. Grâce à ces vestiges, il est en effet possible de mieux comprendre les variations au sein des populations. Or, cette nouvelle découverte (qui tient dans le creux de la main) est répertoriée Arago 131 car c'est le 131e reste humain extrait sur ce site particulièrement riche.
D'après les spécialistes, la richesse de Tautavel est liée en partie à des bouleversements géologiques. En effet, en se colmatant pour ne se rouvrir qu'entre 30.000 et 15.000 ans avant notre ère, la cavité a piégé les vestiges et la culture des hommes de -700.000 à -100.000 ans.
Source : MaxiSciences du 23/07/2012
mardi 24 juillet 2012
L'homme moderne a anéanti Neandertal
Selon une étude américaine, les catastrophe naturelles ne seraient que peu responsable de la disparition de notre cousin. Ce dernier aurait laissé sa place à l'homo sapiens.
L’Homo sapiens, l’homme moderne, a davantage contribué à la disparition de ses cousins les Néandertaliens que les catastrophes naturelles en Europe, selon une étude publiée lundi aux Etats-Unis.
Emigration
L’émigration de l’homme moderne d’Afrique vers l’Europe a constitué une plus grande menace pour les populations indigènes néandertaliennes que la plus grande éruption volcanique connue du continent européen il y a 40'000 ans, expliquent les auteurs de cette recherche parue dans les Annales de l’académie nationale américaine des sciences (PNAS).
Le géographe John Lowe, de l’Université Royal Holloway à Londres, a analysé des dépôts de cendres volcaniques invisibles à l’œil nu prélevés en mer Égée, en Libye et dans quatre cavernes en Europe.
Ces cendres proviennent d’une éruption volcanique dite Ignimbrite Campanien, qui a recouvert de cendres une zone de 30'000 km2 en Méditerranée. Les chercheurs ont utilisé ces cendres pour synchroniser les événements archéologiques et les données climatiques préhistoriques.
Les restes des Néandertaliens et d’autres indices de leur existence ont commencé à diminuer longtemps avant cette éruption et des périodes de changements climatiques extrêmes, ont conclu ces scientifiques.
Le coup de grâce
Les indices dans ces particules de cendre laissent plutôt penser que les humains modernes avaient déjà établi une occupation étendue et diversifiée en Europe de l’Est et en Afrique du Nord au moment de l’éruption.
Bien que de petits groupes de Néandertaliens, également très mobiles, pourraient avoir initialement survécu, ce cousin de l’homme moderne aujourd’hui éteint a fini par être anéanti par ce dernier.
Ces cendres volcaniques révèlent que l’Europe a subi des changements climatiques brutaux il y a 30'000 à 40'000 ans, quand l’homme de Néandertal avait déjà largement disparu.
Cette recherche remet en question les théories avancées jusqu’alors selon lesquelles le changement climatique déclenché par des éruptions volcaniques massives en Europe avait mené à l’extinction de l’homme de Neandertal, et ouvert la voie à l’homme moderne en Europe et en Asie.
L’Homo sapiens, l’homme moderne, a davantage contribué à la disparition de ses cousins les Néandertaliens que les catastrophes naturelles en Europe, selon une étude publiée lundi aux Etats-Unis.
Emigration
L’émigration de l’homme moderne d’Afrique vers l’Europe a constitué une plus grande menace pour les populations indigènes néandertaliennes que la plus grande éruption volcanique connue du continent européen il y a 40'000 ans, expliquent les auteurs de cette recherche parue dans les Annales de l’académie nationale américaine des sciences (PNAS).
Le géographe John Lowe, de l’Université Royal Holloway à Londres, a analysé des dépôts de cendres volcaniques invisibles à l’œil nu prélevés en mer Égée, en Libye et dans quatre cavernes en Europe.
Ces cendres proviennent d’une éruption volcanique dite Ignimbrite Campanien, qui a recouvert de cendres une zone de 30'000 km2 en Méditerranée. Les chercheurs ont utilisé ces cendres pour synchroniser les événements archéologiques et les données climatiques préhistoriques.
Les restes des Néandertaliens et d’autres indices de leur existence ont commencé à diminuer longtemps avant cette éruption et des périodes de changements climatiques extrêmes, ont conclu ces scientifiques.
Le coup de grâce
Les indices dans ces particules de cendre laissent plutôt penser que les humains modernes avaient déjà établi une occupation étendue et diversifiée en Europe de l’Est et en Afrique du Nord au moment de l’éruption.
Bien que de petits groupes de Néandertaliens, également très mobiles, pourraient avoir initialement survécu, ce cousin de l’homme moderne aujourd’hui éteint a fini par être anéanti par ce dernier.
Ces cendres volcaniques révèlent que l’Europe a subi des changements climatiques brutaux il y a 30'000 à 40'000 ans, quand l’homme de Néandertal avait déjà largement disparu.
Cette recherche remet en question les théories avancées jusqu’alors selon lesquelles le changement climatique déclenché par des éruptions volcaniques massives en Europe avait mené à l’extinction de l’homme de Neandertal, et ouvert la voie à l’homme moderne en Europe et en Asie.
Source : Le Matin du 23/07/2012
lundi 23 juillet 2012
L’homme de Néandertal se soignait-il par les plantes ?
Depuis quelques années déjà, l'heure est à la réhabilitation de l'homme de Néandertal. Pendant longtemps, en effet, comme pour rejeter cet autre Homo loin de nous-mêmes et nous glorifier par contraste, nous en avions fait un rustre, un lourdaud, un charognard dénué de l'usage de la parole, de spiritualité, de raffinement, de technicité, d'art. Tout cela, ou presque, ne tient plus. L'image de cette "autre humanité" est en cours de révision poussée. Néandertal était un artisan habile, un chasseur émérite, qui donnait des sépultures à ses morts, fabriquait des parures et utilisait des pigments, peut-être même pour orner ses grottes. Une étude internationale que vient de publier la revue Naturwissenschaften confirme ce que l'on supputait depuis peu, à savoir que notre cousin disparu il y a moins de trente millénaires avait intégré des plantes à son régime alimentaire. Cet article va même plus loin en présentant des arguments tendant à prouver que Néandertal utilisait des plantes médicinales.
Pour déterminer tout cela, ces chercheurs ont travaillé sur des fossiles découverts dans la grotte espagnole d'El Sidrón (Asturies) où quelque 2 000 restes de Néandertals, appartenant à au moins 13 individus différents, ont été mis au jour au fil des ans. Plus précisément, ils se sont intéressés au tartre se trouvant sur les dents de 5 d'entre eux et au matériel alimentaire pris au piège dans ce dépôt. Ils ont pratiqué des analyses chimiques tout en recherchant des microfossiles végétaux. Neuf des dix dents contenaient de minuscules grains d'amidon, provenant probablement de céréales. Cela a confirmé que Néandertal, longtemps considéré comme essentiellement carnivore (notamment parce qu'on avait découvert sur les sites beaucoup d'ossements animaux, qui se conservent mieux que les plantes...), savait aussi exploiter les réserves de glucides des végétaux.
Mais les auteurs de cette étude ont surtout été intrigués par la dent d'une jeune femme. L'analyse du tartre a montré des traces de composés chimiques que l'on trouve dans des plantes médicinales comme la camomille ou l'achillée millefeuille, ainsi nommée en hommage au héros grec Achille car celui-ci avait appris du centaure Chiron l'art de s'en servir pour guérir les blessures (elle a, entre autres, des vertus hémostatiques). Selon ces chercheurs, on ne mange pas ces plantes au goût amer (et Néandertal possédait la capacité génétique à détecter ce goût) par hasard : "Obtenir la preuve que cet individu mangeait des plantes amères et sans valeur nutritive comme la millefeuille et la camomille est une surprise, explique Stephen Buckley, co-auteur de l'étude et spécialiste de chimie archéologique à l'université d'York (Grande-Bretagne). Nous savons que Néandertal trouvait ces plantes amères et il est donc probable qu'elles ont été choisies pour autre chose que leur goût."
Pour sa collègue Karen Hardy, archéologue à l'université autonome de Barcelone, l'étude suggère que "les Néandertals qui occupaient la grotte d'El Sidrón avaient une connaissance avancée de leur environnement naturel, qui incluait la capacité à sélectionner et utiliser certaines plantes pour leurs qualités nutritives et pour l'auto-médication. Alors que la viande était clairement importante pour eux, nos recherches soulignent qu'ils avaient un régime alimentaire bien plus complexe que ce qui avait été supposé auparavant." Bien sûr, les chercheurs restent prudents sur le côté "Néandertal médecin" et mettent des points d'interrogation dans leur étude. Sans doute faudra-t-il répéter ce genre d'analyses sur d'autres sites préhistoriques. Néanmoins, la possibilité d'un homme de Néandertal capable de se soigner par les plantes est-elle au fond, si surprenante que cela ? N'a-t-on pas déjà montré que d'autres grands primates, chimpanzés et gorilles, eux aussi cousins d'Homo sapiens, se servent de toute une pharmacopée végétale ?
Source : Le Monde du 20/07/2012
Pour déterminer tout cela, ces chercheurs ont travaillé sur des fossiles découverts dans la grotte espagnole d'El Sidrón (Asturies) où quelque 2 000 restes de Néandertals, appartenant à au moins 13 individus différents, ont été mis au jour au fil des ans. Plus précisément, ils se sont intéressés au tartre se trouvant sur les dents de 5 d'entre eux et au matériel alimentaire pris au piège dans ce dépôt. Ils ont pratiqué des analyses chimiques tout en recherchant des microfossiles végétaux. Neuf des dix dents contenaient de minuscules grains d'amidon, provenant probablement de céréales. Cela a confirmé que Néandertal, longtemps considéré comme essentiellement carnivore (notamment parce qu'on avait découvert sur les sites beaucoup d'ossements animaux, qui se conservent mieux que les plantes...), savait aussi exploiter les réserves de glucides des végétaux.
Mais les auteurs de cette étude ont surtout été intrigués par la dent d'une jeune femme. L'analyse du tartre a montré des traces de composés chimiques que l'on trouve dans des plantes médicinales comme la camomille ou l'achillée millefeuille, ainsi nommée en hommage au héros grec Achille car celui-ci avait appris du centaure Chiron l'art de s'en servir pour guérir les blessures (elle a, entre autres, des vertus hémostatiques). Selon ces chercheurs, on ne mange pas ces plantes au goût amer (et Néandertal possédait la capacité génétique à détecter ce goût) par hasard : "Obtenir la preuve que cet individu mangeait des plantes amères et sans valeur nutritive comme la millefeuille et la camomille est une surprise, explique Stephen Buckley, co-auteur de l'étude et spécialiste de chimie archéologique à l'université d'York (Grande-Bretagne). Nous savons que Néandertal trouvait ces plantes amères et il est donc probable qu'elles ont été choisies pour autre chose que leur goût."
Pour sa collègue Karen Hardy, archéologue à l'université autonome de Barcelone, l'étude suggère que "les Néandertals qui occupaient la grotte d'El Sidrón avaient une connaissance avancée de leur environnement naturel, qui incluait la capacité à sélectionner et utiliser certaines plantes pour leurs qualités nutritives et pour l'auto-médication. Alors que la viande était clairement importante pour eux, nos recherches soulignent qu'ils avaient un régime alimentaire bien plus complexe que ce qui avait été supposé auparavant." Bien sûr, les chercheurs restent prudents sur le côté "Néandertal médecin" et mettent des points d'interrogation dans leur étude. Sans doute faudra-t-il répéter ce genre d'analyses sur d'autres sites préhistoriques. Néanmoins, la possibilité d'un homme de Néandertal capable de se soigner par les plantes est-elle au fond, si surprenante que cela ? N'a-t-on pas déjà montré que d'autres grands primates, chimpanzés et gorilles, eux aussi cousins d'Homo sapiens, se servent de toute une pharmacopée végétale ?
Source : Le Monde du 20/07/2012
samedi 21 juillet 2012
Une mandibule d’homo erectus extraite d’une grotte
La mandibule d’homo erectus européen vieille de 450 000 ans découverte le 6 juillet dans la grotte de Tautavel a été extraite vendredi après-midi du sol après deux semaines d’un travail méticuleux.
« C’est très rare de découvrir des restes dans un tel état de conservation », observe Tony Chevalier, paléoanthropologue à Tautavel, une heure après l’exhumation de cette mâchoire inférieure, comptant encore deux dents et des alvéoles témoignant de la dentition de l’individu.
« Une mandibule ça parle »
Il s’agit d’ossements d’un adulte de 30 à 35 ans, mais il est encore impossible de déterminer son sexe. « La mandibule semble robuste donc on pourrait plutôt tendre vers un homme, mais il va falloir enlever les sédiments pour le déterminer », explique le scientifique à propos du vestige encore enveloppé de terre qui tient dans la paume d’une main.
Cette partie de mâchoire d’homo erectus européen ou homo heidelbergensis est la cinquième découverte sur le site. « C’est fabuleux de trouver une mandibule, parce qu’une mandibule, ça parle », s’est réjoui le scientifique.
80 spectateurs
Selon le Centre européen de recherches préhistoriques de Tautavel, l’étude de ces restes permet de mieux comprendre les variations au sein des populations.
Curieux, scientifiques, touristes… Le dégagement a attiré plus de 80 personnes à l’entrée de la grotte de La Caune de l’Arago, où les chercheurs extraient depuis 1964 des fossiles humains préhistoriques, dont le crâne du premier homme de Tautavel, découvert le 22 juillet 1971 par Henry de Lumley.
Les précédentes mandibules découvertes entre 1969 et 2008 ont appartenu à des hommes et des femmes, adolescents et adultes, dont une femme d’environ 45 ans, un âge avancé pour l’époque. La richesse de Tautavel est liée en partie à des bouleversements géologiques. En se colmatant pour ne se rouvrir qu’entre 30 000 et 15 000 ans avant notre ère, la cavité a piégé les vestiges et la culture des hommes de -700 000 à -100 000 ans.
« C’est très rare de découvrir des restes dans un tel état de conservation », observe Tony Chevalier, paléoanthropologue à Tautavel, une heure après l’exhumation de cette mâchoire inférieure, comptant encore deux dents et des alvéoles témoignant de la dentition de l’individu.
« Une mandibule ça parle »
Il s’agit d’ossements d’un adulte de 30 à 35 ans, mais il est encore impossible de déterminer son sexe. « La mandibule semble robuste donc on pourrait plutôt tendre vers un homme, mais il va falloir enlever les sédiments pour le déterminer », explique le scientifique à propos du vestige encore enveloppé de terre qui tient dans la paume d’une main.
Cette partie de mâchoire d’homo erectus européen ou homo heidelbergensis est la cinquième découverte sur le site. « C’est fabuleux de trouver une mandibule, parce qu’une mandibule, ça parle », s’est réjoui le scientifique.
80 spectateurs
Selon le Centre européen de recherches préhistoriques de Tautavel, l’étude de ces restes permet de mieux comprendre les variations au sein des populations.
Curieux, scientifiques, touristes… Le dégagement a attiré plus de 80 personnes à l’entrée de la grotte de La Caune de l’Arago, où les chercheurs extraient depuis 1964 des fossiles humains préhistoriques, dont le crâne du premier homme de Tautavel, découvert le 22 juillet 1971 par Henry de Lumley.
Les précédentes mandibules découvertes entre 1969 et 2008 ont appartenu à des hommes et des femmes, adolescents et adultes, dont une femme d’environ 45 ans, un âge avancé pour l’époque. La richesse de Tautavel est liée en partie à des bouleversements géologiques. En se colmatant pour ne se rouvrir qu’entre 30 000 et 15 000 ans avant notre ère, la cavité a piégé les vestiges et la culture des hommes de -700 000 à -100 000 ans.
Source : Ouest France du 20/07/2012
vendredi 20 juillet 2012
Karabo, l’australopithèque au squelette complet, bientôt sur vos écrans
Le plus complet squelette d’Australopithecus sediba, un ancêtre de l’Homme, aurait été découvert en juin dernier dans un laboratoire. Actuellement emprisonnés dans un bloc de roche, les restes de Karabo seront libérés, un événement qui devrait être diffusé en temps réel sur Internet dans quelques mois. Des analyses de dents ont déjà montré que cette espèce appréciait manger des écorces d’arbre.
Lee Berger de la University of the Witwatersrand (Wits, Afrique du Sud) a eu l’idée en 2008 d’utiliser la fonction navigation en 3D du logiciel Google Earth pour cartographier la position de quelque 130 grottes et d'une vingtaine de dépôts de fossiles présents sur le site du « berceau de l’humanité », un lieu inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2000. Au final, près de 500 emplacements de cavités ont été décrits grâce à l’analyse des reliefs. L’un d’entre eux, de la grotte de Malapa, contenait environ 220 fragments d’os ayant appartenu à au moins six Australopithecus sediba différents, une espèce inconnue jusque-là.
Selon une datation basée sur la chaîne de désintégration de l’uranium, ces restes seraient âgés d’un peu moins de 2 millions d’années. Le nouvel homininé était donc contemporain d’Homo habilis, premier représentant du genre Homo. L’Homme de Malapa a surpris plusieurs scientifiques car il présentait à la fois des caractères propres aux modes de vie bipède et arboricole. Par ailleurs, plusieurs observations étaient de nature à remettre en cause certaines théories communément reconnues dans le monde de l’anthropologie, notamment la relation liant la taille du cerveau à celle du bassin. Sur la base des analyses morphologiques, il a néanmoins été admis qu’A. sebida devait être proche d’H. habilis et qu’il pourrait même correspondre à l’ancêtre d’H. erectus.
Ce crâne d'Australopithecus sediba, un homininé ayant vécu voici 2 millions d'années, a été reconstruit à partir d'un reste fossile découvert dans la grotte de Malapa (Afrique du Sud).
Lee Berger et l’Homme de Malapa ont à nouveau fait parler d’eux ces derniers jours. Le squelette « le plus complet jamais découvert d'un ancêtre de l'Homme », selon un communiqué de presse officiel de la Wits, aurait en effet été découvert le mois dernier au fond d’un laboratoire. À ce jour, seuls le chercheur, sa femme Jackie Smilg (radiologue au Charlotte Maxeke Hospital) et quelques collaborateurs ont pu observer de visu les ossements… profondément enfouis dans un rocher.
Karabo, un australopithèque appréciant les arbres… comme repas
Le bloc de roche mesure environ un mètre de diamètre. Il a été extrait du site en 2008, mais il était depuis entreposé au laboratoire. La découverte d’une dent à sa surface par un technicien chargé de le déplacer en juin 2012 a poussé les chercheurs à l’analyser d’un peu plus près. Mais une question se posait alors : comment l’étudier sans casser la roche et ainsi risquer de briser les échantillons ? La solution a rapidement été trouvée, le bloc de pierre a été passé au CT scan.
Le squelette se compose d’une partie de mâchoire, d’un fémur, de côtes, de vertèbres et d’autres éléments des membres. Ils appartiendraient à Karabo, un être qui devait avoir entre 9 et 12 ans au moment de sa mort. Il pourrait être un descendant d’A. Africanus dont l’ancêtre serait la célèbre Lucy (A. Afarensis) qui a vécu voici 3 millions d’années. Selon une étude publiée dernièrement dans la revue Nature, et contrairement aux autres australopithèques qui appréciaient se nourrir de feuilles et de plantes tendres, Karabo préférait plutôt, d’après de nombreux indices dentaires, s'alimenter en dégustant du bois et des écorces d’arbres.
La prochaine étape du projet consistera à extraire les ossements de leur gangue de pierre, puisque leur position exacte est désormais connue. Toutes les opérations requises seront diffusées en temps réel sur Internet afin que chacun puisse être le témoin de ce moment unique. Cependant, il faudra encore attendre quelques mois, mais moins d’une année, avant de se connecter. Il est tout d’abord prévu de construire un studio-laboratoire, en partenariat avec la National Geographic Society, sur le site du Maropeng Visitor Centre en Afrique du Sud.
Source : Futura Sciences du 18/07/2012
Lee Berger de la University of the Witwatersrand (Wits, Afrique du Sud) a eu l’idée en 2008 d’utiliser la fonction navigation en 3D du logiciel Google Earth pour cartographier la position de quelque 130 grottes et d'une vingtaine de dépôts de fossiles présents sur le site du « berceau de l’humanité », un lieu inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2000. Au final, près de 500 emplacements de cavités ont été décrits grâce à l’analyse des reliefs. L’un d’entre eux, de la grotte de Malapa, contenait environ 220 fragments d’os ayant appartenu à au moins six Australopithecus sediba différents, une espèce inconnue jusque-là.
Selon une datation basée sur la chaîne de désintégration de l’uranium, ces restes seraient âgés d’un peu moins de 2 millions d’années. Le nouvel homininé était donc contemporain d’Homo habilis, premier représentant du genre Homo. L’Homme de Malapa a surpris plusieurs scientifiques car il présentait à la fois des caractères propres aux modes de vie bipède et arboricole. Par ailleurs, plusieurs observations étaient de nature à remettre en cause certaines théories communément reconnues dans le monde de l’anthropologie, notamment la relation liant la taille du cerveau à celle du bassin. Sur la base des analyses morphologiques, il a néanmoins été admis qu’A. sebida devait être proche d’H. habilis et qu’il pourrait même correspondre à l’ancêtre d’H. erectus.
Ce crâne d'Australopithecus sediba, un homininé ayant vécu voici 2 millions d'années, a été reconstruit à partir d'un reste fossile découvert dans la grotte de Malapa (Afrique du Sud).
Lee Berger et l’Homme de Malapa ont à nouveau fait parler d’eux ces derniers jours. Le squelette « le plus complet jamais découvert d'un ancêtre de l'Homme », selon un communiqué de presse officiel de la Wits, aurait en effet été découvert le mois dernier au fond d’un laboratoire. À ce jour, seuls le chercheur, sa femme Jackie Smilg (radiologue au Charlotte Maxeke Hospital) et quelques collaborateurs ont pu observer de visu les ossements… profondément enfouis dans un rocher.
Karabo, un australopithèque appréciant les arbres… comme repas

Le bloc de roche mesure environ un mètre de diamètre. Il a été extrait du site en 2008, mais il était depuis entreposé au laboratoire. La découverte d’une dent à sa surface par un technicien chargé de le déplacer en juin 2012 a poussé les chercheurs à l’analyser d’un peu plus près. Mais une question se posait alors : comment l’étudier sans casser la roche et ainsi risquer de briser les échantillons ? La solution a rapidement été trouvée, le bloc de pierre a été passé au CT scan.
C'est en voulant étudier cette petite dent incluse dans un bloc de roche que les chercheurs ont découvert le squelette le plus complet jamais trouvé d'un ancêtre de l'Homme, selon leurs propos.
Le squelette se compose d’une partie de mâchoire, d’un fémur, de côtes, de vertèbres et d’autres éléments des membres. Ils appartiendraient à Karabo, un être qui devait avoir entre 9 et 12 ans au moment de sa mort. Il pourrait être un descendant d’A. Africanus dont l’ancêtre serait la célèbre Lucy (A. Afarensis) qui a vécu voici 3 millions d’années. Selon une étude publiée dernièrement dans la revue Nature, et contrairement aux autres australopithèques qui appréciaient se nourrir de feuilles et de plantes tendres, Karabo préférait plutôt, d’après de nombreux indices dentaires, s'alimenter en dégustant du bois et des écorces d’arbres.
La prochaine étape du projet consistera à extraire les ossements de leur gangue de pierre, puisque leur position exacte est désormais connue. Toutes les opérations requises seront diffusées en temps réel sur Internet afin que chacun puisse être le témoin de ce moment unique. Cependant, il faudra encore attendre quelques mois, mais moins d’une année, avant de se connecter. Il est tout d’abord prévu de construire un studio-laboratoire, en partenariat avec la National Geographic Society, sur le site du Maropeng Visitor Centre en Afrique du Sud.
Source : Futura Sciences du 18/07/2012
jeudi 19 juillet 2012
L'ancêtre porte beau...
Le squelette pré-humain «le plus complet» a été découvert en Afrique du Sud. Il s'agit d'un primate du genre homo. Il a vécu il y a 12 millions d’années. Il avait entre 9 et 12 ans quand il est mort.
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