jeudi 26 septembre 2013

Lucy relookée : la petite australopithèque "s’humanise"

Élaborée à partir des plus récentes découvertes, une nouvelle reconstitution du célèbre australopithèque surnommé Lucy a été présentée vendredi 20 septembre à Cleveland lors d’un colloque sur les origines de l’Homme.

C’est au Muséum d’histoire naturelle de Cleveland (Ohio), à l’occasion d’un symposium de paléoanthropologie qu’a été dévoilée la toute nouvelle ‘statue’ de Lucy, cette femelle d’Australopithecus afarensis vieille de 3,2 millions d'années découverte dans les années 1970 et qui est sans doute le fossile préhumain le plus célèbre du monde. La reconstitution est due au talent de l'artiste John Gurche.

Comme l’a expliqué Carol Ward, paléoanthropologue à l'Université du Missouri à Columbia, cette ‘nouvelle’ Lucy a bénéficié des dernières découvertes de fossiles de cette espèce sur le terrain, notamment de nouvelles côtes et un os du pied. Ces nouveaux éléments ont permis de corriger certains aspects un peu trop simiens des précédentes reconstitutions, élaborées à partir d’éléments fragmentaires et en partie inspirées de la morphologie des grands singes.

Un cou plus marqué, une cage thoracique arrondie et une taille étroite remplaçant le tronc en forme de cône de l’ancien modèle, et enfin un pied plus arqué : telles sont les principales caractéristiques de la nouvelle version de Lucy, toujours en partie arboricole mais un peu plus bipède. Yohannes Haile-Selassie, paléoanthropologue au Muséum de Cleveland, a supervisé son élaboration pour en restituer au mieux les détails.

Cette reconstitution de Lucy est installée juste à côté du squelette de l'australopithèque et est la pièce centrale de la nouvelle galerie montrant les origines de l'homme du Muséum de Cleveland. "Nous sommes ravis de dévoiler cette exposition dynamique et engageante qui met en lumière les découvertes majeures et les recherches en cours sur les origines de l'homme", explique le Dr Evalyn Gates, directrice du CMNH citée par Newsnet5.

Source : MaxiSciences du 25/09/2013

jeudi 19 septembre 2013

Le génome de l'Homme de Denisova livre ses secrets

Des chercheurs ont réussi à décoder le génome de l'Homme de Denisova, un homme primitif qui vivait il y a entre 1 million et 400.000 ans. Ceci leur a permis de comparer son génome à ceux de Néandertaliens et d'Homo Sapiens.

L'Homme de Denisova livre une nouvelle partie de ses mystères. Dans la revue Science parue jeudi, des chercheurs annoncent en effet être parvenus à fournir un élément de plus au sujet de cet hominidé primitif et pas des moindres : son génome entièrement décodé. C'est à partir d'un échantillon d'ADN microscopique prélevé sur un os vieux d'environ 80.000 ans que les scientifiques ont mené leurs travaux dont ils avaient en vérité déjà annoncé la fin en février dernier. Mais la tâche n'était pas simple dans la mesure où les restes fossiles de l'Homme de Denisova sont extrêmement rares.

Aujourd'hui, ils se réduisent à des fragments d'une phalange d'auriculaire appartenant à une fillette d'environ sept ans, découverts en 2010 à proximité d'une dent dans une grotte du sud de la Sibérie. Aussi, pour décoder son génome, Svante Pääbo, de l'Institut Max Planck de Leipzig et son équipe ont inventé une technique leur permettant de démêler la double hélice de l'ADN pour en analyser séparément chacun des brins. Un séquençage tellement précis qu'il a pu être comparé avec celui de onze hommes modernes (Homo sapiens) de différentes parties du monde et celui du Néandertal. "Ce décryptage d'un génome éteint atteint une précision sans précédent", assure ainsi Matthias Meyer, auteur principal de l'étude cité par l'AFP.

Mieux encore, "pour la majorité du génome, nous avons même pu déterminer les différences entre les deux jeux de chromosomes que la fillette denisovienne a hérité de son père d'une part et de sa mère d'autre part", souligne-t-il. Grâce à cela, les scientifiques ont pu constater que la diversité génétique existant chez les Denisoviens était beaucoup plus faible que celle qui existe actuellement chez les humains. Ce phénomène est probablement dû au fait que leur population initiale était restreinte et qu'elle a rapidement augmenté au fur et à mesure qu'elle s'étendait sur une vaste zone géographique, de la Sibérie au Pacifique sud, explique les chercheurs.

Du génome denisovien chez certaines populations d'Asie du sud-est

D'après les observations décrites, les Denisoviens étaient notamment porteurs de matériel génétique aujourd'hui associé avec une peau sombre, des cheveux bruns et des yeux marrons. "Si les recherches à venir sur le génome du Néandertal montrent que leur population a évolué de manière similaire, il est fort possible qu'une seule et même population ayant quitté l'Afrique ait donné naissance à la fois aux Denisoviens et aux Néandertals", estime Svante Pääbo, pionnier suédois de l'exploration de l'ADN ancien. Grâce à ce nouveau matériel, les chercheurs ont été en mesure de dater la divergence entre les populations de Denisoviens et d'hommes modernes entre 170.000 et 700.000 ans. En outre, ils ont daté la phalange retrouvée en Sibérie à de 74.000 à 82.000 ans.

Mais ce n'est pas tout puisque le décodage du génome a également confirmé que les Denisoviens ont contribué au génome des populations des Mélanésiens, aborigènes australiens et autres habitants actuels des îles d'Asie du sud-est, en particulier chez les Papous de Nouvelle-Guinée. Selon les calculs et les comparaisons faites, 6% du génome des Papous provient de ces hominidés, vraisemblablement par le biais de croisements entre des Denisoviens et des Homo sapiens. On en retrouve aussi des traces chez tous les Eurasiens, mais aucune chez les Africains.

Enfin, l'analyse a également permis aux scientifiques d'identifier quelque 100.000 changements survenus dans le génome humain après la séparation d'avec les Denisoviens. Des observations d'autant plus importantes que certaines de ces modifications affectent les gènes associés aux fonctions cérébrales et au développement du système nerveux. "Ces recherches aideront à comprendre comment les populations humaines modernes ont pu augmenter considérablement leur taille et leur complexité culturelle tandis que les humains archaïques ont fini par décliner puis s'éteindre", relève ainsi M. Pääbo.

Source : MaxiSciences du 31/08/2013

mercredi 18 septembre 2013

L'étrange visage de l'homme de Florès

Des scientifiques ont dressé le portrait du petit hominidé après avoir reconstitué son crâne.

L'homme de Florès a un nouveau visage. Une équipe australienne a reconstruit la face de cet hominidé d'un mètre de haut qui vivait il y a plusieurs dizaines de milliers d'années sur l'île indonésienne (Journal of Archaeological Science, décembre 2013). Parmi les neuf portraits d'Homo floresiensis, découvert en 2003 dans la grotte de Liang Bua, c'est le plus scientifique. Sans doute le plus étrange aussi.

En effet, les chercheurs ont appliqué les connaissances, développées depuis quelques années à partir d'hommes anatomiquement modernes, sur les relations entre os du crâne et tissus mous. Autrement dit, ils ont habillé de chair les os du crâne de l'homme de Florès, en prenant comme modèle l'homme d'aujourd'hui, d'où son caractère étrangement contemporain. C'est un peu comme si Homo erectus portait un jean et une chemise. L'image scientifique s'avère ainsi aussi éloignée de la réalité que les différents dessins d'artiste réalisés jusqu'alors.

Tous les deux sont confrontés à la même difficulté: les traits de nos plus lointains ancêtres sont perdus à jamais, puisqu'il n'en reste plus que quelques fragments d'os.

Reconstruire le crâne à partir de fragments

En archéologie, reconstituer un visage consiste avant tout à reconstruire le crâne à partir des fragments d'os découverts. Cette étape est délicate. Cela a été le cas avec le premier spécimen d'Homo floresiensis découvert par les archéologues, baptisé LB1 (Liang Bua 1), en réalité, une femme âgée de 30 ans. «Elle reposait au fond d'un puits étroit sous six mètres de sédiments. Ses os étaient mous comme du beurre», souligne Susan Hayes, de l'université de Wollongong, en Australie. Les autres reconstitutions n'ont peut-être pas assez pris en compte les dommages que le crâne a subis.»

Le portrait de l'homme de Florès s'adresse donc plutôt à des spécialistes. «Nous n'avons pas cherché à lui donner une expression quelconque car il n'est pas destiné à être présenté dans un musée», précise Susan Hayes, qui a été surprise de l'intérêt suscité par son travail. «La Hobbit (c'est son surnom en raison de sa petite taille, en référence aux personnages de Tolkien) est très populaire. Une vraie star internationale.»

Susan Hayes apprécie la peinture de l'homme de Florès réalisée par l'artiste française Élisabeth Daynès. Elle voudrait bien connaître la façon dont les équipes ont travaillé pour reconstituer le visage d'Homo floresiensis. «L'ostéoarchéologie est un domaine de recherche fascinant, mais il faudrait beaucoup plus de transparence et de collaboration entre les différentes équipes», plaide Susan Hayes.

Cette étude est l'une des dernières à laquelle a participé Mike Moore, l'archéologue australien qui a découvert les fossiles d'Homo floresiensis. Il est mort d'un cancer en juillet dernier à l'âge de 63 ans.

Source : Le Figaro du 25/08/2013

mardi 13 août 2013

Un outil de l'homme de Néandertal toujours utilisé en tannerie

L'homme de Néandertal pourrait avoir inventé le premier outil spécialisé en Europe il y a 50.000 ans, encore utilisé aujourd'hui, selon des chercheurs dont l'étude, parue lundi, donne un nouvel éclairage sur les capacités de ces cousins de l'homme moderne.

Les archéologues ont mis au jour dans deux sites paléolithiques du sud-ouest de la France des fragments de quatre outils fabriqués avec des côtes de renne.

L'une des deux extrémités avait été lustrée avec une pierre abrasive pour lui donner une forme ogivale qui permettait de travailler les peaux d'animaux pour, par exemple, les rendre plus imperméables.

Cet outil est similaire au lissoir encore utilisé aujourd'hui par les tanneurs pour travailler le cuir, bien qu'il soit fait de nos jours de côtes de bovins, précisent les auteurs de la découverte, issus de l'Institut Max-Planck à Leipzig en Allemagne dont les travaux paraissent dans les Comptes rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS).

"Pour le moment, ces outils sont l'un des meilleurs indices qui montrent que les Néandertaliens ont inventé une technique attribuée jusqu'alors à l'homme moderne", explique Shannon McPherron, archéologue au département d'Anthropologie évolutive de l'Institut Max-Planck.

"Puisque ces outils ont été créés par des Néandertaliens, il est possible qu'ils aient transmis ce savoir-faire aux hommes modernes venus d'Afrique en Europe, uniquement munis d'outils pointus faits d'os, et que ces derniers aient commencé à faire des lissoirs", souligne Marie Soressi, professeur d'Archéologie à l'Université de Leyde (Pays-Bas) et chercheuse à l'Institut Max-Planck.

"Il s'agit de la première indication possible d'une transmission d'un savoir-faire de l'homme de Néandertal à l'homme moderne", a-t-elle dit à l'AFP.

Mme Soressi précise que les deux sites où ont été découverts ces lissoirs, à Abri Peyrony et Pech-de-l'Azé dans le Périgord, remontent à au moins 50.000 ans et n'ont été occupés que par des Néandertaliens.

Les hommes modernes sont arrivés en Europe de l'Ouest il y a 40.000 ans, après avoir quitté l'Afrique 20.000 ans plus tôt pour entrer tout d'abord au Proche-Orient avant de conquérir le continent européen.

"A travers les millénaires"

"Les lissoirs sont d'excellents outils pour travailler le cuir, à tel point que 50.000 ans après leur invention par les Néandertaliens, j'ai pu en acheter un en ligne sur un site spécialisé dans les outils de travail artisanal", raconte la chercheuse.

"Cet outil est tellement efficace qu'il a traversé les millénaires sans quasiment aucun changement et pourrait bien être le seul legs des Néandertaliens utilisé aujourd'hui dans notre société", souligne l'archéologue.

Toutefois, ajoute-t-elle, on ne peut pas totalement exclure la possibilité que les hommes modernes soient arrivés plus tôt en Europe et qu'ils aient ainsi commencé à influencer les Néandertaliens plus tôt qu'estimé.

Pour une réponse définitive, il faudrait trouver d'autres sites en Europe centrale, plus anciens et contenant des os mieux préservés que ceux découverts jusqu'à présent dans cette région, explique Marie Soressi. Elle note qu'aucun lissoir n'a jamais été découvert sur aucun site au Proche-Orient.

Cette découverte devrait alimenter le débat sur les Néandertaliens, dont les raisons de l'extinction il y a 40.000 ans restent encore obscures, et conforter l'hypothèse selon laquelle ils avaient des capacités techniques et culturelles propres similaires à celles de l'homme moderne.

Des anthropologues font valoir que l'homme de Néandertal a acquis un savoir-faire plus sophistiqué seulement après avoir été en contact avec l'hommes moderne.

Selon Marie Soressi, on peut à ce jour attribuer seulement deux apports de l'homme moderne aux Néandertaliens: les parures de perles et des armes formées d'une série de petits silex attachés sur une hampe en bois.

Source : Sciences et Avenir du 12/08/2013

vendredi 2 août 2013

Et si une partie de notre langage provenait des Néandertaliens ?

Publiant leur étude sur PLoS One, des chercheurs allemands suggèrent que l’homme de Néandertal, tout comme l’homme moderne, avait un langage articulé : un héritage provenant d’un ancêtre commun aux deux espèces.

Dan Dediu et Stephen C. Levinson, chercheurs en psycholinguistique à l’Institut Max Planck (Allemagne), ont voulu repenser certains aspects de la "personnalité" de l’homme de Néandertal à la lumière des publications paléoanthropologiques et archéologiques de ces dernières années. Ils en tirent une hypothèse : le langage articulé remonterait au moins à l’ancêtre commun aux hommes anatomiquement modernes, aux Néandertaliens et aux Denisoviens (encore mal connus).

En effet, Néandertal, notre plus proche cousin, partage avec nous un "aïeul" qui vivait il y a environ un demi-million d'années (Homo heidelbergensis, selon certains chercheurs) et possédait des capacités et une culture comparables à celles des Homo sapiens de la même époque. Loin d’être apparu chez ces derniers il y a quelques dizaines de millénaires à la suite d’une brusque mutation génétique (comme le proposent certains scientifiques), le langage aurait émergé il y a bien plus longtemps, suggèrent les auteurs.

Peut-être dès -1 million d'années environ, quelque part entre les origines du genre Homo (-1,8 Ma) et l'émergence d'Homo heidelbergensis (-0,6 Ma), par l'accumulation progressive d’innovations biologiques et culturelles. Mieux : de la même façon que notre hybridation biologique avec Néandertal a laissé des traces génétiques dans notre ADN, la rencontre des deux cultures pourrait avoir laissé des traces de langage néandertalien (peut-être repérables) dans nos langues actuelles, proposent Dediu et Levinson.

Source : MaxiSciences du 14/07/2013

mercredi 31 juillet 2013

Grotte de Tautavel : découverte de nouveaux trésors laissés par nos ancêtres cannibales

9 nouveaux ossements ont été découverts en quelques semaines dans cette grotte des Pyrénées-Orientales.

TRÉSORS. Sept dents isolées, une partie de mandibule, un sacrum et un fémur complet: en l'espace de quelques semaines, la grotte de Tautavel dans les Pyrénées-Orientales a encore livré de précieux trésors archéologiques, synonyme d'un cru 2013 exceptionnel pour les paléontologues.

Ces récentes découvertes portent désormais à 141 le nombre de restes humains découverts dans cette grotte creusée à flanc de montagne, depuis les premiers grattements de spatules des paléontologues Henry et Marie-Antoinette de Lumley en 1964.

"C'est une année extraordinaire. On n'en avait jamais trouvé autant en si peu de temps", s'émerveille le préhistorien, âgé aujourd'hui de 78 ans.

"CAUNE DE L'ARAGO". La richesse de Tautavel est liée en partie à des bouleversements géologiques. En se colmatant pour ne se rouvrir qu'entre 30.000 et 15.000 ans avant notre ère, la cavité a piégé les vestiges et la culture des hommes de -700.000 à -100.000 ans.

En près de 50 ans de fouilles, quelque 360.000 objets ont été exhumés, des outils, fragments d'os humains ou d'animaux. Parmi les plus belles pépites de la grotte, appelée Caune de l'Arago, figure la face d'un crâne vieux de 450.000 ans immortalisé dans les manuels scolaires sous le nom de l'Homme de Tautavel.

Ce 21e fossile humain sorti de cette mine de vestiges en 1971, également nommé Arago XXI, a permis de donner pour la première fois un visage aux plus lointains de nos ancêtres.

Cannibalisme rituel

Bien avant l'homme de Néandertal (135.000 ans), puis notre ancêtre direct Cro-Magnon (35.000 ans), l'Homme de Tautavel ne maîtrisait pas encore le feu mais il taillait ses outils dans la pierre et chassait de grands mammifères dans un périmètre de 30 kilomètres. La grotte lui donnait une vue imprenable sur la vallée, la source d'eau en contrebas et vraisemblablement les animaux qui s'y déplaçaient.

Il pratiquait également un cannibalisme rituel. "Ils ne mangeaient que certaines parties du corps humain car ils avaient de quoi manger. Ils cassaient ensuite les os en morceaux, qu'ils laissaient ici. La caune de l'Arago, c'était en quelque sorte leur table de pique-nique", raconte avec humour la paléo-anthropologue Marie-Antoinette de Lumley.

Pour les chercheurs, la présence d'un fémur quasi entier, sans ses épiphyses (extrémités), au milieu de ce gisement de déchets culinaires, est un butin miraculeux. "Il a fallu attendre 50 ans de recherches pour trouver un os humain qui n'ait pas été fracturé pour en manger la moelle", souligne, encore ébahi, le directeur du chantier de fouilles, Christian Perrenoud.
Galeries non explorées

L'étude de ce nouveau joyau permettra déjà d'en savoir un peu plus sur le sexe, la morphologie et la robustesse de ces individus dévorés par leurs congénères.

Ainsi, l'homo erectus au fémur devait "mesurer près d'1m 70, ce qui est déjà grand pour un homme préhistorique!", révèle Mme de Lumley, directrice de recherche émérite au CNRS.

Encore partiellement en terre, sous un immense échafaudage de planches en bois et de barres métalliques, le précieux fémur sera prochainement photographié, scanné en trois dimensions puis moulé, avant de rejoindre ensuite le coffre-fort du Centre européen de recherche préhistorique.

TRÉSORS. Pour l'heure, l'os préhistorique est jalousement gardé par une armada de fouilleurs bénévoles, principalement des étudiants rattachés à l'université de Perpignan venus d'Europe, du Maghreb et des États-Unis pour racler et épousseter les parcelles encore à déchiffrer.

Et la tâche est encore grande. Aux dires d'Henry de Lumley, le filon n'est pas prêt de s'épuiser. "Nous n'avons fouillé qu'une partie de la grotte et il y a des galeries qui n'ont pas encore été explorées".

Que les futurs fouilleurs se rassurent, "les recherches devraient encore se poursuivre sur plusieurs générations", ajoute le célèbre paléontologue.

Source : Sciences et Avenir du 24/07/2013

mardi 30 juillet 2013

Un silex taillé de 1,4 million d’années retrouvé en Espagne

Des archéologues ont retrouvé sur le site préhistorique d'Atapuerca, dans le nord de l'Espagne, un silex taillé vieux de 1,4 million d'années. Il s’agit du vestige humain le plus ancien jamais découvert sur ce site.

C’est dans le Gouffre de l'éléphant, sur le site préhistorique d'Atapuerca, dans le nord de l'Espagne, que des archéologues ont découvert un remarquable silex taillé. Vieux de 1,4 million d'années, il était enfoui sous trois tonnes de sédiments.

Cette petite lame de trois centimètres constitue un couteau "d'une grande valeur" puisqu’aucun outil ni reste humain remontant aussi loin n'avait jamais été découvert. "Nous pensons qu'avec cette découverte nous nous approchons de la limite admise comme étant celle de la première occupation humaine en Europe occidentale, qui remonte à 1,5 million d'années", ont souligné les auteurs de la découverte cité par l'AFP.

Les résultats de la campagne annuelle menée pendant le mois de juillet indiquent que des outils en pierre "datant d'il y a environ un million d'années, confirment la continuité du peuplement humain en Europe depuis ses origines il y a environ 1,5 million d'années jusqu'à l'apparition de l'Homo Antecessor il y a environ 850.000 ans".

Des outils archaïques mais des activités complexes

Ces découvertes "contredisent les hypothèses avancées par certains, qui expliquent le premier peuplement en Europe à partir de la succession de petites vagues d'humains, sans continuité dans le temps et condamnées à l'extinction en raison de leur incapacité à s'adapter aux nouveaux espaces", expliquent les archéologues.

"Bien qu'il s'agisse d'outils très archaïques, ceux-ci reflètent déjà des activités complexes, comme le fait de récupérer les animaux tombés dans les grottes", et de s'en servir comme des pièges, ajoute le communiqué. Mais ce n'est pas tout ce qui a été mis au jour au cours de cette fouille puisque les archéologues ont également présenté un omoplate fossilisé, identifié comme étant celui d'un enfant âgé de quatre à six ans et datant d'il y a 800.000 ans.

Découvert en 2005, ce fossile extrêmement rare était prisonnier d'un bloc d'argile calcifiée et il a fallu sept ans de travail pour l’extraire intact.

Source : MaxiSciences du 25/07/2013

lundi 29 juillet 2013

Un couteau en silex de 1,4 million d'années découvert en Espagne

Des archéologues ont découvert ce vestige du "plus ancien Européen" sur le site préhistorique d'Atapuerca.

GOUFFRE DE L'ÉLÉPHANT. Cette petite lame taillée dans du silex, et mesurant trois centimètres a été découverte dans le Gouffre de l'Éléphant, environ deux mètres sous le niveau où avait été trouvée, en 2007, une mâchoire humaine datant de 1,2 million d'années, alors identifiée comme un vestige du "plus ancien Européen".

Le silex découvert sur le site d'Atapuerca

Le fragment découvert cette année, un silex "d'une grande valeur" qui était enfoui sous trois tonnes de sédiments, correspond à un couteau taillé il y a 1,4 million d'années, a expliqué l'un des trois directeurs des fouilles, Eduald Carbonell, en présentant les résultats de la campagne annuelle menée pendant le mois de juillet 2013.

"Nous pensons qu'avec cette découverte nous nous approchons de la limite admise comme étant celle de la première occupation humaine en Europe occidentale, qui remonte à 1,5 million d'années", ont souligné les chercheurs dans un communiqué.
Aucun outil ni reste humain remontant aussi loin n'a jamais été découvert

D'une richesse exceptionnelle, les gisements de la Sierra d'Atapuerca, un site classé depuis 2000 au Patrimoine mondial de l'Unesco, près de la ville de Burgos, couvrent une période remontant jusqu'à 1,5 million d'années, mais aucun outil ni reste humain remontant aussi loin n'a jamais été découvert.

En revanche, des outils en pierre mis au jour lors de cette campagne, "datant d'il y a environ un million d'années, confirment la continuité du peuplement humain en Europe depuis ses origines il y a environ 1,5 million d'années jusqu'à l'apparition de l'Homo Antecessor il y a environ 850.000 ans", souligne le communiqué.

Ces découvertes, selon les chercheurs, "contredisent les hypothèses avancées par certains, qui expliquent le premier peuplement en Europe à partir de la succession de petites vagues d'humains, sans continuité dans le temps et condamnées à l'extinction en raison de leur incapacité à s'adapter aux nouveaux espaces".

De la même époque, ces fouilles ont permis de découvrir des restes de celui qui était alors "le roi des grottes d'Atapuerca il y a un million d'années, l'Ursus dolinensis", "un ours de grande taille ancêtre direct des futurs ours des cavernes et très proche de l'ancêtre commun des ours bruns actuels".

Divers restes de cette espèce ont été retrouvés sur le site, de même que ceux d'autres animaux comme "des rhinocéros, des cervidés géants, des daims, des bisons et des ânes sylvestres".

Au terme de cette campagne 2013, les archéologues ont aussi présenté une pièce très rare : une omoplate, fossilisée, identifiée comme celle d'un enfant de quatre à six ans, datant d'il y a 800.000 ans. Découvert en 2005, ce fossile était prisonnier d'un bloc d'argile calcifiée et il a fallu sept ans de travail pour le dégager de son enveloppe.

L'ossement, une fois analysé, pourrait trouver sa place au Musée de l'évolution humaine de Burgos, où sont exposés les vestiges les plus remarquables mis au jour dans les gisements d'Atapuerca.

Source : Sciences et Avenir du 25/07/2013

dimanche 28 juillet 2013

Espagne: découverte d'un silex taillé de 1,4 million d'années

Les archéologues qui fouillent le site préhistorique d'Atapuerca, dans le nord de l'Espagne, ont annoncé mercredi la découverte d'un silex taillé datant de 1,4 million d'années, soit le vestige d'une présence humaine le plus ancien jamais mis au jour sur ce site.

Cette petite lame de silex mesurant trois centimètres a été découverte dans le Gouffre de l'Éléphant, environ deux mètres sous le niveau où avait été trouvée, en 2007, une mâchoire humaine datant de 1,2 million d'années, alors identifiée comme un vestige du «plus ancien Européen».

Le fragment découvert cette année, un silex «d'une grande valeur» qui était enfoui sous trois tonnes de sédiments, correspond à un couteau taillé il y a 1,4 million d'années, a expliqué l'un des trois directeurs des fouilles, Eduald Carbonell, en présentant les résultats de la campagne annuelle menée pendant le mois de juillet.

«Nous pensons qu'avec cette découverte nous nous approchons de la limite admise comme étant celle de la première occupation humaine en Europe occidentale, qui remonte à 1,5 million d'années», ont souligné les chercheurs dans un communiqué.

D'une richesse exceptionnelle, les gisements de la Sierra d'Atapuerca, un site classé depuis 2000 au Patrimoine mondial de l'Unesco, près de la ville de Burgos, couvrent une période remontant jusqu'à 1,5 million d'années, mais aucun outil ni reste humain remontant aussi loin n'a jamais été découvert.

En revanche, des outils en pierre mis au jour lors de cette campagne, «datant d'il y a environ un million d'années, confirment la continuité du peuplement humain en Europe depuis ses origines il y a environ 1,5 million d'années jusqu'à l'apparition de l'Homo Antecessor il y a environ 850 000 ans», souligne le communiqué.

Ces découvertes, selon les chercheurs, «contredisent les hypothèses avancées par certains, qui expliquent le premier peuplement en Europe à partir de la succession de petites vagues d'humains, sans continuité dans le temps et condamnées à l'extinction en raison de leur incapacité à s'adapter aux nouveaux espaces».

«Bien qu'il s'agisse d'outils très archaïques, ceux-ci reflètent déjà des activités complexes, comme le fait de récupérer les animaux tombés dans les grottes», qui fonctionnaient alors comme des pièges, ajoute le communiqué.

De la même époque, ces fouilles ont permis de découvrir des restes de celui qui était alors «le roi des grottes d'Atapuerca il y a un million d'années, l'Ursus dolinensis», «un ours de grande taille ancêtre direct des futurs ours des cavernes et très proche de l'ancêtre commun des ours bruns actuels».

Divers restes de cette espèce ont été retrouvés sur le site, de même que ceux d'autres animaux comme «des rhinocéros, des cervidés géants, des daims, des bisons et des ânes sylvestres».

Au terme de cette campagne 2013, les archéologues ont aussi présenté une pièce très rare: une omoplate, fossilisée, identifiée comme celle d'un enfant, garçon ou fille, de quatre à six ans, datant d'il y a 800.000 ans. Découvert en 2005, ce fossile était prisonnier d'un bloc d'argile calcifiée et il a fallu sept ans de travail pour le dégager de son enveloppe.

L'ossement, une fois analysé, pourrait trouver sa place au Musée de l'évolution humaine de Burgos, où sont exposés les vestiges les plus remarquables mis au jour dans les gisements d'Atapuerca.

Source : La presse du 24/07/2013

mardi 16 juillet 2013

La grotte des bêtes

Des peintures rupestres dans le désert de Libye permettent de se faire une idée du monde spirituel à une époque où le Sahara était encore vert. Toutefois leur étude n'en est encore qu'au début et les spéculations sont plus nuisibles qu'utiles.

Le 11 mai 2002 fut certainement l'un des plus beaux jours de la vie de Massimo Foggini. L'homme d'affaires italien et les voyageurs passionnés de déserts qui l'accompagnaient avaient déjà arpenté plusieurs fois le plateau montagneux découpé du Gilf Kebir, à l'extrême Sud-Ouest de l'Égypte, toujours en quête de nouvelles sensations et de découvertes. C'était le cas aussi ce jour-là dans le Wadi Sura, à quelques kilomètres à peine de l'endroit où Lázló Almásy avait découvert la « grotte des nageurs » en 1933.

Dans une vallée latérale, le regard de M. Foggini tomba sur un surplomb rocheux bas, dissimulé derrière plusieurs grands rochers. Intrigué, il alla voir de plus près et peu après, avec son fils Jacopo, il put contempler la grotte d'art rupestre sans doute la plus richement décorée de tout le Sahara.

Il devait y avoir près de 8 000 figures, qui, très rapprochées les unes des autres et souvent superposées, recouvraient le fond de la grotte, qui mesure aujourd'hui environ 20 mètres de largeur et cinq mètres de hauteur. Elles composaient une symphonie déconcertante de tons brun rouge et parfois blancs et jaunes. Dominant l'ensemble, des centaines de contours de mains sont comme vaporisés sur la roche à l'aide de pochoirs. Manifestement, leurs auteurs ont voulu marquer leur présence en ce lieu.

Parmi ces motifs sont représentées d'innombrables silhouettes humaines, tantôt isolées, tantôt par groupes, le plus souvent représentées en mouvement et ressemblant parfois à des danseurs en extase. Ici aussi, on reconnaît ces corps en extension horizontale, auxquels la « grotte des nageurs » toute proche doit son nom.

Cependant, sur cette paroi rocheuse, c'est un autre groupe de figures qui composent le décor : des dizaines de silhouettes d'animaux, avec un corps trapu et une queue de lion, sans tête, mais avec une esquisse de gueule, qui parfois semble dévorer des hommes. Ces êtres énigmatiques, dans lesquels certains spécialistes pensent reconnaître des babouins, ont donné son nom à la grotte : la « caverne des bêtes ». En fait, il ne s'agit pas d'une caverne, mais d'une grotte, donc d'une cavité profonde de quelques mètres sous un surplomb rocheux.