vendredi 11 septembre 2015

Homo naledi : l'histoire de la découverte d'une nouvelle espèce humaine

Des chercheurs affirment avoir découvert une "nouvelle espèce du genre humain" : l'Homo naledi. Pour comprendre, direction l'Afrique du sud sur les pas de ces paléontologues...

Tout a commencé par un heureux hasard en 2013. En Afrique du Sud, à quelques kilomètres de Johannesburg, deux spéléologues se dirigeaient vers une grotte nommée Rising Star. Site bien connu par les spécialistes, les deux hommes ont voulu emprunter un passage hors des sentiers afin d'éviter la foule. C'est alors qu'ils sont tombés sur une cavité ornée de stalactites. Malgré l'accès extrêmement difficile, les deux hommes minces de nature, ont réussi à se hisser à l'intérieur. Probablement qu'ils ne s'attendaient pas à y découvrir des fossiles qui allaient faire trembler le monde de la paléontologie...

15 hominidés découverts

De son côté, le chercheur Lee Berger, redoutablement connue dans le monde de la paléontologie, gardait un œil sur ce site surnommé "le berceau de l'humanité". Les faits sont donc rapidement venus à ses oreilles. Immédiatement, le paléoanthropologue a réunit une équipe de scientifiques, exclusivement des femmes : les "archéologues souterraines" tel qu'il les a surnommées, pour se rendre sur place

Grâce au financement du National Geographic, Lee Berger a pu mettre en place un véritable site de recherche qui ressemblait à un petit village d'archéologues et de scientifiques. L'extraction des fossiles a ainsi pu commencer.

Les os étaient non seulement superbement conservés mais aussi très nombreux. Un, deux, trois... C'est au total 15 squelettes qui ont pu être (partiellement) recomposés, représentant 1.550 fossiles. "Nous avons trouvé une créature remarquable", aurait alors déclaré Lee Berger, le sourire jusqu'aux oreilles.

Homo naledi

Après la découverte vient la patience. Il faut en effet parfois des années avant que les os puissent être soigneusement analysés, puis examinés et que les résultats soient publiés. Mais pas de ça pour Lee Berger. Ce dernier a voulu que ce processus s'effectue le plus rapidement possible pour une publication à la fin de l'année. Il a réuni une trentaine de scientifiques de quinze pays différents. Les équipes d'analystes se sont réparties les parties du corps dans une ambiance feutrée et sous l’œil attentif de Berger.

À quoi ressemble-t-il ? Qui est-il ?

Environ 1,50 mètres, 45 kilos, le cerveau minuscule, les doigts très incurvés, les pieds ressemblant très fortement à ceux de l'homme moderne... Pour Berger, il était clair que ces squelettes appartenaient à l'Homo, sans pour autant ressembler à aucun de ses frères et sœurs précédemment découverts. Pour cette raison, ils l'ont déclaré comme nouvelle espèce et l'ont nommé Homo naledi. Naledi signifiant étoile dans la langue sotho locale.

De nombreux mystères restent à éclaircir : comment ces squelettes sont entrés dans cette étroite cavité ? Quel âges ont-ils ? Nul doute que nous entendrons parler à nouveau de l'Homo naledi.

Source : La Nouvelle République du 10/09/2015

Homo naledi: «Cette découverte est un trésor inestimable»

L'anthropologue Bruno Maureille explique à 20 Minutes l’importance de la découverte de l'Homo Naledi dévoilée ce jeudi...

Ils sont peut-être nos ancêtres, ou à tout le moins nos cousins lointains. Une ancienne espèce humaine a été mise au jour dans une grotte à Maropeng, en Afrique du Sud, sur le site archéologique du Berceau de l’humanité, classé au patrimoine de l’Unesco. Les ossements de quinze hominidés ont été exhumés, ont annoncé jeudi des chercheurs. La nouvelle espèce, baptisée Homo naledi, est classée dans le genre Homo, auquel appartient l’homme moderne. Bruno Maureille, directeur du laboratoire de la Préhistoire à l’Actuel : Culture, Environnement et Anthropologie (PACEA) à Bordeaux, explique à 20 Minutes l’importance de cette découverte.

Cette découverte est-elle différente des autres ?

C’est un trésor inestimable, comme si un numismate trouvait un galion rempli de pièces d’or ! Il faut encore que la datation précise des ossements soit révélée, mais a priori, ils sont vieux d’au moins deux millions d’années environ, soit plus anciens que sur les autres sites majeurs qui ont été mis au jour ces dernières décennies.

C’est une découverte majeure, inestimable et sans précédent : elle va fournir une documentation paléontoanthropologique d’une incroyable richesse, sur laquelle vont travailler des générations entières de chercheurs. C’est la première fois que l’on trouve des squelettes si anciens, dans un tel état de conservation et avec une telle variété.

Quels autres sites ont auparavant permis d’avancer dans la recherche sur les origines de l’Homme ?

Il y a eu le gisement de la Sima de los Huesos (« grotte des os ») sur le site préhistorique d’Atapuerca, en Espagne, à la fin des années 1970. Les ossements qui y ont été découverts sont ceux d’un groupe de vingt-huit squelettes de jeunes adultes, vieux de 300.000 à 400.000 ans, de l’espèce Homo heidelbergensis, considérée comme l’ancêtre de l’Homme de Néandertal.

Le site de Krapina en Croatie, découvert il y a plus d’un siècle, a permis de mettre au jour des fossiles de Néandertaliens vieux d’environ 100.000 ans. La découverte la plus ancienne est celle du crâne vieux de 1,8 million d’années en Géorgie sur le site de Dmanisi. Ces trois sites sont parmi les plus importants découverts à ce jour.

Qu’est-ce que cette nouvelle découverte va permettre de comprendre de l’évolution de l’Homme ?

On connaît finalement très peu de chose concrètes sur l’Homme d’il y a deux millions d’années. Le fait que cette collection de vestiges soit si complète et bien conservée devrait permettre d’en apprendre beaucoup sur l’histoire de l’évolution de cet ancêtre, notamment sur le dimorphisme sexuel de cette espèce, c’est-à-dire sur les différences entre les individus mâles et femelles Homo naledi. Le fait qu’il y ait une telle variété d’âges parmi les squelettes, avec des nouveau-nés, des adolescents et des adultes nous en apprendra aussi sur leur processus de croissance.

De manière générale, les ossements de ce site vont nous éclairer sur la variabilité morphologique du genre Homo, qui compte désormais cette nouvelle branche. Pour autant, l’Homo naledi n’est pas nécessairement notre ancêtre direct : nous ne sommes que les heureux survivants d’une petite partie du genre homo et de la sous-espèce Homo sapiens sapiens.

Source : 20 minutes du 10/09/2015

L'Homo Naledi, un ancêtre de l'Homme au cerveau de la taille d'une orange

Cette nouvelle espèce est classée dans le genre Homo, auquel appartient l’homme moderne…

Petit mais costaud, l’Homo naledi pourrait nous en apprendre beaucoup sur les origines de l’Homme moderne. Mise au jour au fin fond d’une grotte d’Afrique du Sud, à Maropeng, sur le site archéologique du « Berceau de l’humanité », classé au patrimoine de l’Unesco, cette ancienne espèce humaine jusqu’alors inconnue est une découverte « remarquable » qui souligne la complexité de l’évolution humaine, ont déclaré jeudi des chercheurs internationaux. Mais à quoi ressemblait-il ? 20 Minutes dresse le portrait de notre lointain aïeul.



Un cerveau de la taille d’une orange et un corps élancé

Baptisée Homo naledi, cette nouvelle espèce est classée dans le genre Homo, auquel appartient l’homme moderne. La quinzaine d’individus retrouvés dans la grotte seraient donc nos lointains ancêtres. Entre eux et nous, des caractéristiques communes indéniables existent, mais de nombreuses différences aussi. Pas très grand, l’Homo naledi mesurait en moyenne 1,5 mètre pour 45 kilos, mais ses pieds et ses longues jambes laissent penser qu’il était fait pour marcher longtemps. En revanche, il n’était pas doté d’un cerveau très développé.
L’Homo naledi « avait un cerveau minuscule de la taille d’une orange et un corps très élancé », a détaillé John Hawks, chercheur à l’université de Wisconsin-Madison et auteur d’un article publié jeudi dans le magazine scientifique eLife. « Son petit cerveau et la forme de la partie supérieure de son corps sont plus proches du groupe pré-humain des australopithèques », explique le professeur Chris Stringer du Musée d’histoire naturelle de Londres.

Capable de manier des outils

« Dans le même temps, certains aspects de l’Homo naledi, comme ses mains, ses poignets et ses pieds, sont très proches de celles de l’homme moderne », poursuit-il. D’ailleurs, ses mains « laissent supposer qu’il avait la capacité de manier des outils », ses doigts étaient extrêmement incurvés, tandis qu'« il est pratiquement impossible de distinguer ses pieds de ceux d’un homme moderne », ont abondé l’université du Wits, la National Geographic Society et le ministère sud-africain des Sciences.

« Le mélange de caractéristiques de l’Homo naledi souligne une fois de plus la complexité de l’arbre généalogique humain et la nécessité de conduire des recherches plus poussées pour comprendre l’histoire et les origines ultimes de nos espèces », estime Chris Stringer. Cette découverte, qui vient compliquer un peu plus le tableau des hominidés, pourrait permettre d’en apprendre davantage sur la transition, il y a environ 2 millions d’années, entre l’australopithèque primitif et le primate du genre homo, notre ancêtre direct. Mais pour l’heure, les quelque 1.550 ossements retrouvés n’ont pas été datés.

Les chercheurs pourraient d’ailleurs en trouver d’autres. Depuis des années, le Berceau de l’humanité, zone truffée de grottes et de fossiles de pré-humains et véritable mine d’informations sur nos ancêtres, est un trésor pour les archéologues et paléontologues.

Source : 20 minutes du 10/09/2015

Homo Naledi inhumait ses morts

Une nouvelle star apparaît dans le ciel de l'histoire ancienne du genre humain. Une nouvelle espèce du genre Homo, baptisée Homo naledi, découverte dans les grottes dites de Rising Star, à 500 km de Johannesburg en Afrique du Sud.

Naledi pour "étoile" en langage Sesotho. Une espèce encore non datée, mais qui semble remonter aux origines du genre Homo de par ses caractères primitifs. Sauf qu'elle aurait déposé dans cette grotte de nombreux individus dans un geste funéraire ! Un comportement totalement inédit pour une telle ancienneté.

La découverte de cette grotte recelant des fossiles pré-humains remonte à 2013, et est due à deux spéléologues, Steve Tucker et Rick Hunter. Elle excite depuis sérieusement les paléo-anthropologues. Crâne de Homo naledi (John Hawks Université de Witwatersrand)Crâne de Homo naledi (John Hawks Université de Witwatersrand)Elle fait l'objet ce matin d'une communication de l'University de Witwatersrand, de la National Geographic Society et du South African Department of Science and Technology de la National Research Foundation qui présente une première analyse de ces vestiges pour le moins intrigants par une équipe scientifique dirigée par Lee Berger, de l'University de Witwatersrand. Lee Berger est déjà bien connu pour la découverte d'Australopithecus Sediba (lire une note de 2011 sur ce fossile lors de la publication de l'article dans Science avec une interview de Pascal Picq). Des chercheurs de la Max Planck Gesellschaft de Leipzig participent à cette équipe.

Caractères anatomiques

Les restes pré-humains n'ont pas encore été datés (la datation est difficile, car il faut la faire directement sur les os fossiles en l'absence d'autres éléments datables et datant de leur mort), mais ils présentent des caractères anatomiques aujourd'hui bien décrits à la suite d'un workshop organisé en Afrique en mai 2014 auquel 50 chercheurs ont participé. L'abondance des fossiles - plus de 1 500 ossements découverts provenant d'au Pied d'Homo naledi (John Hawks université de Witwatersrand)Pied d'Homo naledi (John Hawks université de Witwatersrand)moins 15 individus différents (enfants, adultes et vieux), mais avec presque tous les os d'un squelette complet - en fait d'emblée l'une des espèces fossiles de pré-humain qui sera la mieux décrite. Il s'agit d'un primate d'environ 1,50 mètres à l'âge adulte, plutôt gracile avec environ 45 kg. Une tête petite, et un cerveau de la taille d'une orange.

Il présente des caractères dont la qualification de "primitifs" et "dérivés" font toujours l'objet de vives discussions entre spécialistes. Homo Naledi possède des pieds ainsi que des jambes, plutôt longues, très adaptées à la marche bipède sur longue distance. Au point qu'un membre de l'équipe décrit les pieds comme "indistinguables" du pied d'un homme actuel.

Les dents et la plupart des os semblent en revanche le rattacher aux plus vieux représentants du genre Homo, voire à un genre antérieur (australopithecus) au vu de ses mains très adaptées à la vie arboricole (les doigts très courbés pour la grimpe dans les arbres et Main d'Homo nadeli (John Hawks Université de Witwatersrand)Main d'Homo nadeli (John Hawks Université de Witwatersrand)la suspension aux branches). Au total, il semble plus proche des plus anciens membres du genre Homo (Homo habilis) donc, il y a 2,5 millions d'années.

Mais le plus surprenant dans la découverte, c'est la disposition des ossements. Regroupés dans une partie très difficile d'accès de la grotte, à 30 mètres sous la surface. Exclusifs : à part quelques os d'une souris et d'un oiseau, uniquement des ossements d'Homo naledi. Aucune trace sur les os de l'action d'un carnivore qui aurait tué et dévoré ces êtres ni de charognage après la mort. Comment sont-ils arrivés là, dans une sorte de chambre qui n'a jamais été en contact direct avec la surface ?

Les scientifiques ont étudié de nombreuses hypothèses, comme un piège naturel, l'action d'un cours d'eau... aucun ne semble fonctionner. Du coup, il ne reste qu'une hypothèse plausible : un acte funéraire ! Sauf qu'un tel comportement serait complètement inédit pour une espèce aussi éloignée dans le temps et l'anatomie des néandertaliens et des hommes modernes pour lesquels ce comportement est clairement identifié il y a près de 100.000 ans au Proche Orient, ou pour certains, dans la grotte de Atapuerca en Espagne, où des pré-néandertaliens (Homo heidelbergensis) auraient ainsi traité leurs morts, il y a au plus 400.000 ans. Sauf qu'entre un pré-néandertalien de cette époque, utilisant des outils (un biface a été trouvé sur le site), et Homo naledi, le fossé cognitif semble profond.

Co-existence de nombreux Australopithèques et Homos

Cette annonce vient renforcer la variété des espèces des genres Australopithecus et Homo qui ont co-existé sur une très longue période de temps, faisant de l'unicité actuelle d'Homo sapiens une exception. La plupart de ces espèces ne semblent pas avoir eu de descendants. Mais la nature des relations qu'elles ont entretenues - avec la possibilité ou non d'hybridation - demeure énigmatique. Tout autant que l'intrigante absence dans le registre fossile des ancêtres des chimpanzés et des gorilles, les espèces actuelles les plus proches des hommes.

L'équipe de spéléologues qui ont récupéré les os fossilesL'équipe de spéléologues qui ont récupéré les os fossilesIntrigante, car elle conduit à se demander si elle ne proviendrait pas du "classement" plutôt que de la réalité, les paléo-anthropologues étant trop obnubilés et guidés par la volonté de retrouver le cheminement de la lignée qui conduit à l'homme actuel. Certains d'entre eux soupçonnent un biais qui ferait qualifier de "primitif" tout caractère faisant penser aux chimpanzés et aux gorilles, ce qui, selon eux (Pascal Picq notamment) constitue une erreur de raisonnement. Les chimpanzés et les gorilles sont en effet tout aussi "évolués" relativement à leurs ancêtres d'il y a 6 millions d'années - l'époque où les lignées conduisant aux hommes et aux grands singes sont censées se séparer selon la biologie moléculaire - que les hommes actuels vis à vis de leurs ancêtres.

Lee Berger sur le site archéologique (Université de Witwatersrand)Lee Berger sur le site archéologique (Université de Witwatersrand)Du coup, un caractère jugé aujourd'hui primitif, comme l'adaptation à la vie arboricole, parce qu'ils le portent, pourrait tout aussi bien être un caractère "dérivé", apparu récemment dans leurs lignées. La situation est d'autant plus compliquée que les possibilités d'hybridation entre espèces non totalement séparées, avec une descendance fertile, est très délicate à mesurer ou à écarter. La proposition iconoclaste de certains chercheurs de réunir en une seule espèce, sous le nom d'Homo erectus, un grand nombre d'espèces aujourd'hui considérées comme séparées montre bien la difficulté de l'affaire.

Ce débat encore confus ne pourra être tranché qu'avec la mise au jour des ancêtres des chimpanzés et gorilles, soit sur le terrain, par des découvertes, soit... dans les collections actuelles des fossiles qui remontent à la période de séparation des deux lignées, il y a environ 6 millions d'années.

Source : Sciences2 du 10/09/2015

jeudi 10 septembre 2015

Une ancienne espèce du genre humain découverte en Afrique du Sud

Les restes fossilisés de quinze membres d'une ancienne espèce du genre humain, jusqu'alors inconnue, ont été mis au jour dans une grotte des environs de Johannesburg, ont annoncé ce jeudi un groupe de chercheurs.

Un pas de plus vers la compréhension de nos origines. Une équipe de chercheurs sud-africains a annoncé ce jeudi la découverte d'une probable ancienne espèce du genre humain, inconnue jusqu'à présent. C'est dans les profondeurs d'une grotte des environs de Johannesburg que ces restes, correspondants à une quinzaine d'individus, hommes, femmes, enfants et vieillards, ont été retrouvés ces deux dernières années.

«Je suis ravi de vous présenter une nouvelle espèce du genre humain», a lancé Lee Berger, chercheur à l'université du Witwatersrand à Johannesburg, lors de la conférence de presse où il a présenté le résultat des recherches de son équipe. Baptisé Homo naledi, «homme-étoile» en langage Sesotho, ce nouvel arrivant dans l'arbre généalogique de l'humanité nous est désormais connu grâce aux quelque 1550 ossements exhumés entre 2013 et 2014. La grotte, située dans un site baptisé «Berceau de l'humanité» et classé au patrimoine mondial de l'Unesco, est si difficile d'accès que les scientifiques ont dû faire appel à des spéléologues professionnels pour pouvoir mener à bien leurs différentes campagnes de fouille, détaille NBC News.

Un maillon manquant

Homo naledi mesurait en moyenne 1m50. Son squelette est similaire à celui des premiers membres du genre «homo», tels qu'homo erectus et homo habilis, tandis que la boîte crânienne s'apparente d'avantage à celle d'australopithèque, un hominidé plus ancien, expliquent les chercheurs dans une première publication dans la revue scientifique Life.

Une reconstitution du visage d'homo naledi proposée par le National Geographic.

Cette nouvelle espèce n'a pas encore fait l'objet d'une datation précise, mais les scientifiques font état d'une fourchette comprise entre deux et un million d'années, ce qui, au vu de ses caractéristiques physiques, pourrait faire d'homo naledi le maillon manquant entre pré-humains et les premières espèces humaines.

«Certains aspects de l'homo naledi, comme ses mains, ses poignets et ses pieds, sont très proches de celles de l'homme moderne, a expliqué le professeur Chris Stringer du Musée d'histoire naturelle de Londres. Le professeur Berger a également indiqué qu'homo naledi utilisait des outils et enterrait ses morts, double condition pour en faire l'un de nos ancêtres directs.

Source : Le Figaro du 10/09/2015

Homo naledi, une ancienne espèce inconnue du genre humain découverte en Afrique du sud

SCIENCE - Une découverte de taille. Une ancienne espèce du genre humain qui était jusqu'à présent inconnue a été mise au jour dans une grotte en Afrique du Sud où ont été exhumés les ossements de 15 hominidés, ont annoncé ce jeudi 10 septembre des chercheurs internationaux.


Les fossiles ont été trouvés dans une grotte profonde et extrêmement difficile d'accès, près de Johannesburg, sur le très riche site archéologique connu sous le nom de "Berceau de l'humanité" et inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. "Je suis ravi de vous présenter une nouvelle espèce du genre humain", a déclaré Lee Berger, chercheur à l'université du Witwatersrand à Johannesburg, lors d'une conférence de presse à Maropeng, site du "Berceau de l'humanité".

En 2013 et 2014, des scientifiques ont exhumé plus de 1550 os appartenant à au moins 15 individus, parmi lesquels des bébés, de jeunes adultes et des personnes plus âgées. Tous présentent une morphologie homogène mais n'ont pas encore été datés. La nouvelle espèce a été baptisée Homo naledi et classée dans le genre Homo, auquel appartient l'homme moderne. Le museum d'histoire naturelle de Londres a qualifié de "remarquable" cette découverte majeure.

"Certains aspects de l'Homo naledi, comme ses mains, ses poignets et ses pieds, sont très proches de celles de l'homme moderne. Dans le même temps, son petit cerveau et la forme de la partie supérieure de son corps sont plus proches d'un groupe pré-humain appelé australopithèque", a expliqué le professeur Chris Stringer du Musée d'histoire naturelle de Londres, auteur d'un article sur le sujet jeudi dans la revue scientifique eLife.

A quoi ressemblait l'Homo naledi ? "Il avait un cerveau minuscule de la taille d'une orange et un corps très élancé", selon John Hawks, chercheur à l'université de Wisconsin-Madison et qui aussi contribué à l'article publié dans le magazine eLife. Il mesurait en moyenne 1,5 mètre et pesait 45 kilos.

Ses mains "laissent supposer qu'il avait la capacité de manier des outils", ses doigts étaient extrêmement incurvés, tandis qu'"il est pratiquement impossible de distinguer ses pieds de ceux d'un homme moderne", précise un communiqué conjoint de l'université du Wits, la National Geographic Society et du ministère sud-africains des Sciences publié en Afrique du Sud.

"Ses pieds et ses longues jambes laissent penser qu'il était fait pour marcher longtemps".

Les ossements exhumés en Afrique du Sud représentent un défi pour les chercheurs. Ils compliquent un peu plus le tableau des hominidés, car l'espèce découverte présente à la fois des caractéristiques propres aux hominidés modernes et anciens.

Cette découverte pourrait donc permettre d'en apprendre davantage sur la transition, il y a environ 2 millions d'années, entre l'australopithèque primitif et le primate du genre homo, notre ancêtre direct.

"Le mélange de caractéristiques de l'Homo naledi souligne une fois de plus la complexité de l'arbre généalogique humain et la nécessité de conduire des recherches plus poussées pour comprendre l'histoire et les origines ultimes de nos espèces", estime Chris Stringer.

Les chercheurs se sont également interrogés sur les raisons pour lesquelles les ossements se trouvaient dans cette chambre difficile d'accès, à l'entrée d'une grotte déjà connue. Le tunnel pour y accéder est extrêmement raide et tellement étroit que seuls des chercheurs à la morphologie menue ont réussi à se rendre sur les lieux de cette découverte majeure. Cette chambre "a toujours été isolée des autres pièces et n'a jamais été contact avec la surface", selon le communiqué.

"Nous avons imaginé plusieurs scénarios, y compris la possibilité de l'attaque d'un carnivore inconnu, une mort accidentelle ou encore un traquenard, explique Lee Berger de l'université de Witwatersrand. On en est arrivé à la conclusion que le scénario le plus plausible était que ces corps avaient été déposés volontairement à cet endroit." Une pratique qui "témoigne d'un comportement étonnamment complexe pour une espèce humaine 'primitive'", conclut le professeur Stringer.

Depuis des années, le "Berceau de l'humanité", zone truffée de grottes et de fossiles de pré-humains et véritable mine d'informations sur nos ancêtres, est un trésor pour les archéologues et paléontologues. Et Lee Berger l'assure: la chambre où a été trouvé l'Homo naledi "n'a pas encore révélé tous ses secrets, car il pourrait y avoir encore des centaines, voire des milliers de fossiles d'Homo naledi à exhumer".


Source : Le Huffington Post du 10/09/2015

Afrique du Sud : découverte d'une ancienne espèce humaine inconnue

Des chercheurs ont découvert les ossements de 15 hominidés qui appartiendraient à "une nouvelle espèce du genre humain".

Une ancienne espèce du genre humain, qui était jusqu'à présent inconnue, a été mise au jour dans une grotte en Afrique du Sud où ont été exhumés les ossements de 15 hominidés, ont annoncé jeudi des chercheurs internationaux. Les fossiles ont été trouvés dans une grotte profonde et extrêmement difficile d'accès, près de Johannesburg, sur le très riche site archéologique connu sous le nom de "Berceau de l'humanité" et inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.

Homo naledi. "Je suis ravi de vous présenter une nouvelle espèce du genre humain", a déclaré Lee Berger, chercheur à l'université du Witwatersrand à Johannesburg, lors d'une conférence de presse. En 2013 et 2014, des scientifiques ont exhumé plus de 1.550 os appartenant à au moins 15 individus, parmi lesquels des bébés, de jeunes adultes et des personnes plus âgées. Tous présentent une morphologie homogène mais n'ont pas encore été datés. La nouvelle espèce a été baptisée Homo naledi et classée dans le genre Homo, auquel appartient l'homme moderne.

A quoi ressemblait-il ? "Il avait un cerveau minuscule de la taille d'une orange et un corps très élancé", selon John Hawks, chercheur à l'université de Wisconsin-Madison. Il mesurait en moyenne 1,5 mètre et pesait 45 kilos.
Ses mains "laissent supposer qu'il avait la capacité de manier des outils", ses doigts étaient extrêmement incurvés, tandis qu'"il est pratiquement impossible de distinguer ses pieds de ceux d'un homme moderne", précise un communiqué.

Un arbre généalogique bien compliqué. "Le mélange de caractéristiques de l'Homo naledi souligne une fois de plus la complexité de l'arbre généalogique humain et la nécessité de conduire des recherches plus poussées pour comprendre l'histoire et les origines ultimes de nos espèces", estime Chris Stringer. Cette découverte pourrait permettre d'en savoir davantage sur la transition, il y a environ 2 millions d'années, entre l'australopithèque primitif et le primate du genre homo, notre ancêtre direct.

Source : Europe1 du 10/09/2015

Découverte en Afrique du Sud d'une ancienne espèce du genre humain jusqu'à présent inconnue

Une ancienne espèce du genre humain qui était jusqu'à présent inconnue a été mise au jour dans une grotte en Afrique du Sud où ont été exhumés les ossements de 15 hominidés, ont annoncé jeudi des chercheurs internationaux.

Les fossiles ont été trouvés dans une grotte profonde et extrêmement difficile d'accès, près de Johannesburg, sur le très riche site archéologique connu sous le nom de «Berceau de l'humanité» et inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.

«Je suis ravi de vous présenter une nouvelle espèce du genre humain», a déclaré Lee Berger, chercheur à l'université du Witwatersrand à Johannesburg, lors d'une conférence de presse à Maropeng, site du «Berceau de l'humanité».

En 2013 et 2014, des scientifiques ont exhumé plus de 1.550 os appartenant à au moins 15 individus, parmi lesquels des bébés, de jeunes adultes et des personnes plus âgées. Tous présentent une morphologie homogène mais n'ont pas encore été datés.

La nouvelle espèce a été baptisée Homo Naledi et classée dans le genre Homo, auquel appartient l'homme moderne.

Le museum d'histoire naturelle de Londres a qualifié de «remarquable» cette découverte majeure.

«Certains aspects de l'Homo naledi, comme ses mains, ses poignets et ses pieds, sont très proches de celles de l'homme moderne. Dans le même temps, son petit cerveau et la forme de la partie supérieure de son corps sont plus proches d'un groupe pré-humain appelé australopithèque», a expliqué le professeur Chris Stringer du Musée d'histoire naturelle de Londres, auteur d'un article sur le sujet jeudi dans la revue scientifique eLife.

Cette découverte pourrait permettre d'en savoir davantage sur la transition, il y a environ 2 millions d'années, entre l'australopithèque primitif et le primate du genre homo, notre ancêtre direct.

Source : 20 minutes du 10/09/2015

samedi 22 août 2015

Le mystère du petit doigt qui en dit long sur notre humanité

La main moderne, capable de manipulation de précision, serait apparue il y a 1,84 million d’années comme en témoigne une phalange découverte en Tanzanie. Mais à quel hominidé appartenait-elle ?

PHALANGE. Il ne mesure que 36 mm… mais l’os de main OH 86 découvert dans la gorge d’Olduvaï, en Tanzanie, en dit long sur l’aventure de notre humanité. "Cette phalange, très droite, dont la taille est similaire à celle des Homo sapiens, ne peut appartenir qu’à une main anatomiquement moderne", estime Manuel Dominguez-Rodrigo, de l’Institut de l’évolution en Afrique de Madrid, qui a fait parler l’ossement dans la revue Nature communication. Avec ses 1,84 million d’années, c’est la plus ancienne connue. Le propriétaire de cette main devait mesurer 1,70 m". Il pourrait donc s’agir, selon lui, d'un nouvel hominidé encore inconnu, plus grand que le Paranthropus boiséi, (1,50 m) et l’Homo habilis (entre 1,10 et 1,30 m) qui vivaient à la même époque dans cette région de l’est africain.

Une phalange, c’est maigre pour constituer une nouvelle espèce… "mais les doigts d'OH 86 diffèrent en forme et en taille de ceux d' H. habilis –l’homme habile, premier hominidé découvert aux coté d’outils de pierre dans les années 1960 – et doté de doigts larges déjà très semblables à ceux d’Homo sapiens", assure Manuel Dominguez-Rodrigo à Sciences et Avenir.

Le chercheur madrilène et ses collègues américains et sud-africains sont ainsi persuadés d’avoir trouvé "le meilleur candidat potentiel pour être l'un des tous premiers membres du genre homo". "C’est la capacité à manipuler avec précision qui a interagi avec notre cerveau et permis le développement de notre intelligence, principalement grâce à l’invention et l’usage des outils", s’enthousiasment-ils auprès de l’AFP.


A gauche, la phalange de l'hominidé OH 86 superposée à une main moderne

Plus adroit qu’Homo habilis ?

Mais leur créature n’est pas la seule à prétendre au titre. "La main d’Australopithecus sediba – la plus complète d’hominidé jamais découverte – atteste qu’il était déjà capable de saisies de précision il y a 1, 977 million d'années", rappelle Lee Berger de l’université du Wittwaterstrand, qui l’a étudiée en 2013. Le pouce long et musclé de cet australopithèque sud-africain, forme une pince avec l’index, propice à la fabrication et la manipulation d’outils, même si l'on en a pas retrouvé auprès de lui. "Il était même potentiellement plus adroit qu’Homo habilis", assure son découvreur (lire Sciences et Avenir n°776, octobre 2011), persuadé lui aussi d’avoir trouvé le meilleur candidat au titre d’ancêtre de l’homme. Difficile à ce stade de départager les bonhommes fossiles.


A droite, la main d'une jeune Australopithecus sediba femelle également superposée à une main moderne

Une chose est sûre : même s'ils étaient adroits, ni l'un, ni l'autre, n'ont fabriqué les tous premiers outils. Une découverte récente au Kenya, montre que les plus vieilles pierres taillées au monde ont 3,3 millions d’années et sont donc bien plus anciennes que le genre humain ou qu’Australopithecus sediba lui-même. L'identité de ce premier tailleur de pierre reste pour l'instant un mystère.

Source : Sciences et Avenir du 20/08/2015

vendredi 21 août 2015

La plus ancienne main moderne daterait de 1,84 million d'années

Une phalange trouvée en Tanzanie (Afrique de l'Est), dans les mythiques gorges d'Olduvai, repousse un peu plus dans la passé l'apparition de la main moderne chez les hominines : 1,84 million d'années.

L'année 2015 est décidément faste pour les paléoanthropologues et les archéologues. En effet, les découvertes se multiplient repoussant un peu plus loin dans le passé certaines dates clés de l’histoire des hominines. On a ainsi découvert que le genre Homo était apparu au moins 400.000 ans plus tôt qu’on ne le pensait et que des hominines taillaient déjà des outils en pierre il y a 3,3 millions d’années. Tout récemment, c’est la présence d’êtres humains en France qui s’est révélée plus ancienne d'au moins 100.000 ans grâce à la découverte d’une dent dans la célèbre grotte de Tautavel.

Un article publié dans le journal Nature fait aujourd’hui état de la découverte d’une phalange d’hominine étonnamment moderne et datée d’environ 1,84 million d’années. Elle a été trouvée dans les fameuses gorges d'Olduvai, en Tanzanie (Afrique de l'Est), par une équipe de chercheurs menée par Manuel Domínguez-Rodrigo, de l'institut de l'Évolution en Afrique (Madrid), travaillant dans le cadre du Olduvai Paleonthropology and Paleoecology Project (TOPPP).

Rappelons que les gorges d'Olduvai sont l’un des sites paléoanthropologiques les plus riches du monde. Elles entaillent le versant est de la vallée du Rift, dans la plaine du Serengeti, au nord de la Tanzanie. Des restes fossilisés devenus deux holotypes importants (c'est-à-dire des spécimens types servant de référence) y ont été trouvés — ceux de Paranthropus boisei (Leakey 1959) et surtout Homo habilis (Leakey 1960), le premier représentant du genre Homo. On a baptisé les restes de ce dernier OH 7 (OH pour Olduvai Hominin en anglais), ce qui indique qu’il est le septième reste d'hominine découvert sur ce site.


Le reste fossilisé trouvé en Tanzanie évoque irrésistiblement une phalange de main moderne mais il est daté d'environ 1,84 million d'années. Il pourrait avoir appartenu à un ancêtre d'Homo erectus encore inconnu. Il faudrait d'autres phalanges similaires, associées par exemple à des dents, pour identifier l'espèce.

Un ancêtre d'Homo erectus haut de 1 m 75 ?

La phalange étudiée par les membres du TOPPP provient d’un adulte baptisé OH 86. Il était contemporain des australopithèques dont l’holotype est celui d’OH 5, alias Paranthropus boisei, aussi bien que des Homo habilis qui vivaient dans les gorges d’Oluvai. Ce qui étonne les chercheurs c’est que cette phalange semble non seulement appartenir à un individu de plus grande taille, environ 1 m 75, mais aussi qu’elle partage des caractéristiques avec des mains de l’Homme moderne. Elle est, par exemple, droite et longue de 36 millimètres, comme chez Homo sapiens, alors que celles des hominines de l’époque étaient encore courbées, comme le sont celles des primates qui grimpent aux arbres. On peut donc avancer que cette phalange appartenait à un ancêtre de l’Homme moderne et qu’elle signale ainsi l’apparition la plus ancienne connue à ce jour de la main moderne.

Si tel est le cas, il ne s'agit pas d'une mince découverte. En effet, une main complètement libérée de son utilisation pour grimper aux arbres, et donc aussi associée à une bipédie bien développée, a sans doute permis à l'Homme de se consacrer à la fabrication et l'utilisation des outils (on pense que ceux-ci ont joué une rôle fondamental dans l’explosion de l’intelligence manifestée par le genre Homo). Certains pensent d’ailleurs que OH 86 pourrait appartenir à un ancêtre encore inconnu d’Homo erectus, un hominine plus évolué qu’Homo habilis (il est le premier à maîtriser le feu).

Pour Manuel Domínguez-Rodrigo, cela fait sens. En effet, le chercheur a toujours été étonné par l’existence de grandes carcasses d’animaux fossilisés qui pouvaient peser jusqu'à 350 kg et qui ont visiblement été chassés. Le seul hominine connu à l’époque dans les gorges d’Olduvai, avec une industrie lithique associée et qui était en mesure de chasser ces animaux, reste Homo habilis. Or, il ne mesurait qu’environ 1 mètre de haut. Un ancêtre d’Homo erectus haut de 1 m 75, expliquerait donc bien des choses.

Certains de ses collègues sont plus circonspects. Si la phalange semble bien moderne, il ne serait pas aussi facile d'en déduire qu’elle appartenait à une espèce d’hominine de grande taille. Affaire à suivre donc.

Source : Futura Sciences du 19/08/2015