mercredi 28 mars 2018

Nos ancêtres se sont accouplés avec une autre espèce humaine… à plusieurs reprises

L’Homme de Denisova et l’Homme de Neandertal ont tous deux cohabité avec l’Homo Sapiens. Quand Neandertal se développait à l’ouest, l’Homme de Denisova était localisé plus à l’est. Si on sait que l’Homme de Neandertal et l’Homme de Denisova ont eu des relations sexuelles avec l’Homo Sapiens, une nouvelle étude montre que l’Homme de Denisova s’est accouplé avec l’Homo sapiens au cours de deux événements majeurs ; ce qui a contribué à l’élaboration du génome moderne des individus océaniens et du sud-est asiatique.

Qui est l’Homme de Denisova ?

L’Homme de Denisova est une espèce éteinte du genre Homo qui a cohabité avec l’Homme de Neandertal et l’Homo Sapiens. La découverte dans une grotte en Sibérie d’un morceau de doigt et quelques phalanges de cet hominidé dans les montagnes de l’Altaï a été un événement archéologique majeur. Il a permis de comprendre que d’autres hommes archaïques avaient pu avoir des relations sexuelles avec l’Homo Sapiens.

Relations entre les différentes espèces du genre homo

On sait que l’Homme de Neandertal a cohabité avec l’Homo Sapiens et bien plus encore car les analyses génétiques de ces dernières années ont montré qu’il contribuait à hauteur de 1 à 4 % de notre génome. En Eurasie, l’Homme de Neandertal contribue à environ 2 % du génome actuel. En Océanie, l’apport du génome Denisovien contribuerait à environ 5 % du génome actuel alors que son apport ne serait que de 0,2 % dans les populations asiatiques.

L’hypothèse la plus vraisemblable jusqu’ici était que les Denisoviens s’étaient accouplés avec les populations d’Océanie; les populations métissées résultant de ses interactions se sont ensuite accouplées avec des individus d’Asie lors d’épisodes migratoires.
Des phalanges et des dents de Denisoviens ont été retrouvé.

Deux évènements majeurs identifiés

Les chercheurs ont donc décidé d’étudier les relations entre l’Homme moderne et les Denisoviens. Pour ce faire, le génome d’un Dénisovien et des génomes de l’Homme de Neandertal ont été séquencés et comparés aux génomes d’humains récents. Les chercheurs ont confirmé l’apport génétique des Denisoviens dans la population océanienne mais aussi dans la population du sud-est asiatique. Les auteurs de l’étude publiée ce mois-ci dans The Cell ont alors avancé une autre explication : l’existence de deux voies de métissage distinctes.

Un métissage aurait eu lieu entre les ancêtres des Océaniens et les Dévisoniens lors d’une migration vers le sud, et un autre se serait produit entre les Dévisoniens et les ancêtres des populations asiatiques lors des migrations vers le nord. Ces résultats montrent que l’histoire de notre espèce est beaucoup plus riche en rebondissements qu’on ne le pensait.

L’évolution probable des Dénisoviens.

Source : DailyGeekShow du 25/03/2018

lundi 19 mars 2018

Les plus anciennes traces d’ADN en Afrique découvertes à Taforalt au Maroc

Une équipe internationale d'archéologues et de généticiens a découvert dans la grotte des Pigeons à Taforalt au Maroc oriental les plus anciennes traces d’ADN d’un Homo sapiens en Afrique, datées de 15000 ans, a annoncé le Ministère de la Culture et de la Communication dans un communiqué.

Les résultats de la découverte de cette équipe, dirigée par Abdeljalil Bouzouggar et Saaïd Amzazi, de l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine à Rabat et de l’Université Mohammed V à Rabat et par Johannes Krause et Choongwon Jeong, de l’Institut Max Planck des Sciences de l’Histoire de l’Homme à Jena en Allemagne, en collaboration avec des chercheurs de l’Université Mohammed 1er à Oujda, de l’Université d’Oxford, du Musée d’Histoire Naturelle à Londres et de l’Institut Max Planck d’Anthropologie Evolutive à Leipzig en Allemagne, ont démontré des liens anciens d’une part avec l’Afrique subsaharienne et surtout l’Afrique de l’Ouest et d’autre part avec le Proche Orient.

L’Afrique, considérée comme le berceau de l’Humanité, a livré plusieurs restes humains dont l’âge dépasse plusieurs milliers d’années, mais c’est pour la première fois que des traces génétiques aussi anciennes sont identifiées dans ce continent, révèlent ces résultats, publiés par la revue américaine Science.

De par sa position géographique, l’Afrique du Nord est un espace très important pour l’étude de la sortie d’Homo sapiens d’Afrique, même si le désert du grand Sahara a parfois limité les échanges avec la région subsaharienne comme la mer méditerranée l’était aussi pour les régions du sud européen. "Une meilleure connaissance de l’histoire du peuplement humain en Afrique du Nord est cruciale pour mieux comprendre l’histoire du genre Homo sapiens", a expliqué Saïd Amzazi de l’Université Mohammed V à Rabat et co-auteur de la publication scientifique.

Afin d’avoir plus d’éléments sur ce peuplement humain, l’équipe scientifique a effectué des études sur des squelettes humains trouvés récemment dans la grotte des Pigeons à Taforalt, associés à des trouvailles paléolithiques d’une culture appelée localement l’Ibéromaurusien. Les Ibréomaurusiens sont considérés comme les premiers dans la région à avoir fabriqué des outils en pierre très fins appelés les microlithes. "La Grotte des Pigeons est très importante pour comprendre l’histoire du peuplement humain en Afrique du Nord-Ouest, car les Hommes modernes s’y sont fréquemment installés et d’une manière continue du Paléolithique moyen jusqu’au Paléolithique supérieur", comme l’a expliqué Louise Humphrey du Natural History Museum à Londres, co-auteur de la publication scientifique. "Il est prouvé qu’il y a environ 15000 ans, les Ibéromaurusiens ont intensément utilisé le site et qu’ils ont commencé à enterrer leurs morts au fond de la grotte", fait savoir cette étude qui va grandement aider les chercheurs à mieux comprendre les relations de parenté entre les groupes paléolithiques, voire leurs maladies.

Les membres de l’équipe scientifique ont analysé l’ADN extrait de neuf squelettes humains découverts dans la grotte des Pigeons à Taforalt en utilisant un séquençage et des méthodes d’analyse avancées ayant permis d’obtenir des données mitochondriales de sept individus et l’analyse approfondie du génome de cinq autres individus fossiles. Grâce à l’âge des fossiles (15000 ans) et du climat chaud en Afrique réputé comme défavorable à la préservation du matériel génétique, les résultats obtenus sont sans précédent pour le continent africain considéré comme le berceau de l’Humanité et donc "le premier et le plus ancien matériel génétique Pléistocène jamais décodé d’Homo sapiens en Afrique", a affirmé Abdeljalil Bouzouggar, co-auteur principal de la publication scientifique et directeur du laboratoire "Sources Alternatives de l’Histoire du Maroc", soulignant la nécessité de "prendre en considération le grand rôle joué par l’Afrique du Nord dans l’apparition des pratiques sédentaires".

"A cause de la faible préservation de l’ADN fossile, très peu d’études ont été réalisées sur le génome ancien en Afrique, mais jamais sur du matériel fossile du paléolithique avant l’apparition de l’agriculture en Afrique du Nord", a indiqué, de son côté, Marieke van de Loosdrecht, de l’Institut Max Planck des Sciences de l’Histoire de l’Homme à Jena en Allemagne et premier auteur de la publication scientifique. "Le succès de la reconstitution du génome a été possible par l’utilisation de méthodes spécialisées au laboratoire afin de récupérer l’ADN dégradé et de nouvelles méthodes pour caractériser génétiquement les fossiles humains analysés", a ajouté van de Loosdrecht.

Par ailleurs, les chercheurs ont trouvé trois composantes du patrimoine génétique des fossiles de Taforalt partagées avec leurs contemporains au Levant, en Afrique Orientale et en Afrique de l’Ouest, selon la même étude.

Source : Le Matin du 15/03/2018

dimanche 18 mars 2018

Des outils «modernes» vieux de 300.000 ans surprennent les paléontologues

Les scientifiques pensaient que les techniques nécessaires à leur fabrication n'étaient apparues que 100.000 ans plus tard.

Ces pierres taillées qui auraient pu servir de pointes de sagaies ont été découvertes au Kenya, en Afrique de l'Est

Trois études publiées dans Science, ce jeudi 15 mars, font état de découvertes dans le bassin d'Olorgesailie au Kenya, en Afrique de l'Est, qui viennent bousculer la chronologie de l'évolution humaine. Des outils «modernes» vieux de 300.000 ans ont été retrouvés sur ce site. Une surprise puisqu'on pensait que ce type de technique n'était apparue qu'il y a 200.000 ans! En repoussant de 100.000 ans le début de la «modernité», c'est toute l'évolution de l'humanité qui se dilue sur une période plus longue. Il n'y aurait en fait pas eu de révolution technique brutale dans l'évolution humaine. Les découvertes datant de périodes ultérieures s'inscriraient du coup dans un continuum évolutif plus lent.

«Il s'agit d'un très grand projet de fouille qui dure depuis plus de vingt ans», explique Francesco d'Errico, coauteur d'un des articles et chercheur au laboratoire Pacea (CNRS/Université de Bordeaux). «La force de ces études, c'est la combinaison de trois articles scientifiquement solides. Il n'y a pas une seule grande découverte, mais un ensemble d'indices concordants qui nous permet de mieux comprendre l'évolution.»

Il y a 300.000 ans le genre humain n'existe pas encore tel que nous le connaissons aujourd'hui. Néandertal peuple l'Europe et, en Afrique, Homo erectus est sur le point de laisser sa place à Homo sapiens, c'est-à-dire nous. «On est vraiment à une période charnière de l'évolution», explique Francesco d'Errico. «Soit nous sommes face à des populations archaïques avec des traits de modernité, soit à des populations déjà modernes avec des caractéristiques encore archaïques. Tout dépend comment l'on regarde les choses.»

À cette époque, le climat était particulièrement instable. «Il y a une alternance très brutale de cycles secs ou très humides», explique David Pleurdeau, chercheur au Musée de l'Homme. «Dans le même temps, les tremblements de terre ont énormément modifié les paysages.» Les populations ont dû s'adapter à ces transformations qui devaient raréfier les ressources. «C'est sans doute ce climat instable qui les a amenées à se déplacer», ajoute David Pleurdeau. «De précédentes études ont montré que les hommes se déplaçaient de 20 à 30 km par génération à cette époque !»

D'anciennes ocres retrouvées

Sur le site d'Olorgesailie, des matériaux ont été retrouvés jusqu'à 50 km de distance de leur source. «Là encore, c'est particulièrement intéressant car on avait déjà des traces de déplacement d'objets à cette époque, mais jamais en aussi grand nombre», détaille Francesco d'Errico.

Les chercheurs ont aussi eu la surprise de retrouver des traces d'ocre. «C'est très rare de retrouver de l'ocre aussi ancienne», appuie le paléontologue. Les traces de frottements sur ces fragments témoignent très clairement de l'intention d'extraire de la poudre colorante. Malheureusement, les recherches ne peuvent pas conclure sur l'usage qui en était fait. L'ocre pouvait être utilisée simplement pour ses qualités esthétiques, mais elle aurait aussi pu servir à des tâches plus concrètes (marquer des pierres, identifier un chemin ou un territoire). «Rien ne nous permet d'affirmer quoi que ce soit pour le moment», précise néanmoins le chercheur.

Les outils vieux de 320.000 ans témoignent pour leur part d'une technicité importante et d'un fort développement cognitif. Avant cette date la plupart des outils sont travaillés sur deux faces (les bifaces). C'est ce qu'on appelle l'Acheuléen. Là, les pierres retrouvées sont plus fines, et pouvaient être utilisées comme pointes de sagaies (des lances primitives). Ces technologies sont déjà connues elles n'apparaissent en principe que 100.000 plus tard, marquant le début de l'Âge Moyen de pierre.

Pas forcément l'œuvre d'Homo sapiens.

Quant à savoir quel hominidé est responsable de ces traces manifestes de modernité, le débat fait rage. Naturellement, on serait tenté d'y voir l'œuvre de l'homme moderne, à savoir Homo sapiens. Mais aucun ossement n'a été retrouvé. Impossible donc d'extrapoler. Et si le plus vieux squelette d'Homo sapiens découvert date sensiblement de la même époque, il a été trouvé au Maroc, soit à quelque 9000 km de là !

À cette période, en Europe, Néandertal avait déjà acquis un certain nombre de ces compétences. Il n'est donc pas à exclure que des hommes qu'on aurait qualifiés d'archaïques, typiquement Homo erectus, aient pu réaliser la même chose au Kenya. Au final, la frontière entre moderne et archaïque ne cesse de s'estomper. «Les différentes espèces d'hommes se sont brassées et ont mélangé leurs gènes», rappelle Francesco d'Errico. «Il y a 300.000 ans, il faut imaginer un réseau de connexion entre les populations. Une géographie mouvante du genre humain. C'est ce patchwork fait d'échanges culturels et de brassage génétique qui a fini par donner l'homme moderne.»

De la même manière qu'il n'y a pas eu de révolution technologique brutale, la modernité n'est pas apparue soudainement avec Homo sapiens. Elle s'est construite peu à peu, comme une mosaïque, par petits bouts et dans plusieurs endroits.

Source : Le Figaro du 16/03/2018

Des outils « modernes » vieux de 300 000 ans ont été découverts au Kenya

Une nouvelle découverte vient bousculer la chronologie de l’évolution humaine : des outils vieux de 300 000 ans ont été retrouvés dans le bassin d’Olorgesailie au Kenya, en Afrique de l’Est.

D’après de nombreux scientifiques, l’émergence de ces outils date d’il y a 200 000 ans. Or, trois études publiées ce jeudi 15 mars dans Science révèlent que des outils vieux de 300 000 ans ont été retrouvés au Kenya. Les silex découpés en pointe déterrés par les chercheurs prouveraient donc que les techniques de fabrication sont apparues bien plus tôt que prévu. L’évolution humaine se serait donc inscrite dans un continuum plus lent, et le développement d’instruments de découpe ne s’est pas fait brusquement.

« Les humains qui vivaient à cette époque ont préféré fabriquer des outils plus petits et plus facilement transportables que les gros bifaces que leurs ancêtres faisaient à l’époque précédente, appelée l’Acheuléen. Ils ont façonné des pointes qui pouvaient être utilisées pour faire des sagaies. Or, ces pointes de sagaie sont intéressantes, car on peut les transporter facilement et elles permettent de tuer des animaux à distance, ce qui est moins dangereux que de s’approcher de l’animal. Or, la technique de taille plus avancée qui a permis de façonner ces pointes de sagaie constitue un élément de modernité culturelle », explique Francesco d’Errico, l’un des co-auteur de ces articles.

Ils se déplacent !

Autre découverte surprenante : le matériau utilisé dans la fabrication de ces outils serait l’obsidienne, une pierre volcanique qu’on ne trouve pas à proximité des sites de fouilles mais à cinquante kilomètres de là. Cela démontrerait donc que ces blocs d’obsidienne étaient transportés pour être ensuite taillés sur les sites où on les a retrouvés : « Là encore, c’est particulièrement intéressant car on avait déjà des traces de déplacement d’objets à cette époque, mais jamais en aussi grand nombre ».

Les archéologues ont également retrouvé de l’ocre qui « ont pu être utilisés pour des activités symboliques dont nous n’avons pas trouvé de traces, mais il est tout à fait possible qu’ils aient servi pour faire des peintures corporelles ou pour tanner les peaux », avance encore Francesco d’Errico. « Rien ne nous permet d’affirmer quoi que ce soit pour le moment », précise néanmoins le chercheur.

Homo Sapiens, ou pas

Malgré la présence d’outils, caractéristique de l’Homo sapiens, aucun ossement n’a été déterré sur le site de fouille. Rien ne prouve donc qu’il s’agit bien là de leur œuvre : « mais d’après d’autres fossiles trouvés en Afrique, c’était assurément des populations humaines qui avaient déjà acquis certains caractères modernes, soit des Homo sapiens archaïques, les premiers Homo sapiens », affirme Francesco d’Errico.

Dans un troisième article, les archéologues ont démontré que l’espèce humaine a adapté la forme et la taille de ses outils aux changements climatiques. D’après eux, l’environnement s’est modifié à l’époque et le climat est devenu imprévisible, entraînant la disparition de certaines espèces animales dont se nourrissaient les premiers hommes : « Les innovations culturelles que nous avons trouvées ont pu être la conséquence de ces changements environnementaux, mais il ne s’agit que d’une hypothèse » conclut D’Errico.

Source : Paris Match du 16/03/2018

mardi 27 février 2018

Les Néandertaliens, artistes bien longtemps avant homo sapiens ?

Voilà une découverte qui devrait chambouler un peu plus la connaissance de la lignée humaine. Selon des travaux publiés jeudi par les revues Science et Sciences Advances, les Néandertaliens (homo neanderthalensis) ont été les premiers à s'exercer à l'art, et ce bien avant nous, homo sapiens. Comment les scientifiques britanno-allemands à l'origine de ces recherches en sont-ils arrivés à ces conclusions ? Et bien en (re)datant les peintures rupestres et coquillages décorés découverts dans les grottes espagnoles de la Pasiega, Ardales, Maltravieso et Aviones. Or, les mesures ont donné à ces peintures un âge estimé de 65 000 ans, soit 20 000 ans de plus que l'arrivée estimée de l'homme moderne en Europe.


«Pour moi, cela clôt le débat sur les Néandertaliens (longtemps jugé inférieur cognitivement à homo sapiens, ndlr), souligne à propos de ces découvertes Joao Zilhao, un scientifique de l'université Barcelone impliqué dans ces recherches. Ils font partie de notre familles, ce sont nos ancêtres, ils n'étaient pas différents de nous cognitivement ou moins dotés en termes d'intelligence. Il s'agit juste d'une variante de l'humanité qui a disparu.» D'autres paléoanthropologues, qui n'ont pas participé à ces études, émettent en revanche quelques doutes. «Il est tout à fait possible que les Néandertaliens aient produit une sorte d'art pariétal, mais je ne crois pas que cela soit correctement démontré dans ce cas», a réagi Adam Brumm, archéologue de l'université de Griffith à Brisbane. De quoi raviver le débat sur les origines et spécificités de notre propre espèce.

Source : Libération du 23/02/2018

samedi 17 février 2018

Les premiers Britanniques auraient eu la peau foncée

Pour la première fois, des chercheurs ont réussi à révéler l'apparence physique de « l'homme de Cheddar », un humain ayant vécu en Angleterre il y a 10 000 ans. Les résultats de l'analyse de son code génétique défient nos attentes en ce qui concerne les apparences des ancêtres des Européens.

L’homme de Cheddar (qui n’a de lien avec le fromage anglais que le nom) est l’un des plus vieux squelettes d’humains modernes à avoir été trouvés en Angleterre.

Un buste à son effigie, révélé par un groupe de chercheurs du Musée d’histoire naturelle de Londres (Nouvelle fenêtre), montre que ce dernier avait les cheveux bouclés, les yeux bleus et, à la surprise de plusieurs, la peau noire.

Bien que ce mélange de caractéristiques défie les attentes, il pourrait avoir été la norme dans cette région au cours du Mésolithique, cette période de l’histoire qui se situe il y a environ 12 000 ans, jusqu’à l’invention de l’agriculture.

L’homme de Cheddar a été découvert en 1903 dans la grotte de Gough, qui se trouve dans une formation calcaire que l'on a nommée les gorges de Cheddar, dans le sud-ouest du pays, près du village qui a donné son nom au fromage. Il y vivait à une époque où l’Angleterre était rattachée à l’Europe par un pont terrestre, à l’endroit où se trouve la Manche aujourd’hui.

Les premières observations ont révélé qu’il mesurait 1,67 mètre et qu’il est mort dans la vingtaine, probablement d’une cause violente, selon les fractures sur son crâne. Toutefois, le manque de détails d’époque sur le site de sa découverte n’avait pas permis d’en dire plus.

Percer le secret des premiers Européens

Pour mieux comprendre qui était l’homme de Cheddar, les chercheurs se sont tournés vers son ADN. L'analyse d'un code génétique vieux de 10 000 ans reste cependant difficile, l’ADN étant une molécule fragile qui se dégrade en quelques siècles.

Toutefois, s’il est isolé du monde extérieur et maintenu dans de bonnes conditions, comme ce fut le cas dans cette caverne, l’ADN peut survivre plus longtemps.

En creusant un trou de 2 millimètres à l’intérieur du crâne dans un os de la tempe, l’un des plus denses du corps humain, les chercheurs ont réussi à récupérer assez d’ADN pour reconstituer l’ensemble du génome de l’homme de Cheddar.

En combinant les données génétiques reliées à la couleur de la peau ou des yeux avec les mesures morphologiques du crâne, des artistes ont ensuite réussi à recréer une approximation tridimensionnelle de son apparence faciale.

Si la combinaison de ses yeux bleus et de sa peau noire peut sembler hors du commun, le génome de l’homme de Cheddar est aussi très près d’autres échantillons génétiques, moins complets cependant, de chasseurs-cueilleurs de la même période, trouvés en Espagne, au Luxembourg ou en Hongrie. Il serait donc possible que cette combinaison de caractéristiques ait été très courante en Europe mésolithique.

L’humanité en migration

Si les Européens modernes sont maintenant majoritairement blancs, ce serait en raison d’une migration importante de cultivateurs en provenance du Moyen-Orient, qui auraient traversé le continent il y a environ 6000 ans.

Ces personnes avaient la peau pâle et les yeux bruns et elles ont rapidement supplanté les populations de chasseurs-cueilleurs présents en Europe à l’époque, comme celle à laquelle appartenait l’homme de Cheddar.

Aujourd’hui, environ 10 % du génome des Britanniques proviendrait directement de ces chasseurs-cueilleurs.

Ironiquement, notons que, comme la majorité des Européens de l’époque, l’homme de Cheddar était… intolérant au lactose! Les gènes permettant aux êtres humains adultes de digérer du lait ne sont apparus qu’après le développement de l’agriculture, deux millénaires plus tard.

Source : Radio Canada du 16/02/2018

jeudi 15 février 2018

«Cheddar Man» : l'ancêtre des Britanniques avait-il la peau noire ?

Si ce n'est pas impossible, pour Céline Bon, paléogénéticienne au Musée de l'Homme, le nouveau buste de ce chasseur-cueilleur dévoilé la semaine dernière ressemble plus «à une opération de communication, qu'à un travail scientifique».

«Cheddar Man», c'est l'homme aux cheveux noirs, à la peau noire et aux yeux clairs dont toute l'Angleterre parle depuis une semaine. Cet homme dont le squelette a été découvert au début du siècle dernier (1903) dans des gorges proches du village de Cheddar (qui a donné son nom au célèbre fromage) est le plus vieil humain retrouvé en Grande-Bretagne. Âgé de 10.000 ans, il est en quelque sorte l'ancêtre des Britanniques : 10% de la population présente une ascendance génétique avec ce chasseur-cueilleur. Une reconstitution de son visage réalisée il y a quelques années seulement le montrait avec la peau claire et aux yeux marron. Mais mercredi dernier, le Musée d'histoire naturelle de Londres en a dévoilé une version «revisitée»... à la peau foncée et aux yeux clairs.

Avec son équipe, Chris Stringer, directeur des recherches au Muséum d'Histoire Naturelle de Londres, a utilisé de l'ADN prélevé au niveau du crâne du squelette pour reconstituer ce nouveau visage. «Il est très surprenant de voir qu'un Britannique, il y a 10.000 ans, pouvait avoir la peau très sombre et des yeux très bleus», commente-t-il. Tom Booth, un autre chercheur du muséum impliqué dans ces travaux, est plus explicite : «jusqu'à récemment, on pensait que la couleur de peau des hommes s'était rapidement éclaircie après leur arrivée en Europe il y a 45.000 ans. La peau claire permet de mieux absorber les rayonnements UV (qui permettent de synthétiser la vitamine D, NDLR), ce qui aide les hommes à lutter contre les carences dans les climats moins lumineux.»

Ces résultats ne surprennent pas forcément la communauté mais des chercheurs s'interrogent néanmoins sur la méthode utilisée. «Chris Stringer et son équipe sont des gens sérieux, mais objectivement, ça ressemble plus à une opération de communication qu'à autre chose.» Aucune publication scientifique n'est en effet associé à cette annonce fracassante. Le Musée d'Histoire Naturelle de Londres a dévoilé le nouveau buste et annoncé un documentaire diffusé sur Channel 4, mais aucune publication ne vient détailler les travaux effectués pour arriver à ces conclusions.

Autant la couleur des yeux est facilement identifiable, autant il est très difficile de définir avec certitude une couleur de peau à partir d'ADN ancien. «La couleur de peau est due à la concentration en mélanine (un pigment naturel produit dans les cellules épithéliales, NDLR)», explique Céline Bon. «De nombreuses mutations génétiques peuvent altérer sa production. On est exactement dans la même configuration qu'une usine dont la production est perturbée : de nombreuses pannes différentes peuvent avoir cette même conséquence.»

Il existe ainsi de nombreux marqueurs génétiques pouvant être associées à la peau claire. Mais il est plus difficile de démontrer que la production de mélanine se fait correctement. «En l'état des connaissances, il me paraît difficile de démontrer avec certitude qu'un individu avait la peau foncée.» On peut en revanche établir un niveau de probabilité en fonction de la finesse des analyses. Les travaux portant sur des restes de chasseurs-cueilleurs espagnols (La Brana), ou hongrois (Koros 1), datant approximativement de la même période, laissaient déjà penser qu'ils avaient probablement la peau sombre. Mais sans certitude absolue.

L'histoire de l'évolution de la pigmentation des populations humaines est éminemment complexe. «Nos ancêtres primates avaient la peau claire sous les poils», rappelle Céline Bon. «Avec la perte des poils, la peau s'est colorée pour mieux résister aux rayons UV. La modification de la couleur de peau est donc extrêmement ancienne. C'est impossible de dater précisément quand sont réapparues des populations aux couleurs de peau claire. La pigmentation des populations avant la sortie d'Afrique était déjà très diversifiée.»

Autre exemple, les Inuits ont la peau foncée alors qu'ils vivent dans un environnement pauvre en luminosité. Ils compensent le manque de vitamine D par une modification de leur régime alimentaire très riche en poisson. «C'est d'ailleurs pour la même raison que nos grands-mères mangeaient de l'huile de foie de morue en hiver», rappelle Céline Bon. Certaines théories proposent que l'agriculture a favorisé une alimentation pauvre en vitamine D, ce qui aurait entraîné l'éclaircissement de la peau. «La mutation responsable de la peau claire est néanmoins apparue bien avant», estime Céline Bon. «La relation de causalité entre ces deux événements n'est pas si évidente.»

Source : Le Figaro du 13/02/2018

lundi 5 février 2018

Des outils vieux de 385 000 ans suggèrent que des humains ont quitté l’Afrique plus tôt qu’on ne le pensait

La découverte en Inde d’outils sophistiqués vieux de 380 000 ans suggère que les premiers humains ont peut-être quitté l’Afrique beaucoup plus tôt qu’on ne le pensait. L’Histoire de l’humanité devra-t-elle encore être repensée ?

Jusqu’à preuve du contraire, et en tant que membres de l’espèce Homo Sapiens Sapiens, nous sommes tous des enfants d’Afrique, produits de millions d’années d’histoire évolutionnaire partagée. Mais cette histoire contient encore de nombreux manques et de blancs à combler. L’une des plus grandes questions auxquelles est aujourd’hui confrontée la paléoanthropologie consiste notamment à déterminer comment et quand les premiers humains modernes ont quitté le continent.

Une découverte récente d’un fossile de mâchoire en Israël suggérait il y a peu qu’il pourrait y avoir eu une migration il y a environ 180 000 ans. Mais était-ce la première ? Une nouvelle étude, publiée dans la revue Nature, suggère que les premiers humains ont peut-être quitté l’Afrique beaucoup plus tôt que cela. La nouvelle recherche rapporte en effet la découverte d’outils datant du Paléolithique moyen (il y a 200 000 à 40 000 ans) dans l’État du Tamil Nadu, en Inde. Étonnamment, ces petits outils seraient vieux d’au moins 385 000 ans, époque où ces mêmes outils étaient développés par les humains archaïques (ou peut-être modernes) en Afrique.

La découverte remet ainsi en question la thèse soutenue par la plupart des chercheurs, selon laquelle les humains modernes ont introduit ces technologies en Inde il y a moins de 140 000 ans.


Des fouilles effectuées par une équipe de chercheurs indiens à Attirampakkam, sur les rives de la rivière Kortallaiyar au nord-est du Tamil Nadu, ont en effet révélé la présence de nombreux outils en pierre. Ces derniers étaient piégés dans les sédiments déposés par les cours d’eau qui traversaient la région pendant la préhistoire. Le site semble avoir été occupé sporadiquement par des singes et des hominidés précoces antérieurs à l’Homo sapiens, il y a 1,7 million d’années. En utilisant la technique de datation par luminescence stimulée optiquement – qui identifie la dernière fois que les grains de sédiments ont été exposés à la lumière – les auteurs ont en revanche déterminé que les limons et graviers qui contiennent les outils étaient datés à environ 385 000 années.

Ces derniers ont été fabriqués selon la méthode Levallois – une technique complexe qui permet la production de pointes et de lames de pierre. Ces outils repoussent ainsi les origines de la technologie du Paléolithique moyen en Inde. Des études antérieures dataient cette même origine à environ 140 000 ans. Ces nouveaux résultats pourraient signifier deux choses : soit des humains archaïques en Inde ont développé une telle technologie par leurs propres moyens, soit des humains modernes ont quitté l’Afrique beaucoup plus tôt que ne le suggèrent les preuves archéologiques et paléontologiques récentes.

D’autres travaux menés à Attirampakkam pourraient nous permettre de départager ces deux hypothèses. Le problème en Inde, c’est que les fossiles se font rares.

Source : SciencePost du 01/02/2018

mardi 30 janvier 2018

L'Homme moderne a précédé de loin l'Homme de Néandertal au Levant

La découverte dans une grotte d’Israël d’un fragment de mâchoire d'Homo sapiens antérieur aux plus vieux fossiles néandertaliens au Levant prouve que les hommes modernes sont sortis d'Afrique il y a sans doute bien plus de 200 000 ans.

Depuis des années, certains paléoanthropologues y songeaient. La partie supérieure du carré 9 de l’unité stratigraphique 6 de la grotte de Misliya sur le Mont Carmel en Israël vient de leur en apporter la preuve. Désormais, on ne peut plus en douter: Homo sapiens a quitté l’Afrique plus tôt que ce que l’on croyait. Il y a bien plus de 200 000 ans sans doute ! Cette nouvelle, que de petits indices annonçaient depuis longtemps, change radicalement le consensus entre préhistoriens : encore récemment, Homo sapiens était censé avoir quitté l'Afrique pour le Levant une première fois il y a quelque 100 000 ans, y être retourné sous la pression des Néandertaliens (alors présents au Proche-Orient), puis être revenu en Eurasie il y a de 80 000 à 60 000 ans pour bousculer son cousin néandertalien et conquérir la Terre de façon explosive.

La preuve de la présence d'H. sapiens au Levant il y a bien plus de 100 000 ans est Misliya-1, un très ancien demi maxillaire sapiens mis au jour et étudié par une équipe internationale dirigée par Mima Weinstein-Evron, de l’université d’Haïfa, et Israel Hershkovitz, de l’université de Tel Aviv (image ci-dessus). Pour le dater, trois laboratoires ont appliqué différentes techniques : la datation par résonance de spin électronique fossile (une méthode qui révèle le temps qu’un élément minéral a passé enfoui), la datation par thermoluminescence et la radiochronologie (datation par l’uranium-thorium). Les chercheurs ont utilisé ces techniques sur une série de neuf silex trouvés en proche association avec le fossile, à la croûte le recouvrant, à l’émail dentaire et, finalement, pour exclure l’influence d’une intrusion de sédiments récents, à la dentine (la partie interne de la dent). À l’exception inexpliquée d’une date sur la dizaine obtenue, les estimations amènent à placer l’âge de Misliya-1 entre il y a 177 000 et 194 000 ans, avec une probabilité de 97,9%.

Pour prouver qu‘il s’agit bien d’un maxillaire sapiens, les chercheurs se sont livrés à une étude morphométrique, c’est-à-dire qu’ils ont soigneusement mesuré tous les détails visibles de la forme du maxillaire et des dents afin de les comparer à ceux des formes archaïques d'H. sapiens et d'autres espèces. Il en ressort qu’il s’agit d’un maxillaire sapiens «sans aucun trait squelettique ou dentaire néandertalien».

Un point essentiel est le fait que toutes les unités stratigraphiques de la grotte de Misliya, y compris l’unité 6, sont mêlés d’artefacts relevant de ce que les chercheurs nomment le Moustérien levantin précoce, une industrie lithique caractérisée par un débitage d’éclats dit Levallois (notamment des éclats triangulaires pouvant servir de pointe). Or ce type de moustérien est traditionnellement associé en Eurasie aux Néandertaliens, dont il constitue un marqueur. Pour autant, on sait depuis longtemps, qu'au Proche-Orient, il est associé sur certains sites à des fossiles néandertaliens et sur d'autres – les sites de Qafzeh et de Shkul – à des fossiles sapiens. En outre, il se rencontre aussi dans toute l’Afrique du Nord, notamment à Jebel Ihroud au Maroc, où a été récemment identifié le plus ancien H. sapiens archaïque connu (300 000 ans), mais aussi en Afrique de l’est à Kulkuletti en Éthiopie (279 000 ans) à Kapthurin au Kenya (285 000 ans) et même plus anciennement encore – il y a quelque 500 000 ans avant l’apparition d’H. sapiens – à Kathu Pan en Afrique du Sud. Jusqu'à présent on continuait à lier le moustérien avant tout à H. neanderthalensis, mais la date fournie par Misliya 1 suggère que l’apparition du débitage Levallois en Eurasie pourrait être, comme l’écrivent les chercheurs, «associée avec l’apparition des H. sapiens» au Levant. Cette évolution de notre point de vue sur le Moustérien est une nouvelle de grande importance en paléoanthropologie.

L’hypothèse d’une sortie d’Afrique des H. sapiens il y a plus de 200 000 ans, ou plus, apparaît dès lors d’autant plus probable qu’elle rejoint les conclusions d'une autre étude. Une équipe constituée autour de Cosimo Posth, à l’Institut Max-Planck pour l’histoire humaine de Tübingen, en Allemagne, a analysé des gènes mitochondriaux contenus dans le tibia néandertalien HST trouvé dans la grotte de Hohenstein-Stadel, dans le Jura souabe. Comme tous ceux des Néandertaliens, ces gènes sont plus proches de ceux de son cousin sapiens que de ceux de leur ancêtre commun (Homo heidelbergensis). Dès lors, des calculs d’horloge génétique suggèrent que la diversité des gènes mitochondriaux néandertaliens constatée grâce à HST ne peut s’expliquer que si une migration d’H. sapiens archaïques est venu d’Afrique apporter au Néandertaliens leurs gènes mitochondriaux il y a entre 470 000 et 220 000 ans.

La sortie d’Afrique précoce des H. sapiens archaïques suggéré par Misliya 1 et HST a aussi l’avantage de régler nombre de problèmes qu'il était difficile de traiter si H. sapiens n'avait commencé son expansion en Eurasie qu'il y a 80 000 ans au plus tôt : la découverte en 2010 dans une grotte du sud de la Chine d’un bout de mandibule de plus de 100 000 ans et d’autre indices suggèrent une arrivée d’H. sapiens en Chine bien plus tôt que ce que l’on pensait ; la réalisation récente que l’irruption d’H. sapiens en Australie il y a quelque 65 000 ans et donc bien avant en Asie du Sud-Est ; la constatation du fait que les néandertaliens de l'Altaï sibérien étaient déjà métissés avec des H. sapiens il y a plus de 100 000 ans…

Et puis, il y a l’existence au Levant d’une culture matérielle (silex taillés, artefacts divers, etc.) qui semble intermédiaire entre l’Acheuléen (l’industrie lithique caractéristique du Paléolithique inférieur d’Afrique ou d’ailleurs) et l’industrie moustérienne : la culture acheuléo-yabroudienne, qui prospéra il y a entre entre 350 000 et 200 000 ans. Or un crâne partiel fossile, celui de l’«Homme de Galilée» trouvé sur le site de Mugharet el-Zuttiyeh est associé à cette culture. Découvert dans les années 1920, le crâne de l’Homme de Galilée est d’abord passé pour celui d’un Néandertalien. Toutefois, dans les années 1980, après avoir réétudié tous les fossiles du Levant, le paléoanthropologue français Bernard Vandermeersch avait attiré l’attention sur l'impression qu’il partageait avec nombre de collègues : «le crâne de Zuttiyeh se rapproche, en fait, de la morphologie sapiens, mais avec la persistance de traits primitifs – l’importance du relief sus-orbitaire par exemple – qui permet de le placer parmi les Homo sapiens archaïques.» À partir de cela et d’autres observations, notamment le fait qu’aucun fossile néandertalien d’âge comparable à celui de l’homme de Galilée n’est connu au Levant, il proposait qu’une très ancienne population d’H. sapiens archaïque était déjà établie au Proche-Orient, bien avant que le fort réchauffement climatique du Stade isotopique marin 5 (130 000 à 71 000 ans avant le présent) n’ait amené au Proche-Orient une population néandertalienne allochtone, qui s’est ensuite mélangée avec les habitants sapiens du Proche-Orient, initiant le métissage de H. sapiens et de H. neanderthalensis. Parce que d’origine francophone, cette théorie avait été peu considérée par les confrères anglophones de Bernard Vandermeersch. Misliya 1 la confirme.

Source : Pour la Science du 29/01/2018