samedi 13 mars 2021

Zuojiang Huashan

L'art rupestre de Huashan est un vaste ensemble de peintures rupestres sur la falaise de Huashan, dans le Guangxi (sud de la Chine). La falaise est située sur la rive ouest de la rivière Ming, un affluent de la rivière Zuo. La zone où se situent les peintures fait partie de la réserve naturelle de Nonggang, qui se situe sur le territoire de la ville de Yaoda, dans le comté de Ningming. Le 15 juillet 2016, lors de la 40e session du Comité du patrimoine mondial, l'art rupestre de Huashan a été classé comme le 49e site chinois du patrimoine mondial de l'UNESCO, sous le nom de Paysage culturel de l’art rupestre de Zuojiang Huashan.

Descriptif

La zone principale où se trouvent les peintures se situe le long d’une falaise d’une largeur d'environ 170 m et d’une hauteur d'environ 40 m. C'est l'une des plus grandes peintures rupestres de Chine. Les peintures sont situées entre 30 et 90 m au-dessus du niveau de la rivière. La zone principale contient autour de 1 900 peintures réparties en environ 110 groupes. Les peintures de couleur rouge ont été exécutées en utilisant un mélange d'ocre rouge (hématite), de colle d'origine animale et de sang. Elles représentent des figures humaines, des animaux, ainsi que des tambours en bronze, des couteaux, des épées, des cloches et des navires. Les peintures humaines mesurent généralement entre 60 et 150 cm de haut, mais une peinture atteint les trois mètres de haut.

Datation

Une datation récente au carbone 14 suggère que les peintures les plus anciennes datent d’il y a environ 16 000 ans, alors que les plus récentes ont environ 690 ans. La période de leurs créations s'étend de la période des Royaumes combattants à la fin de la dynastie Han. Beaucoup de peintures sont censées illustrer la vie et les rituels du peuple Luo Yue, qui constituerait les ancêtres du peuple Zhuang actuel et qui habitait la vallée de la rivière Zuo à cette période.

Source : Wikipedia

- - - - -

nom : Falaise de Huashan
âge : 16 ka
découverte :
date :
espèce :

vendredi 12 mars 2021

Dispersion australe

Dans le contexte de la théorie de l'origine africaine de l'homme moderne, le scénario de la dispersion australe fait référence aux premières migrations humaines le long des côtes méridionales de l'Asie, qui partent de la péninsule Arabique, traversent le plateau Iranien et l'Inde et arrivent jusqu'au sud-est asiatique (Sundaland) et en Océanie.

Contexte

La théorie de la route côtière est d'abord utilisée pour décrire le peuplement initial de la péninsule Arabique, de l'Inde, du Sud-Est asiatique, de la Nouvelle-Guinée, de l'Australie, de l'Océanie proche, des côtes de la Chine et du Japon aux environs de 70 à 60 000 ans avant nos jours. « L'expansion des humains modernes en dehors de l'Afrique, en suivant une route côtière en Asie du Sud-Est, a d'abord été contrariée par une série d'importants et abrupts changements climatiques. Une période de climat et de niveau des mers relativement stable entre 45 et 40 000 ans BP permet de soutenir une expansion côtière rapide des humains modernes dans une grande partie de l'Asie du Sud-Est, leur permettant d'atteindre les côtes du nord-est de la Russie et le Japon vers 38-37 000 ans BP ».

Études génétiques

Le scénario est appuyé par des études sur la présence et la diffusion des haplogroupes M et N du génome mitochondrial, ainsi que sur la distribution des haplogroupes C et D du chromosome Y dans ces régions.

« Les variations de l'ADN mitochondrial dans les populations reliques isolées en Asie du Sud-Est appuient le point de vue selon lequel il n'y eut qu'une seule migration depuis l'Afrique, probablement selon une route côtière australe, à travers l'Inde et à l'intérieur de l'Asie du Sud-Est et de l'Australasie. Il y a eu une ramification précoce, menant finalement à la colonisation du Proche-Orient et de l'Europe, mais la principale dispersion, de l'Inde vers l'Australie, il y a 65 000 ans, a été rapide, ne prenant vraisemblablement que quelques milliers d'années. »

« L'haplogroupe D a peut-être accompagné un autre groupe, le clan côtier (haplogroupe C), à l'occasion de la première vague majeure de migration en dehors de l'Afrique, il y a environ 50 000 ans. Profitant pleinement des ressources littorales, ces explorateurs intrépides ont suivi le littoral de l'Afrique à travers le sud de la péninsule Arabique, l'Inde, le Sri-Lanka et l'Asie du Sud-Est. Éventuellement, il est possible qu'ils aient fait le voyage plus tard, en suivant les traces du clan côtier. »

La théorie expose que les premiers Homo sapiens, dont certains porteurs de l'haplogroupe mitochondrial L3, probablement semblables aux populations Australoïdes d'aujourd'hui (et donc appelés Proto-Australoïdes), sont arrivés dans la péninsule Arabique il y a environ 70 000 ans, traversant depuis l'Afrique de l'Est via le détroit de Bab-el-Mandeb. On estime, sur une population de 2 000 à 5 000 personnes en Afrique, que seul un petit groupe, probablement composé de 150 à 1 000 personnes, a traversé la mer Rouge. Le groupe aurait voyagé le long de la route côtière autour de l'Arabie et de la Perse vers l'Inde, relativement rapidement, en quelques milliers d'années seulement. Depuis l'Inde, ses membres se seraient répandus en Asie du Sud-Est (« Sundaland ») et en Océanie (« Sahul »).

« La population du Sud-Est asiatique d'avant 6 000 ans était largement composée de groupes de chasseurs-cueilleurs très semblables aux actuels Négritos […] Ainsi, le chromosome Y et l'ADN mitochrondial donnent une image claire d'un saut côtier depuis l'Afrique jusqu'au Sud-Est asiatique puis à l'intérieur de l'Australie […] L'ADN nous donne un aperçu du voyage, qui a presque certainement suivi une route côtière via l'Inde. »

Recul de la datation

Plus récemment, au début des années 2000, de nouvelles découvertes laissent penser que la route côtière aurait été empruntée dès 100 000 ans BP, quoique « La véritable expansion des hommes modernes commence autour de 60 000 BP et s’opère assez rapidement, à la fois vers le nord et vers l’est. Témoin de cette rapide expansion, la présence d’hommes modernes en Extrême-Orient autour de 60 000 BP. »

Source : Wikipedia

jeudi 11 mars 2021

Hybridation entre les humains archaïques et modernes

Il existe des preuves d'hybridation entre les humains archaïques et modernes pendant le Paléolithique moyen et au début du Paléolithique supérieur. Plusieurs épisodes d'hybridation indépendants se sont produits. Certaines populations humaines sont ainsi issues de l'hybridation avec des Néandertaliens, des Dénisoviens, ainsi qu'avec plusieurs espèces humaines encore non identifiées.

L'ADN néandertalien représente entre 1,5 et 2,1 % du génome des Eurasiens, alors qu'il est absent ou significativement plus rare chez les peuples subsahariens. Dans les populations mélanésiennes actuelles, la part d'ADN dénisovien atteint entre 2,3 et 3,7 %. Des analyses d'ADN non-comparatives récentes – en l'absence de découverte d'une autre espèce – suggèrent que les populations africaines ont également reçu un apport génétique d'une espèce humaine africaine disparue.

Modélisation de la distribution géographique des espèces du genre Homo durant les deux derniers millions d'années. L'axe horizontal représente la localisation géographique tandis que l'axe vertical représente le temps en millions d'années. La surface bleue indique la présence de certaines espèces en un lieu et à une période donnée. Les hommes modernes se sont propagés depuis l'Afrique à travers toutes les régions du globe et se sont hybridés avec des Néandertaliens, des Dénisoviens et d'autres espèces humaines encore inconnues.

Les preuves génétiques montrent que l'évolution humaine ne peut pas être considérée comme une évolution cloisonnée consécutive à la divergence de différentes lignées. Les formes modernes et archaïques se sont en effet croisées de nombreuses fois en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, et le flux génétique allait dans les deux sens. Certains gènes acquis par hybridation ont notamment pu être sélectionnés chez Homo sapiens en raison de leur caractère adaptatif. Toutefois, l'hybridation n'a pas été jusqu'au brassage complet des différents groupes humains, puisque chacun d'eux semble avoir finalement conservé son identité propre. De ce fait, l'évolution humaine récente se présente plutôt a posteriori comme une évolution de groupes distincts avec des épisodes ponctuels d'hybridation.

Des nouvelles d’Asie : une nouvelle espèce humaine découverte aux Philippines, Homo luzonensis

mercredi 10 mars 2021

Mésolithique

Le Mésolithique (du grec mesos, « moyen » et lithos, « pierre », littéralement « âge moyen de la pierre ») est la période chronologiquement et culturellement intermédiaire entre le Paléolithique qui le précède et le Néolithique qui lui succède. Les groupes humains de cette période perpétuent un mode de subsistance basé sur la chasse, la pêche et la cueillette, sous un climat tempéré proche du climat actuel, tout en commençant à se sédentariser, ou à réduire leurs déplacements saisonniers, avec des décalages chronologiques et géographiques.

Les limites chronologiques du Mésolithique sont variables d'un continent à l'autre et d'une région à l'autre. Le Mésolithique commence au Proche-Orient avec le Natoufien, environ 3 000 ans plus tôt qu'en Europe, où il s'ouvre avec la fin de la dernière période glaciaire, il y a 11 700 ans. Il s'achève avec l'adoption de l'agriculture et de l'élevage comme source alimentaire principale, qui laisse néanmoins à la chasse et à la cueillette un rôle d'appoint alimentaire. En Europe, l'économie mésolithique prend fin vers 6 400 av. J.-C. en Grèce et dans les Balkans, mais dure jusqu'à environ 2 300 av. J.-C. en Europe septentrionale.

Chronologie

Le Mésolithique a d'abord été défini pour l'Europe comme période intermédiaire entre le Paléolithique et le Néolithique. Le développement de la datation par le carbone 14 a mis en évidence les décalages temporels entre les différentes régions : 9 700 à 5 000 av. J.-C. en Europe de l'Ouest, 12 500 à 8 500 av. J.-C. au Levant, 13 000 av. J.-C. au Japon avec la période Jōmon. Il s'applique également en Chine et dans le sous-continent indien. En Chine, la période mésolithique a des limites chronologiques différentes selon que les auteurs sont chinois ou occidentaux.

Une période de changements

Le Mésolithique est caractérisé par un certain nombre de changements comportementaux des groupes humains. Si certains de ces changements (réduction des territoires de chasse, développement de l'arc…) paraissent fortement liés aux modifications du milieu dus au réchauffement climatique post-glaciaire (reconquête forestière, disparition des grands herbivores migrateurs des steppes tels que le mammouth et le renne au profit des herbivores forestiers tels le cerf, sanglier, chevreuil ou du petit gibier), d'autres (bouleversements dans les représentations artistiques et symboliques, microlithisation et géométrisation des outils…) semblent liés aux dynamiques internes d'évolution des groupes humains.

Source : Wikipedia

mardi 9 mars 2021

L'Homme de Néandertal aurait disparu 20.000 ans plus tôt qu'on ne le pensait

C'est en 1886 que des chercheurs ont découvert, pour la première fois, des ossements humains dans la grotte de Spy (Belgique). Des ossements appartenant aux derniers survivants de l'Homme de Neandertal en Europe. Et une nouvelle datation de ces ossements suggère aujourd'hui justement que Neandertal a disparu de nos contrées plus tôt que les pensaient les chercheurs.

La grotte de Spy (Belgique) est ce que les chercheurs appellent un site paléolithique remarquable. Ils y ont notamment trouvé des fossiles de Néandertal. Et pas n'importe lesquels puisqu'ils appartiendraient aux derniers survivants de l'espèce en Europe. Mais si les premières études les dataient d'il y a 24.000 ans seulement, de nouveaux travaux estiment désormais qu'ils remontent au moins à 40.600 ans. Voire même à 44.200 ans !

L'écart vient, selon les chercheurs, de la précision avec laquelle ils ont pu préparer leurs échantillons. Car rappelons que tous les êtres vivants absorbent du carbone. Du carbone 14, pour ce qui nous intéresse ici. Celui-ci, en effet, se désintègre avec le temps. Lorsque l'être vivant meurt, il cesse d'absorber du carbone et ce qu'il reste de carbone 14 au moment de la découverte de sa dépouille renseigne sur le moment auquel il a vécu.

Mieux comprendre Néandertal

Plus précisément, les chercheurs qui datent les ossements au carbone 14 extraient et analysent la partie faite de collagène. Et ils ont ici mis au point une méthode robuste qui se concentre sur les éléments constitutifs du collagène : les acides aminés. En particulier ceux dont ils pouvaient être sûrs qu'ils faisaient partie du collagène.

Ainsi selon les chercheurs, l'Homme de Néandertal aurait donc disparu du nord de l'Europe bien plus tôt qu'on le pensait auparavant. D'autant que des datations sur d'autres sites ont donné des résultats semblables. Pourquoi est-ce important ? Parce qu'avoir une idée précise du moment de la disparition de Néandertal est une étape clé pour mieux comprendre sa nature et ses capacités, ainsi que la ou les raisons pour lesquelles il a finalement disparu alors que nos propres ancêtres prospéraient.

Avant nous, l'Homme de Néandertal. Ce cousin, presque notre frère, partage avec nous 1 à 4 % des gènes. Mais voilà environ 30.000 ans, pour des raisons encore débattues, ces peuples ont disparu de la surface du monde. Certains paléontologues considèrent que les derniers représentants de cette espèce humaine se sont éteints sur la péninsule ibérique, composant aujourd'hui le territoire de l'Espagne et du Portugal.

Mais d'après des chercheurs européens, dirigés par Thomas Higham de l'université d'Oxford, les Néandertaliens ayant peuplé cette région pourraient avoir disparu au moins 10.000 ans plus tôt que prévu. En utilisant une nouvelle technique de datation au carbone 14, ils ont montré que les sites préhistoriques testés n'avaient pas 35.000 ans, mais plutôt 45.000 à 50.000 ans.

Source : Futura du 09/03/2021

Le Maghreb et l’origine d’Homo sapiens

La disparition de l’homme de Néandertal serait plus ancienne que ce que l’on croyait

Des restes humains retrouvés dans une grotte située en Belgique, d’abord datés de 24 000 ans, seraient, en fait, vieux de 44 200 ou 40 600 ans.

Quand l’homme de Néandertal a-t-il disparu ? La question agite les scientifiques depuis longtemps. Les restes humains d’une grotte en Belgique contribuent aujourd’hui au débat en se révélant bien plus anciens que ce qui avait été précédemment envisagé.

Selon de précédentes datations par radiocarbone, les spécimens de la grotte de Spy, où de nombreux restes humains ont été retrouvés depuis le XIXe siècle, remontaient à seulement 24 000 ans. Mais, selon une étude publiée lundi 8 mars dans la revue scientifique PNAS, ils sont, en fait, vieux de 44 200 ou 40 600 années.

Une équipe multidisciplinaire de Belgique, de Grande-Bretagne et d’Allemagne a développé une méthode pour préparer les échantillons, permettant d’éviter toute contamination extérieure, a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) l’un des coauteurs de l’étude, Thibaut Deviese, de l’université d’Oxford et Aix-Marseille. L’étude conclut ainsi que les néandertaliens « ont disparu du nord de l’Europe (…) bien plus tôt que suggéré auparavant ».

Avoir une meilleure idée du moment où l’homme de Néandertal a disparu est considéré comme un premier pas important pour mieux comprendre sa nature, ainsi que pourquoi il a finalement laissé la place à l’être humain moderne.

Carbone 14

La méthode s’appuie toujours sur le radiocarbone (des variantes radioactives du carbone, comme le carbone 14), qui est considérée comme la meilleure méthode de datation, mais améliore la façon dont les échantillons sont traités. Tous les êtres vivants absorbent du carbone, depuis l’atmosphère ou la nourriture, dont du carbone 14, qui se désintègre avec le temps. Puisque les plantes et les animaux arrêtent d’en absorber lorsqu’ils meurent, ce qu’il reste dans la matière permet de déterminer à quel moment cet être a vécu.

Pour les ossements, les scientifiques extraient la partie faite de collagène pour l’analyser, car elle est organique. « Ce que nous avons fait va plus loin », explique Thibaut Deviese. En effet, l’environnement où les restes ont été trouvés peut contaminer les échantillons. Les chercheurs se sont donc concentrés sur des molécules appelées « acides aminés », dont ils étaient absolument certains qu’elles faisaient partie du collagène.

Les auteurs ont également daté des restes de deux autres sites en Belgique, Fonds-de-Foret et Engis, avec des résultats comparables. Des preuves existent qu’il a pu survivre plus longtemps dans d’autres régions qu’en Belgique, note, toutefois, l’étude.

« La datation est cruciale en archéologie, car, sans un cadre fiable de la chronologie, on ne peut être sûrs de comprendre les relations entre le néandertalien et Homo sapiens », souligne Thibaut Deviese. Certains outils en pierre ont été attribués aux néandertaliens, ce qui a été interprété comme un signe de leur développement cognitif, détaille-t-il. Or, s’il se révèle qu’ils n’ont pas existé aussi longtemps que prévu, alors ces objets doivent être réexaminés pour déterminer s’ils étaient vraiment leur œuvre.

La disparition de l’homme de Néandertal pourrait être liée à des causes climatiques, à une trop grande consanguinité ou à la compétition entre espèces, rappelle l’étude – mais il s’agit là d’une autre brûlante question à laquelle elle ne répond pas.

Source : Le Monde du 08/03/2021

Peuplement de l'Océanie

L'Océanie est un ensemble géographique dont les frontières sont discutées, mais qui regroupe généralement l'Australie, la Nouvelle-Guinée, la Mélanésie, la Micronésie et la Polynésie.

Le peuplement préhistorique de l'Océanie s'est fait à travers deux grands mouvements d'expansion. Le premier s'est produit il y a 50 à 70 000 ans, et a amené des Homo sapiens chasseurs-cueilleurs venus d'Asie continentale à peupler l'Insulinde, puis l'Océanie proche, c'est-à-dire la Nouvelle-Guinée, l'Australie, et certaines îles de la Mélanésie.

La seconde vague est plus récente et débute il y a environ 6 000 ans. Elle amène des agriculteurs et navigateurs venus de Taïwan et parlant des langues austronésiennes à peupler l'Insulinde, c'est-à-dire les Philippines, la Malaisie, et l'Indonésie. Depuis les iles orientales de l'Indonésie, ces navigateurs austronésiens se dirigent, à partir de 1 500 ans av. J.-C., vers la Nouvelle-Guinée et la Mélanésie, puis vers les îles de l'Océanie lointaine. Ils sont les premiers à atteindre la Micronésie et la Polynésie. Le peuplement des Tonga, à l'ouest de la Polynésie, a lieu il y a environ 3 300 ans. Il y a peut-être un millénaire, ils atteignent même l'Amérique du Sud. Enfin, partis peut-être de Bornéo plus à l'ouest, des Austronésiens parlant des langues grand barito ont atteint il y a 1 500 ans l'île africaine de Madagascar, qui devint ainsi, sur le plan linguistique, la quatrième grande île austronésienne.

Tout au long de ce parcours, les populations de la première et surtout de la seconde vague de peuplement se sont assez largement métissées, tant sur le plan culturel que génétique. Si la recherche actuelle a mis en évidence au moins deux vagues de peuplement d'hommes modernes, elle n'exclut pas totalement l'hypothèse d'une vague intermédiaire.

La question de l'origine des Océaniens a été l'un des thèmes majeurs de la recherche océanienne depuis le XIXe siècle. Si on a aujourd'hui, grâce à l'archéologie, la linguistique, l'ethnolinguistique, l'ethnobotanique, et la génétique, une réponse à peu près cohérente à cette question, de nombreux points restent encore en suspens.

Premiers Homo sapiens en Océanie

On ne connait pas de traces d'espèces humaines archaïques qui auraient su dépasser la Wallacea pour s'implanter dans le Sahul (Australie et Nouvelle-Guinée), avant l'arrivée en Australie des premiers Homo sapiens. L'Homme de Florès, présent sur l'île de Florès, en Indonésie, depuis au moins 700 000 ans avant le présent (AP), n'est pas connu en dehors de Florès.

Les recherches génétiques ont mis en évidence une hybridation partielle entre les premiers Homo sapiens arrivés dans la région et l'Homme de Denisova, qui peuplait probablement une bonne partie de l'Asie orientale avant l'arrivée des hommes modernes. Ces recherches montrent aussi une possible et faible hybridation des Homo sapiens d'Asie de l'Est avec une autre espèce humaine locale encore non identifiée.

Vers 70 000 ans AP, l’Asie du Sud-Est insulaire n’était pas l'ensemble archipélagique qui existe aujourd'hui mais constituait un plateau continental, celui du Sunda, prolongement en forme de péninsule du continent asiatique. Le rivage de l'Australie s'étendait bien plus en avant dans la mer de Timor. L'Australie et la Nouvelle-Guinée, reliées entre elles par un pont terrestre à travers la mer d'Arafura, le golfe de Carpentarie et le détroit de Torrès, formaient une masse continentale unique appelée Sahul, qui englobait également la Tasmanie. Entre le Sunda et le Sahul se trouvait un archipel que les géographes nomment Wallacea, la partie est de l'Indonésie. On pouvait alors aller du Sunda au Sahul en n’ayant pas à parcourir plus de 100 km de mer.

Source : Wikipedia

Depuis quand l'humain pratique-t-il des rites funéraires ?

Pour accompagner les morts, des rituels funéraires de plus en plus sophistiqués.

L'Homme cherche à apprivoiser la mort depuis des millénaires. C'est ainsi que des traces de rites funéraires d'il y a 100.000 ans ont été découvertes en Israël, dans la grotte de Skhul : des corps d'adultes et d'enfants, en position repliée.

Une tombe de Néandertalien

Non loin de là, à Qafzeh, ont été exhumés 25 squelettes âgés de 92.000 ans. Deux d'entre eux, ceux d'une femme de vingt ans et d'un enfant de six ans, avaient été enterrés ensemble. Mais Homo sapiens n'est pas le seul à avoir pratiqué de tels rituels. En France, à la Chapelle-aux-Saints, une tombe de Néandertalien, découverte en 1908 et vieille d'environ 60.000 ans, est la plus ancienne du territoire, avec la nécropole de La Ferrassie datée de 60.000 à 75.000 ans.

La pratique de l'inhumation témoigne notamment d'une conception symbolisée du trépas

Au fil du temps, les sépultures ont peu à peu gagné en solennité, en particulier celles de Sapiens, avec l'apparition de tumulus surmontant les tombes ou de dalles tapissant ces dernières. Bien plus tard, les rites se sont complexifiés, lorsque l'Homme s'est sédentarisé il y a environ 10.000 ans. À côté de la crémation qui fait alors son apparition, des espaces ont été dédiés à l'inhumation, les défunts étant parfois enterrés avec des objets représentatifs de leur vie passée. La présence de pollen sur les ossements montre que certains étaient allongés sur des lits de fleurs. La pratique de l'inhumation témoigne d'une conception symbolisée du trépas, d'une volonté d'honorer le corps du mort et d'accompagner son esprit vers une forme d'au-delà.

Source : Sciences et Avenir du 07/03/2021