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| L'australopithèque Lucy au milieu de deux spécimens de Sedida |
En 2008, le paléontologue Lee Berger était en train d’examiner des roches provenant justement d’une de ces mines. Mais c’est son fils, Matthew, âgé de 9 ans, qui lui a apporté un drôle de caillou. Lee Berger a immédiatement reconnu dans la roche la forme d’une clavicule. Celle d’un hominidé. Ainsi se réveillait l’Australopithèque Sediba, après un sommeil de deux millions d’années.
«On a trouvé un crâne, des vertèbres, des os, appartenant à des adultes et des adolescents, explique Francis Duranthon, le directeur du Muséum de Toulouse. Et à partir de là, on a pu reconstituer en trois dimensions un squelette qui sera présenté pour la première fois en Europe.»
L'art avant Cro-Magnon
Pendant l’année de la France en Afrique du Sud, le Muséum avait présenté son exposition sur la préhistoire (avec la fameuse tombe de Téviec) au Cap. Là, c’est donc en sens inverse, l’Afrique du Sud qui prête au muséum de Toulouse une précieuse exposition. Du reste, les chercheurs toulousains comme le Pr François Bon, le Pr José Braga, ou Camille Bourdier, maître de conférences, connaissent parfaitement l’Afrique du sud et ses merveilles.
Autre élément étonnant qui sera présenté dans cette exposition : les vestiges découverts dans la grotte de Blombos. Des éléments qui nous laissent à penser que ces hommes, bien avant Cro-Magnon, ont laissé les premières traces artistiques ou symboliques de notre espèce…
Au-delà de cette exposition, les équipes toulousaines en collaboration avec les équipes africaines poursuivent des recherches sur cette période passionnante où les grands primates se cherchent.
«Toutes ces découvertes, précise Francis Duranthon, nous laissent penser que l’évolution n’a pas été aussi linéaire qu’on l’imaginait auparavant. C’est beaucoup plus compliqué, beaucoup plus buissonnant.»
Francis Duranthon a aussi un petit sourire : «Quelqu’un a dit que l’Homme africain n’était pas entré dans l’Histoire… Mais la vérité, c’est que l’Homme africain a été le premier de toute notre histoire !»
*Muséum de Toulouse, ouvert du mardi au dimanche, 10h-18h. Tel.05.67.73.84.84.
Une première en Europe
C’est la première fois que le squelette de Sediba est présenté en Europe et c’est au Muséum de Toulouse. Voilà pourquoi, lors de l’inauguration officielle, prévue demain, le ministre Sud-Africain des sciences et des technologies, Derek Hanekom sera présent de même que Francis Thackeray, professeur d’anthropologie à Johannesburg et Nicolas Teyssandier, Chargé de recherches au CNRS à Johannesburg.
Source : La Dépêche du 27/10/2013
