La grotte de Pair-non-Pair est située sur la commune de Prignac-et-Marcamps en Gironde (France). Cette grotte découverte en 1881 renferme des représentations artistiques datées de plus de 32 000 ans avant le présent (culture aurignacienne).
Elle a permis d'établir l'ancienneté des gravures pariétales et la reconnaissance officielle de l'art préhistorique.
Elle est la seule grotte ornée connue en Gironde et fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 20 décembre 1900. Après la grotte d'Altamira, en Espagne, et la grotte Chabot en Ardèche, elle fut la troisième grotte ornée découverte.
Situation
Elle se trouve au nord-ouest de Prignac-et-Marcamps à quelque 200 m de la route D669, sur la vallée du Moron, environ 2,75 km avant la confluence de ce petit cours d'eau avec la Dordogne, en rive droite (côté nord). Bordeaux est à 23 km au sud à vol d'oiseau.
Elle est creusée dans un petit massif de calcaire à astéries du Tertiaire (Rupélien), recouvert d'un bois.
Découverte de la grotte
La grotte a été découverte fortuitement le 6 mars 1881 grâce à une vache qui paissait dans un pré situé sur la terre de Laborde ; l'animal s'est coincée une patte dans une ornière, ce qui a permis de découvrir la grotte.
Description
De nos jours, la grotte est un couloir à peu près rectiligne d'environ 15 m de long, orienté sud-est / nord-ouest et creusé dans l'alignement d'une diaclase, avec des élargissements latéraux dus à des diaclases transverses à la première. Le premier de ces élargissements est sur la gauche et s'agrandit jusqu'à former une galerie latérale. Sur la droite en face de cet élargissement, la galerie principale s'agrandit pour former un cul-de-four, ce qui engendre une sorte de carrefour surmonté d'une cheminée. C'est là que se trouvent la majorité des peintures pariétales.
Les parois de la grotte sont rugueuses, tant par les nombreux fossiles que par les excavations ; il n'y a pas de concrétions.
François Daleau y pénètre en passant par la cheminée déjà mentionnée (une autre cheminée relie la galerie latérale à l'air libre). Il y trouve une galerie principale presque entièrement remplie de sédiments sur plus de 10 m de long, car le plafond s'était effondré vers la fin du Moustérien, masquant ainsi l'entrée initiale de la grotte. Mais depuis la première visite de Daleau, cette cheminée s'est bouchée. Le plan général de la grotte à son époque est un long boyau orienté sud-ouest / nord-est qui débouche sur un corridor principal (« Grand corridor ») avec une « Salle sud », une « Salle nord » (ou « Grande salle »), et une troisième salle qu'il appelle « Corridor » donnant accès à la salle qui s'avère plus tard être la salle des gravures.
Après l'effondrement du plafond moustérien, au fur et à mesure de l'occupation humaine préhistorique la grotte s'est comblée jusqu'à 60 cm de la voûte.
Historique des recherches
Dès le 8 mars 1881, François Daleau entreprend des fouilles avec l'aide du domestique du propriétaire de la terre de Laborde. Le 21 juin 1883, il commence la deuxième étape de ses fouilles qui concerne le remplissage de la salle des gravures. Il atteint le fond de la grotte le 30 août 1887.
Selon Delluc & Delluc (1997), Daleau découvre les premières gravures le 29 décembre 1883, mais ceci est probablement un raccourci ; car selon David & Malvesin-Fabre (1950), en décembre 1883 Daleau découvre « plusieurs lignes entrecroisées formant presque des dessins » (les mots de Daleau) mais le remplissage de la galerie obstrue la lumière et distingue pour la première fois les contours d'un animal le 31 août 1896. C'est l'équidé no 18.
En juillet 1892, la terre de Laborde est rachetée par M. Baptiste Milpied qui exige une location pour l'exploitation de la grotte. Daleau refuse et cesse ses fouilles pendant trois ans. Le 21 mai 1896, les deux hommes se mettent d'accord sur le montant de la location, établie à 80 francs par an.
Henri Breuil visite Pair-non-Pair en 1897 - c'est son premier voyage dans le sud-ouest de la France -, et encore en 1898, 1909 et 1919.
Vers 1963, E. Harle y étudie les vestiges de faune remis au muséum d'histoire naturelle de Bordeaux, avec F. Pratt s'attachant particulièrement aux équidés et du mégacéros et E.T. Newton aux oiseaux. Le mammouth, seul exemplaire de la collection Daleau, est étudié par L. Moisan (publié en 1994).
Occupation préhistorique
La première occupation de la grotte date du Moustérien, il y a plus de 80 000 ans. C'est vers 40 000 ans avant le présent que la voute du corridor extérieur s'effondre. L'accès se fait alors par des entrées latérales qui débouchent à gauche de la salle des gravures. L'étude des niveaux archéologiques qui recouvraient le décor pariétal confirme que c'est à l'Aurignacien que les gravures initialement mises en couleur (entre 37 000 et 32 000 ans avant le présent) doivent être attribuées. La grotte est abandonnée à la fin du Gravettien (vers 22 000 ans avant le présent) car le remplissage accumulé ne laisse plus d'espace pour une occupation humaine.
GravuresLa grotte présente de nombreuses gravures pariétales : bouquetins, mammouths, bisons, chevaux et cervidés. Les représentations les plus remarquables sont :
- un cerf géant, le Mégalocéros, dont il n'existe qu'une dizaine de représentations connues ;
- une grande gravure de cheval de 2,50 m de long, une des plus grandes gravures connues ;
- deux chevaux avec la tête tournée vers l'arrière, dont le célèbre Agnus dei ; ces gravures expriment une remarquable idée de mouvement.
Le grand débat de l'art préhistorique
A l'époque de la découverte de la grotte, les milieux intellectuels sont secoués depuis quelques dizaines d'années par le grand débat sur la réalité de l'art préhistorique, c'est-à-dire sur la capacité des humains préhistoriques à avoir intégré l'art dans leurs cultures. Les gravures de Pair-non-Pair permettent de clore le débat : enfouies comme elles l'étaient sous les dépôts préhistoriques, leur ancienneté ne fait pas de doute : elles sont antérieures au Solutréen. Cette découverte permet d'affirmer la réalité de l'art préhistorique, qui jusque là n'était pas généralement admis dans les milieux scientifiques malgré quelques découvertes récentes par ailleurs.
Mobilier
Dalleau met au jour de nombreux outils et traces d'occupations humaines s'échelonnant du Moustérien au Gravettien. Il répertorie plus de 15 000 outils en silex, en os et en ivoire.
Parmi les pièces de mobilier trouvées dans la grotte, deux se démarquent particulièrement :
- une pendeloque en ivoire sculptée représentant une cyprée ; et
- une flûte taillée dans un os de gypaète barbu, un des rares instruments de musique préhistorique connu.
Les produits de ses fouilles qui n'ont pas été rejetés sont conservés au musée d'Aquitaine et au muséum d'histoire naturelle de Bordeaux.
Faune
Les vestiges de faune, quelque 6 000 ossements animaux trouvés par Daleau comprennent entre autres des équidés, un mégacéros et un mammouth.
Source : Wikipedia
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nom :âge : 32 ka
découverte : François Daleau
date : 1881
espèce :
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Le Centre des monuments nationaux s'occupe des visites de la grotte de Pair-non-pair. C'est l'une des plus anciennes grottes ornées du monde. Elle a été découverte en 1881. Elle aurait été occupée pendant presque 60 000 ans selon les archéologues. De nombreux outils ainsi que des ossements appartenant à au moins 60 espèces animales ont aussi été retrouvés sur le site.En 1900, la grotte de Pair-non-Pair, en Gironde, devient la première grotte classée au titre des monuments historiques.


